Réponse à la manifestation du RN, droits de douane américains... Le "8h30 franceinfo" de Nicolas Mayer-Rossignol
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Bonjour Nicolas Meillard-Rossignol, pour la deuxième journée consécutive, la panique s'est emparée des places boursières en raison des droits de douane imposés par les américains. 6% de baisse à Wall Street hier, ce n'est pas mieux à Paris, Francfort ou Londres. Comment vous regardez ça ? Est-ce que vous vous dites que finalement ça va faire réfléchir Donald Trump ?
Je ne suis pas sûr, il faudrait déjà qu'il réfléchisse. Non, c'est une situation très grave, c'est une situation très grave. Moi je suis maire de Rouen, c'est une ville portuaire, industrielle, on est très inquiets, mais à vrai dire les conséquences sur l'économie elles sont globales. Il faut une riposte, il faut une riposte très claire. De toute façon, visiblement, oui, européenne, c'est ce que j'allais dire. De toute façon ce monsieur ne comprend que le rapport de force, donc il ne faut pas l'escalade, mais il faut montrer qu'on est fort. Et en réalité lui n'est fort que parce que l'Union Européenne est trop faible.
Ce que ça montre aussi, et c'est une réflexion de plus long terme sans doute, mais enfin il faut agir maintenant, c'est qu'on a besoin d'une Union Européenne beaucoup plus intégrée, beaucoup plus puissante.
Vous parlez de Rouen, ville portuaire, est-ce qu'on vous en parle ? Est-ce que les chefs d'entreprise vous en ont parlé ces derniers jours ?
Oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr. D'abord, ce n'est pas la première annonce de Donald Trump sur le sujet. Alors effectivement, maintenant il y a des actes, mais on avait vu avec le Canada par exemple et d'autres pays, donc ce n'est pas nouveau. Et bien sûr, Rouen c'est le premier port céréalier d'Europe de l'Ouest, donc c'est évidemment directement impactant. Et puis il y a d'autres secteurs, naturellement, oui.
Vous imaginez, vous arrivez à quantifier, c'est un peu tôt peut-être, mais l'ampleur des dégâts que ça peut produire en termes d'emploi ?
Non, je ne vais pas vous donner de chiffres, ce serait très malhonnête et sans doute mal approximé, mais c'est clair que si cette décision va à son terme, parce qu'il y aura sans doute des négociations et des ajustements, c'est extrêmement grave, c'est extrêmement grave. Et vraiment, j'insiste, il faut que la France riposte, mais il faut surtout que l'Union Européenne à la fois riposte et soit ferme.
Et vous la trouvez un peu molle pour l'instant ?
Vous voyez bien, la Chine a déjà riposté. Est-ce que l'Union Européenne a riposté ? Non. On est nombreux, on discute, on est nombreux, d'accord, mais enfin je crois qu'en Chine ils sont nombreux aussi. Alors c'est sûr que ce n'est pas le même mode de gouvernement.
Il y a plusieurs dirigeants à ce voilà.
Oui, non mais d'accord, mais ce que j'essaye de dire c'est qu'il faut aussi que nos responsables, et notamment les responsables français, aient le courage de dire, et on le voit très bien sur cet exemple, que notre souveraineté, notre prospérité nationale, elle dépend maintenant de quoi ? Elle dépend de la souveraineté européenne. Et il faut avoir le courage de dire qu'il faut un saut fédéral. Il ne faut pas tout mettre au niveau européen, ce n'est pas la question. Mais il faut qu'on soit capable dans ce choc des titans, des nouveaux impérialismes, cette brutalité du monde actuel, je suis désolé, mais c'est la réalité, il ne faut pas le cacher.
Eh bien, il faut que l'Union européenne, elle se mette à l'échelle. Et ça, ça veut dire qu'il faut que la France, qui est évidemment historiquement un des pays fondateurs, qui est motrice, eh bien, elle porte cette idée-là beaucoup plus fortement.
Nicolas Maillard-Rossignol, vous ne serez pas dans la rue de main contre l'extrême droite. Vous avez rejeté la main tendue par Marine Tondelier pour les écologistes qui appellent au rassemblement aux côtés de la France insoumise. Pourquoi ce refus ?
Il faut séparer deux choses. D'abord, il y a un péril démocratique, parce que nous assistons à une remise en cause, à vrai dire systématique, de l'état de droit, de l'indépendance des juges, par non seulement un parti, mais une internationale réactionnaire. On vient de parler de Donald Trump, je signale qu'il s'est lui-même exprimé pour soutenir Marine Le Pen d'une façon qui confine à l'ingérence la plus inacceptable. Bon, donc on est face à des partis qui, en réalité, minent, abîment, fragilisent notre démocratie. Maintenant, quelle est la meilleure réponse à cela ? Il ne faut pas donner d'argument pour que les coupables se transforment en victimes.
Et donner un argument, ça veut dire quoi ? Ça voudrait dire que, en fait, ce serait une querelle politicienne entre la gauche et l'extrême droite. Mais ce n'est pas ça du tout. Une querelle sur quoi ? Sur, par exemple, le fait que le jugement ne serait pas proportionné, que les juges seraient politisés, etc. L'argument de Marine Le Pen, c'est quoi ? C'est que les juges sont politisés. Les juges rouges, et j'ai entendu M. Retailleau qui nourrit le même type d'argument. C'est très grave, c'est très grave. Et donc, il ne faut pas répondre en donnant le sentiment que tout ça serait politicien.
Ce que je veux dire, c'est que nous avons des démocrates, des personnalités de gauche, et pas forcément que de gauche, du centre, de la droite républicaine, qui sont toutes et tous attachés à quoi ? Nous sommes attachés à l'indépendance de la justice. Moi, je voudrais... Mais c'est malgré tout un débat politique ? Bien sûr, mais pas seulement dans le champ politicien. Je vous donne un exemple concret. Si nous devons manifester, alors il faut le faire avec, et je dirais derrière, les syndicats de la magistrature, avec la société civile, les avocats, les magistrats. Mais ils ne le feront pas avec vous ? Non, mais en soutien. C'est d'abord la société civile...
Et ça, c'est quelque chose que vous essayez d'initier ? Oui, bien sûr. Et qui n'a pas pris ?
Pour l'instant, c'est sans doute trop tôt, parce que nous sommes probablement un peu sidérés de la violence de la façon dont l'extrême droite cherche, en réalité, à attaquer... Il faudrait vraiment insister sur la gravité de ce sujet, à attaquer l'un des piliers de notre fonctionnement démocratique. Ce n'est pas une question gauche-droite, quoi. C'est une question de fonctionnement démocratique.
Non, mais vous voyez bien, d'ailleurs, que ce n'est pas que le RN qui proteste. Il y a quand même de nombreuses voix dans la classe politique. François Bayrou, en premier lieu, et beaucoup de gens, je ne sais pas si vous en faites partie, ont été choqués de l'entendre troublés, mais une grande partie de la classe politique a l'air convaincue aujourd'hui que le pouvoir des juges est devenu trop important.
Je vous confirme que j'ai été choqué par les propos du Premier ministre. C'est le Premier ministre. Il a dans ses responsabilités la responsabilité de préserver le bon fonctionnement de notre démocratie et de nos institutions. L'indépendance de la justice, c'est fondamental. Quand M. Retailleau remet en cause l'état de droit, c'est inacceptable, c'est scandaleux, c'est dangereux pour le pays.
Donc non, les juges ne s'acharnent pas contre les politiques.
Les juges appliquent la loi. Je suis maire d'une commune ouvrière et populaire. Vous faites une infraction au code de la route. On vous arrête. Si on doit vous enlever votre permis, on ne vous dit pas, allez-y, continuez de rouler, on verra plus tard pour vous l'enlever.
Ça, c'est sur la question d'exécution.
Je trouve qu'on est un peu dans le surréalisme. On parle de plus de 4 millions d'euros.
Mais ne pas avoir de recours, ça pour le coup, c'est acceptable. Il y a un appel. Pas sur l'inéligibilité.
D'accord, mais il y a un appel.
Non, mais pas sur l'inéligibilité, c'est de ça qu'on parle.
Mais il y a la loi qui s'applique de la même façon pour tout le monde. Il y a eu des cas, vous vous souvenez peut-être, alors ce n'est pas exactement le même sujet, mais quand même, le retentissement avait été très fort de M. Cahuzac. Bon, il a été jugé. Bon, il y a eu des cas de gens de partis politiques différents. Moi, ce qui me choque, si vous voulez, c'est que parce qu'on s'appellerait Mme Le Pen ou M. X ou Mme Y, tout d'un coup, il y aurait une justice différente. Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? La justice doit être indépendante et la loi doit s'appliquer. Ensuite, si demain, il doit y avoir un débat sur la loi, il y aura un débat sur la loi.
Mais ce débat, il ne se fait pas de façon factieuse. Il ne se fait pas dans la rue, en attaquant et en instrumentalisant en réalité une procédure judiciaire qui a été longue, qui a été sérieuse, qui a été objective. Vous parlez du terme de factieux.
Il faut l'autoriser, ce rassemblement, demain ? C'est la liberté d'expression.
Parce que Jean-Luc Mélenchon parle de risques sédicieux. Je pense qu'effectivement, il y a un risque. Mais encore une fois, j'aurais aimé que les partis de gauche ne donnent pas non plus des arguments à nos adversaires. Quand on est vu comme encore plus repoussoir que l'extrême droite, on ne vient pas donner des leçons. Mais vous craignez des débordements aussi à gauche ou pas ? Je pense que la gauche responsable, elle doit dire une chose très simple. Dura l'ex, c'est de l'ex. La justice doit être la même pour tout le monde. Et il y a un principe depuis Montesquieu de séparation des pouvoirs. Et ce n'est pas juste la gauche, encore une fois. J'insiste là-dessus.
Tous les démocrates devraient se retrouver. Moi, je suis socialiste, je suis de gauche, d'accord. Mais les principes démocratiques, ils ne sont pas de gauche. Ils devraient rassembler celles et ceux qui y sont attachés.
Ce n'est pas vraiment le cas, là. Et c'est pour ça que ça me gêne. Et votre absence demain n'a rien à voir avec la présence de la France insoumise dans ce rassemblement, justement, ou de Jean-Luc Mélenchon ? Je vous ai répondu. Je pense que s'il doit y avoir un rassemblement, il doit être suffisamment large pour montrer que c'est un enjeu démocratique. Nicolas Maillard-Rossignol, vous restez avec nous. On vous retrouve juste après le fil info à 8h41 avec Diane Ferschit.
Le syndicat Sud-Ray appelle les contrôleurs de TGV à la grève les 9, 10 et 11 mai prochains, en plein week-end prolongé. Les contrôleurs qui dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, ils réclament aussi une augmentation de leurs primes de travail de 100 euros. Manuel Valsan, déplacement à La Réunion, le ministre des Outre-mer sur l'île où le plan blanc vient d'être déclenché dans les hôpitaux face à l'épidémie de Chikungunya, la campagne de vaccination débute lundi.
La hausse des droits de douane frappe les vulnérables et les pauvres déclarations de l'ONU qui estime que l'heure doit être à la coopération et non à l'escalade des annonces de Donald Trump qui entraînent la réplique de Pékin. La Chine prévoit pour le 10 avril des droits de douane supplémentaires de 34% sur les produits américains et de premiers droits de douane de 10% entre en vigueur ce matin aux Etats-Unis sur l'ensemble des produits importés. En football, le PSG n'a besoin que d'un match nul pour remporter le titre de champion de France pour la quatrième fois de suite. Les Parisiens reçoivent Angers cet après-midi à 17h pour le compte de la 28e journée de Ligue 1.
Hier en ouverture, Nice s'est inclinée à domicile face à Nantes de Buzyn. France Info
Le 8.30 France Info Bérangère Bont, Benjamin Fontaine
Avec ce matin le maire PS de Rouen, Nicolas Maillard-Rossignol, c'est aussi le premier secrétaire délégué du PS ou alors c'est le candidat à la succession d'Olivier Faure qui parle d'ailleurs ce matin ?
Moi je suis volontaire pour être candidat, effectivement je l'ai déjà dit, mais c'est d'abord une équipe et c'est d'abord un enjeu non pas, honnêtement, non pas de personne, mais de ligne.
Juste pour situer à ceux qui nous écoutent, quand vous parlez d'équipe, c'est des maires, c'est Mickaël Delafosse à Montpellier, c'est Anne Hidalgo, c'est Carole Delga...
Ce sont des parlementaires, des élus locaux, Carole Delga, Mickaël Delafosse, vous l'avez dit, Lamia El-Arage, Patrick Cannaire, il y en a beaucoup d'autres, Valérie Rabot, Karim Boamran, voilà, on se rassemble. En fait, c'est quoi l'enjeu de ce congrès ? Ça peut paraître futile, vu les fracas du monde, franchement. Nous, nous pensons que c'est un moment important et qui peut être très utile, parce que c'est là que va se décider une partie de la stratégie, de l'orientation de la gauche, et la possibilité ou pas, pour la gauche, de faire obstacle à l'extrême droite, on vient d'en parler, et de changer la vie des Français. Et c'est quoi les enjeux ? Est-ce qu'on reste dans le statu quo ?
Est-ce qu'on reste dans la confusion, l'ambiguïté ? Ou bien est-ce qu'on change ? Et est-ce qu'on va dans la clarté ? Nous, ce qu'on demande, ce qu'on propose, c'est un changement de direction du Parti Socialiste, et enfin la clarté. Parce qu'encore une fois, je suis maire sur le terrain, qu'est-ce que me disent les Français ? Ils attendent de la clarté, ils veulent un Parti Socialiste qui soit clair sur ses alliances, sur le fond, on vient de parler de l'Europe, et puis sur la stratégie de main de rassemblement de toute la gauche.
Pour faire obstacle à l'extrême droite, vous venez de le dire, la gauche n'a pas d'autre choix que de s'unir. Or, quand on entend, la raison pour laquelle on en parle aujourd'hui, c'est qu'il y a aujourd'hui le Conseil National de dépôt des contributions, là aussi ça paraît un peu technique, mais chacun présente ses idées, Olivier Faure a présenté les siennes, et il propose une plateforme commune pour départager les candidats de la gauche, non-mélenchonistes, vous êtes d'accord là-dessus, pour 2027, de Ruffin Glucksmann. En gros, c'est une primaire qui ne dit pas son nom, pourquoi vous n'en voulez pas ?
Vous venez de le dire, c'est une primaire, c'est-à-dire en réalité une espèce d'accord électoral. Il faut dire deux choses.
Et alors il faut bien trancher ?
Non mais oui d'accord, mais moi je propose une chose simple, c'est qu'on commence, plutôt que de toujours parler d'accords électoraux, qu'on commence par travailler sur le fond. En fait, la difficulté qu'on a eue sur ces dernières années, c'est qu'on a privilégié, parfois pour des raisons qui étaient en fait de l'ordre de la nécessité, des accords électoraux à la sincérité sur le fond. Et on s'est retrouvé en fait dans des accords sur des sujets où en réalité on n'était absolument pas d'accord sur le fond.
Donc moi je dis une chose très simple, et c'est d'ailleurs ce que disent beaucoup d'élus locaux, de militants dans les fédérations, il faut que notre parti bosse, il bosse plus, il affirme des positions claires, et qu'il aille chercher dans les alliances, puisque c'est votre question, des partis, des formations politiques, qui sont proches de nous sur le fond. Exemple, l'Europe. L'Europe, c'est notre avenir. On a besoin de plus d'Europe, d'une intégration européenne plus forte. Yannick Jadot est sur la même ligne. Raphaël Glucksmann est sur la même ligne. Bernard Cazeneuve est sur la même ligne. Construisons une plateforme commune. Oui, mais une maison commune sur le fond, pas une primaire.
Parce qu'une primaire, on l'a déjà fait. 2022, 2017, c'est un accord électoral plus ou moins respecté, vous savez la façon dont ça s'était passé. J'attends de voir s'il y avait une primaire entre Marine Tondelier et François Hollande, avec tout le monde s'engageant à soutenir le vainqueur de ce type de primaire. Je ne suis pas sûr que ce serait très respecté. Franchement, restons sur le fond.
Les chefs de chaque maison veulent ensuite être en haut de la fiche.
Je vais vous dire ce qui se passe, parce qu'on l'a déjà vécu dans les élections. En réalité, et d'ailleurs ça a profité mathématiquement la dernière fois, à Jean-Luc Mélenchon, le candidat à gauche qui est le plus haut bénéficie d'un apport électoral parce qu'une partie des électeurs, pas tous, mais une grande partie, font un calcul qu'on peut comprendre. Ils veulent qu'il y ait, parce qu'il y a un grand risque de l'extrême droite, un candidat de gauche au second tour de l'élection présidentielle, c'est de ça dont on parle, et donc ils vont privilégier le candidat qui est devant. Donc il faut qu'il y ait un candidat qui soit devant. Mais pour qu'il soit devant, il faut qu'il soit crédible.
Il ne faut pas qu'il raconte n'importe quoi, il faut qu'il ait des propositions, et il faut qu'il ait donc un programme. Et moi ce qui m'embête, c'est que jusqu'à présent, on a privilégié de la tactique à une vision pour le pays et à des propositions utiles aux Français. Je voudrais d'abord qu'on parle de propositions utiles pour les Français.
Alors justement, en termes de propositions utiles pour les Français, parce que vous l'avez dit, vous venez d'une ville plutôt ouvrière, industrielle. Comment le Parti Socialiste peut-il renouer avec cette population qui s'est tournée, les sondages l'ont montré, vers la France Insoumise, voire plutôt même le RN ?
Il y a des choses très simples que l'on peut faire, et d'ailleurs, beaucoup de socialistes sur le terrain, moi je suis maire de Rome, mais on pourrait parler de l'Occitanie avec Carole Delga par exemple, ou de Michael Delafosse à Montpellier, font des choses tous les jours et qui sont tout à fait plébiscités. Et quoi ? Vous proposez quoi ? Je veux vous répondre concrètement. D'abord, il faut bosser. Déjà, il faut que le parti lui-même bosse. Ça veut dire tous les jours, un parti ça doit être une ruche. Pas le parti. Pour les Français, vous proposez quoi ? Non, première chose. Deuxième chose, il faut des propositions qui soient concrètes.
Je vous donnais un exemple très concret, qu'on fait à Montpellier, qu'on fait à Rouen. La gratuité des transports. Bon, c'est bon pour le pouvoir d'achat. C'est bon pour le climat. C'est bon pour les commerces de proximité, parce que quand vous pouvez vous balader en centre-ville tout d'un coup, c'est beaucoup plus facile d'y venir, et vous allez voir les commerces de centre-ville, etc. Voilà un exemple très simple, très concret. Bon, autre exemple, les questions écologiques. On voit bien qu'il y a un risque d'écologie, comme on dit, punitive. On vous demande de changer de bagnole, parce qu'elle pollue trop, soi-disant. Il y a des règles, on comprend.
Bon, sauf que qui est-ce qui est pénalisé ? Les catégories populaires. Bon, mettons en place, comme on l'a fait au XXe siècle, une sécurité sociale, au XXIe siècle, une sécurité sociale-écologique. Vous n'aurez rien à payer pour changer votre voiture, parce que ce sera pris en charge et financé par les économies d'énergie, notamment sur les véhicules électriques, demain. Troisième exemple, il ne faut pas de tabou. La sécurité. Les maires socialistes, comme moi, mais je ne suis pas le seul, se battent tous les jours sur ces questions de sécurité. Et pourtant, notre parti apparaît, comme à peu près tout le reste de la gauche, comme un peu, comment dire, timoré, ne voulant pas voir ce sujet.
Mais pardon, on y travaille tous les jours. La sécurité, les problèmes de sécurité, ça touche qui ? D'abord, les catégories populaires. Donc, bossons sur ces questions directement. Sur quoi ? La police de proximité, la justice, la prévention spécialisée, parce qu'on sait très bien qu'il y a un continuum. La question de la salubrité des prisons, etc. Donc, vous voyez, c'est tout un ensemble des propositions concrètes. On en a parce qu'on part du terrain.
Et vous en débattrez aujourd'hui, oui, à ce conseil. Et juste, je vous interromps parce qu'il nous reste un tout petit moment. Et peut-être que dans ce programme du PS, vous mettrez la bienveillance au travail. Moi, je voulais qu'on dise un mot, que vous nous disiez un mot.
La santé et la bienveillance au travail, oui.
Ce plan de bienveillance au travail que vous avez lancé en novembre après avoir révélé que vous aviez eu un cancer. Concrètement, qu'est-ce qui a été mis en place pour les agents de Rouen, de la métropole ?
Ce sont des choses très simples. D'abord, libérer la parole. Parce que la maladie, souvent, c'est tabou. On a peur d'en parler parce qu'on a peur de perdre une promotion. On a peur de perdre sa place dans l'équipe. On a peur du regard des autres. Ce n'est pas facile aussi.
Donc, ça, c'est la formation des managers ?
Oui, mais pas que des managers. Des personnes qui sont malades, d'abord. Des aidants, parce qu'il y a aussi ce sujet. Des collègues, parce que ce n'est pas facile de trouver la bonne distance. Est-ce qu'on peut en parler ou pas ? Est-ce qu'on peut en rire ou pas ? Vous voyez ce que je veux dire ? Ce n'est pas simple. Ça dépend de chaque situation, à vrai dire. Confronter les regards. Confronter les points de vue. Mettre en place aussi des formes de bienveillance dans la mise en œuvre des règles du code du travail, en réalité. Parce qu'il y a des règles, c'est normal. Il y a un code du travail.
Mais en même temps, quand vous devez partir un peu plus tôt ou aménager votre horaire parce que vous avez votre conjoint qui est très malade ou parce que vous-même, vous devez passer un examen, il faut de la souplesse, il faut de la bienveillance.
Tout ça, c'est en place ? C'est en train d'être mis en place ?
Oui, c'est le plan d'action qu'on est en train de mettre en place. Ça prend un petit peu de temps. Mais moi, ce que je voudrais, c'est que ce ne soit pas que pour les agents de la ville de Rouen ou de la métropole rouennaise. C'est une initiative nationale. J'en ai fait part à l'Elysée. J'ai été reçu à l'Elysée pour cela. Et aussi à France Urbaine, qui est le réseau des grandes villes de France.
Avec Bordeaux, Montpellier, Lille, etc.
Oui, toutes les grandes villes de France, absolument. C'est un sujet qui nous concerne tous, cette maladie. Vous savez, il y a 500 000 nouveaux cas de cancer chaque année en France. Donc, ce n'est pas la peine de faire l'autruche. Les gens, ils sont dans des situations très difficiles. Il faut affronter ce sujet sans tabou. Merci beaucoup, Nicolas Maillard-Rossignol,
maire de Rouen, candidat à la tête du PS, d'avoir été avec nous ce matin sur France Info. Merci, Bérangère.
Nicolas Mayer-rossignol