L'interview : François Bayrou - 14/04
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Bonjour François Bayrou. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions sur RMC et BFM TV. Vous êtes le maire de Pau, vous êtes président du Modem, vous êtes à la planification, mais vous êtes aussi, et bien sûr, un soutien de la première heure d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron qui avait dit qu'il allait vaincre les extrêmes. Il y a deux fois plus d'extrêmes aujourd'hui dans le vote. Il y a un vote anti-système, il y a un vote de colère. Qu'est-ce qui a raté ?
Les sociétés dans lesquelles nous vivons, pas seulement en France et pas seulement en Europe, regardez la situation aux Etats-Unis, sont des sociétés qui sont traversées par d'incroyables secousses qu'on dirait sismiques. Si on parlait de tremblements de terre sur la terre, c'est des choses aussi graves que celles-là. Pourquoi ? Parce qu'un très grand nombre de repères ont été effacés. Les sociétés traditionnelles sont organisées autour de repères religieux, par exemple, et ces repères religieux s'effacent. Et puis vous, le monde médiatique, l'omniprésence médiatique instantanée et les réseaux sociaux, par exemple, tout cela expose les sociétés à de très lourdes secousses.
Donc c'est la faute de tout, sauf d'Emmanuel Macron ? Non, je n'ai pas de raisonnement simpliste comme ça. Mais je pense que c'est très, encore une fois, vous regardez les Etats-Unis et vous voyez une société encore plus fracturée que la nôtre. Et nous, on a une société, pardon, c'est un de mes thèmes depuis longtemps, on a une société qui est absolument fracturée entre le bas de la pyramide sociale et le sommet, ou prétendu sommet, parce que je ne suis pas sûr qu'il y ait un sommet.
On va en parler de ces fractures.
Et donc cette fracture-là a fait qu'un grand nombre de nos concitoyens se disent « je n'ai pas ma place dans ce système », ou en tout cas on ne me reconnaît pas. Ma voix ne compte pas, d'où tous les problèmes institutionnels sur lesquels, vous savez, je me bats depuis longtemps. Et puis, les choses ne changent pas vite dans une société, bien qu'en France on ait créé, comme vous savez, beaucoup d'emplois. Ces cinq dernières années, on a fait revenir beaucoup d'entreprises. Le climat du point de vue du chômage a changé.
Et d'ailleurs, Emmanuel Macron vise le plein emploi. C'est l'un de ses objectifs.
Si on remontait il y a cinq ans, si vous remontiez votre émission il y a cinq ans, vous verriez qu'il y a cinq ans, le chômage était omniprésent. Aujourd'hui, c'est plutôt le pouvoir d'achat.
Donc ce n'est pas forcément la question juste de l'emploi. Mais François Bayrou, pardon, je vous repose la question. Il avait bien dit, en effet, et il connaissait, comme vous venez de le décrire, la situation à la fois internationale et puis de ses colères. Mais il avait dit qu'il allait les vaincre, ces extrêmes. Est-ce qu'il y avait quand même des choses à faire qui n'ont pas été faites ? Ou est-ce que tout simplement, c'est comme ça ?
Non, ce n'est pas comme ça. Ce n'est jamais comme ça. Jamais je n'accepterais le défaitisme. Ou en tout cas l'idée qu'il faut baisser les bras, que vous vous souvenez, François Mitterrand avait dit à propos du chômage, on a tout essayé. Ce n'est pas vrai, on n'a pas essayé. On n'a pas tout essayé. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Vous savez bien, il y a eu trois vagues, trois tsunamis absolument imprévisibles, inattendus. Le premier, ça a été les Gilets jaunes, qui est une colère sociale. Ou en tout cas une colère autour de ce thème de la reconnaissance, de la place de chacun. Et qu'il faut scruter très attentivement ce que j'essaie de faire.
Et les Gilets jaunes, ça ne venait pas d'il y a six mois.
Un sentiment d'injustice.
Ça venait de 30 ans, 30 années. Et puis derrière, il y a eu l'épidémie, totalement inattendue, immense secousse planétaire. L'économie de la planète s'est arrêtée. Et troisième secousse, l'Ukraine. La guerre en Ukraine.
Encore une fois, François Bayer, nous sommes au cœur de tout ça. Ce sont des épisodes, des épisodes qui sont arrivés pendant le quinquennat d'Emmanuel Macron. Je vous pose la question plus directement. Est-ce qu'Emmanuel Macron a une part de responsabilité, lui, dans le fait que le vote extrême est augmenté ?
Je crois qu'il l'a dit d'ailleurs. Tout le monde a une part de responsabilité, y compris bien sûr celui qui incarne... Mais pas plus que les autres. Si, sans doute. Évidemment, les gouvernants ont une part de responsabilité. Lui et tous ceux qui ont précédé, il a une part de responsabilité. Ceux qui le soutiennent ont une part de responsabilité. Mais ça n'est pas le principal auteur de la difficulté dans laquelle nous sommes. Nous avons tous ensemble, les hommes politiques et les médias, la majorité et l'opposition, nous avons tous ensemble échoué à cicatriser quelque chose dans la société française.
Comment on fait maintenant ? C'est-à-dire qu'il y a la question de l'élection, de qui va sortir. Il semble, dans les derniers sondages, que l'écart se creuse dans les intentions de vote et que finalement, Emmanuel Macron, aujourd'hui, n'est pas forcément dans la crainte de perdre. Mais qu'est-ce qui va se passer ensuite ? Est-ce que vous vous dites d'abord, un, on a un peu moins peur, nous, que notre candidat ne perde, et deux, comment vous faites une fois que vous êtes à nouveau à l'Élysée pour réconcilier tout le monde ?
Alors, un, moi, je suis absolument réservé en face de la satisfaction. Je pense que la situation est toujours lourde de menaces, particulièrement entre les deux tours d'une élection présidentielle. C'est plein de coups de théâtre et de risques. Il faut donc un engagement sans...
Il ne faut pas se dire que tout est joué.
Voilà. Sans lever le pied, si j'ose dire. Ça, c'est la première chose. Deuxième chose, il faut faire ce que le président de la République a fait hier et avant-hier, c'est-à-dire sur le terrain, avec les Français, y compris...
Il était temps, non ?
Oui.
Enfin, vous avez sans doute regretté qu'il ne fasse pas plus campagne. Non, je ne veux pas. Ça fait longtemps qu'on consuit. Je ne veux pas utiliser de jugement de cet ordre. Vous dites régulièrement qu'il faut quand même descendre dans l'arène. Vous faisiez partie de ceux qui disaient qu'il fallait mener le grand débat après les Gilets jaunes. Je n'imagine pas que vous ayez été satisfait qu'ils ne fassent pas campagne.
Dans votre imagination, non, je ne veux pas. Je ne veux pas critiquer.
Vous ne voulez pas critiquer, mais j'imagine que vous avez quand même... Vous auriez voulu
qu'il descendre dans l'arène plus tôt. Je suis très content de son itinéraire dans le Pas-de-Calais-le-Nord. Je suis très content de son itinéraire en Alsace. Je suis très content du contact direct. Vous savez, votre outil de travail, la télévision, il y a une analyse très simple. Ça ne s'écoute pas, ça se regarde.
Ça s'écoute aussi à la radio.
Oui, à la radio. Nous sommes aussi sur la AMC, je vous le rappelle. Je parle de la télévision qui joue un rôle très important. Les images jouent un rôle.
Et qui montre en direct ses moments, ses moments d'échange, ses moments de meeting pour que chacun puisse
se faire son idée. Et moi, je regarde ses yeux. Et il est en prise directe avec les gens. Il n'est pas en campagne, serrant des mains, sans regarder les gens, ce qui arrive assez souvent aux hommes politiques. Il est dans la prise directe. Et c'est une dimension essentielle de la responsabilité d'un président de la République. Le président de la République, il incarne les institutions. Et précisément parce qu'il incarne ce qu'il y a de plus élevé dans la démocratie, il faut qu'il soit le plus proche possible des gens. Et donc, je trouve que ça, c'est une chose nécessaire.
Deuxièmement, il faut, ça fait très longtemps qu'on cherche et que je plaide pour cela, il faut que les responsables publics apprennent à parler la langue des gens. La langue la plus simple,
la plus directe. Quand on regarde, vous parliez de ce qui s'est passé notamment dans le Nord, quand il a, comme vous dites, été au contact de la population. Une des premières choses qui lui a été dite, c'est sur la retraite à 65 ans. Il lui a été immédiatement reproché par tous ceux qui étaient là, qui lui ont dit mais vous ne savez pas ce que c'est que de travailler jusqu'à 65 ans et qui lui ont exprimé une forme de douleur, d'incompréhension quasi physique de cette demande de travailler plus longtemps. Depuis d'ailleurs, il a fait évoluer sans qu'on en comprenne complètement les contours. Il a dit qu'on peut faire évoluer même si le cap de 65 ans est maintenu.
Est-ce que là-dessus, il n'y a pas eu une erreur dans la compréhension de la douleur des gens ?
L'annonce de la retraite à 65 ans qui a été faite de manière un peu brutale ou très brutale ne correspond pas à la réalité parce que la première chose qu'il aurait fallu commencer par dire c'est un, on va tenir compte des carrières longues des gens qui ont commencé à travailler tôt et deux, on va tenir compte de la pénibilité du métier. Si vous avez ces deux entrées ces deux portes d'entrée à ce moment-là l'idée de la retraite
si vous avez commencé à travailler à 20 ans vous allez devoir cotiser jusqu'à 65 ans pour pouvoir partir malgré tout ?
Non mais je ne crois pas ça si vous avez commencé à travailler tôt si vous avez les annuités nécessaires singulièrement ou particulièrement si vous avez un travail pénible alors à ce moment-là vous pouvez partir plus tôt vous m'avez beaucoup entendu plaider sur ce sujet je pense toujours aux femmes ce sont souvent des femmes qui travaillent dans nos CCAS celles qui vont lever des personnes âgées c'est dans l'action sociale toute la journée et qui se trouvent avec mal au dos des troubles comme on dit musculo-squelettiques ce n'est pas la même chose que de travailler dans un bureau
ça a été mal présenté ça a été trop brutal
oui et en plus ça ne correspondait pas à l'idée qui était celle de l'entrée dans ce sujet puisque vous savez qu'on avait commencé par d'une certaine manière la retraite choisie avec une retraite avec le fait
on n'y comprend plus grand chose c'est-à-dire que ça a été un peu mal emmanché comme vous le reconnaissez vous-même je voudrais savoir aujourd'hui comment est-ce que qu'est-ce que vous dites à ceux qui ont commencé à travailler peut-être pas si tôt mais peut-être à 21 22 ans est-ce que vous leur dites bon ben vous devez travailler jusqu'à 65 ans vous avez bien parlé de ceux qui ont spécifiquement une dénomination de pénibilité dans leur travail mais il y a aussi ceux qui ont juste travaillé tôt qui sont serveurs qui ont des travaux qui ne sont pas considérés comme pénibles mais qui sont quand même fatigants
qui sont fatigants je me réfère à ce que le président de la république a dit il a dit on va aller progressivement avant le premier tour ou après le premier tour après le premier tour on va aller progressivement jusqu'à 64 ans et on va aller jusqu'à 64 ans à un terme
qui est autour de
il n'y a pas de différence je veux dire c'est un mouvement progressif et il y a eu une erreur de communication si on a laissé penser que ce mouvement progressif allait être un mouvement brutal ça n'est pas vrai il y a une deuxième chose à dire qu'on ne dit jamais le quinquennat ne s'achève pas le soir du 24 avril après le quinquennat commence et le quinquennat la nouvelle majorité s'il est réélu s'il y a une majorité tout ça n'est pas simple alors commence la réflexion du gouvernement et dans la réflexion du gouvernement les parlementaires qui vont être élus et l'opinion publique et vous allez jouer un rôle c'est un débat je trouve que l'idée de bloquer la réflexion sur une action publique aussi importante que sur ce sujet comme sur d'autres je pense à l'école par exemple ça commence à partir de la nouvelle majorité du nouveau gouvernement le parlement n'est pas servile il ne doit pas être il ne devrait pas être je vois bien dans ma conception
je vois votre regard vous vous dites il a peut-être été un peu quand même pendant ce quinquennat vous ne souhaitez pas qu'il le reste
je pense que la plupart des blocages et des risques de violence dans la société viennent de ce que la démocratie ne fonctionne pas bien pourquoi ? parce qu'un très grand nombre de sensibilité ne sont pas représentés et parce que le fonctionnement des institutions fait que en effet le parlement n'a pas la latitude la reconnaissance qui devrait être la sienne puisqu'il représente la nation
puisque c'est évidemment à cela aussi que vous faites référence ça faisait partie on s'en souvient bien il y a 5 ans lorsque vous avez apporté clairement votre soutien à Emmanuel Macron vous considérez d'ailleurs que c'est grâce à ce soutien que vous l'avez légitimé en quelque sorte et qu'il vous doit donc en partie au moins son élection vous aviez dit et vous lui aviez fait confiance à ce moment-là que vous aviez besoin de plus de proportionnel il vous avait dit oui il ne l'a pas fait pourquoi il le ferait cette fois-ci ?
parce qu'il y est engagé et puis parce que
Apolline de Malherbe
quelque chose que vous savez ça ne peut pas durer comme ça on ne peut pas se trouver avec des pourcentages très importants des parties très importantes de la population qui n'ont pas de représentation et donc quand je dis que ça commence à partir de 24 mai
qui dit on a une proportion de votants et on n'est pas représentés
comme vous savez j'avais fait signer c'est le jeu de la démocratie j'avais fait signer à peu près la totalité sauf un mouvement politique LR mais tous les autres mouvements politiques avaient signé avec moi une lettre pour appeler à la mise en place de cette reconnaissance qui dit vous êtes français vous êtes électeur vous allez voter
à l'époque c'était une dose de proportionnelle et ça n'a pas été fait
pas dans le mouvement que je vous indique
dans la force d'Emmanuel Macron aujourd'hui il a dit la proportionnelle intégrale
pourquoi pas la proportionnelle intégrale départementale avec un enracinement pourquoi pas et il a raison de dire pourquoi pas écoutez je veux le répéter pour vous ça ne peut pas durer comme ça tous ceux qui croient qu'on va être à l'abri de tous les mouvements du monde et qu'on ne changera rien et que les gouvernants continueront à gouverner parce qu'ils considéreront qu'ils ont eu un chèque en blanc au moment de cette élection ça ne peut pas marcher comme ça le passage en force c'était ça la loi autrefois on disait des présidents de la république successifs on disait j'avais dit ça dans mon programme donc je suis légitime pour le faire ça ne peut pas se passer comme ça désormais il y a une sorte de construction en temps réel d'adaptation en temps réel qui exclut le passage en force et qui oblige à convaincre c'est pourquoi le président de la république vous l'avez entendu et je suis très profondément de cet avis comme vous savez il ne faut pas exclure les référendums si vous êtes devant une question très difficile et devant des risques de blocage ou bien que ça heurte le sentiment profond d'un très grand nombre de nos concitoyens le référendum est une arme excellente le président de la république dit mes chers concitoyens c'est une question difficile vous allez la trancher
c'est aussi ce que plaît de Marine Le Pen
que Marine Le Pen elle a changé d'avis sur beaucoup de sujets mais considérons que la démocratie doit aussi passer vous savez que j'ai pris des responsabilités dans cette affaire là la démocratie c'est que tous les courants doivent avoir leur place leur représentation et leur reconnaissance
une question sur la démocratie justement François Bayrou vous pourriez donner des sous à Valérie Pécresse
pourquoi pas oui
elle est endettée elle le dit j'ai fait ça j'ai fait ça assez souvent
d'autres fois pour des forces politiques et personne ne l'a su et donc je n'ai pas de difficulté
pour Valérie Pécresse oui pour Yannick Jadot quand vous voyez qu'ils sont endettés alors au titre du parti pour Yannick Jadot au titre personnel pour Valérie Pécresse puisqu'on apprend qu'elle avait emprunté 5 millions d'euros est-ce qu'il faut une nouvelle manière de rembourser on se rend compte qu'il n'y aura que 4 candidats qui vont être remboursés de leur campagne tous les autres non vous vous souvenez
de l'engagement qui a toujours été le mien il est totalement anormal que ce soit des instances privées qui décident ou pas d'accorder les moyens nécessaires par emprunt à un candidat ou à un mouvement politique
à titre personnel pour Valérie Pécresse à aller chercher en Russie des banquistes pour Marine Le Pen
à titre personnel tous les candidats à l'élection présidentielle doivent à un moment ou à un autre emprunter à titre personnel ils peuvent avoir des garanties de leur parti politique je suis persuadé que LR fera ce qu'il faut à l'égard de Valérie Pécresse mais en effet c'est un très grand risque on ne se rend pas compte de ce qui pèse sur les épaules c'est pourquoi nous devrions avoir une instance démocratique sous le contrôle du parlement reliée à la caisse des dépôts et consignations parce que c'est le bien de tous les français qui est pour mission de garantir les financements à la vie politique avec les précautions nécessaires par exemple je vous prête de l'argent pour votre campagne mais vous devez me fournir une assurance qui dise que si vous êtes au-dessous de la barre de remboursement cette somme va être garantie par une assurance et il y a de très grandes et pour vous
c'est l'état qui devrait se porter garant une forme de banque de démocratie
c'est encore un peu plus compliqué parce que c'est pas l'état la caisse des dépôts et consignations c'est pas l'état c'est les français
c'est le parlement
qui en a la maîtrise
François Bayrou je ne sais pas si vous avez vu l'échange vous disiez c'est bien qu'il aille au contact Emmanuel Macron il a eu cet échange à Strasbourg avec une femme voilée qui lui a dit être voilée et féministe et il s'est mis à la féliciter il lui a dit c'est beau de voir une femme voilée et féministe c'est la meilleure réponse dit-il à Marine Le Pen qui à l'inverse voudrait interdire le voile dans l'espace public le même Emmanuel Macron il disait en avril 2018 qu'on ne pouvait pas accepter forcément féministe le voile au contraire il disait même que ça disait quelque chose du rapport entre les hommes et les femmes il le disait sur BFM TV il disait ce n'est pas conforme à la civilité qu'il y a dans notre pays et il appelait à ce sujet une bataille pour l'émancipation est-ce que vous êtes plutôt du côté de l'Emmanuel Macron de l'entre-deux-tours qui dit oui vous pouvez être voilée et féministe ou du côté de celui qui il y a quelques années disait non
je suis pour l'émancipation on est toujours pris dans ce piège parce que quand le candidat dit ça dans les rues à Strasbourg en réalité il est ému par la jeune femme qu'il a en face de lui il est en en empathie avec elle et il mesure ce que ça ce que ça représente vous savez il y a il y a beaucoup de nos concitoyens pour qui on dit le voile c'est pas le voile c'est le foulard c'est la tête couverte
sur la tête couverte sur la tête couverte il peut dire ça à cette femme on peut avoir toujours pensé qu'il faut s'émanciper
on peut avoir de l'émotion de l'émotion personnelle dans une rencontre et je trouve ça plutôt d'une certaine manière positif et en même temps avoir un jugement sur la grande l'analyse qu'on peut faire de ce qu'il faut se couvrir la tête pour se garantir du désir des hommes c'est ça la question
c'est donc bien
comme vous savez c'est moi
qui ai interdit
le voile à l'école il y a 25 ans oui ce signe là il touche au rapport entre les hommes et les femmes mais en même temps il y a des destins individuels il y a des femmes qui vont accompagner leurs enfants à l'école tout en ayant tout en portant le foulard parce que c'est leur tradition leur mère leur famille dans laquelle tout ça à condition d'avoir les garanties nécessaires et l'école en est une à l'école il n'y a pas de signe religieux dans la vie et bien on fait en sorte qu'on puisse tous vivre ensemble à condition que personne et notamment pas les lois religieuses ne veuille imposer sa propre loi au reste de la société ceci c'est ça la laïcité et c'est inacceptable
merci François Bayrou d'avoir répondu à mes questions ce matin sur RMC et BFM TV demain à ce même micro mais à Avignon on va l'emmener ce sera Marine Le Pen qui répondra à mes questions pendant une heure 8h30 9h30
François Bayrou