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interviewC dans l'air· 5 février 2021 4 min

Face au Covid... Le choc des générations - Reportage #cdanslair 04.02.2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité

C'est la recommandation de nombreux scientifiques depuis des semaines. De toute façon, ça nous pend au nez, donc il va falloir reconfiner. C'est très triste et désespérant, mais on ne peut pas faire autrement. Il faut reconfiner la France, on n'a plus le choix. Je pense qu'il sera inéluctable compte tenu de la dynamique du virus et des variants. La santé plutôt que la société. Compte tenu de ce qui se passe actuellement dans les hôpitaux, je pense qu'il serait raisonnable de freiner fort, c'est-à-dire de fermer les écoles pendant peut-être trois semaines, un mois.

Bref, alors qu'un troisième confinement du pays semblait imminent, le gouvernement, ou plutôt le président, a pris la France par surprise. Plus question de paralyser l'économie, en tout cas pas pour l'instant. On va continuer à gérer ainsi cette épidémie avec un objectif qui est de protéger les plus faibles, de protéger notre système de santé et de pouvoir au maximum aussi protéger notre jeunesse qui a besoin d'étudier, d'aller à l'école et d'avoir un pays le plus ouvert possible malgré le virus. Ce matin, le ministre de l'Intérieur se montrait même rassurant. Les vacances d'hiver auront bien lieu et sans confinement.

1:08
Emmanuel Macron

Nous avons choisi de ne pas confiner, nous avons choisi de ne pas limiter les déplacements. Les conséquences économiques, touristiques, notamment pour votre région, monsieur, sociales, sanitaires, psychologiques, d'un confinement sont extrêmement lourds.

1:21
Invité

Si le gouvernement agit ainsi, c'est que les chiffres ne sont pas si mauvais. Le 29 octobre dernier, au moment du deuxième confinement, le nombre de cas quotidiens se situait entre 50 et 60 000. Aujourd'hui, c'est deux fois moins, autour de 25 000 cas par jour. Mieux, le taux de positivité des tests qui dépassait les 20 % en novembre est aujourd'hui stable, entre 6 et 7 %. Autre matière à réflexion pour l'exécutif, les exemples à contre-courant de certains voisins européens. Exemple à Madrid ce midi, avec des images que l'on avait presque oubliées. Ce restaurant du centre-ville prépare le service du déjeuner. On a mis plus de distance. Ici, il y a un espace de 2 mètres entre deux clients.

Et on a retiré des chaises un peu partout. Dans la moitié des régions espagnoles, les restaurants et bars ont le droit d'ouvrir jusqu'à 22 heures. En pleine deuxième vague, le pays fait le choix de l'économie. On essaie de s'en sortir parce qu'on doit vivre, nous aussi. On a des charges à payer, l'eau, la lumière. Et puis, il faut bien manger. C'est de la survie. Si je ferme ici, je me retrouve au chômage. Et le chômage en Espagne est en sur-régime. Un taux à plus de 16%, c'est ce qui a convaincu les autorités locales d'assouplir les règles. Espoir et mesures similaires en Italie où depuis deux jours, les restaurants ont ouvert, mais pas seulement.

Des lieux emblématiques sont de nouveau accessibles au public, comme le Colisée de Rome. C'est très émouvant parce qu'il n'y a eu aucun événement ici depuis des mois. Alors participer à la réouverture du Colisée le premier jour, c'est un plaisir et un honneur. La chapelle Sixtine au Vatican a enfin pu rouvrir ses lourdes portes après trois mois de fermeture. Un record depuis la Seconde Guerre mondiale. Quelques centaines de visiteurs ce jour-là contre des milliers avant la pandémie. Mais au moins, il y a le calme et le respect des gestes barrières. Je pense que c'est merveilleux. Ça paraît un peu égoïste, mais bon, on profite du calme.

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Emmanuel Macron

Être au Vatican sans personne, c'est vraiment un rêve.

3:43
Invité

Un rêve encore lointain en France, coincé entre deux stratégies, deux directions opposées et deux opinions publiques. À l'image d'un sondage paru aujourd'hui, selon lequel 55% des Français seraient favorables à un reconfinement strict.