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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 15 décembre 2025 27 minComplaisantActualité / polémiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieInstitutions & élections

Fabien Genet sur la dermatose : "Le gouvernement prend les moins mauvaises décisions"

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 5 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:01OuverteRéponse directe

    De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

  • 2:25OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes d'accord avec cette décision ? Est-ce que le gouvernement gère bien ?

  • 3:19OuverteRéponse directe

    C'est la bonne stratégie ?

  • 3:53OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous attendez de ce déplacement ? Est-ce qu'elle devrait aller sur les points de blocage à la rencontre des agriculteurs ?

  • 5:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'argent qui est mis sur la table aujourd'hui vous semble suffisant ? Pourquoi les régions sont obligées de rallonger derrière ?

  • 7:22OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pensez que c'est encore aux régions de gérer ces fonds européens pour l'agriculture ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:29InvitéFait
    « Écoutez, je crois que le gouvernement prend les moins mauvaises décisions. »
  • 2:33InvitéFait
    « Il fait confiance aux scientifiques, il fait confiance aux vétérinaires. »
  • 3:10InvitéFait
    « L'idée, c'est de pouvoir éradiquer cette maladie, ce virus, sur le sol français. »
  • 3:16PrésentateurChiffre
    « un million de bovins déjà vaccinés, un million qui vont l'être. »
  • 3:22InvitéFait
    « Je crois que, vous savez, c'est un élément auquel nous sommes très sensibles au Sénat, dont on parle souvent, c'est la territorialisation des politiques publiques. »
  • 5:53InvitéChiffre
    « Vendredi, la région Bourgogne-Franche-Comté a voté une aide de 300 euros en plus de l'aide de l'État pour les éleveurs qui sont obligés d'abattre. »
  • 10:11InvitéChiffre
    « Vous savez, la PAC, c'est près de 9 milliards d'euros. C'est l'équivalent de deux tiers des revenus des agriculteurs. »
  • 11:05IntervenantChiffre
    « Une hausse d'impôts exceptionnelle sur les sociétés pour les grandes entreprises qui ont réalisé des bénéfices importants. Résultat de cette suppression au Sénat, cela fait 4 milliards d'euros en moins dans les caisses de l'État. »
  • 14:22IntervenantChiffre
    « Le Sénat a voté à la hausse de 6,7 milliards d'euros du budget des armées dans le contexte du réarmement de l'Europe et de la guerre en Ukraine. »
  • 14:33IntervenantChiffre
    « Le budget de la sécurité également, c'est-à-dire les moyens pour nos forces de l'ordre, est en augmentation avec une hausse de 371 milliards d'euros pour l'année prochaine, tout comme le budget de la justice qui connaît une augmentation de 266 millions d'euros dans son budget. »
  • 14:52IntervenantChiffre
    « l'écologie qui est la grande perdante de ce budget, sortie du Sénat avec 3 milliards d'euros en moins pour l'année prochaine, 1 milliard d'euros en moins pour les politiques sociales de solidarité et puis 4 000 postes d'enseignants supprimés l'année prochaine. »
  • 18:11IntervenantChiffre
    « La majorité de droite du Sénat a supprimé 1 milliard d'euros pour le programme France 2030 qui finance l'innovation des entreprises. »
  • 18:55PrésentateurChiffre
    « C'est 2 milliards du coup maintenant l'effort au lieu de 4,7. »
  • 19:51InvitéChiffre
    « Le fonds de soutien a été porté sur proposition du Sénat à 600 millions d'euros. »
  • 23:11PrésentateurChiffre
    « S'agissant des emplois, nous avons déjà un premier emploi de créer, c'est celui de préfigurateur. »

Temps de parole

  • Invité52 %
  • Présentateur18 %
  • Présentateur 215 %
  • Intervenant10 %
  • Invité 24 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Fabien Genet, merci d'être avec nous, vous êtes sénateur à l'air de la Saône-et-Loire. On va revenir avec vous, évidemment, sur les dernières heures de l'examen du budget au Sénat. C'est jour de vote aujourd'hui, mais d'abord, comme tous les jours, on commence par la une de la presse régionale. On a sélectionné trois titres. D'abord la une de la dépêche, horreur à Sydney, 16 morts, une attaque terroriste visant la communauté juive a fait 16 morts, dont un Français hier sur une plage de Sydney. Les assaillants étaient un fils et son père qui a été tué.

La deuxième une, celle du Midi Libre, abattage des troupeaux, le nom du monde agricole. Les agriculteurs qui bloquent et exigent de l'État d'autres solutions face au drame de la dermatose nodulaire. Et puis la dernière une, c'est celle de Sud-Ouest, municipal, l'écologie, nouvel enjeu. Les questions environnementales qui constituent une attente des populations et un enjeu du débat des prochaines élections. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

1:03
Invité

Je crois que nous allons revenir sur l'agriculture. Vous me permettrez de prendre la première une sur l'horreur à Sydney pour dire l'effroi que j'ai ressenti hier lorsque j'ai vu les images de cette nouvelle attaque terroriste antisémite dont un de nos compatriotes a été victime. Je pense bien sûr à ses proches, à sa famille et à l'ensemble de ceux qui sont blessés ou qui ont perdu la vie. Ça fait écho chez moi à un déplacement que j'avais pu faire en Israël juste après le 7 octobre pour aller rencontrer les familles des victimes. Et depuis lors, effectivement, on sent la montée de l'antisémitisme.

Et je crois que dans notre pays aussi, nous devons absolument tout faire pour lutter contre cet antisémitisme galopant qui endeuille la communauté juive mais qui endeuille plus largement l'ensemble du monde.

1:46
Présentateur

Et qui inquiète, vous l'avez dit aussi en France, Laurent Nunes, qui demande de renforcer la sécurité autour des lieux de culte juif. Il y a de quoi s'inquiéter ?

1:56
Invité

Je crois, oui, qu'au-delà de ces menaces éventuelles, cette montée de l'antisémitisme qui se traduit par un nombre de faits antisémites absolument intolérables doit appeler à la mobilisation de tous, à la cohésion des communautés en France. Je crois que c'est absolument essentiel.

2:12
Présentateur

Et l'actualité, c'est aussi la mobilisation des agriculteurs qui se poursuit. On l'a vu dans le journal, les blocages, notamment dans le sud-ouest, après que le gouvernement a décidé d'abattre les troupeaux de bovins touchés par la dermatose nodulaire. Déjà, est-ce que vous êtes d'accord avec cette décision ? Est-ce que le gouvernement gère bien ?

2:29
Invité

Écoutez, je crois que le gouvernement prend les moins mauvaises décisions. Il fait confiance aux scientifiques, il fait confiance aux vétérinaires. Je crois que nous avons la chance en France d'avoir un système sanitaire très efficient avec, sur le terrain, des vétérinaires ruraux qui connaissent la profession, qui sont en parfait dialogue avec les agriculteurs. Cette maladie est arrivée très tard en France. Elle est arrivée à l'été. Et je crois que tout est fait pour l'éradiquer sur le sol français.

Et pour cela, ça passe par les trois piliers de la stratégie qui a été mise en place par le gouvernement, que ce soit le dépeuplement des foyers qui sont touchés, que ce soit la vaccination autour, mais également l'interdiction des déplacements des bovins. L'idée, c'est de pouvoir éradiquer cette maladie, ce virus, sur le sol français.

3:14
Présentateur

Et avec, vous l'avez dit également, de la vaccination, un million de bovins déjà vaccinés, un million qui vont l'être. La zone vaccinale a été élargie. C'est la bonne stratégie ?

3:22
Invité

Oui, je crois que, vous savez, c'est un élément auquel nous sommes très sensibles au Sénat, dont on parle souvent, c'est la territorialisation des politiques publiques. Je crois qu'en l'espèce, toutes les régions d'élevage ne sont pas les mêmes. Dans le sud-ouest, il y a des races avec moins d'effectifs. Donc, il faut protéger le travail génétique également des agriculteurs. Et je crois que la ministre a eu raison d'étendre à toute la région Occitanie cette politique vaccinale.

3:46
Présentateur

Et la ministre, justement, de l'Agriculture, qui est aujourd'hui en Occitanie, à Toulouse, notamment pour lancer la nouvelle vaccination. Qu'est-ce que vous attendez de ce déplacement ? Est-ce qu'elle devrait aller sur les points de blocage à la rencontre des agriculteurs ?

4:00
Invité

– Je crois qu'il faut absolument maintenir le dialogue qui est le sien, d'ailleurs, avec la profession agricole, avec ses représentants, avec l'ensemble des éleveurs sur le territoire. D'ailleurs, la politique sanitaire a été négociée également, a été informée auprès de ce qu'on appelle le Parlement sanitaire. Donc, ce n'est pas la ministre qui, toute seule dans son bureau, a pris ses décisions. Elle s'entoure de tous les avis. Et je crois qu'effectivement, aujourd'hui, au-delà de la DNC, il y a d'autres sujets sur la table qui angoissent beaucoup les agriculteurs.

Et comme sénateur de Saône-et-Loire, moi qui suis né, qui ai grandi, qui vit en Charolais, vous imaginez combien ces images d'abattage dans les fermes, ça peut me prendre aux tripes. Donc, je comprends la colère des éleveurs, je comprends leur désespoir. Je sais aussi qu'ils ont une formidable capacité de résilience, d'adaptation, une ambition de bien faire leur travail. Et donc, je crois que nous devons, les pouvoirs publics, être à leurs côtés pour les accompagner dans cette nouvelle crise.

4:57
Présentateur

Et justement, on va aller chez vous, dans votre département, vous l'avez dit, à la région des vaches charolaises. On va à Chalon-sur-Saône. Bonjour, merci. Bonjour, bonjour, mon terre, Johnny. Merci beaucoup d'être avec nous, chef des informations du journal de Saône-et-Loire. Benoît, avant vos questions, d'abord, est-ce que vous pouvez nous faire un petit point, justement, sur la situation en Saône-et-Loire ?

5:22
Invité

La rache charolaise, mais elle est quelque peu encerclée. On en a au sud, on en a à l'est. Donc, la rache charolaise, le berceau du charolais, d'en parler, monsieur le sénateur, n'est pas encore directement touché. Mais les zones d'exclusion nous concernent déjà directement.

5:37
Présentateur

Benoît, justement, vous avez deux questions pour le sénateur.

5:43
Invité

Oui, vous l'avez dit, vous connaissez bien, monsieur le sénateur, la rache charolaise. Alors, on l'a dit, pour l'instant, les foyers ne sont pas encore arrivés jusqu'à chez vous. Mais se pose déjà la question des indemnisations. Vendredi, la région Bourgogne-Franche-Comté a voté une aide de 300 euros en plus de l'aide de l'État pour les éleveurs qui sont obligés d'abattre. Vous, vous savez, tout le travail que nécessite notamment sur la génétique, le fait d'élever une vache, et notamment charolaise. Est-ce que l'argent qui est mis sur la table aujourd'hui vous semble suffisant ? Pourquoi les régions sont obligées de rallonger derrière ? Bonjour, Benoît.

Excusez-moi de vous avoir réveillé si tôt ce matin. En tous les cas, je crois que sur les indemnisations, c'est un sujet que nous avons souvent abordé avec la ministre. On a fait relayer les demandes du terrain. Je crois qu'elle prend en compte à la fois la valeur marchande des bêtes, mais également leur potentiel génétique, également leur pouvoir de production. Je crois que ce qu'il faut surtout veiller, c'est que lorsqu'il y a dépeuplement d'une ferme, il faut absolument aider les éleveurs à retrouver rapidement un cheptel. Et on le voit en Bourgogne-Franche-Comté, ce n'est pas toujours facile puisqu'il faut aller chercher des bêtes dans d'autres exploitations.

Et souvent, dans les zones réglementées, justement, les transferts d'animaux ne sont pas possibles. Donc il y a une période de latence qui est plus ou moins grande. Et donc on est en train de voir avec la ministre pour justement peut-être allonger la durée durant laquelle on va prendre en compte le préjudice de l'éleveur. Donc c'est des calages à faire. Mais je crois que là aussi, en France, nous avons la chance d'avoir un État qui, encore aujourd'hui, est capable de venir en appui aux éleveurs lorsqu'ils traversent des crises.

7:18
Présentateur

Benoît, vous avez une autre question.

7:20
Invité

Oui, on parlait de la région Bourgogne-Franche-Comté. On sait que dans cette région, ça patine au niveau des aides européennes qui sont versées via l'Europe par la région. Aujourd'hui, c'est très compliqué pour que les aides arrivent dans les fermes de Bourgogne-Franche-Comté, de Saône-et-Loire notamment. Est-ce que vous pensez que c'est encore aux régions de gérer ces fonds européens pour l'agriculture ? Écoutez, vous savez, moi, enfant de la décentralisation, j'ai toujours pensé que lorsque les sujets étaient gérés en proximité, ils étaient mieux. Et donc, c'est pourquoi j'avais plutôt un a priori positif à ce qu'il y ait transfert de la gestion de ces aides à la région.

Effectivement, en Bourgogne-Franche-Comté, on a eu beaucoup de difficultés, ce qui a mis un certain nombre d'agriculteurs, et en particulier de jeunes agriculteurs qui venaient de s'installer dans la difficulté. C'est pourquoi, d'ailleurs, le Sénat, nous avons envoyé l'un des meilleurs d'entre nous, Jérôme Durin, mon collègue socialiste de Saône-et-Loire, qui a quitté le Sénat pour prendre la présidence de la région Bourgogne-Franche-Comté.

Et j'espère qu'au-delà des différences politiques que nous pouvons avoir, j'ai vraiment l'espoir qu'il pourra améliorer les choses, parce que, d'ailleurs, ces sujets, on les avait vus également avec les collectivités locales, où la région avait aussi beaucoup de mal à verser en des temps raisonnables les subventions. Je crois qu'il y a vraiment un effort collectif à faire sur le sujet.

8:40
Présentateur

– Merci, Benoît. À la une journal de Saône-et-Loire, autre sujet de son logement prévu à la Fontaine-Hollou, c'est à la une de votre journal. Merci, Benoît, d'avoir été avec nous. On continue à parler d'agriculture, parce que, cette semaine, il y a une décision très attendue sur le Mercosur. Décision au niveau européen. La France le qualifie toujours d'inacceptable, cet accord. Mais a-t-on vraiment les moyens de s'y opposer ?

9:02
Invité

– Oui, je crois qu'il faut créer un rapport de force. C'est ce que fait la ministre, le Premier ministre, le Président de la République, qui a déclaré qu'effectivement, cet accord ne pouvait pas être signé en l'État. Ce n'est pas toujours simple, les rapports de force en Europe. Il faut trouver des alliés. Effectivement, l'État de la France aujourd'hui, le désordre politique, le désordre budgétaire, fait que notre crédibilité vis-à-vis des pays européens est moins grande. Et donc, je pense qu'on a un peu plus de mal à créer ce rapport de force.

Mais il est absolument essentiel pour défendre notre agriculture et pour rejeter ce Mercosur, qui ne respecte pas l'équité entre les différents modes de production. Il faut absolument que nous ayons ces clauses de sauvegarde, ces clauses miroirs, pour que les mêmes normes s'appliquent également aux produits importés. Et puis également des enquêtes, pour qu'à la frontière, on vérifie la qualité des produits qui vont être offerts à la consommation de nos concitoyens.

9:51
Présentateur

Hier soir, la France a demandé le report du vote prévu des États européens, vote prévu cette semaine. Vous soutenez cette demande ?

9:58
Invité

Oui, bien sûr. Il faut se donner un peu plus de temps pour obtenir ces résultats.

10:03
Présentateur

Dermatose, Mercosur, il y a aussi la question de la PAC. Est-ce que vous craignez une crise agricole de grande ampleur ? Est-ce que le mouvement va s'amplifier pendant les prochains jours ?

10:11
Invité

Vous savez, la PAC, c'est près de 9 milliards d'euros. C'est l'équivalent de deux tiers des revenus des agriculteurs. Pour la France, c'est absolument énorme. L'agriculture française connaît des difficultés. Nous avons essayé d'apporter au Sénat, avec mon collègue Duplon, un certain nombre de solutions qui puissent permettre de soutenir les agriculteurs. Mais effectivement, sur la PAC, il y a de quoi allumer une crise très importante.

10:36
Présentateur

Vous pensez qu'elle va s'amplifier ? Parce que pour le moment, par exemple, la FNSEA n'est pas rentrée dans le mouvement. Vous pensez que ce mouvement va prendre de l'ampleur ?

10:42
Invité

Je crois qu'il faut, pour éviter cela, apporter les réponses que les agriculteurs attendent.

10:47
Présentateur

On va passer à l'actualité du Sénat. C'est aujourd'hui jour de vote pour le budget. Et Alexandre, c'est votre éclairage. La majorité de droite sénatoriale qui a remanié ce budget de l'État, notamment la fiscalité des entreprises.

11:00
Intervenant

Oui, les sénateurs de droite et du centre ont supprimé une mesure phare de ce budget prévu par le gouvernement. Une hausse d'impôts exceptionnelle sur les sociétés pour les grandes entreprises qui ont réalisé des bénéfices importants. Résultat de cette suppression au Sénat, cela fait 4 milliards d'euros en moins dans les caisses de l'État. Mais la droite sénatoriale assume au nom de la stabilité fiscale pour les entreprises.

11:25
Locuteur non identifié

La stabilité fiscale est l'un des premiers sujets de préoccupation des chefs d'entreprise. Tous les entrepreneurs que j'ai rencontrés me disent la même chose lors des auditions. Il est quelque part incompréhensible que le gouvernement choisisse cette facilité de taxer les entreprises plutôt que de réduire les dépenses.

11:46
Intervenant

Et toujours sur cette fiscalité des entreprises, la majorité de droite du Sénat a également restreint la taxe sur les holdings familiales, ces sociétés dans lesquelles sont parfois placées des biens immobiliers, des objets de luxe tout simplement pour échapper à l'impôt et faire de l'optimisation fiscale. Alors en revanche, le Sénat a voté des hausses d'impôts pour les géants du numérique, notamment les plateformes américaines comme Google qui monopolisent le trafic sur Internet et génèrent d'importants revenus publicitaires avec les données de leurs utilisateurs.

Fabien Jeunet, cette hausse d'impôts sur les grandes entreprises qui font des bénéfices qui a été supprimée par la droite sénatoriale, ça va être un point clé de la négociation en commission mixte paritaire entre 7 députés et 7 sénateurs pour avoir une version commune de ce budget. Est-ce que les sénateurs LR doivent y renoncer à cette suppression ?

12:32
Invité

Je crois qu'il faut vraiment tout faire pour avoir un budget. D'ailleurs, le Sénat s'est mobilisé pour cela. Nous avons étudié près de 5000 amendements. Je voudrais rendre hommage à Jean-François Husson, le rapporteur général du budget qui a passé des nuits et des jours cela avec l'ensemble de mes collègues. Je crois qu'au Sénat, nous avons fait un travail très sérieux. Je crois d'ailleurs que les Françaises et les Français le reconnaissent. Il faut maintenant arriver aux différents calages. Ce que nous avons en tête, c'est l'horizon du déficit puisqu'il faut absolument le maîtriser. Il faudrait arriver à le faire passer sous la barre des 5 %. Donc après, ce sont des calages.

Il faut aussi éviter l'inflation des taxes, l'explosion des impôts parce que cela aurait un effet qui pourrait briser la croissance qui se maintient à un niveau assez faible aujourd'hui dans notre pays. Mais quand même,

13:22
Intervenant

est-ce que ces grandes entreprises qui font des bénéfices, elles peuvent faire un effort pour combler le déficit l'année prochaine ?

13:28
Invité

Je crois qu'elles l'ont déjà fait l'année passée. À chaque fois, on dit que c'est exceptionnel. Je crois qu'il faut absolument créer de la croissance. Il faut laisser les entreprises également respirer. Vous savez, à Digouin, là où je suis l'élu, j'ai vu la fermeture d'entreprises et lorsque je rencontrais les chefs d'entreprise qui délocalisaient, ils me parlaient souvent du niveau de taxes et d'impôts trop importants en France. Nous avons perdu comme ça tout le secteur de la céramique dans ma commune. Donc je suis très attentif à ce qu'effectivement, on ne fasse pas n'importe quoi.

Moi, je crois que par exemple, aller également chercher des recettes sur les grandes entreprises du numérique qui payent, on le sait, très peu d'impôts à cause de l'optimisation fiscale. Là, il y a une source de recettes tout à fait importante pour que simplement ces entreprises soient au même niveau que le plombier de Digouin.

14:15
Présentateur

Et si on regarde les dépenses prévues dans ce budget de l'État romanié par le Sénat, la prime est donnée au ministère régalien.

14:21
Intervenant

Oui, puisque le Sénat a voté à la hausse de 6,7 milliards d'euros du budget des armées dans le contexte du réarmement de l'Europe et de la guerre en Ukraine. Le budget de la sécurité également, c'est-à-dire les moyens pour nos forces de l'ordre, est en augmentation avec une hausse de 371 milliards d'euros pour l'année prochaine, tout comme le budget de la justice qui connaît une augmentation de 266 millions d'euros dans son budget. Des hausses de crédit pour le régalien. En revanche, beaucoup de politiques publiques qui vont voir leurs moyens diminuer l'année prochaine.

Par exemple, l'écologie qui est la grande perdante de ce budget, sortie du Sénat avec 3 milliards d'euros en moins pour l'année prochaine, 1 milliard d'euros en moins pour les politiques sociales de solidarité et puis 4 000 postes d'enseignants supprimés l'année prochaine. Une coupe qui est justifiée par la baisse du nombre d'élèves selon le gouvernement. Fabien Jeunet, quand on regarde ces dépenses qui ont été votées au Sénat dans le budget, des hausses pour les armées, la police, la justice, mais des baisses pour le reste, c'est un vrai budget marqué à droite avec des marqueurs politiques forts sur le régalien.

15:24
Invité

En tout cas, je crois que ça répond à une nécessité absolue aujourd'hui que de répondre aux urgences, aux urgences régaliennes. Le chef d'état-major des armées devant le Congrès des mers a expliqué l'état des menaces. Vous savez que la défense en France est assurée pour beaucoup par notre dissuasion. La dissuasion, ça repose aussi sur une crédibilité. Il faut que nos armées soient crédibles et pour cela, devant les menaces qui augmentent, que ce soit du côté russe, que ce soit du côté du Proche et du Moyen-Orient, la menace terroriste, on en parlait en début d'émission, qui est encore très prégnante et la situation au Sahel nous inquiète beaucoup.

Je crois que nous devons être crédibles et nos armées doivent avoir des moyens comme la justice, comme la sécurité. Et donc, si on veut contenir le déficit, il faut faire des choix. Ce sont des choix difficiles à faire. Je crois que c'est l'honneur du Sénat que de s'y résoudre.

16:13
Intervenant

Notamment un choix qui a été fait, 3 milliards d'euros en moins pour l'écologie. La transition écologique, ce n'est pas une priorité pour les LR ?

16:19
Invité

Si, bien sûr. C'est une transition, c'est une obligation pour le pays. Il y a tout de même beaucoup d'argent qui est mis sur la table à ce sujet, avec également une stratégie qui est un peu défaillante. On attend toujours la programmation pluriannuelle de l'énergie qui pourrait donner un cap. Pour autant, l'électrification de notre pays doit s'amplifier. Il y a des vrais sujets qu'avec la Commission du développement durable, d'ailleurs, nous avons abordés. Mais c'est vrai, je le répète, que la situation budgétaire extrêmement tendue doit nous imposer des choix. Et les choix, c'est d'ailleurs l'honneur de la politique que de faire des choix, les choix en ce moment sont très difficiles.

16:58
Présentateur

Sur l'écologie, puisqu'on va parler des collectivités dans quelques instants, il y a aussi la question de la baisse du fonds vert. Est-ce que c'est judicieux de baisser ce fonds vert qui aide les collectivités justement en matière d'écologie ?

17:09
Invité

Dans un monde parfait, nous aurions aimé pouvoir maintenir ce fonds vert qui vient aider en particulier les collectivités à assurer leur transition. La ministre a voulu nous rassurer en nous disant qu'en 2026, il y a des élections municipales. Donc effectivement, peut-être un peu moins de projets qui vont sortir sur cette année. Mais effectivement, on l'a bien senti d'ailleurs dans les débats en séance. Il y a des interrogations. On va mettre cette année beaucoup d'argent sur les énergies renouvelables, puisqu'il y a des systèmes d'accompagnement du photovoltaïque et des éoliens qui fait qu'on va passer de 4 à 7 milliards d'euros. Ces automatiques sont des contrats signés.

C'est quand même beaucoup d'argent, mais je pense qu'on a commencé d'ailleurs à le faire dans le budget. On peut réinterroger un certain nombre de dispositifs de soutien puisque ces technologies deviennent matures et pouvoir, dans le budget suivant, réaffecter des fonds au fonds vert.

18:02
Intervenant

Il y a eu un vote surprenant ce week-end. La majorité de droite du Sénat a supprimé 1 milliard d'euros pour le programme France 2030 qui finance l'innovation des entreprises. Pourquoi ce coup de rabot si large sur l'innovation ?

18:14
Invité

Vous savez, là encore, je le répète, au regard du déficit, au regard de la menace réelle qui pèse sur notre pays, si les taux d'intérêt augmentent et si la charge de la dette venait à exploser, nous devons être raisonnables. Effectivement, sur ce budget, c'est plusieurs dizaines de milliards d'euros, plus de 50 milliards d'euros qui sont consacrés. On peut effectivement réinterroger les dispositifs au vu de leur efficacité. C'est ce que le rapporteur général du budget a fait, mais je crois qu'il reste encore quelques euros pour soutenir l'innovation dans notre pays et heureusement encore.

18:47
Présentateur

Un mot, on le disait sur le budget des collectivités, le Sénat a moindri l'effort demandé initialement par le gouvernement aux collectivités. C'est suffisant ? C'est 2 milliards du coup maintenant l'effort au lieu de 4,7.

18:58
Invité

Oui, je crois que là aussi, le Sénat est dans son rôle de défendre les collectivités. On défend les collectivités parce que les collectivités, ce sont des acteurs de proximité qui sont là pour accompagner nos citoyennes et nos concitoyens dans des moments difficiles que traverse le pays. L'effort qui a été demandé était beaucoup trop important. Donc, nous avons effectivement réduit celui-ci, même s'il reste encore un effort important. D'autant plus que, dans ma commune, je le vois bien, lorsque je vote le budget, il y a les hausses de cotisations de la CNRACL, il y a l'inflation. Donc, les dépenses des collectivités ont toujours tendance à augmenter alors que les recettes souvent stagnent.

Nous avons également soutenu les départements qui sont en très grande difficulté avec l'effet ciseau qu'ils connaissent entre leurs dépenses sociales qui explosent et leurs recettes, les DMTO qui, pour l'instant, n'ont encore pas redémarré. Les frais de notaire. Voilà, les frais de notaire. Donc, le fonds de soutien a été porté sur proposition du Sénat à 600 millions d'euros. Mais, effectivement, il fallait absolument rester raisonnable et je crois que c'est ce que fait la copie du Sénat que nous allons voter cet après-midi.

20:02
Présentateur

Alexandre l'a rappelé, c'est un budget marqué à droite qui va sortir du Sénat ce soir. Est-ce que vous pensez que ce sera possible dans ces conditions de faire un compromis ? Est-ce que Sébastien Lecornu a raison de croire encore à un budget au 31 décembre ?

20:15
Invité

Vous n'arrêtez pas de répéter que c'est une majorité de droite. Je vous permettrai, moi qui suis rattaché au groupe LR de dire que c'est une majorité de droite et du centre au Sénat. Je crois que nous sommes dans notre rôle de pouvoir être un aiguillon qui va rappeler un certain nombre de réalités face aux passions politiques qui s'expriment à l'Assemblée nationale. C'est dans notre culture... Le compromis avec les socialistes

20:39
Présentateur

est possible.

20:40
Invité

C'est dans notre culture également au Sénat que de rechercher des compromis. Tout ce que nous pouvons obtenir, nous ne l'obtenons que par des compromis en commission mixte paritaire. C'est notre habitude et j'ai confiance au rapporteur général du budget et ses collègues pour négocier cela en CMP. Je vois que les socialistes commencent, eux aussi, peu à peu, à se mettre au compromis. Ils l'ont fait sur le PLFSS à l'Assemblée nationale. On peut espérer que devant la nécessité absolue de donner à notre pays un budget, ils puissent s'y résoudre.

21:11
Présentateur

Pour terminer, on retourne dans votre région non loin de la Saône-et-Loire dans le département voisin de la Nièvre. Bonjour Chantal-Marie Malus. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire sans étiquette de Château-Chineau. On va parler d'un tout autre sujet avec vous, Madame la maire. Votre ville va se doter en 2026 d'un bel observatoire. Expliquez-nous. Oui, effectivement. On a choisi de redimamiser la ville en ayant un projet sur les sciences participatives avec plusieurs thèmes. Vous avez comme thème l'histoire, la biodiversité, la géologie et le thème phare, ce sera l'astronomie avec l'arrivée de trois télescopes.

Nous avions à Château-Chinon deux anciens bâtiments, celui qui est le poste météo et puis l'usine des eaux. Donc, on a choisi de rénover ces deux bâtiments. Pour ce qui est de l'usine des eaux, elle accueillera un planétarium avec une trentaine de places. Et puis, l'ancien poste météo, lui, accueillera ce qui est vraiment une grande première pour notre territoire mais pour la France, un télescope Dobson avec un mètre d'objectif, avec un objectif d'un mètre, ce qui est sur le nord de la France, ça n'existe pas, plus une grande coupole et deux télescopes en remote.

Le remote, ce sont des télescopes que l'on peut prendre en main depuis son ordinateur n'importe où dans le monde, en France, et on sera certainement jumelés avec d'autres télescopes. Donc ça, c'est vraiment le projet phare de la mandature et le projet phare pour Château-Chinon. C'est un projet qui va créer, et ça, nous le voulions absolument, des emplois et des recettes. S'agissant des emplois, nous avons déjà un premier emploi de créer, c'est celui de préfigurateur. et sur le fin 2026, nous ouvrirons cette astronomie et on compte sur trois ennemis ETP en plus.

Donc pour Château-Chinon, c'est vraiment, et pour le territoire, parce que nous pensons aussi territoire qui est un territoire un peu en souffrance comme beaucoup de territoires. Et justement, Madame la mère, on va faire réagir Fabien Genet à ce projet et à l'importance pour le territoire.

23:51
Invité

Oui, alors c'est dans le département d'à côté du mien, mais mon collègue Pascal Pommé, le maire de Chisset en Morvan, m'en a parlé puisque c'est un astronome aguerri et donc il soutient tout à fait ce projet. C'est un très beau projet qui attrait également au classement du site en réserve internationale de ciel étoilé. Donc je crois que c'est un très beau projet où on peut effectivement voir les étoiles. Et d'ailleurs, je crois Madame le maire que le site que vous voulez installer sera installé au lieu dit du calvaire.

Et donc je crois que c'est pour la semaine qui arrive finalement une très belle métaphore que de se dire qu'à partir d'un calvaire, après le calvaire, on peut espérer voir les étoiles. Et donc merci de ce signe d'optimisme Madame le maire que vous nous offrez dans un moment difficile que nous allons traverser cette semaine.

24:40
Intervenant

Pas sûr que les étoiles soient alignées

24:42
Invité

pour le budget. Si, si.

24:45
Présentateur

Il faut être confiant. Mais c'est vrai que ce budget pour les communes, et ça vous le savez monsieur le sénateur, c'est quand même source d'inquiétude parce que si je rebondis sur notre projet, c'est un projet à plus de 5 millions d'euros. Donc vous comprendrez que pour une petite commune comme la mienne, c'est beaucoup d'argent. Alors on est soutenu principalement par l'État. On a été soutenu dès 2021 par le plan Avenir Montagne du Massif Central. Et ça, c'est important parce que je vous avoue pour une jeune maire, puisque c'est mon premier mandat comme moi, signer des montants tels que ceux-là, c'est pas simple.

Madame Malus, un dernier mot parce qu'évidemment quand on pense Château-Chinon, on pense à François Mitterrand. Juste, est-ce que vous avez prévu dans votre commune quelque chose pour les 30 ans de sa disparition ? Ce sera le 8 janvier. Alors, c'est effectivement prévu. Le département, le conseil départemental a tout un travail sur le musée François Mitterrand et sur l'ancien du musée du costume. Ça s'appellera la cité des présents François Mitterrand et le 10 mai 2026, il y aura l'inauguration officielle de ce musée revue. Alors, ce ne sera plus trop tout à fait, c'est plutôt le musée de la diplomatie et de la mode.

Mais le musée de la diplomatie, bien sûr, s'articulera sur tous les objets que François Mitterrand a offerts à notre département. Et c'est vrai, ne pas parler de François Mitterrand quand on est à Château-Chinon, ce serait quand même un peu, même si je suis sans étiquette, une aberration. C'est pour ça. Mais du coup, évidemment, on reviendra, on vous réinvitera, vous nous raconterez comment justement vont se passer les commémorations de l'être en temps de sa disparition. Merci beaucoup. Merci d'avoir été avec nous depuis Château-Chinon. Merci Fabien Genet d'avoir été notre invitée. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.

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