L'interview «Savoir comprendre» : Dominique Schelcher - 17/06
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:16OuverteRéponse directe
Comment allez-vous faire ? Est-ce qu'il va y avoir un retour en masse des promotions, par exemple ?
- 2:13OuverteRéponse directe
Ça coûte un peu plus cher d'imprimer un prospectus en France qu'en Allemagne.
- 2:23RelanceRéponse directe
Mais comment ça se fait ?
- 3:14OuverteRéponse directe
Depuis l'intervention d'Emmanuel Macron, il y a un débat en France : il va falloir travailler plus, produire plus. Que va-t-on faire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:27Invité politiqueChiffre
« On en imprime plus de 700 millions par an. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Pour le deuxième semestre 2020, nous avons pris la décision de rapatrier l'impression de la moitié, 350 millions de prospectus, de pays européens, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie à la France. »
- 1:54Invité politiqueChiffre
« Et ce sont 14 PME françaises d'impression. »
- 2:32Invité politiqueChiffre
« Ça va nous permettre également d'économiser 300 000 kilomètres de transport. »
- 2:59Invité politiqueFait
« Un de ces 14 imprimaires était en redressement, était en difficulté économique. »
Temps de parole
- Invité politique69 %
- Présentateur31 %
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Vous écoutez RMC. RMC, 6h-9h. Bonne indirecte. Michel Cher est avec nous, président directeur général de Système U. Merci d'être là. Je parlais de guerre des prix. Nous verrons bien entre distributeurs. Mais comment allez-vous faire ? Est-ce qu'il va y avoir un retour en masse des promotions, par exemple ?
Mais les promotions sont indispensables à la vie de notre métier. Pendant le confinement, on ne distribuait plus de tracts puisqu'il n'y avait plus de distributeurs de tracts. Donc là, les gens se sont habitués. Mais très rapidement, nous, on est une enseigne des territoires. On est très présents dans les communes de moins de 5 000 habitants. Quand dans une rue d'un de nos villages, le prospectus n'est pas distribué, les gens viennent aujourd'hui à l'accueil pour dire « Mais ce n'est pas possible, je n'ai pas reçu mon prospectus », ce qui évidemment n'est pas du tout le cas à Paris. Voilà, ça a une importance.
Mais à Paris, on ne se rend plus compte de grand-chose. Je vous le dis tout de suite. Mais vous savez combien je pense au territoire. Au territoire. Et vous y pensez, Dominique Schellcher. Le comportement, d'ailleurs, du consommateur n'est pas du tout le même.
Le comportement n'est pas du tout le même. Et donc, le point important aujourd'hui, à cause de cet attachement qu'on a au territoire, au PME dans les territoires qui sont nos partenaires historiques, on a pris une décision importante de patriotisme économique chez U. On y a longtemps réfléchi. On avait deux options. Concernant l'impression de nos prospectus, on en imprime plus de 700 millions par an. 700 millions de prospectus par an. Bien sûr, on travaille sur l'avenir et la digitalisation, etc. Mais dans les campagnes, les gens sont encore attachés à ça. Donc, pour l'instant, c'est la réponse. 700 millions.
Pour le deuxième semestre 2020, nous avons pris la décision de rapatrier l'impression de la moitié, 350 millions de prospectus, de pays européens, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie à la France. Et ce sont 14 PME françaises d'impression. Un univers qui est en difficulté actuellement, avec des difficultés de la presse, avec beaucoup de choses. On a décidé de rapatrier cette production en France pour faire tourner des entreprises françaises. Ça nous coûte un peu plus cher.
Oui, vraiment, ça coûte un peu plus cher. Ça coûte un peu plus cher d'imprimer un prospectus en France qu'en Allemagne.
Qu'en Allemagne, en Espagne ou en Italie.
Qu'en Allemagne, mais j'ouvre l'Espagne et l'Italie. Qu'en Allemagne. Absolument. Mais comment ça se fait ? Le coût de la main d'oeuvre est à peu près le même en Allemagne.
Un peu moins. Un peu moins. Donc, c'est probablement lié à ça. Ça va nous permettre également d'économiser 300 000 kilomètres de transport. Entre les livraisons de papiers et les livraisons de ces prospectus, il y a aussi un peu d'empreintes écologiques en moins. Mais en cette période où on a parlé tout à l'heure des chiffres de cette crise économique qui arrive, qui va être difficile et dure. On a préféré privilégier des emplois en France. Peut-être que ces gens seront nos clients aussi. On pense à ça. Et que ça va sauver des emplois. Un de ces 14 imprimaires était en redressement, était en difficulté économique. C'était très fragile.
Le fait de rapatrier cette production va le sauver cette année.
Alors, vous êtes le PDG de Systému. Depuis l'intervention d'Emmanuel Macron, il y a un débat en France, qu'a dit Emmanuel Macron ? Il va falloir travailler plus, produire plus. Travailler plus chez Systému. On va allonger le temps de travail. Que va-t-on faire ? On va augmenter le nombre de dimanches travaillés. On va ouvrir, demander l'ouverture le dimanche après-midi. Augmenter les amplitudes horaires. La réponse est non.
Systému n'a jamais plaidé pour plus de dimanches, plus d'horaires de soirée, etc. Ce n'est pas notre état d'esprit. On est essentiellement à la campagne. À un moment, il faut que ça s'arrête. Faire travailler plus une hôtesse de caisse qui travaille déjà un temps plein à 35 heures, ce n'est pas raisonnable. Je veux dire, c'est un métier qui est fatigant et éprouvant au contact du client. Donc, ce n'est pas du tout notre optique. Moi, mon optique, quand on dit travailler plus, c'est plutôt de donner du travail à tout le monde et créer de la richesse avec tout le monde plutôt que, vous voyez, faire travailler.
Après, entreprise par entreprise, dans les secteurs qui le méritent, on trouve des accords et de solutions, oui. Mais notre vision à nous, ce n'est pas de changer du tout, d'appeler à ça chez nous ou de changer les règles et d'allonger le temps de travail, mais plutôt d'essayer de donner du travail au maximum de gens et particulièrement à ceux qui vont le perdre dans les prochains temps. Et il y a encore trois ou quatre mois avant le confinement, c'était parfois difficile de recruter. Mais je peux vous dire que d'ores et déjà maintenant, les CV reviennent. Les CV reviennent ? Ah ben, les CV reviennent.
Ça, c'est une bonne nouvelle. C'est une bonne nouvelle. C'est aussi un mauvais signe. Oui, c'est aussi un mauvais signe. Bien. Merci beaucoup, Dominique Schellcher. Merci d'être venu nous voir. Président, directeur général de Systému ce matin sur RMC et RMC Découverte. C'est passionnant. Il est 7h51.