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interviewAssemblée nationale (sur YouTube)· 1 avril 2026 101 min

🔴 La maire d’Échirolles et des chercheurs échangent sur la lutte contre le narcotrafic

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir. Bonsoir à tous. Ravi de vous voir à nouveau aussi nombreux pour cette 19e assemblée des idées.

Alors mesdames et messieurs les parlementaires, mesdames et messieurs, trafic de cocaïne, la France face à un tsunami blanc. Uberset Airbnb Airbnb Snapchat comment la drogue est livrée chez vous plus vite qu'une pizza. C'est une de la presse décrivent ce piège qui s'est refermé sur la France le piège du narcotrafic.

En deux décennies ce fléo a muté, il s'est étendu, il s'est enraciné. Ainsi, en France, en 2024, le chiffre d'affaires du marché de la drogue représentait 5,4 milliards d'euros. C'est cinq fois plus qu'en l'an 2000.

Désormais, ce fléau ne concerne plus seulement les centres urbains. Il gangraine nos communes rurales et nos outre mères. Je peux vous l'assurer, face au narcotrafic, les parlementaires ont pris leur responsabilité.

L'an dernier, nous avons adopté une loi cruciale pour sortir la France du piège du narcotrafic. C'était une loi transpartisane d'initiative parlementaire voté à l'unanimité au Sénat et à une très large majorité à l'Assemblée nationale. Sur le narcotrafic comme sur tant d'autres sujets, les députés et les sénateurs savent dépasser l'éclivage.

Cette loi a permis avancé décisives, un parquet national antiriminalité organisé, un dossier juniciaire coffre et le nouveau statut du repenti et la création de quartiers de lutte contre la criminalité organisée en détention. Je rajouterai enfin qu'en 10 ans, les parlementaires ont augmenté de plus de 50 % le budget de la justice et doublé les effectifs de l'office antistupéfiant. Cependant, la réponse ne peut pas être seulement sécuritaire, pénale ou législative.

Le combat est aussi éducatif, social, sanitaire, économique, diplomatique. Il y a bien sûr la répression, mais il y a également la prévention, la sensibilisation. En somme, nous sommes face à un défi transversal et global qui encage toute la société.

Et c'est pourquoi je voudrais saluer le courage de tous ceux qui incarnent cette société de l'engagement dont notre République a tant besoin. Je voudrais penser aux soignants qui sont confrontés au ravage des addictions, aux enseignants et aux éducateurs qui éveillent les consciences, aux associations qui essayent de maintenir du lien là où tout se déchire. Je pense également aux élus locaux qui luttent sur le terrain et justement ce soir nous entendrons la voix d'une élue courageuse Amandine des morts mère des Chiroles.

Madame la maire, vous avez affronté le péril du narcotrafic droit dans les yeux. Votre voiture a été incendiée mais vous avez tenu bon avec détermination. Cela force le respect.

Vos électeurs ne s'y sont pas trompés puisqu'ils vous ont largement réélu aux dernières municipales. Bravo à vous. On peut l'applaudir. [applaudissements] [applaudissements] Alors ce débat nous le devons à tous ceux qui sont en première ligne face à ce fléau et je voudrais avoir une pensée particulière pour la famille Kessassi pour Amine et sa mère Wassila. [applaudissements] [applaudissements] Alors ce soir, nous allons donc poser les vraies questions parmi lesquelles où placer le juste curseur entre prévention et répression ?

Quels sont les angles morts de notre politique de lutte contre le narcotrafic et ses conséquences ? Existe-t-il des modèles étrangers et peut-on s'en inspirer ? Et parce que ces questions exigent un regard décloisonné et transversal, nous avons réuni des intervenants au profil diversifié et complémentaire.

Et donc je remercie à nouveau Amandine des Mor, maire des Chirols, Marie Geoffrey Roustit qui est sociologue, politice, directrice de recherche à l'INCERME, également membre du Conseil scientifique de l'Agence de l'Union européenne sur les drogues et monsieur Bertrand Monnais, professeur à l'EDEC qui est fin analyste de l'économie du crime. Pour animer nos échanges, je remercie Olivier Bisky, directeur de la rédaction de la Provence. Alors mesdames et messieurs, faire dialoguer citoyens, experts et parlementaires, dépassionner le débat public, faire de notre parlement une agora vivante, vibrante et citoyenne.

Telle est la vocation de la politique d'ouverture de l'Assemblée nationale et de ces assemblées des idées donc initiées depuis 2022. Nos 18 précédentes éditions sur la parentalité, l'écologie, les prisons, laïcité l'ont prouvé. Lorsque nous vous donnons la parole, les solutions émergent.

Alors, nous allons encore le prouver ce soir. Merci à tous de votre participation et excellente assemblée des idées. Merci. [applaudissements] [applaudissements] Mesdames, messieurs, bonsoir.

Olivier Biscille, je suis le directeur de la rédaction de la Provence. Je suis très heureux de vous recevoir aujourd'hui pour ce débat important, on l'a dit, autour du narcotrafic. Merci madame la présidente de l'Assemblée nationale de nous accueillir ici autour d'une thématique qui euh a été un sujet à la fois ces derniers mois et ces dernières semaines pendant la campagne des municipales.

On va y revenir dans quelques instants. C'est un sujet qui a fait, vous le savez, la une de très très nombreux médias ces dernières semaines, qui a fait la une aussi de la Provence dont je dirige la rédaction. Marseille, on le sait qui est une plaque tournante du narcotrafic.

Marseille qui s'est révélé ces dernières semaines et illustré par une mobilisation très importante en novembre dernier après vous l'avez rappelé madame la présidente, l'assassinat de M Kessassi une marche très importante à Marseille. Vous étiez présente madame la madame la présidente pour rendre hommage évidemment et pour dire toute la nécessité de multiplier les outils pour lutter contre le narcotrafic à Marseille. Mais pas seulement parce que ce jour-là, dans une centaine de villes, de nombreux manifestants ont hurlé leur colère finalement et ont appelé les pouvoirs publics à réagir dans une globalité plus importante au cours autour de ce sujet.

On parlera évidemment et on a parlé pendant ces manifestations de sécurité, de justice, euh de questions internationale, de santé, de justice sociale. On va le faire avec nos invités euh ce soir que je vais euh vous présenter, à qui on va donner la parole pour poser la problématique avant que vous puissiez prendre vous-même la parole et les interroger au cours de ce débat. Amandine de Mort, je le disais maire euh deschiroles, vous avez été réélu euh euh dimanche.

Euh on l'a vu, c'est un sujet important. Le narcotrafic, la lutte contre le narcotrafic, ça a fait l'objet de beaucoup beaucoup de sujets pendant les débats des municipales, pas seulement dans les grandes villes, dans toutes les villes de France avec souvent une question qui a été posée par les citoyens. Madame le maire, que pouvez-vous faire ?

Parce qu'il y a évidemment l'État, il y a les pouvoirs publics et il y a le local. Est-ce que vous avez les moyens, madame le maire, de lutter contre ce fléau parce que c'est un fléo en France ? Bonsoir à toutes et à tous.

Merci madame la présidente pour l'invitation ce soir. Oui, pendant les élections municipales, ça a été euh le sujet euh majeur dans dans ma commune, dans ma commune d'Échirol. Et Chirol est dans la banlieu immédiate de Grenoble.

Et je suis convaincu pour en avoir discuté, y compris avec les autres collègues Mir que ce sujet a été prégnant partout sur le territoire national, faut quand même rappeler que le narcotrafic touche aujourd'hui 80 % des des communes. C'est un rapport du Sénat qui le qui le relevait assez récemment. Alors, que peut faire le maire ?

Le maire, c'est celui ou celle qui est actif ou non déjà dans ce qu'on appelle le continuum de sécurité avec l'État, avec la police nationale, avec le parquet. Pour ma part, je suis extrêmement active sur le sur le sujet. Le maire, la mer, c'est celui ou celle qui installe aussi les caméras sur les sur les territoires, sur dans les communes.

C'est celui ou celle qui arme ou non sa police municipale et permet ainsi des patrouilles communes avec la police nationale. Le maire, c'est celui ou celle aussi qui peut prendre des arrêtés, comme j'ai pu le prendre, des arrêtés de fermeture sur certains commerces soupçonnés notamment de de blanchiment d'argent. Euh le maire peut mais peut pas tout.

Euh je vais partir d'un exemple très concret sur ma commune. Euh un immeuble au plein en plein cœur du centre-ville des Chirol qui a fait écouler beaucoup d'encre, le bâtiment Lecar. euh un bâtiment de logement monoproduit que des 82 studios euh de l'investissement locatif, donc aucun propriétaire occupant et un immeuble qui a été entièrement gangrainé par le narcotrafic euh qui a pris possession entièrement de l'immeuble.

Euh mais seul pouvoir euh pour régler ce sujet-là a été des raisons de sécurité mais de sécurité euh du bâtiment, pas de sécurité en lien avec le narcotrafic. J'ai pu faire fermer ce bâtiment puisque les narcotrafiquants avaient entièrement dégradé euh le bâtiment et notamment cassé toutes les installations électriques de ce bâtiment. Donc on a des pouvoirs mais limités.

Euh et puis on a aussi des aspirations, nous les maires, moi je me bats euh pour ma commune pour l'installation par exemple d'un commissariat de plein exercice sur le territoire puisqu'on a aujourd'hui qu'un seul commissariat pour toute l'agglomération grenobloise pour un trop grand nombre de communes parce que je reste convaincu que nous avons toutes et tous besoin du retour de la police de proximité que le volet répressif est utile mais on a aussi besoin de développer un peu le le plus le volet prévention que pourrait nous apporter cette police nationale si elle était de proximité et sur les territoires. En tout cas, j'ai lancé une mobilisation auprès des habitants habitantes sur ce sujet sur une commune comme Échirol 37000 habitants. En 15 jours, nous avons eu 5000 signatures pour demander ce retour de la police de proximité. euh ce qui à soit aussi la demande de l'élu et que ce ne soit pas un simple caprice politique mais bien un besoin du territoire.

Euh le maire peut être très très actif. Je vais vous donner un un autre exemple de ce qu'on a pu mener sur la commune, du travail partenariat euh qu'on peut mener notamment qu'on a pu mener sous l'autorité du parquet sous sur une instance qu'on appelle le GLTD, le groupement local de traitement de la délinquence qui nous a permis d'éradiquer un point de sur la commune. Ça se décrète pas.

Je sais que les habitants habitantes euh nous exigent souvent des réponses assez immédiates. Euh il faut savoir que l'éradication de ce petit point de deal euh nous a pris plus de 6 mois d'un travail acharné avec tous les partenaires de la sécurité, la police nationale, le parquet, les bailleurs. On a mené un gros travail avec les bailleurs, bien évidemment avec notre notre police nationale.

Mais voilà, c'est c'est lourd parce que les mères se retrouvent en première ligne face aux habitants habitantes, face à cette difficulté du quotidien qui, pardon du vocabulaire, mais qui pourrisse la vie de trône de nos concitoyens, concitoyennes parce qu'il faut avoir conscience que certains et certaines vivent avec le narcotrafic dans leur hall d'immeuble. Euh, il faut limite demander l'autorisation pour rentrer dans son appartement et on craint pour ses propres enfants, on craint pour son quotidien et tout ça est difficile. Des maires en première ligne et des maires qui aujourd'hui, et je voulais témoigner de ça, vous l'avez rappelé madame la présidente, sont soumis à beaucoup de pression de la part du narcotrafic.

Euh moi, les intimidations ont commencé il y a un an et demi quand j'ai fait fermer ce bâtiment Lecardar euh par les narcotrafiquants qui m'avait bloqué mon véhicule par une moto devant, une moto derrière en plein centre-ville des Chirols. C'est des intimidations physiques assez régulières sans jamais franchir le pas. Euh et puis euh sur cette période de campagne électorale, l'incendie de mon véhicule en pleine nuit en bas de chez moi et ils étaient présents.

Ils m'attendaient cagoul masqué euh à 1h30 du matin pour bien me signifier qu'ils savaient où j'habitais. Et le message qu'ils m'ont fait passer quelques jours après, c'est ne vous présentez pas aux élections. Donc je me suis dit c'est bien, c'est que je suis sur le bon chemin dans cette bataille et dans cette lutte contre le narcotrafic et qu'il faut que il faut continuer ce ce cheminlà.

Et j'ai toujours en en mémoire les les paroles du frère de Damine Kessassi qui disait "Il faut pas se taire, il faut jamais se taire parce que si les gens qui peuvent être actifs sur la question du narcotrafic commencent à avoir peur, le combat on le gagnera, on le gagnera jamais." Mais en tout cas, c'est euh un sujet compliqué euh celui du narcotrafic. Je crois qu'on va y compris aborder un peu plus tard la question de la consommation de produits stupéfiants parce que quand on parle de vente, on pense souvent à la question des consommateurs et de la façon dont nous dans notre pays, il faut qu'on avance vis-à-vis de ces consommateurs, c'est pas simplement que de les culpabiliser qui va régler le problème parce que j'imagine que vous avez toutes et tous conscience que la question des addictions c'est un vrai sujet et qu'on ne sort pas de l'addiction simplement en venant nous expliquer que d'aller acheter de la drogue euh nous met du sang sur les mains par exemple.

Euh on reviendra sur le sujet dans un instant, il vous reste 30 secondes. Voilà et bien j'ai je peux me je peux m'arrêter là. Je tiens la montre parce qu'il y a de nombreuses questions qui vont venir, j'en suis certain.

Merci madame le maire. On peut l'applaudir s'il vous plaît madame le maire ? [applaudissements] [applaudissements] Merci beaucoup Bertrand Monnaie.

Je voudrais qu'on puisse vous donner la parole à présent. Vous êtes professeur àEDEC, spécialiste de l'économie du crime, auteur d'une série très remarquée, remarquable aussi, la série Narcobusiness que vous avez publié euh pour le journal Le Monde. Euh on a on vient de parler avec madame le maire des Chiroles du national, du local et on souvent on se limite à cette question nationale autour du pays, la France mais on se trompe peut-être parce qu'en fait ce qui se passe en France a des origines bien lointaines et elles sont internationales ces origines.

Oui, vous avez raison. Merci monsieur. Bonsoir madame la présidente et merci beaucoup de votre invitation à intervenir ici.

Je pense qu'effectivement le le le terrible problème que nous que nous vivons, il a des des racines internationales. Pourquoi ? Parce que cette situation, comme vous le disiez, madame la maire qui pourrit aujourd'hui, en fait, ce pourrissement tient essentiellement à l'explosion du trafic d'une drogue qui était déjà présente mais qui est de plus en plus présente sur le marché du de narco en France qui est la cocaïne.

Il y a toujours eu du cannabis, il y a des quantités de cannabis qui restent stables. En revanche, ce qui est nouveau, c'est l'afflux massif massif de cocaïne. Et ça, ça change le modèle économique de ces narcos qui qui gangraînent nos villes. effectivement pour essayer de comprendre un peu la dangerosité, connaître un peu son ennemi, la stratégie que je mène moi dans mes recherches à les deck et pour mes mes travaux avec le journal Le Monde, c'est d'essayer de documenter cette économie criminelle au plus près de ceux qui la font.

Donc, je travaille beaucoup au Mexique au contact de narcorafiquant du cartel de Sinaloa, en Colombie, au Brésil pour essayer de voir finalement quelle est la la chaîne de valeur de cette économie. Et tristement, le narcotrafic finalement, il répond point par point à l'organisation d'une économie légale. Le premier maillon, c'est la production, le deuxième, c'est le transport, le trè c'est la vente, le 4è, c'est la consommation et comme il s'agit d'une économie illicite, le le 5è maillon, c'est le blanchiment puisque les narcos doivent transformer l'argent qu'ils gagnent illicitement pour pouvoir malheureusement jouir de l'argent de leur crime. les deux maillons sur lesquels et vous l'avez rappelé madame la présidente et je je salue monsieur le sénateur Blanc à vos côtés, les deux maillons sur lesquels l'état de droit français agit de façon remarquable et je pense que c'est à souligner, ce sont les maillons qui sont les plus protégés par les narcos, c'est-à-dire le transport et la vente.

J'ai eu l'honneur d'être auditionné par la commission parlementaire qui est à l'origine de la loi sur le narcotrafic et je pense qu'il faut saluer l'extraordinaire réactivité et agilité de l'État français. La mise en place d'un parquet finalement en quelques mois euh la l'allocation de moyens absolument conséquent notamment judiciaire pour lutter contre les trafiquants impliqués dans ces deux maillons, le transport et la vente sont ces moyens sont tout à fait exemplaires et on trouve pas beaucoup d'exemples à l'étranger euh de de d'une telle efficacité. Mais n'oublions pas qu'à l'origine de ce qu'on vit, il y a la production.

Et pour comprendre ce que nous vivons ici, malheureusement, il faut aller en Colombie. La Colombie est un pays fabuleux, he je je ne résume pas la Colombie au narcotrafic, mais sur les 3700 tonnes de C qui sont déversées sur tous les narcomarchés du monde, 80 % sont produits en Colombie. Je travaille dans la région de Kali, balka.

Et là, vous comprenez que on peut mettre en place des murs ici. On peut mettre en place des milliards et des milliards d'euros de moyens alloués aux forces de police. On peut mettre en place des politiques de la ville déployées par des personnes aussi courageuses que vous, madame la maire.

Ça ne suffira jamais parce que la production de coke en Colombie ne fait qu'exploser. C'est plus 15 à 30 % par an. Ça tient à l'agenda politique interne de la Colombie que je ne critique absolument pas.

Le gouvernement actuel a mis fin ou essaie de mettre fin à une guerre civile qui a été extrêmement meurtrière pendant des dizaines d'années. Mais ce faisant, il a laissé la bride sur le coup à des organisations armées qui sont devenues des narcogueras et qui aujourd'hui ont mis le pays, toute une partie du pays en coupe réglée en utilisant de façon alors encore plus déchaînée que ce qu'on vit aujourd'hui ici hein l'ultraviolence et ils produisent des tonnes des tonnes des tonnes des tonnes de cocaïnes qu'ils arrivent à mettre dans cette chaîne logistique du transport et de la vente jusqu'à ce que ça arrive ici. Or, premier point, sur cette production, encore une fois, l'État français, quelle que soit son efficacité seul, n'arrivera à rien.

Il est essentiel d'agir de façon concertée pour demander essayer de contraindre les autorités colombiennes à mettre fin à cette production et surtout les assister parce qu'évidemment l'État colombien n'a pas pour objectif d'inonder le monde de de cocaïne mais il s'agit plus je pense de mettre en place une coopération internationale bien plus active qu'elle ne l'est aujourd'hui avec une absence phénoménale des États-Unis aujourd'hui qui sont complètement désengagés de ce sujet depuis la réélection de de Trump qui avait eu un réveil sous sous Biden mais on est de nouveau dans une phase de désengagement les autorités colombiennes sont très seuls face à ça. Donc agissons sur la production, le transport et la vente. Je pense qu'encore une fois le sujet est adressé.

Pour ce qui est de la consommation, madame, vous en parlerai avec bien plus d'autorité que je ne peux le faire. En revanche, sur le 5e maillon, sur le blanchiment d'argent, là aussi la commission du rein a mis à préconiser des mesures tout à fait efficaces dont je pense pour l'essentiel qui pour l'essentiel sont à mon avis appliqué. En tout cas, elles sont présentes dans la loi.

Mais là aussi euh les narcos que je peux rencontrer, croyez-moi, ils blanchissent très peu en France. Euh vous l'avez rappelé madame la présidente, le chiffre d'affaires, c'est entre 3 et 7, c'est 5,2 milliards d'euros. Ces 5,2 milliards d'euros d'argent de de banque qui, pardonnez-moi l'expression, pue la cocaïne ou le le cannabis, ce cash n'est pas intégralement lessivé dans des petits commerces sur le territoire français.

Il y a une part majeure de cet argent qui est envoyé directement via un système de transfert informel que je ne déploie que je ne détaillerai pas ici qu'on appelle le Awala vers d'autres pays dans lesquels les régulateurs ferment les yeux vers d'autres pays dans lesquels les banquiers contrairement à ce qu'on vit ici ne font l'objet d'aucune forme de surveillance et dans lesquelles on peut déposer du cash et du cash et du cash dans des banques et cetera. Donc premier point sur le blanchiment, on narrivera à rien si on ne collabore pas et si là aussi de façon concertée internationale on narrive pas à mettre une pression beaucoup plus forte d'un point de vue réglementaire et d'un point de vue de la conformité notamment bancaire mais pas seulement dans des pays vers lesquels se cache part à gros tube. Toujours sur le blanchiment deux autres points j'en aurais terminé.

Les narcotrafiquants aujourd'hui dans les interviews que je conduis tous tous me parlent. Alors en espagnol, ils disent ballettes, ballettes, ballettes, ça veut dire wallet, ça veut dire portefeuille de cryptoonnaie. Ils utilisent tous les cryptos à des phase, certaines phases du blanchiment.

Encore une fois, l'objet n'est pas d'assainer ici un cours de blanchiment à l'assemblée, mais il y a trois phases dans le blanchiment et les cryptos sont très très utiles pour une phase clé qui s'appelle l'empilage et il les utilise tous. Or aujourd'hui, on voit bien que c'est un actif fabuleux he les cryptos mais évidemment qu'il faut aller vers une réglementation. Là encore, l'absence de d'impulsion américaine est notoire sur le sujet.

Et dernier point, quand on parle de blanchiment, il est essentiel aussi de mettre fin à l'usage massif que font les narcotrafiquants d'état qu'on appelle des paradis bancaires, c'est-à-dire des états dans lesquels le secret bancaire est absolument garanti à la fois par la loi et par la passivité totale des autorités. J'ai beaucoup travaillé à Dubaï sur ce sujet, mais Dubaï n'est absolument pas le seul pays concerné par cela. Donc là aussi, seule une coopération internationale à mon avis permettra de mettre fin à l'usage de ces trous noirs de l'économie mondiale.

J'en ai terminé. Merci Bertrand Monet qu'on peut applaudir s'il vous plaît. [applaudissements] [applaudissements] On reviendra bien sûr je l'imagine sur l'ensemble de ces sujets pendant la séquence des questions-réponses.

On va vous passer la parole Marie Geoffré Rousile. Vous êtes sociologue et politiste, directrice de recherche à l'INCERm. Je voudrais préciser la publication au mois de mars euh 2026 de d'un numéro spécial d'esprit hein sur les nouveaux territoires des drogues.

Vous avez coordonné cette publication avec nombre de témoignages. Vous avez vous aussi 7 minutes sur un sujet euh qui permet de compléter probablement ce que disait à la fois madame le maire Deschirol et Bertrand Monet sur la question de la santé. Finalement, c'est nos deux invités l'ont abordé ce sujet-là. la santé, la justice sociale, la consommation, c'est aussi un des sujets, un des aspects du narcotrafic.

Tout à fait. Ben, je voulais moi aussi euh remercier madame la présidente pour cette invitation. Euh et enfin, je trouve qu'il est extrêmement important d'avoir des espaces citoyens de débat.

Euh un des éléments peut-être que enfin par lesquels je voudrais démarrer, c'est que le problème c'est qu'en France les drogues sont encore aujourd'hui un tabou et donc enfin on a très peu d'espace pour pouvoir échanger pour qu'il y ait de la controverse pour que les expériences soient partagées et je trouve que c'est très important aujourd'hui d'avoir par exemple madame la mère qui soit ici présente parce que on a un certain nombre d'acteurs de terrain qui sont confrontés à ces questions-là et les solutions à mettre en place ne sont pas simples. Donc moi, je suis sociologue et politique, donc je suis chercheure. Je travaille sur depuis sur ces questions-là depuis une trentaine d'années maintenant.

Et plus je travaille sur ces questions-là, plus je trouve que il est compliqué pour moi d'avoir un avis sur quelle devrait être la solution. Et donc c'est pour ça qu'il est important de pouvoir discuter, parler de ce qui se passe en France mais aussi regarder ce qui se passe à l'international. Donc sur la question du narcotrafic, je pense que aujourd'hui le problème on est confronté, c'est qu'en fait on a un débat qui tend à se focaliser uniquement sur la question du trafic.

Donc c'est important de le faire à un moment donné et le rapport d'Étienne Blanc et de Jérôme Durin a permis de faire avancer les choses sur un certain nombre de sujets. Mais le problème d'un discours qui se focalise uniquement sur la question du trafic tendance à passer sous silence un certain nombre d'éléments qui sont indispensables sur cette question des drogues et sur lesquelles il faut travailler. c'est pourquoi les gens consomment, comment faire en sorte, enfin qu'est-ce qui fait que dans nos sociétés, on a une augmentation de la consommation aussi importante, comment prévenir les usages à risque et comment prévenir également la consommation chez les plus jeunes.

Donc quelques chiffres, vous évoquiez tout à l'heure la question de la cons enfin la question du trafic de cocaïne. La consommation de cocaïne a été multipliée par 10 ces 30 dernières années. La consommation de cannabis concerne aujourd'hui la moitié de la population quand on parle de l'expérimentation he le fait d'avoir essayé ces drogue une fois dans la vie.

Et donc euh il est important de s'interroger sur pourquoi euh ces niveaux de consommation aujourd'hui. Et donc en fait ces niveaux de consommation, ils sont très liés aussi euh aux inégalités sociales. C'est-à-dire que les études disponibles montrent que dans les sociétés qui sont très marquées par les inégalités sociales comme c'est le cas aujourd'hui, qui sont marqué par de l'anxiété, c'est ce qu'on voit aujourd'hui chez les jeunes avec une explosion des troubles de santé mentale, des jeunes qui vont de plus en plus mal, on a en même temps une augmentation très importante des consommations.

Ces consommations de cocaïne dont on parle beaucoup aujourd'hui et dont on va certainement beaucoup parler ce soir, ils sont aussi liés à nos environnements de travail. On a beaucoup de personnes qui consomment aujourd'hui de la cocaïne parce que elles travaillent dans des milieux où on attend d'elle plus de performance, des horaires décalé, euh des conditions de travail qui sont dégradées et donc la cocaïne peut être utilisée pour faire face et pas uniquement pour faire la fête. Donc c'est la raison pour laquelle il est vraiment important aussi quand on parle de drogue de penser au fait de créer des environnements favorables pour que les individus limitent leur consommation voire ne consomment pas du tout.

Et donc on parle on va parler beaucoup aujourd'hui de de drogues illicites, mais je pense qu'il est important aussi de parler de la question de l'alcool et du tabac puisque l'alcool et le tabac sont des drogues légales et sont les premières causes de mortalité en France. On a 80000 morts par an liés à la consommation de tabac, 50000 morts par an liés à la consommation d'alcool et on a malheureusement aujourd'hui en France trop peu de prévention qui est fait autour de l'alcool en raison de la question des lobby euh qui constitue euh un élément qui empêche d'avoir une prévention efficace sur ces questions-là. Enfin, il me semble qu'il est important également de parler de qu'est-ce quels sont les modèles qui fonctionnent, quels sont les modèles qui ne fonctionne pas, même si sur la question du trafic, il est absolument indispensable de mettre en place des actions répressives.

Et donc, le rapport d'Étienne Blanc et de Jérôme Durin permet de faire des des progrès sur ces questions-là. Mais par contre, il est aussi important euh de d'analyser cette question de la prohibition dans tous ces aspects et la répression par contre de la consommation n'est pas efficace. Vous l'avez rappelé madame la maire, le fait de criminaliser les consommateurs, de les culpabiliser, ne fait pas baisser la consommation et au contraire éloigne les personnes qui sont dans des situations d'addiction des soins.

Donc, il est aussi important aujourd'hui de mettre en place une convention citoyenne autour de la question de la lutte contre le trafic mais aussi de la prévention, du traitement des personnes qui sont dans de la souffrance face aux addictions parce que ça concerne un certain n enfin un très grand nombre de Français aujourd'hui, mais aussi leurs familles qui peuvent être touchées. On voit ce qui se passe aussi aux États-Unis par exemple avec la crise des overdos opioïdes qui font que l'espérance de vie a diminué aux États-Unis et qu'un certain nombre de jeunes meurent et leurs familles sont également touchées. Donc en fait, il me semble important aujourd'hui de de s'interroger sur quels sont les modèles qui permettraient de limiter les dégâts liés aux drogues puisque les drogues existent depuis toujours et il n'existe pas de société sans drogue.

Donc en fait, il est important de penser surtout à limiter les risques liés à la consommation. Donc ce qui est important, c'est de prévenir la consommation chez les plus jeunes qui sont les plus vulnérables face aux drogues. Et ensuite pour les personnes qui sont amenées à consommer de mettre en place des politiques qui soient des politiques axées sur des soins, qui soient des politiques axées également sur la réduction des risques et donc qui permettent une approche humaniste de des personnes qui consomment des substances.

Et donc parmi les modèles euh qui ont fait leur preuve à l'étranger, donc on les euh détaille euh dans ce dernier numéro d'esprit que vous avez euh euh évoqué dans votre introduction. Donc il y a le modèle portugais qui est extrêmement intéressant. En 2001, le Portugal a décidé de décriminaliser l'usage de toutes les drogues et tout l'argent qui était mis sur la répression des consommateurs a été réinvesti dans les soins, réinvesti dans la prévention.

Avant euh la mise en place de la décriminalisation, le Portugal était le pays d'Europe où il y avait le plus de décès en lien avec l'usage de drogue. Il est aujourd'hui un des pays d'Europe où l'état de santé des personnes usagères de drogue est beaucoup plus satisfaisant et on a quatre fois moins de consommateurs de cannabis par exemple au Portugal qu'en France. Donc c'est un modèle qui a véritablement fait ses preuves et donc c'est important de regarder ce qui se passe du côté de nos voisins européens.

On va y revenir bien sûr. Pouvez l'applaudir s'il vous plaît. [applaudissements] Merci à vous trois pour avoir posé dans un premier temps euh bah finalement les éléments de la problématique, on le voit bien qui est très diverse.

On est ensemble pendant 1 heure avec des questions et des réponses. Vous êtes forcément très nombreux à vouloir poser des questions. Donc une petite règle du jeu pour tout le monde, question courte s'il vous plaît et véritablement une question de telle sorte que nos intervenants puissent y répondre de manière précise.

Et je demanderai également à nos intervenants un maximum de réponse de 2 minutes. Vous pouvez interagir entre vous. Là encore, le sujet va forcément faire réagir, chacun d'entre vous va susciter des euh éléments et des réactions.

Qui veut poser la première question ? Allez, je vais commencer de ce côté. Je vous ai vu madame monsieur au fond là-bas parce que de ce côté euh allez-y et je vous verrai là de ce côté également.

Allez-y, présentez-vous et posez votre question courte. OK. Donc Carlos Jiménez médecin PMI et colombien.

Merci beaucoup pour cette assemblée décidée. Merci beaucoup madame la présidente, les experts, madame la maire. Juste très point rapide.

Le premier c'est qu'autour de la substitution des cultures dans les pays producteurs. C'est quelque chose qu'il faut sur lequel il faut absolument avancer. Euh le 12e point c'est la responsabilité.

Je ne sais pas si on peut parler de des culpabilisation mais en tout cas des responsabilités de sensibilisation des consommateurs autour des toute cette chaîne de sang qui qui démarre depuis la production. Et puis les les peut-être le trè point, c'est juste un petit hommage à autant des colombiens, des latino-américains soldats juges, journalistes qui ont payé le prix fort de cette lout. Vous avez une question peut-être ?

La question c'est autour de la soustitution des cultures. Allez, très très bien. Alors, une question précise, monsieur Moné, je vous laisse répondre à cette question, réagir.

Allez-y. Oui, merci pour votre question. Tout à fait, hein.

La substitution, c'est vraiment la solution. Absolument. c'est-à-dire remplacer la production de Coca qui est le le le l'arbustre à partir dont on extrait la feuille pour produire la cocaïne en deux phases.

Bref, euh et tout à fait. C'est évidemment la solution et le problème c'est la la difficulté à mettre en place cette stratégie de substitution. Encore une fois, la seule efficace, c'est stratégie.

Cette difficulté, elle est du fait que l'État colombien qui promeut cette stratégie tout à fait vertueuse fait face à des organisations armées. Vous avez rappelé dans votre hommage euh ces gens tuent, c'est-à-dire que les narcos aujourd'hui tuent tous les jours hein, des militaires, des policiers, ils assassinent des journalistes qui éclairent sur ce sujet et cetera. Donc le problème c'est que ces populations qui cultivent la coca et cocaleros ne le font pas forcément de leur plein gris.

Ils le font sous la pression. de groupes paramilitaires qui tiennent des zones extensives he du territoire colombien et qui ne leur laissent aucun choix. En gros, cesser les cultures vivrières, passer à la Coca et là c'est plata au plomau parce que malheureusement la Coca est souvent plus rentable que les cultures vivrières que ces gens cultivaient.

Mais de toute façon, moi les cocal les roses que j'ai pu rencontrer n'ont malheureusement pas le choix. Vous avez parfaitement raison. C'est ce qu'il faut faire mais la difficulté, elle est là. elle est dans la difficulté l'état de droit colombien à imposer cette stratégie face à des narco-organisations ultraviolentes.

Merci beaucoup madame Devant. Vous avez une question je crois un micro va arriver. Un micro va arriver.

Présentez-vous et puis posez votre question. Cela cela génère des centaines de milliards d'euros de chiffre d'affaires pour tous ces gens-là. Ça génère plus de trilliards de milliards d'euros dans les substances illicites, genre fantanil voire plus.

Maintenant, comment vous pensez que ces gens-là vont faire un trait comme ça ? parce que l'Europe veut se passer deux, ils vont se passer ces centaines de milliards et trillions de milliards avec vos méthodes de le consommateur veut rien consommer. Alors Bertrand Monet, vous voulez peut-être réagir là-dessus parce qu'en effet c'est une vraie question.

Comment et madame également comment on arrive à mettre fin à ce marché là ? Finalement, je pense que nous pourrons combiner nos réponses si vous le permettez. Oui, vous avez parfaitement raison.

Encore une fois, ce qui est important c'est de comprendre la psychologie de de ces gens qui sont des extrémistes du business et vous avez parfaitement raison. Le problème c'est que si on les prive de ce produit là, ils vont immédiatement aller vers un autre. Vous avez parlé du Fantanil.

J'ai beaucoup travaillé sur le Fantanil dans les labos de Fantanil jusqu'au Oui, enfin voilà. On peut pourquoi ? Parce que ces gens inventeront toujours un produit encore plus addictif, encore plus rentable.

Pour le Fantanil, la rentabilité, c'est 4000 % entre le labo mexicain et la rue américaine. La cocaïne qui inonde nos rues aujourd'hui, c'est entre Kali et Paris, c'est 6000 %. C'est c'est extraordinaire.

C'est-à-dire que ces gens-là ont une motivation extrême à conduire ces trafics. Effectivement, assécher la demande est une solution. Mais le problème, faut pas oublier la psychologie de ces gens-là.

C'est des gens qui font du commerce en tuant. Donc ils sont prêts, ils sont prêts à ça. Ça veut dire que si on les prive de ce commerce, ils vont aller vers autre chose.

Je les gens qu'on peut rencontrer, croyez-moi, ils ne retourneront jamais à une vie normale. Quand vous avez goûté, je pense avec la psychologie qu'ils ont qui n'est pas la nôtre, à cet ultra profit généré par la violence, il est à mon sens impossible de revenir en arrière. D'autant plus que comme vous le disiez madame la maire, ces gens sont de plus en plus jeunes et ça pose ce problème de la prise en charge non seulement du consommateur mais aussi du trafiquant à l'origine dès le départ.

Et ça c'est un c'est un vrai sujet. Marie- Geoffrey Roustide sur ce point peut-être. Oui, moi en en complément, je voulais parler de deux éléments.

Bon, pour qu'il y ait une offre, il faut qu'il y ait de la demande. Et donc, il y a un pays d'Europe qui a mis en place une politique très intéressante, c'est l'Islande. Donc, il y a une dizaine d'années, l'Islande avait un taux de consommation d'alcool, de tabac et de droguesicides chez les jeunes qui étaient extrêmement importants.

Euh et donc, ils avaient une politique qui était relativement semblable à celle de la France et d'autres pays européens. et ils ont décidé de mettre en place des programmes d'incitation aux actions euh aux activités sportives, aux activités culturelles et ils ont donné de l'argent aux familles puisque pour qu'elles puissent faire des activités avec leurs enfants. Et en fait, le fait de d'améliorer la vie quotidienne des des jeunes et de leur famille a fait baisser considérablement la consommation de drogue en Islande et donc en fait a fait baisser la demande.

Et donc quand vous faites baisser la demande, bah vous faites baisser l'offre aussi au niveau local. Donc ça c'est la premier élément que que je voulais évoquer. Le deuxème élément euh alors moi je ne travaille pas contrairement à monsieur Monyet euh sur le les questions de trafic au niveau international mais je je travaille sur les les questions locales.

Et donc en fait il y a des programmes qui ont été mis en place par exemple au niveau local à Rotterdam euh pour permettre aux familles qui dans certains quartiers populaires sont impliquées dans l'économie du trafic d'en sortir. Et en fait, il y a une centaine de familles qui ont été impliquées dans ce type de programme où des activités de réinsertion sont mises en place et en fait le taux de réussite est extrêmement important et ça a permis au niveau local de faire sortir des familles de l'économie de la drogue. Et donc je pense que c'est des modèles qui peuvent aussi être extrêmement intéressants pour sortir de de de ce cercle un peu vicieux.

Amandine des Mor peut-être. Je vous laisserai réagir sur ce point-là parce que on l'évoqué, il y a la question de la jeunesse, des familles, du rôle du maire auprès des familles. Il y a aussi des exemples concrets que vous pouvez peut-être donner du côté des Chiroles sur des programmes qui ont été portés. des exemples concrets déjà de ce qui peut se passer sur le sur le territoire parce que c'est on parle des familles qui sont impliquées dans le dans le trafic de drogue.

Faut savoir que enfin moi ce que je constate du moins sur mon territoire, je vais peut-être pas faire de généralité mais le le trafic de stubéfiant, il s'implante quand même là où il y a des des lieux de fragilité et notamment des lieux de fragilité sociale. Donc tout l'enjeu oui est de sortir ces jeunes, ces familles qui bah peuvent vivre un peu aussi de de ce trafic de drogue. Et c'est comment on arrive à les sortir à les sortir de là.

On ça passe bien évidemment oui par tout ce que on peut mener les activités sportives pour les jeunes, les activités culturelles, les MJC auxquels moi je tiens tant euh tous ces espaces qui sont d'éducation populaire aussi et qui prennent soin de nos enfants. Mais je crois que et ça a été dit tout à l'heure, je crois que le sujet principal reste aussi la forme de mal-être que peuvent vivre une grande partie de nos concitoyens concitoyennes qui poussent à la fois à aller sur des choses de la vente illicite comme sur de la consommation. Et c'est bien une nation tout ensemble qui doit avancer pour essayer de de régler ces problèm problématiques là.

Pardon. Bertrand moné et puis je passe à à une autre question. Allez-y.

Pour pour rebondir madame, si vous le permettez, je pense qu'il faut à ce sujet saluer l'action d'une d'une personne très courageuse qui est madame Shane Bom qui est la présidente du Mexique qui a mis en place et pour revenir à la question de monsieur tout à l'heure sur la substitution une stratégie non pas de substitution des cultures mais une stratégie de substitution de l'argent du crime par l'argent légal. Et en fait ce que font parce que n'oublions pas que l'essentiel des drogues he qui sont qui transitent dans le monde, elles passe dans les mains des cartels mexicains très souvent pour lutter contre les cartels. Madame Schengom, elle a décidé très courageusement d'essayer de regagner le terrain laissé par l'État au narco.

Ça passe par des actions militaires mais ça passe aussi par la réimplantation progressive une fois le terrain sécurisé d'entreprises d'entreprises privées qui vont créer de la valeur, qui vont créer de l'emploi. Alors évidemment, il faut pas être naïf et ni utopiste, ça va prendre des dizaines d'années mais encore faut-il enclencher cette démarche. Et en plus de la la substitution des cultures, je pense que c'est vraiment la substitution de l'entre enfin attirer des entreprises légales, c'est la substitution de l'argent sale par l'argent légal qui marchera et qui pour revenir à votre point madame pourra convaincre des narcos, notamment les plus jeunes de ne pas aller vers ces sources de profit mais d'aller vers des sources de profit légal leur salaire.

Allez, j'ai une question juste devant. Un micro va venir à vous dans quelques secondes. Posez votre question courte pour qu'on puisse débattre.

Allez-y, présenter. Bonsoir à tous. Euh ma question s'adresse à monsieur.

Vous avez mentionné les cryptomonnaaies. Or, on sait tous que qui va en partie acheter des cryptonnaies sont beaucoup les jeunes. Et malheureusement, les cryptonnaies, ça a été bâti, construit sur une dérégulation totale.

Donc, comment est-ce que vous imaginez qu'on puisse arriver à réguler les cryptoonnaies de par le monde ? Merci madame Bertram Monet. Alors les cryptomonnaies encore une fois je pense qu'il faut il faut être très clair hein.

Il faut pas incriminer le modèle économique des des cryptomonnaies hein. C'est un c'est un actif financier comme un autre qui est par ailleurs très intéressant mais qui effectivement fait l'objet d'un mésage à la marge. C'est difficile de le mesurer.

Pourquoi ? Parce que le modèle économique des cryptomonnaes ce qu'on appelle le blockchain encore une fois je veux pas être trop long mais on dit que ça anonymise le porteur de cryptonnaai. C'est pas vrai du tout.

En fait, la chaîne de la chaîne des cryptos, elle est totalement transparente. Mais en revanche, il y a une phase du blanchiment où elle est tout à fait utile pour faire bouger de l'argent en quelques secondes avec des des porteurs de cryptomonna qui acceptent de collaborer avec des narcos comme le font d'autres d'autres mules finalement. Voilà, la régulation des cryptoonnaies, elle est possible.

Pourquoi ? Parce que avec des cryptos, on ne fait rien finalement. C'est un c'est un actif mais c'était pas une monnaie finalement.

Voilà. Et donc quand on veut utiliser son argent et c'est bien l'objectif des narcotrafiquants, hein, tout ce que font les narcos, c'est pas pour le le l'horreur ou la beauté du geste, c'est pour jouir de l'argent de leur crime. Donc il y a un moment où faut que ces cryptos, il les déconsolident, c'estàdire qu'il les transforme en monnaie fiat, en euros, en dollars, en y.

Et pour se faire, ils utilisent des plateformes qu'on qu'on appelle les plateformes d'exchange, sans être trop technique, je ne citerai aucun nom ici. Il y en a des centaines, mais qui sont toutes, en tout cas en France et dans nombre de pays aujourd'hui soumises exactement aux mêmes obligations de conformité que le sont les banques. Le problème, c'est que ces plateformes s'y soumettent peu ou pas.

Il y a une pression aujourd'hui du régulateur en France. Elles font l'objet d'une pression énorme, mais c'est un c'est c'est une économie qui est déterritorialisée par essence, vous l'avez vous l'avez rappelé. Et donc seule là encore, une coopération internationale sur ce sujet et soyons clair, sans l'impulsion américaine sur ce sujet, rien ne se fera.

Euh [raclement de gorge] amènera à cette régulation des plateformes, obliger ces plateformes à appliquer exactement le même devoir de vigilance que le font les banques. C'est-à-dire, faut être très clair, même avec des des intelligences artificielles, il faut recruter des gens pour veiller à la conformité des opérations. Ça veut dire que c'est plus de de coûts et donc c'est moins de chiffre d'affaires.

Donc il faut les forcer à le faire. Sans coopération internationale, ça marchera pas. sans coopération, sans impulsion américaine, ça marchera pas.

Euh, il est fort peu probable que la présidence américaine actuelle aille vers une régulation des cryptomonnaaies. Merci. D'autres questions ?

Monsieur là-bas au fond, je vous ai vu, je vous ai vu aussi, monsieur Là et monsieur L. Allez-y, posez votre question courte. Bonsoir mesdames messieurs et merci à madame la présidente et aux intervenants.

Une simple question, on a des maires fraîchement élus qui veulent désarmer la police municipale. On voit que justement il y a beaucoup d'agents municipaux qui demandent à être mutés. Comment on peut quand même lutter contre le trafic de drogue de proximité et la consommation aussi en perdant comme ça la police municipale ?

Madame Desmort, vous voulez peut-être réagir sur la question ? Je sens qu'elle est pour vous la question là. Merci de cette question.

Euh oui, c'est ça a été un sujet euh de de ces élections municipales, hein, puisqu'on a un certain partis politique euh qui apprenaiit de d'enlever les caméras et de désarmer les policiers municipaux. Euh moi personnellement euh je j'ai pas donné mon étiquette politique, ça peut peut-être vous intéresser. Je suis communiste.

Euh la police municipale à Échirol est armée depuis depuis sa création, depuis les années 70. Donc on s'est jamais posé la question et pour rien vous cacher, si elle n'avait pas été armée, je l'aurais armé euh parce que je ne souhaite pas qu'il se crée de zones de non droit euh sur le territoire et chirolois euh et non pas pour la seule raison de combattre le narcotrafic parce que je vous dis de faire attention à ça, c'est pas les policiers municipaux qui vont régler le problème du trafic de drogue sur les territoires. Euh les policiers municipaux, c'est euh parce que je c'est la dernière police de proximité qui nous reste, euh c'est ils font du lien beaucoup avec les associations, les habitants, les commerçants.

Bien sûr qu'il y a des missions communes, l'armement le permet avec la police nationale pour aller travailler sur sur certaines certaines affaires. Ils ont là ces derniers jours accompagné la police nationale pour faire partir tr qu dealer qui traînit au centre-ville. Mais c'est pas la police municipale qui réglera la problème le problème du narcotrafic.

Marie Jffrey Rustide. Oui, je pense que la question de la police municipale, elle elle est importante aussi sur la question de ce qui se enfin les les environnements des quartiers populaires, c'est-à-dire comment les gens se sentent, comment les habitantes les habitants se sentent dans leur quartier, le fait de se sentir en sécurité. Euh dans le numéro d'esprit euh euh j'ai eu l'opportunité de de faire un entretien avec Amine Kessassi euh qui a parlé de l'importance de la municip de la de la police municipale aussi euh pour les jeunes des quartiers euh parce que en fait des quartiers populaires parce que c'est vrai que ça a été évoqué tout à l'heure mais si le trafic de drogue prospère dans les quartiers populaires, c'est aussi parce qu'il prospère dans les zones de fragilité et qu'il vient enfin que certains trafiquants viennent prendre la place de quartiers qui ont été parfois abandonnés par l'État. vous parliez des jeunes enfin des maisons des jeunes et de la culture euh et également de certains commerces euh qui euh euh ont disparu euh dans certains quartiers parce que euh bah ils sont euh terrorisés parfois par un certain nombre de trafiquants, mais on est vraiment dans une situation aujourd'hui, il est très important de remettre en place de l'argent public dans ces quartiers populaires, du lien social et également donc la police municipale est importante mais aussi de mettre en place de l'aide au devoir et de favoriser l'insertion de ces jeunes qui se sentent souvent abandonnés par l'État.

Et j'ai une collègue à Marseille donc qui s'appelle Kadija Sarai et qui a beaucoup travaillé sur les jeunes impliqués dans le trafic. Et ce qu'elle montre, elle déconstruit les idées reçues, c'est qu'elle montre que les jeunes qui sont les petites mains du trafic ne généralement ne s'impliquent pas dans ces trafics par choix. Il préférait être journaliste, politique, instituteur et donc c'est pour ça que c'est très important également de les accompagner.

Ce sont souvent des victimes également eux-mêmes du trafic. Je le précise Amine Kessassi qui a été élu hein sur la liste de Benoît Paillant et qui est désormais le 4e adjoint de cette majorité et qui aura évidemment un rôle à jouer sur la question de la citoyenneté. Madame le maire, vous vouliez ajouter un petit mot ?

J'ai une question juste là-bas. Je vous ai vu monsieur et puis je prends d'autres questions. Je voulais juste ajouter un élément quand même pour bien différencier police nationale, police municipale parce qu'ils n'ont pas les mêmes prérogatives euh et notamment les policiers municipaux n'ont pas le droit d'enquête.

Ils ne font que sur la flagrance. Donc c'est ce qui freine et j'ai oublié de le préciser et c'est un point qui est important, c'est ce qui freine et qui fait que ce n'est pas ce ne sont pas les policiers municipaux qui régleront la question du narcotrafic puisque eux ils peuvent verbaliser sur de la flagrance, c'est-à-dire de la consommation ou de la vente de visu. On n pas le droit, par exemple, on a une ville qui est très bien équipée en caméra, les policiers municipaux n'ont pas le droit de regarder les des images en différé.

Ils ne regardent les images qu'en direct. C'est ce que leur permet la loi. Actuellement seuls les policiers nationaux sur rééquisition euh regardent les images en différé pour le travail d'enquête et de démantellement de certains points deal.

Allez, j'ai une question madame, je vous ai vu là madame juste si vous voulez bien juste devant au troisème rang ici juste laver la main. Hop voilà. Très bien.

Je vous ai vu mesdames messieurs mais comme vous aviez lavé la main allez-y posez votre question. Bonsoir. Merci pour cette 19e assemblée des idées.

Moi, je suis une habituée donc merci beaucoup madame la président. Les sujets sont toujours intéressant. Alors, ma question c'est que j'ai vu récemment un document d'investigation à la télévision où les narcotrafiquants cultivent leur capital sympathie auprès des populations pour les museler ou pour les manipuler en leur offrant des cadeaux, en en étant attentionné envers leurs enfants, en étant présent sur des lieux de vie comme des des aires de loisirs ou ce genre de choses. comment les les communes, l'État se va se prémunir de de ce type d'action parce que finalement si on arrive à avoir le capital sympathie des populations, on on on on éprouve de la sympathie pour ces gens-là et ces ces ces actes-là paraissent normaux finalement.

Je laisse chacun nos invités réponse. Vous avez forcément un élément de réponse. On commence par vous madame le maire.

Et puis il y aura une question monsieur juste là-bas. Allez-y madame. Merci.

Oui, on le on le constate ce que vous dites, hein, des trafiquants qui euh vont aider à porter des courses pour les personnes âgées, euh qui offre des bonbons à Halloween aux enfants de la montée. Euh tout ça, tout ça, on le voit, ils essaient de ils sont à la fois, j'ai envie de dire, dans dans la terreur parce que j'ai je parle beaucoup avec avec des habitants qui craignent pour la sécurité de leurs propres enfants. Donc on est entre c entre deux entre essaie d'être gentil mais on fait quand même un peu peur.

Et c'est par la proximité les élus locaux qu'on arrive à avancer sur ces sujets-là. C'est un peu notre seule réponse hein, c'est d'être au plus près des habitants habitantes au quotidien et aussi de déconstruire. vous parlez de ce sujet-là, je vous en parler d'un autre de la perception qu'on peut avoir des interventions de la police aussi sur ces sur ces territoires.

Moi, bon nombre d'habitants euh concernés hein, directement concernés m'ont demandé, m'ont dit "Dites à la police de plus venir parce que c'est l'enfer quand ils viennent, c'est pire quand ils viennent que quand ils viennent pas." Et c'est tout ce travail de déconstruction qu'on a à faire avec eux et qui est le plus compliqué de de la mission finalement de leur dire ce qui se passe en bas de chez vous, c'est illicite, c'est illégal, vos enfants sont potentiellement en danger. Je vous rappelle que moi sur ma commune en 2024, on a eu neuf blessés par balle.

Il y a une semaine, on a eu un décès sur un point d'île, une transaction qui s'est mal passée trois balles dans la poitrine. Donc c'est tout ça qu'il faut rappeler au quotidien. C'est un travail du quotidien de proximité avec les habitants.

Marie Geoffrey Jour Rostide. Non, un complément rapide hein parce que madame la mère a déjà dit beaucoup de choses. Euh oui, en fait les trafiquants s'inscrivent dans ces zones de fragilité, de vulnérabilité, on l'a dit à plusieurs reprises.

Et en fait ces cadeaux qui sont faits en fait ils cachent des éléments qui sont les éléments de la violence au quotidien que subissent les familles, de la peur que vous avez évoqué. Et donc c'est la raison pour laquelle il est vraiment très important quand on en pense à la question des drogues de penser aussi aux investissements qui peuvent être faits à long terme pour améliorer les habitants dans les quartiers populaires, pour les considérer également pour qu'ils aient l'impression d'être des citoyens à part entière. Et donc c'est la raison pour laquelle il faut des investissements de l'État dans ces quartiers.

Euh qu'il y ait des commerces à nouveau euh et qu'il y ait aussi une police de proximité qui permettent de faire en sorte que ces commerces ne soient pas fermés ensuite parce queils vont être menacés par des trafiquants et puis il faut aussi donner des alternatives à ces jeunes qui vivent dans les quartiers populaires parce que les petites mains qui qui sont des guetteteurs par exemple, ils vont gagner très peu d'argent. Ils sont exploités également par ce système capitaliste qui est présent dans ce système du trafic, que ce soit au niveau international où là il y a effectivement beaucoup d'argent en jeu. Mais au niveau des petites mains, il y a des travaux de différents économistes qui ont mis en évidence qu'en fait ils gagnent très peu d'argent et c'est souvent au péril de leur vie et avec le risque d'être assassiné.

Donc il faut leur donner des alternatives et il faut aussi mettre de l'argent dans l'école, dans l'éducation nationale pour que ces jeunes aient les mêmes chance de réussite que les jeunes issus des classes moyennes ou des classes favorisées. Bertrand Moné, vous voulez ajouter quelque chose ? Allez-y, je prie.

Oui, je pense qu'effectivement il faut il faut réagir très vite euh et y compris sur un sur un terrain euh qui est malheureusement très très vulnérable à ça. Ce sont les réseaux sociaux où on voit qu'il y a des messages. Alors ce qu'on appelle à mon avis de façon euh très exagérée la désaide mafia, c'est évidemment une organisation criminelle mais qui n'est pas une mafia en tant que telle.

On voit que ces organisations singent un peu des modèles notamment sud-américains sur lesquels je travaille. Euh et si on n'y prend pas garde, effectivement euh on peut arriver à ça, mais je travaille au Brésil sur une organisation qui s'appelle le PC Primero Commando la Capital euh qui tient des favélas entières dans tout le Brésil. Euh dans les favelas, c'est eux qui organisent la vie sociale.

Ils organisent les dimanches des matchs de foot, ils organisent euh des narcofiestas, des des ce qu'ils appellent les balfunk, c'est-à-dire des fêtes incroyables où toute la favella est invitée, personne ne peut y distribue des drogues et cetera. Donc évidemment, on en est pas là hein, mais il faut veiller à ne pas y aller. Au Mexique, il y a une culture narco qui s'est développée avec ce qu'on appelle les narcoorinos.

C'est les c'est une musique narco que vous pouvez trouver un peu partout. Enfin voilà. Donc il faut faire attention les réseaux sociaux et je pense qu'il faut aussi veiller pour ce qui est des acteurs euh de la de la culture.

Je pense notamment aux plateformes digitales. Euh il s'agit pas de censure mais il s'agit de veiller aux messages qui sont transmis parce qu'il y a quand même je pense dans beaucoup de de de vidéos notamment une forme de valorisation du narco. Je prends cet exemple des narcoorido mexicains.

Encore une fois, on en est pas là, mais sur la couverture des albums, vous avez toujours un pseudo narco avec son chapeau, son pistolet en or avec le Christ et de la cocaïne sur la table. Bah, il y a certains, moi je suis désolé mais il y a certains clips qui montrent un peu ça quand même et et sur des esprits fragiles comme vous le disiez qui peuvent être en difficulté et cetera, notamment très jeune, ça peut marcher. Alors encore une fois, il faut absolument pas censurer, c'est pas du tout ça.

Mais il faut travailler pour les acteurs de la culture notamment digitale et notamment musical à aussi prendre un rôle, une responsabilité qui est aussi la leur et ils sont tout à fait prêts à à le faire bien entendu à condition encore une fois qu'on montre la dangerosité de de la non réaction ou de la passivité face à ça parce que malheureusement c'est c'est une forme d'endoctrinement assez assez facile pour les narcos finalement ça leur permet d'aller très vite là-dessus avec je termine des accélérateurs. On l'a vu pendant le Covid toute crise est un accélérateur de croissance pour le crime. Le Covid a permis à ces organisations de remplacer l'État là où il n'était pas là avec des distributions de masques, des fabrications de masques, des distributions de nourriture et cetera.

Donc veillons à ce que les crises auxquelles nous allons sans doute faire face n'accélère pas encore cette emprise sociale potentielle des des narcotrafiquants. Je change de côté mais je reviens vous voir de ce côté-là. Vous aviez une question madame.

Monsieur aussi, je vous ai vu là-bas. Allez-y. Question courte pareil.

Bonjour, j'ai 19 ans et je suis étudiante en droit et en sciences politiques. Je vais essayer d'apporter un petit peu de contexte à ma question, même s'il est très rapide. Aujourd'hui, tout le monde veut devenir riche et vite.

Le trafic de stupéfiant en bande organisée n'est que le fruit du capitalisme. et vous avez commencé à l'aborder non seulement sur le modèle de la richesse à outrance qui pousse les plus jeunes à s'intégrer dans ces milieux, mais aussi par la dégradation des conditions de travail et par le modèle méritocratique selon lequel il faut toujours faire plus sinon c'est de notre fa sinon c'est de notre faute qui pousse les travailleurs français à tomber dans ses addictions et dans un mal-être qui ne fait qu'àître depuis 30 ans. Le modèle capitaliste intervient dans toutes dans tous les maillons de la chaîne dont monsieur vous parliez. dont celui du blanchiment par les cryptoonnaies.

Ma question est la suivante : est-ce que déconstruire le modèle capitaliste et méritocratique présent en France ce n'est pas s'attaquer aux réelles racines du problème du trafic de stupéfiant ? Allez, allez, on passe qui à la réponse peut-être et Bertrand Monet, je crois que vous voulez répondre. Je vais me permettre de répondre en tant que professeur à DEC qui est une grande école de management.

Nous on forme plein de brillants capitalistes. Euh bon, c'est le principe du débat d'avoir une diversité de questions. Donc merci madame en tout cas pour la question.

Allez-y. Une lecture du capitalisme qui sur laquelle je vais on va pas débattre parce que pour autant euh je pense qu'au contraire et on on l'a dit tout à l'heure avec la question centrale posée par monsieur par le médecin de originaire de Colombie, c'est la substitution et vous avez évoqué les profits astronomiques qui sont dégagés par cette organisation. Tout est là.

Comment remplacer cet argent ? On parle, attention hein, quand on parle de trafic de drogue, selon les Nations- Unies, c'est le trafic de drogue dans le monde, c'est entre 250 et 270 milliards de dollars par an. C'est le PIB de la Finlande ou de la Nouvelle-Zélande, hein.

Donc, c'est cet argent-là qu'il faut remplacer. Qui peut remplacer de telles masses d'argent à part des entreprises privées très très capitalistes et capables de créer une très grande valeur très vite ? C'est ma question hein pour pour vous répondre et je pense que personne d'autre ne peut le faire.

Mais encore une fois, je vous rejoins sur le fait et madame la maire et madame vous vous le souligner, les entreprises privées ont un rôle à jouer et peu le jouent. C'est-à-dire que dans alors on parle de quartier sensible, quartier populaire, mais j'aime pas trop ce terme, mais c'est des il y a des entreprises qui pourraient se développer là. Certains maires les attirent, notamment avec des zones franches, d'autres ne le font pas et c'est un tort parce que ces entreprises sont tout à fait prêtes à s'investir, à former, à recruter et cetera.

Donc les l'entreprise privée, elle a un rôle à jouer, c'est central. Dernier point euh entre vous vous parlez de cette dangerosité du capital et cetera. à mon avis, elle est pas là, mais euh le il y a quand même un parallèle sur lequel je travaille entre l'entreprise criminelle et l'entreprise privée.

Nous en parlions tout à l'heure. J'ai été enlevé le 28 octobre 2016 par le PC, la mafia brésilienne dont je vous parlais. J'ai été libéré, bref, et j'ai gardé contact avec l'un des chefs de cette mafia.

C'est ce qui m'a permis d'accéder au modèle organisationnel de l'entreprise et je lui pose des questions depuis sur comment est-ce que votre entreprise criminelle est structurée. Et ça et et sur ce point, vous avez raison. Euh en fait, c'est une entreprise qui c'est une mafia qui fonctionne comme une entreprise.

Il y a une DRH, il y a un comité exécutif, il y a un patron, il y a une direction commerciale, il y a une direction des achats et cetera et cetera. Mais il y a une différence fondamentale avec l'entreprise légale. C'est que une entreprise criminelle, qu'il s'agisse d'un gang de quartier qui vend de la coke ou du ou du cheat, entre une entreprise criminelle et une entreprise légale, il y a une différence fondamentale, c'est que l'entreprise criminelle va utiliser deux outils que l'entreprise légale n'utilise pas.

C'est la corruption et c'est la violence. Et ça c'est la différence fondamentale entre ce capitalisme entre guillemets criminel qui singe le capitalisme légal. Voilà pour vous répondre Marie.

Très très court parce que je voudrais il y a d'autres questions, elles sont nombreuses. Il nous reste une quarantaine de minutes. Je vous ai vu là-bas.

Allez-y. Non, je voulais simplement dire que le capitalisme, il est au cœur de la question des drogues, hein, à tous les niveaux. Euh d'abord dans les organisations de trafic puisque en fait dans les organisations de trafic, vous avez beaucoup de petites mains qui gagne très peu et beaucoup moins de de personnes en fait qui gagnent beaucoup d'argent.

Donc ça en fait c'est un système qui est marqué par l'exploitation des plus vulnérables. Euh on a du capitalisme aussi euh enfin dans le dans le fait de d'essayer d'attirer les consommateurs. Donc vous avez aujourd'hui des trafiquants qui euh passent par des enfin les réseaux sociaux pour proposer leurs produits.

Voilà avec des prix de moins en moins chers parce qu'en fait on l'a pas évoqué mais la cocaïne elle est de plus en plus produite et et les prix ont considérablement baissé. Donc c'est un marché très concurrentiel et puis je l'ai évoqué tout à l'heure mais on a aussi le les comment dire les excès du capitalisme qui amènent aussi un certain nombre de nos compatriotes à consommer parce que en fait ils ont des conditions de travail qui sont dégradées et on leur demande de travailler toujours plus et pour pouvoir travailler toujours plus parfois dans de mauvaises conditions et ben les personnes vont être amenées soit à consommer des drogues illicites comme la cocaïne des stimulants, soit aussi à consommer beaucoup de droglycides comme des des antidépresseurs par exemple à Outrance pour supporter des conditions de travail ou des conditions de vie qui sont dégradées. Donc cette question du capitalisme, elle est vraiment transversale à la question des drogues.

Amandine des morts. Oui, quelques mots quand même sur ce sur ce sujet. Euh le trafic de drogue pour moi, c'est la forme capitaliste dans la dans la plus dure qu'on puisse voir de l'exploitation des des plus faibles.

Et je vais prendre pour ça deux exemples. C'est toutes les petites mains du trafic, ça a été abordé. La question des mineurs qui sont exploités par le par le trafic de drogue et le sujet des mineurs non accompagnés qui sont encore en dessous euh qui eux sont y compris maltraités par le narcotrafic.

Euh j'ai toujours en tête ces salles de torture qu'on a découvert à Marseille euh sur ces mineurs non accompagnés et je pense que là on a un sujet majeur de protection de ces enfants à mener. Moi j'essaie de le mener dans mon département de l'ISER avec j'ai rencontré le président du département. Euh je pense euh qu'on a un sujet ce serait que nos départements travaillent un petit peu ensemble c'est-à-dire parce que souvent ces jeunes-là leur dette elle est créée avant même leur arrivée en France. et ils doivent la rembourser en travaillant sur les trafics de drogue.

Et moi, j'ai posé quelque chose de très clair. Pourquoi est-ce qu'on les fait arriver par exemple dans l'agglomération grenobloise qui est plutôt connue pour le trafic de drogue ? Pourquoi est-ce qu'on les met pas à l'abri dans un autre département euh pendant je sais pas 6 mois, 1 an, le temps que le narco les les oublie ?

Mais pour ça, il faut que nos départements se mettent en lien et c'est pas le cas aujourd'hui. Vous conviendrez que tous les départements sont concernés par le sujet quand même. Tous les départements, oui, mais quand vous arrivez dans le dans l'agglomération grenobloise en zone ultraurbaine où on a quand même un grand nombre de mineurs compagnés qui sont accueillis, comme il y a la question de la de les accueillir, de bien les accueillir, de d'arriver à les encadrer correctement, ce qui n'est pas toujours le cas, je le dis.

Et moi je constate sur mon territoire un trop grand nombre de mineurs non accompagnés exploités par le deal aujourd'hui. Mon les cours, juste un point rapide, je pense qu'il faut il faut absolument pas enfin il faut bien comprendre que on parle de capitalisme. Vous parlez là de la forme la plus extrême d'un capitalisme ultralibéral qui est extrêmement rare, qu'en tout cas qui n'est pas le capitalisme qui est appliqué par le modèle économique des entreprises en tout cas ici, ça c'est très clair.

Et ensuite, nous parlons là d'un d'un d'une tactique qui consiste à singer certains principes de l'entreprise capitaliste et à en additionner la puissance avec l'usage de la corruption et de la violence. Il faut pas, à mon avis, il faut quand même on fait face à un problème tellement grave que je pense qu'il faut bien le nommer sans quoi on va se tromper de cible. Or, la cible, elle est bien précise, c'est les narcotrafiquants et encore une fois ne leur voilà identifionsles tels qu'ils sont.

Monsieur ici, madame, je vous ai vu là-bas, mais monsieur d'abord ici. Madame, je vous ai vu, vous inquiétez pas. près du rideau là.

Hop ! Posez votre question courte, s'il vous plaît. Euh, comment enrayer le transport de cocaïne par les vias les voies maritimes ?

Parce qu'on sait que ça transite principalement par les voies maritimes, c'est produit en Colombie et ça arrive en Europe via les grands ports européens. Qu'est-ce qui est mise en place aujourd'hui dans ces ports là ? Court et efficace.

Merci. Qui réagit ? Monsieur Money, allez-y.

C'est un enfer. Euh les les narcos en fait utilisent toutes les voies possibles. Euh j'ai interviewé un un membre du cartel de Sinaloa qui me disait "Tu sais s'il y avait un marché sur la Lune euh j'achèterai une fusée pour aller livrer sur la Lune." Donc euh évidemment la voie maritime euh 90 % du fra mondial est transporté par voie maritime, y compris ça malheureusement.

Et pour ça, il y a plein de solutions. Il y a des solutions qui sont mineures. C'est alors ça fait souvent ça fait parler, c'est ce qu'on appelle des sous-marins en fait et des submersibles.

Mais qui peuvent attention he qui peuvent traverser le Pacifique hein mais ça ça transporte 5 10 tonnes maximum. Euh c'est pas 3700 tonnes. Et l'essentiel de la de la cocaïne, elle est effectivement transportée soit par voie aérienne mais surtout par voie maritime dans des portes containires.

C'est-à-dire que les narcotrafiquants infectent la chaîne logistique, la supply chaîne de l'économie légale et des entreprises tout à fait légales malheureusement le savent. Elles sont utilisées bien involontairement pour transporter euh de de des tonnes de cocaïne. Or, il est impossible pour non seulement les compagnies mais les ports de scanner l'intégralité de tous les containers.

On voit bien la moindre disruption de la chaîne logistique avec ce qui se passe pour des raisons qui n'ont absolument rien à voir une raison géopolitique entraîne en chaîne des conséquences économiques catastrophique. Donc la la solution c'est d'abord d'étanchéifier à bord et de savoir précisément ce que ce qu'on charge pour un pour une compagnie maritime. Et ça toutes l'ont fait.

Pourquoi ? Parce que les compagnies maritimes sont je veux pas être trop technique mais elles se conforme à une règle qui a été mise en place par les États-Unis après l' septembre qui est un code qui s'appelle le City patat. Aujourd'hui, toute compagnie maritime doit savoir précisément ce qu'elle transporte à la condition à la condition que les employés de cette compagnie maritime appliquent ses règles.

Or, malheureusement, on revient sur des sujets plata au plomo. Je vous ai parlé du PCC, primaire au commando de la capitale. Ils tiennent intégralement le plus grand port en eau profonde d'Amérique du Sud qui est le port de Santos.

Quand je dis qu'ils le tiennent, c'est queils écoulent toute la cocaïne qu'ils exportent vers l'Europe, mais ils ont un accès tel à un actif industriel tel un actif logistif tel qu'il loue même cet accès au port à d'autres organisations et cetera. Le port de Guayak en Équateur, 60 % de la cocaïne qui arrive en Europe aujourd'hui, elle part des ports de Guayaquil. Ça veut dire que ces compagnies maritimes, elles peuvent faire ce qu'elles veulent.

Malheureusement, les narcos, comment ils arrivent à faire ça ? Il corrompe toute la chaîne des acteurs qui travaillent sur un port, du douier au transitaire au au à certains membres d'équipage pour faire en sorte que voilà et attention pas seulement en Amérique du Sud jusqu'à enverse premier port européen ou l'essentiel de la côque transit. On voit qu'aujourd'hui les autorités néerlandaises ont essayé d'étanchéifier un peu.

Donc on trouve de la cocaïne de plus en plus au Havre et puis le Havre a réagi donc on trouve la cocaïne à Dquerc et qu'est-ce qu'on voit euh c'est que l'actif pour revenir à votre question mademoiselle, l'actif essentiel c'est la corruption et la violence. Il y a un docker qui refuse on peut lui proposer 50 2500 € par container s'il refuse il y a un docker ou AR qui s'était fait arracher un œil où on tue sa famille. Donc c'est c'est ça qu'ils utilisent.

Et malheureusement pour revenir à votre question, je crains que à cause de la corruption et de cette capacité d'ultraviolence des narcos, le flux maritime reste assez pour eux. Merci beaucoup madame. Une question pareil courte.

Je vous ai vu monsieur, je passerai de l'autre côté, je reviens vous voir après. Question courte, allez-y. Oui, bonsoir.

Je suis parisienne, je vais vous poser une question de parisienne. Je voudrais savoir si notre panel d'experts aura des pistes d'évolution positive à proposer au nouveau maire afin de que Paris reste une fête parce qu'on a à Paris, on a une police qui n'est pas armée et on a des salles de consommation de drogues qui créent des problèmes pour les riverins et n'apportent pas grand-chose au consommateur. Donc qu'est-ce que vous pourriez donner au nouveau au nouveau maire Emmanuel Grégoire comme conseil afin de de lutter contre le narcotrafic ?

Bon, vous me direz, la question pourrait être posée à tous les nouveaux maires élus le 22 mars qui se pose aussi les questions, mais peut-être vous pourriez répondre si vous voulez bien Marie- Geoffrey Roustiitte peut-être pour démarrer. Euh et puis madame le maire, vous réagirez évidemment. Allez-y.

Euh alors moi j'ai pas de conseil à donner au maire de Paris. Je peux juste enfin m'exprimer en tant que scientifique. Donc sur la question des salles de consommation à moindre ce que vous évoquiez, il se trouve que enfin je fais partie de l'équipe qui a évalué donc ce ce dispositif et il y a des évaluations qui ont également été faites à l'étranger.

Donc en fait c'est il y a une salle de consommation à moins de risque qui a été mise en place à Paris, il y en a une autre à Strasbourg et en fait ces salles elles ont été mises en place justement pour limiter les troubles à l'ordre public liés à la consommation dans l'espace public. Donc mon équipe a évalué la situation avant la mise en place de ces salles et ensuite après la mise en place de ces salles. Et en fait les troubles à l'ordre public tels que les seringues dans l'espace public ont été divisées par trois euh suite à la mise en place des des de la salle de consommation parisienne.

Et en fait ces résultats sont également corroborés par d'autres études internationales. Pour vous donner une idée, en France, on a deux salles de consommation amendruis pour un pays qui compte 70 millions d'habitants aujourd'hui. Et donc dans les pays tels que la Suisse ou le Danemark qui sont des pays avec beaucoup moins d'habitants, on a ensuite en Suisse dans même des toutes petites villes des salles de consommation en moins de risque et c'est une un pays qui a réussi à éradiquer aujourd'hui les scènes ouvertes alors que dans les scènes ouvertes, c'est l'usage et beaucoup de trafic alors que dans les années 80 dans des villes comme Zuric ou comme Bern, il y avait des parcs où il y avait plusieurs plus milliers de personnes qui ont injecté dans l'espace public et ces scènes ouvertes n'existent plus aujourd'hui.

Donc en fait, ce sont des des dispositifs en tout cas qui ont qui ont fait leur preuve tant sur la question de la sécurité publique que sur la question de la santé publique. Amandine des Mor, vous avez des conseils à donner ? Non.

Non. Bon, je me permettrai pas de de donner des conseils à d'autres territoires parce que je pense que il faut savoir adapter la réponse à la réalité des des territoires. Et j'imagine que dans une ville comme Paris euh vous n'avez pas les mêmes problématiques que nous.

C'est-à-dire que vous avez une police nationale notamment qui est, je le pense, un peu plus présente en tout cas que sur des communes comme la nôtre. et euh et les problématiques sont enfin voilà, les problématiques sont vraiment différentes euh d'un territoire à un autre, y compris moi je suis maire d'une ville de banlieu ce qu'on appelle une ville de banlieu. Moi j'aime pas ce terme, je dis ville de périphérie parce que on y a mis une connectation y compris négative derrière le terme de banlieu euh je ne maîtrise pas les enjeux qu'on pourrait avoir sur une ville centre.

Euh vous parliez de la question de par exemple de la consommation sur l'espace public. Moi, nous c'est typiquement quelque chose qu'on ne voit pas ou très très très peu. Enfin, c'est pas ça qui a de problématique dans la commune qui est la mienne.

Dans la commune qui est la mienne, c'est la vente de produits stupéfiants et pas la consommation sur l'espace public. Hors protoxyde d'azote. Voilà, parce que le protoxyde d'azote, je crois qu'on a de la consommation absolument de partout en zone rurale, en zone urbaine, périphérique, centrale, de partout.

Bertrin Monet puis je prends quelques questions de ce côté. Allez-y. Oui, juste espérons que ça ne soit jamais le cas mais on parle de drogues qui sont déjà là.

Il y a des drogues qui risquent d'arriver notamment une qui s'appelle le Fantanil qui tue l'année dernière 130000 personnes par an aux États-Unis. Et là, on voit que effectivement la prise en charge de la de la consommation est essentielle et c'est ce qu'a fait l'administration Biden. Tout ça a été quasiment cassé hein par l'administration Trump mais sous l'impulsion de de Biden et de Camala Haris notamment a été mise en place en urgence hein des structures telles que celles que vous évoquiez pour surtout soigner les gens qui mouraient d'overdose de Fantan.

Donc cette prise en charge du consommateur, si ces drogues de synthèse ultra puissantes arrivaient ici, le sujet deviendrait encore aurait une acuité encore plus forte que celui qu'il a aujourd'hui, notamment pour l'héroïne et les opioïdes. Allez, il nous reste une vingtaine de minutes. Monsieur, là-bas, un micro va venir.

Madame, je vous ai vu au fond et de ce côté je passe, je vous ai vu vos mains levées. Allez-y. Question courte là aussi.

Merci. Bonsoir. Euh, je m'appelle Ibrahim.

Je j'avais posé une question, c'est plutôt un petit éclairissement euh à l'égard de monsieur Monier. vous avez évoqué comme quoi la France malgré ses capacités et sa compétence son territoire, elle ne peut pas vraiment stopper euh le passage de du cocaïne. Donc j'aimerais savoir pourquoi.

Et la deuxième question c'est que en quoi est-ce que les traités internationaux la mise en place peut-être une solution ? Alors merci beaucoup monsieur monsieur Mona. La France elle est exposée au trafic de cocaïne pour deux raisons.

D'abord parce que c'est un lieu de consommation. C'est un marché de consommation malheureusement très dynamique, on l'a déjà dit. Et deuxièmement, parce que la France c'est aussi un lieu, c'est un hub logistique.

Pourquoi ? D'abord, il y a une façade maritime métropolitaine qui est très très importante avec des ports he qui sont très très importants. Il y a un aéroport, l'aéroport de Roissie qui est l'un des plus importants d'Europe et puis surtout la France, elle a une exposition du fait de territoire ultra marins.

Je pense notamment essentiellement à la Guyane et aux Antilles qui malheureusement font l'objet d'une utilisation intensive par des narcotrafiquants. Il les utilise en tant que hub logistique, en tant que rebond. Donc l'exposition de la France au trafic de cque, elle elle est là.

On est exposé comme j'allais dire comme tout le monde parce qu'il y a une consommation et en plus de ça il y a cette utilisation du territoire qui en fait est utilisé pour faire entrer la cocaïne et la réexporter depuis la France vers d'autres organisations. Pour ce qui est de la coopération internationale, je suis pas policier, je je travaille plutôt du côté enfin au contact de de d'acteur du du trafic, mais il faut bien comprendre que évidemment qu'il y a une réponse he il y a une réponse internationale notamment au plan européen, au plan international également mais encore une fois malheureusement quand le coût est parti c'est trop tard je pense. C'est-à-dire que la vraie coopération internationale à mon avis elle doit consister en contra en la contrainte de la production de la drogue.

Et ça c'est faisable parce qu'elle est très très localisée. Une fois que la drogue est partie, les flux utilisés par les narcos sont tellement divers cette usage de la corruption et cetera. On va pas y revenir que c'est très très difficile pour tous les acteurs publics, je pense au douane, je pense à la marine nationale, je pense à la police, je pense au service de renseignement et cetera d'agir.

Alors bien sûr qu'il y a des CISI qui sont qui sont spectaculaires mais qui malheureusement sont très parcellaires par rapport à la réalité. Donc la coopération internationale, vous parliez des traités, je pense qu'il faudrait la mettre en œuvre de façon massive sur les pays producteurs pour les aider ou les contraindre. Mais encore une fois, sans l'appui de l'acteur américain, rien ne se fera et malheureusement, on en prend pas le chemin.

Madame, là-bas, je vous ai vu tout à fait au fond poser votre question courte et messieurs dames aussi de ce côté, allez-y. Bonsoir. Moi, je suis enquêtrice au Bois laabé dans le 94.

Euh, de ce que je peux voir, c'est que nos jeunes, ce qui leur fait peur, c'est la dissuasion. Et quand on leur parle d'augmentation de peine, c'est ça qui fait que au niveau du trafic, ils s'en éloigne un peu plus. Donc ma question, c'est qu'est-ce que vous pensez si on augmentait les peines et qu'on faisait plus cet aménagement de peine pour les jeunes qui a marché fut un temps et qui aujourd'hui ne leur fait plus peur.

Merci beaucoup madame. Vous voulez répondre Marie et puis madame le maire peut-être ? Allez-y.

Je peux répondre rapidement. Alors, ça dépend ce que vous appelez la peur de la dissuasion, mais en tout cas sur l'usage, on sait que ça ne fonctionne pas. Euh donc le fait de criminaliser l'usage de drogue euh ne fait pas baisser la consommation.

Donc, j'évoqué l'exemple français, l'exemple portugais. Donc au Portugal aujourd'hui euh l'usage de toutes les drogues est décriminalisé et on a quatre fois moins de consommation de cannabis et quatre fois moins également de consommation de stimulants. Donc le Portugal estant des pays d'Europe où on consomme le moins de produits stupéfiants alors que l'usage de drogue est décriminalisé.

Euh par ailleurs, ce qu'on sait aujourd'hui, c'est que les amendes forfaitires dlicuelles qui sont mises en place pour les usagers en fait ne sont pas payées pour la majorité d'entre elles. Et donc en fait euh en France, on a mis en place donc ce dispositif, mais on a au niveau de la population générale une consommation qui est parmi encore aujourd'hui les plus élevés d'Europe. Par contre, la question des peines liées au trafic, ça bien sûr que enfin, il est important de de pouvoir les maintenir, mais ce qu'on voit c'est que ce sont également les politiques de prévention, les politiques de réinsertion sociale et les politiques de traitement qui sont efficaces.

Donc la répression, elle a elle peut avoir un impact sur le trafic, mais la répression sur la consommation, en tout cas toutes les études international montre que ça ne marche pas, ça ne fait pas baisser l'usage et par ailleurs ça éloigne les personnes qui auraient besoin de soins, les personnes qui sont dans des situations d'addiction de soins. Toutes les publications internationales vont dans le même sens et on a une revue, une des revues les plus prestigieuses dans notre monde scientifique qui s'appelle le Land 7 qui en décembre de l'année dernière a demandé la fin de la criminalisation de l'usage de drogue en mettant en évidence en documentant tous les effets délétaires, tous les effets négatifs de cette prohibition sur les consommateurs. Amandine des morts.

Oui. Euh quelques petits mots euh pour le euh moi je vais parler du volet des des trafiquants et des potentielles peines de prison pour les trafiquants. Déjà à partir du constat qu'on a un phénomène de surpopulation carcérale aujourd'hui en France, on a manque de place hein euh dans les dans les prisons et que nos prisons, elles peinent aujourd'hui à réparer.

On constate quand même, moi je le vois sur les sur les sorties de prison, ça ça a grosso modo deux grands effets. Ça en a d'autres mais deux grands. Soit ça brise les personnes qui qui font de la prison, soit ça les renforce dans le dans leur trafic.

On en parle assez, il y a assez d'émissions, de reportages, y compris de films là-dessus qui montrent tout ce qui peut se passer dans le dans le milieu carcéral aujourd'hui où bah les dealers continuent à à tenir leur point d'al y compris font les bonnes connaissances nécessaires pour étendre leur trafic et en ressortent par moment transformé. Moi je pense qu'il faut aussi qu'on ait une réflexion. On on a beaucoup de sujets sur la table euh ce soir, mais euh sur le le le système carcéral aujourd'hui en France où euh de mon point de vue on manque quand même euh de prison, on manque euh aussi d'accompagnement et d'encadrement.

Nous, on essaie de le faire tant bien que mal. On doit être une des rares communes à rendre visite à nos prisonniers parce qu'on a un certain nombre de Chirolois et Chiroloises qui sont en prison. Euh nos agents de prévention vont leur rendre régulièrement visite pour préparer la sortie euh sortie retour vers l'emploi notamment et éviter la récidive.

Mais le taux de réussite, il est pas phénoménal en tout cas. Allez, une question monsieur ici en bordure là. Madame, je vous ai vu devant et puis je prendrai deux questions là-bas et on se terminera là.

Je suis désolé, on est pris par le temps. Allez-y. Monsieur.

Je tenais à remercier madame la présidente pour la tenue de ces assemblées régulières. J'ai une question assez courte. Quand on fait un pas de côté, quand on regarde les législations étrangères notamment aux États-Unis, le Rico Act a permis d'abattre les cinq familles de New York subsistent mais certaines se livrent au trafic du drogue et c'est terminé n'en font plus.

Est-ce qu'il faudrait introduire une législation pareil en France ? Je vous remercie. Bertrand Monnais, c'est pour vous entre autres. 30 ans.

Alors, je suis pas spécialiste du droit criminel américain ni français d'ailleurs. Euh mais ça a sans doute une efficacité. Euh pour autant, les États-Unis depuis hein euh font face à la pire crise euh criminelle liée au trafic de stupéfiant qui n'est jamais connu.

On en parlait, 130000 morts par an du fait du trafic de Fantanil euh qui est dirigé par des cartels mexicains mais en collaboration avec des organisations locales notamment enfin d'origine portoricaine et cetera et cetera. Bien sûr que la crimin la la pénalisation et la le démantellement par la répression est essentiel, mais je pense qu'il n'est absolument pas suffisant. Pourquoi ?

Parce qu'encore une fois, alors c'est peut-être un un un prisme particulier. Je suis peut-être déformé par par mon mon [grognement] activité de pas le fait que je suis prof dans une grande école, mais tout tout part du modèle économique. C'est-à-dire que vous pouvez démanteler autant de personnes, autant d'organisations que vous voulez.

Quand la rentabilité du trafic de stup 1000 et 6000 %, vous allez démanteler, vous avez dit les Genoves et Gambino et cetera, les grandes famille. Oui, il y en a combien qui se sont créés depuis ? C'est ça la question, vous voyez ?

Et donc en fait, je pense qu'il faut il faut bien comprendre. Il faut pas lutter contre l'acteur, il faut lutter contre le modèle économique que cet acteur applique. Parce que finalement, alors je vais peut-être choquer parmi vous, mais je pense qu'il y a des contextes où vous deviendriez narcotrafiquant, des contextes économiques sans excuser aucunement.

Je n'excuse pas, j'explique. Les cocaleros dont on parlait tout à l'heure, c'est cultivateurs de Coca. Malheureusement, ils ont pas eu le choix et c'est des conditions économiques qui ont fait que tout part de là. après quoi, on a euh une escalade des profits et cetera et on draîne finalement une partie d'une population à l'origine parfaitement légale vers un modèle criminel.

C'est bien le modèle économique qu'il faut combattre. Et ce modèle de création de valeur criminelle par le narcotrafic, il est essentiel, pour revenir à la question de mademoiselle tout à l'heure, il est essentiel de le remplacer par un modèle économique, non pas criminel, mais vertueux. Voilà.

Et ça c'est absolument essentiel. Seul l'emploi remplacera l'argent donné au trafiquant. le salaire qui remplace.

Voilà ça ça démantellera plus que des démantellements fait par des agences, ça prend beaucoup de temps. Et surtout dernier point, quand on démontelle une organisation à mon sens, c'est ce que j'observe, je pense que c'est peut-être vrai en France, ça ça crée un un ça ça régénère finalement le biotope criminel local. Ça ça engendre une forme de dynamisme pour prendre la place.

Et en terme de résultat final sur l'arcotrafic, ça ça peut être positif à court terme, mais à moyen terme, souvent c'est contre-productif à ma connaissance. Allez, je prends juste une question devant deux trois autres questions si vous voulez bien apporter un micro s'il vous plaît. Merci beaucoup madame.

Je vous en priez-y. Merci. Bonsoir, je suis Mariana Redarbelot, député de Polynésie française.

Donc je remercie monsieur pour avoir évoqué aussi donc cette France d'outreem qui a de de sacrées frontières du coup maritime et mon mon territoire on est peut-être le plus le plus flagrant sujet on va dire et et toutes les problématiques que vous avez abordé ce soir se retrouvent en fait en Polynésie et nous on a notamment une recrudescence mais incroyable de la métamphétamine qu'on appelle chez nous l' puisque on a peut-être 30000 enfin on estime à 30000 le nombre de consommateurs et pour une population de 284000 habitants. Donc c'est énorme. Et c'est aussi des des groupes des narcotrafiquants qui font mais des des du bénéfice à 4000 5000 6000 %.

Et la prison aussi pour eux, c'est un moment où ils se reposent ou euh où ils continuent leur trafic. Donc augmenter les peines euh on on l'avait évoqué euh dans des idées de de de pour les enfin les dissuader et en fait ça marche pas parce qu' ils s'y plaisent finalement. Euh il y a aussi, je voulais euh évoquer l'effet Robin des Bois puisque aussi dans les les conséquences sociales, c'est que les narcotraafiquants dans leur quartier, il euh ben il ils aident tout le monde.

Euh et c'est pas c'est pas des bonbons, hein, c'est des scooters, c'est des voitures. Euh donc euh voilà, en même temps ils font du blanchiment. Euh voilà donc je voulais aussi parler de la France d'outreem parce que tous les sujets que vous avez abordés sont importants pour nous et on a des oreilles grandes ouvertes.

Donc merci beaucoup. Merci madame la députée pour ce pour ce témoignage. Peut-être Marie Geoffrustide.

Allez-y. Rajouter un élément. Vous avez tout à fait raison de parler de la France des outremères.

La Guyane est aussi un des territoires les plus concernés par l'usage de craque. Et en fait, ce qui se passe en notre mer, c'est très lié aussi aux inégalités sociales. C'est-à-dire que ce sont des territoires qui sont très marqués par les inégalités sociales.

Et donc, c'est la raison pour lesquelles il y a un développement particulier de la consommation de substances dans ces territoires là. Donc pour être efficace, il faut aussi enfin mettre en place des des enfin des actions qui permettent de lutter contre inégalités, donc des des politiques pour plus de justice sociale, plus d'insertion et donc remettre remettre des moyens de l'argent public pour limiter ces inégalités et avoir des environnements de vie qui limitent la consommation. Il faut enfin les drogues, elles nous amènent aussi à penser à quel type de société nous voulons et et donc il faut des sociétés plus accueillantes, des sociétés plus apaisante et ça ça permet de faire des sociétés plus égalitaires, ça permet de faire baisser la consommation.

Merci monsieur. Question court là. Allez-y, il nous reste quelques minutes, je vous en prie.

Bonsoir madame la présidente, merci pour cette tribune. C'est monsieur Fra Donc je ma question est la suite. Comment pouvons-nous aider les agriculteurs qui cultivent des plantes illicites à se tourner vers des activités économiques légales et rentables ?

Merci. Allez, qui prend la question et la réponse ? Tout tout dépend tout dépend de la plante dont dont dont vous parlez, hein.

Moi, je ne connais que la coca. Euh encore une fois, il faut C'est pas des gens qui font ça. Donc la Coca à l'origine de la cocaïne, c'est pas des gens qui font ça volontiers, hein.

C'est des gens qui le font sous la contrainte. Donc la façon de d'arriver à cette substitution, c'est casser cette contrainte et c'est faire en sorte que ces populations ne vivent plus pour ce qui est de la Coca, encore une fois, uniquement sous le jou de ces narcogueras qui les forcent à cultiver. Cela fait, ces gens-là reviendront très facilement peut-être avec des subventions, peut-être avec des des des investissements de substitution encore une fois, mais les cocaléros, comme je le disais tout à l'heure, de façon peut-être un peu provoquante, mais en soi ne sont pas plus narcos que vous et moi si vous voulez.

Donc c'est c'est ça, c'est casser cette contrainte qui va permettre de mettre en place ces ces stratégies substitution, j'insiste pour la coca uniquement. Or, il est une autre drogue sur laquelle je travaille pas du tout mais qui nous occupe ce soir qui est le cannabis. Et là, je ne sais pas comment arriver à à éradiquer la culture de cannabis notamment au Maroc.

Je ne connais je ne suis pas légitimement parlé. Une question monsieur ici très court une ici et on passe à un mot de conclusion. Allez-y.

Question courte. Oui, bonjour monsieur Bisquet. Je voulais tout d'abord vous remercier infiniment vous et vos journalistes pour les trois très beaux articles sur la résidence alternée.

Alors, on a parlé beaucoup de de prévention de de jeunes fragiles. On constate une augmentation de des consommateurs, des dealers et de la violence de la délinquence. Est-ce que ça serait pas lié à une carence éducative ?

Est-ce qu'il y aurait pas un lien à faire avec les divorces et puis le le manque de résidence alternée où un parent, le père mais aussi de plus en plus la mère et empêcher de faire l'éducation, d'expliquer la différence entre le bien, le mal, le permis et l'interdit car c'est pas une option, c'est un devoir d'éducation. Qui prend la main ? Marie.

Bon, moi je peux juste répondre rapidement sur ce que nous disent les études disponibles sur le sujet. Euh la majorité des personnes qui consomment euh qui consomment des drogues euh n'ont pas de problème psychique particuliers euh quand elles consomment ses drogues de manière régulée. Je pense au cannabis par exemple euh enfin qui est une drogue qui a été expérimentée par la moitié de la population.

Euh voilà. Donc en fait pour ce type de de substances elles ne sont pas associées le plus souvent à des souffrances psychiques particulières. Mais par contre ce que montrent les études, c'est que quand les usages deviennent problématiques, souvent c'est associé à des traumatismes ou à des violences dans l'enfance, soit les des violences à l'adolescence ou à l'âge adulte.

Mais la question des des séparations n'est pas évoquée, hein. C'est plutôt la question des violences et des traumatismes de manière générale, donc des formes de maltraitance qui peuvent exister. Et donc c'est la raison pour laquelle il faut vraiment euh travailler sur euh la lutte contre les violences et l'amélioration des conditions de vie des enfants et des adolescents pour limiter les consommations qui deviendront ensuite problématiques.

Merci. Je prends une double question monsieur et monsieur si vous voulez bien donner le micro là deè rang 3è rang 3è rang derrière s'il vous plaît juste derrière hop ici à son voisin à côté question courte allez-y merci bonsoir à tout le monde. Merci madame la présidente.

Le Mexique a vu naître il y a 100 ans et finalement avait explosé des monstres de type cartel des Sinalo à cartel Khalisco Génération qui finalement ronge le pays. Quel est l'état, quel est l'ampleur des organisations criminelles en France ? Merci, je vais vous laisser répondre.

Passez le micro juste à côté. Allez-y, posez votre question. Oui, merci pour la parole.

Et du coup, j'aimerais savoir tout à l'heure, il était il y a une dame qui a évoqué la question de savoir que le trafic euh génère plusieurs milliers de de dollars, d'euros et tout. J'aimerais savoir à qui profite réellement l'argent du narcotrafic. Est-ce que réellement au aux trafiquants simplement ou ça contribue pareillment à des circuits économiques plus larges ?

Merci Bertram. On est peut-être sur les deux questions. Euh merci messieur.

Alors pour revenir sur le sur le Mexique versus la France, c'est absolument incomparable he je rejoins. Je vois le sens de votre question. C'est pour ça qu'on parle de DZ mafia.

C'est c'est totalement enfin qui connaît le Mexique la situation criminelle mexicaine comprend immédiatement que certes c'est un sujet he il s'agit de narcotrafiquant très dangereux mais on a ça n'a rien à voir avec un cartel. Pourquoi ? Et je ne nie pas l'organisation de l'organisation criminelle la présence d'organisation criminelle en France.

Absolument pas. Heureusement on en est pas au stade mexicain. Pourquoi ?

Parce que pour l'heure, grâce à la vivacité et la force de l'État de droit en France, on empêche ces organisations criminelles, et ça répondra sans doute à votre question également, monsieur, de de développer depuis leur enceinte criminelle des liens avec des entités externes légales. Ça c'est du crime organisé. Quand une entité criminelle arrive parvient à créer des liens avec des entités externes légales et les premières entités, les premières entités à considérer, c'est des entreprises.

Une fois qu'ils ont gagné leurs milliards de dollars, ils blanchissent, ils prennent le contrôle capitalistique pour répondre à votre question, monsieur, non pas de dizaines de milliers d'entreprises parfaitement légales. C'est la situation mexicaine, c'est la situation équatorienne, colombe. On en est pas là en France.

Pourquoi ? parce qu'encore une fois, il y a ces barrières de l'état de droit, de beaucoup de professions notamment financières, les bilins capitalistes encore une fois, mais qui sont impliqué dans la lutte contre le narcotrafic, qui font leur travail et qui empêchent ces organisations de blanchir en tout cas ici. Voilà, donc c'est pour ça que il n'y a rien de comparable.

Il a idée des organisations des narcosorganisations criminelles en France, ça c'est certain, elles sont très localisées en région parisienne, dans le sud de la France. Mais attention, euh celles qui sont les plus puissantes, c'est celles qu'on ne voit pas. Euh seuls les policiers seraient seraient autorisés à en parler, je ne le suis pas.

Eux ont la carte, moi je l'ai pas, mais il faut pas uniquement rester là-dessus. Et dernier point sur la la à qui profite le crime assez narco. C'est-à-dire que contrairement à une entreprise légale, il y a aucune redistribution de quelque sorte que ce soit.

C'est des gens qui sont dans une captation totale des revenus qu'il qu'il génèrent de la façon la plus violente possible. Et qu'est-ce qu'ils en font ? post blanchiment.

Cet argent là, il est pas stocké dans des containers, il peut rester dans des banques et là ça s'appelle la gestion d'actifs. Quand vous avez des milliards sur un compte en banque déjà ça rapporte mais surtout il est malheureusement et c'est un cancer, c'est bien ça qu'il faut comprendre, il est investi dans la vraie vie dans dans des entreprises légales dont malheureusement certaines grandes boîtes deviennent des clients, des fournisseurs et petit à petit ces narcorganisations deviennent deviennent des parties prenantes d'un biotop économique légal. Je conclus là-dessus.

Le parquet national antimafia italien, il a eu le courage de mesurer ce poids économique du crime organisé. Le chiffre d'affaires des mafias italiennes, 147 148 milliards d'euros. S'il était consolidé dans le PIB italien, on dépasserait 8 %.

Comment déraciner des acteurs criminels qui ont ce poids économique dans l'économie légale ? Il faut évidemment pas en arriver là. Heureusement, en France, on en est pas là grâce à la vivacité de de l'état de droit pour l'heure.

Les churonsoir. Question très courte, très courte. Bonsoir.

Très court. Allez-y. Non.

Bonsoir. Sur le sur le plan de l'éducation, je voudrais savoir en fait quels sont les méfets de la drogue de synthèse, du cheat, de la cocaïne et de l'extasie. Voilà, je voudrais savoir si en fait notre jeunesse, elle est au courant des mfet sur les interconnexions au niveau des neurones et sur un cerveau qui se forme entre 0 et 23 ans.

Merci pour la question monsieur Marie. Alors très rapidement donc on n'est pas tous égaux hein face au danger des des drogues. Alors des drogues qu'elles soient légales ou illégales et vous avez tout à fait raison de parler de la jeunesse.

En fait c'est pas du tout la même chose de consommer du cannabis ou de boire de l'alcool quand on a l'âge de 16 ans ou quand on a 40 ans. Et donc en fait, comme le cerveau est en est fait en développement jusqu'à l'âge de 21 ou 25 ans selon les selon les études, euh si vous consommez des substances queles qu'ell soit, hein, c'est la même chose également pour l'alcool, euh vous allez être exposé à des risques plus importants si vous si vous consommez ces substances en étant jeune. En particulier, quand les consommations elles ont lieu enfin, là où elles sont le plus risqué, c'est quand elles ont lieu avant 16 ans.

Et donc c'est la raison pour laquelle il y a un certain nombre de pays comme le Québec par exemple qui ont choisi de mettre en place des mesures de légalisation du cannabis mais uniquement pour les plus de 21 ans. Et le Québec a aussi une législation vis-à-vis de alors a une législation vis-à-vis du cannabis qui est différente de de celle de la France puisque le cannabis est légal pour les personnes qui sont âgées de plus de 21 ans mais avec un système qui est très contrôlé contrairement aux États-Unis où le système là est totalement concurrentiel et pose de de de nombreux problèmes en terme de santé et au Québec ce qui est intéressant c'est que tout l'argent de la vente du cannabis pour les plus de 21 ans et réinvesti dans la prévention, dans le soin et dans la recherche. Et au Québec, l'âge à la première consommation à reculer de 2 ans, donc il est passé de 18 à 20 ans.

Donc ils ont également mis en place des campagnes de prévention pour améliorer la connaissance des risques chez les jeunes et dans la population générale. Et en fait, ils ont des impacts de leur politique publique et enfin qui sont extrêmement intéressants. Mais je pense qu'il est très important de dire que en effet le cannabis sur un cerveau jeune ou l'extasie, la cocaïne enfin la cocaïne sur un cerveau moins jeune également he la cocaïne c'est un produit qui comporte également des risques cardiaques importants quel que soit votre âge.

Mais en tout cas pour le cannabis, pour l'alcool pour le cannabis les risques sont importants. Mais l'alcool comporte aussi des risques très importants quand ils sont consommés quand il est consommé chez les jeunes mais aussi quand il est consommé à l'âge adulte. l'alcool est le premier produit qui est impliqué dans les violences faites aux femmes par exemple beaucoup plus que le cannabis ou que la cocaïne.

Donc en fait c'est pour ça qu'il est vraiment important d'avoir une approche de la question des drogues, de la question de la prévention qui aille au-delà de ce qui est légal ou de ce qui est illégal et qui prennent aussi en considération la question de l'alcool. Merci beaucoup. On va terminer par un petit mot de conclusion pour chacun peut-être.

Je sais pas Amandine des Morle, on a dit beaucoup de choses de pendant 2 heures sur les pistes, les ambitions que devrait avoir le pays. S'il y avait une mesure particulière que vous attendriez des pouvoirs publics, quelle serait-elle ? un grand débat national sur la question des consommations aujourd'hui.

Euh parce qu'on renvoie souvent euh aux élus de de prendre position par exemple sur des sujets de légalisation, de dépénalisation. Euh moi, j'ai pas envie de le faire parce que je me dis que c'est un sujet d'expert et que j'aimerais qu'il y ait des sociologues, des chercheurs, des médecins euh bien évidemment les politiques autour de la table, mais qu'on débatte collectivement de ces sujets-là. euh qu'on tire aussi les conclusions des expériences des pays voisins parce que par moment ça a marché euh un certain temps après on a vu des fois des déconnexions.

Voilà. Euh un grand débat. Merci beaucoup.

L'appel est lancé madame la présidente. Même question de votre côté s'il y avait une mesure profitons-en. La président de l'Assemblée nationale est là.

Des sénateurs, des parlementaires, ils vont forcément phosphorer sur le sujet. Qu'est-ce que vous attendez d'eux ? Alors, moi je pense qu'il est important de lutter aussi contre la stigmatisation des personnes qui consomment des substances et en particulier euh des personnes qui sont dans des situations d'addiction euh parce que ça les éloigne des soins.

Et donc je pense comme vous que c'est très important de lancer un débat pour améliorer le niveau d'information sur les risques mais aussi av enfin améliorer les informations sur l'accès au traitement et qu'on mette en place des des sociétés plus humanistes qui permettent d'avoir donc des environnements de vie qui permettent de limiter la consommation à risque et qui permettent de prendre en charge aussi les consommateurs et leurs familles dans des conditions humanistes. à vous euh Mer peut-être deux points très rapides. Au plan national, je pense qu'il est nécessaire d'aller beaucoup plus loin sur en terme législatif euh sur le contrôle des plateformes notamment cryptées parce qu'on parle beaucoup de trafic, il y a beaucoup de trafic qui se fait non pas sur des points de hein mais pas dans des boucles télégram et cetera et ça il faut contraindre ces plateformes essentiellement américaines mais à partager des informations avec les services de police pour faire en sorte que ce trafic en ligne cesse.

Premier point, l'échelon national, c'est un vieux sujet, mais voilà, espérons qu'il soit enfin pris à bras le corps. Et à l'échelon international, j'en parlais déjà, c'est une coopération internationale renforcée afin de contraindre à la fois les États producteurs et les États blanchisseurs à se conformer à à à des lois et à faire en sorte que bah ce qui se passe chez eux finalement ne cesse de créer des conditions dramatiques, sécuritaires, dramatiques qu'on vit ici. Merci à vous trois pour ces échanges.

Merci madame la présidente pour cette invitation. Et je voudrais qu'on applaudisse nos témoins, s'il vous plaît. Merci à toutes et à tous.

Très belle soirée. Merci à vous. [applaudissements] Merci. [applaudissements] On est tous les trois d'accord.

Vous êtes notre candidate à Allô