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interviewBLAST· 9 avril 2023 59 min

LES MÉDIAS DOMINANTS À LA BOTTE DU POUVOIR

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

il y a aussi une terreur intellectuelle des armées la police dire qu'elle tue invité dans certaines facs qu'on bloque par des militants d'extrême gauche des gens qui ont tué eux-mêmes vous n'êtes pas la prise des mots madame de La Gontrie c'est justement ça une partie de ce que c'est de faire la police de la pensée le camp du Bien comme dirait Philippe muret fait partie manifestement du camp du Bien et vous vous considérez qu'il y a des gens qui peuvent utiliser des mots et d'autres qui ne peuvent pas le faire il n'y a pas de police des mots en démocratie madame la sédatrice cette nouvelle offensive de Gérald Darmanin elle sort pas de nulle part et il y a un terreau de criminalisation de de la gauche très très fort et qui ne date pas de de sainte Soline en réalité [Musique] bonjour Pauline Perrono bonjour merci infiniment d'avoir accepté mon invitation Pauline peyronneau vous êtes journaliste coanimatrice de l'Observatoire des médias à climed un observatoire qui donne à voir comment les médias dominants interdépendants des pouvoirs politiques et économiques contribuent à dégrader le pluralisme et le débat démocratique alors vous vous appuyez sur ce danse travail d'observation pour documenter de manière précise et fouillée dans votre nouveau livre les médias contre la gauche que vous faites paraître aux éditions agones la manière dont la gauche dans toutes ses composantes et précisément exclues éclipsé du paysage de l'information contemporain un paysage ganglené par le storytelling et j'ajouterai personnellement presque le Bull citisme la gauche se trouve éclipsée selon vous en partie du fait de l'absence d'indépendance et de l'ultra concentration qui structure désormais le champ médiatique mais aussi du fait de l'effondrement du journalisme politique en particulier qui a pour corollaire l'explosion des journalistes de cours de classe de préfecture comme vous les nommez et dont nous allons parler des journalistes indissociables du macronisme et j'ai noté d'emblée dans votre essai qui porte sur la couverture médiatique des 5 premières années du quinquennat d'Emmanuel Macron un premier constat qui fait écho vous dites la gauche apparaît d'autant plus mutilé discrédité délégitimées lorsqu'une réforme libérale arrive sur le devant de la scène et qu'elle se double de mobilisation contestataire le moins que l'on puisse dire c'est que ça semble s'actualiser magistralement aujourd'hui puisque c'est bien dans un contexte d'opposition massive à la réforme des retraites qu'on note depuis quelques jours une offensive médiatique du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin pour discréditer les oppositions de gauche dans toute leurs composantes que s'est-il passé à gauche quand on a pas un mot quand on attaque des commissariats des tribunaux des préfectures des permanences de parlementaires que s'est-il passé à gauche pour qu'on confonde manifestation interdite et manifestations autorisées que s'est-il passé à gauche pour qu'on ne respecte plus l'uniforme de la République que s'est-il passé à gauche madame la députée pour qu'on oublie à ce point Clémenceau Chevènement Cazeneuve Valls Mitterrand Badinter que s'est-il passé à gauche pour qu'on aille se policiers que s'est-il passé à gauche pour faire alliance avec Monsieur Mélenchon qui les insultent qui les vomit et qui finalement fait honte à tous les électeurs de gauche dans son ITV ou Journal du Dimanche le premier avril et la plus dénoncer le terrorisme intellectuel de l'extrême gauche puis auditionner quelques jours après par la commission des lois à l'Assemblée au Sénat il a enfoncé le clou défendu le coup de que coûte le cadre d'intervention des forces de l'ordre attribuer les violences à l'ultra gauche et tenu des propos menaçants concernant le financement de la Ligue des droits de l'Homme particulièrement édifiants je connais pas les subventions données par l'État mais effectivement je pense que ça mérite ça mérite d'être regardé dans le cas des actions qu'ils ont pu mener mais je rappelle que beaucoup de collectivités locales aussi les finances voilà non mais je dis représentant des collectivités locales également que vous êtes voilà donc ce n'est pas qu'une question il n'y a pas que l'État ce qu'on remarque et je pense que quand on lit le livre on s'en rend compte on s'en rend compte au fil des chapitres c'est que cette nouvelle offensive de Gérald Darmanin elle sort pas de nulle part et il y a un terreau de criminalisation de de la gauche très très fort et qui ne date pas de de sainte Soline en réalité je pense qu'on peut on peut remonter sans doute un tournant même si j'aime pas trop utiliser ces mots mais disons que un moment extrêmement fort dans ce processus de criminalisation ça a été quand même la loi travail 2016 mon site dans le livre je pense que je peux le recycler mais il faut se souvenir quand même que le 2 juin 2016 le maître a pensé anti syndical Franz Olivier Giesbert qui déclarait dans les colonnes du point même si la comparaison peut paraître scabreuse est-il si illégitime d'oser la formuler la France est soumise aujourd'hui à deux menaces qui pourraient être différentes n'en mettent pas moi en péril son intégrité de points daesh et la CGT ce propos de Gilbert était tenu en 2016 pendant la loi travail donc au moment d'une forte mobilisation sociale syndicale gauche politique et gauche gauche social il veut aussi beaucoup d'associations mobilisées mais on retrouve aussi ce récit en 2017 au moment de la ZAD où là je rappelle Notre-Dame-des-Landes Notre-Dame-des-Landes pardon où effectivement c'était on retrouvait ce même récit cette même rhétorique des bas de LCI étaient intitulés tout à fait tranquillement Zadiste des terroristes comme les autres il y avait eu toute cette emballement médiatique qu'on a retrouvé de la même manière à Sainte Soline ce qu'on appelle le journaliste de préfecture je pense l'occasion d'y revenir mais qui des aspects consiste à retranscrire par avance les récits alarmistes des autorités que ce soit le ministère de l'Intérieur les préfectures etc on pourra on pourra détailler voilà donc c'est revenu à ce moment-là on ne peut décorer les je pense ce moment-là de guerre de Darmanin et du gouvernement plus généralement contre le terrorisme intellectuel de l'extrême gauche du Grand emballement qui a eu en 2020 en deux temps autour de l'islamo gauchisme parce que là c'était c'était encore une fois le même le même récit de où on a accusé quand même une partie de la gauche une large partie de la gauche de complicité intellectuelle de crime je pense surtout complicité intellectuelle du terrorisme c'est à ce point que c'est ce point là moi que je souhaite souligner ce qu'on appelle communément l'islamo-gauchisme c'est des ravages à chaque fois c'est vrai que ça ça part du du champ politique et il y a un processus d'emballement un processus de concurrence mimétique dans les médias ou en fait tout le monde reprend les propos c'est favoriser évidemment par la structuration du débat public c'est-à-dire des débats entre éditorialistes où tout le monde est un peu du même milieu ce côtoient c'est ce qui va dire et tout le monde en gros grosso modo est du même avis et donc là à ce moment-là à ce moment là c'était c'était tout à fait spectaculaire et on avait noté une évolution majeure en fait à ce moment-là c'était à la fois l'extension des cibles qui étaient visés par cette accusation de complicité avec les crimes donc là on avait la LDH on avait Médiapart à travers Edwy Pinel on avait bien sûr la France insoumise etc ce qui avant et notamment post 2015 avait été une accusation davantage cantonnée contre luthourière et le NPA qu'on recite aussi ce moment donc non seulement une extension des cibles de cette accusation mais également une extension des médias dans lesquels ce type d'accusation a pu circuler et donc on remarquait que c'est vrai que historiquement on va dire que le terme islamo-gauchiste était plutôt très utilisé dans les pages du Figaro qui a toujours un rôle avant-gardiste dans les kabbales sécuritaires ou transferts et extrême droitière et que là ça a circulé dans beaucoup dans beaucoup de médias presse radio généraliste etc et où l'emballement devait on va dire autoriser visiblement la suspension des principes journalistiques de base c'est à dire le contradictoire la vérification et les éléments factuels à l'appui d'accusation qui était quand même particulièrement outrancière alors ce que vous ce que vous décrivez très bien c'est effectivement cette co-construction et que vous décryptez médiatique et politique des événements au détriment on l'a compris de l'intérêt général et du débat démocratique je voulais juste pointer pour cette question d'islamo-gauchiste ajouter à cela une note qui vient d'être qui vient de paraître en tout cas publiée par le journal Le Monde indiquant que qu'aucune enquête n'avait jamais été dirigée donc on est bien dans l'ébouriffement médiatique donc c'est vraiment très inquiétant et ce que vous décrivez aussi très bien c'est cette et qu'on entend dans vos propos c'est cette corrélation entre le traitement des mouvements sociaux le dénigrement de la gauche dans toutes ces composantes comme on l'a bien compris aussi bien associatif parlementaire syndical et donc on en parlera aussi l'explosion de l'extrême droite c'est ce que c'est ce que vous décrivez très bien cette corrélation cette circulation là dans la manière de traiter médiatiquement les événements est-ce que vous pouvez nous en dire un mot aussi en réalité on voit qu'il y a un double mouvement c'est à dire une dédiabolisation médiatique de l'extrême droite qui est qui est proportionnelle à la diabolisation de la gauche dans toutes ses composantes je rajouterais quand même que c'est important ce que vous dites quand emprunter les syndicats la gauche politique et les associations je rappelle quand même que quand attaque l'association attaque avait aspergé de gouache la Samaritaine une question à l'ordre du jour du Figaro était quand même faut-il dissoudre attaque la semaine dernière la Samaritaine cette immense ensemble et immobilier au cœur de Paris à renversé portes mais plus droitier dans le champ politique avait pas forcément mis le sujet sur la table c'était en toute autonomie que le Figaro mettait à l'agenda ce type de questions la dédiabolisation médiatique de l'extrême droite c'est un processus de fond qui fait l'objet d'un chapitre à part entière dans le bouquin puisque c'est une tendance lourde que vous appelez le journaliste de dédié depuis longtemps travaillé sur cette question on a toujours dit que évidemment les médias étaient pas les principaux responsables de l'enracinement à la fois idéologique et électorale de l'extrême droite dans le dans le paysage ça c'est une évidence on renvoie un certain nombre de travaux qui pour nous expliquent bien comment tout ça marche simplement les médias ont un rôle de légitimation tout à fait important de de vis-à-vis de légitimation de l'extrême droite et donc on essaye d'expliquer un peu comment tout ça s'articule donc c'est vrai que le chapitre s'ouvre sur quelque chose d'ailleurs qui fait écho aussi aujourd'hui c'est la construction sont d'agir médiatique au son d'agir du duel Macron Le Pen qui a quand même structuré le débat public pendant cinq ans en réalité et dès l'élection de Emmanuel Macron en 2017 en fait il s'était mis en place et ça c'est un cadrage en fait très très puissant puis je continue qui continue qui continue et qui revient tout bonnement à exclure en fait la gauche en tant que force politique structurante du paysage politique donc c'est pas rien donc là on détaille je pourrais pas le rendre à l'oral mais on s'appuie voilà sur sur un certain nombre de sondages et sur on essaye de de montrer un peu comment ils ont été comment ils ont été utilisés par les médias ce qu'on appelle les mes usages des sondages la sondomanie l'intoxication de du journalisme politique aux études sont d'agir sans aucun recul quand bien même des études scientifiques à des travaux scientifiques des travaux de chercheurs existent depuis des dizaines et des dizaines d'années sur sur les outils songagés qui n'en reste pas moins utilisés et utiliser à outrance par par le journaliste politique pour faire la plus beau temps en gros et pour pour analyser la situation on pense évidemment au texte très importants de Pierre Bourdieu l'opinion publique n'existe pas qui a fait date et effectivement qui est complètement négligé on voit bien qu'on est dans de la fiction et non pas de l'information comme vous dites avec ces mécanismes sont danger et pourtant ils sont très opérants prêt à commenter on est parti des invectives relayées avec force notamment par Gérald Darmanin qui s'inscrivent comme vous l'avez très bien expliqué dans le sillage sémantique de l'extrême droite aboutit à ce que aujourd'hui dans le paysage médiatique on parle des extrêmes ce que vous ce que vous dites je l'ai entendu pas plus tard que ce matin à la radio je l'ai lu hier dans tel ou telle journal relayer par des journalistes dominants on peut dire ça en tout cas travailler travaillant pour des médias dominants on parle aujourd'hui des extrêmes et non plus on y a plus de distinguo entre l'extrême droite et le reste du champ politique donc il y a quand même un cap ah oui mais ça fait longtemps qu'il est passé c'est-à-dire ce cercle des extrêmes en un seul mot en fait il a été enfin il remonte à 10 ans quoi je pense je me rappelle qu'on avait fait au moment de la campagne de 2012 les premières campagnes de la fiste déjà c'était déjà ce motif là ce chêne qui était mobilisé et qui envahissait en fait le paysage mé et qui et qui était vraiment oui le oui le schéma avec lequel structurant avec lequel les journalistes politiques appréhendaient en fait le paysage politique donc c'est un des ressorts de la banalisation aujourd'hui de la banalisation à l'oeuvre depuis des décennies c'est ça c'est très bien de mettre de mettre sur le même plan mais en réalité voilà c'est nous on dit que la banalisation de l'extrême droite en fait c'est un processus qui est largement achevé en fait dans les médias dominants on citait le chapitre qui est consacré à ça c'est vrai qu'il y a cette construction sont d'agir du el Macron Le Pen qui crédibilise Le Pen en excluant la gauche mais on parle aussi de comment dire la manière dont les thématiques qui font historiquement le cœur des politiques d'URL sont ces thématiques là occupent non seulement ou occupé pendant le premier quinquennat Macron le haut de l'agenda ça c'est une des choses mais également le cadrage avec lequel le RN aborde ces questions donc on va dire l'immigration comme un problème l'islam ennemi intérieur la sécurité la délinquance dans les quartiers populaires c'est cadrage complètement verrouillé restrictif sont dominants en fait dans le dans le débat public et ne sont plus interrogés ne sont plus remis en cause à fortiori donc ça c'est un élément aussi de structuration du débat public qui est extrêmement puissant et qui a un ressort extrêmement puissant de banalisation de l'extrême droite même si c'est moins frontalement c'est moi c'est moins frontal quoi on parle aussi dans ce chapitre de la de la circulation des chroniqueurs des journalistes d'extrême droite qui a un phénomène assez impressionnant pendant cinq ans on a pu détailler ce phénomène quoi et enfin on a tout un développement qui est hyper important sur la dépolitisation de la politique et sur la pipolisation de l'extrême droite qui est pour nous le dernier mais peut-être le premier en réalité ressort de de cette banalisation médiatique de l'extrême droite et on s'attarde énormément à ce moment-là sur la campagne présidentielle qu'en 2020 quand vous parlez pipolisation vous pensez à la manière dont les médias ont accompagné les candidatures de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour voilà c'est ça donc bah je veux pas le refaire je pense que c'est dans la tête de tout le monde mais des émissions généralistes tout à fait respectable entre guillemets de la grande presse à pu discerner sur les chats de Marine Le Pen c'était plus traitée que son que son programme l'odeur de caca c'est un gros truc quand même dans une grande émission politique sur France 2 on pouvait tout à fait entendre Thomas Soto interrogé Marine Le Pen sur son amoureux ses enfants etc je me sens pas très très à l'aise pourquoi je sais pas parce que parce que je suis pudique il y a quand même votre amoureux la joie ah bah oui donc ces mélanges des genres qui qui contribuent en fait à la banalisation systématique de l'extrême droite et donc une focalisation du journalisme politique sur le rien sur le vide d'une médiocrité quand même sans nom je pense qu'il faut pouvoir le dire aussi au dépend d'un travail de fond sur l'extrême droite sur son programme sur voilà sur les sur les idées et donc tout ça en fait est complètement marginalisé et on va dire que il y a eu quand même une polarisation réactionnaire de l'agenda médiatique pendant la pré campagne et pendant la campagne qui a été tout à fait spectaculaire je pense qu'il y a crimède on est quand même rodé au mécanisme médiatique on est quand même tombé de notre chaise de septembre 2021 à décembre 2021 au moment de l'hystérie autour de Zemmour c'est à dire que c'était alors qu'il n'avait pas annoncé sa cand les médias trépinières pour savoir quand est-ce qu'il allait annoncer sa candidature ben voilà il a été le centre de gravité du débat public pendant trois mois et puis je suis sympa en disant trois mois c'est à dire que ça a duré puisque je rappelle que l'arcom épinglait en mars 2022 11 médias donc certains du service public pour sur-représentation de Zemmour en tant que parole et en temps d'antenne sur la période de janvier 2022 mars 2022 donc c'est c'était tout à fait spectaculaire sur la base une nouvelle fois de sondage puisque Zemmour avait été testé dès l'été et donc comment dire là les pratiques les routines du journalisme politique ce sont ce sont mises en branle on va dire et il y a eu une véritable auto-intoxication à scruter les moindres soubresauts sont d’agiés à faire de l'information ce qui n'en était pas c'est à dire à détailler la déléguéguerre les tranches des uns et des autres tout le tout ce que ce qu'on appelle le jeu politicien au détriment des enjeux voilà du commentariat ce que vous décrivez très bien d'ailleurs on peut noter au passage que ce premier quinquennat nait avec l'ambition affichée d'Emmanuel Macron de lutter contre le rassemblement national alors l'assise électorale du rassemblement national n'a jamais été aussi fort l'empire médiatique de Vincent Bolloré sans racines on vous tient aussi de ce livre à travers ce que vous appelez le journaliste de cours celui qui a bénéficié de ce journaliste de cours c'est bien évidemment Emmanuel Macron aussi bien lors de sa première candidature à élection présidentielle première élection et la deuxième en 2022 ou carrément aucun bilan n'a été fait n'a pu être fait de son premier quinquennat voilà j'ai fait un débat déjà enfin débat successifs je suis allé sur le service public à plusieurs reprises simplement je suis obligé un petit peu d'organiser mon temps j'irai sur sur France 2 j'irai simplement soit dans un JT avant le premier tour soit dans l'entre-deux-tours sur un format qui me proposeront une suspension en gros de la campagne démocratique en il y a beaucoup de on entend souvent des journalistes politiques dire ouais la campagne elle a pas eu lieu mais qui fait la campagne si ce n'est ces professionnels qui n'a pas fait son travail à ce moment-là c'est bien eux en fait c'est bien eux qui ont campé Emmanuel Macron dans un rôle de chef de guerre avec des récits mais propagandistes je veux dire je pense qu'à un moment il faut dire les choses dans le monde consiste de manière extensive on a eu des récits de journalistes politiques ou de journalistes en charge du suivi de l'Élysée des récits mais totalement totalement spectaculaires de ce point de vue là ça a été un accompagnement au moment où il a publié sa lettre sa lettre de campagne un accompagnement un énième accompagnement de la Quotidienne Régionale ahurissant avec vraiment des journalistes politiques là encore qui ne faisaient que tricoter les formules de communication du Président les unes à la suite des autres aucun recul critique aucune analyse du bilan on a entendu Thomas Legrand un moment sur France Inter dans une émission qui était censée être une hebdomadaire de la campagne dire que c'était un peu fâcheux parce que c'était un peu fâcheux je cite que le président ne fasse pas campagne puisque on ne savait pas de quoi discuter avec lui mais c'est quand même spectaculaire d'entendre ça de la part d'un journaliste politique important dans le paysage en plus je veux dire qui est quelqu'un de très respecté comment Thomas Legrand ne peut pas faire un travail autonome de par exemple de de bilan analytique de cinq années de macronisme sans enfin c'est c'est fou en fait et donc c'est vrai que là on ça a été bises répétita par rapport à par rapport à 2017 qui avait été quand même un moment tout à fait spectaculaire de démission de spectacularisation de l'information quoi une coupluche médiatique ethnée c'est ce qu'on écrit dans le livre on le on le retrace c'était important même si ça a été déjà beaucoup fait mais de revenir sur ce moment là et surtout de le mettre en regard de la campagne de la dernière campagne présidentielle donc voilà ça c'était pendant la campagne voilà Emmanuel Macron ne voulait pas débattre et bien il n'y a pas eu de débat là aussi des missions des journalistes politiques je pense qu'il y a certaines anecdotes tout à fait édifiantes dans celui que qu'on coécrit Julien Salingue Philippe Poutou et Béatrice vallillot de ce point de vue là qui reviennent qui reviennent sur justement les les débats qui n'ont pas eu lieu le fait que ça n'est pas eu lieu était un choix éditorial volontaire de la part des directions médiatiques parce que Emmanuel Macron ne voulait pas débattre avec avec d'autres candidats c'est c'est tout à fait clair texto à l'appui de certaines de certaines alors j'ai appris médiatique dans leur dans leur bouquin quoi et on comprend bien on va décliner un petit peu ces différentes catégories de journalistes à ce journaliste de course double d'un journalisme de préfecture comme vous l'appelez et vous le rappelez vous le rappeler très bien la contestation de l'ordre établi sous le premier quinquennat d'Emmanuel Macron c'est vraiment décliné en de multiples muse ou de multiples formes et la réponse est toujours la même méthodique elle passe par la répression et par l'inflation de l'arsenal législatif sécuritaire si on s'arrête un petit peu sur un épisode quand même très important de ce premier quinquennat parce qu'il a été aussi tragique c'est celui de la de la répression des gilets jaunes et du traitement médiatique qui en a été fait vous parlez carrément de carnage médiatique et on le revendique parce que ça a été une démission totale à nouveau des médias pourquoi qu'est-ce qu'on a fait de mal qu'est-ce que j'ai fait de mal qu'est-ce qu'on a dit qu'il ne fallait pas dire des tests de cuir simplement je dis simplement je dis simplement je dis simple soyez pas méprisant non plus parce que ce genre de déclaration ne calme pas les choses leurs propos sont absolument débiles c'est-à-dire que ils sont incommensables ils sont même méprisables je pense qu'on est d'une objectivité et d'une impartialité totale on a dû attendre deux mois en réalité pour que la question des violences policières perce l'agenda médiatique ce qui ne disait encore rien de la manière dont elles étaient traitées c'est-à-dire tout à fait mal on aura l'occasion je pense d'y revenir mais voilà on a dû attendre deux mois euh ce qui a fait que que les violences policières ont fini par percer et à être un sujet on va dire à part entière mis à l'agenda médiatique ça a été beaucoup de pression en fait évidemment quelque chose de fondamental qui est la vidéo et nous c'est ce qu'on appelle l'autodéfense en fait de numérique des manifestants mais aussi tout le travail des reporters indépendants tout le travail des rédactions indépendantes qui ont très tôt en fait documenté documentés les violences policières tout un travail aussi des collectifs qui existaient déjà de violences contre les contre les violences policières certaines ONG certaines associations certaines organisations politiques et syndicales qui ont essayé de de mettre de oui de donner un peu de la lumière à ce sujet et donc toutes ces toutes ces pressions auxquelles s'ajoutent aussi la pression qui sont venues de l'intérieur des médias dominants parce qu'en réalité les reporters sur le terrain voyaient les violences policières rapportaient des vidéos aussi de violences policières et y compris en été eux-mêmes victimes aux médias et ses pressions internes aux médias on travaillait vraiment on labourait je pense dans les rédactions et on finit par par faire en sorte que le que le sujet que le sujet passe l'agenda mais ça a été ça a été deux mois de non traitement et vous saluez vous saluez à ce titre le travail de David Dufresne notamment qui a permis effectivement avec son fameux halo place bobo de faire que que ces violences soient défait et qu'elle soit reprise comme étant ce qu'elles sont c'est-à-dire des violences policières donc ça décrit remercie tous processus mais qui n'a pas permis de mettre fin aux journalistes dominants et à la rhétorique qui s'est installée malgré tout le travail de David Dufresne et en l'occurrence sa médiatisation à lui était un symptôme en fait du fait que c'est les pressions avaient travaillé avait travaillé positivement quoi après effectivement ça ne gagne ça ne garantissait pas du tout un traitement satisfaisant d'un point de vue qualitatif quoi c'est c'est ce que vous c'est ce que vous disiez donc on décrit dans le livre le lexique et les mots de ce qu'on appelle les mots de le féminisation en fait tous les mots toutes les toutes les formules qui permettent de ne pas dire les violences policières donc là on donne un certain nombre d'exemples dans le dans le bouquin mais c'est à dire il y a quelque chose de fondamental c'est que en réalité si toute si le moindre agissement à l'époque de gilets jaunes pouvait être regroupés sous le terme une violence par par les journalistes je peux je peux peut-être citer des exemples voilà le matraquage je peux lire un petit extrait le matraquage de manifestants plaqués au sol peut être rebaptisée intervention musclée lorsqu'il charge les policiers ne font que aller au contact pour disperser je cite encore leur sur déploiement anxiogène et baptisé je cite maintiens de l'ordre mieux maîtrisé ça c'était dans Le Parisien et c'est vrai qu'on remarque que les tirs de LBD de grenades lacrymogènes de désencerclement l'usage de camions à eau etc etc ne sont jamais décrits comme des actes de violence mais en plus systématiquement quasi présenté comme comme des répliques donc voilà on a tout un vraiment le c'est un des symptômes du journalisme de préfecture la reprise aussi de du lexique policier du récit policier quelque chose que l'on a vu de manière tout à fait spectaculaire là au moment de sainte Soline et qu'on a un documenté alors sur un crimed en faisant un focus là sur sur BFM TV mais [Musique] [Musique] aussi de cette fabrique journalistique et du et et des journalistes en tant que tel qui sont voilà le monde journalistique même si les produits journalistiques sont uniformes comme on le comprend très bien et bien la réalité du change journalistique est composée d'individus hétérogènes avec des convictions particulières voilà et donc ça il faut quand même le rappeler ce n'est pas une criminalisation ou une culpabilisation des journalistes c'est plutôt un mécanisme que vous voyez que vous traitez tout à fait et c'est historique dans la dans la critique d'acrymède et ce qui est pointé c'est vraiment le les chefs éditoriales quoi donc là où se concentre en fait le pouvoir éditorial ceux qui ont le pouvoir de du choix des sujets de la manière dont vont être traités les sujets avec quel cadrage etc donc évidemment on n'est pas du tout sur le même plan les professionnels tous les professionnels de l'information et en l'occurrence sur le pour en revenir au journalisme de préfecture on a tout c'est un bon c'est un bon exemple de de comment la fabrique de l'information s'inbrique aussi à des questions d'ordre idéologiques pour nous c'est à dire que on explique à partir du travaux de sociologue comment la proximité des journalistes avec leurs sources policières s'explique par la pratique du métier on reprend des travaux de sociologues qui ont été faits notamment sur les faits diversifier mais comment comment la pratique du métier instaure une proximité avec avec ses sources policières ce qui explique beaucoup de choses d'ailleurs la proximité est quelque chose de pointé par par des journalistes dans l'article de de Mediapart des journalistes de BFM de justice les frontières sont très floues pour eux oui bien sûr c'est ça et que du coup il y a des il y a des il y a des routines des routines des contraintes professionnelles qui qui expliquent en fait une forte dépendance des journalistes aux sources aux sources policières à la préfecture etc mais pour nous il faut aussi le ça explique beaucoup de choses dans la production de l'information mais on peut pas le déconnecter en tout cas nous on le déconnecte pas de idéologie du maintien de l'ordre en fait qui sous-tend le traitement de ses affaires et c'est à dire que là on cite enfin on pointe plutôt le pour le coup les directions éditoriales et les chefs immédiatiques c'est à dire que c'est indéniable c'est indéniable qu'il y a voilà une alors c'est c'est assez intéressant ce que vous dites parce que ça ça montre que le prisme sécuritaire en fait est vraiment le cadrage domine dans la manière de traiter jusqu'au mobilisation sociale c'est même quand on traite de revendications sociales on les traite toujours par ce prisme sécuritaire et du coup on pourrait penser que la gauche sur les questions de mobilisation sociale sur les questions économiques pourrait médiatiquement trouver un terrain d'intervention plutôt favorable et on se rend compte en vous lisant enfin l'effet de cumulation on dirait un mot sur la méthode intactymède étant étant ce qu'il est c'est assez édifiant parce qu'en fait elle n'est pas du tout à l'aise y compris sur des terrains sur lesquels elle devrait être très à l'aise et on arrivera aussi à dire un mot sur ce journaliste de classe oui le cadrage sécuritaire il est il est extrêmement il est extrêmement présent pour pour commenter en fait les mobilisations sociales on donne l'exemple à ce sujet de de la précédente réforme des retraites en 2019 et on cite à ce sujet le traitement qui avait pu faire le 20H qui était vraiment édifiant de ce point de vue là c'est à dire on avait étudié à Crimée à ce moment-là les quatre jours qu'il y avait précédé la grande grève interprofessionnelle du 5 décembre 2019 et à ce moment là dans le 20 heures il y avait eu au moins deux sujets vraiment révélateur de ce qu'on a de ce qu'on appelle dans le bouquin le journalisme de préfecture anticipé c'est à dire que la rédaction du 20h faisait un sujet tout à fait tranquillement sur ce qui n'était pas encore arrivé en prophétisant d'hypothétique violence sur la base de notre de renseignement là c'est un arrêt sur image notamment à beaucoup documenté ça aussi ces derniers temps voilà des notes de renseignement qui étaient reprises sans aucune sans aucune distance sans vérification sans contextualisation etc et donc les sujets pour traiter de ce qui n'avait pas encore eu lieu se concentrer sur d'hypothétique violence à venir et pour illustrer ce qui n'avait pas encore eu lieu France 2 la rédaction du 20h recyclait des anciennes images de violence de manifestants uniquement de du côté des manifestants pour encore une fois commenter ce qui n'avait pas encore eu lieu donc voilà c'est vrai que le sécuritaire est un cadrage très très important qui vient souvent aussi supplanté un cadrage social du temps laisser à l'expression des revendications à l'expression d'alternative mais ça c'est on en rêve quoi ça c'est bien vu ça a été une des grosses tendances de au moment des retraites alors il est d'autant la formulation d'alternative était littéralement impossible en fait dans l'espace médiatique immédiatement classé hors sujet alors que c'est pourtant c'était tout le sujet c'était pourtant tout le sujet oui alors il est d'autant cette analyse et d'autant plus intéressant qu'elle démontre en fait alors en plus du prisme sécuritaire effectivement le prisme libéral aussi est totalement c'est un autre cadrage et ça explique aussi que toutes ces questions de mobilisation sociale et de revendications sont sous-traiter et délaissés puisque de toute manière il y a une effet de clôture qui fait que ces discours là ne peuvent pas s'exprimer c'est probablement ce que à crimed et puis d'autres avant nous au mondiaux notamment ont le plus documenté le verrouillage libéral de l'information économique tout simplement là je pense que en fait depuis septembre c'est vrai que on se rend compte à quel point les thématiques de gauche la répartition des richesses etc en plus de place à l'agenda ce qui n'a fait ce qui tranche vraiment avec les 5 années qu'on vient de vivre le premier quinquennat où ça n'a pas du tout été le cas mais parce que il y avait une représentation de la gauche plus importante au Parlement et surtout parce que il y a eu des mobilisations sociales en fait pas que les retraites c'est à dire que sur toute la période septembre décembre il y avait des mobilisations extrêmement présentes sur la question des salaires notamment donc voilà c'est ça ça fait pression mais c'est vrai que là en gros sur les cinq années qu'on chronique ça veut pas dire que le verrouillage de l'information économique n'existe plus n'existe plus loin de là et que les personnes que vous citez sont encore là et ces vis encore largement mais c'est sûr que du coup on revient sur un certain nombre de mécanismes qui expliquent selon nous voilà le verrouillage de l'information et le monopole on va dire de la pensée libérale dans dans les médias c'est ce que vous appelez aussi un journaliste de classe voilà c'est ça c'est donc ça s'explique déjà enfin un des symptômes en fait c'est il y a une totale adhésion en fait des journalistes économiques pour le coup à ces valeurs libérales voilà et qui accompagne le discours néolibéral partout en fait on disait c'est un exemple très simple c'est que c'est impossible de citer dans l'audiovisuel donc radio télé service public service privé confondus un journaliste économique qui soit qui soit qui soit hétérodoxe donc voilà en fait de deux du JT de France 2 à au chronique de Dominique se sur France Inter en passant par les pré-ci préchard de François Lenglet en passant par etc etc sur les journalistes économiques qui s'expriment sur France Info partout en fait dans la presse aussi et dans la presse voilà on n'exclut pas évident on exclut évidemment pas pas la presse il y a un monopole de de cette pensée libérale et donc ça a des implications très concrètes en fait ça une des implications et qui joue structurellement contre la gauche c'est les tirs de barrage systématique contre tout écart en fait au prête à penser libéral et on donne un certain nombre d'exemples de quand un porte-parole d'attaque veut intervenir et veut critiquer les résultats de la bourse et ben ça va être oui des tirs de barrage des coups de sifflet systématiques des interruptions où il est impossible en fait de développer une pensée économie qui était rodoxe dans l'audiovisuel sans se faire rabouer sans se faire interrompre et discréditer par par les journalistes qui qui nous invitent quoi alors ça aboutit du point de vue journalistique à l'éclipse de l'enquête sociale par exemple à certains à certains contenus qui peuvent qui sont importants et et du coup qui sont totalement quasiment inexistants en tout cas de moins en moins existant en tout cas ce que à ce stade ce qu'on peut dire c'est que ça ça contribue à une fracture avec les citoyens d'autant plus que vous pointez aussi une surpriseation des classes supérieures dans les médias et une sous-représentation des classes populaires alors je n'ai plus les proportions exactes vous les vous les citez mais ça contribue à défigurer le réel plutôt qu'à le représentait une certaine manière voilà c'est ce qu'on dit la défiguration du réel en fait est permanente s'en est un bon symptôme les chiffres on reprenait de 2021 qui sont qui sont fournis par le baromètre de l'arcom tout programme confondu donc c'est à dire fiction information documentaire divertissement donc ces études sont réalisées sur une semaine type les catégories socio-professionnelles supérieures ont représenté 75 % des personnes indexées à la télévision et à la radio alors qu'elles ne constituent que 28% de la population française et les cadres professionnels et chefs d'entreprise qui ne pèsent que 10% de la population ont été représentés à hauteur de 65%. 65%. donc voilà je veux dire puisque mécaniquement évidemment les les classes défavorisées et en partie acculées les ouvriers sont complètement sous représentés mais c'est à dire que voilà on explique comment leur vie n'existe pas en fait dans les médias dominants que la presse quotidienne régionale comble le vide mais de manière marginal quoi c'est pas je veux dire c'est pas c'est pas satisfaisant et donc voilà l'enquête sociale les reportages permettraient de rendre compte de de ces villages mais que vu la structuration de des médias en l'occurrence c'est impossible parce que tout est fait pour saper le travail d'enquête et pour pour qu'il n'existe pas il y a pas le temps il y a pas les sous etc enfin c'est une précarisation qui est qui est voulu quoi c'est à dire que à la place de ça on a les gémonies des formats à bas coûts et donc du commentarias quoi donc c'est à dire c'est encore une fois ces plateaux ces plateaux qui qui se reproduisent qui se dupliquent faux débats qu'on peut avoir autant de chaînes d'information en continu que dans une radio publique etc etc ces médias des manifestations à lui répondait on est d'une objectivité et d'une impartialité totale c'est à dire qu'on a quand même cette incapacité à de remise en cause et de comprendre mais en fait de ça voudrait dire trop de choses en fait ça voudrait dire notamment que on questionne un peu le profil le statut de ces chefs éditorial de ces commentateurs de remarquer que sociologiquement en fait déjà d'une c'est tous les mêmes et que de deux en fait ils sont oui il y a un entre soi très fort et que et que et quelles sont et qu'ils sont sociologiquement solidaires en fait des intérêts des classes dirigeantes donc ça ça impliquerait de voilà de réfléchir à beaucoup de choses donc je pense que c'est voilà plutôt que plutôt que de faire ça et bien on met on met en avant des mythes professionnels qui ne veulent qui ne veulent rien dire je sais même pas si j'y crois même quoi probablement mais voilà mais ça ça renvoie à quelque chose plus fondamental qui est l'impossibilité de la critique des médias radicale dans les médias dominants c'est à dire que ils peuvent faire un peu de critique en entre soi encore une fois il y a entre journalistes il y a des personnes admises pour le faire et puis il y a des discours et des interlocuteurs qui sont exclus quoi la critique des médias comme les autres sujets en fait n'échappent pas à se balisage du périmètre acceptable de ce qui peut ou non être discuté dans l'espace médiatique et à cet égard vous pointez aussi la responsabilité des écoles de journalistes qui au lieu de former à la critique sociale et bien finalement intègre aussi cette mécanique du moins 10 ans journalistique ouais c'est ça c'est bon le détail pas mais c'est un élément qu'on pointe en conclusion mais parce que ça fait partie quand on s'interroge sur les raisons ça fait partie des éléments qui rentrent évidemment en compte qu'il faut interroger c'est vrai que François Ruffin l'avait fait avait fait un bouquin autour de ça je voulais citer peut-être un documentaire que nous on avait chroniqué sur acrymen qui s'appelle en formation et donc on vous a appris à faire des belles phrases à faire des plein de trucs et tout et moi ce que je vais vous apprendre c'est arrêter de faire des belles phrases j'aime pas les belles phrases ce que je veux c'est que vous me racontiez des histoires [Musique] de réalisateurs qui m'ont très très bien ce côté comment le l'ultra technicité a pris le pas en fait sur dans les formations sur sur les questionnements de fonds etc comment voilà ces formations ultra technicistes en fait encourage participent d'une déréalisation et d'une des politisations de l'information donc ça c'est sur le fond de des formations moi j'ai fait j'ai pas fait de d'écoles de journalistes mais j'ai j'ai fait une formation à la fac je veux dire c'était nos cours de pratique journalistique était tout à fait édifiantes de ce point de vue là un des autant on avait des cours de fonds mais sur les cours de pratique ça reste une anecdote mais je veux dire en partiel on devait bâtonner des dépêche AFP on devait résumer résumer ce qui était déjà ultra court des pêches qui faisait 5 lignes on devait les convertir en dépêche de trois lignes enfin je veux dire il y a un côté suis pas sûr de en fait où le fond disparaît complètement au profit de la forme et comment voilà ces formations en fait formates format des formes et en fait comment dire prépare prépare les étudiants ou contraintes auxquelles de fait ils vont être exposés pendant enfin dans leur dans leur milieu professionnel donc voilà ça c'est c'est une chose et la deuxième chose c'est ce que les travaux de sociologue consistent dans le livre pointe c'est-à-dire un recrutement de ces écoles parmi les classes favorisées donc comment le recrutement accompagne quand même une homogénéisation sociale des par le haut en fait de la profession journalistique donc voilà quand ils étudient en fait aussi la structuration de la profession on revient à ce qu'on disait un peu plus tôt dans l'entretien mais c'est tout à fait spectaculaire c'est à dire qu'on a un pôle dominant donc des vedettes de l'information qui contre les gros salaires qui concentrent le prestige qui concentre les gratifications symboliques qui concentre le pouvoir éditorial à l'autre bout de enfin en bas de l'échelle on a tout des contingents de professionnels précarisés je pense à une enquête que vous avez fait aussi sur Blast sur Ebra là où on voit très bien comment ça se passe ou des journalistes finissent en burn out vu les contraintes vu le quotidien de comment de comment se structure les rédactions aujourd'hui donc ça c'est un peu les deux pôles mais les sociologues remarquent aussi que sur toute la strat intermédiaire on assiste quand même un embourgeoisement de cette profession donc voilà c'est pas sans lien aussi avec évidemment la manière dont ils abordent les questions économiques la question sociale en général quoi ce portrait là que vous dessinez du chant journalistique qu'on pourrait identifier comme un rouleau compresseur qui qui écrase en fait qui en tout cas les dissidences mais qui est très très éclairant et édifiant sur sur la réalité comme vous venez de l'exprimer de ce métier aussi et bien vous en finissez par rappeler à la politique de la question politique de la question médiatique pardon à la politiqueisation de la question médiatique donc j'aimerais bien que vous nous disiez un mot d'autant que là vous dressez aussi une critique de la gauche dans son positionnement à la gare ou de son délaissement de sous-investissement de cette problématique précisément on appelle évidemment mais c'est aussi la mission historique d'acrymède que de revendiquer la repolitisation de la question médiatique ou de refaire des médias à une question politique c'est-à-dire ce qu'elle est c'est qu'elle devrait être en tout cas pour nous c'est plusieurs ces trois pans en fait complémentaires consiste enfin quand on parle en conclusion c'est à dire une un soutien pour nous de la sphère des médias indépendants voilà mais après pour nous le soutien l'accompagnement des médias indépendants en fait ne peut pas c'est pas une fin en soi pour le dire vulgairement en fait on va pas lâcher les groupes c'est pas possible en fait que ça reste universalisé la mécanique des en fait il faut se réapproprier il faut se réapproprier les les enfin on lutte pour une réappropriation démocratique des médias de ce point de vue là donc en gros qu'on pointe c'est à la fois comment dire que la gauche politise son rapport aux médias voilà donc là ça implique ça implique beaucoup de choses quoi mais y compris de s'interroger sur la participation par exemple de certains politiques dans des programmes complètement d'une certaine manière enfin qui vont à l'encontre en tout cas de ce qu'on vient dénoncer qui sont un peu avilissants qui sont discréditants ou qui sont ou qui vont dans le sens d'une d'un renforcement de l'extrême droite s'interroger évidemment sur aller ou pas dans des médias d'extrême droite c'est fondamental je pense hier c'est Sophie Binet de la CGT par exemple refusait de répondre à une journaliste de cnews dans la manifestation ça ça fait partie en fait donc c'est vrai que la CGT depuis 2019 en fait les en tout cas c'est les responsables ne vont plus sur ces new s à un moment ça a été ça a été un sujet non mais moi je souhaite pas répondre à cnews et pourquoi parce que en fait je vais pas sur sur vos plateaux mais là c'est pour s'exprimer devant tous les Français de nous donner vos revendications et bien non voilà donc moi vous choisissez les médias à qui vous m'adresse à tous les médias qui expression est une pluralité c'est à dire que la gauche collectivement et pour nous c'est ça qui est important c'est quand il peut y avoir un mouvement politique qui qui rassemble largement la gauche sociale et politique de ce point de vue là a décidé de ne plus aller sur sur cnews et donc argumentait évidemment en pointant la présence à l'époque de Zemmour qui débarquait sur la chaîne pour pour l'émission Face à l'info mais voilà c'est c'est un aspect de la politisation du rapport aux médias mais il y en a d'autres il y a évidemment ça ça doit être plus large en fait parce que ce qu'on dit et ce qu'on montre dans le dans le bouquin c'est qu'évidemment les interrogatoires médiatiques le discrédit des des responsables associatifs des responsables syndicaux etc on les trouve pas évidemment que sur les médias d'extrême droite c'est l'évidence même on les trouve le matin sur France Inter on fait un certain nombre de Verbatim de ce point de vue là sur France info sur France 2 enfin c'est très très large en fait la disqualification de la gauche de ce point de vue là donc on gagnerait à gauche évidemment à avoir une discussion vraiment large et collective sur sur ces questions là donc ça c'est un pan et puis le paon plus fondamental c'est de de creuser et d'affiner on va dire les propositions pour transformer radicalement le paysage donc là c'est ne coupera pas évidemment de d'une réflexion et de proposition en tout cas pour une gauche qui souhaiterait subvertir l'ordre établi et les médias tels qu'ils fonctionnent tel qu'il dysfonctionne de proposition sur le mode de propriété en fait des médias donc voilà il faut creuser ça il y a aussi évidemment la question des aides à la presse il y a la question de du statut juridique des rédactions qui rejoint à la question évidemment du pouvoir qu'on donne aux journalistes sur leur sur leur travail et les liens avec les directions éditoriales puisque on repentait que voilà c'est extrêmement verrouillé comme milieu c'est très vertical d'ailleurs certaines sociétés de journalistes aujourd'hui qui protestent le pointe le SNJ de nouveau dans le cadre de la mobilisation actuelle pointe la verticalisation vraiment et la déposition en fait des des journalistes de leur de leur objet quoi donc ça il y a plein de en fait il y a plein de chantiers qui doivent être investis et qui doivent être le terreau de propositions radicales pour pour transformer le paysage quoi et c'est l'effort que vous poursuivez évidemment avec acrymed est-ce que vous pouvez me dire un mot sur la méthode votre méthode de travail qui est quand même très dense et très alors donc c'est bien de d'en faire un point effectivement parce que donc c'est un livre collectif en réalité donc c'est vrai qu'il y a mon nom mais c'est un livre qui est mon a discuté par exemple de la structuration du bouquin on en a discuté en réunion de en réunion de rédaction et après en gros la façon dont j'ai travaillé c'est que j'ai repris tous les papiers qu'on avait écrit sur la crimette depuis 5 ans enfin pendant les 5 années du quinquennat du premier quinquennat et puis j'ai voilà après j'ai retravaillé j'ai il y a évidemment des des passages inédits où j'ai été creusé certaines séquences mais voilà sinon c'est pour ça que c'est un travail collectif parce qu'il y a aussi évidemment beaucoup de relectures et que tous les articles en fait qui paraissent sur le synagrimède sont le fruit d'un un engagement collectif c'est à dire qu'on écrit on est relu il y a un processus de relecture et des discussions donc voilà mais après sur la méthode des articles c'est vrai que une des une des caractéristiques d'acrymède c'est le verbatim mais je pense que ça c'est aussi la force de l'assaut c'est de c'est de documenter de beaucoup citer et donc vraiment de de mettre les citations au service aussi de points plus théoriques ou de développement plus plus théorique qu'on développe et puis des biais en l'occurrence voilà ce qu'on document de quoi les biais systématiques dans le traitement de l'information et ça ça permet en tout cas de lutter contre l'amnésie collective qui nous gagne tous quand on parle du traitement médiatique des événements puisque ça s'accumule à une telle vitesse qu'effectivement c'est toujours très précieux ce type de travail quelle couverture médiatique de quelle vous allez bénéficier pour la promotion de ce livre ça m'intéresse pour finir nul voilà mais bon c'est à l'image de du poids d'acrymen dans les médias dominants c'est quand même une association qui existe depuis 86 on a été invité peut-être cinq ou six fois depuis notre naissance dans les médias dominants dominants donc voilà la couverture voilà après on s'attendait pas à ce que ça fasse la une des journaux pour le dire il aurait pu l'espérer au nom du pluralisme n'est-ce pas dans ce quand on parlait de du statut que peut avoir la critique des médias dans le débat médiatique c'est elle est soumise quand je disais elle est soumise au même au même au même cadrage ou même tir de barrage etc même voilà les chefs éditoriales définissent le périmètre acceptable du débat public donc la critique des médias il y a une critique des médias acceptable il y a plein de il y a plein de d'émissions médias dans les médias ils se regardent beaucoup entre eux donc ils peuvent discuter de la production des uns et des autres mais disons qu'il y a une critique radicale qui passe pas et de la même manière il y a des interlocuteurs qui ne passeront pas donc on peut discuter on a pu avoir des émissions avec Julien kagé par exemple là il y a pas de souci c'est une interlocutrice une interlocutrice légitime et puis il y a d'autres interlocuteurs qui qui sont pas légitimes merci infiniment Pauline peronnot pour cet entretien et j'invite vraiment tous les gens qui nous regardent tout simplement étant donné que vous n'avez pas bénéficié d'une couverture en bonne et due forme médiatique et bien je les invite vraiment à se procurer ce livre et à le lire il est vraiment très important merci infiniment merci à vous voilà c'est la fin de cet entretien j'espère qu'il vous aura intéressé et surtout permis de mesurer l'importance des médias indépendants si c'est le cas et que vous souhaitez nous soutenir n'hésitez pas à faire un don ou vous abonner en vous rendant sur notre site blast-info.fr et moi je vous dis à bientôt sur Blast [Musique] [Musique]