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interviewLe Média· 26 octobre 2025

« SUR GAZA, LES MÉDIAS M'ONT DÉGOUTÉ » ENTRETIEN EXCEPTIONNEL AVEC AYMERIC CARON

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

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Et pour cette spéciale de l'œil de Moumou, nous recevons Émeric Caron. Bonjour Émeric. Bonjour à vous.

Ça va bien ? Ça va. Et vous ?

Oui, très bien. Ravi de vous recevoir parce que je sais que vous avez un emploi du temps un peu particulier. Mais vous aviez promis et vous l'aviez écrit sur les réseaux sociaux de venir dans cette chronique de critique média.

C'est une excellente chronique. C'est trop gentil. Je ne lui ai pas demandé.

C'est vrai, je le pense. C'est pour ça que je suis là. C'est lui qui le dit.

Vous êtes député Rêve. Je le précise, c'est important. Vous êtes apparenté à LFI et au NFP parce que souvent, on confond un peu les choses et ça m'est même arrivé de le faire.

Donc, je le précise avec importance. D'autant que j'ai été invité avec notamment Daniel Schinderman à votre université d'été. Et donc, je confirme que c'est bien un mouvement effectivement apparenté, mais c'est un mouvement en soi.

Vous êtes connu, alors vous êtes ancien journaliste. Vous êtes connu pour avoir été, enfin connu du grand public pour avoir été chroniqueur, notamment chez Laurent Ruquier, dont on n'est pas couché. Vous êtes un ancien journaliste.

Est-ce qu'on peut dire ancien journaliste ? Est-ce que vous avez décroché ? C'est une très bonne question.

Officiellement, oui, puisque je ne tire plus de revenus de mon activité de journaliste. Je ne fais pas de chronique, je ne fais pas d'interview, etc. Mais je pense que quand j'étais rentré à l'école de journalisme, je me souviens, lorsqu'on avait été accueilli le premier jour par le directeur, qu'on était donc des jeunes étudiants, on n'avait même pas encore pris un seul cours.

Je lui ai dit, bon, vous n'allez pas devenir journaliste à l'issue de ces deux ans. Si vous êtes là, c'est que vous êtes déjà journaliste. Vous avez été recruté parce que dans les épreuves que vous avez passées, on a considéré que vous étiez déjà journaliste.

Et je pense que c'est vrai que journaliste, c'est aussi un état d'esprit, une manière de voir les choses, une manière d'appréhender les sujets. Et donc, oui, je n'exerce plus officiellement l'activité de journaliste, mais j'ai le sentiment de le demeurer et que j'utilise ma vision journalistique des choses aujourd'hui dans ma fonction de député. C'est ce qu'on sent à la fois dans votre fonction de député, mais aussi sur les réseaux sociaux.

Vous êtes très présent et où vous analysez, vous relayez, vous critiquez, vous vous autorisez des choses qu'en fait, peut-être vous vous sentez plus légitime parce que vous êtes un ancien journaliste. Je ne sais pas, c'est parce que je me sens plus légitime. C'est peut-être parce que j'ai baigné dans un certain nombre de codes, même si les codes des réseaux sociaux ne sont pas tout à fait ceux de l'époque où moi j'exerçais pleinement.

Ils sont quand même assez récents, ces codes-là. Mais en tout cas, cette idée de porter un regard particulier sur les événements, oui, ça je l'ai gardé de mes 20, 25 ans de journalisme. Et je pense qu'en réalité, il y a beaucoup en commun entre journalisme et politique et notamment l'analyse des faits.

Le journaliste comme le politique doit bien analyser les faits, en faire une lecture. Simplement après, avec ces faits, on en fait des choses différentes. D'un côté un portage, l'autre côté une position politique, une proposition de loi, que sais-je.

Mais en tout cas, pour moi, c'est des logiques qui se complètent. Et alors, c'est vrai que les réseaux, j'ai décidé de les utiliser à fond, notamment depuis deux ans. Parfois, je vais même dire à l'équipe, on transforme notre...

Alors, surtout, Twitter est pas mal utilisé par les politiques. Oui, énormément. Et je me suis dit à plusieurs reprises, nous, on va au-delà des petites déclarations classiques que les politiques font sur Twitter.

Comme j'ai la chance d'avoir un certain nombre de followers, tous réseaux sociaux confondus, et quand on a constaté qu'il y avait une omerta totale sur les crimes qui étaient en cours à Gaza, dans les médias traditionnels, dans les médias mainstream, je parle des JT, de France Télévisions, des chaînes d'info, etc. Et même d'ailleurs, dans la presse écrite, où pendant longtemps, on n'a pas vraiment parlé du génocide à Gaza, je me suis dit, on va transformer mon compte Twitter, notamment Instagram aussi, en médias, vraiment, pour donner de l'info. Alors c'est pour ça, parfois, ils sont dit, mais pourquoi ce député tweet autant ?

Je le tweet moins, d'ailleurs, depuis quelques semaines. Oui, j'ai observé ça. Parce qu'on est passé encore à autre chose, à une autre étape.

À Gaza, le génocide n'est pas terminé, le cessez-le-feu n'est pas effectif, il a été rompu par Israël, les Gazaouis vivent toujours dans des conditions dramatiques, mais néanmoins, il y a une prise de conscience aujourd'hui, ça y est, les yeux du monde entier sont quand même maintenant tournés vers Gaza, même si les réponses ne sont absolument pas satisfaisantes. Donc c'est vrai que du coup, on se dit qu'on a moins l'obligation, nous, de, puis il y a moins de victimes quand même, il faut être honnête, même si effectivement, le cessez-le-feu a été brisé, qui a donc eu encore plus de 40 morts dimanche dernier. Mais on n'a plus de défilé de ces enfants martyrisés qui tombaient chaque jour, toute la journée, sur nos réseaux sociaux, parce que moi, j'étais connecté, je suis toujours à des comptes de gens qui étaient là-bas, à Gaza.

Notamment journalistes. Journalistes, bien sûr. Ceux qui n'existent pas, selon Antoven et Vosner.

Pour Antoven, Vosner et d'autres encore. Et donc, j'avais tout dit, parce que je ne comprenais pas pourquoi ils n'étaient pas reliés, parce qu'ils étaient facilement vérifiables quant à leur fiabilité. Il y avait des moyens de savoir très vite si c'était un fake, pas un fake, etc.

Et donc, on avait quelques canaux comme ça qui étaient fiables. Et donc, je me faisais un devoir de relier ces images. Parce que précisément, je me dis, j'ai la chance d'être suivi par plusieurs centaines de milliers de personnes.

Il faut que ça se sache. Il faut que les gens le voient. Qui t'a choqué ?

Vous vous êtes posé la question, j'imagine. D'abord, il faut savoir qu'il y a des images que je n'ai pas diffusées. C'est ça qui est terrible.

C'est-à-dire qu'il y a des choses, quand c'était vraiment...

J'ai l'impression que beaucoup de ce que j'ai diffusé étaient difficilement soutenables. Mais il y avait des choses qui, vraiment, pour le coup, quand c'était des bébés avec des têtes arrachées, qui étaient brandies comme ça, ça, je ne les ai pas diffusées. Peut-être une fois, mais je n'en ai pas la mémoire.

On se posait quand même la question. Et quand vraiment, ça pouvait faire un choc très, très fort. Et encore que...

Pour moi, l'idée que les images choquent, oui, évidemment, c'est normal. Mais comment parler du génocide à Gaza, tout en incluant parmi les critères pour en parler, le fait de s'imposer comme devoir de ne pas choquer ? Enfin, il y a un truc qui n'est pas logique.

Un génocide, c'est choquant. Un génocide, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui se sont assassinées, qui se sont très grèvement blessées. C'est ça aussi, ce n'est pas juste les morts.

C'est aussi l'état des blessés qui avaient été laissés pour beaucoup d'entre eux pendant des mois. Enfin, pendant toute cette période, des blessés qui n'ont pas pu être pris en charge correctement, quant aux antidouleurs, ainsi de suite. Donc, on a vu des images, mais absolument traumatisantes, dramatiques.

Est-ce qu'on doit éviter de les diffuser, ces images ? Non, je crois qu'il faut les diffuser. Je crois qu'il faut choquer.

Moi, oui, je voulais que les gens soient aussi choqués que moi. Moi, ça m'a profondément choqué. Moi, ça m'a profondément perturbé.

Moi, ça m'a changé. Pas fondamentalement, parce que je n'ai pas découvert des choses de moi que j'ignorais. Mais en tout cas, sur un certain nombre de sujets, je me suis dit, ah, d'accord, c'est encore pire que ce que je croyais, etc.

Donc, et moi, ça m'a, oui, ça m'a obsédé. Alors, c'est toujours très, très présent dans ma vie, bien sûr, ce qui se passe à Gaza, les droits des Palestiniens. C'est absolument pas terminé.

Le risque, d'ailleurs, serait de croire que, parce qu'il y a un cessez-le-feu, ça y est, c'est terminé. Et c'est ce qui est en train de se passer, d'ailleurs, pour un certain nombre de personnes. Oui, c'est l'idée généraliste de dire, bon, ça y est, la page est tournée.

Voilà, on peut passer à autre chose. Et d'ailleurs, on entend les voix qui étaient pour génocide, on les entend tout à coup faire le tour des plateaux télé pour nous expliquer qu'ils ont toujours été pour la paix. Je pense à Arthur, par exemple.

On va y revenir, bien sûr. Voilà, donc, et on devrait oublier. Attention, il y a une page, là, qui s'ouvre, qui est très dangereuse.

Dangereuse, parce que l'oubli est dangereux, et qui exige notre plus grande vigilance. C'est-à-dire que des gens vont venir nous raconter, non, mais ça va, c'est réglé. Des gens qui ont soutenu la colonisation, l'apartheid et donc le génocide viennent maintenant expliquer que non, non, ils ont toujours eu le souci, le respect de toutes les vies, quelles qu'elles soient, ce qui est entièrement faux quand on relie les événements.

Voilà, donc, oui, je pense qu'on a vécu, là, depuis deux ans, l'événement historique le plus important du 21e siècle. quelque chose qui va changer l'histoire de notre civilisation. Et donc, c'est normal, oui, qu'on soit choqués.

Je rebondis juste sur ce que vous venez de dire. Vous avez précisé, et c'est bien de l'avoir fait, que vous n'avez pas découvert, il y a deux ans, votre humanité, que c'est votre humanité qui a été chamboulée. Si je peux m'autoriser une question personnelle, littéralement, est-ce que, pardon de le formuler comme ça, mais est-ce que vous vous en remettrez de cette période historique ?

Ça dépend de ce qu'on appelle s'en remettre. Humainement, humainement. Ça dépend de ce qu'on appelle s'en remettre, c'est-à-dire que...

Est-ce que ça vous a blessé à un point qui fera date, pour dire ça comme ça ? Oui, oui, ça fera date jusqu'à la fin de mes jours, puisqu'il y a des choses qui ne seront plus jamais comme avant. Il y a des endroits où je n'ai plus envie de travailler, il y a des gens que je n'ai plus envie de voir, et que je n'aurais plus jamais envie de voir.

Il y a notamment un certain nombre d'espaces ludiques, médiatiques, auxquels j'ai moi-même participé à une époque, qui aujourd'hui me dégoûtent, en raison de la superficialité qui s'y dégage, mais aujourd'hui qui prend tout son sens. C'est-à-dire que tant qu'il n'y avait pas ce génocide auquel on avait assisté, qu'on avait laissé se dérouler sous nos yeux, on pouvait ne pas avoir pleinement conscience de cette superficialité ou de cette insincérité. Mais aujourd'hui, non, les choses...

Moi, je vois des plateaux télé, c'était quand même là-dessus, quand j'étais reporter, puis ensuite quand j'ai fait de l'antenne, je vois des plateaux télé, aujourd'hui j'ai envie d'éteindre ma télévision. Ce que disent ces gens ne m'intéressent plus, a perdu toute crédibilité, parce que ce sont des gens qui se sont tues, ce sont des gens qui ont continué à s'amuser, à rigoler pendant deux ans. Pour moi, je pense que tout être humain normalement constitué aurait dû être choqué précisément, au point effectivement d'en modifier son comportement quotidien, d'en modifier ses discours, d'en modifier ses choix habituels.

Or, moi, j'ai vu en France, beaucoup de gens, et notamment dans le champ médiatique, qui est très large, ça comprend des journalistes, des artistes, des gens qui avaient accès en tout cas à des micros, à des caméras, j'ai vu des gens qui ont continué à vivre comme si de rien n'était. Et ça, jamais je l'oublierai. Et donc, ce sont des gens avec qui je n'ai plus envie de converser.

Bien sûr. Alors, le fait que vous soyez justement, c'est aussi pour ça que j'avais à cœur de vous inviter, le fait que vous soyez à la fois journaliste et politique, est-ce que vous estimez, comme certains l'estiment, alors moi, je suis le premier à le dire, que le 7 octobre, enfin l'après 7 octobre, du moins, puisqu'on condamne tous, évidemment, ce qui s'est passé le 7 octobre, mais l'après 7 octobre...

On se demande de le redire, parce qu'effectivement, comme c'est toujours...

Oui, oui, les attentats terroristes du 7 octobre, nous les condamnons. Je parle donc du poste 7 octobre. Est-ce que vous partagez cette idée, que je partage, que ça a été, cette période, depuis deux ans, la plus grosse fracture historique au sein, à la fois, du monde médiatique et de la gauche française dont vous faites partie ?

Parce qu'il y a aussi à gauche que ça s'est fracturé quand même pas mal. C'est incroyable. Oui, je partage absolument cette analyse.

En tout cas, c'est la plus grosse fracture historique depuis au moins ma naissance, puisque moi, je n'avais jamais vécu quelque chose de cet ordre-là. C'est-à-dire qu'on pensait, jusqu'au 8 octobre, on va prendre le jour d'après, on pensait qu'on était, pour un certain nombre d'entre nous, d'accord sur un essentiel qui n'était pas discutable. Dans cet essentiel, il y avait « On tue pas un innocent ».

C'est pour ça qu'on dénonçait le 7 octobre. « On tue pas un innocent ». « On tue pas un enfant ». « Si on en tue pas un, on tue encore moins 20 000 ».

On dénonce la barbarie quand elle se déroule sous nos yeux. Des choses très basiques, rien d'exceptionnel. Et c'est ce qui faisait qu'on dînait, qu'on déjeunait avec des gens avec lesquels on allait s'engueuler sur des sujets qui nous semblaient annexes par rapport à ça, puisque nous avions cette base, cette base de valeurs humanistes qui nous permettait ensuite d'aborder d'autres sujets.

Et puis là, tout à coup, on a découvert que ce n'était pas le cas, qu'il y a des gens qu'on côtoyait professionnellement, personnellement, depuis très longtemps, et qui en réalité n'avaient pas du tout avec vous ce commun d'une indignation évidente face à la barbarie. Et donc oui, c'était un énorme choc. Ensuite, d'un point de vue beaucoup plus politique et historique, le silence de la France, le soutien même, le soutien actif de la France par des déclarations, par des livraisons d'armes, même si la France...

Ça, c'est le débat aussi, mais on a bien aujourd'hui des journalistes d'investigation qui continuent à dire que des composants militaires sont envoyés par la France en Israël, même si le gouvernement, lui, dit le contraire. Le soutien par la déclaration, le soutien par le fait que la France n'a strictement rien fait. Ah, non, non, là, je vous arrête.

Je ne peux pas vous laisser dire ça. Je sens l'ironie. Non, non, non, non.

Je sens l'ironie. Tout, c'est une émission sérieuse. Il y a quand même eu 97 communiqués du Quai d'Orsay faisant part de sa préoccupation.

Sa grande préoccupation. Par rapport au génocide en cours. C'est-à-dire que ce double standard qu'on a découvert, ce truc complètement dingue, qui était de dire oui, oui, on condamne les Russes et les Biélorusses, évidemment, OK, tout à fait logique, en raison de l'agression qui était menée contre l'Ukraine.

Mais, dans le cas d'une autre agression, bien plus grave, en plus, en termes de victimes civiles. Bien sûr. Ah là, non.

Silence. Pas de condamnation, pas de sanctions économiques, pas de sanctions liées à la présence dans des manifestations sportives ou culturelles. C'est à la vitrine, cette histoire. sidérant, sidérant, c'est-à-dire que tout à coup, la France a dit, nous tolérons.

Soit nous soutenons, soit nous tolérons. Mais pas de problème. Les sportifs israéliens, dont on sait qu'ils sont impliqués dans des massacres de civils et des massacres d'enfants, au moment même où nous parlons, eh bien, les sportifs israéliens peuvent venir aux Jeux Olympiques avec le drapeau d'Israël.

Aucun problème. Ils peuvent aller à l'Eurovision, chanter des chansons. Bah oui, parce qu'on a que ça.

En ce moment, c'est chanter des jolies chansons pour dire qu'on est heureux. Et la France n'a trouvé rien à redire à cela. Pire, le gouvernement a entonné aussi la petite chanson de, attention, parce que ceux qui nous proposent de sanctionner les artistes, les sportifs israéliens, sont un petit peu antisémites sur les bords.

Il y a aussi cette chanson-là. Donc, comment on peut sortir indemne de cette période ? Avec en plus, ce sentiment pour celles et ceux qui ont suivi de manière quotidienne le calvaire des Palestiniens, ce sentiment en plus d'un mal-être qui consistait à dire mais moi, je ne risque pas ma vie.

Je ne parle pas parce que certains d'entre nous ont reçu des menaces de mort et tout, c'est encore autre chose. Mais en tout cas, le matin, je ne me demande pas si une bombe va venir me déchiqueter. Il n'y a pas tout ça.

J'ai à manger. Je peux me déplacer sans risquer qu'on me tire dessus a priori, etc. Il y avait presque aussi ça qui tout à coup nous a sauté à la face, c'est-à-dire l'indécence de notre confort.

Et donc, nous, on était là-dedans. C'est-à-dire que même, je ne sais pas si vous l'avez point, même parfois, ouvrir son frigo parce qu'on a une fringale à 22 heures et se dire, moi, je peux ouvrir mon frigo. et il y a des enfants, ça fait trois jours, quatre jours qui n'ont quasiment rien mangé.

On se rend compte au moment des pannes, au moment des inondations, des choses comme ça, qu'on est dépendant de plein de choses vitales. Mais au-delà de ça, c'est-à-dire pourquoi moi, j'ai ce privilège ? Oui, voilà.

Mais alors, parce que j'ai ce privilège, parce que j'ai ce privilège, je n'ai pas le droit de me taire. Mais qui ? On a été...

Il n'y a rien d'exceptionnel à avoir ouvert sa gueule à ce moment-là. Par contre, pourquoi il n'y a eu si peu dans les gens qui avaient la possibilité que leur voix ait un écho ? Je ne parle pas.

Beaucoup de gens étaient de gens qui n'ont pas suivi sur les réseaux. Beaucoup de gens étaient outrés. Je le voyais, ils me parlaient dans la rue.

Ils étaient dégoûtés, ils étaient offusqués précisément, non seulement de ce qui se passait en Palestine, mais du silence qu'il y avait dans les médias et dans la classe politique. Mais pourquoi dans ceux qui ont eu accès aux médias depuis deux ans, pourquoi il y en a si peu ? Pendant un an et demi en tout cas, parce que depuis six mois, on voit bien que ça y est.

À un moment, il y a une petite bascule qui s'est opérée. Oui, il y a quand même beaucoup de morts. Il y a beaucoup de morts.

Il faudra que ça s'arrête. Il faudra que ça s'arrête. Là, ça a l'étoint.

Les enfants...

Avec en plus...

Alors ça, c'était encore plus terrible quand on analyse les choses avec un petit peu de recul. C'est-à-dire qu'on a acté quelque chose, nous. Parce qu'en réalité, la bascule dont vous parlez, elle a eu lieu à peu près lorsque le bilan officiel était autour de 50 000 morts.

Donc, on peut considérer que pour un pays comme la France, il ne s'agit pas non plus d'être en l'un dans les condamnations, mais comment ça suffit ? Les premiers, ça suffit, ça a été à 50 000 morts. Donc, on peut considérer que c'est raisonnable de tuer 50 000 musulmans, arabes, parce qu'ils sont palestiniens.

Jusque-là, ce n'est pas la peine de gueuler trop fort. Mais 50 000, là, quand même. 20 000, 30 000, bon, ça, ça passe, on l'oubliera vite.

Et donc, il y a ça aussi qui est encore plus cynique et en réalité affreux. C'est-à-dire qu'on a bien compris, pour ceux qui en doutaient encore, que finalement, la morale, là-dedans, le droit, bien évidemment, n'ont absolument aucun rôle à jouer pour ceux qui nous dirigent aujourd'hui, pour ceux qui occupent les espaces médiatiques. Que tout n'est qu'utilitarisme, petit calcul, calcul personnel, calcul parfois diplomatique, et ainsi de suite.

Alors que ce qui devrait nous unir, je le répète, c'est un ciment constitué sur des valeurs fondamentales. Tout enfant, quelle que soit sa religion, quel que soit son pays, quel que soit l'endroit où habite, doit être protégé. Il doit être protégé, d'abord par ses parents, ensuite par la communauté dans laquelle il vit, par les institutions du pays dans lequel il vit, et ensuite par des lois, des lois internationales.

Donc, à partir du moment où un pays qui s'enorgueille d'être la patrie des droits humains comme nous, dit non, non, on peut protéger, mais parfois, ce n'est pas la peine. C'est ce qu'a dit la France. C'est ce qu'on dit énormément de journalistes, c'est ce qu'on dit énormément d'artistes, et d'autres personnalités qui avaient voix au chapitre.

Et donc, non, on ne se remettra pas, le pays ne se remettra pas de ça, l'Europe ne se remettra pas de ça. Et nous, dans notre confort de gens qui ne sont pas inquiétés pour notre intégrité physique dans la vie, nous non plus, psychologiquement, on ne s'en remettra pas. Vous avez fait un certain nombre de signalements, si mes souvenirs sont bons, sur des interventions médiatiques ?

Oui, j'en ai fait quelques-uns. Ça a donné quoi ? Ça a abouti à quoi ?

Et c'était auprès de qui déjà ? Est-ce que c'était la saisine du procureur de la République ? Dans ce cas-là, on fait un article 40 auprès de la procureure de la République de Paris.

Vous avez un exemple ? Par exemple, Rahim Korsha, le grand rabbin, qui a déclaré, je crois, à la fin de l'été 2024. Donc, à un moment, on était déjà bien conscients de tout ce qui se passait à Gaza.

On savait déjà que c'était un génocide. La CIJ avait déjà alerté sur le risque. Il y avait déjà le rapport de Francesca Albanese, le rapporteur spécial des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés.

Il y avait des ONG qui l'avait dit. Bref, on savait déjà la gravité des crimes commis par Israël. Et donc, on a Rahim Korsha qui dit sur un plateau de télé qu'il n'a pas à rougir de ce que fait Israël à Gaza et que même tout le monde attend que Netanyahou finisse le boulot.

Oui, que l'armée termine le boulot. L'armée. Donc, on est vraiment là dans une apologie.

Une apologie qui est en train de se passer là-bas à Gaza des crimes. Et ça, c'est puni par la loi, apologie de crimes contre l'humaineté, de crimes de guerre. On fait un signalement parce qu'on aurait été obligé quand un élu a connaissance d'un délit possible, il le signale à la justice.

Et ça a été classé. Il n'y a pas eu de suivi. On a fait d'autres signalements dont on n'a pas forcément de nouvelles aujourd'hui.

Par exemple, on a fait un signalement sur le gala de la honte Dédé Force. Dédé Force, c'est une association qui a été créée par Franck Tapirot. Oui, on en a parlé ici.

Une milice quoi. Une milice qui veut mener la bataille des faits. Alors, ils ont un langage militaire d'ailleurs très ambigu parfois.

Mais alors, quand on les interroge là-dessus, ils font non, non, mais on parle juste de la bataille des esprits. Donc, ils ont sur leur site internet par exemple des fiches qui revisitent complètement l'histoire du Proche-Orient, l'histoire d'Israël en diffusant des fake news. Et ils ont fait, et ça a été, c'est Tapirot qui raconte lui-même, qu'il a fondé ça avec un ministre israélien.

L'ingérence, elle est même carrément avouée, elle est affichée. Et il se trouve qu'ils ont fait plusieurs galas qui sont des galas de soutien à l'action de l'armée israélienne en réalité. Vraiment.

Donc, c'est des galas pro-génocide. Et dans l'un d'entre eux, vous vous souvenez sans doute, il y avait eu notamment un quiz qui avait été posé dans lequel on se moquait du nombre de victimes palestiniennes à Gaza. Je rappelle, c'était vraiment question pour un champion.

Est-ce que ça représente le nombre de morts ? Est-ce que ça représente 15% de la population ? 7% de la population ? 0,5% de la population ?

Avec effectivement des rires et puis une salle qui s'amusait à ça. Oui, on se marrait. C'était drôle.

Est-ce que c'était les 50, 60 ? Je crois que c'est ça. C'est le détail que vous venez de donner.

Enfin, qui était mais sordide, immonde. Puis, il y avait d'autres choses dans cette soirée. Il y avait l'intervention de Raphowitz, par exemple, le porte-parole en visio qui était le parrain de l'événement.

Donc, le parrain d'une armée, le parrain de cet événement étant donc le porte-parole d'une armée génocidaire. C'est du délire total avec des gens qui l'applaudissent. On lui donne du merci Olivier d'être là.

Lui qui dit merci pour votre travail. C'est une folie. Donc, ça, évidemment, ça doit être condamné en toute logique.

Et j'ai même, de mémoire, je crois même qu'on a demandé la dissolution auprès du ministère de l'Intérieur, la dissolution de DD Force. J'attends de savoir...

Je sais qu'on avait été rappelés pour avoir des précisions sur le sujet. On n'a pas de réponse à ce stade. Et en ce qui concerne le signalement que nous avons fait par rapport à l'apologie de Clémy-Gam, on a reçu un courrier qui est assez sidérant.

C'est-à-dire que la procureure de République nous a répondu, mais elle nous a demandé à nous, à notre équipe parlementaire, alors que c'est son taf, de trouver pour chacun des extraits qui nous semblaient problématiques. D'abord, elle nous demandait un tableau. Il fallait que ce soit nous...

Elle trouvait que notre premier courrier était trop brouillon. Mon équipe ne travaillait pas de manière brouillonne. Mais il fallait que nous, on mette tout ça dans un tableau XL, tous les aspects problématiques qu'on avait relevés, et que nous-mêmes, nous déterminions pour chacun d'entre eux en quoi il y aurait infraction à la loi.

Ah oui, c'est à vous de faire le choix. En gros, c'était à nous d'être ses assistants. Alors, comme si on avait que ça à faire.

Mais donc, on a quand même fait. On a pris des heures de travail pour le faire. On a renvoyé ces précisions et depuis, on n'a pas de nouvelles.

On a dû faire quelques autres signalements. L'ARCOM, évidemment. L'ARCOM, on a signalé beaucoup de choses.

T'as-moi une chaîne comme CNews, où là, c'est vraiment une chaîne pro-génocide, avec des déclarations de dingue, quoi. Et qu'on retrouve et qu'on dissèque ici de manière assez régulière. Alors, puisque vous parlez de ça, je reviens avec votre double casquette journalistique et politique.

Quand vous voyez dans cette fameuse soirée, alors, on retrouve plein d'éléments sur votre compte X, notamment, vous publiez à chaque fois, vous êtes assez transparent, c'est-à-dire que vous publiez les réponses, vous indiquez que vous avez saisi, ensuite, vous publiez les réponses. Donc, il y a toujours un droit de suite, ce que je trouve intéressant aussi sur votre compte. quand vous voyez qu'au cours de cette soirée organisée par une milice proche d'un pouvoir génocidaire, et que vous voyez qu'on remet des prix, des bons prix, des bons points à des journalistes.

Alors, je pense à Ferrari, à Pina et compagnie, enfin, qui n'est pas journaliste, mais enfin, je veux dire, on leur remet des prix pour avoir collaboré à diffuser la propagande, ce qu'on appelle la Hasbara, la propagande israélienne. Mais qu'est-ce que le journaliste que vous êtes ? Comment vous réagissez à ça ?

Est-ce que vous dites que c'est un naufrage ? On assiste à un naufrage de la profession ? Ah, de la profession ?

Oui. J'en suis plus à...

Quand je regarde des déforts, je ne fais pas une analyse sur le métier en particulier. Je fais une analyse sur une entreprise de désinformation qui a pignon sur rue, qui a des espaces d'expression dans des médias sans que la justice intervienne. C'est ça qui me choque.

Quant au fait qu'il y ait des journalistes qui soutiennent le génocide ouvertement, en tant que tel, ça ne me choque pas puisque dans tous les épisodes historiques, même dramatiques, il y a toujours eu des journalistes qui se sont mis du côté des assassins, des génocidaires, des oppresseurs. Ça a toujours existé. Voilà.

Ce qui n'est pas normal. Donc je ne suis pas surpris de découvrir certaines voix. Ce qui n'est pas normal, c'est qu'on laisse ces voix s'exprimer sans aucune sanction comme si de rien n'était.

C'est là la faillite totale de la justice. Ce n'est pas la profession en elle-même. La profession, on va pouvoir en reparler sur une couverture générale des choses.

Comme je le disais, le fait qu'il n'y ait pas eu d'image du génocide pendant je ne sais combien de temps dans les grands médias, notamment les médias du service public, c'est juste dinguissime. Parce que là, à des défenses, on parle bien vraiment d'une apologie du génocide. tandis que ce qu'on pointe par ailleurs, c'est un silence qui devient complice.

Ce sont deux choses un petit peu différentes. Oui, pourtant, vous avez participé, je crois que c'était en tant que rapporteur, à des auditions à l'Assemblée nationale où vous avez pointé notamment l'incurie et puis l'aspect problématique. Alors je crois que vous aviez brandi la une de Libération, si mes souvenirs sont bons, qui donnait, je crois que c'était à l'époque, 30 000 morts et que l'un des cadres de Bollolland n'était pas capable de donner le nombre de morts.

C'est même le Big Boss ? Oui, oui, tout à fait. Non, quand je dis Bollolland, c'est l'ensemble de la galaxie Bolloré qui ne suivait pas l'actualité, qui n'était pas foutu de savoir combien il y avait de morts.

Je pense qu'il savait très bien. Oui, bien sûr. J'entends.

Simplement, il n'avait pas répondu correctement. Il disait qu'il n'avait aucune idée du nombre de victimes. Oui, absolument.

Ça a donné quoi ? Les suites de ces auditions, on en est où ? C'est une audition qui ne portait pas spécialement sur Gaza.

Non, non, mais vous étiez intervenu dessus. Je veux dire, ces chaînes-là qu'on incrimine qui font le job de propagande...

Il y a plusieurs choses à voir. D'abord, qu'est-ce que ça...

Suite à cette commission, il y a quand même la fermeture de C8 est quand même liée en partie au travail de cette commission. Vous le pensez ? Oui, je crois, parce qu'il y a une grosse couverture médiatique, précisément.

Vous vous souvenez, il y a Nuna qui était venu dans cette commission, tout ça. L'ARCOM, à un moment, a eu besoin de réagir par rapport à ce qui se passait dans le groupe Bolloré en raison d'une pression. Alors, une pression populaire, quand je dis populaire, c'est-à-dire de la part de citoyens qui se sont insurgés contre ce qui se passait sur ces chaînes, une pression politique et la commission en a fait partie.

Après, ce qui est surprenant, c'est, à titre personnel, c'est une discussion que j'ai eue au sein du groupe auquel je suis apparenté, et la FI. Moi, je n'aurais pas demandé la fermeture de C8. Je demande pourquoi, parce qu'il y a eu des dérapages, il y a eu des choses qui ont été condamnées, d'ailleurs, par l'ARCOM.

Mais il y a des cahiers des charges. Il y a des cahiers des charges lorsqu'une chaîne reçoit un agrément pour être diffusé sur un canal de la TNT gratuite, qui est donc, c'est un canal qui est offert, en réalité, par la puissance publique. Eh bien, la personne qui dirige la chaîne remplit un cahier des charges, enfin, signe un cahier des charges dans lequel il y a des choses très précises.

Il s'engage à le respecter, bien sûr. Il s'engage à le respecter. Et il semble que les manquements qui avaient été pointés sur ces huit, donc non-maîtrise de l'antenne, insultes, humiliation de certaines personnalités, bon, très bien, ils avaient été punis, sanctionnés, et il me semble qu'il était possible, peut-être, dans le cadre de l'ARCOM, notamment, et de son pouvoir de sanction, il était possible que cette chaîne rentre un petit peu, qu'on dire, dans le rang de sa convention et respecte ce pourquoi elle avait obtenu son canal.

Parce qu'il suffisait, finalement, d'arrêter, d'exercer, d'arrêter. En revanche, il me semble qu'on avait un problème structurel, idéologique avec ces news, qui était en contradiction totale avec ses obligations conventionnelles, notamment, le fait de proposer une information qui soit plurielle, qui soit large, qui respecte toutes les opinions, qui ne heurte pas certaines religions, etc., etc.

Et moi, j'avais fait la démonstration plusieurs fois dans des interventions à l'Assemblée ou en dialogue avec le président de l'ARCOM, les présidents, puisqu'ils ont changé, je leur ai dit, mais vous avez constaté quand même que les obligations conventionnelles basiques ne sont pas respectées. C'est-à-dire que, par exemple, c'est une chaîne qui désinforme. Alors, dans sa fonction première, cette chaîne, vous avez donné une fréquence à une chaîne qui doit donner de l'information sur laquelle il peut y avoir de l'opinion.

Ça, c'est pas gênant, du moment qu'on comprend que c'est de l'opinion, déjà. Mais ça ne peut pas être, en revanche, une chaîne militante. Ça ne peut pas être une chaîne qui ne soit strictement que de l'opinion.

À un moment, on doit quand même avoir des espaces d'informations avec tous les critères de qualité qui y sont rattachés. C'est minimal, ça. C'est minimal.

Entre le blabla militant et le reportage, il y a un fossé. Or, tout nous prouve, on a pu le démontrer des tas de fois avec notre équipe parce qu'on a beaucoup travaillé sur le dossier CNews, que CNews est une chaîne de militantisme d'extrême droite qui évite...

Il y a un grand pluralisme en réalité, si je me glisse dans votre peau, je sais que je vais me dire, il y a un grand pluralisme entre Le Pen et Zemmour. Quand même. Il y a quand même plusieurs tendances qui sont représentées.

Ce qui est drôle puisque vous êtes un garçon qui a beaucoup d'humour, c'est quand même drôle de voir les affichettes face à face entre Julien Drey, par exemple, et de Villiers ou d'autres qui sont exactement du même avis sur tout et qui, en fait, le CNews donne très souvent l'impression, ou Européens, donne très souvent l'impression qu'il y a une espèce de confrontation d'idées alors qu'effectivement, on est complètement dans quelque chose de bidon. Et vraiment, il n'y a que trois thèmes qui sont traités, c'est immigration, islam et insécurité, les trois thèmes étant toujours liés l'un à l'autre. Absolument.

Dans les rapports inventés de cause à effet. Je le confirme. Donc, très, très clairement, je ne comprends pas, je l'ai redit, Martin Azjari, le nouveau président de l'ARCOM, en commission il y a quelques jours, c'est une honte absolue que l'ARCOM ait maintenu sa fréquence à CNews.

Et s'il y avait une chaîne qu'il fallait priver de sa fréquence, ce n'était pas C8, c'était CNews. Il est très embêté, le président de l'ARCOM quand je lui dis ça. Parce que je lui ai aussi dit dans un entretien, je veux dire bilatéral, dans un entretien privé, enfin non, dans le cadre des auditions à l'Assemblée, mais pas en commission, il ne sait pas quoi répondre.

Enfin, c'est des réponses très vagues, non, mais nous intervenons lorsque, machin, enfin, que des trucs bidons. Et très clairement, la décision de maintenir CNews sur, parce qu'il pourrait tout à fait Bolloré faire sa chaîne raciste et islamophobe, ce n'est pas ça, je ne suis pas en train de dire que cette chaîne ne doit pas exister, qu'il la fasse, mais qu'il trouve ses propres moyens de diffusion. Bien sûr.

Sur Youtube, c'est ce qu'on s'était dit pour le C8, parce qu'ils se sont extrêmement victimisés, ils ont fait, alors c'était des heures et des heures de loges funèbres, je le rappelle pour nos amis, des loges funèbres où ils disaient, de manière fausse, une nouvelle fois, que c'était l'ARCOM qui avait fermé C8, alors qu'en fait, ils ont juste retiré le canal et qu'effectivement, on l'avait dit à l'époque, Bolloré aurait très bien pu basculer C8 sur une chaîne YouTube, par exemple, et ce n'est pas lui, ce n'est pas l'ARCOM qui a licencié les personnes, mais juste une question un peu directe, mais quand le président de l'ARCOM, quand vous dites ça au président de l'ARCOM, en fait, pardon de le dire comme ça, mais vu le mode de nomination de ce fameux collège et du président, il n'en a rien à foutre de ce que vous dites. Il n'a pas de compte à vous rendre. Alors, il se trouve que dans mes activités de parlementaire, je suis rapporteur pour avis sur le budget de l'utilisateur public.

Alors, d'accord, on est d'accord, c'est news, ce n'est pas l'utilisateur public, mais j'ai déjà la possibilité de lui poser un certain nombre de questions et de ces questions découlent, donc j'étais rapporteur l'an dernier, je suis donné à un rapport qui, quand même, peut être diffusé, peut donner aux citoyennes et aux citoyens français un état des lieux qui peut être assez défavorable quant à l'action de l'ARCOM qui ne fait pas forcément son boulot. Alors, sur CNews, vous avez raison, on auditionne aussi à l'Assemblée le président de l'ARCOM régulièrement et on l'interroge donc aussi sur des chaînes privées comme CNews, mais effectivement, les réponses qu'il nous fait, on a des moyens d'action qui sont proches de zéro en réalité parce que nous, on peut s'indiquer surtout lorsqu'on est dans l'opposition comme nous, enfin, tout en étant majoritaire, c'est la particularité de la démocratie en France depuis un an, un an et demi, mais vous avez raison et ils s'en foutent complètement parce que l'ARCOM est un organe politique qui ne remplit absolument pas sa mission, qui n'a aucune indépendance contrairement à ce qu'il prétend et c'est très problématique puisque vous savez que, enfin, peut-être le rappeler pour les gens qui nous écoutent que l'ARCOM, le gendarme de l'audiovisuel est un collège constitué d'un certain nombre de personnes dont les membres sont nommés par des politiques, président du Sénat, président de l'Assemblée, etc. Donc, évidemment, elle est où l'indépendance ?

Il n'y en a pas. Donc, le fait de ne pas fermer CNews a été une décision politique. Alors, puisque vous venez sur ce terrain-là, je pensais vous poser la question un petit peu plus tard, mais comme l'heure tourne, on va...

Parce qu'il y a deux choses sur lesquelles je voudrais vous faire réagir. Est-ce que vous souhaitez idéalement que...

Bon, là, on va aborder les municipales, ce n'est pas notre sujet direct, mais après, on va évidemment foncer vers la présidentielle, si tant est que nous ne ne soyons pas déjà en campagne. Est-ce que pour la présidentielle et les possibles législatives dans la foulée, est-ce que vous souhaitez que dans les...

Alors, je pense évidemment au parti de gauche, notamment ceux qui composent de l'NFP, est-ce que vous souhaitez que les candidats et les partis placent un peu plus au cœur des programmes politiques la question de la régulation et de la maîtrise des médias, notamment les concentrations, évidemment, mais aussi peut-être un peu plus et notamment une refonte de l'ARCOM. C'est un sujet important, la question des médias pour le NFP, en tout cas pour les forces qui composaient le feu NFP, on ne sait pas où trop ça en est. Donc, en tout cas, pour les Insoumis, pour les Verts aussi, cette question de la non-concentration, la concentration qu'on aimerait combattre, qu'on aimerait en tout cas voir se terminer, c'est un vrai sujet pour nous parce que, évidemment, vous avez raison, ça devrait être un sujet de campagne beaucoup plus présent puisque les médias sont aujourd'hui largement utilisés par certaines forces politiques, les forces politiques dominantes, évidemment, qui sont liées aux forces de l'argent, sont pour désinformer et ont une influence directe sur tous les dévoiements de la démocratie que l'on constate.

Et pour être vraiment citoyen, il faut que nous soyons informés. Or, aujourd'hui, la plupart des journaux font l'inverse puisqu'ils nous livrent des visions extrêmement politiques qui vont à peu près, pour beaucoup d'entre eux, pour la grande majorité en tout cas des grands médias qui vont toujours dans le même sens, évidemment. C'est la défense du système néolibéral, capitaliste, etc., de la société de consommation, etc.

Donc, avec des impasses sur certains sujets, des billets sur d'autres, ce qui empêche, finalement, le citoyen de faire de vrais choix. Mais moi, à titre personnel, je vais beaucoup plus loin. C'est-à-dire que je considère que l'information, c'est tellement important que ça, c'est la rêve qui propose ça, c'est mon parti politique, on considère que chaque citoyenne, chaque citoyen devrait pouvoir bénéficier gratuitement, chaque année, d'un certain nombre d'abonnements de presse.

Alors, il faudrait trouver différents moyens, ça pourrait être un crédit d'impôt, certains ne payent pas d'impôt, donc ça pourrait être un remboursement, etc. Et puis, il faudrait aussi, parce que je lis aussi beaucoup la démocratie à la question du temps de travail, c'est-à-dire qu'il y a un camp en France très important qui dit « on ne travaille pas assez, il faut qu'on travaille encore plus, plus longtemps » et puis les 35 heures, c'est une vaste fumisterie, alors déjà, on est à peu près à 38 heures et demie dans les faits, mais donc, il faudrait repasser à 40 heures, il faudrait...

Or, voler le temps aux gens, parce que je pense que le temps, c'est notre bien le plus précieux dans la vie, c'est le temps. Lorsque l'on vient au monde, la chose que l'on a de plus précieux, qu'on va pouvoir faire fructifier ou qu'on va gâcher par des comportements personnels ou bien souvent des comportements imposés, des comportements de consommation imposés, par exemple, toute la question des pesticides, l'explosion des cancers sont bien liés à des modes de consommation et de production et donc ça, ce sont des années de vie en moins qui nous sont volées, ensuite, ce sont des emplois qui vont nous être imposés, qui vont nous voler aussi du temps pour profiter de nos proches, mais aussi pour nous épanouir tout simplement dans notre vie et en réalité, la question du temps, devrait être au cœur d'une campagne présidentielle à venir. C'est le temps.

Et on relie un certain nombre de sujets qui aujourd'hui ne sont pas liés, par exemple, le fait de travailler 40 heures par semaine, nous empêche en réalité d'exercer pleinement tous nos droits de citoyens. Pourquoi ? Parce que quand on est harassé par le travail comme on l'est aujourd'hui, en réalité, on a peu de temps pour se renseigner sur les choses qui font notre environnement et notre quotidien.

On n'a pas tellement le temps pour se renseigner sur les travaux de l'Assemblée nationale, sur les nouveaux textes de loi qui arrivent, sur les programmes des gens qui passent à la télé et dont les chaînes ne nous extirpent que 20 secondes de commentaires sans qu'on sache réellement à quoi ça correspond. On est dans une société du spectacle qui a été théorisé depuis il y a extrêmement longtemps mais aujourd'hui qui est une société du bourrage de crâne. Que les réseaux sociaux n'arrangent pas pour le groupe.

C'est une calamité. C'est pour ça que nous, avec notre équipe, on utilise vraiment les réseaux sociaux à contre-emploi puisqu'on essaie à chaque fois de faire de l'argumentation, on essaie de faire ce qui ne correspond pas du tout en réalité à l'usage classique des réseaux sociaux qui sont beaucoup plus dans l'idée de phrases-chocs, etc. Il faut exister, avoir des followers et nous, on essaie d'utiliser les réseaux autrement.

On pense qu'il peut y avoir une autre utilisation très intéressante des réseaux sociaux. Et donc, pour terminer sur cette idée, nous, on considère qu'il faudrait diminuer le temps de travail mais très largement. C'est-à-dire que 35, 40, c'est déjà beaucoup trop.

Surtout quand on a, par exemple, des charges familiales. Donc, c'est-à-dire qu'en tant que chez soi, en plus, on s'occupe des enfants, etc. Il faudrait diminuer, par exemple, à 20 heures par semaine.

Le temps de travail serait à 20 heures par semaine. Et dans le temps libéré, alors non seulement, mais on peut aussi s'impliquer dans la vie politique, la vie politique locale, régionale, nationale. Mais on peut aussi, surtout, utiliser ce temps pour se nourrir.

Se nourrir d'informations pour suivre l'actualité. Parce qu'en réalité, si vous allez dans la rue aujourd'hui et que vous faites un sondage sur 10 grands sujets qui sont extrêmement importants pour déterminer l'avenir des Françaises, des Français, des Européens, tous les humains de cette planète, je suis sûr qu'on va découvrir que sur ces 10 sujets cruciaux, fondamentaux, une grande majorité des gens, en réalité, ne sont pas informés ni des enjeux réels, ni des données qui leur permettent de se faire un avis, et ainsi de suite. Et c'est fait exprès.

Le système médiatico-économique, puisque les deux champs sont intimement liés aujourd'hui, est fait pour que vous n'ayez surtout pas envie de réfléchir. Et là où le truc devient vraiment pervers, c'est qu'on va dans des attitudes de consommation de médias où le temps d'attention est de plus en plus court, où l'argumentation ne doit plus exister et où on fait, on scrolle en fait, on scrolle sur des moments, on scrolle sur des moments, mais vous voyez bien que l'argumentation, c'est-à-dire argument contre argument, thèse, antithèse, contradiction, etc., tout ça, il n'y a même plus de place pour ça.

Alors, est-ce que, pour les gens de ma génération, scroller, c'est quand vous balayez sur les réseaux sociaux, sur votre téléphone notamment, est-ce que ça ne passe pas par l'école ? Enfin, je veux dire, un peu comme l'éducation civique qui est réduite à peau de chagrin, est-ce qu'il ne faudrait pas développer, enfin, développer, créer, puisqu'il y a seulement la semaine de la presse à l'école qui n'a aucun sens, mais est-ce qu'il ne faudrait pas créer un cours, tout simplement, au moment du collège, par exemple, un cours d'éducation aux médias, au décryptage médias, à la sensibilisation ? Je pense que tout ça, c'est du pipeau qui est fait précisément pour se donner bonne conscience.

Allez, on a fait quelques heures de sensibilisation aux médias. Ah non, mais en plus, je parlais, en plus de ce que vous proposez. Non ?

Vous pouvez le faire, je ne vais pas voter contre si un jour, il y a, ça existe déjà. Non, mais je pose la question puisque on parle d'éducation. Non, mais le problème est bien plus profond que cela.

C'est une éducation qui commence dès la naissance. C'est apprendre à ses enfants à ne pas allumer les écrans ou les allumer vraiment que sur certains programmes qui ont été vraiment choisis. Et ensuite, et ça concerne aussi les adultes, il a le problème.

Là, vous me parlez du collège, mais dans ce cas, il faut faire aussi des cours de sensibilisation aux médias, aussi aux trentenaires, aux cadres, etc. Je parle pour démarrer à un moment donné avec les futurs adultes. Mais ça ne suffira pas, de toute façon.

En réalité, si l'école a vraiment les moyens qu'elle est censée avoir, ce qui n'est pas le cas, elle serait capable dès à présent par les cours classiques, par la manière qu'elle a d'appréhender les élèves. Elle serait capable déjà de les élever au danger des fake news, à la nécessité d'une pensée complexe, à la nécessité d'une argumentation. Mais ça, c'est aussi dans notre manière d'envisager le fait d'enseigner à 20 enfants.

Qu'est-ce qu'on dit à 20 enfants ? Moi, par exemple, j'ai un enfant de 7 ans. Et pour moi, les enfants, c'est le sujet principal, crucial.

En réalité, toutes nos politiques devraient être faites en fonction des enfants. Avec un autre pan, c'est les personnes âgées, la question de la dépendance qui aujourd'hui est sous-traitée, évidemment, elle se pose aussi comment on fait pour s'occuper de nos anciens lorsqu'ils ont cessé de travailler, même si une grande partie de la casse politique aujourd'hui veut qu'ils ne cessent jamais de travailler. Mais bon, mais sinon, les enfants, les enfants, c'est une chose...

Et je dis souvent à mon enfant. Oui, tu as une institutrice, tu as des éducateurs dans le temps périscolaire, etc. Et ils vont te donner des ordres.

Ils vont te dire « Va là, fais-ci, mange ça, ne fais pas, fais ça. » Alors souvent, ils auront raison, mais sache dès à présent qu'ils n'ont pas toujours raison. Et ne crois pas tout ce qu'ils te disent.

Et une réception critique de ce qui t'est dit. Ça passe donc également par une éducation qui n'est pas suffisamment liée aux médias. C'est une manière d'appréhender la question même de l'autorité.

Parce qu'une image qui est diffusée à la télé, vous savez, pendant longtemps, alors maintenant, tout est en train de changer, mais on disait « C'est vrai, je l'ai vu à la télé. » Donc l'autorité, elle passe aussi par le simple fait qu'il y a quelque chose qu'on a vu. Et comme il y a eu un filtre qui s'appelle TF1, France 2, maintenant, je ne sais pas qu'est le média sur les réseaux sociaux, les gens vont s'imaginer que c'est vrai.

Donc cette idée de remettre toujours en cause quelque chose qu'on vous dit jusqu'à ce que vous ayez eu la preuve que ce qui vous a été dit est vrai, c'est un principe. C'est un principe de raisonnement, c'est un principe de fonctionnement qui peut être utile vraiment dans tous les pans de la vie. Et c'est ça que je veux dire pas seulement pour les médias.

Alors le...

Mais après, c'est vrai, pardonnez-moi, vous avez raison pour dire qu'il y a des règles journalistiques basiques, le fait de recouper les faits, le fait de citer une source. Donc ces règles basiques sont bafouées aujourd'hui par énormément de médias. Mais ça, on peut effectivement l'expliquer assez vite aux jeunes, aux enfants, à l'école.

Oui, certes, mais je pense dans ce cas-là, comme je vous le disais, il faut des piqueurs de rappel même dans la vie d'attitude. C'est fréquent, voire en continu. Parce que, pardon, vous avez vraiment pas de bol avec moi parce que vous vouliez faire 40 minutes, mais en fait, j'ai décidé de prendre en otage votre rendez-vous et je vais faire 4 heures.

On en est à 3 heures et quelques. Donc c'est bon, on n'est pas loin. Non, parce que toutes les questions que vous posez, je les trouve super.

Merci. Non, mais là, par exemple, Zemmour. Pourquoi Zemmour a grimpé comme ça ?

Parce qu'on l'a laissé raconter n'importe quoi dans les médias pendant des années. Le RN, c'est la même chose. Moi, je dis que le Rassemblement National, pour combattre le Rassemblement National, alors, j'ai considéré longtemps qu'on aurait à un moment, lorsque le PEN est entre 5 et 10 %, c'est-à-dire, on était jeunes, c'était il y a 35 ans, à ce moment-là, il aurait dû y avoir un cordon sanitaire dans les médias pour dire, on n'invite pas cet homme qui est raciste.

Comme ce qui est en Belgique actuellement. Comme la Belgique, qui est antisémite. On ne l'invite pas parce que ça n'est pas digne de notre antenne, ça n'est pas digne d'un débat public.

Il se trouve simplement que maintenant, puisqu'on a laissé faire, on a un Front National, une extrême droite qui est entre 30 et 40 %. On ne peut plus faire comme si ça n'existait pas et on ne peut plus exclure ces gens des antennes, du débat, il faut qu'ils soient là. Mais il faut qu'on les combatte sur des arguments.

Pour moi, l'extrême droite est la franche politique la plus menteuse de tout l'espace, de tout le spectre politique en France. Et un mec comme Zemmour, s'il a pu comme ça grimper si haut d'un statut de journaliste jusqu'à celui d'homme politique candidat présidentiel, c'est parce qu'on l'a laissé raconter n'importe quoi. Le travail n'a pas été fait.

En plus, il avait l'étiquette de journaliste. Donc...

Pardon de vous interrompre, mais il est invité et il a été invité. Je revoyais Christine Kelly qui se félicitait de le recevoir dans son émission. Il est quand même invité pour ça.

On sait très bien ce qu'il va dire. Et donc, ce n'est plus une erreur. Ça devient une ligne éditoriale.

On n'est plus dans...

Vous avez besoin de citer C News. Oui. Sauf qu'à un moment, il va falloir aussi s'interroger sur la manière dont les médias...

Et j'ai vécu cette période. La manière dont les médias ont favorisé la montée de l'extrême droite pas pour des raisons idéologiques, pas en se disant on est d'accord avec ce qu'ils disent, il faut qu'ils soient là. Oui, c'est le cas pour C News, effectivement.

C'est nous, c'est ça. Non, c'est parce qu'il y a une vingtaine d'années à peu près, 25 ans, on s'est rendu compte que ce n'était pas cher de faire de la télé avec des gens qui parlent autour d'une table. C'est vachement moins cher que de faire faire du reportage.

Bien sûr. Que de faire des trucs...

Ou produire des émissions, des documentaires, des émissions...

Voilà, des documentaires...

Et donc, les chaînes ont commencé à multiplier les débats en invitant parfois des gens qui n'avaient aucune compétence sur les sujets qu'ils traitaient. Et maintenant, en fait, on est envahi de blabla. Et moi, je trouve que c'est l'un des...

Comment dirais-je ? C'est un des poisons. Des travers, oui, des poisons.

C'est un poison. L'un des poisons de notre époque, c'est le blabla. Vous ne pouvez pas allumer une télévision ou une radio ou...

Sans entendre du blabla. Des gens qui parlent. Moi, je trouve qu'on devrait beaucoup moins parler.

Alors, ça tombe mal, on parle. Mais il y a des espaces où il faut continuer à le faire, bien évidemment. Mais avec la multiplication des canaux, des réseaux, et ainsi de suite, il y a besoin de plus en plus de remplir avec du blabla.

Et ce blabla, il est de moins en moins maîtrisé. On a besoin de le remplir avec des gens. Donc, on invite de plus en plus de gens qui n'ont pas de compétences particulières sur le sujet qu'ils vont traiter.

Et à une époque, c'est passé...

Les fameux tautologues. À une époque, c'est passé, c'est donc...

J'en reviens il y a 20, 25 ans. La logique a été et non seulement on fait du plateau avec des gens qui parlent parce que ça ne coûte pas cher, mais en plus, il nous faut des gens qui ont des idées qui vont créer des clashes, qui vont en tout cas créer une rupture, une fracture. Il y aura un moment de télé.

Donc, on était content d'avoir un Zemmour qui allait nous dire une horreur parce que ça allait faire une séquence qui allait buzzer et ça allait profiter aux audiences de l'émission. Donc, il y a un aspect absolument cynique. Avant qu'on en arrive aujourd'hui à un projet politico-idéologique avec des terrains et compagnie, oui, là, très clairement, il y a des projets politiques racistes.

Ça part d'autre chose. Ça part du...

Allez, on fait sauter des digues, ça va nous permettre de faire de l'audience. Alors, justement, je voulais assez rapidement vous faire réagir sur deux extraits. Le premier concerne Caroline Floreste qui se retrouve sur une grande chaîne LCI, pardon, je vais gâcher le plaisir, qui se retrouve donc sur LCI à voir...

Alors, je crois que ça s'appelait au début, c'était pas En Roue Libre ou quelque chose comme ça. Enfin, voilà, ça a changé de nom. Mais en tout cas...

Pourtant, c'est bien que ça lui va bien, En Roue Libre. En Roue Libre, c'était la meilleure...

C'était le meilleur titre de chronique. Et on va prendre ça avec un tout petit peu de légèreté puisqu'on va écouter l'humoriste Hakim Omiri qui va en rire de l'équipe de la dernière avec notre cher ami Guillaume Meurisse qui va rire de son propos. Mais on va revenir sur un mot en particulier.

Je vous laisserai répondre brièvement. Bref, on enchaîne avec le moment où elle nous parle d'un palestinien qui documentait les atrocités à Gaza et qui a été tué cette semaine. C'est ce qu'on appelle un des acteurs du Pollywood.

Vous savez, Pollywood, c'est cet art, malheureusement, pour justement faire des mises en scène, des informés. Les morts, les amputés, la famine, c'est des FX en fait. Et on peut leur retirer plein de trucs aux palestiniens.

Mais s'il y a un truc qu'on ne peut pas leur tirer, c'est que ça joue bien. Putain ! C'est pas mal.

Elle croit et propage la théorie du complot qui consiste à dire que les palestiniens mettent en scène leurs morts et elle appelle ça Pollywood. Et j'avoue, moi j'y crois. Ouais.

Non mais j'ai déjà vu des vidéos de palestiniens morts et dedans on entend couper ! On va la refaire ! Ouais.

Tu diras à Israël qui rebombarde l'immeuble, on va la...

Hein ? Il n'y a plus d'immeuble ? Bah une école, c'est pas assez...

Hein ? Bon bah on la garde mais c'est emmerdant parce que l'autre là elle joue comme Marion Cotillard dans Batman, c'est...

Je pense que cet extrait en fait raconte quelque chose. Elle va utiliser le mot Pollywood qui est formellement le mot de propagande et de Hasbara de l'extrême droite israélienne pour expliquer que finalement tout ça, tout ce qui s'est passé à Gaza en grande partie ça a été mis en scène. Ah non, je rappelle c'est Palestine-Hollywood ça a été mis en scène façon studio hollywoodien et il n'y a pas de contradiction c'est-à-dire que Pollyadas la laisse développer ces théories d'extrême droite est-ce que ça vient imager ?

Parce qu'il est d'accord avec elle c'est ça qui est terrible on a un homme qui a présenté le journal du service public le plus grand journal du service public pendant des années il a encore quelle idéologie y avait-il derrière ? Il y en avait de l'idéologie je me demande c'était bien quand Pollyadas était... vous vérifiez mais c'est bien quand Pollyadas présentait le 20h qu'il y a eu cette histoire sur un café à Sevran où soi-disant c'était un café interdit aux femmes et en fait des contre-enquêtes ont montré que c'était bidon il y a une idéologie derrière l'histoire de je crois que c'est Pollyadas qui a posé la question aussi un jour récemment pendant le génocide est-ce qu'on peut dire qu'un civil israélien c'est la même chose qu'un civil palestinien est-ce que vraiment c'est... il y a des choses quand même très très très gênantes mais la présence même de Karen Forest dans cet emploi sur LCI est particulièrement problématique puisque c'est une personne qui a été prise en flagrant délit de mensonges à un nombre incalculable de fois et en principe un système médiatique sain aurait exfiltré cette personne ce qui a été le cas d'ailleurs lorsqu'elle avait menti dans une émission face à moi sur France 2 il y a de cela une dizaine d'années sur une histoire de procès qu'elle prétendait avoir gagné en appel alors que l'appel n'avait pas encore eu lieu etc. qui tourne régulièrement avec Laurent Ruquier qui vous a soutenu d'ailleurs la semaine d'après la semaine suivante puisqu'en fait le mensonge était tellement énorme que même Laurent Ruquier ne pouvait pas croire qu'elle mentait ce qui était logique oui sur le coup sur le coup je vous invite à le voir parce que ça tombe vraiment si vous tapez Caron Forest vous allez tomber assez rapidement dessus et effectivement il y a eu ce qui est extraordinaire sur cette séquence c'est qu'elle a poussé avec son avocat Malka et son ami Cohen le journaliste Patrick Cohen ils ont poussé le vice jusqu'à les raconter puisque je le fais très brièvement on est donc dans cette émission elle a perdu un procès en première instance parce qu'elle avait oh là là comme c'est curieux sur l'histoire d'une femme voilée qui avait été agressée elle avait raconté à la radio que c'était faux c'était une agression bidon etc c'est bizarre quand même que raconter ce genre de mensonge pourquoi on fait ça sur une femme voilée on se pose la question donc elle est condamnée en première instance et au moment où je la reçois on en est juste là elle a été condamnée je ne sais même pas si elle a fait appel j'en sais rien et donc je lui rappelle qu'elle a été condamnée en première instance sur cette affaire elle dit c'est faux j'ai gagné mon procès et moi je tombe des nuits je suis à bon vous avez gagné votre procès mais j'ai déjà et tout le monde enfin personne Laurent Hucket dit bon si elle le dise c'est de l'adresse sauf qu'en s'enseignant effectivement quelques heures après on se rend compte que non l'appel n'a toujours pas eu lieu pour des tas de raisons trop longues ici que je ne peux pas développer l'appel n'aura finalement jamais lieu puisque la plaignante comment dirais-je va faire une erreur administrative qui va l'empêcher de soutenir l'appel elle ne voulait absolument pas désister la plaignante peu importe toujours est-il qu'un an et demi après la justice va éteindre cette affaire c'est-à-dire qu'elle ne va même pas gagner l'appel elle n'a pas gagné ils vont dire bah non on n'a pas de nouvelles de la plaignante qu'elle gagne un an et demi après ou pas factuellement elle avait menti sur le coup tout à fait sauf qu'il y a des articles qui vont paraître à ce moment-là disant et à ce moment-là Cohen, Patrick Cohen va faire un édito puisqu'ils sont amis je pense que c'était à l'époque sur France Inter il faudra vérifier c'était ça dans lequel il dit car une fourreste avait raison donc voilà là encore en disant en s'appuyant sur une décision de justice qui tombe un an et demi plus tard lui donnant d'ailleurs toujours pas raison mais constatant simplement que toute l'action était éteinte ils vont raconter un an et demi plus tard qu'elle avait donc dit la vérité par anticipation ah oui ça c'est terrible c'est extraordinaire en disant j'ai gagné la paix oui c'est un peu comme voilà et là encore on va avoir la fake news alors donc on a cette personne qui est une spécialiste du mensonge de la désinformation de l'agression du harcèlement parce qu'elle aussi a orchestré plusieurs fois des harcèlements contre moi des harcèlements sur les réseaux sur les réseaux sociaux très facilement oui oui dans son magazine bien sûr le torchon et pourtant elle a toujours un espace qui représente-t-elle c'est-à-dire elle ne représente pas les journalistes qui honnêtement partout où elle est passée elle a laissé un très mauvais souvenir et puis surtout les gens les gens n'y savent qu'elle n'est pas crédible donc elle représente qui à part des intérêts financiers et politiques et des milliardaires des pays de l'Est dont on ignore encore le profil dont on ignore tout du profil précieux et de l'origine de ça mais bon ça n'a pas l'air de les intéresser de savoir d'où vient l'argent alors vraiment le retour je vais vraiment vous poser une toute dernière question ça concerne alors votre passage et je vais vous demander de répondre assez brièvement cher Émeric je suis désolé il n'y a pas de soucis si vous êtes à l'aise chez moi ça me fait plaisir votre passage chez Bourdin je le trouve on l'a déjà vu ici mais je voudrais juste remontrer un extrait notamment c'est la partie où vous éclatez de rire par rapport à une question complètement hors sol de Bourdin mais aussi il vous reproche de lui comment il vous reproche il vous reproche d'asséner une leçon de journalisme on rappelle que vous êtes quand même journaliste et donc il va mal prendre le fait que vous puissiez le corriger j'aimerais bien avoir votre avis on le regarde enfin je crois que est-ce que vous vous rendez compte est-ce que vous vous rendez compte est-ce que vous vous rendez compte de la manière dont on parle des musulmans en France il y a même une chaîne qui est entièrement consacrée au racisme islamophobe dans ce pays laquelle ? bah c'est news consacrée au racisme islamophobe bah vous regardez c'est news rarement tous les jours tous les jours un sujet pour fustiger les musulmans pour dire qu'ils sont dangereux qu'ils sont séparatistes on sait plus d'ailleurs si ils font du séparatisme ou de l'antrisme on sait plus parce qu'un jour il faut s'inquiéter de l'un le lendemain de l'autre mais pourquoi laisser penser que tous les musulmans sont des islamistes et pourquoi mais c'est pas c'est vous qui allez me répondre c'est certainement pas moi c'est certainement pas ma formation politique quand vous accusez d'islamophobie quand vous accusez d'islamophobie tout ce qui a trait tout ce qui a trait aux musulmans vous assimilez malheureusement les extrémistes aux musulmans qui pratiquent calmement et tranquillement leur religion et qui respectent les lois de la république c'est un formidable retournement sémantique c'était osé c'était osé pas du tout pas du tout Amérique 40 réfléchissait à pratiquer avec filet quand même est-ce que la loi religieuse prime sur la loi de la république oui ou non c'est clair c'est ça le fond du problème mais elle est sérieuse d'autres questions vous me demandez à moi député de la nation si la loi religieuse évidemment je vous pose quelle est ma réponse avec grand plaisir je vous la pose non non d'accord mais vous pensez que je vais vous répondre quoi comment demander un truc pareil ce que vous pensez surtout est-ce que vous pensez répondez-moi est-ce que vous pensez vraiment que l'énorme majorité des musulmans de notre pays place la loi religieuse avant la loi les lois de la république vous le pensez vraiment vous pensez vraiment que je le pense vous pensez vraiment que des musulmans ne placent pas la loi religieuse devant la loi de la république alors la question en substance c'est de savoir quand vous allez dans ce genre d'émission parce que ce qui me fait marrer dans cette intégralité de séquence qui doit durer je crois 25 minutes c'est qu'on vous voit complètement comac façon je sais exactement ce qu'il va me dire bon j'y vais parce qu'il faut y aller vous êtes dans quel état d'esprit quand vous êtes face à lui alors je parle pas de Bourdin en particulier mais il incarne tellement pour moi l'antithèse journalistique que je trouve ça et puis l'espèce de suffisance comme ça face à vous comme il l'avait fait avec d'autres du NFP mais comment vous y allez dans ce truc là et comment vous en ressortez est-ce que vous vous dites j'ai fait le job j'ai parlé à des gens ou alors c'est assez particulier dans des années de cours je vais essayer d'être cours mais cours façon Émeric Caron je sais ce que c'est d'accord d'abord j'ai rien contre Jean-Jacques Bourdin en particulier non non c'est ça je ne suis pas personnalisé c'est vrai que les années passant c'est compliqué parce que j'ai fait des interviews politiques j'en ai fait j'en ai pratiqué sur la chaîne sur Canal sur E-télé avant que ça devienne CNews et puis ensuite on n'est pas couché d'une autre manière sur un temps très long je ne vais pas donner l'impression précisément d'aller donner des leçons à des anciens confrères en revanche c'est ce qu'il vous dit c'est ce que dit Bourdin mais c'est vrai que je connais le métier donc je sais à peu près je sais pourquoi un journaliste pose une question je sais je sais exactement pourquoi il est passé par là où il veut aller souvent je le vois pas parce que c'est mon boulot comme le vôtre après comment je sors d'abord c'est marrant parce que depuis que je fais de la politique au départ j'ai accepté beaucoup de plateaux quand je dis au départ c'est les deux premiers mois et en y allant en tant qu'invité j'avais fait des interviews où je faisais mes bouquins et tout je faisais mon c'est différent j'ai été interrogé pendant 15 minutes sur un livre que je venais de sortir c'était ça se passait très bien c'était carré mais là on est allant en tant que politique je me suis rendu compte quand même très très vite alors c'est marrant parce qu'en regardant l'émission j'aurais pu le voir aussi mais en étant dedans on se rend compte finalement que beaucoup des débats qui ont lieu sur les chaînes ne servent strictement à rien et qui participent ils participent d'une grande confusion mais vraiment c'est pour ça je vous dis il y a trop de blabla ça parle trop il y a trop de chaînes il y a trop de chaînes qui n'apportent rien et qui font de la confusion c'est à dire on va faire deux heures de débat et en plus vous savez bien c'est comme ça marche c'est le même sujet qui m'attendait toute la journée alors c'est pas ça vous voyez et d'abord des médias j'en fais quasiment plus oui c'est ce que j'ai noté j'allais vous poser la question au final alors il y a deux raisons c'est que d'abord avec l'équipe on a beaucoup freiné c'est à dire que il y a par exemple BFM BFM m'invite encore de temps en temps mais sur des formats qui ne me semblent pas passionnants donc souvent je décline moi ce qui m'intéresse c'est les formats où on peut développer une idée oui tout à fait on peut développer avec une contradiction là vous êtes ma contradiction mais qui est très bienveillante mais j'adore le débat aussi évidemment le débat dès qu'on peut débattre sereinement sauf qu'il y a beaucoup il y a eu des débats que je refuse parce que je trouve que le thème n'avance rien je trouve que ça sert à rien à un moment ce que j'avais comme manière de gérer les médias c'est de dire j'ai été invité sur un espace de 15-20 minutes et je me pose action est-ce que j'ai un truc à dire j'ai dit non j'ai rien de nouveau à dire j'ai dit quelque chose soit sur Gaza soit sur un autre sujet je l'ai dit il y a 15 jours sur tel média je n'ai pas quelque chose d'autre à dire etc. donc est-ce qu'on a quelque chose à dire c'est la première question pardon juste pour nos amis je confirme que la première fois que je vous ai lancé une invitation c'est exactement la réponse que vous m'avez faite ah oui oui vous m'aviez dit alors c'était avant les vacances peu avant les vacances d'été vous m'aviez dit non parce que je n'ai pas plus de choses à dire que ce que j'ai dit au cours des dernières semaines c'est exactement la réponse que vous m'avez faite donc je confirme oui parce que je trouve que c'est terrible en plus un système qui aujourd'hui aspire vampirise les gens qui font de la politique qui ont l'impression qu'ils ont besoin d'aller pour se faire une notoriété aussi mais je pense que moi je réfléchis beaucoup à la stratégie politique pour gagner des élections je ne pense pas que multiplier les passages sur BFM pour quand on a un programme précisément ambitieux sur un certain nombre de sujets ce soit l'idéal donc il y a le premier point c'est que moi déjà j'avais beaucoup freiné et puis très honnêtement on s'en a rendu compte avec l'équipe là ça devient de plus en plus facile de choisir puisque depuis un an quasiment je ne suis plus invité nulle part quasiment à part des médias alternatifs comme le vôtre France TV sur toutes ses antennes je pense ne m'a pas invité depuis un an ah ouais je ne pensais pas que c'était aussi d'accord oui oui vous pensez être blacklisté ? alors blacklisté ça c'est ce que dirait mon ami Pascal Beniface que je salue qui a le sentiment de l'aide sur certaines antennes blacklisté c'est un terme qui fait un peu victime disons que oui en tout cas très clairement il y a des antennes qui ont fait le choix de ne plus m'inviter ça c'est une évidence puisque le rythme d'invitation que souvent je n'acceptais pas mais en tout cas maintenant alors peut-être aussi parce que j'ai dit non deux ou trois fois peut-être les gens disent c'est bon on ne l'invite plus mais France TV très clairement oui il n'y a plus de il n'y a plus une seule invitation puis les autres médias aussi quand on réfléchit je passe aujourd'hui je passe beaucoup dans des médias on va dire alternatifs comme le vôtre Thinkerview qui m'a permis de faire un truc et c'est des trucs qui me plaisent beaucoup d'ailleurs et ça me semble très intéressant mais ça c'est aussi je trouve assez instructif de constater qu'on n'est plus dans le choix des médias on merci infiniment cher Émeric Caron on va pour cette première partie en rester là non mais vous reviendrez à moins que vous ayez vraiment le mot de la fin si vous le souhaitiez parce que je pense qu'on a vraiment abordé un certain nombre de dossiers voire même un peu plus donc je vous remercie infiniment je vais vous joindre à moi pour saluer Lila Malky ah Lila qui aurait pu être en plateau malheureusement qui était occupée et qui m'a chargé je la salue de vous saluer très très heureusement voilà qui est l'une de vos supportrices parce que vous avez quand même un groupe vous avez des gens qui vous aiment beaucoup on le voit sur les réseaux il y a quand même des gens qui sont attachés à votre combat il y a beaucoup beaucoup de gens qui soutiennent les idées que je porte et c'est ça qui d'ailleurs fait qu'on a envie de continuer à se battre oui absolument et puis c'est ce dont je me suis rendu compte à l'université d'été notamment merci infiniment à vous et merci à toutes et tous d'avoir regardé l'œil de Moumou n'oubliez pas si vous voulez nous voir sur la TNT signez la pétition sur tnt-d-1d.fr restez connectés aux médias tnt tnt tnt tnt tnt tnt