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interviewLCP - Assemblée nationale· 10 décembre 2024 11 min

Mathilde Panot : conférence de presse du groupe LFI à l'Assembée nationale- 10/12/2024

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Donc bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce point hebdomadaire du groupe parlementaire de la France Insoumise Nouveau Front Populaire. Évidemment, je veux commencer par dire notre inquiétude sur la situation internationale. Je commence par le rapport d'Amnesty qui est sorti la semaine dernière qui confirme que ce qui se passe à Gaza est bien un génocide avec trois actes de génocide sur cinq qui ont été largement documentés dans les 300 pages de rapport d'Amnesty.

Je rappelle qu'il suffit d'un seul acte pour prouver que c'est un génocide et quant à l'intentionnalité, Amnesty International a fait là aussi un gros travail puisqu'il a recensé 102 déclarations de dirigeants israéliens qui déshumanisaient les Palestiniens. On se rappelle notamment de Yoav Galan qui parlait d'une guerre contre les animaux humains. De l'ONU qui la semaine dernière dit que le plus grand nombre d'enfants amputés par habitants au monde se trouve à Gaza.

Je rappelle que les enfants ont en moyenne cinq ans ceux qui sont victimes de l'armée de Netanyahou et nous sommes évidemment inquiets aussi sur le Liban avec plus de 100 violations du cessez-le-feu qui ont été observées et reportées par la finule, donc organisation là aussi du droit international de l'ONU.

Et je veux commencer par dire solennellement que je trouve inadmissible et choquant que ce qui s'est passé à la manifestation pour les droits des Palestiniens et un samedi pour la paix et pour le respect du droit international et était passé complètement sous silence dans quasiment l'ensemble des médias puisque personne n'a parlé du fait qu'un homme est venu à d'abord arracher la pancarte d'une manifestante pour ensuite sortir un pistolet en menaçant ses manifestants de son pistolet et a dû être désarmé par la police. Il a depuis été arrêté. Je trouve choquant qu'on n'en parle pas car il faut juste s'imaginer deux minutes.

Si c'était arrivé dans une autre manifestation, évidemment, ça aurait fait à juste titre la une des médias. Et je crois que toutes celles et ceux qui mettent des cibles dans le dos de celles et ceux qui se battent pour la paix auront des comptes à rendre parce que ça va mal finir si ça continue comme ça dans notre pays. Et je voudrais alerter solennellement sur cette question. Ensuite, évidemment, dans l'actualité internationale, toujours au Proche-Orient, la Syrie, avec l'immense joie des Syriens qui retrouvent leurs proches, essayent de savoir si des personnes de leur entourage qui parfois étaient en prison depuis 10, 20, 30 ans sont vivantes ou non.

Et l'immense joie de voir après 50 ans le clan d'Assad tomber en Syrie avec toutes les atrocités qui ont été commises par ce régime et notamment l'utilisation d'armes chimiques contre son propre peuple. Et évidemment, nous partageons une vigilance sur les nouveaux maîtres du pays en Syrie.

Et nous redisons que l'avenir du peuple syrien doit appartenir au peuple syrien et notamment que la communauté internationale doit aider et soutenir les Kurdes du Rojava qui sont à même de proposer une solution politique pour le pays, notamment fondée sur un confédéralisme laïque, féministe, écologiste, ce qu'ils ont créé dans le nord de la Syrie et qui ont combattu pour l'humanité tout entière contre Daesh. Là aussi, nous serons vigilants.

Je veux redire à quel point nous sommes hypocrites et dangereux, que la France annonce en plus par la voix du ministre de l'Intérieur des missionnaires, ce qui ne me semble pas relevé d'une urgence et donc qui relève d'un abus de pouvoir de la part de ce gouvernement des missionnaires. Je rappelle que cela relève de l'OFPRA, annonce suspendre les examens de demande d'asile des Syriens aux côtés d'autres pays européens. Si nous sommes sérieux sur l'inquiétude que nous pouvons partager, alors il n'est pas question d'arrêter ces examens de demande d'asile et nous demandons à ce qu'ils puissent continuer.

Ensuite, je reviens sur l'épisode de la semaine dernière où nous avons réussi quelque chose d'historique puisque pour la première fois en 62 ans, un gouvernement a été renversé. Alors je note que le président de la République parle d'un acte anti-républicain. Il se trouve que ce qui est anti-républicain, et c'est le principe que nous défendons, c'est de ne pas respecter le résultat des urnes et d'avoir refusé depuis maintenant pratiquement 6 mois de nommer un gouvernement du nouveau Front populaire, coalition qui est arrivé en tête des élections législatives. Avec des arguments qui ont été donnés, et là aussi je vais vous alerter, qui sont hallucinants.

Quand vous avez une première ministre, Madame Borne, qui dit qu'au 1er janvier, les cartes vitales ne fonctionneront plus, je ne sais pas si vous réalisez le niveau de mensonge et si l'un d'entre nous avait dit ne serait-ce que la moitié de cela, évidemment là aussi ça serait la une de tous les journaux pour montrer à quel point nous ne sommes pas crédibles. Et c'est exactement ce qu'ont fait les démagogues des peurs, en expliquant qu'après le gouvernement Barnier, le soleil ne se lèverait plus. Bon, le gouvernement Barnier est tombé, le soleil s'est levé, et le chaos économique par contre est toujours là.

Nous serons, nous, avec le groupe parlementaire, massivement aux côtés des salariés en lutte dans cette journée d'action du jeudi 12 décembre, avec plus de 100 endroits où il y aura des luttes et des salariés qui vont se mobiliser contre les plans de licenciement et les destructions d'emplois. Et je vous alerte sur les 66 000 faillites d'entreprises record absolue. Donc 90 % d'entre elles sont des TPE et parfois même, très souvent, des très très petites entreprises, c'est-à-dire de moins de 3 salariés. On parle par exemple de boulangerie. Et il se trouve que ces faillites d'entreprises ont notamment une raison forte, c'est notamment la question des factures d'énergie.

Et je rappelle qu'il y a moins de 10 jours, lorsque l'obstruction gouvernementale et l'obstruction des macronistes nous a empêchés de voter sur l'abrogation de la retraite à 64 ans, elle nous a empêchés aussi par là même d'aller vers des blocages des prix de l'énergie et sur le retour des tarifs réglementés de l'électricité, l'élargissement de ces tarifs réglementés. Donc elle est directement responsable de cette question-là. D'autant que sur la question des peurs qu'ils agitent, ils continuent d'agiter aussi celle de la faute de la censure. Alors je laisserai Aurélie trouver parler des agriculteurs, mais il se trouve qu'ils parlent maintenant des tickets-restaurants.

Avec une vraie difficulté, il est vrai, mais qui n'est en rien lié à la censure. Je rappelle que c'est de la faute de ce gouvernement qui ne s'y est pas pris à temps pour faire en sorte que les tickets-restaurants puissent de nouveau, à partir du 1er janvier, non pas être utilisés dans les supermarchés, comme on le dit assez généralement, mais être utilisés dans les supermarchés pour des plats non transformés.

J'explique, ça veut dire qu'au 1er janvier, puisque le gouvernement n'a rien prévu, vous aurez probablement des gens qui, avant, pouvaient faire leurs courses avec leurs tickets-restaurants, leurs œufs, leurs farines, leurs laits, je ne sais quoi, et maintenant, ils pourront aller dans un supermarché uniquement pour acheter un plat transformé, ce qui est évidemment inadmissible.

Il se trouve que ça ne dépend pas du budget et que, comme ils n'ont rien prévu, ça dépend d'une proposition de loi qui a été déposée et adoptée à l'Assemblée nationale et qu'il suffit donc juste que le Sénat l'inscrive à l'ordre du jour, l'adopte conforme pour faire en sorte qu'au 1er janvier, de nouveau, les gens puissent continuer à faire leurs courses avec les tickets-restaurants. Nous avons donc interpellé Yael Brunpivet en conférence des présidents et elle a dit qu'elle regarderait, un, que ça rentrait dans le cadre de l'urgence, deux, qu'elle regarderait pour interpeller le président du Sénat pour pouvoir l'inscrire à l'ordre du jour.

Tout ça pour vous dire que tous ceux qui agitent les peurs à tout va pour montrer que la censure est la fin du monde économique sont en fait ceux qui sont responsables de la situation depuis maintenant 7 ans qu'ils sont au pouvoir. Enfin, ça ne vous aura pas échappé, mais cette semaine, il va y avoir, cet après-midi, une rencontre à l'initiative d'Emmanuel Macron autour d'un gouvernement, de la participation à un gouvernement d'intérêt général.

Je redis ici qu'il n'est pas question pour nous de participer à cette chimère qui laisserait penser que nous pourrions gouverner d'une manière ou d'une autre ou faire un accord de censure d'une manière ou d'une autre avec ceux qui refusent, et je le montre encore avec la niche de la France insoumise, refusent l'abrogation de la réforme de la retraite à 64 ans.

Quand nous avons fait le serment le 8 juin 2023 avec l'ensemble des groupes parlementaires d'à l'époque la NUPES de tout faire pour continuer l'abrogation de la réforme de la retraite, qu'il n'est pas possible de gouverner ou de faire un accord de non-censure avec ceux qui refusent le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune quand nous, nous sommes partisans de rétablir et de renforcer cet impôt de solidarité sur la fortune, de même de ceux qui refusent l'augmentation des salaires, et on pourrait continuer assez longtemps.

Surtout, nous défendons un principe, et ce principe, c'est qu'il n'est pas possible, dans une démocratie et dans une République, qu'un président de la République décide d'une des solutions seule pour ensuite ne pas respecter le résultat des urnes.

Et nous disons, et je l'ai redis encore ce matin, très sonalèlement à nos partenaires du Nouveau Front Populaire, qu'ils se trompent en mettant les choses à l'inverse, c'est-à-dire en ne mettant pas comme préalable le fait qu'il y ait un gouvernement du Nouveau Front Populaire et d'aller chercher je ne sais quelle chimère, qui à la fin, je vais vous dire, s'ils participent de quelque manière que ce soit à une coalition, à une grande coalition, comme on appelle ça souvent, un gouvernement d'intérêt général, quelle que soit la manière dont vous l'appelez, eh bien, ils ouvriront grand la porte à l'extrême droite. Et nous, je le dis, nous ne laisserons pas les fascistes gagner ce pays.

Donc nous sommes, nous, élus, fidèles à notre programme, fidèles à la parole que nous avons donnée aux électrices et aux électeurs. Nous continuons de porter le programme de gouvernement du Nouveau Front Populaire. Et je le dis, il n'est pas question que nous participions d'une manière que ce soit à ces consultations qui, en plus, ne sont pas du tout la prérogative d'un président de la République, qui n'a absolument pas à faire ça. Et je trouve ça d'autant plus absurde quand on explique qu'il faut reparlementariser la vie politique française.

Et je termine en disant que je suis d'accord avec Olivier Faure, lorsque le 30 août 2024, il disait ceci à Blois, il, Macron, est prêt à vous lâcher tous les noms, vous dire que vous pourrez tout avoir. Peut-être même s'il vous appelle les uns et les autres, il vous dira que vous pouvez faire quelque chose sur les retraites, que vous aurez un peu d'argent pour faire le SMIC, ou que vous pourrez faire un peu quelque chose sur n'importe quoi.

La seule condition, c'est que vous rapportiez le scalp du Front Populaire, que vous puissiez dire qu'il n'y a plus une majorité de gauche dans ce pays et que désormais, à nouveau, ceux qui ont été battus à trois reprises dans les urnes sont à nouveau la majorité de ce pays et que c'est à eux de gouverner. Voilà le calcul présidentiel et voilà ce que nous n'accepterons jamais, parce que je sais que du plus profond d'eux-mêmes, aucun socialiste n'acceptera jamais de devenir le supplétif de la Macronie. Voilà ce que je sais, parce que nous sommes socialistes. Eh bien, j'invite Olivier Faure à réécouter Olivier Faure et l'ensemble des partenaires du Front Populaire à revenir à la raison.

Nous sommes les opposants à Emmanuel Macron. Nous sommes la résistance qui permet à l'extrême droite de ne pas prendre le pouvoir dans ce pays. Nous sommes surtout ceux qui pouvons, avec un programme de rupture, continuer de dire qu'un autre monde est toujours possible. Et je vais laisser la parole à Aurélie Trouvé.