Gabriel Attal : "S’il y a un benchmark qui est fait par les migrants, c’est mourir chez eux ou survivre ailleurs"
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Et l'invité du grand entretien ce matin est le député des Hauts-de-Seine, porte-parole d'En Marche, Léa Salamé, vous intervenez dans 10 minutes, 0145 24 7000, les réseaux sociaux, l'application France Inter pour vos questions, amis auditeurs. Gabriel Attal, bonjour. Bonjour. Merci d'être au micro d'Inter, le gouvernement a été réuni hier en séminaire pour déterminer la nature, le calendrier des prochaines réformes, les mesures d'économie également, pour essayer aussi de remettre de l'ordre dans le dossier aide sociale qui a donné lieu à une cacophonie gouvernementale inédite, notamment entre Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, on ne comprend toujours pas.
Y a-t-il ou non trop d'aide sociale, Gabriel Attal ? Quelle est la ligne du parti, comme on disait avant à l'époque communiste ?
Écoutez, la ligne de La République En Marche, c'est celle qu'a porté Emmanuel Macron pendant l'élection présidentielle, de dire qu'il faut un modèle social fort, en termes de solidarité, pour soutenir ceux qui sont des accidentés de la vie, qui ont un accident de parcours et qui doivent pouvoir être soutenus, et qu'il faut le moderniser, qu'il faut le moderniser pour l'adapter à la réalité de la société aujourd'hui, parce qu'un modèle social qui ne s'adapte pas à la société qui évolue, c'est un modèle social qui meurt. Et donc ? Et donc c'est un travail qui va être engagé. Moi, je vais vous dire, je ne suis pas pour que l'agenda technocratique dicte l'agenda politique.
On parle de ce sujet-là maintenant, parce qu'il y a une note de service qui a fuité. Ce n'est pas une note de service qui fait la politique du gouvernement.
Mais les ministres s'en sont emparés et ont pu dire des choses contradictoires. C'est pour ça que je vous repose la question. Trop ? Pas trop ?
Je ne sais pas si c'était si contradictoire que ça. Moi, je vous dis, la manière dont j'ai compris les choses, c'est qu'on peut rendre plus efficace notre modèle. Je ne sais pas s'il y a trop d'aides sociales. En tout cas, elles sont sans doute illisibles. En tout cas, il y a beaucoup de dispositifs dont les Français ne sont pas au courant. Vous savez, moi, je suis conseiller municipal. Je suis des membres de la commission des aides sociales. Et je voyais beaucoup de bénéficiaires qui ne savaient pas, par exemple, qui pouvaient bénéficier d'une aide à la complémentaire santé. Y compris des travailleurs sociaux qui n'étaient pas forcément au courant de toutes les dispositions.
Mais ça, c'est un problème d'information. Ce n'est pas un problème de volume d'aide sociale, de nature des aides sociales.
Non, c'est un problème de lisibilité. Si des dispositifs peuvent être regroupés pour être plus lisibles, pour qu'il y ait plus de recours, tant mieux. S'ils peuvent mieux inciter à la reprise d'emploi, parce que c'est aussi un sujet qui a été évoqué, tant mieux aussi. Les ministres ont parlé trop tôt ou ont parlé trop franchement sur le sujet, Gabriel Attal ? Encore une fois, moi, je vous dis, on a abordé ce sujet parce qu'il y a une note interne qui est fuitée. Il y a des arbitrages qui sont en cours sur le budget 2019. On n'en est pas encore là.
Il y a une réforme profonde de notre modèle social qui est engagée, qui donnera lieu à des annonces dans les prochaines semaines, les prochains mois. C'est au gouvernement de le dire. Nous, au Parlement, on n'est pas encore dans cet agenda-là. On est en train d'évaluer l'exécution du budget 2017. On a totalement changé la manière de travailler à l'Assemblée. Vous savez que jusqu'à maintenant, on bossait pendant 70 jours et 70 nuits pour préparer le budget de l'année suivante. Et on passait une journée à évaluer la manière dont il avait été appliqué. Là, on change totalement. On fait tout un printemps de l'évaluation.
Hier, on était avec Françoise Nyssen pour discuter de l'exécution du budget culture. Et on regarde comment les choses sont exécutées. C'est aussi utile pour construire le budget de l'année suivante.
Sur la question des aides sociales, du modèle social, le Premier ministre a dit qu'il fallait un changement de paradigme. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que si le système tel qu'il existe aujourd'hui contribuait totalement efficacement à la réduction de la pauvreté, à l'incitation à la reprise d'emplois et à la réduction des inégalités, ça se verrait. Il n'y aurait pas 9 millions de pauvres en France. Il n'y aurait pas plusieurs millions de chômeurs. Donc forcément, il y a quelque chose à revoir. Mais je veux dire, on a tendance à penser, certains ont tendance à dire que quand il y a une réforme envisagée, c'est forcément négatif. C'est positif d'adapter à notre modèle social. Il y a quelques années, notre modèle social, il ne prévoyait pas d'aide pour les familles monoparentales, par exemple.
Et ça s'est développé parce qu'on a vu que dans la société, c'était devenu une réalité. Là, c'est à peu près la même chose. Il y a une reprise d'emplois dans le pays qui est inédite depuis 10 ans. Je crois que c'est près de 300 000 emplois qui ont été créés en 2017. Comment est-ce qu'on adapte notre modèle social pour faire en sorte que les Français soient formés et incités à saisir ces emplois ?
Est-ce qu'un tournant social dans la politique gouvernementale est prévu ou possible ?
S'il y avait un tournant social, ça voudrait dire qu'il n'y avait pas de social jusqu'à maintenant.
Oui, je sais. Vous allez me dire qu'il y en a eu beaucoup. Oui, il y en a eu beaucoup. Et que tout va très bien.
Il y en a eu beaucoup.
Je ne dis pas que tout va très bien. Ce serait compliqué de faire en sorte... En tout cas, idéologiquement, que vous êtes parfaitement cohérent.
Ce serait compliqué de faire en sorte que tout aille très bien en un an seulement. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a un investissement social majeur qui a été réalisé en un an. C'est sûr qu'il était différent de celui qu'on a vu jusqu'à maintenant, qui peut-être consistait majoritairement à revaloriser des minimas sociaux. On l'a fait avec le minimum vieillesse, l'allocation en due temps du capé. Mais notre ligne, c'est de considérer qu'en France, il y a peut-être moins d'inégalités de revenus qu'inégalités de destin.
Et que si on veut vraiment aider les Français qui sont le plus en difficulté à s'émanciper, à prendre en main leur destin, il faut les aider dès le plus jeune âge à se construire. C'est ce qu'on fait dans l'éducation. Sur le dédoublement des classes en repérait plus, sur les devoirs faits, c'est ce qu'on fait en ce moment. À l'Assemblée, on aborde la question de la formation professionnelle pour permettre aux Français de se former et d'aller saisir des nouveaux emplois parce qu'il y a des opportunités. C'est ce qu'on fait dans les quartiers.
Donc il n'y a pas besoin d'un virage social plus marqué ?
Je ne crois pas, non. Je pense qu'il faut continuer sur cette trajectoire-là et que dans cinq ans, les Français pourront faire le bilan et verront qu'on a structurellement transformé le modèle social et qu'on a structurellement investi pour réduire les inégalités.
Êtes-vous, Gabriel Attal, fier et heureux comme député La République En Marche que les députés La République En Marche aient une telle activité au Parlement en multipliant notamment les amendements. On l'a vu sur la loi alimentation mais aussi sur la loi élan sur le logement.
Je pense que quand on est parlementaire, on est là pour proposer, pour interroger, pour évaluer. Pour amender. Pour amender aussi. On est là pour ça. Donc que des parlementaires du groupe La République En Marche proposent des amendements, ça me semble être une bonne chose. Après, il faut toujours que ça se fasse dans un cadre collectif, qu'on en discute ensemble, ne serait-ce que pour être plus efficace dans l'examen des projets de loi. Et ça, ça a dysfonctionné sur ces deux lois ? Non, je ne dirais pas ça. C'est des sujets importants. Quand on parle d'agriculture, d'alimentation, on parle de transformer notre modèle agricole. C'est ça qu'on fait avec ce projet de loi.
Sur le logement, c'est pareil. Donc, il y a des propositions qui sont faites. On examine tout ça ensemble.
Parce que François de Rugy, Gilles Le Gendre disent, enfin, voient moins une ébullition démocratique qu'un problème d'organisation et d'indiscipline du groupe. Je me trompe ?
Très honnêtement, pour moi, ça, c'est de la tambouille interne. Ça n'a pas vocation. Je pense que ça n'intéresse pas les Français. Les Français, sincèrement, je pense qu'il suffit à peu près de savoir comment on organise notre circuit d'amendements au sein de notre groupe. Ce qu'ils veulent, c'est qu'on soit efficace, qu'on porte des lois, sans doute qu'on les amende, qu'on y intègre des dispositions. Après, comment ça fonctionne dans notre groupe ? C'est un peu notre sujet.
Il faut réduire le droit d'amendement ou pas ?
Je ne suis pas pour réduire le droit d'amendement. Si on peut faire en sorte qu'un amendement qui a été examiné déjà trois ou quatre fois ne revienne pas dans l'hémicycle et ne fasse pas perdre du temps parlementaire, tant mieux. Mais le droit d'amendement, l'initiative parlementaire, il ne sera évidemment pas remis en cause.
Avant de donner la parole à Léa Salamé, quelques questions sur l'audiovisuel public. Vous êtes membre de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée. Vous travaillez sur cette réforme. Des annonces doivent être faites lundi. Des économies sont demandées au secteur. Quel en sera ou en serait le montant ?
Encore une fois, je dis aussi les deux sujets. Il y aura sans doute des économies qui seront demandées dans le cadre du budget 2019, mais parce qu'on demande des économies à tous les opérateurs de l'État. Il n'y a pas de raison que l'audiovisuel public n'y participe pas.
Toutes les questions sur les aides sociales.
Mais la réforme qu'on est en train de préparer, elle ne vise pas à faire des économies. Elle vise à transformer notre audiovisuel public pour l'adapter à la réalité de la société, là aussi. C'est quoi la réalité de la société ? C'est qu'il y a le bouleversement du numérique et du digital, que les jeunes aujourd'hui sont quasiment totalement sortis du linéaire, comme on dit, c'est-à-dire des chaînes de télé classiques et du air tien. Vous ne croyez plus aux chaînes ? Je pense que dans 15 ans ou 20 ans, les chaînes telles qu'on les connaît aujourd'hui auront été profondément bouleversées. Aujourd'hui, on voit le bouleversement qu'apporte le smartphone ou la tablette.
Demain ou après-demain, ce sera la voiture autonome dont le volant aura été remplacé par un écran. La question, c'est comment est-ce que l'audiovisuel, d'une manière générale, et l'audiovisuel public en particulier, prend de l'avance pour s'adapter à cette nouvelle réalité ? Vous avez une idée de ce qui pourrait remplacer les chaînes ? Ce sera quoi ? Une immense usine de contenu ? Non, je ne dirais pas ça. Il y aura toujours un besoin de chaînes pour une éditorialisation des contenus. C'est important. C'est aussi à ça que les Français font confiance. Moi, je ne parle pas de fin de la télé. Il y aura toujours une télévision, il y aura toujours une radio.
La question, c'est est-ce qu'on prend de l'avance, on rattrape un retard dans certains cas pour faire en sorte qu'elle soit davantage présente sur le digital et qu'il y ait plus de synergie en ce qui concerne l'audiovisuel public entre les opérateurs ?
Est-ce que les questions de gouvernance ont été tranchées, Gabriel Attal ? La structure du futur audiovisuel public est-elle actée ?
Alors, ça, c'est le gouvernement qui l'annoncera lundi. Moi, je ne suis pas porte-parole du gouvernement, je porte-parole du mouvement La République En Marche. Ce qui est certain, c'est qu'on regarde d'abord ce qu'on veut faire, quels sont les objectifs politiques qu'on se donne. Quand on a discuté de l'audiovisuel public avec le président de la République, je crois qu'il a eu l'occasion de le dire sur France 2 aussi, il nous a dit qu'à chaque fois qu'on s'est posé la question de l'audiovisuel public, on est rentré dans le sujet par les économies, par le budgétaire ou par la gouvernance et les personnes. Et ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est quels objectifs on se donne.
En l'occurrence, pour moi, c'est les jeunes, les territoires, je pense que les Français sont en attente de vraies infos de proximité, qu'il faut construire un vrai média global dans les territoires. Et derrière, si une nouvelle gouvernance permet de renforcer ces synergies et de faire en sorte que les sociétés travaillent mieux ensemble, tant mieux. Moi, je pense qu'il faut un chef d'orchestre de l'audiovisuel public.
Un mot encore sur le nerf de la guerre maintenant qu'on a posé les problèmes conceptuels. 250 à 400 millions d'économies seraient demandées à l'audiovisuel public selon les chiffrages ou les informations de la presse ? Vous vous doutez que je ne vais pas vous répondre. C'est le gouvernement
qui annoncera au moment des arbitrages sur le budget. Mais on est dans cette fourchette ? Enfin, honnêtement, on entend beaucoup de chiffres. Ce qui est certain, moi, je considère qu'à partir du moment où on demande des économies à tous les opérateurs de l'État, on redresse les finances publiques, on vient de sortir de la procédure de déficit excessif à Bruxelles, c'est normal que tous les opérateurs participent. La question, c'est qu'il faut que ça soit lisible, il faut que ça soit...
C'est beaucoup, hein ? Là, c'est beaucoup les sommes qui circulent.
Il faut que... C'est les sommes qui circulent. Rien n'a été annoncé pour l'instant. C'est arbitré, au moins ? C'est acté ? C'est tranché ? Sur le budget 2019, le gouvernement est en train de travailler. Ça a été rappelé par le Premier ministre hier. Mais encore une fois, pour nous, l'enjeu, d'abord, c'est de réfléchir aux transformations structurelles qu'on veut porter dans le secteur public avant de penser au montant d'économies.
Il faut que les économies... À trois jours, on peut se demander si c'est acté, à la fois les questions de gouvernance, enfin, c'est des décisions lourdes et les questions d'économies. Lundi, je crois... Ou c'est tranché pendant le week-end, je ne sais pas.
Lundi, je pense que ce qui sera annoncé, ce n'est pas des économies, encore une fois, c'est une réforme. Et la réforme, elle ne vise pas à faire des économies. Gabriel Attal,
au micro de France Inter, ce matin, il est 8h33. Léa Salamé.
Ce sera la grande réforme de 2019, Gabriel Attal, la réforme des retraites. Une grande consultation des Français est lancée sur Internet à partir d'aujourd'hui. On peut lire les lignes de cette réforme dans la voix de Jean-Paul Delvoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites dans Le Parisien, ce matin. Il dit, c'est donc parti pour la retraite à points, mais on ne touchera ni à l'âge de départ, 62 ans, ni au montant des pensions, dit-il. Mais il précise sur l'âge à 62 ans. En fait, ça ne veut plus rien dire de garder l'âge à 62 ans. Si on lit bien Jean-Paul Delvoye, tout dépendra des points accumulés. Si je n'ai pas mes points à 62 ans, je continue à travailler.
Oui, je crois que le sens de la retraite par points, c'est quand même de changer de modèle pour la retraite. Il y a une consultation qui s'ouvre, vous l'avez dit. Je pense que ce qui est important, à partir du moment où on demande aux Français leur avis, ce qu'on a fait sur un certain nombre de textes, le texte logement qui est examiné en ce moment, formation professionnelle, il y a 40 000 Français qui ont participé, qui ont donné des idées. Si on demande leur avis aux Français, il ne faut pas partir ce que va être la réforme. Il faut donner les grandes lignes. Et c'est les grandes lignes qui ont été données par Emmanuel Macron pendant la campagne.
Ce n'est pas bizarre de se prononcer sur une réforme ultra technique, ultra complexe, alors qu'on ne connaît pas la réforme vraiment. C'est un peu bizarre.
Je ne crois pas. Je pense qu'il faut que les Français soient en capacité de dire comment est-ce qu'ils voient aujourd'hui le système de retraite. Je peux vous dire qu'ils voient une chose, en tout cas, c'est qu'il est difficilement lisible, même si des choses ont été faites dans le précédent quinquennat. et qu'il faut sans doute revoir aussi la manière dont on protège et dont on accompagne. L'enjeu, la ligne d'Emmanuel Macron qu'on a portée pendant la campagne et qu'on continue à porter, c'est de dire qu'on sort d'une société des statuts et qu'on s'attache aux risques et au quotidien des personnes et que c'est ça qu'on accompagne et c'est à ça qu'on répond.
Est-ce que vous pourriez voter cette réforme des retraites par ordonnance ? Alors ça, c'est le gouvernement qui le décidera. On verra. Moi, je n'ai pas d'informations sur le sujet.
C'est ni oui ni non, peut-être. Le glyphosate, pas inscrit dans la loi. La vidéosurveillance, pas obligatoire dans les abattoirs. Les œufs de poules élevés en batterie, pas interdits. Le broyage des poussins, pas interdit. Au fond, la loi alimentation, est-ce que ce n'est pas un rendez-vous manqué avec la modernité alimentaire ?
Je ne crois pas du tout pour deux raisons. D'abord parce que c'est une loi agriculture et alimentation. Ce n'est pas uniquement une loi alimentation et que l'un des grands objectifs de ce projet de loi, c'est de refonder le modèle agricole. C'est de faire en sorte que les agriculteurs pèsent davantage dans la négociation des prix, qu'ils tirent davantage d'argent et de revenus de leur production. C'est le premier sujet. Sur le sujet alimentation, un certain nombre de sujets qui ont été abordés, des combats qui ont été menés. J'en ai mené personnellement pour ma part. Vous parliez des abattoirs et de la condition animale.
On se lance dans l'expérimentation du contrôle vidéo dans les abattoirs.
Oui, mais ce n'est pas obligatoire. Ce n'est pas un sujet simple. Emmanuel Macron avait promis que ce serait obligatoire.
Emmanuel Macron avait dit qu'on se lancerait dans le... Je ne sais pas s'il y a le mot obligatoire. En tout cas, on est au début du quinquennat, on lance une expérimentation. Si ça marche, peut-être qu'à la fin du quinquennat, on y reviendra, qu'on aura une loi sur la condition animale. C'est possible. Moi, je pense qu'il y a un vrai sujet sur la bientraitance des animaux. On a porté un certain nombre de sujets. Sur les poules en cage, on interdit les nouveaux élevages de poules élevées en batterie. Et dans le même temps, la filière s'est engagée à sortir des élevages de poules élevées en batterie.
Donc, avec ces deux mesures conjuguées, en 2022, il n'y aura plus de poules élevées en batterie.
En attendant, on continue d'acheter des œufs de poules élevées en batterie alors que vous auriez pu l'interdire.
Mais, enfin, on ne peut pas tout interdire comme ça du jour au lendemain. Emmanuel Macron, il a pris des engagements sur le quinquennat. Mais l'important, c'est que là, aujourd'hui, on a une loi et qu'on se lance dans le sujet.
Parcoursup. Plus de deux tiers des lycéens ont reçu une réponse à l'heure où nous parlons de Parcoursup pour l'année prochaine. Ça veut dire qu'il y a un tiers des élèves, 200 000 en moyenne, qui n'ont pas reçu de réponse à l'heure où nous parlons. Ils sont là à rafraîchir leur page Parcoursup toutes les deux heures pour voir s'ils ont une réponse alors qu'ils devraient bosser sur leur révision de bac. Est-ce que ce n'est pas un peu stressant comme situation pour eux ?
Alors, déjà, ils ne rafraîchissent pas la page toutes les deux heures puisqu'elle est mise à jour tous les matins, une fois par jour. Ce qui permet sans doute de faire en sorte que ça soit moins stressant et qu'ils puissent travailler aux révisions du bac qui sont quand même le premier objectif. parce que par définition, si on n'a pas le bac, on ne peut pas aller à l'université. Donc, c'est ça qui doit être la priorité. Moi, je suis conscient que pour des jeunes qui n'ont pas encore de réponse positive, il y en a de moins en moins puisque quasiment 70% des jeunes ont reçu au moins une réponse positive en un peu plus d'une semaine. C'est quand même un succès.
Je suis conscient qu'il peut y avoir du stress. Mais le sujet, c'est que l'an dernier, jusqu'à l'an dernier, on avait un algorithme qui gérait de A à Z ce choix important que doit être la poursuite des études. Là, on remet de l'humain dans la machine. Un humain, c'est forcément plus lent qu'une machine mais c'est plus juste.
Plusieurs élites et enseignants de Seine-Saint-Denis disent que le système favorise les élèves parisiens plutôt que les élèves de la Seine-Saint-Denis. Ils donnent des chiffres. Il y a un lycée qui est actuellement bloqué en Seine-Saint-Denis. Ils donnent des chiffres en disant qu'aujourd'hui sur ce lycée-là, par exemple, plus de 50% d'élèves n'ont pas reçu sa réponse alors que la moyenne nationale est de plus de 70%.
Les informations dont on dispose montrent que c'est faux. Il n'y a pas de désavantages. Je ne dis pas qu'ils mentent. Il y a peut-être des situations dans leur lycée en particulier. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a aussi beaucoup de Parisiens qui sont en attente. Il y en a de moins en moins. C'est sur ça que je veux insister. C'est que l'an dernier, à la même époque, aucun jeune ne savait où est-ce qu'il irait l'an prochain dans le supérieur. Il n'y a pas de discrimination du 9-3. Non.
Énormément de questions sur Parcoursup. Je vais vous donner, Gabriel Attal, celles qui nous parviennent via l'application France Inter. Une question de Pavani d'Orléans. Ma fille est toujours en attente de ses voeux. Je ne l'ai jamais vue dans un tel stress alors qu'elle passe dans 18 jours le premier grand examen de sa vie, le bac. C'est hallucinant ce que vous lui faites subir. Où elle sera l'année prochaine ? Dans quelle filière sera-t-elle ? À quel métier se formera-t-elle ? Trois points d'interrogation. Que pouvez-vous répondre à Pavani ?
Alors, je réponds à Pavani que d'abord, sa fille aura une place dans l'enseignement supérieur et que ça, c'est une garantie qui ne lui était pas apportée l'an dernier puisqu'avec le tirage au sort, il y avait beaucoup de jeunes qui se retrouvaient écartés. Ensuite, je lui dis que je suis conscient sans doute que c'est stressant. J'ai passé mon bac il y a quelques années maintenant mais quand même, je sais à quel point ça peut être stressant et qu'il faut qu'elle se concentre sur ses révisions mais qu'elle aura de toute façon une place. Il y a des jeunes qui sont en attente aujourd'hui qui remontent progressivement. Je discutais hier avec une jeune fille qui était 700ème sur liste d'attente.
Elle est deuxième aujourd'hui. On voit que ça évolue donc il n'y a pas d'inquiétude à avoir.
Baptiste, toujours sur Parcoursup avec les affectations tardives. Je ne sais pas dans quelle ville je vais devoir chercher un appartement. Les bailleurs en profitent. Le prix des appartements dans les villes universitaires augmente très rapidement. Ce système aberrant a des conséquences immenses. Gabriel Attal ?
Je ne crois pas qu'on puisse imputer ça à Parcoursup. Encore une fois, l'an dernier, il n'y avait pas d'affectation à cette époque. Les résultats d'APB sont tombés trois jours avant le bac l'an dernier et il n'y a que 60% des jeunes alors qui avaient été affectés. Donc la recherche d'appartements
n'est pas plus compliquée par Parcoursup ?
Par définition, non. Et après, par contre, si on veut parler du logement étudiant, ce qui est sûr, c'est qu'il y a un vrai sujet. C'est pour ça qu'on en crée 60 000. C'est pour ça qu'on met en place un bail mobilité avec une garantie visale parce qu'il y a un vrai sujet sur le logement étudiant mais ce n'est objectivement pas le sujet de Parcoursup.
Et au standard de France Inter, la parole à Amal. Bonjour et bienvenue.
Oui, bonjour Nicolas Demorand. Bonjour M. Attal. Bonjour. Bonjour Léa Salamé. Je vous appelle aujourd'hui parce que je suis vraiment dubitative par rapport à mon avenir professionnel. Notre président, M. Macron, n'a eu de cesse de nous répéter qu'il mettait en avant la formation professionnelle pour remettre la France au travail. Et justement, on est en plein dedans en parlant des aides sociales, notamment des personnes sans emploi. Moi, personnellement, je me suis arrêtée suite à un accouchement et j'ai fait une demande de formation parce qu'au préalable, j'étais salariée et que j'ai donc cotisé des heures de bif.
Sauf que depuis le 1er mars, Pôle emploi me dit qu'ils n'ont plus aucun budget pour financer les formations.
On entend le bébé derrière. Il a l'air en grande forme.
J'ai bondi quand j'ai entendu parler de formation professionnelle parce que moi, c'est vraiment difficile actuellement et je ne comprends pas par rapport au discours qui est tenu, pas plus tard que par Muriel Pénicaud, notre ministre du Travail pour l'avenir professionnel. Ça ne correspond pas aux promesses.
Gabriel Attal vous répond, Amal. Merci pour votre intervention.
Donc, bonjour Amal. Vous avez totalement raison et c'est justement parce qu'il y a des situations comme celle que vous décrivez qui est la vôtre qu'on porte une réforme. On commence à la discuter à l'Assemblée nationale et cette réforme, elle répond à quel constat que la formation professionnelle, ça ne marche pas aujourd'hui. C'est totalement illisible. Ça a été utilisé comme un outil statistique pour faire baisser le chômage. Ça bénéficie dix fois plus aux cadres supérieurs qu'aux ouvriers et aux employés alors que c'est les ouvriers et les employés qui en ont dix fois plus besoin. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Quand est-ce que ça va marcher pour répondre à Amal ?
On entame l'examen du texte, de la réforme. Ça va se faire progressivement. Mais une fois que la réforme sera adoptée, il va y avoir des changements concrets. On va avoir des opérateurs qui vont être rapprochés. On va avoir une application beaucoup plus simple et lisible. Un compte qui va être crédité et ça va permettre de former davantage. Et on met de l'argent. 15 milliards d'euros sur la formation professionnelle, c'est un investissement majeur parce qu'il faut se former aux nouveaux métiers et il y a des nouveaux métiers qui existent. Il faut permettre aux Français de les saisir.
Il nous reste une minute. Question de Léa Salamé. Une minute.
Est-ce que vous êtes d'accord, Gabriel Attal, avec Gérard Collomb ? Est-ce que vous diriez que les migrants font du benchmarking pour comparer les législations entre pays européens ?
Je peux attendre une minute ?
Donc, vous n'êtes pas d'accord ? Il vous choque ce terme ?
Je pense que s'il y a un benchmark qui est fait aujourd'hui par les migrants, il est assez simple. C'est mourir chez eux ou survivre ailleurs. C'est se faire mettre en esclavage en Libye ou presque leur vie en Méditerranée.
Comment vous expliquez que le ministre de l'Intérieur dit ça ? Après avoir parlé de submersion migratoire.
Je n'ai pas à expliquer les propos du ministre de l'Intérieur. Ce que je sais, c'est que dans la réforme qu'il a portée, pourtant, il y a des vraies mesures pour l'intégration des réfugiés, pour renforcer leur apprentissage du français, pour renforcer leur orientation professionnelle. C'est ça pour moi qui est important.
Gabriel Attal, merci, député des Hauts-de-Seine, porte-parole d'En Marche. Vous étiez au micro d'Inter depuis 8h20. Bonne et belle journée. À suivre, le carrefour du 7-9.
Gabriel Attal