Motions de censure, réforme des retraites et smic à 1 600 euros… Ce qu'il faut retenir de l'interview de Clémence Guetté
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France Info Bonjour Clémence Guettet. Bonjour. L'EPS, les communistes, les Verts n'ont pas signé la motion de censure que votre groupe a déposée hier après le troisième déclenchement du 49.3 par le gouvernement, donc uniquement les insoumis. Olivier Faure, le patron du PS, explique que l'EPS ne signera pas de motion de censure à répétition. Est-ce que la nupe est éclatée ce matin ?
Non, pas du tout. On est des groupes politiques différents et face à une situation donnée, on réagit différemment. Nous, on pense que ne pas déposer de motion de censure après un troisième 49.3 dans la semaine, ce serait une erreur parce qu'on ne veut pas banaliser le fait que le gouvernement arrive et dit que les textes vont passer tels quels. Je veux dire que c'est la troisième motion de censure après un 49.3 sur le PLFSS, ce qui n'était jamais arrivé dans la cinquième république. C'est le budget de la sécurité sociale. Voilà, exactement. Vous avez raison de vulgariser, c'est ce qui décide des dépenses de santé, tout ce qui a trait à l'hôpital qui est dans une situation catastrophique.
Donc pour nous, il ne faut absolument pas laisser passer et donc on a déposé cette motion de censure hier.
Est-ce que vous demandez à vos alliés, aux autres composantes de la nupe, de la voter ces prochains jours, la semaine prochaine ?
Une bonne partie a déjà déclaré qu'ils allaient la voter. Je pense que c'est l'occasion pour nous aussi d'essayer de faire sortir ce qui se passe à l'Assemblée nationale parce que ça peut paraître peut-être un peu abstrait, c'est une institution qui est fermée. Il faut dire aux gens que là, le gouvernement n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale, que toutes les oppositions, pour des raisons très différentes, s'opposent à ce projet de budget. Et donc on ne veut absolument pas banaliser ça et le laisser gouverner comme ça à coup de 49.3.
Qu'à chaque fois qu'il y aura un 49.3 du gouvernement, il y aura forcément une motion de censure des Insoumis ?
C'est très vraisemblable, oui.
Même si vous êtes les seuls à la signer ?
En l'occurrence, on est les seuls à la signer, on ne sera sans doute pas les seuls à la voter.
Mais ce que je veux dire, vous dites que les autres signent ou pas, à la rigueur ça ne change rien, nous on continuera à déposer des motions de censure.
C'est toujours des discussions de groupe, donc on en discutera au sein de notre groupe et dans l'intergroupe de la NUPS. Mais oui, il est vraisemblable qu'à chaque fois, on s'y oppose fermement. On a été élus pour s'opposer à la politique de Macron, donc on ne va pas commencer à se taire.
Ce qui a échaudé aussi vos partenaires, c'est que lundi, il y a eu cette motion de censure, pour le coup, co-signée par l'ensemble des groupes de gauche, et qui, lorsqu'elle arrive en hémicycle, est votée notamment par le Rassemblement national. Le lepéno-mélenchonisme désinhibé écrit par exemple, l'hebdomadaire, le point. Ce sont forcément des mots qui vous touchent. Bien sûr. J'entends l'argument de dire qu'on n'est pas responsable de ce que vote le Rassemblement national, certes, mais l'accusation aujourd'hui, c'est que pour faire chuter le gouvernement, vous êtes prêts à accepter les voix du Rassemblement national.
Je trouve que c'est une accusation qui vient de la majorité, qui est absolument malhonnête. On est une formation politique qui s'inscrit dans une histoire qui a combattu l'extrême droite, fortement, depuis des dizaines d'années. Donc on continue de le faire, c'est une évidence. Je veux dire que c'est venu aussi de M. Darmanin, qui par exemple a voté trois motions de censure en commun lorsqu'il était député avec les députés à l'époque du Front National.
Je vais vous proposer de l'écouter, Gérald Darmanin, pour que les auditeurs comprennent. Gérald Darmanin qui était hier sur France Inter.
La France insoumise est prête à tout. Elle est prête à tout, par méchanceté, par désordre, par cynisme en effet, pour jouer contre les Français, salier avec le Front National, trahir leurs électeurs.
Vous êtes prêt à tout, dit-il. Oui, alors, M. Macron avait dit déjà désordre et cynisme et M. Darmanin y ajoute la méchanceté qui est vraiment hautement politique comme qualificatif. Mais en effet, je pense qu'il a vraiment la mémoire courte. Il a voté trois motions de censure avec les députés du FN à l'époque. Et puis, ce que je veux dire, c'est que pour s'opposer à tous les amendements qu'on a déposés, nous, pendant l'examen du projet de loi pouvoir d'achat cet été, je pense par exemple à l'augmentation du SMIC, les macronistes étaient très contents que les députés du Rassemblement National votent avec eux pour rejeter cet amendement-là. Donc, ça, c'est la vie parlementaire.
Il y a des votes qui sont identiques, parfois, je l'ai dit, en plus pour des raisons très différentes. Donc, ce n'est pas nous qui choisissons ce que va décider de voter le Rassemblement National sur les motions.
Mais il y a absolument une maladresse de Jean-Luc Mélenchon. Non, c'est une accusation. À 50 voix près, on y était.
Non, c'est une accusation qui est malhonnête. Quand on dépose une motion de censure, on est sérieux. C'est pour faire chuter ce gouvernement. C'est parce qu'on est prêt à gouverner et qu'on veut prendre leur place et qu'on veut repartir en campagne et qu'il y ait de nouvelles élections législatives. Donc, on mène la logique jusqu'au bout. Ensuite, il y aura peut-être une motion, par exemple, déposée par Les Républicains. Il y a eu cette discussion cette semaine. Je veux dire, ils sont censés être extrêmement raisonnables. Ils accompagnent cette politique. Et si Les Républicains déposent une motion de censure, vous la votez ? Eh bien, ça dépendra évidemment de ce que contient le texte.
S'il y a des qualificatifs ou des horreurs politiques, on se posera la question. Il n'empêche que si le texte est raisonnable, bien sûr, nous pourrons la voter.
Clémence Guettet, pour faire tomber le gouvernement, il vous faut les voix du Rassemblement national. Est-ce que, dans les prochaines motions que vous déposerez, on a compris que ce sera le cas, nécessairement, avec de nouveaux recours au 49.3, vous mettrez ou pas ces garde-fous, justement, pour repousser le RN si vous ne voulez pas de ces votes ?
On a déjà mis des garde-fous. C'est-à-dire que, dans nos motions, il y a des marqueurs de gauche qui sont très forts. Il y a les augmentations de salaire, par exemple. Il y a la hausse du budget pour l'hôpital. Et je ferais remarquer que le Rassemblement national a voté une motion où, parfois, ils rejettent des amendements sur exactement les mêmes sujets. Nous, on a fait un autre choix sur, eux, leur motion de censure qu'ils ont déposée aussi, c'est que nous ne l'avons pas votée. Encore une fois, je ne donne pas de consigne de vote au Rassemblement national.
Ce que je veux dire, c'est que nous prenons au sérieux cet exercice de la motion de censure du gouvernement, qui, je le rappelle, n'a pas voulu voter la confiance et qui se retrouve dans une Assemblée nationale où ils sont minoritaires.
Vous le prenez au sérieux, vous le dites, c'est sérieux, faire tomber le gouvernement pour porter des idées, on le comprend. Mais vous vous rappelez, vous faites partie de ces jeunes députés qui sont arrivés à l'Assemblée nationale, du message des Français après l'élection législative. Pas de majorité absolue, des majorités relatives. Il va falloir trouver des compromis, un débat public apaisé.
C'est le message des Français ou du gouvernement, ça ?
On se rappelle très bien de la motivation de certains électeurs qui disaient « Nous, on ne veut pas une majorité absolue pour le gouvernement, qu'ils puissent tempérer ses choix. » En tout cas, c'est ce que tous les partis s'accordaient à dire après les résultats. Est-ce que vous avez l'impression qu'on y est ? Ou au contraire, qu'on s'enlise et que finalement, on n'apprend pas tellement dans ce nouveau système pour les élus que vous êtes ?
Si vous voulez, 3-49-3 en une semaine. Le 49-3, ça veut dire « Le débat est fini, stop, circuler, il n'y a rien à voir, on fera passer notre texte comme on l'entend. »
Mais là, on se rejette la balle.
Non, non, non, non, ce n'est pas du tout un rejet de balle. C'est-à-dire qu'il y a un moment où il faut arrêter quand ils disent « Dialogue, compromis, on va aller voir les oppositions, on va faire passer certaines de leurs idées dans nos textes. » C'est absolument faux. Ils ne retiennent pas nos amendements. Ils nous empêchent de débattre. Je veux dire, peut-être que ce soir, nous en serons un quatrième 49-3 sur la deuxième partie du budget, c'est-à-dire les dépenses. Pourquoi ? Parce que là aussi, les oppositions souhaitent faire des dépenses pour l'écologie, les collectivités locales, la jeunesse, l'école.
Bref, plein de sujets sur lesquels le gouvernement restent absolument campés sur ces positions austéritaires de dire non, on ne peut pas taxer les super-riches et non, on ne donnera pas plus d'argent aux services publics. Nous ne laissons pas passer ça.
On va voir dans un instant si ce combat peut aussi être mené. Votre combat peut aussi être servi par la rue avec des manifestations. Ce sera juste après le fil info, 8h40, Maureen Suignard.
La croissance française quasiment au point mort. Plus 0,2% au troisième trimestre, indique l'INSEE ce matin. Ralentissement aussi pour la consommation des ménages qui est pourtant le moteur traditionnel de l'économie française. La consommation alimentaire est en recul d'1,6% sur l'ensemble de ce trimestre. Des Français qui voient leurs factures énergétiques augmenter pour aider les entreprises qui ne sont pas concernées par le bouclier tarifaire. L'État va prendre en charge une partie des factures d'électricité, des TPE et des PME. Pour cela, une partie de la taxation exceptionnelle des énergéticiens sera redistribuée. Une mise en examen pour viol, séquestration et meurtre.
Le jeune ouvrier agricole de 21 ans reconnaît avoir tué Justine Verac le week-end dernier en Corrèze après une sortie en boîte de nuit. Mais il affirme avoir eu une relation sexuelle consentie avec la jeune femme. Des expertises sont en cours sur son corps qui a été retrouvé hier. Rennes ne prend pas la tête de son groupe en Ligue Europa de football, match nul hier, tout comme Monaco. Nantes par contre s'impose. Nice aussi cette fois en Ligue Europa Conférence.
France Info 8.30 France Info Mais il a la trousse Jules Dethys Clémence Guettet, députée du Val-de-Marne, vice-présidente du groupe LFI à l'Assemblée Nationale et l'invité de France Info ce matin.
Le moins que l'on puisse dire, Clémence Guettet, c'est que la manifestation à l'appel de la CGT d'hier n'a pas drainé les foules. 14 000 personnes à Paris selon la police qui elle-même, la police comptait près de 8 fois plus de manifestants il y a 10 jours. A quoi est-ce que vous attribuez ce tarissement ? Est-ce que ça veut dire que la colère est passée ?
Je pense que ça veut dire déjà que les mobilisations, c'est difficile quand les gens sont absolument étranglés par l'inflation. Ça veut dire quand même perdre des jours de salaire aussi. Donc je pense qu'il y a cette difficulté-là. Et puis après, ça ne veut pas dire que la colère est absente. Je veux dire, il y a des sondages d'opinion qui sortent, notamment après l'interview du président, qui montrent que les gens ne sont pas satisfaits de son action et notamment sur les salaires. Ça ne veut pas dire que les négociations salariales dans les entreprises ont réussi, ce qui expliquerait qu'il y aurait moins de monde dans la rue ? Je ne le crois pas.
Ce n'est pas le climat qu'on sent en tout cas. Je crois qu'il y a encore beaucoup de colère sociale.
Mais justement, je crois même que c'est 15 000 manifestants en France, 1 300 à Paris, c'est vraiment très peu. Qu'est-ce que vous en tirez comme conclusion ? Parce que j'imagine que ça vous parle quand même, ça vous frappe alors qu'on parle de cette rentrée, des combats qui s'annoncent sur la réforme des retraites. Qu'est-ce que ça dit pour vous du pays des Français ? Ils ont peut-être la tête complètement à autre chose, repenser leur vie après le Covid, etc.
Je pense que ça, c'est une réalité. Les Français ont la tête à autre chose, c'est-à-dire la survie, les fins de mois, les difficultés. Ça, c'est sûr. Après, ce que je veux vous dire quand même, c'est que depuis la rentrée, il y a eu des mobilisations qui ont été massives, des mobilisations syndicales, la marche contre la vie chère que nous, nous avons organisée. Et il y a aussi une proportion extrêmement massive de Français qui, si jamais il devait y avoir cette fameuse réforme des retraites, sont prêts à descendre dans la rue, bien plus largement d'ailleurs que les proportions habituelles qu'on peut observer. Donc, ça veut dire qu'il y a une insatisfaction qui est profonde.
Ça veut dire qu'on n'avait pas vu venir, par exemple, le mouvement des Gilets jaunes il y a quelques années, qui, je le rappelle, était aussi sur des questions de coût de la vie et notamment, du coup, de l'énergie.
Peut-être qu'on n'en voit pas venir un similaire ?
Eh bien, c'est tout à fait possible. Ce que je veux dire quand même, c'est que la perspective de cette réforme des retraites brutale, dont 8 Français sur 10 ne veulent pas, de nous faire travailler jusqu'à après le seuil d'espérance de vie en bonne santé, c'est-à-dire nous faire travailler dans des conditions, et notamment dans les métiers pénibles pour les gens qui travaillent de nuit, qui portent des charges d'eau, dans des conditions qui sont extrêmement difficiles. Ça, je crois que les Français ne sont pas prêts à l'accepter.
D'un mot, avant d'arriver à la retraite, vous évoquiez la marche contre la vie chère d'il y a une dizaine de jours. Jean-Luc Mélenchon, hier, évoquait peut-être une marche avant la fin de l'année. C'est la discussion qui a lieu en ce moment entre vous et les syndicats, c'est de réorganiser une marche avant décembre ?
C'est une discussion, déjà, qu'il y a entre organisations politiques. Il y a le rôle des syndicats, la mobilisation, on l'a vu, il y en a une cette semaine, il y a d'autres dates qui sont posées, notamment par la CGT dans le paysage. Et nous, c'est une discussion avec les organisations politiques et associatives, puisqu'on avait des assos avec nous. Pour reposer une date, en effet, de mobilisation. Avant Noël, éventuellement. Voilà, il faut donner des perspectives de combat, de lutte aussi, pour donner un peu d'espoir. Parce que sinon, c'est vrai que le climat, c'est 49-3, l'amorosité, les difficultés sociales.
Voilà, nous, on veut de la combativité, on le fait à l'Assemblée nationale et on le fait dans la rue. Et du coup, juste sur les salaires contre la vie chère
et contre l'inaction climatique, ou aussi avec le mot d'ordre de la réforme des retraites qui a été confirmée par Emmanuel Macron mercredi soir ?
Tout ça est à discuter en fonction du calendrier aussi sur la réforme des retraites, mais il est clair que si c'est la perspective de janvier, voilà, tout à fait, si cette perspective-là se confirme, ça fera partie des mots d'ordre, qui sont d'ailleurs, je le répète, vraiment les plus mobilisateurs.
Les Français n'en veulent pas. Rare unanimité d'ailleurs syndicale là-dessus, puisque même la CFDT de Laurent Berger dit qu'un report de l'âge légal conduirait sa centrale à descendre dans la rue. On sait qu'avec la CGT, bon, il y a eu quelques frictions récemment, est-ce que vous discutez avec la CFDT ? Est-ce que, par exemple, Jean-Luc Mélenchon prévoit de rencontrer Laurent Berger ? Est-ce que vous le souhaitez d'ailleurs ? Alors, c'est Jean-Luc Mélenchon
qui vous répondra à ce sujet, mais on discute avec tous les syndicats. Y compris avec la CFDT. C'est une évidence, oui, bien sûr, mais ils ont leur rôle, je veux le redire. Ils y tiennent, ils font la mobilisation dans les entreprises. Ce que je veux dire aussi, c'est que quand on a parlé de notre dernière marche, dans la rue, il y avait des étudiants, des chômeurs, des retraités, des gens qui ne sont pas concernés directement par cette mobilisation syndicale. Et nous, notre rôle, de reformer un grand bloc populaire qui se mobilise, qui soit combatif et qui puisse se défendre face aux attaques du gouvernement, on le prend au sérieux. Et donc, c'est cet arc large qu'on mobilise.
Le plus urgent, c'est peut-être la question des salaires pour beaucoup de Français. SMIC à 1 500 euros, ça a toujours été ce qui a été dit par la France Insoumise. Hier, au journal de France 2, SMIC à 1 600 euros, a annoncé Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi ce chiffre ? C'est pour prendre en compte l'inflation ?
Bien sûr, c'est pour prendre en compte l'inflation parce qu'il y a eu des revalorisations automatiques du SMIC sur lesquelles on s'est ajusté, nous, pour proposer 1 500. Et maintenant, c'est 1 600 parce que l'inflation continue d'étrangler les gens. Et on pense que ça doit suivre, être réaliste par rapport aux dépenses qu'eux font chaque mois.
Et ceux qui vous disent qu'augmenter le SMIC, ça étranglerait les entreprises, 150 000 entreprises qui seraient en danger de mort, nous dit la CGPME, la Confédération des petites et moyennes entreprises. Est-ce que cet argument, il est entendable ? Les entreprises qui ont déjà des problèmes de trésor et qui doivent rembourser des prêts garantis par l'État.
On a déjà expliqué cette logique qui est une logique vertueuse qui est de faire augmenter l'offre, la demande, pardon. Ça veut dire que les salariés, s'ils ont un salaire plus haut, ils peuvent aussi consommer davantage et ils peuvent aussi davantage faire vivre les entreprises en achetant tout simplement et en consomment. Mais ça, ils peuvent le faire avec des primes aussi. Pourtant, vous ne dites pas de primes, augmentation de salaire, augmentation de SMIC. Vous m'accorderez que le salaire, c'est quand même une sécurité. C'est-à-dire que ça tombe chaque mois. On ne revient pas en arrière, notamment quand c'est des accords syndicaux larges. La prime, c'est au bon vouloir du patron.
Donc s'il ne peut pas ou s'il ne veut pas, ça ne concerne pas tout le monde. Et d'ailleurs, on l'a vu, cette prime Macron, elle n'a pas été accordée à tout le monde. C'est deux tiers des salariés qui ne l'ont pas touché. Donc je veux dire, on préfère sécuriser ça avec des augmentations de salaire. Et on l'a dit tout cet été quand il y avait ce fameux projet de loi sur le pouvoir d'achat qui n'a rien amélioré pour le pouvoir d'achat des Français. Il faut des augmentations de salaire pérennes, pas des petites primes ponctuelles qui laissent les gens dans une incertitude.
Et comment vous faites pour les TPE-PME qui disent qu'on n'a pas les moyens aujourd'hui d'augmenter la masse salariale parce qu'on est déjà étranglé par des prix de l'électricité ? Voilà, en fait, il y a d'autres solutions.
C'est-à-dire que tout ça, ça doit se conjuguer. Nous, on dit qu'il faut bloquer les prix sur la question énergétique, mais ça fait longtemps qu'on le dit. Je veux dire, maintenant, on nous parle d'un bouclier tarifaire qui en réalité permet d'augmenter jusqu'à 15% les prix. C'est absolument énorme. Donc nous, on avait dit il y a longtemps, il faut bloquer les prix et on dit aussi il faut augmenter les salaires. Et tout ça est financé à notre sens par une caisse de péréquation. C'est un mécanisme intéressant. Ça fait que les grands groupes mettent de l'argent là-dedans et les petites PME, TPE peuvent être accompagnées pour augmenter les salaires. C'est de la solidarité, mais non.
Le gouvernement refuse de taxer et les super profits et les super dividendes et continue cette logique qui fait qu'au bout du compte, c'est les gens qui payent.
Il y a le mécanisme européen pour taxer les super profits. Et on se contente de cela. C'est ce que dit le gouvernement.
Il se contente de peu quand même. Proposition du chef de l'État mercredi soir. Un dividende salarié en disant si on verse des dividendes aux actionnaires, pourquoi ne pas en verser aussi aux employés ? Ça aussi, c'est une piste en termes de pouvoir d'achat et de revenus.
C'est une piste tout à fait macroniste. C'est-à-dire que là aussi, c'est aléatoire. Ça veut dire qu'il faut que les entreprises veuillent verser ces fameux dividendes. Ça n'est pas soumis à cotisation. Ça veut dire que ça n'a pas les mêmes bénéfices que les salaires pour les caisses publiques, finalement, nos services publics. C'est vrai que ça pourrait
être contraignant. Si on verse des dividendes aux actionnaires, les entreprises seraient contraintes de les verser aussi aux salariés. Ce serait de l'argent, même si dividende, c'est peut-être un gros mot pour vous. Là, ce serait du concret, de l'argent et des contraintes pour les entreprises.
Mais je veux dire, quel montant ? À quelle régularité ? Est-ce que les entreprises, par exemple, Total, qui nous racontent à longueur de temps qu'ils ne font pas de bénéfices en France alors qu'ils versent à leurs actionnaires, je suis assez persuadée qu'il n'y aurait pas de dividendes totales pour les salariés totales. Ce qu'ils demandent, c'est des augmentations de salaires. C'est quand même pas compliqué. Je veux dire, ça a toujours fonctionné comme ça. Là, ce qu'ils font, c'est qu'ils détricotent plein de choses dont nos acquis sociaux parce que ce qu'ils vont payer au final, c'est la baisse des services publics, moins de cotisations sociales. C'est ça que ça veut dire.
Ce que je comprends, c'est que vous ne dites pas comme Bruno Le Maire tant mieux si Total Energy fait des bénéfices.
Ça vous étonnera que je ne dise pas comme Bruno Le Maire. Vous pourriez dire que c'est une fierté d'avoir une grande entreprise française qui joue dans la cour des grands à l'international et il y a la question du partage de richesses qui arrive en parallèle.
Je trouve absolument indécent que M. Le Maire dise ça après plusieurs semaines de mobilisation des salariés totales alors que M. Pouyanné, le PDG, s'est augmenté de 52%. Même s'il est fatigué qu'on le dise, on va le redire. Mais l'exemple est intéressant parce qu'il s'est augmenté en part variable précisément,
pas en salaire fixe. Mais il a un salaire fixe qui est confortable mais il a considéré que plusieurs millions d'euros. Le partage de richesses se faisait sur une part variable donc sur l'équivalent de prime ou de dividend peut-être que proposé par M. Le Maire.
Le partage des richesses quand vous, votre part de fixe c'est plusieurs millions d'euros et que la plupart des salariés de l'entreprise c'est 1500, vous m'accorderez que la part variable elle est quand même satisfaisante de différentes manières. C'est absolument indécent ce que fait Total. Et en plus, ce que je veux dire c'est qu'ils échappent à l'impôt en France par des montages financiers qui correspondent en fait à des arrangements fiscaux sur lesquels l'Etat français ferme les yeux. Est-ce à dire que quand Total a fait cette fameuse ristourne c'était un deal pour accepter de fermer les yeux sur ce type de montage financier qui font qu'ils ne payent pas d'impôt en France ?
Est-ce que ça fait partie des entreprises sur lesquelles vous enquêtez ? Je crois qu'il y a une mission qui a été lancée par la France Insoumise pour regarder quelles entreprises échappent à l'impôt. Vous enquêtez sur Total Energy ? Par Érico Krell qui est maintenant le président de la commission des finances ce qui nous rend extrêmement fiers d'ailleurs dans ce débat budgétaire et donc oui ça fait partie de ces grandes entreprises sur lesquelles on peut avoir des informations et sur lesquelles il y a cette mission qui va durer 6 mois et qui rendra ensuite des conclusions.
Clémence Guettet on se retrouve juste après le fil info puisqu'il est 8h51 une minute Morine Suignard
L'été permet à Air France KLM d'oublier deux années très sombres 460 millions d'euros de bénéfices nets au troisième trimestre pour le groupe le chiffre d'affaires est même supérieur à la période pré-Covid le groupe aérien qui va pouvoir rembourser une partie du prêt garanti par l'État l'État qui vient en aide aux entreprises qui ne peuvent pas prétendre au bouclier tarifaire la facture d'électricité des TPE et des PME sera en partie réglée par l'État mesure effective en janvier prochain en attendant l'inflation accélère encore en octobre elle est de 6,2% sur un an selon une première estimation de l'UNSEE ne pas déposer une motion de censure après un troisième 49-3 dans la semaine ce serait une erreur c'est ce qu'affirme sur France Info la vice-présidente du groupe la France Insoumise à l'Assemblée Nationale motion qui n'est pas signée par le parti socialiste le patron du PS affirme qu'il ne veut pas banaliser cet outil contre le gouvernement un cas de rage détecté sur un chien détenu dans un refuge en Essonne c'est extrêmement rare en France l'animal a mordu plusieurs personnes elles ont été prises en charge la rage ne se transmet pas entre humains
Clémence Guettet juste avant le fil d'info vous parliez de la ristourne sur les carburants le dispositif doit prendre fin au 15 novembre est-ce que vous souhaitez qu'il soit poursuivi et pour longtemps ?
Alors c'est pas exactement le mécanisme que nous on préconisait puisque nous on pense qu'il faut une contrainte une contrainte qui soit en plus plus forte qui ne soit pas laissée comme ça au bon vouloir de l'entreprise donc nous ce qu'on préconise c'est le blocage des prix ça fait plusieurs ça fait plusieurs mois maintenant qu'on le dit voilà
il y a la ristourne de total il y a la ristourne du gouvernement le dispositif qui devrait changer au début de l'année prochaine privilégier les gros rouleurs les gros bosseurs disait aussi Gabriel Attal ministre du budget est-ce que ça c'est une idée qui s'entend ?
bon c'est une nécessité je veux dire quand il y a des gens qui ont des frais kilométriques qui sont énormes il faut les aider mais est-ce que ça veut dire que quand vous êtes au chômage que vous avez des tout petits revenus que vous devez aller à vos rendez-vous pôle emploi ou à des rendez-vous dans des entreprises vous n'avez pas le droit à être aidé alors même que les prix des carburants s'envolent je ne crois pas que ce soit une bonne idée non
Emmanuel Macron mercredi soir à la télévision a clarifié son cap il se pose en chef du parti de l'ordre interview ponctuée de clin d'œil à la droite sur l'immigration sur la sécurité est-ce que pour vous cette interview a permis de clarifier précisément le cap le chemin que souhaite tracer Emmanuel Macron au cours de ce deuxième quinquennat
je pense qu'il y a une clarification politique c'est clair même les députés des républicains étaient un peu surpris de cet appel du pied qui était très franc cette fois-ci il est allé jusqu'à parler d'une alliance avec les députés de droite sur certains textes on avait déjà observé quand même depuis le début du mandat que le regard fameux compromis se tournait plus davantage vers la droite de l'émixique que vers la gauche cette fois-ci il fait un appel du pied très franc à la droite et puis sur les questions d'immigration et de sécurité je trouve qu'il se met dans la roue de l'extrême droite on peut aller jusque là donc il y a une clare vous allez jusque là pour vous
il fait ah oui oui
j'ai trouvé que le passage sur les questions d'immigration était quand même relativement quand il dit par exemple qu'il y a eu trop d'arrivées ces dernières années bien sûr je rappelle que c'est quand même quelqu'un qui a dit je ne suis ni de gauche ni de droite bon voilà
là il est de droite de droite est-ce que vous faites vous appel ou est-ce que vous tendez la main à l'aile gauche de la Macronie en conséquence en lui disant rejoignez-nous non pas du tout alors nous on a fait
vous ne leur tendez pas la main non enfin il ne vous intéresse pas on ne tend pas la main aux gens c'est-à-dire qu'on a fait 26% sur un programme très clair on était en tête des législatives avec une alliance qui s'appelle la NUPES on estime que ça fonctionne très bien vous dites je précise quand même
pour le dossier vous dites nous sommes arrivés en tête au premier tour des législatives si on regarde mais le mode de scrutin n'est pas un mode de scrutin national malheureusement
mais vous m'accorderez qu'on est quand même arrivés en tête au premier tour des élections législatives sur un programme clair qui est un programme de rupture que j'ai participé à coordonner pour notamment la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon et qui est à remuer responsable du programme d'avenir en commun et donc ça c'était un bloc de plusieurs centaines de mesures et je ne crois pas que ceux qui ont voté pour monsieur Macron et qui sont maintenant dans sa majorité soient exactement sur les mêmes lignes politiques il ne faut pas blouser les électeurs on ne défend pas les mêmes choses
Clémence Guettet c'est intéressant ce que vous disiez sur Emmanuel Macron qui pencherait à droite voire à l'extrême droite notamment en parlant d'immigration il a cité un chiffre sur la délinquance et les étrangers d'habitude on n'en parle pas parce qu'il n'y a pas de statistiques ethniques là c'était sur des étrangers 50% à Paris en Ile-de-France qui seraient commis par des étrangers il ne faut pas regarder ça en face quand on est à la France insoumise on ne peut pas se satisfaire de ce constant on ne peut pas le prendre en compte
vous avez fact-checké du coup ? il sort d'où ces chiffres ?
c'est assez simple s'il s'agit des étrangers pour le coup on peut le regarder avec leur nationalité
moi ce que j'ai vu par exemple parce que lui il dit plus de la moitié je crois si on ne l'a pas fact-checké
on pourra le faire d'ailleurs sur France insoumise
je trouve que ce serait intéressant lui la moitié au moins des délinquants après cette émission du président j'ai essayé de chercher des chiffres justement j'ai vu que 84% des personnes qui sont condamnées pour des faits de délinquance sont françaises donc je ne sais pas d'où il sort son 50% et je trouve que c'est intéressant que vous notiez que d'habitude on n'en parle pas parce qu'on n'a pas de statistiques et que là le président et c'est en ça que je voulais dire qu'il se met dans la roue de l'extrême droite là le président dans une ambiance qui est quand même assez anxiogène pour les français fait des parallèles qui me semblent extrêmement dangereux
un dernier mot Clémence Guettet de ces actions qui frappent beaucoup de français d'activistes pour le climat qui veulent dénoncer l'inaction climatique face à des oeuvres d'art qui s'en prennent à des tableaux alors il y a la Joconde à l'été mais ensuite par ce collectif Just Stop Oil donc arrêtons le pétrole contre un Van Gogh un monnaie et donc hier la jeune fille à la perle de Vermeer aux Pays-Bas qu'est-ce que vous dites ? Tous les moyens sont bons pour alerter sur l'inaction climatique ?
Bon je veux dire déjà qu'on s'est indigné offusqué etc que les oeuvres étaient protégées qu'elles n'ont pas été détériorées première chose deuxième chose j'aimerais bien qu'on s'intéresse au fond des messages de ces jeunes parce que c'est des jeunes activistes ou des moyens pour alerter l'opinion sur le changement climatique le réchauffement climatique hier on a eu des chiffres de l'ONU qui nous disent que si on respectait nos engagements climatiques au niveau international on irait à plus 2,5 degrés à la fin du siècle pour l'instant on ne les respecte pas donc ça veut dire que c'est plus dramatique c'est plus 2,8 on n'a pas idée de ce que ça va provoquer dans nos existences et ça c'est 2100 ensuite il y a de l'inertie ça pourrait être encore pire donc là on est en octobre on est en t-shirt dehors tout le monde trouve ça léger, joyeux non plus vraiment il y a une crise de conscience non mais c'est une catastrophe ce qui se passe il y a encore 38 départements dans notre pays qui sont en alerte crise au niveau de la sécheresse la semaine dernière il y avait des tornades dans le nord de la France je veux dire il faut alerter l'opinion publique et surtout il faut agir la France a déjà été condamnée et donc le mode d'action des activistes
pour vous c'est le bon moyen
d'alerter l'opinion je trouve que ça a le mérite au moins sur ce plateau de pouvoir discuter de cette question écologique majeure voilà
même si on a eu plusieurs fois l'occasion et qu'on l'aura évidemment d'en parler dans d'autres conditions et à partir d'autres accroches d'actualité comme on le dit dans le métier merci à vous Clémence Guettet députée du Val-de-Marne vice-présidente du groupe LFI à l'Assemblée Nationale merci beaucoup
merci beaucoup – Sous-titrage FR 2021
Clémence Guetté