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interviewBFM TV (sur Dailymotion)· 6 juin 2026 29 min

Barella : les témoignages se multiplient - 06/06

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:11
Présentateur

De retour sur le plateau de BFM grand soir alors qu'une marche blanche sera organisée demain à Florence dans le Gers en hommage à Liana. On continue ce soir de découvrir ensemble avec effarement le profil et le parcours de Jérôme Barrella avec ce nouveau témoignage accablant que vous allez ce soir entendre sur BFM TV.

0:27
Invité

Celui du professeur d'un club d'arts martiaux du Gers, club dans lequel était inscrit le suspect. Et ce professeur avait déjà à l'époque clairement des doutes sur le comportement de Jérôme Barrella. C'est un témoignage exclusif BFM TV recueilli par Maël Janton et les équipes de l'Ignoreau. Dans le club en fait son comportement était un peu particulier. Il a éveillé les soupçons de pas mal de personnes puisqu'en fait voilà il passait vraiment beaucoup beaucoup de temps. Ça nous paraissait anormal avec les enfants. Même pendant les cours il ne s'entraînait exclusivement qu'avec les enfants etc.

A tel point que voilà quand ça nous paraissait vraiment trop, qu'on en avait assez de surveiller ça etc. On était obligé de le prendre, de lui dire voilà arrête, viens t'entraîner avec nous etc. A partir du moment où le quotidien s'est installé et que j'ai vu que voilà c'était vraiment récurrent ce contact avec les enfants et tout. Là on s'est dit voilà il faut vraiment qu'on ait un oeil sur lui. C'était gênant pour lui de ne pas être au contact des enfants où on sentait que c'était pas sa nature quoi. Voilà il soulevait des enfants, il jouait à la lutte avec eux. Donc par exemple il pouvait être étendu par terre et il y avait tous les gamins qui se jetaient sur lui.

Il était en plus adoré des enfants. A tel point qu'Une l'a revu il n'y a pas si longtemps que ça sur Roche avant que toute cette affaire n'éclate bien évidemment. Elle a couru vers lui, elle lui a sauté dans les bras. Enfin voilà il savait se faire aimer des enfants. On se dit qu'on aurait dû réagir très vite, j'aurais dû le virer du club ou au moins lui dire voilà ton comportement ne va pas etc. On était tout le temps en train de le surveiller à tel point que quand on s'est rendu compte cette saison qu'il ne revenait pas, on s'est dit ouf, on était soulagé.

2:09
Présentateur

Un témoignage accablant ce soir sur lequel on va revenir et qui vient renforcer encore un peu plus ce sentiment d'un immense gâchis. On vous retrouve à Florence Mathias Tesson où l'on ne comprend toujours pas comment Jérôme Barrella a pu toutes ces années échapper au radar. Quelles sont maintenant les suites judiciaires qui attendent le suspect ?

2:29
Invité

Alors dans un premier temps on va rappeler que les premières conclusions de l'autopsie qui a été pratiquée sur le corps de Liana n'a pas permis de mettre en évidence les causes certaines de son décès. C'est pour cette raison que des examens plus poussés sont pratiqués ou vont être pratiqués sur son corps pour peut-être tenter de mettre en évidence d'autres éléments pouvant expliquer le décès de la fillette. Et à ce moment-là il faudra être attentif et vigilant au positionnement de celui qui est aujourd'hui évidemment considéré comme le principal suspect dans cette affaire. Fait-il évoluer son discours ? Se positionne-t-il différemment face aux faits qui lui sont reprochés ?

On va rappeler que dans un premier temps il avait nié les faits avant de se rétracter et d'admettre à minima d'avoir récupéré la fillette et l'avoir mis dans son véhicule et de l'avoir amené à la piscine. Cependant lors de son interrogatoire de première comparution devant le juge d'instruction il avait finalement décidé de garder le silence. Il faudra donc être attentif à ce que l'enquête va démontrer et cette enquête devra répondre à plusieurs choses. Cet homme Jérôme Barrella, est-ce qu'il y a suffisamment d'indices permettant de le renvoyer in fine dans plusieurs années devant une juridiction ? De quel chef ? Est-ce qu'il s'agit selon lui ou selon les éléments de l'enquête d'un accident ?

Est-ce qu'il y avait une intention mortelle dans les coups qui ont éventuellement été portés ? On fait beaucoup de projections bien sûr mais ce sont vraiment ces questions qui vont se poser pendant l'instruction. Et puis il y a la question bien sûr du mobile, le mobile sexuel qui ne peut être éludé vu la personnalité et le profil de cet homme qui a un casier veillère, qui n'a jamais été condamné mais qui a tout de même fait l'objet de plusieurs plaintes. Cinq au total hormis cette affaire, il y en a toutes pour des infractions à caractère sexuel pour des faits commis sur deux jeunes filles mineures.

Merci Mathias Tesson, jamais condamné général Fontbonne, casier vierge mais des témoignages qui s'accumulent. Ce soir encore, on va revenir sur le témoignage de ce professeur de sport qui disait il y a quelques instants avoir déjà noté chez Jérôme Barrella un comportement suspect et nous étions tous autour de cette table subjugués en se disant pourquoi n'a-t-il rien dit ? On a l'impression que tout le monde savait ce soir. Oui tout le monde sait. Alors il y a une chose qui n'est pas acceptable et une chose qui est compréhensible. Je pense que la chose qui est compréhensible c'est que c'est une accusation très grave.

sur des soupçons, sur des attitudes qui sont équivoques, vous allez à la gendarmerie, vous écrivez au procureur de la République, au commissariat de police où vous mettez normalement, mais là en plus ça ne s'est pas mis en marche, mais vous mettez normalement en marche une machine à broyer. C'est-à-dire que celui qui est l'objet de la dénonciation, il n'a plus de vie, il peut déménager, il peut s'en aller. Ensuite il y a quelque chose d'original sur la question de parler, pas parler, parler pendant la garde à vue, plus parler devant le juge. En fait on observe d'expérience...

5:31
Présentateur

Oui il a parlé devant les enquêteurs et vous n'instructions jamais pour l'instant.

5:33
Invité

Alors on observe d'expérience deux choses. Il y en a qui sont complètement mutiques, avec une espèce de jouissance dans le silence. C'est-à-dire je sais, vous ne savez pas, et j'ai encore la main en quelque sorte. Et puis en garde à vue, on a souvent des aveux, mais qui sont des aveux extrêmement progressifs. C'est-à-dire qu'il y a d'abord une négation totale, puis on a un élément. Monsieur, on vous a vu avec la petite fille dans la voiture, vous nous dites...

5:58
Présentateur

Ce qui a permis de dire la vidéosurveillance, parce qu'au début il niait être avec cette...

6:01
Invité

Donc on donne un élément irréfutable. Ah oui, effectivement, elle est dans la voiture, mais je ne l'ai pas touchée. Je l'ai de toute façon laissée à tel endroit. C'est-à-dire qu'on a souvent... Déposé à la piscine, c'est ce qu'il disait. C'est-à-dire qu'en fait, la personne rechigne, peut-être pour se protéger, à avouer... Moi, je n'ai jamais vu un aveu immédiat, à avouer d'un coup quelque chose qui est inavouable.

6:21
Présentateur

Ça vient toujours, généralement, crescendo ?

6:23
Invité

Généralement, ça vient à crescendo. Et puis à un moment donné, il y a une bascule. On va trouver quelque chose qui va l'émouvoir, qui va le décider à parler. C'est souvent le cas. On lui parle de sa famille, on lui parle de sa maman, on lui parle de sa vie en général, plutôt qu'une condamnation, parce que c'est quelque chose qui passe complètement en dessous de sa perception, généralement, dans cette situation. Laurent Valdiguet, justement, est-ce que les enquêteurs l'ont totalement coupé du monde, ce soir, Jérôme Barrella, ou est-ce qu'il est au courant de l'onde de choc que provoque cette affaire ? Et est-ce que ça peut être un élément qui le pousse à parler ? Oula !

Mais ça, il doit être dans une cellule à l'isolement. A priori, les cellules à l'isolement, sauf s'ils ont mis dans une cellule où la télé ne marchait pas. Oui, mais il a la télé. Non. Il a la télé. Il a la télé. Il a la télé. Sauf si la télé ne marche pas. Oui, sauf si la télé ne marche pas. Donc ça veut dire qu'il sait, en tout cas, il sait ce que provoque cette affaire dans le pays. Il a compris que, d'abord, la petite fille avait... Ça, il doit le savoir, parce que les surveillants parlent... Le corps a été retrouvé. Il doit savoir que le corps a été retrouvé, parce qu'en réalité, on ne sait pas, nous, ce qui s'est passé entre 15h et 17h. On ne sait pas ce qu'il a fait.

On ne sait pas si la petite fille a été violée. On ne sait pas comment elle a été tuée. En réalité, on sait qu'il avait planifié quelque chose. On sait qu'il a fait en sorte que cette petite fille qui devait sortir à 17h est sortie à 15h et monter dans sa voiture, alors que ses parents ne voulaient plus qu'elle ait de contact avec lui. C'est vrai. Donc, il a planifié quelque chose, on ne sait pas quoi. Et ensuite, ce qu'on sait, c'est qu'il l'a cachée. Puisque, apparemment, même si on... Là aussi, on a beaucoup de doutes, mais apparemment, l'endroit où a été retrouvée la petite fille, c'est un endroit de cache. Ce n'est pas nécessairement l'endroit où elle a été tuée.

C'est une espèce de puzard, apparemment, quelque chose. On le saura en détail, mais c'est un endroit de cache. Donc, on sait aussi que lui, le vendredi, il a participé. Vous savez, il a toqué. Il y avait un témoin sur BFM qui disait, il est venu, il a toqué à la porte. Il a dit, vous savez, il y en a disparu, il faut qu'on la cherche. Donc, en réalité... Il fait mine de participer aux recherches dans un certain temps. Et quand le lendemain, il est arrêté, il dit, ah, pas du tout. Et puis, les gendarmes lui disent, mais si, regardez, il y a une... Ah oui, je l'ai amené aux bibliothèques.

Donc, lui, on sait que depuis sa première minute devant les enquêteurs, et puis même la veille, puisqu'il fait semblant de participer aux recherches, il a décidé de dire que ce n'était pas lui. Donc, il est là-dessus. Je parle sous le contrôle de l'avant-cas qui est là. Mais il est sur cette ligne de défense. Alors, il a le droit, vous savez, on a le droit de ne rien dire aux enquêteurs. C'est son droit, il sera jugé. C'est lui qui sera jugé. En tout cas, si les charges s'accumulent comme elles semblent s'accumuler, il sera jugé, il devra en répondre. Mais c'est une ligne de défense.

9:12
Présentateur

Philippe Jean-Kévit, je vous allez nous quitter dans pas longtemps. Je voulais qu'on revienne sur une plainte qui a cristallisé cette affaire, celle d'une enfant de 10 ans, qu'on a appelée Rosa. Plainte, on le rappelle, déposée en août 2025. Examen médico-légal de la jeune fille qui a révélé des lésions anales et vaginales. On a parlé hier du temps long qui s'est écoulé avec vous entre le dessaisissement du parquet de Toulouse et de celui d'Oche. Le Parisien nous en a appris un peu plus ce samedi, nous disant que le 14 février, il y avait eu un échange téléphonique entre le parquet d'Oche et les gendarmes.

Ce jour-là, le magistrat demande aux gendarmes d'opter pour le placement en garde à vue du suspect. Rien ne sera fait jusqu'à la mort de Liana. Regardez ce que confie un proche des investigations aux Parisiens. On ne peut pas dire que les gendarmes de cette brigade étaient débordés par des procédures lourdes et graves. Le stock de dossiers criminels était vide, sauf celui de Jérôme Barrella. Quelle est votre réaction quand vous lisez ça ? Parce qu'on a parlé hier, c'était peut-être pas le rôle de la brigade territoriale de faire ça, ça aurait été le rôle d'une section de recherche. On se disait qu'ils étaient peut-être débordés de dossiers.

Finalement, visiblement, ce que nous dit une source proche de ce dossier, c'est qu'il n'y avait pas de dossier criminel à part celui-là.

10:17
Invité

Je ne vais pas juger le travail qui...

10:18
Présentateur

Non, non, je ne vais pas juger, mais qu'est-ce qui peut expliquer que ce soit la brigade territoriale et pas une section de recherche qui est...

10:23
Invité

Ça, c'est une question qui reste, c'est le point d'interrogation. On informe le procureur de la République des infractions qu'on a et on est donc forcément sous ses ordres. C'est lui qui donne les directives à prendre. C'est le directeur de la police judiciaire. Donc, qu'est-ce qui s'est passé ? On ne sait pas. Est-ce que le procureur n'a pas jugé pour une BR ou une brigade de recherche ou une SR et s'est retombé sur la brigade ? Mais déjà, le commandant de compagnie aurait peut-être dû réagir ou le commandant de brigade dire, c'est une grosse affaire, on va demander de l'aide. Bon, ça, on ne sait pas. On ne sait pas. Et ça, je ne peux pas avancer dans les choses.

Alors, ce n'est pas une hiérarchie, mais il y a une répartition des fonctions entre les unités de gendarmerie. Vous avez les brigades, les brigades territoriales que tout le monde connaît. Il y en a 3 500 en France de tailles différentes. Je crois que celle-là est à 8 ou 10 gendarmes. Eux, 8 gendarmes, ils sont chargés de la surveillance. Vous les voyez passer en patrouille, vous les voyez passer à pied pour la tranquillité publique. Ils sont chargés de la circulation routière, quand il y a un accident, on les voit au bord de la route. Et puis, ils sont chargés de ce qu'on appelle la délinquance de proximité.

C'est-à-dire un cambriolage, c'est-à-dire une bagarre, c'est-à-dire des petits vols, c'est-à-dire des agressions sur les personnes. Ça, c'est leur quotidien. Lorsqu'il y a des affaires, et ces gens-là travaillent en uniforme, lorsqu'il y a des affaires d'une plus grande importance, on va dire de délinquance moyenne, il y a une unité qui s'appelle une brigade des recherches. Vous avez 10 gendarmes, un officier qui commande, un lieutenant, généralement. Eux travaillent en civil, ils font des petits trafics de stupes, ils font des vols de voitures en série, de la petite criminalité, on va dire, d'échelle locale. Éventuellement des homicides, lorsque c'est des affaires simples.

Et puis au-dessus, vous avez une section de recherche. Une section de recherche, moi j'ai commandé Orléans, on était une cinquantaine. Marseille, ils sont 150. Bon, il y en a une par cours d'appel, c'est-à-dire que vous en avez à peu près 30 en France.

12:18
Présentateur

Mais qu'il n'a pas été saisi de ce cas-là, de la petite prison, visiblement.

12:20
Invité

Elle ne doit pas être saisi de cette affaire, parce que ce n'est pas un homicide, ce n'est pas une infraction criminelle très compliquée, mais c'est quand même une infraction criminelle. Les SR, elles font des affaires internationales, elles font de la grande criminalité, elles font des homicides très compliqués. C'est de toute façon, alors, encore une fois, je ne connais pas la procédure, mais sur le papier, on va dire, dans le règlement d'emploi de la gendarmerie, ce n'est pas à une brigade de traiter une affaire criminelle. Mais encore une fois, ça dépend, ça dépend des parquets, ça dépend de... Et puis, ça dépend de l'occupation de chacun.

Une brigade à 10, ils font à peu près un millier de procédures par an. Encore une fois, c'est une moyenne, peut-être que dans le Gers, ils en font moins, peut-être que dans le Gers, à cet endroit, ils en font davantage. Bon, voilà. Moi, je ne veux pas m'avancer sur un terrain qui est forcément factuel, parce que vous n'avez pas deux unités qui se ressemblent, vous n'avez pas deux chefs qui se ressemblent, et ça peut être extrêmement différent, indépendamment d'un problème systémique qui semble quand même très existant. Après, vous avez ceux qui exécutent, vous avez ceux qui décident, ceux qui commentent.

On va y revenir, évidemment, sur ces failles, sur ces dysfonctionnements nombreux, mais j'aimerais qu'on prenne en ligne le docteur Bernard Marc. Bonsoir, merci d'être avec nous. Vous êtes médecin légiste. L'autopsie qui a démarré, l'autopsie du corps retrouvée dans le silo agricole, a permis de confirmer hier qu'il s'agissait bien de la petite Liana, mais cette autopsie, elle continue. Quels éléments déterminants attendent dans les prochaines heures qui puissent expliquer ce drame ? Alors, l'autopsie au sens propre ne continue pas, elle a été effectuée, mais tous les prélèvements qui ont été faits lors de cette autopsie doivent être analysés.

En fait, il y a eu des prélèvements avisés génétiques, qui peuvent être complémentaires de lésions génitales ou de lésions anales qui ont été retrouvées. Donc tous ces prélèvements doivent être analysés, on doit y retrouver un ADN. Et ce sont des éléments qui sont extrêmement importants. C'est le volet agression sexuelle, y a-t-il eu ou pas d'agression sexuelle ? Et puis, puisque la cause du décès n'a pas été évidente lors de l'autopsie macroscopique, ce qu'on voit à l'œil nu, il faut des prélèvements microscopiques, des prélèvements qui ont été faits. Et ce sont des prélèvements qui ont été faits lors de l'autopsie, qui ont été fixés, qui doivent être fixés.

Puis ensuite, lorsqu'ils ont été fixés dans du formol, ils sont suffisamment rigides pour pouvoir les découper en minimes lamelles. Elles sont épaisses comme une toute petite épluchure. Et on va pouvoir les regarder sous un microscope et pouvoir déterminer la cause d'un décès, non pas au niveau de l'organe dans sa totalité, mais au niveau des tissus qui sont mieux préservés et qui pourront donner une explication. Si, par exemple, c'est une cause asphyxique, ce qu'on peut imaginer, s'il n'y a pas de lésions traumatiques, il y a ça, ou s'il y a des lésions cérébrales, une contusion, un traumatisme intracrânien, c'est sur ces prélèvements qu'on le sort.

15:21
Présentateur

Et tous ces éléments vont pouvoir aussi déterminer l'heure du décès, certainement. On aura une indication quand ?

15:29
Invité

Alors, les éléments horaires sont des éléments où il va falloir regrouper beaucoup de choses. Il y a des éléments qui sont des éléments tout à fait numériques, d'arrêt, de départ du moteur, d'éventuels téléphones portables qui bandent, qui ne bandent pas, qui s'arrêtent, etc. Donc, ils sont des éléments qui donnent une fourchette. Et puis, des éléments aussi sur lesquels, médico-légalement, on va donner les fourchettes. Attention à nos fourchettes, elles sont larges, elles sont difficiles à déterminer. Si le corps a été déplacé, il y a eu plusieurs ambiances thermiques, beaucoup de choses qui peuvent interférer. Et il serait difficile d'estimer très correctement lors du décès.

On pourra le savoir, par exemple, avec éventuellement un bol alimentaire qui aurait été retrouvé dans l'estomac de l'enfant décédé, parce que, par rapport au dernier repas, on va avoir des estimations, je dis bien des estimations, et pas des éléments absolument précis. Ceci dit, tous les éléments étant mis, on pourra donner une datation du décès plus précise, à la fois des éléments externes et puis des éléments retrouvés lors de l'autopsie. Ça, ça nécessite une confrontation et sans doute des travaux d'expertise qui auront lieu au cours de l'instruction. Et on va continuer de suivre ça, évidemment.

Merci beaucoup, Bernard Marc, puisque pour l'instant, on vous le rappelle, le principal suspect, Jérôme Barrella, est toujours muet, refuse de parler. Pourtant, les témoignages se multiplient. Autre témoignage qu'on vous propose ce soir, celui d'une professeure. Elle a côtoyé Jérôme Barrella en 2021 au sein du lycée de Lecture avant qu'il ne soit renvoyé suite à une relation qu'il avait eue avec une adolescente. C'est un témoignage recueilli par Adélaïde Malvaux et Nassine Gommery. Écoutez. À tous les niveaux de l'État, il y a eu un dysfonctionnement, de toute façon. Maintenant, c'est censé être inscrit. Il aurait dû y avoir une alerte et des signaux qui passent.

Nous, en tant que professeurs, c'est inadmissible. De toute façon, on est très vigilants par rapport à tout ça. Pour nous, ce n'est pas possible. C'est problématique. On vous retrouve Adélaïde Malvaux à Florence. C'est vous qui avez recueilli ce témoignage alors que demain aura lieu dans la ville où habitait Liana une marche blanche. 5 000 personnes attendues. Ce sera aussi l'occasion pour les proches de la famille et pour tous les habitants d'exprimer leur compassion, mais aussi leur colère et leur incompréhension. Tout à fait. Vous venez d'entendre la sidération de cette enseignante qui a partagé, vous l'avez dit, son quotidien pendant 9 mois avec Jérôme Barrella.

Elle nous a expliqué son incompréhension face au silence et à l'inaction d'une profession tout entière. Et c'est ce qu'on a entendu tout au long de la journée. Des habitants qui nous expliquent qu'ils ne comprennent pas comment cela a pu arriver dans une ville comme Florence, une ville de 6 000 habitants. Ils ne comprennent pas. Ils veulent témoigner leur soutien. Alors, tout au long de la journée, ils ont décidé de préparer cette marche blanche en amont. Ils sont notamment venus acheter des fleurs blanches. Les fleuristes des alentours avaient été, à la mi-journée, déjà en rupture de stock sur les roses blanches.

Une marche blanche qui commencera aux alentours de 15 heures demain, qui démarra au niveau de la piscine municipale de Florence. La famille de la victime a décidé de ne pas convier les politiques. Elle a, en revanche, invité tous les maires des communes environnantes à venir à cette marche blanche par solidarité.

19:08
Présentateur

Adéla, une mal à vous avec Nassim Gomery à Florence, dans le Gers. Suzanne Frugier, vous êtes secrétaire générale de l'association Mouve en France. Bonsoir à vous. Comment vous réagissez à toutes ces nouvelles révélations qui voient le jour, là, depuis quasiment une semaine ? Malheureusement, en fait, pour nous, malheureusement, c'est pas une nouveauté. On ne découvre pas. Quand on entend Gérard Damanin qui dit qu'il est terrifié, mais c'est un scandale d'entendre une chose pareille. Il a dit aussi, il a fait ce constat, on ne protège pas assez nos enfants en France. Il a avoué ça. Oui, c'est bien de l'avouer. En même temps, ce qu'on lui demande, ce n'est pas de le constater.

Ce qu'on lui demande, c'est d'agir. Au même titre que tout le gouvernement, et à commencer par le président de la République, qui, je le rappelle encore une fois, a fait une promesse en 2021. Quand il a dit, au sortir du livre de la famille La Grande de Camille Kouchner, « Je vous ai entendu, vous ne serez plus jamais seul », il a mis en place la commission indépendante sur l'institut de la violence sexuelle, on voit ce que ça donne. Aucune de ces préconisations n'a été mise en œuvre. Rien n'est mis en place. Il n'y a pas de politique publique. Il n'y a pas de ministre dédié. Et en fait, à chaque fois, on découvre ces révélations.

En fait, on parle de crimes qui sont massifs, qui sont systémiques envers les enfants. Un enfant est agressé sexuellement toutes les trois minutes. Voilà. Et on en est là encore à découvrir. Enfin, c'est scandaleux. Vraiment, c'est absolument scandaleux. Donc, à un moment donné, en fait, stop. On n'est plus là au moment des bilans. On a assez, en fait, des commissions. On a assez des rapports. Il faut agir. Véritablement agir. Et ce n'est pas comme si on ne savait pas quoi faire. J'ai à un moment donné, tout ça a été documenté. On sait comment agir. Et voilà, on en est encore à constater. Et c'est tragique pour les familles et les enfants qui sont concernés.

20:57
Invité

Martin Méchain, vous êtes avocat pénaliste. Comment répondre à cet immense scolaire qu'on entend ? Comment faire en sorte que les Français gardent confiance en leur justice et ne se fassent pas justice eux-mêmes ? Alors, en fait, ce qu'il faut comprendre tout à l'heure sur ce que le général disait sur la saisie des BR, des SR, etc., c'est qu'évidemment, on ne saisit pas une BR ou une ESR à chaque fois qu'il y a un dépôt de plainte pour une agression sexuelle ou un viol. La difficulté, en réalité, c'est que, notamment depuis le mouvement MeToo, il y a eu une multiplication, évidemment, de ce type de plainte.

Et il n'y a pas eu de multiplication équivalente ni du nombre d'enquêteurs, ni du nombre de magistrats. Donc, c'est un manque d'effectifs ? Alors, ce n'est pas que, mais il y a, d'une part, un manque d'effectifs. Le président de la République a dit, pardon, ne me parlez pas de moyens dans cette... Non, mais en fait, on va parler de ce qu'on veut et ce n'est certainement pas le président de la République qui va nous dire ce qu'on a le droit de dire ou pas. Donc, en fait, si on a des choses à dire, on va le dire. Voilà. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'on parle du Gers et d'Auch, effectivement.

Mais pour prendre un autre exemple que Madame doit très bien connaître, la BPM à Paris, si vous saviez, si les téléspectateurs savaient... La brigade de protection des mineurs. Pardon, la brigade de protection des mineurs. Si les téléspectateurs savaient le nombre de dossiers qui sont en attente dans les armoires de la BPM, qui est pourtant une brigade spécialisée, là. On n'est pas sur une brigade territoriale dans Gers.

22:10
Présentateur

Il y en a combien, à peu près, vous savez le nom ?

22:12
Invité

Je ne sais pas. Il y en a 30 par enquêteur. Chaque enquêteur a une trentaine de dossiers qui sont des dossiers très lourds. C'est un nombre qui est impressionnant. Et chaque avocat peut donner des exemples de plaintes qui ont été déposées sans qu'il n'y ait la moindre chose de faite. Et quand on remet la responsabilité sur la procureure d'Auch, moi, je n'ai pas spécialement envie de la défendre, parce que ce n'est pas mon rôle. Mais il faut comprendre qu'en réalité, les magistrats, évidemment, ne contrôlent pas au jour le jour chaque enquête.

Et donc, si les gendarmes de la brigade territoriale d'Auch ont décidé de ne pas entendre Jérôme Barrella pendant plusieurs mois, il faut comprendre pourquoi.

22:52
Présentateur

Depuis 14 février, oui.

22:52
Invité

Alors qu'on nous dit qu'a priori, ce serait quasiment leur dossier le plus grave. Donc, si sur leur dossier le plus grave, ils ne sont pas capables de faire une audition, au moins une audition, ça, c'est la première chose. Maintenant, il faut aussi comprendre qu'on nous dit « Ah, s'il avait été auditionné, ça aurait été merveilleux. » Ben oui, OK. Il aurait été placé en garde à vue, il aurait été auditionné. Que se serait-il passé ? On n'en sait rien. Parce qu'en réalité, on ne connaît pas le contenu du dossier. On ne sait pas s'il aurait été déféré, mis en examen, condamné, jugé, etc.

Et peut-être qu'il aurait simplement fait une garde à vue, qu'il aurait été relâché et que cela n'aurait rien empêché. Donc, on peut toujours essayer de reconstruire, finalement, ce qui s'est passé. Mais, même s'il avait été entendu, peut-être que, malheureusement, ces faits-là, ce seraient produits. Bruno Jeudy, c'est tout le défi du chef de l'État et du Premier ministre, aujourd'hui, de redonner confiance aux Français, d'essayer de réparer cette terreur. Il s'est excusé personnellement, hier, le ministre de la Justice. On sent que ces paroles ont du mal à être entendues.

On voit qu'ils ont pris la mesure de la colère qui se lève par rapport à cette affaire de l'émotion dans le pays et même de la colère. On n'a peut-être encore rien vu. La marche blanche demain, les manifestations lundi, ça peut monter...

23:55
Présentateur

Le ministère de la Justice est devant les tribunaux dans 40 villes en France.

23:58
Invité

Absolument, à l'appel de nombreux mouvements. Alors, moi, je pense qu'il faut plutôt manifester devant le ministère de la Justice, pas devant les tribunaux, parce que c'est une question de politique pénale, en fait, tout simplement. Il y a ça, c'est prévu. Mais je pense qu'il faut plutôt favoriser le ministère de la Justice plutôt que les tribunaux. Mais il y en a, justement, devant le ministère de la Justice. Donc, la colère est forte. Ils le sentent bien. C'est extrêmement rare que le président de la République intervienne dans une affaire de type fait divers, qu'il prenne la parole comme il l'a fait depuis l'étranger. On l'a connu. Non, mais fait divers.

Mon expression est maladroite, en tous les cas. L'usage veut qu'il ne parle pas de la France à l'étranger. L'usage veut qu'il ne parle pas de la France, que lui l'a rarement faite. D'autres l'ont fait avant lui. Nicolas Sarkozy le faisait sur plusieurs faits divers. Lui, c'est rare. Deuxième point, Gérald Darmanin, hier soir, il présente ses excuses. Au nom de la justice, je ne suis pas sûr que tout ça suffise. En fait, en réalité, ils sont plutôt, là, actuellement, en train d'essayer de parer la situation très dégradée pour eux. Donc, je ne sais pas comment ils vont faire. On va bien voir.

Le ministre de la Justice a dit qu'il attendait 15 jours les résultats de l'enquête qu'il a déclenchée. On verra ce qu'il veut faire derrière. Est-ce qu'il prendra des... Il a dit qu'il ferait des propositions de sanctions. On verra quelles seront ces sanctions. En tous les cas, il y a peut-être des responsabilités politiques, mais il y a forcément des responsabilités à d'autres niveaux. Au niveau judiciaire, je suis désolé, maître, mais forcément, ça interroge sur la responsabilité des gendarmes. Ça interroge sur la responsabilité des magistrats. Ça interroge aussi sur la responsabilité de l'éducation nationale. Parce que, quand même, ce monsieur travaillait dans un conseil régional.

On l'a licencié. Apparemment, il n'y a pas eu de signalement qui a été fait. On n'en a pas connaissance. Alors que c'est obligatoire. Tout ça, il interroge sur un enchaînement de défaillances qui sont absolument honteuses. Mais pourquoi personne n'y va, Florence ? Pourquoi le président, le premier ministre, le ministre de l'Intérieur, le ministre de la Justice ? Pourquoi, Bruno, personne ne s'est encore rendu à Florence ? C'est une vraie question. Sur les marches blanches, armant les politiques qui participent. Les parents ne le souhaitent pas. Ils ne sauraient pas les bienvenus. Et là, en l'occurrence, ça a été spécifié.

Je pense qu'il y a eu, sans doute, une interrogation entre le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice, qui ont finalement décliné, avant qu'il y ait ce déclenchement d'enquête, sans doute, pour y voir plus clair, et faire le tri dans les responsabilités.

26:17
Présentateur

Laurence, ça y est, vous avez écrit, vendredi matin, Gérald Darmanin, vous faites une proposition, celle d'une plateforme nationale de signalement, accessible via une application mobile, dédiée, baptisée, vue ou vécue, je parle. Expliquez-nous, qu'est-ce que permettrait cette plateforme ?

26:30
Invité

Alors là, je ne vais pas revenir sur le fiasco judiciaire que tout le monde a décrit, mais il y a un angle qui me semble aussi important, c'est la difficulté de faire remonter les informations. On le voit dans les témoignages, tout le monde voit qu'il se passe des choses. C'est très difficile pour un citoyen, un témoin, de pouvoir dire, j'ai vu ça, je vais aller au commissariat et je vais signaler. Et je pense que la technologie moderne doit quand même nous permettre, à nous, citoyens, d'agir. Parce que là, l'exaspération est telle que si on ne donne pas un moyen aux citoyens d'agir de manière encadrée et utile, ça va être, après, un MeToo avec ses bienfaits et aussi ses méfaits.

Donc comment ça se passe concrètement ? Alors concrètement, moi, je pense qu'il faut que ce soit une application qui soit sur tous les téléphones, puisqu'on a tous des applications sur les téléphones, qui permettent, un, déjà, d'informer de manière simple, et notamment les jeunes, de la manière dont ils peuvent être accompagnés quand ils sont victimes, de pouvoir poser des questions et de faire remonter des informations. Quand vous avez trois personnes qui signalent un prédateur, avant d'aller au commissariat, c'est quand même une démarche qui est très difficile.

Je ne dis pas qu'il ne faut pas aller déposer des plaintes, mais je pense qu'il faut faciliter l'accès à tous les citoyens, qu'ils soient victimes ou qu'ils soient témoins, pour pouvoir, si vous voulez, faire matcher des noms. Cette personne se balade de département en département, d'histoire en histoire, sans qu'à aucun moment son nom matche vraiment. Enfin, je veux dire, ce n'est pas possible qu'à notre époque, avec tous les moyens technologiques que nous ayons, que ce soit aussi difficile. Prenez un enfant, par exemple, qui va parler à sa maman, en lui disant, tiens, c'est bizarre, j'étais chez mon ami et puis son papa a été un peu trop proche de moi.

Pour une maman, avoir le discernement de se dire, est-ce que c'est normal ? Est-ce que c'est inquiétant ? Déjà, avoir cette plateforme très accessible à tous, qui puisse donner des informations orientées vers les associations, et aussi faire remonter des noms. Des noms ! Parce que quand on l'a vu dans le fiasco du périscolaire parisien, la remontée des noms et des profils a été très difficile à faire. Alors, c'est une mise en œuvre qui va être complexe. J'ai bon espoir que nous allons avancer sur le sujet, parce que je crois savoir qu'un intérêt a été porté à ça. Mais il faut avancer. Sinon, nous nous sentirons toujours, nous, citoyens, incapables d'entrer dans cette démarche.

Et on ne peut pas tout attendre de l'État. On ne peut pas tout attendre de la police. On ne peut pas tout attendre des juges. Il faut briser ce mur qui existe entre les citoyens et ce système policier et judiciaire.

Barella : les témoignages se multiplient - 06/06 · Pourquijevote