JO Alpes 2030 : Serons-nous prêts ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 2 %
Temps de parole
- Invité36 %
- Invité 227 %
- Présentateur26 %
- Auditeur3 %
- Auditeur 23 %
- Présentateur 22 %
≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, France Inter, le 18-20, Eric Delvaux. Au téléphone sonne ce soir, le projet Alpes 2030, les Jeux Olympiques d'hiver en février 2030, Paralympiques en mars 2030, un dossier où le politique aurait bien trop de poids, estiment certains observateurs, au détriment des populations locales pas assez consultées. A quoi ressembleront ces Jeux ? Serons-nous prêts entre les problèmes de gouvernance au sein du comité d'organisation, le flou autour des sites qui seront finalement retenus, et les enjeux environnementaux qui ne semblent pas avoir été pleinement pris en compte ? Pour l'instant, Alpes 2030 peine à susciter de l'adhésion.
Cela dit, les choses peuvent encore changer car nous sommes encore bien loin de cette cérémonie d'ouverture. Eh bien, faites-nous part ce soir de vos commentaires, de vos questions, et également, les invités ce soir vont vous répondre. Appelez-nous, 0145 24 7000, ou bien via l'appli Radio France. Le téléphone sonnera jusqu'à 20h. Le téléphone sonne, 0145 24 7000. Avec deux invités pour vous répondre ce soir. Ali Ramdan, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes membre de l'Académie nationale olympique française, Lanoff. Vous êtes aussi administrateur au comité français Pierre de Coubertin, et vous êtes doctorant au CERU, c'est le centre d'études et de recherche olympique universitaire.
Également en ligne, Guillaume Desmurs, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes journaliste, spécialiste des questions de transition en montagne, et auteur du livre « Le crépuscule des jeux, enquête sur les JO d'hiver 2030 », paru aux éditions Paul Sen chez Guérin. Ali Ramdan, on va peut-être commencer par le COJOP. On parle d'une mauvaise ambiance dans ce comité d'organisation des JO Alpes 2030, présidé par Edgar Gropiron, avec pas mal de portes qui claquent, pas mal d'engueulades, si vous me permettez l'expression.
Un préfet d'ailleurs vient d'être nommé, on va en parler dans un instant, mais est-ce que l'on sait précisément ce qui ne fonctionne pas, ou ce qui ne fonctionnait pas jusqu'à maintenant dans ce comité d'organisation ?
Alors permettez-moi d'être un petit peu optimiste et de dire qu'on parlait effectivement d'une mauvaise ambiance. On va essayer de tourner la page de ce qui s'est passé avant, parce que vous l'avez dit en préambule, il y a une nouvelle nomination. Alors je ne vais pas éluder votre question. Effectivement, il y avait en haut de la gouvernance deux personnes qui ne s'entendaient pas. On en a déjà parlé longuement. Une éviction a eu lieu, un directeur général est parti. Cyril Lunette. C'est cela, voilà, pour ne pas le nommer. Donc effectivement, ils ne s'entendaient pas et ça brouillait le message. Et surtout, ça a ralenti le calendrier. C'était ça le plus urgent.
Et donc maintenant, une nouvelle page s'ouvre. Effectivement, il y a un nouveau directeur général, un préfet, qui vient d'être désigné à l'unanimité. Vincent Roberti. C'est ça, Vincent Roberti. Et j'ai envie de garder en tête cette nouvelle nomination qui aujourd'hui, plus qu'un symbole, ouvre une nouvelle page. Voilà, donc j'ai envie de rester dans le positif, parce qu'il reste plein de choses à construire.
Guillaume Desmurs, vous parlez dans votre livre d'une candidature Alpes 2030 qui finalement a été improvisée, notamment par les deux présidents de région. Qu'est-ce qui a été précisément précipité à vos yeux dans ce projet Alpes 2030 ?
Disons que dès le début, c'était mal embarqué. Et les problèmes de gouvernance ne sont que le résultat logique, on va dire, de ces fondations, à peu près aux alentours du printemps 2023, où littéralement le CIO nous a demandé, est-ce que vous voulez les JO ? Si vous y allez, vous les aurez. Nous n'avons pas d'autres candidats. Donc il y avait deux embryons de projets dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, dirigés à l'époque par Laurent Wauquiez, et puis en PACA, dirigés par René Muselier. Ils se sont mis d'accord avec Emmanuel Macron, et puis ils ont accepté les Jeux. Il n'y avait pas de dossier, il n'y avait pas grand-chose de près.
D'ailleurs, on voit qu'aujourd'hui, il n'y a toujours pas grand-chose de près, d'ailleurs, soyons clairs.
Cela dit, à l'échéance, c'est encore loin, cela dit.
Oui, mais il y a encore beaucoup de choses à construire. C'est un événement mondial. Donc il reste moins de 4 ans. Je ne pense pas qu'il y ait des JO qui se sont construits aussi vite. Donc les problèmes de gouvernance sont juste la logique, la suite logique de cette candidature éminemment politique qui s'est décidée en tout petit comité.
Ali Ramdam, quels seront les dossiers prioritaires que le préfet Dutarn, qui vient d'être nommé directeur général du comité d'organisation, quels seront les dossiers prioritaires qu'il devra régler avant fin juin ? Parce que fin juin, on va remettre, je crois, la liste des sites retenus.
C'est-à-dire que fin juin, il y a la 146e session olympique qui va se dérouler et cette échéance, elle est importante parce qu'effectivement, parmi tous les dossiers, le gros dossier où on attend le COJOP, c'est la carte définitive. Et j'insiste sur ce mot-là, la carte définitive des sites qui sont retenus. Et aujourd'hui, c'est encore en débat. Nous sommes le 15 mai et on a un mois et demi avant cette remise officielle. Et autant vous dire les choses tout de suite, il y a des sites qui ne sont pas encore établis définitivement. Donc la première des choses, je pense que le nouveau directeur général s'attèle à cela.
On va aller au standard avec Olivier qui est en ligne 0145 24 7000. On vous écoute Olivier, bonsoir.
Oui, bonsoir, Rick Delvaux. Merci d'avoir retenu ma question. Et puis encore, comme d'habitude, longue vie à la Maison Ronde. C'est gentil. Voilà, ça va tourner éternellement. Bon, maintenant, pour en revenir au sujet, je m'étais dit qu'on pourrait peut-être commencer à réfléchir un peu différemment, c'est-à-dire créer quatre sites olympiques d'été, quatre sites olympiques d'hiver, où on aurait un site olympique d'hiver et d'été sur le continent américain. Ça pourrait être Amérique du Sud, Centrale ou du Nord. Pareil en Europe, pareil sur le continent africain et pareil en Extrême-Orient.
Et au lieu d'avoir un CIO qui est en train de se sucrer allègrement et éventuellement met dans le rouge les villes organisatrices, eh bien on ferait des économies, j'imagine, d'échelle. On réutiliserait ces sites alternativement, c'est-à-dire une olympiade serait, je ne sais pas, sur le continent américain, puis l'année suivante sur le continent européen. Et on en passe comme ça et des meilleurs. Et donc aussi, j'imagine, d'un point de vue écologique, ce serait tout bénéfice. Alors maintenant, évidemment, il y a peut-être d'autres problèmes qui apparaissent, mais au lieu d'avoir un gâchis d'argent et des villes qui ne s'en remettent pas, on pourrait raisonner peut-être comme ça.
Eh bien, merci de cette suggestion, Olivier, je vais la soumettre à nos invités. Guillaume Desmurs, on va parler un peu plus longuement tout à l'heure des questions environnementales, mais ce que propose cet auditeur, finalement, pour faire des économies d'échelle et d'avoir un projet plus écologique, c'est de dessiner des sites d'été et des sites d'hiver, permanents, selon les continents. Ça tient la route, ça ?
Alors, ça, ça fait partie, effectivement, des idées qui sont évoquées par les spécialistes des grands événements sportifs internationaux. Pour le moment, et ça paraît, on va dire, en phase, en cohérence avec les grands enjeux qui nous attendent, aujourd'hui, ça n'est pas à l'ordre du jour du CIO, très clairement, et on continue, notamment pour les JO 2030, à faire des jeux en lapis comme on les a toujours faits.
Donc, dans un monde qui se transforme, dans une montagne qui se transforme, une montagne qui se réchauffe deux fois plus vite que le reste du pays, dans une montagne qui va faire face à des enjeux existentiels de réchauffement climatique, d'accès à l'eau, des questions économiques, des questions de neige, des questions sociales, eh bien, on continue à organiser des JO comme on les a toujours faits, avec des sites très éclatés, avec des bâtiments, du béton qui va être coulé, et je le précise, dans tous les sites olympiques. Donc, l'argument de dire 90% de réutilisation des bâtiments, ou des infrastructures, est fallacieux.
Donc, on continue à construire des JO 2030, comme on les a toujours faits, avec, je le précise, des milliards d'argent public.
Merci de cette réponse. Je vais la soumettre également à Ali Ramdam, du point de vue environnemental, le projet ALPE 2030, d'ailleurs, il disait, il annonçait des JO propres, qui favoriseraient les transports en commun, des gobelets et autres babioles recyclables. Est-ce qu'à vos yeux, ces prochains JO olympiques et paralympiques ALPE 2030 s'annoncent plus vertueux que les précédents ?
Alors, on parle souvent de jeux propres, mais souvent aussi de jeux durables. Je remercie l'auditeur de sa question, parce qu'effectivement, c'est une des pistes qui est évoquée au sein du CIO officieusement, parce qu'effectivement, tout le monde l'a bien compris, que le CIO a besoin d'avoir une ville et un État qui portent la livraison des Jeux olympiques. Mais je pense que les Jeux d'hiver seront les premiers Jeux, contrairement à ceux d'été. Les Jeux d'hiver seront les premiers Jeux qui vont se transformer.
Parce qu'il y a une réalité, il neige moins, et il va falloir aussi, dans la transition de ces grands événements sportifs, imaginer qu'il y a un nouveau terrain de jeu entre 0 et 1000 mètres. Dans cette altitude-là, il ne neige pas. Donc, effectivement, de pouvoir consacrer quelques territoires qui pourraient accueillir régulièrement en Asie, peut-être en Afrique, on verra bien, mais en tout cas en Europe, et en Amérique du Nord, c'est une des pistes envisagées. Et d'ailleurs, je vous annonce, mais c'est public, il y a le tournoi de... Pardon, ce n'est pas le tournoi, c'est le patinage de vitesse Alpes 2030. Les épreuves vont probablement se dérouler à 1300 kilomètres des Alpes, en Hollande.
En Hollande, parce qu'on n'a pas d'anneaux... C'est ça, sur le site de Tialf. Donc, il faut imaginer qu'il va y avoir toute une signalétique Alpes 2030 au cœur des Pays-Bas. Jusqu'aux Pays-Bas. Donc, c'est pour ça que je vous dis que la prochaine transformation, c'est celle-là pour les Jeux d'hiver.
On va aller au standard. Jean-Louis nous attend à Marseille. Bonsoir, Jean-Louis.
Bonsoir, Eric, et bonsoir à vos invités.
On vous écoute.
Moi, écoutez, je vais peut-être détonner un peu, mais je trouve qu'on se plaint toujours. Alors, permettez-moi de penser à ceux qui sont sous les bombes. Je pense qu'ils aimeraient bien voir une paire de skis. Alors, c'est sûr, on peut voir le côté ardoise inéluctable, ou celui de l'écologie malmenée. Mais personnellement, je préfère obtenir la modernisation des transports et la dynamisation de l'économie touristique. Je vais choquer peut-être, mais bon.
En tout cas, c'est un point de vue que vous avez toute légitimité à donner ce soir, puisqu'on vous offre la parole. Évidemment, il y a des misères dans le monde, et évidemment, il y a d'autres séquences plus joyeuses, plus sportives, et le monde vit comme ça. Je reviens vers vous, Guillaume Desmurs, Alpes 2030. Il promet d'accompagner l'inévitable transition de l'économie du ski. Pourquoi est-ce que ça ne vous inspire toujours pas confiance ?
Alors, ce n'est pas que ça ne m'inspire pas confiance, c'est que je ne m'envoie pas de preuves. C'est-à-dire que c'est facile de le dire. Et le cojo, notamment par la bouche d'Edgar Gompiron, le répète depuis le début, ces JO 2030 seront au service de la transition des territoires de montagne. Très bien. Maintenant, donne-nous des preuves. Convainc-nous que c'est ce qui va se passer.
Alors, à quoi ressemblerait des Jeux Olympiques d'hiver au service de cette transition des territoires de montagne que vous réclamez ?
Eh bien, ça, c'est la question que j'aimerais poser à Edgar Gompiron, puisqu'il n'a pas apporté de réponse. On ne sait pas ce qu'il entend par transition des territoires de montagne. Et puis après, quand on regarde dans le détail, et notamment les constructions qui vont être pilotées par la Stolidéo, basée d'ailleurs pour votre éditeur à Marseille, eh bien, on va construire des bâtiments et rénover des infrastructures, comme des pistes de bobsledges ou des tremplins de sauts, pour des dizaines de millions d'euros. Quant au transport, alors effectivement, on pourrait imaginer que les JO vont servir à moderniser le transport, à le décarboner.
Malheureusement, en moins de 4 ans, il va être très, très difficile de faire quoi que ce soit. On a peut-être éventuellement plus de trains, une rénovation de la ligne entre Briançon et Marseille, mais ça encore, ce n'est pas certain. Et puis, je dirais qu'on n'a pas besoin des JO pour faire du développement territorial et moderniser nos trains. Et puis, sur la dynamisation de l'économie, très bien, ça aussi, c'est un argument qu'on utilise beaucoup. Il n'est pas validé par les économistes.
Les économistes spécialistes, notamment Vladimir Andres, dont vous pouvez trouver les articles sur le web, qui est spécialiste de ce sujet-là, eh bien, les retombées économiques sont extrêmement difficiles à calculer. Donc, on ne sait pas réellement quelles vont être les retombées économiques. Et puis, je terminerai sur l'impact économique. Il y a eu certaines études, il y a eu quatre notes de l'inspection des finances qui sont toutes confidentielles. Donc, diffusez, rendez public les quatre notes de l'inspection des finances et puis rendez public vos études sur les retombées économiques.
Et on attend les réponses d'Edgar Gropiron sur tous ces sujets. Vous vouliez réagir à l'Irard d'Arm ?
Oui, je voulais réagir parce qu'effectivement, Edgar Gropiron a dit qu'il voulait des JO durables et qu'il voulait accompagner la transition des sports de montagne. Et notamment, ce que je disais tout à l'heure sur les sports de zéro à mille mètres. Là où, effectivement, il y aura probablement moins de neige. Il a toujours porté ce discours-là, mais il n'a pas non plus été aidé par le CIO parce que je précise que depuis le 7 mai, donc il n'y a quand même pas très longtemps, le CIO a dit non à l'introduction de sports individuels tels que le cross-country, le trail, le cyclocross, le gravel. Considérés comme des jeux d'été, finalement.
Voilà, et en fait, l'introduction de ces nouveaux sports aurait pu envoyer le message qu'on va vers une transition de ces sports. Mais clairement, le CIO a dit non. Priorité donnée au sport de glace et au sport de neige. Donc, même si dans le discours, Edgar Gropillon portait ça, effectivement, il a eu un refus catégorique.
Voilà. 01-45-24-7000, c'est le standard de France Inter où nous attend Christophe qui nous appelle de Grenoble. Bonsoir, Christophe.
Bonsoir. On vous écoute. Oui, par rapport aux questions écologiques et économiques posées par les Jeux olympiques, je me demande pourquoi l'idée n'est pas plus évoquée que ça de réutiliser des infrastructures qui ont servi aux Jeux olympiques de Milan-Cortina. Milan-Cortina, c'est proche des Alpes du Nord. On a des équipements qui sont normes, qui sont neufs. On pourrait les réutiliser.
Je vais soumettre votre proposition à nos invités, Guillaume Desmurs. Réutiliser, puisque finalement, ce sont toujours les Alpes italiennes. Pourquoi ne pas réutiliser les infrastructures de Milan-Cortina là où viennent de se dérouler en 2026 les Jeux olympiques d'hiver ?
Écoutez, je vous pose la question et surtout, je la pose au Cojo, à la Solideo et au CIO. Oui, effectivement, pourquoi est-ce qu'on ne réutilise pas ? Et puis, on pourrait aussi se demander pourquoi est-ce que Cortina n'a pas réutilisé, par exemple, ces infrastructures très coûteuses pour des sports confidentiels, comme la piste de bobsleigh. Il y a eu une piste de bobsleigh construite à Turin, pour les JO de Turin, en 2006. Cette piste est aujourd'hui dans un champ couverte d'herbes. Donc, elle n'a jamais été réutilisée. Pourtant, on en a reconstruit une pour Cortina.
Et puis, il y en a eu une à La Plagne, qui a été construite pour les JO de 92 et qu'il est prévu de réutiliser pour les JO 2030. Donc, effectivement, on pourrait réutiliser ce type d'infrastructure, sachant que ce type d'infrastructure est déficitaire en exploitation commerciale post-JO. Donc, ça coûte des dizaines de millions, voire des centaines de millions à construire. Et puis, ça reste déficitaire. C'est le cas pour la piste de bobsleigh de La Plagne, depuis 34 ans, ou les tremplins de Sceaux, de Courchevel, qui vont être remis aux normes. Il va y avoir des travaux.
Oui, parce qu'il faut expliquer que les normes évoluent. Et c'est pour ça qu'il n'y aura pas d'anneau en France, mais qu'on ira le chercher en Hollande. Tiens, d'ailleurs, je vous pose la question au passage, peut-être à l'Iramdam, est-ce qu'on sait pourquoi l'anneau de glace de Irinen a été préféré donc aux Pays-Bas ? À celui de Turin, parce que Turin aussi était candidat. Pourquoi ce choix de Pays-Bas ?
C'est assez simple. Effectivement, et comme ça, je réponds aussi aux derniers auditeurs, la grande majorité des sites vont être réutilisés, mais ça passe inévitablement par une grosse part de rénovation. Donc, on va utiliser certains sites. Alors, Ereven, plutôt que Turin, parce que Ereven, c'est là où se passent déjà les championnats du monde. C'est là où se passe la Coupe du Monde. Et c'est surtout la grande nation du patinage de vitesse. Un tiers des médailles à Milan-Cortina ont été remportées par l'équipe des Pays-Bas. Donc, le CIO et le Cojo s'assurent que les stades seront pleins, s'assurent d'une ambiance.
Effectivement, ce qui va être anachronique, un peu bizarre, c'est de voir écrit Alpes 2030, alors qu'on est à 1300 km des Alpes.
On connaît ça aussi avec le Paris-Dakar. On est habitué à lire la géopolitique différemment. Guillaume Desmurs, les derniers Jeux Olympiques divers, ceux de la fondation Milano-Cortina, cette année, ils avaient promis que l'énergie utilisée viendrait principalement des sources renouvelables. Elle se disait aussi, cette fondation prête à compenser les émissions de carbone des JO. Est-ce que l'on sait si ces promesses ont été tenues ?
Eh bien, pareil, ça, c'est une excellente question que j'aimerais poser au CIO. Mais on n'a jamais, comme pour les JO de Paris, de bilan sérieux, sérieux, indépendant, post-JO. Pour les JO de Paris, on a un bilan intéressant, c'est le travail de la Cour des comptes, par exemple, sur la question du budget. Sur la question environnementale, en fait, on peut regarder les études qui sont faites par les spécialistes, des articles scientifiques, sur 40 ans de Jeux Olympiques. Et on constate, ça veut dire qu'à chaque fois, les mêmes causes produisent les mêmes effets, qu'il y a beaucoup de promesses sur la sobriété, sur le côté durable, sur la protection de l'environnement.
Et puis, dans la réalité, ça ne se passe pas comme ça. Dans la réalité, et on l'a vu pour Cortina, à la fois pour le budget et pour les promesses environnementales, elles ne sont jamais, quasiment jamais, tenues.
En France, Ali Ramdam, deux régions sont impliquées pour préparer les JO et Paralympiques d'hiver 2030, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Assure. Est-ce qu'on sait comment les deux régions se sont réparties ces JO-là ?
Alors, vous avez compris qu'une gouvernance à deux têtes complique les arbitrages. Évidemment, déjà, au niveau territorial, chaque région a envie d'avoir ses épreuves. On a envie que ce soit équitable. On ne veut pas qu'il y ait une région qui soit favorisée plus qu'une autre. Ce qui implique aussi qu'il doit y avoir aussi des arbitrages financiers. Donc, oui, c'est compliqué. Avec, en plus, la crise de gouvernance qu'il y a eu au sein du COJO. Vous imaginez un petit peu tous les échanges. Donc, le COJO, les deux régions, les collectivités territoriales. Et il y a aussi un acteur qu'on oublie un petit peu. Mais c'est un acteur tellement grand. C'est l'opinion publique.
L'opinion publique qui a besoin d'être pas seulement informé, mais aussi d'être consulté. Et donc, je sais qu'en ce moment, c'est ce qui crispe un petit peu aussi cette organisation et cette livraison des Jeux. C'est que la population a envie de donner son avis et elle a l'impression de ne pas être consultée.
Guillaume Desmurs, est-ce que les JO précédents ont consulté les populations locales avant de lancer des projets ou est-ce que c'est la règle du CIO ? On fonce, en politique, on fonce et on fait le projet sans consulter. C'est un peu la règle ou pas ?
Oui, c'est tout à fait la règle. Le CIO n'est pas du tout un organisme démocratique. Et il n'a pas l'habitude de faire des référendums ou de demander l'avis de la population. Il a même écarté des candidatures qui imposaient un référendum. Donc, c'est une habitude du CIO.
Le CIO, je le rappelle, c'est une société de droit suisse qui est basée à Lausanne, défiscalisée, qui possède une marque qui s'appelle les Jeux Olympiques et qui autorise, tous les deux ans, été, hiver, un pays à utiliser cette marque en respectant des conditions extrêmement strictes et en signant ce qu'on appelle un contrat haute et puis une garantie qui a été signée tout début octobre 2024 par le Premier ministre de l'époque, Michel Barnier, ancien co-organisateur, le symbole est là, des JO de 92. Par exemple, cette garantie d'État dit, mort sur blanc, l'État français s'engage à organiser les Jeux Olympiques, quoi qu'il arrive, et à assumer les dépassements de budget.
Donc, la question d'un référendum ou de demander l'avis de la population, et on le voit très bien pour les JO 2030, ça n'est pas du tout à l'ordre du jour. Et puis, pour terminer et répondre à votre question précédente, comment se sont répartis les épreuves ? Eh bien, c'est très simple et c'est Laurent Wauquiez lui-même, l'ancien président de la région Renat, qui le dit dans une interview au Point en 2023. Et il dit très simplement, on s'est appelé au téléphone avec Renaud Muselier et en un quart d'heure, on s'est partagé les épreuves. Voilà la stratégie territoriale. C'est 10 minutes au téléphone.
Et donc, vous dénoncez le fait qu'il n'y ait pas eu de consultation préalable des populations et pour que le projet soit un peu plus édifié et édifiant au passage. vous vouliez ajouter quelque chose et on va passer au standard.
Ajoutez effectivement que normalement dans la charte et dans le cahier des charges, on souhaite qu'il y ait une mobilisation de la population. Alors, même si c'est un peu naïf comme dit discours parce qu'effectivement, dans les faits, ce n'est pas tout le temps le cas. Ça vaut ce que ça vaut mais il y a quand même une plateforme qui va s'ouvrir en ligne, une plateforme citoyenne qui ouvre le 26 mai et qui s'appelle Vous souhaitez vous exprimer. Donc, tout le monde pourra apporter un petit peu ses réclamations, ses interrogations, ses questions. Alors, ça arrive un peu tard mais elle a le mérite d'exister cette plateforme.
Et on sait que dans ce genre de consultation citoyenne, la grande question, c'est est-ce que le politique en tient compte ou pas ? Plus de réponses et plus de questions que de réponses pour l'instant sur la préparation de ces Jeux Olympiques et Paralympiques 2030. On en parle jusqu'à 20h. France Inter Le téléphone seul Karine nous appelle au standard de France Inter. Bonsoir Karine.
Bonsoir, voilà. Alors moi, je suis de Grenoble, alors c'est plus une expression d'indignation que je veux faire et de stupéfaction partagée largement autour de moi face à l'aberration écologique que représente ces Jeux. Alors, je tiens à souligner que je suis du côté de Grenoble, donc qui est entourée de massifs montagneux et qu'on voit vraiment les aléas au niveau de la quantité de neige qui tombe chaque année. Alors cette année, ça allait, mais en général, depuis des années, il y a une baisse mais énorme du niveau de la neige.
Donc ça va se passer à grand renfort de neige artificielle sans parler des émissions ou de transport de neige comme on le voit des fois d'une station à l'une autre quand il y avait une organisation d'événements, je crois que c'était du côté de la Clusin ou autre. Les émissions de CO2 générées par les déplacements massifs de personnes et tout ça au mépris comme vous le disiez de l'opinion publique parce qu'autour de nous à Grenoble on est la grande partie à être opposé à ces gilets.
Merci de ce témoignage Guillaume Desmurs de la neige artificielle de la neige transportée. Ce sera la norme des prochains Jeux olympiques à venir d'hiver ?
Alors pour la neige de culture c'est déjà la norme aujourd'hui. On l'a vu de façon presque choquante en Chine et on l'a vu aussi à Cortina même s'ils ont eu ce qui était assez drôle beaucoup de neige juste avant les JO et ils ont dû enlever la neige naturelle pour dégager la neige qui est beaucoup plus dure la neige de culture beaucoup plus dure qu'ils avaient prévue pour les pistes. Donc si vous voulez la neige naturelle on s'en sert pas pour les JO. Il y a des normes de dureté pour les pistes qui sont imposées par les fédérations c'est quasiment de la glace notamment par exemple pour le ski alpin donc on a besoin de neige de culture. Donc ça se fera avec de la neige de culture
ça c'est sûr. De la neige de culture est-ce que c'est ça qu'on appelle la neige artificielle ?
Oui oui c'est la même chose et vous avez raison madame je partage votre indignation puisque quand on vit en montagne et quand on voit la transformation de nos montagnes l'élévation du niveau de la neige quand on voit la difficulté parfois comme l'été 2024 avoir de l'eau de la ressource en eau ressource en eau qui est indispensable pour faire de la neige de culture quand on voit l'impact économique aussi sur les régions de montagne je vous rappelle que quasiment toutes les stations de ski les communes de stations de ski perdent des habitants chaque année à cause de l'augmentation notamment des prix du foncier et de l'immobilier donc tout ça ce sont des enjeux existentiels auxquels les montagnes ont à faire face et notamment les sites d'épreuve mais bien sûr ça n'est pas du tout adressé par les Jeux Olympiques qui vont poursuivre ce même modèle
Ali Ramdam sur un autre sujet on va revenir en France à Nice il y avait un point de blocage entre le nouveau maire Éric Ciotti et le président de région Renaud Muselier pour que la ville accueille le patinage artistique le hockey sur glace le short track le curling et également que Nice soit la ville de la cérémonie de clôture qu'est-ce qui finalement oppose les deux hommes précisément ?
Alors effectivement ce qui est venu aussi heurter le calendrier olympique c'est que c'est les élections municipales de mars dernier quand on est candidat aussi vous imaginez que c'est argument contre argument et peut-être parfois de posture et effectivement alors que le candidat qui a perdu s'était engagé pleinement pour que Nice soit la grande ville qui porte aussi ses Jeux l'autre candidat qui est maire de la ville effectivement aujourd'hui a plutôt intérêt à se démarquer et dans les faits ça veut dire que le tournoi olympique féminin de hockey sur glace est maintenu alors pardonnez-moi les niçois je ne sais pas si c'est le palais des expositions ou si c'est le parc des expositions mais en tout cas sur ce site-là il est maintenu mais le tournoi olympique masculin qui devait se jouer sur le terrain du club de football au GC Nice l'Allianz Riviera ce projet pour l'instant c'est un an et ça veut dire qu'il faut bien délocaliser ce tournoi-là et a priori parmi les pistes il y a Lyon avec le site de Dessines ou de Chassieux mais on a même entendu parler de Paris donc peut-être que le tournoi olympique d'hockey va se jouer à Paris ou à Lyon donc effectivement on est aussi dans cette difficulté-là et le directeur général a du pain sur la planche Boris
Boris nous appelle des Hautes-Alpes bonsoir Boris bonsoir on vous écoute oui donc moi je suis agriculteur et on nous a promis qu'il n'y avait aucune terre agricole qui allait être impactée par le tracé des JO et on voit déjà qu'il y a pas mal de routes qui s'agrandissent de ponts qui grandissent et déjà que le prix de l'immobilier va certainement flamber et qu'on est envahi chaque année de touristes enfin voilà quand est-ce que vous allez arrêter de vous faire de l'argent sur les dos des populations et j'espère enfin est-ce que c'est une promesse en tout cas du département qu'il n'y ait aucune terre agricole d'impacter et ben voilà où est-ce que ça en est merci de cette question Guillaume Desmurs est-ce qu'on a pour l'instant des précisions j'ai pas le sentiment qu'on ait ce type de précision pour que le CIO et le comité organisateur en France s'engagent sur des préservations de terres agricoles on le sait tout ça déjà ou c'est trop tôt ?
Alors c'est un peu trop tôt je vous rappelle que nous n'avons toujours pas la liste officielle des sites d'épreuve on est à moins de 4 ans on ne sait toujours pas où vont se dérouler ces Jeux Olympiques donc difficile de vous répondre je pense cependant que vos craintes sont tout à fait légitimes je vous rappelle que le Parlement a voté une loi olympique loi olympique qui entre autres facilite toutes les procédures d'urbanisme en simplifiant et en éliminant certaines étapes donc l'idée c'est on a peu de temps il faut construire très vite il faut aller vite donc en mettant de côté une partie du droit de l'urbanisme et aussi de tout ce qui est consultation notamment et c'est l'objet par exemple de plaintes qui ont été déposées entre autres par des collectifs et des associations type collectif JOP 2030 ou Montaigne-Walderness pour que le droit de l'environnement soit respecté
Alors ce sont des plaintes qui ont été déposées devant l'ONU notamment pour que le droit environnemental s'impose aux grands événements comme les JO ça pourrait changer le cours des choses ces plaintes qui ont été déposées ?
Alors pour le moment on a eu une réponse concernant la plainte qui avait été déposée auprès du tribunal administratif de Marseille et le conseil d'état alors je ne rentre pas dans le détail Non on va essayer de faire simple ça n'est pas mon expertise le conseil d'état a dit ok c'est bon on peut y aller pas besoin de mobiliser la commission nationale du débat public si ça avait été le cas ça aurait probablement mis en danger les JO puisqu'elles seraient retardées d'autant plus donc là le conseil d'état dit non c'est bon vous pouvez y aller la loi olympique va faciliter tout ça
et concernant les plaintes devant l'ONU
alors je ne sais pas où ça en est l'ONU a accepté la plainte il l'a étudié l'état français est venu apporter ses arguments je ne sais pas où ça en est la France a eu l'occasion de répondre avec un texte de 12 pages où effectivement elle explique qu'elle a respecté tout ce qu'il faut et qu'effectivement elle continuera à être vigilant sur ces questions-là et je réponds comme ça directement aussi à l'auditeur effectivement quand on saura où vont se situer toutes les épreuves tout de suite après c'est comment on accède à ces sites-là donc en termes de trains d'avions et aussi des routes donc on peut s'interroger et effectivement les craintes peuvent être légitimes en tout cas on a le droit de s'interroger
mais parce qu'on n'a pas bien compris pour une commune devenir site olympique ça rapporte de la notoriété donc de l'argent ou ça coûte de l'argent au final pour une commune
quand on est ville haute l'apport c'est plus médiatique ça offre une exposition et on espère un bénéfice secondaire c'est-à-dire des touristes qui arrivent des partenaires économiques en termes d'argent de retombées économiques il existe un peu mais c'est pas c'est pas sur cet aspect-là que les villes hautes espèrent vraiment un grand engouement
parce que Guillaume Desmurs au final les projets de Jeux Olympiques coûtent finalement plus cher ils sont déficitaires presque souvent au final toujours toujours
en fait le modèle économique des Jeux Olympiques ne peut pas tenir sans argent public si vous n'avez pas l'État qui assume et le CEO lui demande instantanément de le faire lui impose de le faire par exemple les coûts de sécurité c'était plus de 1,6 milliard de mémoire pour les JO de Paris ça c'est les coûts de la sécurité assumés par l'État la mobilisation des services de l'État par exemple les hôpitaux qui sont mis à disposition gratuitement et puis pour les communes et bien les communes bien sûr que ça leur coûte elles s'endettent alors il y a une partie par exemple quand vous allez construire un bâtiment un village olympique ou rénover dans le cas de Courchevel les tremplins olympiques 50, 60, 70 millions d'euros ce sont les chiffres qui sont évoqués vous avez de l'argent qui vient de l'État du département de la région aussi des régions mais il y a une dette pour la commune et on l'a vu pour les JO de 92 ça peut prendre 10, 15 ans voire mettre en péril les finances de la commune comme ça a été le cas pour briser les bains donc clairement pour ces stations ça va être une dette et puis concernant le marketing ou la notoriété j'ai envie de vous demander est-ce que Paris est-ce que Courchevel est-ce que ces stations de renommée internationale ont besoin d'un marketing territorial qui coûte des milliards d'argent public je ne pense pas
je vais vous poser la question Ali Ramdan à propos des JO olympiques Paris 2024 qui ont été salués chacun a salué l'organisation de ces JO d'été dans la capitale notamment pour sa bonne répartition des rôles entre le milieu sportif et le monde politique est-ce que le binôme à l'époque Wauquiez-Muselier de quoi aurait-il pu s'inspirer venant de l'expérience Paris 2024
en fait il aurait pu s'inspirer de la concertation je rappelle que quand même il faut être aussi objectif lorsqu'on organise des jeux d'été l'échelle est différente l'échelle est différente même si c'était Paris 2024 on sait très bien que c'est la nation toute entière parce que Paris c'est la capitale et on a vu qu'il y a eu aussi il y a plus d'engouement
pour les jeux d'été
que pour les jeux d'hiver inévitablement et puis on l'a pas dit mais je souhaite quand même le dire aussi on sait très bien que les jeux les jeux d'hiver ça implique beaucoup moins de nations c'est des jeux qui sont aussi considérés plutôt des jeux de pays de riches je rappelle que pour Milan Cortina il y a eu une centaine seulement de pays qui étaient impliqués pour les jeux d'été c'est la planète entière donc on change d'échelle quand on organise des jeux d'été c'est plus voilà c'est plus régionalisé c'est plus territorial des jeux d'hiver donc il y a encore effectivement beaucoup de choses à faire et là effectivement les deux régions doivent d'abord s'entendre avant d'envisager autre chose
et que les deux régions puissent s'entendre on va dire aussi rappeler que la région Auvergne-Rhône-Alpes a une certaine habitude ce sont ses quatrièmes jeux olympiques de son histoire bien plus que PACA c'est une nouveauté pour PACA Guillaume Desmurs
oui c'est une nouveauté et puis le monde change aussi les derniers JO Albertville en 92 où j'étais bénévole je me souviens très bien de la fierté qu'on avait nous habitant des montagnes et des stations olympiques le monde a changé en 34 ans aujourd'hui il n'est pas acceptable de dépenser des milliards d'argent public puisque c'est ça qui va être en jeu et d'endetter les communes et de mettre de l'argent public venant de la région aussi dans ce genre d'événement aussi beau soit-il aussi important soit-il sur le plan culturel j'ai grandi en montagne quand on grandit en montagne on a les skis au pied le ski fait partie de notre vie donc bien sûr que ces JO sont importants mais est-ce que nous sommes prêts collectivement à mettre cet argent-là dans cet événement-là alors que par ailleurs la montagne fait face à des défis des défis majeurs voilà ça c'est la question que devraient se poser les régions l'état les départements et les communes
et vous rappelez aussi dans votre livre que les candidats ne se bousculent plus pour être demandeurs et organiser les JO et on a expliqué ce soir pour quelle raison merci à tous les deux d'avoir répondu aux auditeurs de France Inter Ali Ramdam membre de l'Académie Nationale Olympique Française Lanoff et Guillaume Desmurs je renvoie à votre livre Le Crépuscule des Jeux enquête sur les Jeux Olympiques d'hiver 2030 c'est paru chez Paulson Guérin