Face à Face : Philippe Martinez - 10/03
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:20OuverteRéponse directe
Avez-vous eu une réponse d'Emmanuel Macron ?
- 0:29RelanceRéponse partielle
Accusé réception quand même de la lettre ?
- 1:07RelanceRéponse directe
Cette absence de réponse constitue un grave problème démocratique. Ça veut dire quoi ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y avait tout le monde autour de la table ?
- 2:33RelanceRéponse directe
Vous avez eu un coup de fil de cinq minutes vraiment de pure forme ?
- 2:43OuverteRéponse directe
Est-ce que vous sous-entendez qu'en vous voyant séparément, ils pouvaient tenter de vous monter les uns contre les autres ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48Invité politiqueFait
« Non, il a fait répondre par, j'ai entendu le ministre du Travail, plusieurs ministres dire que ce n'était pas à lui de le faire. »
- 1:04Invité politiqueFait
« Et quand on lui demande, compte tenu de la situation, parce que la situation est grave, inquiétante, quand on lui demande d'être reçu, il ne répond pas. »
- 1:16PrésentateurFait
« cette absence de réponse constitue, je vous cite, je cite l'intersyndicale, vous l'avez signé tous ensemble avec tous les autres syndicats, cette absence de réponse constitue un grave problème démocratique. »
- 1:46Invité politiqueFait
« La dernière fois qu'elle nous a reçues, et en plus de façon individuelle, c'est-à-dire chacun notre tour. »
- 1:55Invité politiqueFait
« Elle a refusé ce qu'on appelle une multilatérale, c'est-à-dire où on se retrouve et chacun peut exposer, à partir des discussions qu'il y a eu en bilatéral, chacun expose ses motivations, etc. »
- 2:24Invité politiqueFait
« Mais je vous avais dit que c'était un coup de fil de formalité, cinq minutes, quelques mots échangés. »
- 2:59Invité politiqueFait
« c'est non à l'allongement de l'âge de la retraite, non à l'allongement de la durée des cotisations. »
- 3:41Invité politiqueFait
« Ça veut dire qu'on tire la sonnette d'alarme. »
- 4:10Invité politiqueFait
« les gens se disent, qu'est-ce qu'il faut faire de plus pour être entendu ? »
- 5:25Invité politiqueFait
« Donc, il y a eu des coupures, oui, d'entreprises, d'installations, mais ni les hôpitaux, ni les usagers. »
- 6:19Invité politiqueFait
« on l'a toujours dit, on l'a dit publiquement, pas les usagers, alors surtout pas les hôpitaux et ce type d'installation. »
- 9:33Invité politiqueFait
« c'est que le 7 mars, c'était la plus grosse mobilisation non seulement de ce mouvement, mais depuis des années et des années. »
- 10:11Invité politiquePromesse
« Il faut continuer cette mobilisation, il faut continuer à s'exprimer. »
- 11:57Invité politiqueFait
« Vous imaginez de passer un texte de cette nature. »
- 12:11Invité politiqueFait
« une réforme qui est essentielle, soi-disant, pour le pays, et qu'on passe à la va-vite, et ça se conclurait par un 49-3. »
- 13:55Invité politiqueFait
« Il ne correspond pas aux attentes de la population. C'est ça, la démocratie. C'est écouter le peuple. »
Temps de parole
- Invité politique62 %
- Présentateur36 %
≈ 15,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC. Bonjour Philippe Martinez. Vous êtes secrétaire général de la CGT. On va évidemment parler de la mobilisation. Secrétaire général de la CGT d'ailleurs pour plus de très longtemps puisqu'à la fin du mois il y aura un congrès. On va parler de votre succession. On va parler aussi d'un des personnages d'ailleurs à la CGT Boucherone qui se dit stalinièrement. Enfin je vous interrogerai là-dessus. D'abord évidemment, avez-vous eu une réponse d'Emmanuel Macron ? Vous demandez à le voir, pas vous tout seul mais tous les syndicats. Est-ce qu'il vous a répondu ?
Non.
Rien ?
Non, non.
Accusé réception quand même de la lettre ?
Je ne sais pas, ce n'est pas moi qui l'ai apporté. Donc je ne sais pas s'il y a eu un tampon sur le courrier. Mais non, il a fait répondre par, j'ai entendu le ministre du Travail, plusieurs ministres dire que ce n'était pas à lui de le faire. C'est un problème. Tout le monde sait que c'est sa réforme. D'ailleurs, les mêmes ministres nous ont répété à longueur d'antenne que c'était dans son projet, etc. Et quand on lui demande, compte tenu de la situation, parce que la situation est grave, inquiétante, quand on lui demande d'être reçu, il ne répond pas.
Il ne répond pas. Et vous le disiez dans votre lettre, cette absence de réponse constitue, je vous cite, je cite l'intersyndicale, vous l'avez signé tous ensemble avec tous les autres syndicats, cette absence de réponse constitue un grave problème démocratique.
Bien sûr, c'est un problème.
Mais le fait que, quand même, Elisabeth Borne vous a reçue, les uns après les autres, pendant les phases de discussion, c'est il y a trop longtemps pour vous.
Comme disait l'autre, c'était avant. La dernière fois qu'elle nous a reçues, et en plus de façon individuelle, c'est-à-dire chacun notre tour. Or, vous savez que dans ce genre de négociations, il y a toujours une dernière séance où tout le monde est autour de la table. Nous, on a été reçues la dernière fois le 4 janvier, la CGT.
Est-ce qu'il y avait tout le monde autour de la table ?
Non, non, justement.
Chacun son tour.
Chacun notre tour, et elle a refusé. Elle a refusé ce qu'on appelle une multilatérale, c'est-à-dire où on se retrouve et chacun peut exposer, à partir des discussions qu'il y a eu en bilatéral, chacun expose ses motivations, etc. Pardon. Donc, ça, ça n'a pas existé. On a eu l'occasion de commenter ce fameux coup de fil du dimanche soir.
Où elle avait fini par vous appeler.
Oui, parce que sûrement que ça faisait mal dans le paysage, après deux journées de mobilisation, de ne pas au moins passer un coup de fil. Mais je vous avais dit que c'était un coup de fil de formalité, cinq minutes, quelques mots échangés. Donc, oui.
Donc, ça veut dire que vous l'avez vu vraiment tout début janvier. Vous avez eu un coup de fil de cinq minutes vraiment de pure forme. Oui. Et il n'y a pas eu de rendez-vous où ils auraient accepté de vous voir tous ensemble. Est-ce que vous sous-entendez qu'en vous voyant séparément, ils pouvaient tenter de vous monter peut-être les uns contre les autres ou de dire aux uns ce qu'ils n'avaient pas dit aux autres ?
Il y a chacun, vous le savez, tout le monde le sait, que chacun a des positions différentes sur le sujet. Par contre, il y a un sujet qui nous rassemble, c'est non à l'allongement de l'âge de la retraite, non à l'allongement de la durée des cotisations. À partir de là, et compte tenu de la situation, parce qu'il y a eu des mobilisations, des millions de personnes dans la rue, ce n'est pas tous les mois qu'il y a ça, ce n'est pas tous les ans qu'il y a ça.
Et une mobilisation record, encore mardi.
Exactement. Donc, il faut faire quelque chose, dans tous les conflits. J'ai un peu d'expérience maintenant. À une étape du conflit, on voit que la mobilisation est importante, on se dit qu'il faut peut-être qu'on discute. Ça se passe partout comme ça. Mais là, ça ne se passe pas comme ça.
Alors, la deuxième partie de la phrase, je disais, vous commenciez par dire, cette absence de réponse constitue un grave problème démocratique, virgule. Il conduit immanquablement à une situation qui pourrait devenir explosive. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on tire la sonnette d'alarme. Quand des millions de personnes sont dans la rue, et plusieurs millions, on l'a souvent dit, ce n'est pas toujours les mêmes, etc. Quand il y a des grèves, et qu'en face, il n'y a rien, silence, les gens se disent, mais qu'est-ce qu'il faut faire ?
Les gens se disent quoi ?
Les gens se disent, qu'est-ce qu'il faut faire de plus ?
Non, mais qu'est-ce que vous voulez dire ? Les gens vont s'énerver ? Les gens vont se radicaliser ? Je vous le dis juste,
les gens se disent, qu'est-ce qu'il faut faire de plus pour être entendu ? C'est tout, c'est une interrogation. Vous pensez à quoi ?
Non mais je veux dire, à un moment, on ne peut pas juste rester flou, c'est quoi ? Faire plus ?
Je ne sais pas. En tout cas, il y a...
Vous savez très bien, vous ne me dites pas je ne sais pas. C'est quoi les options ?
Je vous dis ce que j'entends, moi. Qu'est-ce qu'il faut faire de plus ? C'est tout. Et donc, il est de notre responsabilité d'alerter, puisque apparemment, il n'y a pas en face de nous une prise de conscience de la gravité de la situation.
Il y a déjà des mouvements, alors si on essaye d'aller vers ce qu'on appelle, en tout cas ce que moi, j'appellerais une forme de radicalisation, ce sont les coupures et les blocages. Vous savez, j'imagine pas du tout les reprendre. Mais enfin, quand même, il y a la question de la grève, et puis ensuite, il y a l'étape du blocage, et puis ensuite, il y a l'étape éventuelle de dommages. Il y a eu des coupures de courant, vous le savez, par des grévistes, notamment à Charleville-Mézières. Il y a un hôpital qui a dû être évacué. Cette coupure avait été revendiquée par la CGT Mine-Energie. L'IRM est hors service pendant dix jours. Est-ce que ça, franchement...
Moi, je n'ai pas confirmation de tout ça, et on l'a toujours dit, et les camarades de Mine-Energie l'ont dit, les usagers ne seront pas touchés. Donc, il y a eu des coupures, oui, d'entreprises, d'installations, mais ni les hôpitaux, ni les usagers. Voilà.
Vous dites, je n'ai pas confirmation, ça vous arrange de ne pas avoir confirmation ? Moi, j'ai l'article ici de France 3 qui dit que les grévistes coupent l'électricité à Charleville-Mézières. L'IRM de la clinique est inutilisable et cette coupure d'électricité avait été décidée et revendiquée par la CGT Mine-Energie. Une coupure qui devait toucher 600 abonnés de 14h30 à 16h30. L'hôpital a donc dû être évacué.
Vous avez... Et vous n'avez pas
de confirmation ?
Non. Vous avez entendu hier, il y a eu un débat sur est-ce qu'il y avait eu coupure ou non sur les installations du Tata de France et la direction a démenti. Donc, je ne sais pas... Moi, je...
Si tel était le cas, alors, si tel était le cas, vous le regretteriez ?
Bien sûr.
Vous le condamneriez ?
Pardon.
Vous voulez un peu d'eau peut-être ?
Non, non, ça va, ça va. On a toujours dit, on l'a toujours dit, on l'a dit publiquement, pas les usagers, alors surtout pas les hôpitaux et ce type d'installation. Je n'ai pas changé d'avis là-dessus.
Quelques points, en effet, de radicalisation, mais globalement, la grève reconductible ne prend pas.
Pourquoi vous souhaitiez qu'il y ait plus de... Moi, je ne souhaite rien. Je vous pose la question.
Vous le souhaitiez.
Il y a des grèves reconductibles, oui ou non ?
Il y en a très ponctuellement.
Qu'il n'y en ait pas assez, c'est une chose. Mais je viens de regarder...
Vous estimez qu'il n'y en a pas assez ?
Je viens de regarder un reportage juste avant qu'on prenne l'antenne sur les éboueurs d'Antibes. Vous l'avez vu ?
Bien sûr.
Il y a des grèves reconductibles dans la propreté. Il y a des grèves reconductibles dans l'énergie. Il y a des grèves reconductibles à la RATP, à la SNCF. Il y a des actions tous les jours dans plein d'entreprises. Je ne vais pas toutes les citer.
Non, mais c'est vous qui disiez on va mettre la France à l'arrêt. La France n'est pas à l'arrêt.
C'était le mot d'ordre de mardi. C'était le mot d'ordre de mardi. Et donc, il y a des grèves reconductibles.
Vous êtes déçus quand même, globalement.
On ne peut pas raisonner comme ça. On ne peut pas raisonner comme ça. Il y a des initiatives tous les jours. Je vous ai... Il n'y a pas très longtemps qu'on s'est vus. Je vous ai dit, et vous le savez très bien, que faire la grève reconductible, c'est facile pour personne. C'est... C'est douloureux. C'est du salaire en moins. Ça coûte cher. Donc, il y a beaucoup d'imagination de la part des salariés pour faire des initiatives. Il y a... Certains font une heure de grève tous les jours. Vous n'en parlez pas. Et ce n'est pas un reproche. C'est parce que c'est moins médiatique. Il y a eu un arrêt de travail dans une entreprise, une PME, je ne sais pas.
Non, mais moi, je suis... Je ne demande plus qu'à savoir ce qui se passe sur le terrain. Je vous explique.
Je vous explique. Par exemple, aujourd'hui...
Il y en a pas vu. Racontez-le.
Je suis en train de vous raconter, justement. Aujourd'hui, il y a une grève chez Monoprix, par exemple, sans faire de publicité. parce que c'est... Vous avez entendu cette étude de la Dares du ministère du Travail qui dit que c'est principalement les caissières de magasins qui disent qu'on ne peut pas aller jusqu'à l'âge de la retraite au travail. Eh bien, c'est ces caissières, c'est ces salariés de Monoprix qui sont en grève en disant... Mais Philippe Martinez,
je ne l'ai pas inventé. Vous avez dit qu'il n'y en a pas assez.
Oui, oui, il en faut plus. Oui, il en faut plus. Il en faut plus. Vous ne l'avez pas inventé, vous m'écoutez, c'est bien.
Non, mais quand même, il y a quelque chose qui est de l'ordre du décalage entre probablement ce que vous imaginiez et ce que les grévistes eux-mêmes peuvent vivre ou pas. Je vous donne les témoignages que j'ai eus sur RMC ce matin. C'était assez frappant. Hier et aujourd'hui, des gens qui disent voilà, moi, je veux bien faire la grève mais je ne veux pas la faire toute seule ou toute seule. S'ils ne le font pas, j'arrête. Et votre principal émis, c'est la résignation.
Non, je ne vous ai jamais dit le contraire. Mais je viens de vous le répéter. Faire grève, c'est un effort considérable. Il y a des problèmes de pouvoir d'achat. Il y a des gens qui n'arrivent pas à boucler leur fin de mois avec la paie complète. Alors une paie amputée, c'est encore plus dur. Les prix augmentent. Les produits de première nécessité augmentent. C'est une réalité. Il faut faire avec cette réalité-là. Moi, ce que je constate, et vous l'avez rappelé, c'est que le 7 mars, c'était la plus grosse mobilisation non seulement de ce mouvement, mais depuis des années et des années. Et ça coûte. C'est un effort considérable.
C'était le point culminant. Comment vous voyez les journées
de demain et de mercredi ? Et c'était la dernière. Bien souvent, là aussi j'ai un peu d'expérience, la première journée est très forte. Et puis après, pour des raisons qu'on vient d'évoquer, ça s'essouffle. Alors que là, en effet,
c'est un regain d'énergie et de volonté de mobilisation.
6e, un jour, deux semaines, et c'était la plus forte.
7e demain ?
Oui. 8e mercredi prochain ? Oui. Comment vous voyez les choses ? Écoute, il faut continuer cette mobilisation, il faut continuer à s'exprimer. Il ne peut pas, parce que la balle est dans le camp du président de la République. Il ne peut pas se passer des choses comme ça dans le pays et que celui qui est là pour rassembler tous les Français ne dise rien. Se taire dans sa tanière de l'Elysée sans prendre en compte les mobilisations, le mécontentement. Il y a des sondages d'opinion. Ça aussi, ça compte.
Ça compte à vos yeux, visiblement pas aux siens. Mais ce qui m'a beaucoup frappé dans la lettre que vous lui avez adressée hier, c'est la formule de fin. Dans l'attente d'une réponse favorable, nous vous prions d'agréer, monsieur le président, dans l'expression de notre plus haute considération et de notre profond attachement aux valeurs de la République. Vous ne voulez pas être mêlé à ce qui serait illégal, à ce qui serait de l'ordre de la bordélisation du pays ?
Je crois que cette formule, la première partie, est une formule de politesse parce qu'on s'adresse au président de la République. La seconde formule, c'est les valeurs de la République. Qu'est-ce que c'est ? C'est par exemple la démocratie. Le respect de la démocratie. Les valeurs de la République, c'est la solidarité. C'est ça le sens.
Les valeurs de la République, à vos yeux, Philippe Martinez, c'est aussi que si le texte passe, vous le respecterez.
Pour l'instant, on n'est pas dans cette hypothèse-là. Notre combat, c'est que le texte ne passe pas parce que, et je l'ai répété à plusieurs reprises, si ce texte passait, ça serait mettre en péril la démocratie.
Mais c'est important aussi de se projeter, Philippe Martinez, si l'option, parce qu'il est possible que dès la semaine prochaine, ce texte passe. On verra, on verra. Soit avec le 39-3, soit pas.
Vous imaginez de passer un texte de cette nature. Déjà, la procédure utilisée par le gouvernement, on ne va pas y revenir, mais...
Une procédure expresse.
Express.
Qui a réduit le temps des débats.
sur la mère des réformes, selon le président de la République, de son quinquennat. C'est-à-dire, une réforme qui est essentielle, soi-disant, pour le pays, et qu'on passe à la va-vite, et ça se conclurait par un 49-3. Ça veut dire que, y compris si ça se passait comme ça, il n'a pas la majorité, mais avec tous les échanges qu'il a eus, etc., eh bien, il ne pourrait pas avoir une majorité. Quand le bureau du groupe, de la majorité du président de la République, est obligé de... Renaissance. Renaissance, oui. Excusez-moi, je sais pas.
Non, non, mais moi-même, parfois j'ai du mal.
Voilà, ça change beaucoup. Je préfère vous le dire. J'étais encore sur En Marche. Est obligé de dire ceux qui ne voteront pas ou s'abstiendront seront exclus. Je ne suis pas sûr que ça soit un gage de sérénité. C'est même...
Vous voyez ça comme un signe de fébrilité, d'inquiétude, de craindre chez eux, de ne pas avoir leur propre majorité solide ?
Voilà. Et donc, ça serait... Enfin, ça serait très grave, y compris pour la démocratie, je le répète, de passer un texte de cette importance. Parce que nous, pensons, nous considérons que la réforme, enfin, la retraite, c'est important par un 49%.
Philippe Martinez, est-ce que ça veut dire que si... Alors, je vous repose la question, vous allez encore me dire ah, mais c'est pas encore fait, mais enfin... Vous avez bien que je vous répète les choses. Malgré tout, c'est important. Puisque vous insistez tant aussi sur cette manière de faire passer le texte qui ne serait pas démocratique, est-ce que ça veut dire que quand on respecte la démocratie, on ne respecte que la démocratie et pas ce qui a été voté par le 49-30 ?
Non, je veux vous dire que... Évidemment, c'est dans la Constitution.
Est-ce que ça justifierait que vous poursuiviez le mouvement, y compris si le texte est passé ?
Oui, oui, oui, oui, oui.
S'il passe avec le 49-30,
vous considérez qu'il n'est pas vannable ? Je ne vais pas vous en faire...
Qu'il n'est pas légitime ?
Il ne correspond pas aux attentes de la population. C'est ça, la démocratie. C'est écouter le peuple. Il ne correspond pas aux attentes de la population. On est quand même dans une situation particulière. Je pèse mes mots. Il y a un mécontentement très fort, très fort. Il y a des sondages d'opinion. Il y a des millions de salariés dans la rue. Il n'y a pas de majorité. En tout cas, elle est difficile à trouver. Il est quand même surprenant, ou en tout cas à noter, que c'est la droite à l'Assemblée nationale et surtout au Sénat qui revendique la paternité de ce texte. C'est ça, la réalité. Et on dirait qu'on arrête tout parce que c'est comme ça.
Du côté de la rue, le blocage des raffineries, de certaines raffineries, puisque je le dis depuis hier soir, quand même, la plupart des raffineries ont repris le travail. En une ? Non.
Par Jérôme.
Par Jérôme. Mais il y en avait déjà trois ensuite, avant, qui avaient repris le travail.
Sur celle qui avait reconduit le mouvement. Quand on prend l'ensemble
des raffineries,
plus de la moitié sont au travail au moment où on se parle. Celles de totales, par exemple, elles sont toutes en reconductif.
Et ça a été notamment décidé à nouveau près de l'Arctique cette nuit. Donc du côté des blocages de raffineries, du côté du ramassage des ordures, vous demandez à ce que le mouvement se poursuive.
La réforme...
Avec une jonction jusqu'à la journée de mercredi.
Le projet est toujours là. On a toujours suggéré, proposé, que les grèves s'amplifient. C'est toujours d'actualité. La réforme, elle est toujours là.
Je voudrais que vous nous disiez ce que vous pensez d'Olivier Matheux. C'est le patron de la CGT 13, la CGT Bouche-du-Rhône. Il était l'invité de BFM TV hier soir. Il se revendique à moitié emboutade comme étant stalinien. Mais quand on lui pose la question du regard porté sur le conflit en Ukraine, voilà sa réponse.
Nous, ce qu'on dit depuis le début, c'est qu'on n'a pas à choisir entre un impérialisme ou l'autre. Ce sont deux capitalismes qui s'affrontent. Et en réalité, ce sont les travailleurs de ces pays-là, les populations de ces pays-là qui ont un peu les conséquences. Nous, on ne choisit pas entre Zelensky et Poutine parce que la réalité derrière Zelensky, c'est l'OTAN, Biden et l'ensemble du lobby de l'armement qui sont d'abord.
Vous ne choisissez pas vous entre Zelensky et Poutine ?
Je ne veux pas engager des débats sur les internes à la CGT devant vous. Mais tout le monde le sait, et vous la première, qu'entre Olivier Matheux conteste largement la stratégie de la CGT et les orientations que je ne suis pas le seul à conduire mais que je mène. J'ai lu dans la presse Matheux opposant à Martinez. C'est ça la réalité. Donc, je ne partage pas ces propos.
Matheux opposant à Martinez, Martinez opposant à Motheux ?
Non, pour l'instant, c'est les orientations pas de Martinez qui ont été adoptées au dernier congrès de façon majoritaire et que nous proposons de continuer et d'amplifier au prochain congrès qui sont majoritaires. Ce n'est pas Martinez.
Mais ce n'est pas n'importe qui. C'est quand même le patron de la CGT Bouche-du-Rhône.
Il y en a 96 des patrons de départements comme vous dites. Il y a 32 patrons de fédération puisque vous aimez bien le mot patron. Vous voyez, c'est un parmi 130...
On a un peu l'impression de replonger dans le moment de la guerre froide.
Vous m'avez demandé mon avis. J'étais clair dans ma réponse.
Mais est-ce qu'il faut qu'il quitte la tête de la CGT ?
Ça ne marche pas comme ça chez nous. C'est pour ça que je vous dis que je ne suis pas le patron.
Il n'a pas l'air d'être tout à fait du côté des démocrates.
Un patron qui n'est pas content de son salarié le vire. D'ailleurs, on est souvent opposé à ses méthodes. À la CGT, dans chaque organisation, il y a des votes, et donc, c'est évidemment les syndiqués des Bouches-du-Rhône qui doivent s'exprimer.
Qui veut donc nous dire que les adhérents CGT des Bouches-du-Rhône partagent cet avis-là ?
Ces déclarations, il ne les a pas fait voter par ces syndiqués.
Il savait qui il était.
D'accord, mais il a...
Moi, je découvre d'ailleurs l'existence de la Fédération Syndicale Mondiale, dont il est proche, qui est donc ce syndicat de la Corée du Nord, de l'Iran, de la Syrie.
Et que la CGT a quitté depuis 30 ans. Mais pas lui. Mais parce que vous ne connaissez pas. Mais je vous...
Oui, vous allez faire un petit cours, je vois bien.
Je vous ai toujours dit qu'il fallait que je vous forme.
Moi, je n'ai pas besoin de connaître tellement ça pour comprendre quand même qu'il y a plusieurs camps et que celui-là ne me paraît pas tout à fait satisfaisant.
Qu'est-ce que je vous ai dit ? Que c'était pas... Vous m'avez dit
que ça veut dire que les adhérents CGT des Bouches-du-Rhône partagent cette opinion-là.
Je vous ai dit qu'Olivier Matheu se réclamait de l'opposition à la stratégie de la Confédération. Voilà, c'est une réalité.
Mais du coup, quand ils déstabilisent le pays, est-ce qu'il faut avoir aussi leurs opinions, leur sympathie éventuelle pour Poutine en tête ?
Ce n'est pas la position de la Confédération Générale du Travail. Je ne vais pas commenter il y a 600 000 syndiqués et dès qu'il y en a un qui parle, vous voulez que je commente ses propos ? Non, quand il y en a un
qui a une responsabilité et qui parle au nom
de la CGT locale... Il a une responsabilité dans un département. La CGT, c'est un peu plus large que ça, heureusement.
Philippe Martinez, vous quitterez la direction de la CGT au prochain congrès, c'est-à-dire à la fin du mois. Vous aviez dit votre avis favorable à la candidature de Marie Buisson. Il y a aussi celle de Céline Verzelati qui se propose. Est-ce que vous allez trancher ?
Moi, premièrement, je me satisfais parce que ce n'était pas le cas d'il y a 6 mois qu'enfin, tout le monde soit d'accord pour que ça soit une femme. Vous voyez, des fois, à force de pugnacisme...
Il voudrait être candidat aussi, Olivier Mattheau. Je ne sais pas s'il va y arriver.
Vous ne pouvez pas revenir sur les questions d'avant ?
Non, je dis juste que lui, c'est un homme. Jusqu'à preuve du contraire.
Donc, je suis satisfait parce que c'est un combat difficile, le combat féministe, qu'enfin, le débat se positionne sur le fait que, oui, il faut une femme à la tête de la CGT. La deuxième chose que je veux vous dire, je ne vais pas m'étendre là-dessus, mais moi, je n'ai pas, en interne, je n'ai pas connaissance d'une candidature de Céline Verzelati. Point.
Elle n'est pas candidate officiellement ?
Voilà.
Vous souhaitez qu'elle le soit ? Ou ça vous arrange qu'elle ne le soit pas ?
Nous avons fait une proposition, ce n'est pas Martinez, on a fait une proposition qui a été adoptée par la Direction Nationale.
S'il y a une seule candidate, c'est vrai que c'est... Si on revient sur la question de la démocratie, c'est peut-être plus démocratique que deux candidats de la démocratie. L'essentiel,
ce sont les orientations. Après, il faut une équipe pour les mettre en œuvre. C'est important de parler des orientations. Je ne suis pas sûr que... Mais vous avez plus d'expérience que moi que ceux qui font des primaires, ailleurs, ça se passe super bien et que ça règle tout. Non ? On a quelques exemples dans la dernière période qui me montrent que...
Certains en tout cas décident qu'il n'y aura plus de primaires. Je vois que c'est plutôt votre cas.
Il n'y a jamais eu chez nous. Et vous voyez, quand il y a des primaires, on parle plus des têtes d'affiches que de ce qu'on veut faire. Moi, je préfère le contraire.
Donc on a bien compris que vous préféreriez que Céline Verselati ne soit pas d'autantiement une CGT ouverte,
féministe, écologique, qui s'occupe des salariés, du pouvoir d'achat... Mais dans laquelle il n'y a pas forcément à avoir un vote. Il y a toujours un vote.
S'il y a une seule candidature, c'est plus facile.
Vous savez, il y a 64 candidatures pour la direction confédérale. Il y a 1000 délégués qui vont voter. Et quand ils ne volent pas quelqu'un, ils ne votent pas pour elle ou pour lui. C'est très démocratique. Mais franchement, je vais avoir un peu de temps. Je vais pouvoir vous former un peu à la stratégie de la CGT. Puisqu'effectivement, vous ne serez plus
à la fête de la CGT. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Merci à vous.