Olivier Cadic : « La Roumanie, la Bulgarie et la Serbie sont le laboratoire de la Russie »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Olivier Cadic, merci d'avoir accepté notre invitation. Je le rappelle, vous êtes sénateur centriste des Français d'étranger. Comme tous les matins, on a sélectionné trois titres de la presse régionale qu'on va regarder ensemble. Tout d'abord, il y a l'Alsace avec ce titre sur Cécile Collère, à quand son retour en France, la joie des parents de Cécile Collère, Mireille et Pascal, mardi soir devant la mairie de Soultz. Cette joie qui est partagée par tout le pays écrit le titre.
Après trois ans et demi de détention, l'enseignante loge actuellement à la résidence de l'ambassadeur de France à Téhéran avec son compagnon Jacques Paris, le quai d'Orsay, qui travaille désormais à leur rapatriement. Deuxième titre que nous avons retenu ce matin, c'est la riposte engagée entre fil d'attente, police, colère sociale et polémique éthique. L'ouverture du magasin Chine hier au BHV a transformé le lieu en miroir des contradictions de la mode et du pouvoir d'achat, écrit ce matin le Télégramme. Et enfin, la dépêche, Trump, les ennuis commencent, titre ce matin, un an après sa réélection, Donald Trump qui fait face à des difficultés croissantes.
L'élection du démocrate Zoran Mamdani, comme maire de New York mardi sur fond de ralentissement économique et de tension sociale, expose la fragilité du second mandat du milliardaire républicain, un an avant les élections de mi-mandat. Quelle une choisissez-vous ?
– Alors, tout d'abord, je me réjouis évidemment que de la libération de Cécile Collère et de Jacques Paris, ma collègue Olivia Richard a posé une question au gouvernement, au ministre de l'Europe et des Affaires étrangères hier, et c'était très opportun. On est tous heureux, soulagés de là où nous en sommes. Ceci étant, pour Shine, c'est effectivement une problématique aujourd'hui générale pour nous, pour toute notre industrie, tout notre commerce, et en réalité, la problématique des tarifs qui a été mise en place par Donald Trump est aussi liée à ces pratiques-là pour protéger effectivement les États-Unis.
Aujourd'hui, on le voit avec le début des tarifs, où maintenant, quand on veut exporter vers les États-Unis, on est obligé de mettre le détail de tout ce qu'on envoie et de la provenance. C'est justement pour bloquer les produits qui viennent justement de Chine. On envoie aujourd'hui les résultats, on a vu l'affaire avec ces poupées pour les pédocriminels, mais c'est aussi bien des armes, c'est mis en avant, mais ça peut être aussi des produits électriques défectueux avec des incendies qui vont arriver parce que les produits ne correspondent pas à nos normes. Il est impératif de mettre ces plateformes, avec les produits qui viennent de Chine, sous contrôle.
C'est impératif pour notre industrie, c'est vital. Il faut fermer la plateforme Chine en France comme le fait, ou comme pourrait le faire le gouvernement dans les 48 heures. Mais aujourd'hui, c'est indispensable qu'on ferme ça, c'est indispensable qu'on bloque les envois de moins de 150 euros par la poste qui sont aujourd'hui, qui passent sous le radar.
Qu'on les taxe davantage ou qu'on les bloque ?
Justement, aujourd'hui, il faut impérativement être en capacité de protéger notre population de produits défectueux. Donc, effectivement, il faut être très ferme dans ce domaine, sinon on ne pourra pas gérer le résultat.
Et on voit que tout est lié. Mais évoquons donc le sort de nos deux ressortissants libérés cette semaine. Je dis libérés, mais le ministre des Affaires étrangères hier a été très prudent, puisque pour l'heure, il n'est pas question qu'il rentre immédiatement en France. Vous êtes aussi prudent. On ne peut pas dire qu'il soit complètement en liberté aujourd'hui.
Vous savez, pendant trois ans et demi, nos deux compatriotes ont été maintenus en prison dans des conditions extrêmes. C'était des otages d'État. Jean-Noël Barraud avait très bien décrit la situation. Notre équipe diplomatique a fait tout ce qu'il pouvait, tout ce qu'il fallait pour qu'on en arrive au moins à cette semi-liberté, puisque en fait, ils sont pour l'instant à l'ambassade de France. Mais évidemment, la situation est bien meilleure pour eux que celle qu'elle était deux jours avant en prison. Ceci étant, ils ne sont toujours pas chez nous, libres de leur mouvement. Et donc, évidemment, il reste cette deuxième partie.
Encore une fois, on est face à un État qui pratique le concept d'otage d'État. L'Iran n'est pas le seul pays. La Russie fait la même chose. La Chine aussi.
Alors, comment est-ce que ça va se débloquer, cette situation ? Est-ce qu'il peut y avoir un échange de ressortissants ? C'est ce qu'on a cru comprendre, notamment parce que les responsables iraniens ont évoqué le sort d'une de leurs ressortissantes en France.
Mais vous voyez bien où on en est. On a l'impression, on est face justement à des preneurs d'otages. La personne qui est aujourd'hui poursuivie en France l'est dans un cadre légal de justice indépendante. Et donc là, on voit qu'on est en train de discuter avec un gouvernement étranger, effectivement sur un sujet qui n'est pas, encore une fois, face à un État de droit. Donc, effectivement, le ministère des Affaires étrangères va faire tout ce qu'il peut, mais on est aussi, nous, avec un État de droit.
On en vient au deuxième grand titre ce matin, Olivier Cadic, et cet automobiliste qui a volontairement renversé cinq personnes hier sur l'île d'Oléron. On va en parler avec un des maires de l'île. Bonjour, Christophe Sueur. Vous êtes le maire de Saint-Pierre d'Oléron. Je le disais dans le journal, cinq personnes ont été blessées hier. Est-ce qu'à l'heure où l'on se parle, vous pouvez nous donner des nouvelles de ces cinq personnes ? Comment se portent-elles ?
Dans les nouvelles que j'ai pu prendre ce matin, des six heures, par rapport à la personne qui était le plus gravement touchée, qui est Emma Vallin, sa maman me disait qu'elle a été opérée déjà hier soir de plusieurs fractures. Elle est bien sûr sous perfusion et il y a un choc, bien sûr, moral et psychologique très fort sur la situation. Il faut imaginer que tout ce qui s'est passé est l'ampleur que ça a pris.
Et après, pour les autres victimes, je vais bien sûr profiter de la matinée, qui va être un peu plus calme, je suppose, pour aller à la rencontre éventuelle des familles et d'avoir des informations auprès des hôpitaux, sachant que plusieurs hôpitaux ont été concernés pour récupérer les victimes qui ont été victimes de ces attentats.
On imagine l'émotion qui s'est emparée de l'île d'Oléron depuis hier. Oléron, c'est 20 000 habitants. Qu'est-ce que vos concitoyens vous disent depuis hier ? Quel est le sentiment qui domine ?
Le sentiment, c'est de l'assidération. L'assidération, pourquoi ? Parce qu'on est effectivement sur une île. Alors, il y a la population INSEE qui venait de citer, qui est de 20 000 habitants. Mais en fait, on a aussi pas mal de résidents secondaires qui viennent souvent vivre ici tranquillement l'hiver. Pourquoi ? Parce que c'est un endroit paisible, un endroit où le climat est bon et où on est plutôt tranquille, tout le monde se connaît un peu. Et cette situation que nous avons vécue nous a énormément perturbés. Ça a dépassé un simple accident de la route.
On était victimes tous, puisqu'on est tous concernés, on se connaît tous un tout petit peu, de cet individu qui a eu l'intention de porter nuisance à autrui et de blesser gravement, voire même vouloir tuer, vu l'intention qu'il avait, toutes les personnes qu'il a essayé d'écraser, en les prenant par surprise, en leur roulant dessus, en les percutant. Et ça, bien sûr, ça touche tout le monde parce qu'on ne s'y attendait absolument pas. Et ça crée une véritable inquiétude. Maintenant, on en prend conscience encore plus.
Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur le profil de ce suspect ? Vous le connaissiez, vous, d'ailleurs ?
Non, je ne le connaissais pas. Alors, je savais, j'ai appris qu'il vivait dans un mobilum. Hélas, il y a de plus en plus de personnes qui vivent un petit peu en marche comme ça, qui n'ont peut-être pas les moyens de vivre dans une maison. Il s'était rapproché de son père, qui lui-même était habitué à la communauté des marins-pêcheurs de la Cotinière. Mais c'est quelqu'un qui était un peu en marge, qui était un personnage, qui avait eu quelques affaires avec la gendarmerie. Mais je dirais qu'il y en a partout en France. Hélas, il y en a d'autres. Mais on n'imaginait pas qu'il pouvait…
C'était quelqu'un qui, par rapport à son profil sur les réseaux sociaux, je dirais, était invisible, ne semblait pas être dans une position de revendication, quelle qu'elle soit. Et son passage à l'acte, tel qu'il l'a fait, nous sidère encore plus.
Olivier Cadic, c'est toujours une épreuve pour un maire de vivre ce genre de situation. Quel regard est-ce que vous portez sur ce qui s'est passé à Oléron hier ? Et qu'est-ce que vous avez envie de dire à M. le maire ?
Tout d'abord, lui dire toute ma solidarité, évidemment. Et donc, on est tous évidemment sous le choc de ce qui s'est passé. Je représente les Français de l'étranger, si vous voulez, j'arrive des États-Unis. Je ne peux que me réjouir quand je vois quelque chose comme ça, que les armes ne soient pas en vente libre. Et vous savez, aux États-Unis, on est à peu près à un mass shooting par jour, plus de 500. Tuerie de masse, oui. Tuerie de masse, j'étais à Chicago la semaine dernière, avec deux Français. Leur enfant à Minneapolis avait été témoin d'un massacre de masse, avec les mêmes chocs. J'ai passé du temps, une heure avec eux, pour les accompagner, pour voir ce qui s'était passé.
Et je ressens dans les paroles que j'entends en ce moment, exactement la même émotion, le même choc par rapport aux Français de l'étranger qui étaient victimes, qui avaient assisté à une tuerie de masse. Donc, on voit quand quelqu'un est totalement débridé, se met à chercher à assassiner des gens qu'il ne connaît même pas, on comprend l'émotion puisqu'on se dit, mais pourquoi tout ça ?
Oui. Monsieur le maire, un dernier mot, peut-être sur ce suivi des personnes marginalisées, il est très difficile à faire aujourd'hui. Est-ce que c'est peut-être ça aussi qui a manqué aujourd'hui ? Comment est-ce qu'on peut avancer maintenant ?
À mon niveau, en tant que maire, on est vraiment très écarté de toutes ces considérations. Nous, on gère le quotidien de nos citoyens, on a nos services municipaux qui agissent. On est souvent appelé quand la catastrophe est en cours et jamais, bien sûr, au préalable, pour anticiper quoi que ce soit. On n'est pas au courant des personnes qui sont marginalisées. Quand il y a des enquêtes de gendarmerie, on n'est pas informé non plus. Je ne sais même pas si sur ma commune, j'ai des fichiers S ou si j'ai des personnes qui sont en situation d'être sous surveillance par rapport à leurs difficultés. C'est ça qui est grave. Alors après, je peux comprendre qu'il y a des hiérarchisations.
Je rejoins un tout petit peu ce que je viens d'entendre. Heureusement que ça ne s'est pas fait il y a une semaine pendant les vacances de la Toussaint, où on avait beaucoup plus de monde et de résidences secondaires et des touristes, des visiteurs qui viennent habituellement sur l'île de Léron. Ça aurait pu être beaucoup plus dramatique. Et la chance de cette histoire, c'est que malgré toutes ces victimes qui souffrent aujourd'hui et qui sont hospitalisées et qui sont en opération, il n'y a pas eu de victimes plus graves. Il y aurait pu avoir des morts. On a en particulier une personne qui a été blessée, qui a été retrouvée inerte, fauchée dans l'herbe et qui a été sauvée in extremis.
On aurait pu avoir des choses beaucoup plus dramatiques. Une voiture devient effectivement un objet, comme n'importe quel objet d'ailleurs pour attraper des victimes au hasard. Ce qui nous fait froid dans le dos, c'est cette intention d'un seul coup, en suivant un parcours qui a l'air complètement aléatoire, d'aller attraper tout ce qui bouge sur le bord de la route, des piétons ou des cyclistes. Et c'est ça qui nous perturbe parce que c'est un acte lâche. C'est un acte qui manque de courage. Et puis en même temps, c'est une espèce de loterie. Pourquoi telle et telle personne plus qu'une autre ? C'est ça. Là, on avait une maman qui sortait de l'école, une personne qui allait au centre-ville.
Il n'y a pas de raison.
Merci. Merci Christophe Sueur, maire de Saint-Pierre-d'Oléron. On sent l'émotion encore aujourd'hui sur l'île. Et merci d'avoir accepté de témoigner ce matin sur Public Sénat. Olivier Kadic, on en vient à un autre thème dans cette émission. Je disais en titre le Sénat qui organisait hier un colloque sur les ingérences étrangères lors des périodes électorales. L'année dernière, les services de l'État qui ont recensé plusieurs dizaines de tentatives de déstabilisation au moment des élections européennes ou législatives anticipées. D'où cette question aujourd'hui, quel est le niveau de la menace exacte en France ?
Ces attaques extérieures peuvent-elles discréditer nos institutions aux yeux des Français ? Écoutez hier lors du colloque au Sénat, Anne-Sophie Divert qui travaille au service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères, c'est Viginium.
Nous faisons face à un état de la menace qui est réel et préoccupant. En vérité, depuis le milieu des années 2010, aucun rendez-vous électoral ou référendaire majeur n'a été épargné par une tentative de manipulation de l'information impliquant des acteurs étrangers. Ce que nous observons chez Viginium, c'est que plus largement, la menace informationnelle constitue désormais une menace permanente, omniprésente et croissante.
Alors, quel est le niveau de la menace exactement selon vous ? Est-ce que c'est massif ou c'est encore négligeable en France ? Est-ce que nos élections sont menacées à l'heure où l'on se parle ?
Vous savez, moi qui ai vécu le Brexit, je peux vous dire qu'effectivement, en manipulant bien les réseaux sociaux, on arrive à avoir des résultats. Ce qui ne sont pas ceux qui auraient pu être si vraiment la démocratie s'est exercée sereinement. La réalité, c'est qu'effectivement, la France, comme tous les autres pays, est victime d'ingérences étrangères extérieures. Taïwan est le laboratoire de la Chine. La Roumanie, la Bulgarie, la Serbie sont le laboratoire de la Russie. Et on voit effectivement chez nous se développer des choses qui sont testées ailleurs.
Est-ce qu'on peut préciser de quoi on parle exactement ? Est-ce que ce sont des états étrangers qui veulent favoriser tel ou tel candidat ? Ou c'est plutôt de troubler, polariser le débat public en général ?
Vous avez quatre dimensions. Il y a effectivement une dimension qui est de polariser, de pousser les extrêmes, prendre chaque sujet et créer un trouble, une polarisation des opinions. La deuxième, ils cherchent à décrédibiliser l'élection en elle-même. Dire que tout ça, c'est suspect, tout est arrangé. Le troisième point, c'est qu'ils vont chercher à dire que ce qui se passe sur les médias, les médias nationaux, c'est en fait, tout ça s'est arrangé. Et voilà, exactement, n'allez pas écouter l'information là, il faut aller plutôt l'écouter sur les réseaux sociaux. Et la quatrième dimension, c'est en fait, c'est de déstabiliser les candidats ou les partis.
Moi, je l'ai vu au travers de l'IPAC, l'interparlementaire sur la Chine. On avait un parlementaire canadien qui avait été attaqué personnellement par les services chinois sur les médias pour vraiment décrédibiliser sa candidature. Mais ça peut être aussi les partis politiques. Et lors de l'élection législative l'an dernier, les candidats qui étaient à Paris de la République en marche, enfin, ou de la Renaissance, eh bien, il était mis qu'ils allaient payer les votes. C'est-à-dire, si vous votez pour eux, vous recevrez 100 euros, je crois, ou quelque chose comme ça.
Donc, typiquement, des techniques qu'on voit en Russie, très bien, on peut imaginer, mais ils ont utilisé ça, effectivement, pour décrédibiliser des candidats.
Et est-ce que vous pensez que les élections municipales sont directement en danger dès l'année prochaine ? Il va falloir qu'on se méfie, nous, le public français, de ces ingérences dès l'année prochaine ?
Évidemment, on ne change pas une équipe qui gagne. Regardez, aujourd'hui, je ne sais pas, quand on voit que le Rassemblement national est à 35% dans les sondages, qu'on voit que M. Bardella avait gagné tant d'images grâce à TikTok, ce sont exactement les techniques qui sont utilisées par des partis étrangers. Donc, on l'a vu pour l'élection en Roumanie, l'élection présidentielle, où un candidat qui était totalement inconnu à 1% s'est retrouvé à 24% des intentions de vote quelques semaines plus tard. Le gars, il était numéro 4 mondial sur TikTok, un inconnu mondial.
Donc, évidemment, on voit ce qu'ils sont capables de faire pour faire monter des candidats qui sont généralement, qui représentent les extrêmes, pour polariser le débat.
Allez, dans cette émission, on va à présent parler des questions de défense nationale, et ce, grâce à nos partenaires de la presse quotidienne régionale. Direction Bordeaux, pour retrouver Jefferson Desport, grand reporter à Sud-Ouest, éditorialiste et expert des questions de défense. Bonjour Jefferson, merci d'être avec nous. La Commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées du Sénat, qui auditionnait hier le général Fabien Mandon, il est chef d'état-major des armées. Et justement, Jefferson, vous vouliez interroger le sénateur en plateau sur la question du budget des armées.
Bonjour Quentin, bonjour Olivier Cadic. Oui, vous l'avez dit, Quentin, la commission de défense du Sénat a auditionné hier le chef d'état-major des armées, Fabien Mandon. Et il a été très clair, avant de parler de budget, il se prépare à un possible choc avec la Russie dans les 3-4 ans. Il le dit, la Russie nous considère comme faibles, et en conséquence, il faut poursuivre l'effort de réarmement. Olivier Cadic, est-ce que vous partagez son analyse sur la perception de la Russie à notre égard ?
Oui, effectivement, la Russie considère que les démocraties sont faibles, et c'est l'enjeu, c'est de se battre justement pour faire en sorte qu'on vive toujours dans un monde démocratique. Effectivement, c'est une des techniques, justement, la désinformation, mais aussi le sabotage, la guerre hybride, qui a été évoquée sous différentes dimensions, y compris par les cyberattaques. On a affaire à quelqu'un qui est déjà en guerre avec nous. Le problème, c'est qu'en démocratie, on ne se fait pas élire pour aller faire la guerre. C'est aussi notre difficulté de faire prendre conscience qu'il est indispensable qu'on augmente le budget de défense, indispensable qu'on élève le niveau.
Quand vous voyez que Viginium, qu'on a en audition, dit qu'ils vont être à peu près 60 personnes, et qu'on regarde en fait la taille du budget, quand on voit ce à quoi on doit se confronter, effectivement, ça pose un vrai sujet, et effectivement, on est considéré comme étant faible.
Oui, Jefferson, le contexte politique qui pèse aussi sur ce budget, ça a été dit en audition hier.
Oui, exactement. On en revient toujours à ce budget qui est en cours d'examen à l'Assemblée, qui va arriver au Sénat. Si ce budget n'est pas voté, cela sera lourd de conséquences pour les armées, puisqu'elles pourraient perdre jusqu'à 6 milliards d'euros, et cela viendrait compromettre l'effort de réarmement que veut poursuivre le chef d'état-major des armées. Olivier Cadic, que dites-vous au Parlement ?
Qu'est-ce que vous dites aux députés ou aux parlementaires ? Il faut les responsabiliser sur un risque de censure aussi, dans la lutte contre nos ennemis extérieurs ?
Je crois que tout le monde est conscient, et je pense qu'au niveau de la Commission des affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, je ne vois pas qui que ce soit venir contre cette approche. Je pense qu'il y a quand même consensus sur le sujet. Je trouve que la responsabilité, là, dans ce domaine, aujourd'hui, elle est complète, elle est totale. Je n'ai pas vu vraiment de partis qui s'opposent vraiment à cette augmentation du budget pour les armées.
Oui, mais le chiffre de 6 milliards qui a été évoqué hier en audition, les Français n'en ont pas forcément conscience que cette censure aurait des conséquences aussi directes sur l'investissement des armées.
Ça, c'est les politiques, c'est les parlementaires qui doivent être responsables. Et je pense que le Premier ministre est venu parler lors de la conférence des présidents hier. Donc, on a pu l'écouter, on a pu entendre ce discours de responsabilité, justement, qui rappelait, effectivement, cette nécessité d'accompagner l'effort nécessaire pour nos armées.
Il y a une possibilité de sortir de l'impasse politique autour de ce budget. Vous croyez qu'on peut aboutir à un vote sur le projet de loi de finances avant le 31 décembre ?
On peut, c'est une possibilité. Et donc, on espère, effectivement, qu'on va avoir un budget voté. C'est nécessaire, indispensable.
Merci. On va remercier Jefferson Despoir. À très vite, Jefferson, sur l'antenne de Public Sénat. Merci d'avoir été avec nous ce matin. On va voir ensemble la une de Sud-Ouest, votre journal, qui revient sur Oléron, ce qui s'est passé hier, Oléron, qu'on évoquait, Oléron, l'effroi. Allez, on évoque maintenant l'actualité dans les régions grâce à nos partenaires de la PQR. Direction Lyon, pour retrouver Xavier Antoyer. Bonjour, Xavier. Vous êtes rédacteur en chef du Progrès, du Bien Public et du journal de Saône-et-Loire. Vous publiez un supplément dans toutes les éditions du groupe Ébra ce matin, qui met en lumière l'attachement des Français aux associations. Bonjour.
Oui, les Français sont très attachés au monde associatif et ils lui font confiance. À 70%, ils estiment que les associations sont indispensables dans notre société et ils ont une grande confiance dans le monde associatif. Alors, pourquoi nous avons mené cette enquête ? C'est-à-dire que notre groupe de presse Ébra est très engagé auprès du monde associatif et notamment auprès du Forum national des associations et des fondations, qui se réunira le 13 novembre prochain à Paris. C'est un grand colloque qui réunit l'ensemble du monde associatif français. Et à cette occasion, on a voulu prendre le bout des associations et puis connaître aussi la perception de nos compatriotes sur les associations.
Alors, il est très clair que les associations aujourd'hui sont un des piliers du lien social en France. On a constaté au fil de nos études que le lien social en France se dégradait, mais il s'y reste fort au plan local. Et ce qui est intéressant de voir, c'est que pour les Français, les associations contribuent à renforcer ce lien social et pas seulement au plan local, mais aussi au plan national. Pourquoi ? Parce que les associations restent aujourd'hui un facteur d'intégration et d'ouverture à l'autre. On s'engage dans une association pour à la fois rencontrer des personnes différentes, mais qui aussi partagent nos valeurs.
Et il est clair que pour tous les Français, les associations rendent service, mais quasiment rendent des missions de service public. Je vous donnerai un exemple. On est allé à Nancy rencontrer l'ESCobam. C'est une association qui, depuis plus de 30 ans, accompagne des collégiens et des lycéens hospitalisés pour qu'ils puissent suivre une scolarité normale. Bien entendu, l'éducation nationale détache sept enseignants, mais l'association, elle, organise les planiques. Et puis aussi, avec des profs bénévoles, elle contribue à assurer plus de 300 heures de cours par an pour les matières non couvertes par l'éducation nationale.
Les Français ont vraiment conscience du rôle que jouent les associations dans notre société, de ces missions de service public. Et c'est pour ça aussi qu'ils sont très attachés, on le voit bien, au financement des associations par l'État et les collectivités locales. Aujourd'hui, on est confronté, bien évidemment, à une raréfaction de l'argent public. Et ce n'est pas, certes, on pense au budget de la France et aux difficultés que traverse notre pays, mais c'est aussi un phénomène international. Nous sommes allés voir Handicap International à Lyon, où l'ONG est basée.
Eh bien, cette ONG, qui emploie un peu plus de 4 000 personnes dans le monde, a été confrontée en 2024 à une baisse de 30 millions d'euros de ses ressources, ce qui fait qu'elle a aidé 100 millions de personnes dans le monde au lieu du double l'année d'avant. Donc, le modèle de financement des associations et des ONG est une question importante aujourd'hui. Vous le dites, le secteur des associations est en train de traverser une période de turbulence aussi. Ça, c'est un fait majeur à noter dans votre dossier spécial. Oui, c'est un pilier de notre société, c'est un pilier de notre lien social, mais ce pilier est fragile.
D'abord, il ne faut pas oublier que les associations sont des employeurs. Quasiment 2 millions de Français, 1,9 million pour être précis, travaillent aujourd'hui dans le monde associatif. Donc, il y a ce sujet du financement. Alors, les Français sont très attachés au financement par les tels et collectivités locales, c'est ce que je vous dis à l'instant, mais aussi au financement par les dons et à la défiscalisation de ce financement.
Et d'ailleurs, dans une interview qu'elle a accordée à nos journaux, Marina Ferrari, la ministre de la Jeunesse, des Sports et la Vie Associative, nous indique que sur le périmètre de son ministère, les crédits devraient être maintenus et qu'elle milite pour un doublement du plafond de ce qu'on appelle la niche Coluche, qui permet de défiscaliser davantage pour aider des associations humanitaires. Merci Xavier. Une réaction à ce que vient d'expliquer ce journaliste. Il y a l'importance pour le lien social et les associations et on le voit, les difficultés budgétaires.
Oui, concilier les deux. Oui, d'abord, c'est rappeler l'abnégation de tous ces bénévoles qui s'engagent sur les causes auxquelles ils croient. Et Dieu sait s'il y en a. Mais j'en profite, tiens, pour faire un lien avec la désinformation, puisqu'on devrait avoir aussi des bénévoles qui nous aident dans ce domaine, qui aident Viginium. À Taïwan, ce sont justement des bénévoles qui aident, qui font qu'il y a, pour une désinformation, il y a une réponse en deux sors mots, deux heures, avec de l'humour. C'est fait avec des civils. Et donc, si on pouvait avoir une association comme ça qui nous aide aussi dans ce domaine, ça serait formidable.
Mais bravo de rappeler l'importance de ce phénomène associatif et le nombre de Français qui s'engagent de façon bénévole.
Merci. Merci Xavier Antoyer, réélecteur en chef du Progrès, du Bien Public et du Journal de Saône-et-Loire. On voit la une du progrès ce matin, les associations ciment de notre société. Merci Olivier Cadic d'avoir été en notre compagnie pour cette première demi-heure.
Olivier Cadic