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interviewHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 7 juillet 2026 13 min

Marine Le Pen est candidate à la présidentielle malgré sa condamnation

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité

Cette officielle Marine Le Pen est candidate à l'élection présidentielle de 2027 malgré sa condamnation à un appel prononcé ce mardi. La présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée a en effet été condamnée en appel ce mardi pour détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants des eurodéputés du Front National. Mais elle a annoncé ce pourvoir en cassation. Alors beaucoup de questions se posent. Va-t-elle faire campagne avec un bracelet électronique ? Que signifie le pourvoi en cassation ? Et qu'en est-il de Jordan Bardella ? On va faire le point factuellement sur la situation. Salut c'est Blanche, j'espère que vous allez bien.

C'est le sujet à la une de ce format d'actu du jour disponible sur Youtube et en podcast audio. Alors avant qu'on se plonge dans les dernières infos, petit retour en arrière. Marine Le Pen, qui est l'un des visages du Rassemblement National, donc le principal parti d'extrême droite en France, a été condamnée une première fois en mars 2025. Sa peine à l'époque, 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, 4 ans de prison dont 2 enfermes sous bracelet électronique et 100 000 euros d'amende. Une condamnation qui l'aurait donc empêché de se présenter à la présidentielle de 2027.

C'est pourquoi elle avait demandé à être rejugée en appel, un procès dont le verdict a donc été rendu ce mardi 7 juillet. On va revenir en détail sur ce jugement dans un instant. Mais alors, pourquoi Marine Le Pen a-t-elle été condamnée ? On vous en avait parlé à l'époque, le tribunal correctionnel de Paris a déclaré Marine Le Pen coupable de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front National, l'ancien nom du Rassemblement National. Pour faire simple, Marine Le Pen a été condamnée pour avoir détourné des fonds qui étaient destinés au Parlement européen, l'une des principales instances de l'UE.

En fait, le Parlement européen verse de l'argent aux députés pour qu'ils embauchent des assistants et qu'ils les aident dans leur mission. Mais selon la justice, entre 2004 et 2016, ces fonds ont été détournés par le FN et versés à des assistants parlementaires qui n'en étaient pas vraiment dans le cadre d'emplois fictifs. Ces personnes étaient effectivement rattachées au Parlement européen, mais selon la justice, le Front National a fait travailler ses assistants non pas dans le cadre des travaux du Parlement européen, mais directement pour des sujets du Front National en France, ce qui est totalement illégal.

Marine Le Pen est donc précisément accusée d'avoir prolongé un système qui avait été mis en place par son père, Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front National, qui est décédé l'an dernier. Mais elle n'est pas la seule à avoir été jugée, c'est aussi le cas du parti en lui-même et de 24 coprévenus, des députés, des assistants parlementaires ou encore des comptables qui ont aussi été condamnés. Au total, les fonds détournés s'élèvent à plus de 4 millions d'euros, dont environ 474 000 imputés directement au contrat d'assistant lié à Marine Le Pen.

A la suite du premier procès, les juges avaient notamment relevé que toutes les personnes condamnées avaient contesté les faits et n'avaient pas exprimé, je cite, de prise de conscience de la violation de la loi, ni l'exigence particulière de probité et d'exemplarité qui s'attachent aux élus, donc le fait de ne pas chercher, en quelque sorte, à être le plus irréprochable possible. En tout cas, ce jugement avait lancé de nombreuses polémiques dans les sphères proches de Marine Le Pen, qui affirmaient qu'il s'agissait d'une décision politique destinée à l'écarter de l'élection présidentielle.

Et ce mardi, finalement, c'est donc la Cour d'appel qui a prononcé son jugement et qui a également condamné Marine Le Pen. Cependant, et c'est là que c'est important, la peine change. La Cour d'appel l'a condamnée à une peine de 3 ans de prison, dont 1 an ferme sous bracelet électronique, ainsi qu'à 100 000 euros d'amende. Elle ne sera donc pas incarcérée en prison. La peine ferme doit être exécutée à domicile, avec des déplacements et horaires encadrés. Mais la décision la plus importante concerne son inéligibilité. Marine Le Pen a été condamnée à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 mois avec sursis.

Sur ce point, la justice considère qu'elle a déjà purgé les 15 mois de peine d'inéligibilité ferme depuis le 31 mars 2025, donc sa première condamnation. Résultat, Marine Le Pen pourra juridiquement se présenter à l'élection présidentielle. Mais compte tenu des dates, si elle souhaite se présenter, elle se présentera sous bracelet électronique, une première dans l'histoire de la présidentielle. Ça, c'est donc pour le verdict de son procès en appel. Mais Marine Le Pen a pris la parole ce soir, à 20h, au journal de TF1, annonçant sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Elle a annoncé ce pourvoir en cassation, qui est le dernier recours judiciaire en France.

Alors à noter que la Cour de cassation ne rejugera pas les faits, mais elle vérifiera principalement si les règles de droit ont été correctement appliquées. Marine Le Pen estime qu'elle et son parti sont innocents de cette infraction de détournement de fonds publics. Elle considère que deux juridictions peuvent commettre une erreur et veut donc, je cite, « aller au bout des voies de recours ». A noter que Marine Le Pen avait déclaré qu'elle ne ferait pas campagne avec un bracelet électronique et, effectivement, le pourvoi en cassation suspend les peines prononcées par la Cour d'appel.

Autrement dit, tant que la Cour de cassation n'a pas statué sur sa condamnation, la peine ne s'appliquera pas. Elle pourra donc bien commencer sa campagne présidentielle sans porter de bracelet électronique. En revanche, sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 reste incertaine, puisque la décision de la Cour de cassation devrait être rendue au début de l'année 2027, au moment où les candidats à la présidentielle doivent réunir les 500 parrainages d'élus. Or, si la condamnation est confirmée par la Cour de cassation, elle sera définitive. A la question, donc, si vous êtes reconnue définitivement coupable, que se passe-t-il ? Marine Le Pen a simplement répondu « nous verrons ».

Dans ce scénario, Marine Le Pen devra porter un bracelet électronique, même si elle peut demander un aménagement ou une suspension de sa peine, comme le permet la loi pour certaines condamnations de moins de deux ans de prison. Ça peut être pour des raisons médicales, familiales, professionnelles ou sociales. Ce sera alors à un juge de décider s'il accepte ou non cette demande. Il y a aussi le scénario où la Cour de cassation invalide la condamnation, et dans ce cas-là, Marine Le Pen ne portera pas de bracelet électronique.

Concernant Jordan Bardella, elle a confirmé qu'il serait Premier ministre si elle est élue, et qu'il présentait tous les deux aux Français un binôme qu'elle a qualifié de « ticket gagnant ». Alors, les réactions ont été nombreuses. Le parti de droite Les Républicains accuse Marine Le Pen, je cite, « de fragiliser les institutions et de prendre la démocratie en otage ». Gabriel Attal, le candidat Renaissance à la présidentielle, a critiqué le choix de Marine Le Pen d'être candidate malgré sa condamnation en appel.

« Évidemment qu'il y a une dimension morale dans cette situation à se présenter, avec un casier judiciaire et une peine pour détournement de fonds publics », a-t-il notamment déclaré. L'ancien Premier ministre et candidat du parti de droite Horizon à la présidentielle, Édouard Philippe, a estimé qu'elle devrait expliquer son choix aux Français. Il a également accusé Marine Le Pen de se contredire. Il a rappelé qu'elle avait par le passé critiqué très durement les responsables politiques condamnés par la justice. Bref, évidemment, ce sujet est très vaste, j'ai pas eu le temps de tout évoquer.

En tout cas, on a beaucoup posté de contenu en rapport avec tout ça sur nos comptes Instagram et TikTok. Les noms, c'est Hugo Décrypte. Je crois que j'ai tout dit, je vous mets des nés en description si vous voulez en savoir plus, et je vous laisse avec Samy pour le reste de l'actualité importante du jour.

6:07
Présentateur

Merci Blanche, et bonjour à toutes et à tous. On commence avec cette actu. Deux bombes ont explosé ce matin à Damas, en Syrie, devant l'hôtel où Emmanuel Macron, qui est actuellement en visite d'Etat, a passé la nuit. Alors le président est sain et sauf selon l'Elysée, et il avait déjà quitté l'hôtel pour se rendre au palais présidentiel, et n'aurait même pas entendu les détonations au moment des faits. En tout cas, la double explosion a fait 18 blessés, dont 4 policiers, selon le ministère de l'Intérieur syrien. Une bombe était placée dans une benne à ordure, une autre dans une voiture garée à proximité de l'hôtel. Pour le moment, personne n'a revendiqué l'attaque.

A noter que ces explosions interviennent aussi dans un contexte sécuritaire tendu en Syrie. Jeudi dernier, un attentat à la bombe dans un café à Damas a tué 10 personnes et fait 21 blessés. A noter que cette visite d'Emmanuel Macron est la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale en Syrie, depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste dirigée par Ahmed Al-Shara. On en parlait hier, les deux dirigeants se sont déjà rencontrés en mai 2025 à l'Elysée. Cette rencontre avait d'ailleurs été critiquée, car Ahmed Al-Shara a fait partie de l'insurrection djihadiste en Irak, après l'invasion américaine de 2003.

Il a ensuite été arrêté par les Etats-Unis, puis emprisonné plusieurs années en Irak, avant de rejoindre une branche d'Al-Qaïda en Syrie. Deuxième actu, le capitaine de l'équipe de France de football, Kylian Mbappé, a été visé par des tweets racistes de la part d'une sénatrice paraguayenne, après l'élimination du Paraguay samedi soir face à la France. Cette sénatrice, c'est Céleste Amaria, et elle a donc publié plusieurs messages à caractère raciste sur son compte X ce dimanche, écrivant notamment, je cite, Cette abruti n'a même pas appris à écrire, au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco.

Elle reproche entre autres à Kylian Mbappé de ne pas avoir serré la main du gardien paraguayen Orlando Schill au coup de sifflet final. Alors Kylian Mbappé a répondu le lendemain sur son compte X, la qualifiant de femme méprisable et indigne de sa fonction. Et au lieu de Kylian Mbappé, les réactions étaient nombreuses, la ministre française des sports Marina Ferrari s'est dite scandalisée, après les mots abjects et racistes de la sénatrice. Le joueur a aussi reçu le soutien d'Emmanuel Macron, qui a dénoncé dans la soirée les attaques racistes dont il a fait l'objet.

Kylian Mbappé, via un communiqué du ministère des affaires étrangères, a également condamné ses propos, qui sont, je cite, « contraires aux valeurs et principes qui inspirent la coexistence pacifique et le respect de la dignité humaine que promeut notre pays ». Plus tard dans la soirée, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a également réagi, condamnant, je cite, « sans équivoque, les propos racistes de la sénatrice paraguayenne Céleste Amaria à l'encontre de Kylian Mbappé, et précisant, je cite toujours, « nous devons combattre le racisme et le vaincre tous ensemble ».

Dans la foulée, Céleste Amaria a supprimé ses tweets pour ensuite publier un long message, non pas d'excuses ou de regrets, mais demandant à Kylian Mbappé de s'excuser, l'accusant de misogynie, vous tiendra au courant des suites de cette affaire. Troisième actu, les deux séismes qui ont touché le Venezuela le 24 juin dernier ont fait 3535 morts et 16740 blessés, selon un nouveau bilan publié ce lundi. L'ONU indique également qu'environ 50 000 personnes pourraient être portées disparues.

Au total, plus de 150 personnes non identifiées ont déjà été enterrées dans la zone la plus ravagée par la catastrophe selon l'AFP, et des fossoyeurs avec des pelleteuses ont aussi creusé des tranchées, censées accueillir d'autres dépouilles. Plus de 17 000 personnes sont aussi actuellement sans logement et obligées de vivre dans les rues ou dans les parcs. A noter que la présidente vénézuélienne par intérim, Delsi Rodriguez, a d'ailleurs été critiquée par sa gestion de la catastrophe pour l'organisation des secours, et maintenant pour la lenteur de la récupération des corps. Elle a assuré ce dimanche qu'il n'y aura, je cite, « pas d'explosion sociale ».

Quatrième actu, l'ukrainienne suspectée d'avoir déposé une bombe à Monaco le 29 juin dernier et qui a blessé trois personnes, a été retrouvée morte en Ukraine près de Kiev, la capitale du pays. Pour rappel, cette explosion survenue à Monaco avait fait trois blessés ukrainiens, un oligarque, sa femme et son fils de 13 ans. Et la principale suspecte était donc une femme, Anastasia Berezovska, une ukrainienne de 39 ans. Et alors qu'une notice Interpol, l'organisation internationale de police criminelle avait été publiée, notamment pour tentative d'assassinat et association de malfaiteurs, son corps a donc finalement été retrouvé sans vie à Kiev.

C'est ce qu'affirment les services de sécurité ukrainiens, alors qu'elle était toujours activement recherchée, toujours d'après les services de sécurité, elle aurait été retrouvée avec des blessures pare-balles à la tête. En fait, une fois rentrée en Ukraine, elle aurait pris contact avec deux personnes, un ancien policier et un employé actuel des services de renseignement ukrainiens. Ce dernier lui aurait versé de l'argent sur un compte bancaire et en crypto-monnaie. Et ce sont ces mêmes deux personnes qui auraient ensuite commis le meurtre, ce sont les enquêteurs.

L'employé des services des renseignements ukrainiens aurait affirmé avoir commis ce meurtre avec un autre suspect, sans informer sa hiérarchie de ses contacts avec la femme recherchée. On vous tiendra évidemment là aussi au courant de la suite de cette affaire. Cinquième actu qui concerne l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans en France, la Commission européenne, donc l'une des principales instances de l'UE, a appelé l'État français à revoir sa proposition de loi. En fait, l'instance a estimé que ce texte n'était pas complètement compatible avec le droit européen. Elle estime qu'il empièterait sur le DSA, une nouvelle législation européenne pour contrôler les plateformes.

Et ce règlement prévoit déjà la protection des données des mineurs sur les plateformes en ligne, mais donc pas l'interdiction d'accès. Et si cette loi française était bien mise en place, elle empièterait donc sur la loi européenne. Le projet de loi qui est donc actuellement examiné par le Parlement en France devra être forcément modifié par les députés et sénateurs pour pouvoir être appliqué, car il faut absolument l'aval de l'Union européenne pour une telle législation. À côté que la Commission européenne a tout de même assuré soutenir cette démarche. L'UE travaille d'ailleurs sur une possible harmonisation européenne de l'interdiction des réseaux aux moins de 15 ans.

Un comité d'experts européens a été réuni et doit rendre ses recommandations le 13 juillet. En tout cas, le gouvernement français espère une mise en œuvre de cette loi pour la rentrée scolaire 2026. Et on termine avec cette actu. Les résultats du bac sont tombés ce mardi. Cette année, le taux de réussite est à 85,5% d'admis. À titre de comparaison, en 2025, il était à 85,78%. Alors attention, ce chiffre devrait encore augmenter, puisque les rattrapages vont avoir lieu le 10 juillet. Et après rattrapage, le taux de réussite en 2025 était passé à 91,8%. Cependant, cette année, le taux global pour les 727 327 candidats pourrait être plus faible que l'année dernière pour plusieurs raisons.

Déjà, des consignes ont été données aux correcteurs pour qu'ils prennent en compte les qualités rédactionnelles et l'orthographe, ce qui est une nouveauté. Et ensuite, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a précisé qu'aucun repêchage ne sera possible en dessous des 8 sur 20, ce qui était le cas les autres années. En tout cas, félicitations à tous les bacheliers et bon courage pour ce en rattrapage.

11:44
Invité

Merci Samy pour ces actualités, et on termine avec cette bonne nouvelle pour la science. Au centre hospitalier de Nancy, le CHRU, une thérapie unique en France, permet de sauver des patients greffés. En fait, les personnes qui reçoivent une greffe de moelle osseuse ou d'organes deviennent immunodéprimées, ce qui veut dire que pour eux, certains virus, comme l'adénovirus, qui provoque normalement des symptômes bénins, comme un rhume ou des maux de ventre, peuvent devenir mortels, car leur système immunitaire est affaibli. Alors des traitements existent, comme les antiviraux, mais leurs effets restent très limités.

Le centre hospitalier de Nancy a donc mis au point une thérapie cellulaire innovante qui permet de combattre les virus potentiellement mortels. Concrètement, il prélève chez un donneur compatible des cellules qui combattent habituellement ce virus et les injectent aux patients. C'est une technique unique en France qui n'est réalisée qu'au CHRU de Nancy. Le centre livre ensuite des traitements pour des patients dans toute la France, en Belgique et en Suisse. Je vous mets des nés en description si vous voulez en savoir plus. Merci à vous d'avoir suivi ce format aujourd'hui. Vous êtes de plus en plus nombreux chaque jour à nous écouter ou à nous regarder.

Je vous rappelle que ce format, il est aussi disponible en version newsletter, donc à l'écrit. Vous recevez un mail dans votre boîte mail, c'est totalement gratuit. Je crois que j'ai tout dit. Prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et je vous dis à plus tard.

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