Eric Zemmour l'interview Présidentielle - Une Semaine Pour Convaincre
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Bonsoir Éric Zemmour, merci de nous recevoir dans votre QG de campagne. Vous êtes le candidat du parti Reconquête à l'élection présidentielle, et dans ce bureau, vous avez quelques statuettes de Napoléon, votre idole, vous avez pas mal de livres, c'est assez dépouillé. Mais vous l'ancien, le drapeau, vous êtes un ancien éditorialiste, un ancien polémiste, devenu un candidat à la présidentielle. On arrive à la fin de la campagne, demain soir, dernière journée de campagne. Qu'est-ce que vous avez appris de cette campagne, de ce voyage en politique ?
J'ai appris d'abord à rencontrer des gens, à les écouter, à les entendre. Ça a été passionnant pour moi pendant six mois, c'était pas habituel pour moi, j'étais plutôt à un travail solitaire, vous avez raison, entre les livres que j'écrivais ou les livres que je lisais. Et là, je me suis plongé dans la France avec les gens qui m'ont raconté leur vie, leurs angoisses, leurs espérances. Vous savez, on dit toujours, c'est une expression galvaudée, la présidentielle c'est une rencontre entre un homme et un peuple. En vérité, ce que j'ai ressenti moi, c'est la rencontre entre ce à quoi je croyais et ce que les gens voyaient.
Et il y a eu, vous voyez, cette osmose, cette rencontre entre ces deux phénomènes. Et quand, vous savez...
Vous avez été conforté par ces rencontres ?
J'ai été... Conforté, c'est pas très important, mais en vérité, c'était plus que conforté. Vous savez, je vous assure, c'était poignant. Quand des gens me prenaient la main, parfois des vieilles dames qui venaient, qui me prenaient la main et qui me disaient « Sauvez-nous ! » Je vous assure que ça vous prend aux tripes. Quand des gens... C'était amusant d'ailleurs, parce que dans chaque ville, il y en avait un qui me disait cela, on avait l'impression qu'il s'était donné le mot. Il y en a toujours un qui venait et qui me disait « Je vous attendais depuis 40 ans.
» Vous voyez, comme si les électeurs de droite en avaient assez, et des trahisons de LR et de la défaite programmée du Front National ou du Rassemblement National. Vous voyez, il y avait cette ambiance-là. Et je pense que vraiment, j'ai rencontré ce peuple français qui ne veut pas mourir, et qui ne veut pas être remplacé. Et ça m'a, oui, confortée et en même temps fait chaud au cœur.
Justement, vous dites cette défaite annoncée du Rassemblement National. En septembre, dans notre émission à Paul Larouturou, vous avez dit « Marine Le Pen ne sera jamais élue, tout le monde sait qu'elle ne gagnera pas. » Vous le répétez aujourd'hui ?
Bien sûr. Je le répète. Vous savez, déjà en 2017, il y avait des sondages qui l'a donné vainqueur au second tour. Il y avait, là encore une fois, on revient en septembre, c'est-à-dire on a une logique sondagière qui veut absolument nous imposer ce second tour. Mais je pense que, vous savez, c'est simple, la Ve République, ça repose sur un second tour de la présidentielle. Et le second tour de la présidentielle, il faut qu'il y ait des gens qui appellent à voter pour vous. On ne gagne jamais tout seul. Même le général de Gaulle n'a pas gagné tout seul.
Donc vous n'appellerez pas à voter pour elle ?
Attendez, attendez. Donc il y a qui ? Moi, ce que je peux, c'est que je suis au milieu entre Marine Le Pen et Valérie Pécresse. Moi, si je suis au second tour, il y aura des gens du RN qui appelleront à voter pour moi, des gens de LR comme Ciotti, Bellamy et d'autres, Nadine Morano, qui appelleront à voter pour moi. Pour Mme Le Pen, aucun de LR n'appellera à voter pour elle. Donc c'est un vote inutile en vérité.
Peut-être que vous, vous appellerez à voter pour elle et tout coup, elle aura des réserves ?
Non, mais il n'y a pas de majorité avec moi. C'est un autre sujet. Il n'y a pas de majorité avec vous ? Non, il n'y a pas de majorité. Je veux dire, on ne fait pas une majorité entre nos électorats, nos deux électorats. Il faut des gens de LR. Il faut faire exploser LR pour qu'il y ait une partie qui aille résolument chez Macron. De toute façon, ils sont en train tous de préparer leur ralliement à Macron, y compris Mme Pécresse. Et un autre qui rassemble tous ces électorats de droite qui ont été divisés artificiellement par le génie tacticien de François Mitterrand.
Vous savez, le cordon sanitaire, l'extrême droite et la droite républicaine, tous ces mantras qui ont divisé en vérité un peuple de droite qui est fait pour être ensemble et qui pense la même chose sur la plupart des sujets.
Oui, mais j'ai pas...
Et je suis seul à faire ce rassemblement. C'est tout ce que je veux dire.
Mais ça veut dire que pour vous, c'est du côté LR, mais ça n'est pas du tout du côté RN qu'il y a un rassemblement à l'arrivée.
Non, alors peut-être que je me suis mal exprimé. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut rassembler tous ces électorats. Il faut réconcilier tous ces électorats qui ont été artificiellement divisés.
D'accord.
Bon. Donc, à partir de là, Mme Pécresse ne peut pas et ne veut pas rassembler ces électorats. Elle l'a dit depuis le début. Mme Le Pen ne peut pas les rassembler parce qu'aucun membre de LR ne va appeler à voter pour elle. Et je découvre d'ailleurs ces derniers jours que j'ai longtemps cru qu'elle ne le pouvait pas. Je rajouterais aujourd'hui, elle ne le veut pas. On voit bien aujourd'hui, comme en 2017 d'ailleurs, qu'elle fait plus des appels à la gauche que des appels à la droite. C'est très intéressant. En fait, elle veut toujours être reconnue par la gauche. Mais elle dit qu'il faut rassembler les souverainistes de gauche, vous savez, avec elle. Mais qui est un souverainiste de gauche ?
Aujourd'hui, le souverainiste de gauche emblématique, c'est M. Chevènement. Et M. Chevènement est avec M. Macron. Elle fait désespérément des mamours à Montebourg qui ne veut pas d'elle. En vérité, la gauche aujourd'hui est absorbée, avalée, tyrannisée par l'islamo-gauchisme. On le voit avec M. Mélenchon. C'est lui qui concentre la gauche, c'est lui qui rassemble la gauche. Et lui est soumis à l'islamo-gauchisme. Donc, malheureusement, je le regrette. Je connais cette théorie. J'ai même écrit, vous vous souvenez, beaucoup de papiers là-dessus, sur le rassemblement. À l'époque, on disait les Républicains des Deux Rives, entre Séguin, Pasqua et Chevènement. C'est une vieille histoire.
On la connaît, vous et moi. Ça n'a pas marché. Dans les années 90, c'est une vieille histoire. On ressort, Marine Le Pen ressort des vieilles histoires, qui à l'époque déjà, alors qu'il y avait, je dirais, des types d'un autre niveau qu'aujourd'hui. Oui, Séguin, Pasqua, Villiers, qui est avec moi désormais, Chevènement, d'un autre niveau qu'aujourd'hui, ça n'a pas marché. Donc, aujourd'hui, ça ne peut pas marcher. Pour vaincre Emmanuel Macron, il faut le rassemblement, la réconciliation des peuples de droite. C'est la seule solution pour battre Macron. Et je suis le seul à le vouloir et à le pouvoir.
Vous avez vu, je finis simplement, vous avez vu que j'ai déjà commencé ce rassemblement avec Guillaume Pelletier, avec Marion Maréchal.
On en a largement parlé. Justement, dans les sondages aujourd'hui, alors on peut évoquer un doute sur les sondages, mais aujourd'hui, ils sont tous dans le même sens et ils sont ce qu'ils sont. On verra dimanche. On parle de ce qui est aujourd'hui. Elle est largement au second tour dans tous les sondages. Et tout le monde dit, en fait, c'est Éric Zemmour qui lui a rendu la tâche facile. Dans le fond, votre radicalité, votre dureté affichée, la servie, elle a adouci son profil. Elle est devenue marine pour les électeurs. Grâce à vous.
Elle a toujours été marine pour leurs électeurs. Ce n'est pas le sujet. Un peu quand même. Non, non. Là, vous reprenez les éléments de langage de Marine Le Pen. Elle dit ça depuis le début. Oui, mais il faut que les téléspectateurs sachent d'où vient cette idée. Depuis le début, les journalistes reprennent, je vous assure, Rutel Kreev, les journalistes reprennent cette idée. Vous n'êtes pas la première à le dire. Depuis des mois, j'entends que ça. Mais c'est Marine Le Pen la première qui a dit ça. Parce que depuis le début, elle voulait, comme vous dites, adoucir son image.
En vérité, elle n'a fait cette campagne non pas pour gagner, non pas pour défendre les convictions, mais pour adoucir son image, pour faire une politique, pour une campagne d'image. Elle n'a pas fait vraiment campagne. Elle s'est baladée au milieu des gens pour faire des selfies, y compris avec des femmes voilées. Ça a été ça, la campagne de Marine Le Pen. C'est son choix. Moi, ce que je dis, c'est que je ne suis pas radical. Vous savez, quand je parle, par exemple, de grand remplacement, et que je veux lutter contre le grand remplacement, on me dit, oh là là, c'est radical. Marine Le Pen dit, ce n'est pas républicain, c'est des complotistes, etc.
67% des Français craignent le grand remplacement. Quand je dis, je vais créer un ministère de la remigration pour renvoyer les fichiers S étrangers, les délinquants étrangers, etc. On me dit, Marine Le Pen dit, comme toute la gauche, comme Macron, ce n'est pas républicain. Qu'est-ce qu'on constate ? On fait un sondage, il y a entre, on a fait deux sondages, entre 55 et 65% des Français qui sont favorables à ce ministère.
Donc, c'est votre principal adversaire, aujourd'hui ? Non, mais non, ce n'est pas radical.
Elle est votre principal adversaire ? Ce que je veux démontrer là, c'est que ce n'est pas radical, que les Français sont majoritairement, massivement, deux tiers, d'accord avec moi. Vous voyez, à partir de ce degré-là, ou alors toute la France est radicale, ou personne ne l'est. Donc, c'est tout ce que je vous réponds.
Alors, on verra dimanche soir, évidemment.
Je voudrais dire, pour les sondages, quand même, il faut quand même, en un mot, parce que s'il n'y avait pas les sondages, qu'est-ce qu'on dirait aujourd'hui ? Vous êtes comme moi, vous avez été formé au journalisme politique comme moi, et vous avez été habitué à regarder les faits politiques. Si, imaginez 30 secondes, il n'y a pas de sondage. Comme avant, vous vous souvenez, c'était interdit pendant les 15 derniers jours. Qu'est-ce qu'on dirait ? On dirait, il y a deux dynamiques. Celle de M. Mélenchon, qui fait des meetings qui ressemblent, avec une campagne dynamique, et la mienne.
C'est moi qui rassemble le plus de personnes au Trocadéro, c'est moi qui fais les meilleures audiences à la télévision, mon meeting du Trocadéro a été regardé par 7 millions de personnes, c'est moi qui ai créé un parti avec 120 000 adhérents. Vous voyez, tous ces signes qui symbolisent une dynamique.
Et après, on me dit... Vous l'aviez, cette dynamique, dans les sondages, au début. Au début, bien sûr. Donc, en fait, les sondages ont reflété cette dynamique. Mais il se trouve qu'aujourd'hui, elle semble enrayée. Et on va voir pourquoi, on va en parler. Très bien.
Moi, je vous dis simplement, en 1995, il y avait 10 points d'écart une semaine avant entre Édouard Balladur et Jacques Chirac. 10 points.
Oui, mais...
Mais c'est fini, attendez, ça s'est fini à un point et demi. Et Nicolas Sarkozy, à l'époque, était furieux. Légitimement, maintenant, je le comprends. Je vous avoue que je ne l'avais pas compris à l'époque. Mais je le comprends aujourd'hui. Parce que les Balladuriens se sont arrêtés de faire campagne. Ils auraient pu renverser la donne. Par ailleurs, en 2002, ils n'ont même pas prédit l'arrivée de Jean-Marie Le Pen.
Depuis 2002 et leur erreur de 2002, ils ont donné les sondages, le couple du second tour, systématiquement, correctement, dans tous les sondages depuis 2002, à part 2002. Vous avez raison.
Vous assurez que mon histoire de Balladur-Chirac est très importante. Oui, j'entends très bien. C'est 10 points. Non, mais j'entends très bien. Et regardez, en 2019, au régional, Marine Le Pen et le Front National devaient gagner entre 3 et 5 régions. Elles n'en ont gagné aucune. Je pense que les sondages ne sont plus à la hauteur de l'évolution, de l'abstention forte. Vous savez, il y a 40% des gens qui se décident, dans les 15... Oui, mais c'est important. Bien sûr, même dans les 24 heures. Dans les 24 heures. Il façonne l'opinion. Donc moi, je dis...
Oui, mais quand il vous était favorable, vous ne disiez pas ça.
Moi, je dis aux Français, ne vous laissez pas avoir par les sondages et par la conséquence politique qui est le vote utile. Il n'y a pas de vote utile. Et moi, je suis le vote vital pour la France.
Éric Zemmour, ce n'est pas un hasard. La baisse dans les sondages, elle a commencé sur l'Ukraine. Lorsque vous avez refusé l'accueil des réfugiés, ou en tout cas, c'est comme ça que ça a été compris, que vous avez répété que Poutine n'envaillerait pas l'Ukraine. Et là, la question s'est posée. Est-ce que vous êtes plutôt un idéologue qu'un politique ? Un homme orgueillé qui ne veut pas reconnaître qu'il a tort et qui ne veut pas admettre une forme de réalité qu'il ne convient pas avec sa réflexion et son idéologie ? C'est ça que les Français ont vu aussi.
Le patron des services secrets français vient d'être viré parce qu'il n'avait pas prévu l'agression de l'Ukraine par la Russie.
Pas pour les mêmes raisons. Vous, c'est parce que vous étiez convaincu et que vous étiez fasciné par Poutine. Non, mais non, mais je n'étais pas du tout fasciné.
Mais non, je n'étais pas fasciné par Poutine. Je pensais qu'il n'avait pas besoin d'attaquer l'Ukraine. Et voilà, donc on ne va pas reprendre cette discussion sur l'Ukraine. Je vous pose une seule question. Vous avez dit ce que vous avez dit. Qu'est-ce que vous allez demander à Mme Pécresse qui a dit le contraire de moi, qui au contraire m'a attaqué sur mon prétendu poutinisme et qui a perdu aussi en même moment ? La vérité, c'est que nous avions des électorats en commun, c'est-à-dire des électeurs de François Fillon. Il y en avait chez elle, il y en avait chez moi et il y en avait chez Emmanuel Macron.
Et ces électeurs-là, contrairement aux électeurs de Marine Le Pen, ces électeurs-là, qui sont des gens plutôt âgés, le plus souvent, quand il y a eu la guerre, ont préféré, se sont dit qu'il fallait, vous savez le fameux effet drapeau, se rassembler autour du président de la République. C'est ça qui s'est passé.
D'accord, mais ça s'apportait.
Donc ça n'a rien à voir avec ce que j'ai dit. Non, mais quand même.
En tout cas, moi j'ai des questions à vous poser là-dessus. Parce qu'en fait, si vous étiez président en ce moment, ou si vous aviez été président il y a un mois, au moment de l'offensive russe, est-ce que vous auriez fait comme votre ami Viktor Orban, c'est-à-dire soutenir les Russes ?
D'abord, Viktor Orban n'a pas soutenu les Russes. Maintenant, oui.
Il veut payer le gaz en rouble et il a pire soutenir les Russes.
Il a été solidaire de l'Europe. J'aurais condamné, comme je l'ai fait, l'agression, puisque moi je défends, vous me l'accorderez au moins, l'intégrité nationale des nations et leurs frontières. Donc j'aurais condamné cette agression. Mais j'aurais essayé bien avant de trouver une solution. Parce que c'est facile de dire qu'est-ce que vous auriez fait là quand il a attaqué. Mais il faut voir que depuis des années, nous pouvions traiter le sujet. Nous pouvions... Regardez, il y a eu une intervention très intéressante, qui est malheureusement un peu passée inaperçue, de M.
Maurice Gourdeau-Montagne, que j'ai bien connu, qui était le conseiller diplomatique de Jacques Chirac, et qui a expliqué que dès 2006, la France a proposé que l'Ukraine ait un statut particulier de neutralité, garantie par la Russie et par l'OTAN.
La France et l'Allemagne ne voulaient pas l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN. Et bien oui, justement.
Donc il n'y a pas de problème. Si, mais non, non, non, cher Rutel Kriyev, non. Les Américains ont refusé. Les Américains ont refusé. Et ils ont gardé cette conception de ce qu'ils appellent la porte ouverte. Et Gourdeau-Montagne explique que les Américains lui ont dit « Les Français, ça suffit. Vous avez déjà essayé de nous empêcher de faire rentrer la Pologne et les autres. Vous n'allez pas nous empêcher de faire rentrer l'Ukraine et la Géorgie dans l'OTAN. »
Éric Zemmour, donc ça veut dire pour vous, pour conclure là-dessus, pour vous, les Américains sont responsables de ce qui se passe.
On est responsables de ces actes. Et les Russes sont responsables d'avoir agressé l'Ukraine. Mais ce que je dis, c'est qu'il y avait une solution, et qu'il y a une solution, qui est dans un statut particulier de l'Ukraine, pour que les Russes soient sûrs qu'ils ne rentrent pas dans l'OTAN. Et ça aurait évité ses morts, ça aurait évité ses catastrophes, ça aurait évité ses malheurs. Voilà, c'est tout ce que je dis.
– Orban, il a dit quand il a été élu que son principal ennemi, c'était Zelensky. Mais bon, ça c'est au passage.
– C'est des voisins tout ça, c'est des rivalités de voisins.
– Enfin quand même.
– On a connu ça avec l'Allemagne.
– Vous avez des mots très durs sur l'Union européenne, vous avez des mots très durs sur l'OTAN. Ça ne vous trouble pas que la Pologne, dont vous admirez le régime, vous l'avez dit souvent, soit très attachée à l'Union européenne, et très attachée à l'OTAN. – Parce que dans cette période de crise, ce sont des points de repère fort.
– Cher Rutelkrieff, je pense, vous avez dit mon admiration pour Napoléon, Napoléon disait, on a l'histoire de sa géographie. La Pologne, elle est collée à la Russie. Donc depuis des siècles, il s'affronte, et depuis que la Russie a pris le dessus, c'est-à-dire depuis à peu près le 18e siècle, il craigne sans cesse des agressions, des découpages. La Pologne a été découpée par la Russie et par l'Allemagne, je ne vais pas refaire toute l'histoire. Donc les Russes, les Polonais, cherchent depuis deux siècles un protecteur contre la Russie. Ça a été Napoléon en 1812, ça a été les... – On va pas faire toute l'histoire. – Écoutez, ça a été les Anglais et les Français en 1939.
– Nous avons 30 minutes impérativement.
– Mais je finis, et aujourd'hui, c'est l'OTAN et c'est l'Amérique. Nous ne sommes pas des Polonais. Excusez-moi, nous ne sommes pas en guerre avec les Russes, nous n'avons pas de frontière avec les Russes, donc ça n'a rien à voir. Donc je comprends les Polonais, mais nous, nous ne sommes pas dans la situation géographique et donc historique et donc politique des Russes, des Polonais.
– Les Hongrois qui sont juste à côté pensent différemment.
– Mais parce qu'ils n'ont pas la même histoire. Ils n'ont pas été découpés par la Russie et l'Allemagne pendant des siècles.
– Alors, on parle de la remigration, parce qu'au moment où justement vous avez commencé à baisser dans les sondages, on verra encore une fois dimanche, et ils seront peut-être démentis encore une fois. – On a vu reparaître le mot de remigration qui avait disparu, que vous n'utilisiez plus, que vous ne vouliez plus utiliser, et que vous avez réutilisé. Et vous dites que vous expulserez un million de personnes de France. – En cinq ans. – En cinq ans, bon, en cinq ans.
– C'était pour comparer aux deux millions d'entrées d'étrangers en cinq ans sous Emmanuel Macron.
– Mais ça veut dire quand même que, pour beaucoup, c'est totalement inhumain, et que c'est une création de chaos, et par la violence. Comment vous faites ? C'est-à-dire, vous donnez une image comme ça, de quelque chose qui d'ailleurs rappelle des très mauvais souvenirs.
– Il n'y a aucun mauvais souvenir. Est-ce que vous considérez que Barack Obama est inhumain ? Non. Il a été prix Nobel de la paix. C'est un homme de gauche. Il a renvoyé trois millions d'étrangers sous son mandat. Trois millions. Pas rien. Donc il n'y a rien de monstrueux ni de barbare à faire cela. Il y a des gens qui sont clandestins. Ils doivent être renvoyés. Ils ne respectent pas la loi française. Ils sont venus de façon irrégulière. Aujourd'hui, on ne renvoie personne. Vous savez, quand on renvoie 10%, en vérité, c'est les gens de Mayotte qui vont aux Comores et qui reviennent.
– Et comment pourriez-vous y arriver ?
– Vous m'accordez que les Américains y arrivent.
– Oui, mais enfin…
– Les Américains y arrivent. Les Américains ne sont pas un pays sauvage.
– Non, mais parce qu'à certains des pays, peut-être, acceptent leurs ressortissants. Nous, nous n'avons pas cette possibilité.
– Ah, là, vous posez une très bonne question. Là, on est d'accord. Alors, on va répondre à cette question. Mais vous m'accordez que c'est possible.
– Moi, je n'accorde pas. – Les Américains le font. – Je pose la question de savoir si ce n'est pas par de la violence ou si ce n'est pas inhumain.
– Non, non, ce n'est pas du tout de la violence. Mais vous posez une très bonne question. Les fameuses OQTF, c'est-à-dire OQTF, Obligation de quitter le territoire français, qui, vous avez tout à fait raison, ne sont pas des laissés-passés et ne sont pas les laissés-passés, doivent être signés par les pays étrangers qui doivent reprendre, évidemment, leurs ressortissants clandestins. Et vous avez raison, les Algériens, les Marocains, les Maliens ne signent pas ces laissés-passés. Alors, je veux dire que nous ferons pression sur ces gouvernements. Et il y a toute une batterie de mesures. Il y a d'abord la suppression des aides au développement.
Si ça ne suffit pas, il y aura la suppression de tout visa de tourisme pour les gens de ces pays. Troisièmement, si ça ne suffit toujours pas, j'espère que cela suffira, il y a la saisie des appartements, des biens de ces dirigeants étrangers, de ces pays-là, évidemment, pas les autres, en France. Et quatrièmement, si toujours cela n'a pas suffi, je pense que cela aura suffi, il y aura la fermeture des comptes des gens qui envoient de l'argent, vous savez, par la Western Union et qui seront bloqués. Ils ne pourront plus envoyer de l'argent à leurs familles, si vous voulez. Là, je pense que les pays réfléchiront.
Par ailleurs... Vous roupez donc toutes les relations diplomatiques avec tous ces pays.
Attendez, ce sont eux qui nous agressent. D'accord, mais le résultat, c'est ça. Pas du tout, ils signeront, mais c'est à eux de signer. Enfin, c'est tout à fait... Nous, si on a des clandestins, on les reprend et on signe les OQTF. Ce n'est pas respectueux, ce n'est pas courtois, ce n'est pas civilisé de ne pas signer ces OQTF.
Qu'est-ce que vous faites avec les médecins étrangers qui sont aujourd'hui et qui rendent de très grands services à l'hôpital, qui sont aussi, par exemple, dans le BTP ou dans la restauration, dont les chefs d'entreprise disent, « Mais si on n'a pas ces étrangers, on ne peut pas faire marcher nos entreprises. »
Alors, d'abord, je ne renvoie aucun étranger en situation régulière. Ce que je dis simplement, c'est que je supprime les droits de séjour à long terme, les renouvellements automatiques, vous savez, ces droits de 10 ans, etc., automatiques. Ça, je les supprime. Mais en revanche, les gens qui ont des titres de séjour réguliers, comme les médecins dont vous parlez, il n'y a aucune raison que je les renvoie. Deuxièmement, vous dites qu'ils rendent des grands services. Vous avez tout à fait raison. Je voudrais dire quand même qu'ils rendent des grands services parce que notre politique a été stupide. Nous avons fait un numerus clausus qui a empêché...
Qui a été supprimé en 2019 dans la loi... Absolument, mais vous avez raison.
Dans les lettres, oui, mais pas dans les faits. Mais peu importe. Ça prend des années. Absolument, vous avez raison. Mais ce que je veux dire, c'est que ça interdit à des petits Français, pour un demi-point parfois, vous voyez, c'était tragique, de devenir médecin. Donc, mais ceux-là n'ont aucune raison de partir. Mais je voudrais dire deux mains, si vous me permettez. Deux. Premièrement, il ne faut pas croire que tous les étrangers, même en situation régulière, sont en France pour travailler. Sur les 275 000 entrées légales en France par année, qui est colossale, il y a seulement 12%, dit le Krièf, de gens qui viennent pour travailler.
Tous les autres, c'est du regroupement familial, c'est des étudiants, etc. Par ailleurs, le taux d'inactivité, je dis bien d'inactivité, ça veut dire des chômeurs et des inactifs, des étrangers extra-européens, est de 55%. C'est colossal. Et troisième chose, et j'ai...
Selon Eurostat, ce chiffre ne serait que de 38%. C'est faux. Mais bon, on ne va pas se lancer dans une querelle.
Mais attendez, attendez, je finis un point. Vous avez raison encore. Dans le bâtiment, dans la restauration, on le voit dans les cuisines, à la plonge, il y a dans les métropoles que des étrangers. Je tiens à dire quand même que dans les petites villes où il n'y a pas d'étrangers, en Corrèze, on ramasse quand même les poubelles, on fait la vaisselle dans les restaurants et on construit des immeubles. Donc ça prouve que là, les Français le font. Ce que je veux vous démontrer, c'est qu'en vérité, on prend des étrangers parce qu'autour des métropoles, il n'y a quasiment plus que des étrangers.
Parce que les Français ont été chassés par les étrangers et les immigrés parce que dans ces banlieues de métropole, on ne vit plus à la française. Ce sont devenus des enclaves étrangères, des enclaves le plus souvent islamisées, où on se balade en hijab et en djellaba, où il n'y a plus que des kebabs et où il n'y a plus que des boucheries halal. Donc les Français fuient ces endroits. Donc évidemment, les Français des classes populaires, j'entends parce que les Français de la bourgeoisie peuvent vivre dans les centres-villes. Mais les Français des classes populaires qui pourraient travailler dans ces endroits-là, eux, ils sont chassés à des dizaines et des dizaines de kilomètres.
Mais les Français des classes populaires, eux, ils ont des problèmes de pouvoir d'achat importants aujourd'hui. Et vous, vous proposez une baisse de la CSG pour les salariés modestes. Vous proposez une prime, une prime zéro charge.
Qui peut arriver jusqu'à trois mois, qui peut aller jusqu'à trois mois de salaire.
Oui, j'ai vu. C'est comme Emmanuel Macron. Il veut aussi une prime Macron qui veut tripler. Et pareil, il y a aussi d'autres mesures...
Accordez-moi qu'il est venu après moi.
Oui, mais enfin non, la prime Macron, elle était après les gilets jaunes.
Oui, mais vous avez tout à fait raison. Donc, c'est la mode qui vient après. Mais moi, ça ne me gêne pas. Je peux m'inspirer de ce qu'il fait. Il y a une petite différence, si vous me permettez, qui est philosophiquement différente. C'est que lui, sa prime, c'était pour tous les salariés d'une entreprise. Moi, c'est pour les salariés méritants. Et lui, elle était plafonnée à 1 000 euros. Moi, elle n'est pas plafonnée. Ça peut être un 13e mois, un 14e mois, un 15e mois.
Mais c'est quand même important. Là, elle est augmentée théoriquement dans le programme d'Emmanuel Macron. Dans votre budget, j'ai regardé, donc vous proposez 60 milliards de dépenses avec la construction de 10 000 places de prison, recrutement de 50 000 accompagnants d'élèves en situation de handicap, création de 400 000 nouvelles places d'EHPAD, augmentation de 30 milliards du budget de la défense,
par exemple. Et 28 milliards de dépenses, de baisses d'impôts. Je suis le candidat qui baisse le plus les impôts. Des impôts pour les personnes et pour les entreprises.
C'est pour ça que je me disais vous proposez la retraite à 64 ans, vous voulez baisser les impôts, vous faites une prime, ça ressemble au programme Macron ? Ah bon ? Bah oui.
Ah bah vous êtes amusant.
Bah oui.
Parce que, excusez-moi, moi je baisse beaucoup, mais de toute façon, je vais vous dire. Le programme Macron, vous auriez pu dire le programme Pécresse, il y a des gens qui veulent baisser les impôts. Il y a des gens qui veulent les augmenter. Le Pen veut rétablir l'ISF de 1981. Il y a des gens qui, effectivement, veulent augmenter l'âge de la retraite pour sauver le système par répartition. Et puis il y a des gens comme Mélenchon et Marine Le Pen qui ne le veulent pas. C'est des choix politiques, ça ne veut pas dire que sur le reste on est d'accord. Il peut y avoir des accords ponctuels. Moi, ce que je dis, c'est qu'il faut baisser les impôts parce que nous croulons sous les impôts.
Nous sommes le pays le plus imposé du monde. Et pourquoi nous sommes le pays le plus imposé du monde ? Parce que, d'abord, il y a une gabegie administrative. On a vu avec la terre McKinsey, là, accordez-moi que ça, c'est pas comme Macron. Moi, je ne ferai pas travailler des cabinets américains. Je ferai travailler les hauts fonctionnaires français puisqu'on les paye pour cela. Par ailleurs, par ailleurs... Non, mais c'est important que vous l'accordez.
Bien sûr, j'entends. Dans vos économies, parce qu'il y a un budget qui s'équilibre, vous avez 60 milliards d'économies pour équilibrer votre budget. Bien sûr. Et là, la suppression des aides sociales pour les étrangers, vous dites que ça rapporterait 20 milliards. Même Marine Le Pen, dans son projet, c'est 15 milliards. C'est beaucoup trop surestimé. Vous avez aussi la lutte contre les gaspillages et les désorganisations. Je ne suis pas d'accord avec vous. La lutte contre les fraudes, 15 milliards. Tous les économistes disent que c'est très surestimé et donc, ce n'est pas équilibré.
Les économistes se trompent tout le temps. Excusez-moi. Moi, je me souviens que Jacques Chirac disait que les économistes se trompent tout le temps. Moi, j'ai retenu la leçon. Il avait raison. Donc, il ne faut pas que ces gens-là nous donnent des leçons. Ils se plantent tout le temps. Donc, moi, je peux vous dire que les 20 milliards, vous verrez que je me demande même si ce n'est pas sous-estimé. On a été très mesuré. Parce que ce n'est pas seulement les allocations sociales que je décris toujours, c'est-à-dire RSA, allocation logement et allocation familiale. Je cite toujours celles-là pour aller vite. Mais en vérité, il y a une liste, une litanie de dizaines d'aides sociales diverses.
Vous voyez, l'aide à l'enfant, l'aide ceci, l'aide cela. On a multiplié depuis 30 ans. C'est toutes celles-là que j'enlève. Alors, évidemment, on fait le calcul avec les trois que je donne. Mais ce n'est pas la même chose. Vous voyez, pour tout le reste, c'est pareil. En tout cas,
comme c'est la même chose que dans le programme de Marine Le Pen, elle, elle les met à 15 milliards et vous à 20. Donc, voilà, c'est quand même déjà intéressant. Alors, la politique, c'est notre dernier chapitre. Ça va vite. Marion Maréchal a dit qu'elle s'allierait bien avec Éric Ciotti. Mais lui, a priori, pour le moment, il demande plutôt aux députés LR de rester bien dans leur groupe les Républicains. Donc, les perspectives ne sont pas si évidentes.
Attendez. Attendez. Aujourd'hui, on n'a pas encore le premier tour. Vous savez, Georges Pompidou disait une phrase que j'aime beaucoup. La différence entre la veille de l'élection et le lendemain de l'élection, c'est que l'élection a eu lieu. Au-delà de la boutade, vous comprenez ce qu'il voulait dire. C'est-à-dire qu'il y a un effet politique et donc psychologique de l'élection. On voit les vrais chiffres et pas les sondages, etc. Et là, il y a des conséquences politiques. Je le répète. Si je suis au second tour, Éric Ciotti l'a déjà dit, vous me l'accorderez ça au moins, il appelle à voter pour moi. Pareil pour François-Xavier Bellamy. Pareil pour d'autres.
Je suppose que Nadine Morano n'appellera jamais à voter pour Emmanuel Macron. Les autres, les centristes, appelleront à voter pour Macron. À partir de là, si des gens appellent à voter pour un candidat au second tour de la présidentielle, ça favorise des rapprochements aux législatives. C'est comme ça qu'on a toujours fait dans la politique française de la 5ème République.
Vous n'allez pas au second tour. Est-ce que quand vous dites à Valérie Pécresse, Madame 20h02, elle appellera à voter Macron, est-ce que vous, à 20h01, vous appellerez à voter Marine Le Pen ?
Mais moi, en tout cas, on ne sait pas ce que je vais faire et moi, je serai au second tour. Non, mais moi, je serai au second tour. Voilà. Pour l'instant, je ne me mets pas dans un autre cas de figure. C'est normal, d'ailleurs. Tous les autres font la même chose. C'est logique. On n'a pas à se mettre dans un autre cas de figure. Donc moi, ce que je sais, c'est des logiques politiques. Madame Pécresse, elle a déjà fait, pas moi, elle a déjà fait, appeler à voter Macron en 2017. Donc c'est tout. Moi, ce que je disais, c'est qu'elle le referait parce qu'en plus, son programme est très proche sur tous les sujets.
Alors, vous avez fait un tweet aujourd'hui « Jusqu'où ira Macron pour voler l'élection ? » Cette phrase très dure. Est-ce que ça veut dire que vous ne reconnaîtriez pas le résultat si jamais il était qualifié au premier tour et au deuxième tour ?
Non. Évidemment, je reconnaîtrai le résultat. Je ne suis pas dans la contestation des résultats. Ils sont fiables. Je dis, vous avez compris, c'est une expression de voler l'élection. Ça veut dire qu'on fait tout pour enjamber cette élection, pour ne pas faire campagne. Là, il fait campagne dans 15 jours. Franchement, on n'a jamais vu ça. Même François Mitterrand en 1988, qui s'était déclaré très tard, le 22 ou 23 mars, on est dans le même souvenir, avait fait un mois de campagne et il avait fait des grands meetings. Je me souviens avoir assisté aux meetings de Toulouse, etc. Emmanuel Macron fait un meeting et il ne remplit pas toute la salle de l'aréna où il y a 40 000 places.
Vous voyez, moi je dis, ce n'est pas faire campagne. c'est que c'est le choix démocratique. Mais d'ailleurs, Marine Le Pen fait un peu la même chose. Elle refuse tout débat, etc. Ces deux-là veulent absolument nous imposer, ça fait un an que ça dure et même cinq ans, nous imposer leur duel. Marine Le Pen pour sauver sa boutique, qui est surendettée et qui a besoin de financement public, et Emmanuel Macron parce qu'il sait qu'il va gagner à tout coup face à Marine Le Pen. Donc il y a une alliance objective. Voilà. Donc moi, je suis là pour bouleverser cette alliance objective.
Merci beaucoup. Merci de nous avoir accordé cette entourage-là.
Merci à vous.
Éric Zemmour