L'IA peut-elle remplacer les études ? Débat Laurent Alexandre x Gabriel Lattanzio
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le grand matin Sud Radio, la vérité en face. Jean-François Akili. Un débat fondamental ce matin dans la vérité en face ambitieux également.
Il est 9h30 sur Sud de Radio. Merci. Si vous voulez intervenir d'ailleurs, vous n'hésitez pas à vous appeler au 0826 300.
Euh et nous allons évoquer avec nos deux invités que je vais vous présenter et bien euh cette idée qui l'intelligence artificielle vient bousculer euh tout ce qui est de l'ordre de l'enseignement aujourd'hui. Ce livre he qui vient de paraître Ne faites plus d'études euh qui est cigné aujourd'hui par Laurent Alexandre ici présent. Bonjour et soyez le bienvenu.
Je ne sais plus comment vous présenter Laurent Alexandre. Vous êtes chirurgien, vous êtes chef d'entreprise, vous êtes visionnaire aussi parce que vous êtes vous observez un petit peu les transformations de notre société à travers notamment l'intelligence artificielle. Vous l'avez cigné avec Olivier Babu.
C'est un essai qui au fond met en cause la la la façon traditionnelle de d'enseigner aujourd'hui. Est-ce qu'elle n'est pas tout simplement mis par terre, renversée par cette IA ? Qu'est-ce qu'on doit faire aujourd'hui ?
Tout le monde s'occupe de travail avec GPT. Euh ça n'échappe à personne. Et euh pour porter la contradiction euh nous sommes également avec vous dans ce studio.
Gabrieloto. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes professeur agrégé à l'université Pantthéon Sorbon. Qu'est-ce que vous enseignez ? Je suis enseignant d'histoire et d'anglais.
Voilà. Donc et vous je ne sais pas quelle est votre vision par rapport à ce qui va être dit mais je commence par vous Laurent Alexandre. Quel est votre présupposé au fond ?
Nous avons aujourd'hui Lia qui est devant nous. Ce n'est pas une expérimentation, c'est une réalité et elle vient bousculer tout ce que nous savons de de l'apprentissage aujourd'hui, de la scolarité, des études. Oui, nous sommes challengés et nos enfants, Olivier Babo et moi nous sommes tous les deux pères de famille nombreuses.
Donc nous nous sentons qu'on vraiment impliqués dans ces problèmes d'éducation. L'école n'a pas suivi le développement de la technologie. Prenons juste un exemple.
Mon métier, la médecine chat GPT est quatre fois meilleur que les médecins pour faire un diagnostic. Quatre fois meilleur. Et pire, chat GPT plus médecin, c'est moins bon que chat GPT sans médecin.
Ça veut dire qu'aujourd'hui le système de formation des médecins crée des médecins qui sont beaucoup moins bons que l'IA, soit mais surtout qui ne sont pas complémentaires de l'IA, c'est-à-dire qui diminuent les performances de l'IA quand on les rajoute à l'IA. Un système de santé dans lequel les médecins détériorent les résultats de l'IA, ce n'est pas acceptable. Il faut forcément qu'on change les études de médecine de manière à ce que les médecins soient complémentaires de l'IA.
On voit bien l'énorme travail qu'on a pour que nos gamins soient complémentaires de l'IA et ne soient pas écrabouillé par l'IA dans les années qui viennent. Vous dites que l'IA va plus vite que nous éminemment plus vite que nous. Mais est-ce que quand vous citez le le l'exemple de la médecine, vous êtes vous-même au premier chef sur cet exemple là, vous dites quoi ?
Vous dites que elle est capable de nousculter, de d'échanger avec nous, de nous diagnostiquer ? Alors, de discuter avec nous, oui. De faire un diagnostic sur dossier, oui.
Pour l'instant, elle n'osculte pas, mais c'est c'est temporaire. Euh les jeunes médecins qui rentrent aujourd'hui euh qui rentrent sur le marché du travail, vous êtes confrontés à ce qu'on appelle la super intelligence artificielle et les facultés de médecine et le monde hospitalier en général n'ont pas réfléchi aux conséquences de ça. Il faut il y a un chiffre qu'il faut bien retenir.
Les géants de l'intelligence artificielle, les chat GPT, les Google et cetera sont en train d'investir 2900 milliards de dollars pour l'éducation des intelligences artificielles et on met les meilleurs cerveaux du monde pour éduquer l'intelligence artificielle. Au même moment, on met pas de pognon sur l'école, sur l'université, on il y a pas de réflexion sur l'avenir de l'école. Donc, on a un décalage énorme entre les masses folles d'argent qu'on met pour rééduquer l'intelligence artificielle et l'école et l'université et la formation professionnelle des adultes qui sont en jacher.
Il faut savoir qu'au moment où nous parlons, parmi les petits génies qui éduquent l'intelligence artificielle, c'est qui font la formation des intelligence artificielles, il y en a qui gagnent plusieurs milliards en paquet de salarial qui gagnent plusieurs milliards. Et donc, on met des sommes folles pour éduquer l'IA. et on met pas du tout de moyens pour éduquer le cerveau de nos gamins.
C'est scandaleux, c'est honteux, mais c'est surtout suicidaire de mettre autant d'argent sur l'éducation de Lia et mettre si peu d'argent sur l'éducation de nos enfants. Gabriel Latano, là-dessus, qu'est-ce que vous dites ? Vous enseignez vous ?
Alors, vous vous êtes à l'ancienne, j'imagine. Vous enseignez, vous apprenez. Est-ce que ça change notre façon d'apprendre la relation avec le savoir par exemple ?
Oui, ça a changé ma vie sincèrement. Enfin ma vie et ma carrière bien sûr. J'espère être un meilleur enseignant avec Lia.
Je l'utilise quotidiennement. Vous dites ça vous ce matin vous 100%. Ouais complètement.
Complètement. C'est pas un débat technophobe technophile absolument pas. C'est ici une discussion entre deux personnes convaincues que le monde est bouleversé et euh je comprends qu'on m'est invité sur la base du titre de ce bouquin et l'ayant lu je tiens à vous dire que moi c'est une c'est une lecture que je recommande assez chaudement dans dans l'espace médiatique actuel où on entend beaucoup de gens nous dire que peut-être peu de choses pourraient échanger ou alors qu'ils vont être très catastrophistes en ne voyant que des problèmes et cetera et cetera. cet essai est d'une utilité totale euh et je pense que voilà, monsieur Alexandre, moi quand je vous ai lu, j'avais le sentiment d'être à côté de la Bîme et que dans mon oreille vous me répétiez tu as vu comme c'est haut, tu as vu comme c'est haut, tu as vu comme c'est haut.
Et et pour cela en fait, je pense que c'est pas inutile de savoir qu'on est à côté d'un immense vide et qu'il faut donc réfléchir à quel peut être l'avenir et meilleur pas apprendre. Qu'est-ce que ça change pour vous dans dans votre ? Je peux vous dire très très pragmatiquement, il m'arrive d'avoir prévu par exemple sur une progression en 72 points, il m'arrive d'avoir eu l'inspiration pour 67 points et euh par exemple, c'est point de grammaire, je fais avec des étudiants qui sont en droit essentiellement.
Et je me dis bon là, j'ai parlé à porter de l'adverbe, tac tac tac et il me manque cinq idées. J'ai demandé à Lia, voici ce que j'ai déjà fait, expen fais-moi davantage et cetera. Et Lia m'a aidé, elle m'a fait plusieurs propositions, une vingtaine, j'en ai gardé cinq et c'est bon, j'avais mes 72.
Donc oui, non, ça m'a rendu un peu plus malin. Ce que Lia ne peut pas faire toujours, c'est avoir une belle inspiration. Ce que Lia n'a pas encore su faire, c'est remplacer de très beaux livres que je peux encore être celui qui transmet aux étudiants.
Le discernement n'est peut-être pas encore tout à fait là. En fait, c'est peut-être ça qui manque encore, Alia, c'est la capacité à guider et aller vers ce qui est intéressant. J'ai le sentiment que mon interlocuteur robotique ne sait pas toujours ce qui est vraiment pertinent pour le public que je serre.
Et c'est là que et d'ailleurs dans le livre, je crois que vous le dites aussi, vous dites qu'il y a un espace où l'enseignant est coach cognitif. Il y a différentes expressions comme ça tout au long du livre. Là Alexandre, il y a un précédent dans l'histoire de la littérature et du cinéma éminemment avec Kubric, c'est H 9000.
C'est le le le vous savez le robot IBM qui pense de de 2001 le de l'espace et qui est doté de la conscience. Est-ce que quand vous dites qu'il y a un tel investissement hyper massif sur l'IA, nous allons vers une forme, c'est une question importante aussi qui est fondamentale, vers une forme de conscience de l'intelligence artificielle qui viendrait donc nous supplanter et et quelque part, ce serait pour nous une très mauvaise nouvelle. C'est nous qui le fabriquons.
Alors, on ne sait pas s'il peut acquérir une conscience artificielle directement. Elle simule la conscience hein, quand on parle avec elle, avec Chat GPT, on a l'impression de parler avec avec un humain. Ça est bouleversant. qui vous flatte au passage he Chad P.
Oui oui. Al on peut le programmer pour qu'il soit moins obsécueux. C'est ce que personnellement je fais parce que ça me gonfle quand il est trop trop gentil et qui me parle comme si j'étais un génie d' Carpat.
Mais euh non, le le problème de sécurité, il est important, il est réel, il faut pas le le sous-estimer. Hier, le patron de l'intelligence artificielle chez Microsoft, Suleiman, expliquait si l'intelligence artificielle a ses propres objectifs, ses propres buts, si elle n'est plus alignée avec nous, si elle arrive à avoir ses propres ressources, notamment si elle arrive à avoir un compte en banque, à spéculer en bourse, si elle peut décider sans notre intervention, à ce moment-là, il faut bombarder les les data centers et il faut que l'armée détruise ces I qui elle pourraient être authentiquement dangereux et il dit mais ça arrivera dans 5 à 10 ans au minimum. Donc c'est pas c'est pas le sujet du moment.
De mon point de vue et et c'est le sens de de notre livre Ne faites plus d'études avec Olivier Babu. Le sujet du moment c'est d'éviter d'avoir une société à deux vitesses avec des gens augmentés par l'IA et d'autres écrabouillés par l'IA. Parce qu'aujourd'hui, contrairement à ce que les gens espéraient naïvement quand JPT est sorti, LIA est une machine à augmenter les écarts entre ceux qui bossent.
Ceux qui se servent de l'IA pour aller plus loin, ceux qui apprennent à bien prompter, c'est-à-dire à bien poser les questions à l'IA, qui continuent à se cultiver, qui réfléchissent et puis ceux qui glandent en utilisant l'IA, on a un fossé qui est béant en Angleterre, une étude qui a été publiée dans le FFTI et qu'on et qu'on cite dans dans le livre avec Olivier Babo 88 % des étudiants anglais utilisent Chat GPT pendant les examens écrits surveillés avec les surveillants qui laissent faire, C'est catastrophique. On va créer une génération de gamins qui auront pris l'habitude de glander. Or, comme on l'écrit dans le bouquin, à l'air de l'IA, il y a pas de place pour les grosses fénaces.
Parce que pour trouver sa place dans un monde où il y a galope et où les robots arrivent, il va falloir être malin et travailleur. Donc n'habituons pas la jeune génération à glander en se servant de l'IA. Il faut lui apprendre à utiliser l'IA pour faire mieux et pour avoir une place dans la société hypertechnologique de demain.
Gabriel, l'attention pour rebondir ce que dit à l'instant Laurent Alexandre, est-ce que l'IA, le piège de l'IA, vous êtes confronté à des élèves tous les jours, c'est le piège de la paresse très possible ça. Vous savez ce que ça m'évoque ? Alors il y a il y a 2 ans, j'étais responsable dotation quand même hein.
Ah mais absolument mais c'est une lutte de pied à pied. Puis sincèrement moi je me mets à la place de l'employeur. Donc aujourd'hui je travaille à l'école de droit de la Sorbonne.
Si je suis employeur, je vois école de droit de la Sbonne 2022 ou école de droit de la Sorbonne 2028. Moi mon combat c'est de m'assurer que école de droit 2028 est la plus grande valeur possible. Si la suspicion à l'égard de ceux qui rentrent sur le marché du travail, c'est qu'ils ont été formés avec moins d'efforts, effectivement c'est un enjeu.
Donc je crois que l'université n'a pas pris la pleine mesure de cela. On a un problème d'initiative de la part du politique aussi qui devrait cadrer tout cela. Moi, je me désespère que depuis 3 ans 4 ans, c'est euh la politique de l'autruche et on en parle absolument pas.
On cadre pas euh à quoi pourrait ressembler des sanctions pour quelqu'un qui euh n'a pas la bonne méthode d'apprentissage et cetera. Enfin, je parle pas de l'enseignant, je parle de l'étudiant, et cetera, et cetera. Donc, il y a toutes ces questions-là.
En vous entendant, monsieur Alexandre, ça m'a rappelé quelque chose. Donc, il y a 2 ans, j'avais la charge d'un concours pour les biologistes à Normal Sup et et j'avais donné un sujet qui avait à voir avec Lia. Et je trouvais que dans la partie rédaction personnelle, beaucoup le le fond commun de ce que je lisais, c'est que beaucoup d'étudiants disaient "Lia, ça va pas tellement marcher parce que c'est des idées qui sont piochées au dans les tréfonds d'internet. c'est des idées un peu banales et c'est formulé de façon un peu brouillonne et puis on voit des fautes.
Et donc moi j'ai écrit ça. Voilà, j'ai reçu ça et dans mon compte-rendu du travail des étudiants, j'ai dit bah je trouvais que c'était les étudiants proposaient eux-mêmes des idées qui étaient prises dans le fond commun des idées un peu banales d'internet que c'était dit de façon bruonne et qu'il pouvait y avoir des choses qui étaient contrefactuelles. Et donc en fait on voyait dans l'intelligence naturelle les mêmes limites que eux voyaient dans l'intelligence artificielle à ce moment-là.
Et Dieu sait que la machine a progressé depuis 3 ans. Donc mais vous mais vous vous corrigez des copies si je peux dire hein parlant parlant. Oui oui d'ailleurs Lia peut venir euh porter secours au fait je vous y avez recours sincèrement euh pas pour la correction non correction non la correction toujours mon regarde parce que c'est c'est ce qui est aussi dans le livre c'est que finalement la responsabilité restera humaine et ça je suis très convaincu de cela aussi on peut pas remplacer la responsabilité encore.
Juste pour bien comprendre quand vous corrigez des des copies de vos élèves, vous arrivez à distinguer ce qui relève de on va dire de la production personnelle ou de Oui mais c'est facile pour moi. C'est facile pour moi parce que enfin bah je connais la machine et puis souvent en fait la Oui. facile pour vous mais peut-être pas facile pour d'autres collègues.
Si je pense aussi parce que en fait quand c'est dans un d'autant plus facile que c'est en langue étrangère en fait il y a une astuce et que si j'enchaîne l'histoire en anglais on verra quelqu'un qui tout d'un coup produit un écrit bilingue je l'ai face à moi. Il parle au niveau A2 B1 enfin bon c'est une codification mais en fait on le on le voit assez vite. Oui.
Puis il y a des il y a il y a des façons de réfléchir que l'on peut reconnaître dans les modèles de langage les plus communs aussi. Maintenant on verra à terme. C'est c'est vrai que c'est une question que je me suis posée en vous lisant.
Je me suis dit est-ce qu'il y avait une part de l'écriture qui était faite par quelqu'un d'autre ? Moi, j'avais le sentiment d'écrire deux de lire pardon deux personnes qui étaient ici. Est-ce qu'il y a des parties du texte qui ont été produites avec aide artificielle ?
Non, Alexandre et puis et puis avec Olivier, on a écrit des milliers d'articles, on a écrit on a écrit des dizaines de bouquins et donc effectivement, on peut nous reconnaître que nous écrivions déjà avec le même style, lui et moi, bien avant l'arrivée de chat GPT. Mais non, effectivement, on voit les étudiants quand ils utilisent Chat GPT, mais pour une raison simple, ils font pas de faute, la syntaxe est parfaite en en langue étrangère, ils sont parfaits et puis ils sortent des meilleures idées avec chat GPT que quand ils écrivent eux-mêmes dans l'immense majorité des cas. Donc oui, on repère les copies.
D'ailleurs, c'est assez troublant aujourd'hui de voir que les CV sont tous écrits par Chat GPT. D'ailleurs, les recruteurs ne lisent plus les CV parce que les CV étaient jadis médiocre. Maintenant, ils sont parfaits, sans faute et cetera. et et effectivement, il faut apprendre aux gens à écrire sans l'utilisation de l'IA et il faut les évaluer sans IA.
C'est pour ça d'ailleurs avec Olivier qu'on insiste sur la part de l'oral dire un oral sur des questions aux débautés euh qui qui n'ont pas pu être préparé avec l'aide de l'IA, c'est le meilleur moyen de connaître la valeur d'un étudiant d'un d'un jeune. Parce que un oral s'il connaît à l'avance le sujet, il va pouvoir préparer avec Chat GPT. il faut vraiment poser la question juste avant l'oral et là on a la vraie valeur de l'étudiant en fait on le reconnaît aussi le le texte produit par la machine quand il y a la disparition d'une certaine voix c'est c'est ce qui aussi dans le texte c'est donc des habitudes rhtoriques ou des choses comme ça souvent la réponse de l'intelligence artificielle aujourd'hui par défaut quand elle est pas très bien coachée par celui qui l'utilise ça va être des réponses qui sont pas pas génériques mais qui sont très très didactiques.
Ça avait vraiment une évolution qui prend par enfin une rédaction qui prend par la main avec ça puis ça puis ça puis ça. Il y a une disparition de la personnalité parfois et c'est à cela qu'on reconnaît aussi on peut on peut on peut tromper le lecteur parce que on peut aussi demander à Chat GPT ou à ses équivalents d'imiter son propre style et il et il le fait plutôt pas mal quand on quand quand on lui demande. Allez messieurs, dans un court instant, on va marquer une pause.
Je vais vous poser une question qui est fondamentale. Est-ce que l'intelligence artificielle modifie notre apprentissage ? Est-ce que elle augmente ou pas d'ailleurs notre savoir ?
C'est fondamental. Allez, il est 9h44 la vérité en face 0826 300 si vous voulez intervenir, vous le faites comme tous les matins. Nous retrouvons tout de suite pour la suite.
Ne faites plus d'études. Vous nous éclarerez d'ailleurs sur ce titre qui est un brun provocateur Laurent Alexandre. Non non, qui est sincère qui est sincère.
D'accord. qu'on discutera à tout de suite. Le grand matin Sud Radio la vérité en face Jean-François Achili ne faites plus d'études apprendre autrement à l'air de Lia édité par Bcher Chastel ouvrage coécrit par vous Laurent Alexandre nous vous avons en studio ce matin c'est un plaisir et et Olivier Babau également et vous êtes notre invité avec également Gabriel Latentio.
Vous êtes enseignant, professeur agrégé à l'université Panthéon Sorbonne. La question qui qui est posée Laurent Alexandre ce matin également, c'est qu'est-ce que change Lia ? Est-ce que est-ce qu'elle change d'autre façon d'apprendre ?
Est-ce que nous allons apprendre à apprendre ou à réapprendre ? Alors, elle change notre fonctionnement cérébral. Chaque type d'apprentissage change notre câblage neuronal, c'estd la façon dont nos dont fonctionnent nos neurones.
Qu'est-ce qui change ? Comment ? Ah bah parce que euh quand nos expériences d'apprentissage changent, le câblage du du cerveau, c'est-à-dire les lien entre les neurones, hein, ce qu'on appelle les synaps, et bien se modifie.
Donc euh le l'internet a changé notre cerveau, les réseaux sociaux ont changé notre cerveau et l'IA va a changer euh notre cerveau et et donc la question aujourd'hui c'est qu'il faut faire évoluer l'éducation pour que nos enfants soient complémentaires de l'IA, pour qu'ils se servent de l'IA pour faire mieux et pas pour glander. Et c'est c'est je pense le la leçon que vos auditeurs doivent retenir. Il faut empêcher nos enfants de glander en se servant de l'IA.
Il faut faire plus avec l'IA. Et il y a une tentation chez les gamins, c'est de ne plus travailler et de tout faire par l'IA. Dans les dans les facultés, c'est dramatique.
J'ai eu l'occasion de voir récemment des étudiants en en licence de droit. C'est catastrophique. C'estàd ils ne font rien.
Les arrêts sont et les analyses d'arrêts sont très à la Sorbonne peut-être pas mais euh dans les fac de province si si parce que je vois votre votre autre invité protester et beaucoup se servent de chat GPT pour moins travailler. C'est juste le contraire de ce qu'il faut faire. Donc il faut profiter de l'IA et il faut pas abîmer son cerveau en ne s'en servant pas parce que le cerveau est un vrai muscle et qu'il faut l'entretenir en travaillant beaucoup.
Et puis l'université doit faire un effort très important pour développer des euh méthodes pédagogiques qui permettent aux enfants d'être complémentaires de l'IA et pas d'être dépassé par l'IA. Euh avec avec Olivier, notre titre n'est pas provocateur. Nous pensons qu'aujourd'hui, à part quelques ex à part quelques exceptions, c'est une la plupart la plupart des cursus aujourd'hui sont contre-productifs et donc avant que l'université fait sa mu, il y a de nombreux cursus qui sont inutiles.
Et j'ai mis 11 ans pour avoir la qualification en chirurgie et j'ai beaucoup aimé les études de médecine. les yeux dans les yeux. Je dis aux jeunes aujourd'hui, ne faites pas médecine, sauf si vous êtes masochiste, parce que les études de médecine n'ayant pas fait leur MU, ne s'étend pas adapté à l'IA, vous allez consacrer 10 ans de votre vie pour faire médecine et à la sortie de médecine, vous vous serez très très très loin derrière LIA.
Donc ne faites pas ne fait ne faites pas d'études de médecine aujourd'hui tant que les facultés de médecine n'ont pas adapté leur cursus et leur pédagogie à l'intelligence artificielle. Un mot, c'est quoi ? C'est la machine qui va remplacer le geste chirurgical à la sortie avec une intelligence artificielle.
Là pour l'instant Li nous dépasse sur le diagnostic clinique. Demain, elle nous dépassera sur le plan chirurgical. On sait pas exactement quand, mais vous avez probablement vu Mosque euh a affirmé que vers 2030 euh les robot humanoïdes hyper intelligents opéreront mieux que le plus brillant, le meilleur des chirurgiens humains.
Elon Mosque Elon Mosque est très motivé à développer des robots humanoïdes hyper intelligents puisque le conseil d'administration de Tesla a promis à Elon Mosque une prime de 1000 milliards de dollars. Vous avez entendu ? intelligam qui sont fabriqués par par Tesla.
Donc il a vraiment envie de faire des robots super intelligents, y compris meilleur que les chirurgiens parce qu'une prime de 1000 milliards de dollars, ça ne se refuse pas, même quand on est déjà l'homme le plus riche du monde avec 550 milliards de dollars de fortune. Nous sommes déjà dans l'univers de Vanvooct hein. Nous sommes en train de dépasser tout ça hein.
Ce sont des gros montants, on est d'accord. Gabriel attendu sa glande à Panthéon Sorbon ou pas ? Tout l'inverse.
Vous imaginez retourner dans les couleurs de l'université et ne pas avoir défendu mes étudiants ? Bien sûr. Non, moi j'ai j'ai j'ai plutôt un sentiment optimiste.
C'est un cursus d'exception hein. Vous exercez hein. Oui.
Oui. En tout cas, il en tout cas je suis de ce point de vue ce qu'ils apporteront. C'est sûr que on on va quelque part.
Euh cette discussion, elle est elle est tellement précieuse. Il est vrai qu'on peut imaginer et c'est vertigineux un monde où ce seront des robots avec IA qui tiennent les fusil, qui tiennent les scalpel et ainsi de suite. Et ça c'est une discussion que l'on doit avoir et je suis heureux que ce livre puisse le faire et c'est vrai que je préfère le livre à son titre.
C'est vrai. Voilà, ne faites plus d'études, j'y crois un tout petit peu moins. Donc c'est là qu'on a une vraie discussion.
C'est concrètement, il y a plein de choses où en fait, je ressors de la lecture du livre, même avec des arguments qui me font penser exactement à l'inverse. Dans dans votre livre, monsieur Alexandre, il y a un passage, je me souviens assez clairement, vous dites "Voici des compétences que l'on aura vraiment du mal à remplacer." Donc par exemple, c'est le spectacle très sincèrement partie de ma valeur ajoutée.
C'est ça. Je suis assez largement en présentation devant mes étudiants en leur faisant voilà vraiment il a ça vraiment je vous assure. Et c'est un texte que je révise depuis 15 ans donc voilà on est là.
Vous faites aussi au micro de Sud Radio. Ah je sais pas je sais pas. Ah non non faudrait que je traille plus encore davantage mais en tout ou alors il y a une autre idée c'était donc cette la responsabilité ne peut pas tout de suite être confiée et cetera et cetera.
Et moi je ressors un petit peu confiant quant à ce qu'un enseignant peut apporter une lecture dynamique de la de de la pièce. C'estàd que quand il y a 30 personnes ou plus même parfois à gérer et on se dit où est-ce que je les amène pour qu'ils comprennent vraiment cette idée-là et aussi avoir l'inspiration de se dire ce qui leur manque pour résoudre cette étude de cas, c'est la connaissance de telle anecdote et cetera ou si on les voit s'assoupire savoir saisir le moment où une trace d'humour est nécessaire. Toutes ces petites choses-là seront encore nécessaires.
Donc c'est une question que je vous apprends pas du tout monsieur Alexandre vous le savez c'est est-ce qu'on a encore besoin de Magnus Carlsen quand les machines sont meilleurs que nous aux échecs ? Et bien l'intérêt de l'humain aujourd'hui va vers l'immense champion qui est Magnus Carlsen, le meilleur humain de tous les temps qui pour autant ne peut plus gagner face à la machine. On est encore je crois dans une société où le lien humain sera crucial.
Gabriel, attention pour bien comprendre ce que vous développez là à l'instant, il jadis il fallait accumuler du savoir hein pour comprendre le monde et pour pour on va dire évoluer. Est-ce qu'aujourd'hui on a toujours besoin de de d'accumuler du savoir ? Il passe beaucoup de temps d'énergie.
Si si je peux si je peux me permettre, notre livre n'est pas ne fait plus d'études et glandé. Nous insistons beaucoup, il y a un chapitre entier sur la culture générale, c'est dire pour comprendre le futur, pour euh se mouvoir sur cette vague technologique absolument incroyable, il faut de la culture et il faut du savoir et notamment du savoir historique, hein. Ça peut paraître un peu bizarre, mais si on veut surfer sur un futur très instable où la technologie va beaucoup bouger, et bien il faut être capable de prédire le futur.
Or, il est impossible de prédire le futur, de prédire l'évolution de son métier, de son activité si on connaît pas le passé, si on connaît pas l'histoire. Donc le conseil que nous l'un des conseils que nous donnons aux parents et aux étudiants, c'est lisez des livres d'histoire. Lisez des livres d'histoire.
Et nous faisons notre avec Olivier Babu cette fameuse phrase de Charles de Gaulle dans le fil de l'épée en 1934. L'école du commandement, c'est la culture générale. Derrière chaque victoire d'Alexandre le Grand, il y a toujours Aristote, son précepteur particulier.
Il est clair que la culture générale doit être développée. Il ne faut pas se servir de l'IA sans culture parce que sans culture, on ne peut pas bien utiliser l'IA. Oui, bien sûr.
C'est certain. Ouais. Vous savez moi, il y a il y a un cours pour lequel l'IA ne m'a encore servi à rien.
C'est le cours que je donne en master et qui en fait une historicisation de l'idée de liberté. Alors, c'est dit façon académique, mais ça c'est un cours pour lequel j'ai pas encore vu la valeur ajoutée de la machine. Peut-être on y viendra et en tout cas, j'y suis ouvert.
Mais en clair, pour former des gens qui sont peut-être amené à être nos juges ou nos juristes, enfin quelle que soit la profession, on réfléchit avec eux à comment le sens du mot libre a changé au fil du temps. Le texte de droit est pérenne, qu'il a été écrit à l'époque du roi romano-germanique ou qu'il ait été écrit plus récemment, l'idée de liberté est partout. Mais ce qu'on entend par être libre, ça change au fil du temps.
Je n'ai pas encore vu une situation où la machine a une telle inspiration. Moi, je me repousse beaucoup sur un sur un immense historien qui s'appelle ERC Foner qui écrit un bouquin en 99. On n'est pas encore au stade où j'ai pu lire une, je crois, mais je vais le chercher hein, une intelligence artificielle capable de faire quelque chose d'ussi précis, réfléchir comment le sens du mot a évolué avec une histoire culturelle, politique et cetera.
Ce qui a manqué c'était l'inspiration et le discernement, savoir où chercher. La machine cherche mieux et plus vite et c'est pour ça qu'elle nous aide. Mais je ne sais pas s'il y a encore l'inspiration de savoir où creuser.
Laurent Alexandre, pour conclure, la machine, nous devons la dominer. C'est depuis depuis depuis le la révolution industrielle, c'est ainsi. Mais aujourd'hui, et je reviens sur ma question de vous savez l'ordinateur de 2001, est-ce que la machine va nous dominer ?
Est-ce que au fond vous parliez de 2030, une honorizon qui qui est demain matin pour Elon Musk et ses robots, est-ce que nous sommes pas en train de nous faire dépasser par la machine ? Et nous sommes techniquement en train d'être dépassés par la machine, mais il faut veiller à ce que la machine ne prenne pas le contrôle de notre société. Bien évidemment, ça suppose qu'on ait des jeunes générations qui comprennent le monde.
Ça suppose qu'on ait des jeunes générations qui travaillent. qui a de la culture générale, qui ne glande pas, qui travaille encore plus que les générations d'avant pédagogique à développé. J'ai pas l'impression qu'on enseigne cela aujourd'hui euh à l'école, hein.
Enfin, franchement, à part dans quelques cursus d'exception comme celui dans lequel notre ami enseigne, l'école a largement démissionné. Elle ne s'est pas d'adapter à la nouvelle technologie. Elle n'a pas intégré les évolutions des cursus pour adapter nos enfants à l'évolution des métiers futur et elle ne donne pas la volonté d'agir.
Or, à l'air où l'intelligence est gratuite, le plus important à côté de la culture générale, c'est la volonté d'agir, la volonté de faire. Il faut pas que nos gamins soient des petits dépressifs qui laissent lit à tout faire. Il faut qu'ils prennent ce monde absolument incroyable à pleine main.
Et ça c'est le devoir de l'école demain, adapter nos enfants à un monde qui bouge sans arrêt en leur donnant envie d'agir. Alors là, je suis tellement d'accord, c'est peut-être un peu la revanche des littéraires et finalement, c'est là que l'école sera encore utile. C'est-à-dire que la qualité de l'intelligence artificielle est tributaire de la qualité de l'intelligence naturelle.
C'est-à-dire que la commande que l'on donne à la machine va faire aussi la qualité de la réponse. Dès lors, on a besoin de quelqu'un qui sait lire, écrire, qui lit beaucoup. C'est là que l'école aidera.
Merci messieurs Laurent Alexandre et Olivier Babo c'est sont les coauteurs de cet ouvrage. Ne faites plus d'études. Je conseille la lecture chez Bcher Chastel.
Merci à tous les deux ce matin et bonjour à vous Valérie Expert. Bonjour. Bonjour cher Jean-François.
Mettez-vous d'accord. Qui-il au menu ? Au menu vous en doutez, nous allons parler du budget du chantage du PS à la taxe Zukman.
On est parti d'une taxe à partir de 100 millions d'euros. Maintenant on est à 100 millions. Une taxe light.
Bon, on sait bien que tout ça ne passera pas, mais on va en parler avec vous. Est-ce qu'il faut taxer les plus riches ? C'est quand même le fond de ce que demande le PS, la popularité d'Emmanuel Macron au plus bas et jamais un président de la République n'avait eu aussi peu de popularité.
Et puis et puis et puis on va parler des 20 ans des émeutes de Clici sous bois. Qu'est-ce qui a changé depuis 0826 300 ? Bonne émission.
Ah.
Laurent Alexandre