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AutreFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 13 mars 2026 22 minContradictoireMixte

Municipales 2026 : une campagne "contradictoire", entre crise des vocation, enjeux nationaux et stratégies des partis

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0:01
Présentateur

France Inter, Ali Badou. Grand entretien ce matin alors que le premier tour des élections municipales se tiendra dimanche pour en parler avec Marion Lourdes et avant de respecter le silence électoral. Regards croisés de nos meilleurs observateurs de la vie politique. Françoise Fressos, bonjour.

0:24
Invité

Bonjour Ali, bonjour à toutes et tous.

0:27
Présentateur

Éditorialiste au journal Le Monde, grande spécialiste des questions politiques et l'une des plus belles plumes du journalisme écrit d'aujourd'hui.

0:34
Invité

Non, je t'ai pas trop.

0:36
Présentateur

C'est ce que je pense et je suis sincère. Gilles Finkelstein, bonjour. Bonjour. Secrétaire général de la Fondation Jean Jaurès, voix du grand face-à-face tous les samedis sur Inter, auteur de la démocratie à l'état gazeux aux éditions Flammarayon et Brice Tinturier, bonjour. Politologue et directeur général délégué d'Ipsos France. Vous avez fait 36 000 sondages ?

0:58
Invité

On en est à 35 430.

0:59
Présentateur

Donc vous avez une vision très fine. Je indique à nos auditeurs qu'ils peuvent vous interroger, vous interpeller au 01 45 24 7000 ou sur l'application Radio France. Les élections municipales, premier tour donc dimanche. 49 millions aidés d'électeurs appelés aux urnes. Une élection qui encourage les citoyens à s'engager en politique comme aucune autre. 900 000 candidats, 50 000 listes. En un mot, comment décrire cette campagne qui s'achève ? Rapide tour de table, on commence avec vous Françoise Fressoz.

1:36
Invité

Je dirais assez contradictoire parce que comme vous dites, il y a quand même 900 000 candidats et en même temps, on voit qu'il y a des crises de vocation. On voit qu'un certain nombre de maires sortants ne se représentent pas parce qu'ils considèrent qu'il y a montée de la violence, de l'incivilité. On voit aussi beaucoup de communes où il y a une seule liste parce qu'il n'y a pas suffisamment de candidats. Et on voit aussi des sujets locaux qui sont percutés par le national. Autrement dit, là le grand sujet en ce moment c'est le narcotrafic. Le narcotrafic, le maire n'est pas responsable.

On le voit par exemple au Havre où Édouard Philippe a plutôt un bon bilan mais il est quand même percuté par cette question-là qui dépend beaucoup de la situation nationale. Donc je dirais qu'il y a à la fois beaucoup d'engagement et il y a aussi de la frustration.

2:21
Présentateur

Même question Gilles Finkelstein, cette campagne, qu'est-ce qu'elle vous inspire ?

2:25
Invité

Alors en un mot, et ça veut paraître un truisme, mais je dirais local. Pourquoi local ? Parce qu'à la fois on en a moins parlé... C'est paradoxal. On en a moins parlé parce que l'actualité nationale a été dévorée par l'actualité internationale et locale parce qu'elle a été très différente selon les territoires.

Plus disputée, plus indécise dans les grandes communes et notamment dans les métropoles que dans des élections précédentes et moins disputée peut-être paradoxalement dans les petites communes puisqu'on a quand même 68% des communes qui représentent 25% des Français dans lesquelles, de manière certaine, sans faire de sondage avec Brice Tinturier, je peux déjà vous donner le résultat puisqu'il n'y a qu'une liste. Brice Tinturier. C'est une campagne, moi je crois, à la fois à tonne parce que beaucoup de choses font écran et on s'attend à une abstention forte et puis extrêmement brutale. Et la brutalité des affrontements...

3:20
Présentateur

A tonne et brutale.

3:21
Invité

Oui. Là aussi, il y a un paradoxe. Mais pas dans les mêmes endroits. Moi je crois que cette campagne, pour la première fois, vous avez en réalité deux campagnes municipales qui sont extrêmement différentes dans leurs leviers, dans leurs mécaniques, dans leurs enjeux. La première, c'est celle qu'a décrite à l'instant Gilles Finkenstein avec des enjeux locaux extrêmement forts. Mais plus vous augmentez dans la taille de la commune, plus vous allez vers les plus de 30 000 et les plus de 100 000, plus vous avez une vision totalement différente. Des élections très personnalisées, une sorte de mini-présidentiel parfois. Exemple ? Paris. Paris, vous avez des affrontements très personnalisés.

Marseille. Mais Marseille également, ça n'a rien à voir avec la campagne qui se déroule dans une ville de moins de 5 000 habitants, par exemple. Françoise Fresseau, c'est étonnant ce que disait Brice Tinturier sur la participation, qui est en général plutôt assez élevée pour les municipales. Et puis traditionnellement, il y a une stabilité. C'est-à-dire que quand on se représente, quand on est maire, d'après le Cévi-Pof, à 85%, on est réélu. Et pourtant, là, dernièrement, on a vu des titres de presse qui disaient que ça serait un chamboule-tout. Donc ça va ressembler à quoi, finalement ? C'est très ouvert.

Il peut y avoir une grande stabilité dans les petites communes, notamment par la présence d'une seule liste, mais qui est, à mon avis, aussi le reflet d'une certaine crise démocratique. C'est-à-dire qu'il y a des endroits où il n'y a pas suffisamment de candidats parce que s'engager comme maire, c'est quand même un sacerdoce qui n'est pas souvent... Voilà, vous n'avez pas suffisamment de prise sur le terrain pour avoir la satisfaction de l'engagement que vous faites. Donc ça, je pense que c'est un gros sujet. Et puis, il y a les grandes villes où, effectivement, il y a une grosse compétition qui se déroule à un an de la présidentielle. Et c'est peut-être là-dessus que je vais insister.

C'est-à-dire que, même si on ne peut pas en tirer des leçons nationales, il y aura des récits qui vont se faire à partir de cette élection parce que ça se déroule à un an de la présidentielle. Il y a deux candidats qui se sont déjà beaucoup engagés là-dessus. C'est Édouard Philippe au Havre.

5:13
Présentateur

Il a subordonné sa candidature à la présidentielle, à sa capacité à se faire réélire au Havre.

5:17
Invité

Exactement. Donc, le résultat du Havre va être très, très suivi. Et puis, il y a Jean-Luc Mélenchon qui dit « Moi, je fais deux campagnes en une. Je fais une campagne municipale où il y aura sans doute très peu de gains, mais une volonté de s'affirmer sur le terrain. Et surtout, une campagne présidentielle autour des alliances. Est-ce que je domine à gauche ? Est-ce que j'oblige les autres à venir derrière moi ? Ça, ça va être très intéressant à suivre.

5:40
Présentateur

Élection locale, test national. Pour vous contredire, Gilles Finkelstein, et pour prolonger ce que disait François Fresseuse.

5:48
Invité

Les motivations, je crois qu'il faut distinguer deux choses. Les motivations du vote, pour autant qu'on puisse réussir à les déterminer, parce qu'on interroge les Français sur leur motivation de vote. Est-ce qu'ils ressortent ?

6:01
Présentateur

Et vous avez fait une extraordinaire enquête autour de 11 000 personnes inscrites sur les listes électorales avec le journal Le Monde, Ipsos, le Cevipof, et donc la fondation Jean Jaurès.

6:13
Invité

Oui, on a mis en place ce dispositif, que l'on va poursuivre le même dispositif, et donc les mêmes 11 000 ou 12 000 Français, jusqu'à l'après-législative. Donc pendant un an et demi. Et ça sera sans doute l'outil le plus précieux pour essayer de comprendre cette longue séquence électorale. Ce qui ressortait de la première vague d'enquête, donc pré-municipale, c'était, au moins en apparence, l'idée que les motivations de vote étaient d'abord des motivations locales. Et on a essayé d'attraper cette question de différentes manières, et à chaque fois la réponse était la même, le local. C'est est-ce que vous votez d'abord en fonction du local ou du national ? Majoritairement le local.

Est-ce que dans votre vote, vous allez vous exprimer votre soutien ou votre opposition au président de la République et au gouvernement ? Ni l'un ni l'autre. Est-ce que vous allez vous prononcer en fonction des programmes, en fonction de la personnalité du maire ou en fonction de l'étiquette politique ? Le programme. Bon.

7:10
Présentateur

Mais il faut croire les personnes interrogées ?

7:12
Invité

Eh bien, je pense qu'il faut les prendre avec prudence. Brice Tachérier. Mais je voudrais modérer malgré tout un peu le propos. Ça fait sourire, François François. Parce que quand on regarde attentivement, dans notre jargon, ce qu'on appelle les ventilations, les trics, soit par préférence partisane ou par taille de commune. Ventilation, définition ? Vous avez un chiffre global. 71% des Français vous disent qu'ils vont voter avant tout avec des considérations locales. Et une ventilation, c'est quand ensuite... Votre téléphone sonne,

7:39
Présentateur

c'est peut-être les résultats déjà des élections municipales. C'est formidable. Mais vous êtes constamment joignable. Et c'est votre rôle, justement, d'être sur le pont à chaque moment.

7:48
Invité

Et ensuite, sur ces 71%, vous pouvez dire c'est X% chez les hommes, X% chez les femmes. Ça, c'est une ventilation. Donc, vous pouvez faire le tri par la taille de la commune. Et quand vous regardez par la taille de la commune, encore une fois, par exemple, le souhait de renouvellement du maire, dans les plus de 100 000, c'est 1 sur 2. La qualité du bilan perçu qui, évidemment, nourrit le souhait de reconduction. Les bilans, au global, ils sont bons parce que le poids des petites villes, dans l'échantillon général, il est très fort. Mais dès que vous regardez dans les villes de plus de 30 000, dans les villes de plus de 100 000, il est partagé.

C'est 1 électeur sur 2 qui estime que le bilan est bon. Donc, vous avez, encore une fois, deux batailles municipales. Vous avez l'immense majorité. Et là, c'est un vote avant tout local. Et vous avez ensuite les grandes villes. Et dans les grandes villes, ce n'est pas que le local. Et l'appartenance partisane, par exemple, c'est un critère qui est en hausse. Et certes, 7% des Français vous disent, sur une question de concurrence, quand vous leur demandez, parmi les critères suivants, quel est celui que vous allez prioritairement prendre en compte, qui vont prendre en compte l'appartenance partisane, la famille politique du maire ou qui s'affrontent.

mais vous avez 55% des Français qui vous disent, est-ce que ça va compter un peu ou pas beaucoup ? Ça va compter. Donc, si vous le posez en concurrence, c'est écrasé par d'autres dimensions. Si vous demandez ensuite, mais pour chacun des thèmes suivants, est-ce qu'il va compter ? Là, vous avez une autre lecture. Et c'est encore plus fort dans les grandes villes. Donc, encore une fois, moi, je crois qu'il y a beaucoup de choses nouvelles dans cette élection municipale. On va en reparler. Mais la mécanique centrale, c'est deux élections municipales en une. Et après, il y a un troisième boulet.

9:21
Présentateur

Deux élections municipales en une.

9:23
Invité

Très différentes les unes des autres. Grande ville, petite ville. Et puis, derrière ça, vous avez un test de la stratégie des différentes formations en vue de la présidentielle. Pas forcément dans la tête des électeurs, mais en vue de la présidentielle. Exemple type, la stratégie de mobilisation de la France insoumise dans les quartiers populaires avec beaucoup de populations issues de l'immigration maghrébine. ou de mobilisation de la jeunesse étudiante. Les jeunes et les premiers cités voient peu en général. Est-ce que cette stratégie de mobilisation, ça va marcher ou pas ? Est-ce que c'est uniquement dans la tête de Jean-Luc Mélenchon ou est-ce que ça se traduit dans les urnes ?

Oui, alors, Jean-Finkelstein, sur la France insoumise, il y a une autre stratégie qui est peut-être testée, qui est d'ailleurs la stratégie du PS plutôt, qui a décrété une rupture avec la France insoumise au niveau national suite au dérapage verbaux de Jean-Luc Mélenchon. Et elle va être testée au niveau local, cette stratégie ? Elle va être doublement testée au niveau local. Elle va être testée au niveau des appareils politiques.

Est-ce que les consignes de non-alliance du siège sont suivies sur le terrain et elles vont être suivies, d'ailleurs, dans les deux sens, aussi bien du point de vue des électeurs de la France insoumise que ceux du PS, après, par les électeurs eux-mêmes, y compris là où il n'y aura pas d'alliance. On parlait tout à l'heure de Marseille. Si on prend Marseille, si, par l'hypothèse, Sébastien Delogu fait plus de 10%, se maintient la France insoumise et qu'il n'y a pas de fusion de liste face au risque de l'élection d'un maire du Rassemblement national, est-ce que les électeurs de la France insoumise, en dépit de l'absence d'alliance, maintiennent leur vote ou est-ce qu'ils font un vote ?

Ça, il faudra attendre le 22 mars. C'est la glorieuse incertitude du sport. Parce que LR dénonce 112, ce qu'ils appellent des accords de la honte, des accords de la gauche non LFI avec des LFI déjà sur le terrain. Oui, avec l'accusation réciproque avec à peu près les mêmes chiffres, peut-être même plus élevés de fusion déjà faite entre les Républicains et l'extrême droite.

11:26
Présentateur

Alors, il y a déjà de très nombreuses questions d'auditeurs auxquelles vous allez répondre dans un instant, mais Françoise Fresseuse, expliquez-nous, alors d'abord, le fonctionnement, parce que ce sont dans les grandes villes, les très grandes villes, Paris, Lyon, Marseille, deux élections en une, ça pour le coup, mais on connaissait les triangulaires, les quadrangulaires, et vous, dans le journal Le Monde, vous avez inventé un mot, la quincagulaire. Je ne l'ai pas inventé

11:51
Invité

parce qu'elle existait déjà aux dernières élections et il y en avait déjà eu aux élections municipales de 2020.

11:57
Présentateur

Mais qu'est-ce qu'une quincagulaire ? Eh bien,

11:59
Invité

c'est au cas où, tout d'un coup, il y aurait cinq listes qui se maintiendraient au second tour à cause de l'éparpillement de l'offre. Et c'est ça aussi sur lequel, moi, je voudrais insister, c'est qu'au fond, on a beaucoup dit jusqu'à présent, il y a une France municipale qui est plutôt tranquille, c'est la France traditionnelle, LR, PS, avec leurs alliés et ils dominent.

Mais je pense qu'il y a aussi une France qui est en train de turbuler avec une montée des extrêmes et qui fait qu'au fond, c'est eux aussi qui impriment leurs marques, notamment dans les grandes villes où on va avoir une vraie compétition à gauche et à droite entre eux, si vous voulez, avec le poids de LFI, le poids aussi de CNAFO à Paris. Et donc, je trouve que c'est ça qui est intéressant, c'est qu'il est possible que ces municipales montrent la continue ce processus de turbulation du système où au fond, les deux grands partis ont perdu leur hégémonie et il faudra peut-être...

12:57
Présentateur

Donc pas du tout sûr que les républicains, par exemple, que le PS, que le Parti communiste, les partis traditionnels, pour le dire vite, puissent garder leur passion. Et en tout cas,

13:07
Invité

ils risquent d'être bousculés par des forces qui sont en train de monter et qui veulent en plus s'implanter. Parce que ça aussi, c'est ce qui me frappe, c'est que LFI, comme le RN, qui avait plutôt tendance à faire l'impasse sur les municipales, là, ils sont dans une stratégie d'implantation. Et Brice Tinturiel, ça explique aussi ces appels au vote utile qu'on entend par exemple à Paris, qu'on a entendu dans les reportages sur France Inter ce matin qui sont assez inédits, on a l'impression, au niveau municipal, non ? Oui, mais n'allons pas trop vite en besogne parce que dimanche, c'est le premier tour.

Le tour décisif, c'est dimanche en 8 et à ce moment-là, ce qu'on aura eu, c'est le lundi et le mardi, comme au moment des législatives, des dernières législatives, des accords, des retraits, des fusions, etc. Ce qui est très juste dans ce que François Soissos vient de dire, c'est que le mode de scrutin aussi et l'éparpillement de l'offre fait que vous pouvez avoir 3, 4, voire 5 listes en compétition pour le second tour. Mais ce ne sera pas ça ou pas ça forcément ensuite pour le second tour. Et sur la question des affrontements très forts avec justement des forces politiques qui veulent faire turbuler le système, vous avez un exemple très pur, par exemple, à Saint-Denis.

Saint-Denis, où vous avez un affrontement extrêmement violent entre le maire actuel Annotin-PS et la France Insoumise qui mène une campagne extrêmement violente. Les propos de Jean-Luc Mélenchon il y a peu à propos du maire étaient stupéfiants. Mais vous avez véritablement un affrontement à gauche qui est c'est une ville qui restera à gauche. La seule question ce n'est pas la droite c'est PS ou France Insoumise ou LFI. Et là vous voyez bien une nouvelle stratégie d'affrontement de la France Insoumise.

Je rappelle que la France Insoumise n'avait pas présenté de liste la dernière fois que pour Jean-Luc Mélenchon c'était une tambouille locale les élections municipales et que là on a un retournement c'est pour ça qu'elles sont passionnantes ces municipales on a un retournement non seulement stratégique mais idéologique. Maintenant la France Insoumise a théorisé le communalisme et l'échelon local comme espace politique à part entière. Donc l'affrontement il est extrêmement fort. Gilles ? Oui, deux remarques. La première c'est que tout ça est le signe de la grande mutation du système politique.

On est passé il y a 30 ans ou 40 ans d'un système bipolaire dans lequel au second tour il y avait deux camps dans lesquels la question des alliances ne se posait même pas c'était une évidence à une situation dans laquelle il y a eu trois camps puis maintenant sans doute quatre et même à l'intérieur de ces camps les alliances sont difficiles et donc tout ça donne ces triangulaires ces quadrangulaires et même ces triangulaires.

Quant à la question ce qu'évoquait Françoise Fresseuse la LFI et le Rassemblement National peuvent imprimer leur marque c'est-à-dire peser dans des campagnes notamment dans les grandes villes mais il y en a très peu très très peu dans lesquelles ils ont des possibilités de victoire donc ils peuvent être présents mais ils peuvent assez peu l'emporter.

Françoise Fresseuse on parlait du RN qui avait promis aux dernières élections européennes de faire le ménage dans ses rangs et puis Libération et Street Press ont dénoncé 150 à 180 douteux sur les listes antisémites pétainistes auteurs de tweets racistes j'en passe plus d'une liste sur 10 RN concernés ça veut dire que c'est un échec pour eux de ce point de vue-là ?

C'est une grande difficulté quand vous êtes une formation d'essayer de créer une structure locale qui est au fond qui soit présentable et pour eux à chaque fois ils butent là-dessus parce qu'au fond vous avez quand même ce vieux fond xénophobe d'extrême droite qui ressurgit et c'est extrêmement difficile pour eux d'apparaître au fond comme un parti normal donc c'est un test à chaque fois C'est d'autant plus intéressant j'ai dit juste une fois c'est d'autant plus intéressant qu'il y a peu de listes du Rassemblement National le Rassemblement National est aujourd'hui le premier parti de France il a des électeurs dans toute la France il a des listes dans très peu d'endroits 500 listes à peu près il y a 30 départements dans lesquels il n'y a pas de listes où il y en a une et donc en dépit de ça en dépit de cette sélection il y a ces brebis galeuses malgré tout il y a ces problèmes

17:04
Présentateur

alors on file au standard avec Odile bonjour Odile et bienvenue sur France Inter

17:10
Auditeur

bonjour merci vous avez une question

17:13
Présentateur

alors je l'indique à nos invités et aux auditeurs c'est une question que beaucoup d'entre vous vous posez et que nous nous posons également autour du mode de scrutin

17:25
Auditeur

oui bonjour donc j'appelle d'une petite commune du Berry une petite commune de moins de 1000 habitants et le mode de scrutin a changé nous n'avons plus le droit de panacher les listes et j'ai peur qu'il y ait un désengagement des électeurs et que les gens n'aillent pas voter voilà très simple c'est ce qui est le cas voilà

17:51
Présentateur

merci beaucoup Odile cette inquiétude Bresta Thurier Gilles Finkelstein Françoise Fresseuse

17:56
Invité

oui effectivement c'est un des facteurs potentiels de démobilisation dans les toutes petites communes pour faire très court le nouveau scrutin électoral dans ces petites communes interdit le panachage avant vous pouviez avoir panachage c'est-à-dire c'est-à-dire que vous pouviez mettre dans votre bulletin de vote des noms et par exemple mettre le nom d'une autre liste vous pouviez panacher entre choisir choisir des candidats municipaux des conseillers municipaux à venir provenant de différentes listes là ce n'est plus possible donc dans des petites communes vous pouvez très bien vous dire mais moi je n'irai pas voter parce qu'il n'y a qu'une liste mais si je ne peux pas mettre un tel comme candidat au moins pour être conseiller municipal ça ne m'intéresse pas c'est un problème aussi démocratique potentiellement oui c'est un problème démocratique

18:42
Présentateur

vous n'avez plus d'espace c'est ce que dit Monique manque de démocratie au niveau des tout petits villages comme le mien qui compte 400 habitants et où il n'y a qu'une liste on ne peut plus rayer aucun nom Françoise Fresseuse c'est un souci ou en tout cas une réelle préoccupation

18:56
Invité

oui c'est une vraie préoccupation alors je comprends ce qu'ils ont essayé de faire parce que notamment mais pourquoi est-ce qu'on a fait cette réforme en ce cas-là au moment du dépouillement c'était quand même extrêmement compliqué de voir toutes les listes vous aviez des noms rayés vous savez vous rayez de noms vous en rajoutez d'autres donc c'était extrêmement compliqué donc il y a eu tout un mouvement pour dire non non il faut rationaliser tout ça mais cette rationalité au fond quand vous avez des difficultés à avoir des candidats je trouve que ça peut être oui un vrai sujet pour cette élection-là Brice Tentourier il y a la question aussi des raisons pour lesquelles on vote on parlait des enjeux locaux il y a eu beaucoup la sécurité qui a été évoquée qui s'est invitée dans le délice de gauche et puis cette question qui se pose du pouvoir d'achat tout récemment avec le blocage du détroit d'Hormuz la montée des prix de l'essence est-ce qu'elle va compter est-ce qu'elle va s'imposer dans le débat parce que les maires ils ont des leviers pour le pouvoir d'achat sur les transports sur la taxe foncière sur le logement par exemple oui mais ils ont des leviers malgré tout très imparfaits sur la taxe foncière ça concerne à chaque fois peu de personnes les propriétaires et surtout la gratuité des transports la gratuité des transports si on parle d'essence d'abord c'est beaucoup dans les grandes villes ensuite il peut y avoir un apport d'un maire d'une petite ville sur les transports effectivement pour aller à l'école il peut jouer un petit peu mais un petit peu non pour dire les choses clairement moi je ne pense pas que le pouvoir d'achat soit un élément déterminant du vote au municipal ah oui non je pense que la sécurité oui incontestablement le pouvoir d'achat c'est une préoccupation majeure ça reste la première des préoccupations des électeurs mais ils ne se disent pas dans mon vote je vais voter pour tel ou tel maire en fonction de ce qu'il me dit sur le pouvoir d'achat

20:33
Présentateur

un mot qu'est-ce que vous allez regarder attentivement dimanche soir les trois questions rapidement il nous reste une minute ou un peu plus Françoise Fresseuse quel est le phénomène ou le fait que vous allez regarder avec votre loupe taux de participation d'abord taux de participation

20:50
Invité

ensuite je pense qu'il y aura quand même beaucoup de listes élus dès le premier tour après moi ce qui m'intéressera c'est la situation dans les grandes villes c'est-à-dire est-ce qu'on a beaucoup d'éparpillement ou pas Gilles Finkelstein VALSA 3 temps 15-22 mars participation rapport de force grande ville premier temps deuxième temps ça va demander il va falloir être patient regarder dans le détail les petites villes parce qu'il faut se souvenir par exemple qu'en 2001 qui était la fois où l'élection présidentielle l'élection municipale était un an avant la présidentielle on avait mal interprété en regardant seulement les grandes villes les résultats donc regarder dans le détail les petites villes deuxième temps troisième temps septembre il va vraiment falloir être patient les élections sénatoriales parce qu'on va voir s'il y a non pas une vague bleue marine mais une vague bleue sous-marine c'est-à-dire s'il y a des maires qui ont été élus sans étiquette mais qui sont en réalité des maires du rassemblement national

21:42
Présentateur

c'est quasiment du Jacques Brel l'analyse politique un mot

21:45
Invité

Brice Tinturier un mot puisque beaucoup a été dit l'abstention c'est fondamental si nous passons la barre en dessous des 60% et ça peut être vraiment beaucoup plus bas c'est un désastre démocratique et ça viendra confirmer que l'échelon local dit de proximité est lui-même attaqué en termes de mobilisation

22:04
Présentateur

bon bah alors donc allez voter c'était passionnant en tout cas de vous écouter merci infiniment à tous les trois d'avoir été les invités de France Inter ce matin