"Les Français ne sont pas de gauche": le discours intégral de F.-X. Bellamy pour les Européennes
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Ça fait du bien de vous voir aussi nombreux, et ça fait du bien de vous sentir aussi heureux. Chers amis, merci infiniment pour votre présence aujourd'hui, merci pour votre engagement, merci pour votre confiance. Merci pour vos mots, chère Céline et cher Christophe. Ce sera un immense honneur de partager avec vous cette bataille décisive. Et merci à toi, cher Éric, qui nous emmène derrière toi dans ce combat essentiel. Chers amis, aujourd'hui je voudrais vous demander de dire avec moi votre reconnaissance à celui qui conduit notre famille politique contre vents et marées, à celui qui fait tout pour reconstruire cette droite qui demain relèvera la France. Merci Éric, merci de ta confiance.
Et au moment où commence cette bataille, cette bataille de 2024, au moment où nous nous engageons dans ce nouveau défi, je n'oublie pas à qui je dois, la confiance qui m'a été témoignée il y a cinq ans pour la première fois. Et je voudrais te dire, cher Laurent, que j'espère, malgré toutes les épreuves que nous aurons traversées, avoir été à la hauteur du choix que tu avais fait. Maintenant, je veux vous parler de la France. Depuis cinq ans, j'ai sillonné le pays. Je n'ai pas voulu me laisser enfermer dans la bulle de Bruxelles.
J'ai passé cinq ans sur les routes et dans les trains, partout, dans les mairies, dans les corps de ferme, sur le pas de porte et des artisans, ou avec de grandes industries, à l'aube avec les marins pêcheurs qui rentrent au quai, ou la nuit avec ceux qui veillent, pompiers, policiers, infirmières, sans faire de bruit, comme cette France de l'effort patient, cette France qui sait que le vrai courage est discret, cette France qu'on ne peut regarder vraiment sans en retirer un infini respect. J'ai tant d'images à l'esprit, tant de visages et tant de conversations.
Et chaque semaine, je repartais de chez moi le bruit du pays plein la tête, ces colères et ces inquiétudes qui ne me lâchaient pas, vers Bruxelles ou vers Strasbourg, avec un seul but tenace, faire rentrer au Parlement la voix de tous ces Français, les faire entendre, leur rendre une place, leur place, rendre enfin aux Français leur voix. Chers amis, la France est triste. C'est peut-être le plus grave encore pour la France, être triste. Qu'elle soit colère et batailleuse, qu'elle soit inquiète et toujours trop pessimiste, peut-être. C'est une vieille habitude pour nous, mais la tristesse, pas ça. Et pourtant, nous en sommes là. Et c'est de là qu'il faut partir.
Pas des partis, de la politique, des sondages, des petites phrases. C'est de cette France qui ne s'en sort plus. Et qu'il faut sortir de là. Je repense au cultivateur de l'Oise, chère Anne, qui nous accueillait dans sa ferme il y a quelques semaines. La soixantaine solide. Ce cultivateur à qui un sanglot est venu dans la voix quand il nous a demandé ce qu'il pourrait bien transmettre demain. A ces mères de Mayotte qui me racontaient le paradis perdu où elles avaient grandi et où elles auraient voulu pouvoir élever leurs enfants. A ce maire des Yvelines avec qui nous avons marché sans un mot, un matin d'été, dans les décombres d'une école communale incendiée la veille par les émeutiers.
J'ai tant de visages à l'esprit aujourd'hui. Ceux de cette France, courage, qui ne plie pas, qui ne la ramène pas, et c'est peut-être d'ailleurs son seul, son grand tort, ne pas tout casser quand elle n'est pas d'accord. Parce qu'elle ne veut pas casser. Elle répare. Elle construit. Elle transmet. Elle entretient. Elle tient. Elle tient malgré tout la France. À bout de bras, plutôt que de baisser les bras. Cette France qui tient debout, qui tient droit, qui travaille sans claironner, qui élève du mieux qu'elle peut, qui fait les devoirs, qui fait son devoir, qui rend service, qui dépanne quand il faut, qui s'occupe des petits-enfants, qui veille sur les vieux-parents.
Cette France qui ne compte pas ses heures. J'ai tant d'histoire à l'esprit, tellement de confidence et tellement d'espoir aussi. Tellement d'espoir parce que, mes chers amis, je ne suis pas venu vous parler des difficultés, vous les connaissez comme moi. Non, je suis venu avec une bonne nouvelle. En 2017, après 5 ans de socialisme, ils ont promis que tout changerait. Et beaucoup de Français, tu le disais, cher Éric, beaucoup de Français y ont cru. Et que reste-t-il aujourd'hui ? Ils avaient promis... Vous avez déjà répondu à Céline. Ils avaient promis que l'économie serait tenue. Alors ça, oui, on allait voir. Le Mozart de la finance. Eh bien, on a vu, on a vu et on n'a pas été déçus.
Après 7 ans à l'Elysée, finalement 12 ans au pouvoir, tous les records sont battus. Avec des services publics fragilisés et un investissement au point mort, la France réussit à être championne du monde des impôts et en même temps championne d'Europe de la dette. C'est d'ailleurs le seul en même temps qu'on est vraiment senti passer. Et moi, je peux vous dire... Et moi, je peux vous dire que la performance de ce gouvernement à Bruxelles scotche tout le monde. Sur le plan des finances publiques, ils ont réussi à mettre d'accord les Allemands avec les Grecs. J'ai hâte de retrouver mes collègues la semaine prochaine, quand ils vont apprendre la dernière nouvelle.
Mercredi, notre président a rappelé tout le monde parce qu'il y a eu une petite erreur de calcul. Ils ont oublié 20 milliards dans le déficit de l'État l'an dernier. Bon, 20 milliards, une paille, n'est-ce pas ? Si vous, vous oubliez une virgule dans votre déclaration de revenus, préparez-vous au pire. Il n'y a qu'à lui-même, finalement, que ce gouvernement s'applique avec générosité son idée du droit à l'erreur. Hier, le président a expliqué que ce n'était pas grave ces 20 milliards d'euros. C'est juste, je le cite, l'accélération du ralentissement. Tout un programme. Naturellement, cette situation désastreuse scandalise M. Le Maire.
C'est un peu comme le héros d'un jour sans fin, vous savez. Il découvre la crise tous les matins en se réveillant. Et il se rappelle après coup, quelques heures plus tard, qu'il est ministre de l'économie depuis 7 ans. Et le lendemain, repelote. Entre-temps, l'autre jour, M. Le Maire, il en était tellement indigné qu'il a eu le temps de faire un nouveau livre, aussitôt paru. Et on espère tous qu'il en a envoyé un exemplaire à Bercy. Ils vivent leur meilleure vie, lui et les autres. M. Darmanin tweet tous les jours pour annoncer triomphalement 7 ou 8 expulsions, après avoir fait rentrer un million d'immigrés en France sur les deux dernières années.
Ils avaient promis d'exécuter 100% des OQTF, on est à moins de 7%. Mais bien sûr, on nous répète qu'ils viennent de la droite. Et ça devrait nous convaincre peut-être. À quoi ça sert de venir de la droite si c'est pour aller dans le mur et pour y emmener le pays ? Ils avaient promis le choc des savoirs à l'école. Mais Mme Belloubet aime trop le collège unique pour y toucher quoi que ce soit. Nous ne savons pas si Mme Oudea Casteret aurait fait mieux en restant un peu plus longtemps, mais nous savons qu'elle chante « Dja Dja » et ça c'est très important. Il avait promis le président que tous les services d'urgence seraient désengorgés. C'était pour quand déjà ? Oui, c'était pour cette année.
Mais maintenant, malgré le dévouement incroyable des soignants, des patients meurent sur des brancards dans les couloirs de nos urgences, faute de place, de temps, de moyens. Et la situation est si éprouvante pour ceux qui s'engagent en première ligne que dix ans après sa formation, une infirmière sur deux a déjà quitté l'hôpital. Dans la police et la gendarmerie aussi, les démissions ont augmenté de 30% en trois ans, comme parmi les professeurs qui sont désormais 40 000 à démissionner chaque année. 110 professeurs par jour qui quittent leur propre métier. Mais est-ce que c'est si grave pour notre gouvernement ?
Ils sont au pouvoir depuis sept ans maintenant, mais chez eux, manifestement, personne ne se sent jamais responsable de rien. Ils pourraient rester là 20 ans, qu'ils feraient encore la leçon sur les malheurs du pays. Tant qu'ils ont un nouveau concept à lancer, quelques éléments de langage qu'on enverra doctement de l'Elysée à Matignon vers trois arrondissements parisiens, le réarmement, la régénération, le rendez-vous avec la nation. Il ne reste plus que des mots, un flot ininterrompu de mots de plus en plus compliqué pour cacher tellement d'abandon. Vos problèmes ne sont pas leurs problèmes.
Le service public qui prend l'eau, les hôpitaux qui ne vous prennent plus, l'école à 4 ou 5 vitesses, l'insécurité qui grimpe, le logement trop petit, trop loin, trop cher, les trains qui n'arrivent plus, les gens qui n'y arrivent plus, et au milieu de tout ça, se débattre entre des impôts qui explosent et des dépenses qui s'affolent. Mais eux, de quoi vous parlent-ils de Daladier et de Chamberlain, de Munich en 1938 ? Ils ne vous parlent que du RN parce qu'ils ne misent que sur lui. Leur seule raison d'être, c'est d'avoir face à eux ce parti qu'ils n'ont pas cessé de faire monter, ce parti qui est devenu leur miroir.
Et leur seule obsession, leur seule et unique obsession, c'est d'empêcher qu'en France, la droite relève la tête. Parce que cette droite, simplement, sereinement, clairement de droite, c'est la sensibilité, le caractère qui réunit aujourd'hui plus que jamais une grande majorité des Français. Que veulent les Français ? Retrouver la liberté, la liberté de parler, de penser, d'agir, d'entreprendre. Un État qui assume son rôle, seulement son rôle, mais tout son rôle. Des frontières qui nous protègent, une école qui transmette le savoir, des services publics qui tournent, des gouvernants qui nous respectent. Et pour le reste, on se débrouillera.
Bref, au désespoir de bien des commentateurs, chers amis, vous le savez comme moi, vous le voyez, vous l'entendez, les Français ne sont pas de gauche. Vous en connaissez beaucoup, vous, aujourd'hui, des Français qui voudraient plus d'impôts ?
Non.
Plus de dépenses publiques ?
Non.
Plus d'immigration ? Non. La réélection de François Hollande ? Non. Et voilà. Et le vrai clivage est là, pourtant. Et vous voyez bien que si seulement, si seulement on laissait les Français se saisir de la réalité des enjeux, on saurait bien vite où ils penchent. Ils seraient prêts à trancher. Mais tout est fait pour les en empêcher. Tout est fait pour remplacer la réalité par une pièce soigneusement mise en scène et qui arrange ces deux acteurs. À Paris, on va encore vous raconter que cette élection européenne, c'est la bataille des progressistes contre les populistes. C'est le cercle de la raison contre le camp des extrémistes. D'autres diront les patriotes contre les mondialistes.
Ça leur va bien à tous ces gens de bloquer la France dans ce vieux scénario usé jusqu'à la corde. Ils vous ont déjà fait le coup en 2017, en 2019, en 2022 et maintenant en 2024 encore. C'est toujours la même histoire. RN contre LREM, Macron contre Le Pen et maintenant la nouvelle version mise à jour, Attal contre Bardella. Mais moi, je reviens de Bruxelles et de Strasbourg. Et aujourd'hui, je voudrais vous raconter comment ça se passe là-bas. Au Parlement européen, le vrai clivage n'est pas là. Le vrai clivage, il oppose les deux grandes forces politiques qui structurent la plupart des grandes démocraties du monde. La droite et la gauche.
La droite au Parlement européen est un peu plus grande que la gauche. Mais la gauche a des alliés solides. L'extrême gauche, les verts et les députés macronistes. À Paris, ils vous font croire qu'ils font l'Europe, mais en Europe, ils servent surtout de force d'appoint aux socialistes. Dans un cri du cœur, d'ailleurs, Valérie Haillet l'a reconnue avec Fougue dès son entrée en campagne. La délégation macroniste a voté 90% comme les socialistes. Au point qu'elle propose maintenant aux candidats du PS de rejoindre sa liste. Chers électeurs de droite qui avaient cru au macronisme, c'est le moment de voir enfin ce qu'ils ont fait de vos voix.
Les élus Renaissance ont voté pour la décroissance agricole, l'interdiction des voitures thermiques, les nouvelles règles qui aggraveront la crise du logement. Ils ont voté pour les normes, les contraintes, la surveillance qui pèse sur tous ceux qui travaillent en Europe au nom de l'écologie. Mais ils ont voté ensuite pour les accords de libre-échange qui font venir des poulets du Chili, des légumes du Kenya et des tonnes de lait en poudre depuis la Nouvelle-Zélande. 20 000 kilomètres au compteur pour arriver jusque chez nous où est passée l'écologie.
En exportant à Bruxelles leurs habitudes compulsives, les macronistes ont voté pour que l'Europe crée de la dette et pour qu'elle lève des impôts sans même l'accord des Etats. Ils ont voté pour désarmer nos gouvernements, pour leur retirer leur véto sur des sujets stratégiques, pour concentrer toujours plus de pouvoir dans les mains de la Commission. Comme s'il fallait renier nos démocraties nationales pour prouver qu'on aime l'Europe. Quand je proposais que le nucléaire français puisse bénéficier d'un plan européen de 210 milliards d'euros, les macronistes votaient contre. Ils préfèrent mettre des éoliennes partout, dans nos paysages, sur nos côtes.
Quand nous exigions que la Commission finance des murs aux frontières extérieures de l'Europe, Mme Hayé disait que nous étions ignobles. Et le RN ? Et le RN, où était-il ? Ailleurs aussi ? Où étaient ces 23 élus quand nous menions tous ces combats ? Où était le RN quand nous défendions l'agence Frontex, attaquée par toute la gauche, et qu'ils avaient tant critiqué ? Quand je faisais interdire à la Commission de faire la publicité du hijab ? Quand il fallait dire en face au chancelier Scholz ce que nos propres gouvernants n'assument pas de lui rappeler ? Vivement le 9 juin, dit le RN, mais pourquoi n'avoir pas commencé plus tôt ?
Marine Le Pen veut faire rêver les Français en leur promotant une victoire, mais en réalité le RN a déjà gagné les élections européennes. Il les a gagnées en 2019, il les a gagnées en 2014. Qu'est-ce que ça a changé pour la France ? Non ! Qu'est-ce que ça a changé pour vous ? Non ! Ces élus n'auront pas en 10 ans déplacé une seule virgule dans un seul texte européen. En réalité, la victoire du RN ne sert que le statu quo, elle ne sert que le macronisme. Au Parlement européen, les uns font la politique de la gauche pendant que les autres font la politique de la chaise vide. C'est le même système et c'est la même confusion.
Les uns promettaient d'être en même temps de droite et de gauche, les autres disent n'être ni de droite ni de gauche. Deux manières de créer de la contradiction partout, deux manières d'empêcher les Français de trouver enfin la majorité claire, simple, constante qui relèvera le pays. Pour ce qui est de nous, nous n'avons jamais varié. Nous sommes de droite, nous savons d'où nous venons, nous savons ce que nous voulons, nous croyons en la politique. Nous savons que les slogans, les coups de com' et les selfies n'ont jamais sauvé un pays ni un continent. Nous n'en pouvons plus de cette politique spectacle qui a tenté abîmer la France.
Ce qui nous oppose, c'est aussi une certaine idée de la politique en réalité. Pour nous, la politique est d'abord affaire de vision. Pour eux, elle est d'abord affaire de visibilité. Nous, nous voulons bien voir, eux veulent être bien vus. C'est la même confusion et c'est le même système. Chers amis, c'est le moment de partager ce que nous avons sur le cœur. J'enrage de voir que la vie publique est devenue cette succession de postures mises en scène pour les besoins du moment. Je me suis replongé l'autre jour dans le livre de Guy Debord, La société du spectacle. C'était en 1967 et il avait déjà tout vu.
Je le cite, toute la vie de cette société s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation. Et je ne m'y résigne pas. Nous ne nous résignerons pas. Si vous êtes là, chers amis, si je suis là, ce n'est pas pour jouer un rôle. La politique n'est pas le jeu qu'elle a fini par devenir. Le jeu de chaises musicales à chaque remaniement. Le jeu de petits chevaux pour élire le prochain président. Et finalement, ce jeu de dupe avec les Français qui en sortent toujours perdants. Vous êtes là parce que vous savez que la politique, c'est sérieux. Que ce n'est pas le grand cirque, le grand n'importe quoi.
Que la vie des gens s'y décide et le destin du pays. Nous sommes là parce que nous résistons. Parce que résiste en nous l'espoir d'une politique qui respecte les Français. Qui les prenne au sérieux. Qui prenne la France au sérieux. Une politique qui parle à l'intelligence. Qui parle au sens du bien commun. Qui parle aux aspirations qui comptent. Et pas seulement à des algorithmes sur les réseaux pour faire monter la tendance du moment. On me dit, vous savez, on me donne beaucoup de conseils au début de cette campagne. On me dit, tu devrais être moins sérieux. Le plus important, ce n'est pas de parler des sujets de fond. C'est d'aller à la salle de sport avec des gants de boxe.
C'est un photographe surtout. Et là, tu es sûr de percer. Mais percer, mes chers amis. C'est une ambition d'influenceur. Pas de responsable politique. Et moi, je voudrais dire aux Français. Et je voudrais dire, Guilhem, à tous les jeunes Français, chers jeunes. Vous voulez choisir votre destin. Ils sont là ce soir, les jeunes. Et moi, avec tous ceux qui sont là, je voudrais dire à tous les jeunes. Vous voulez décider par vous-même. Vous voulez choisir votre destin. Alors votez librement. Votez pour qui vous voudrez. Mais pour choisir en vérité. Pour décider vraiment. Regardez qui a fait quoi. La politique, ça se passe dans le monde réel. Pas sur TikTok et sur Insta.
On me dit, on s'en fout du bilan. Ça parle à personne, le bilan. Tu devrais plutôt raconter ta vie. Eh bien, non. On ne s'en fout pas du bilan. Nous croyons que la politique n'est pas seulement dans les paroles, mais dans le fait de tenir parole. D'obtenir des résultats. Que le cœur de la politique, chers amis, c'est d'abord de travailler sans chercher le repos. De faire, de bien faire, de tenir au travail bien fait. Et moi, je ne me résigne pas à ce que la France qui travaille et qui peine et qui sait la valeur et le prix du travail, confie ses colères légitimes à des élus qui ne travaillent pas. Quel est le sens ? Quel est le sens d'une élection ?
Sinon de mériter la confiance qui permettra d'agir demain. Et quand on a eu l'honneur et la fierté d'être choisis par des millions de Français pour servir, comment mériter de nouveau leur confiance ? Sinon par le travail accompli, les batailles patiemment menées, les haies franchies, les risques écartés, les gens soutenus, les principes défendus. On nous dit aussi que le projet, ça ne compte pas dans une campagne, ça ne sert à rien de faire des propositions, il vaut mieux parler de l'actualité. Eh bien non, nous ne sommes pas des commentateurs. Je crois qu'un projet, ça compte.
Et ce n'est pas tout à fait la même chose de voter pour un parti constant, clair, cohérent, qui tient sa ligne, ou de voter pour un parti qui change de ligne tous les six mois ou tous les ans. Et je crois que nous sommes les seuls dans ce débat à avoir été constants. En 2020, interrogée au Sénat, Valérie Hayé affirmait, je la cite, « Je suis favorable à une Europe fédérale, je vous le dis sans ambiguïté ». Curieusement, elle ne le dit plus aujourd'hui. En 2020 aussi, Marine Le Pen fêtait le Brexit et affirmait que l'urgence, avant toute autre mesure, c'était de sortir de l'Europe, de sortir de l'euro, de sortir de Schengen. Curieusement, elle dit le contraire aujourd'hui.
Ils n'ont même pas attendu d'être au pouvoir pour renier leurs promesses. Et on nous dit que nous ne sommes pas clairs, que nous n'avons pas de ligne. Mais qui tient sa ligne ici, sinon nous ? Qui, à part la droite française, prend les Français au sérieux ? Qui prend l'Europe au sérieux ? C'est fini maintenant. La culpabilisation, le mépris, la condescendance. Je vous connais, vous et moi. Nous ne sommes pas particulièrement des passionnés de la repentance. Dans sa longue histoire, la droite a écrit de très belles pages. Et elle a fait des erreurs. Voilà, c'est dit. Nous ne sommes pas là pour juger le passé. Et d'ailleurs, qui sommes-nous pour cela ? Nous sommes là pour écrire l'avenir.
Et nous n'allons pas ressasser éternellement les difficultés d'hier. Nous nous retoussons les manches. Nous formons la droite de demain. Vous êtes la relève qui vient. On me dit aussi... On me dit aussi, c'est trop compliqué, votre histoire. C'est trop difficile. Et puis, vous êtes au PPE, qui n'est pas toujours d'accord avec ce que vous défendez. Eh bien, nous sommes là où il faut. Là où il faut être au cœur de la droite européenne pour que la France y ait du poids. Nous n'y sommes pas pour la facilité, le confort, la simplicité des postures. Nous y sommes pour le combat. Parce que l'Europe, c'est un combat. Un combat pour se faire entendre. Un combat pour vous faire entendre.
L'Europe, ce sont des pays amis, mais qui, comme tous les amis, ne sont pas toujours d'accord sur tout. Qui ont des intérêts divergents parfois. Des agendas différents. Ces différences font l'Europe. Et il faut les assumer. Et nous assumons les nôtres. Nous sommes la France qui s'assume. Nous sommes la droite qui s'assume. La droite qui se donne les moyens de compter et de faire gagner le pays. Nous sommes là où il faut agir. Tous les jours. Sur la brèche. Sur la barricade parlementaire. C'est comme ça que ça se passe. Soyez fiers. Votre famille politique compte au sein de la première force politique en Europe. Ce sont vos élus. Et je vois ici tous nos collègues de la délégation.
Ce sont vos élus qui peuvent changer la donne. Ailleurs, on en trouve beaucoup pour critiquer. Mais on en trouve bien peu pour agir. Beaucoup dans tous les camps pour reprocher son bilan à madame von der Leyen. Mais nous sommes les seuls à avoir pris la tête d'une opposition à droite qui seule peut empêcher qu'elle soit reconduite demain. Si vous voulez que l'Europe continue comme les cinq dernières années, votez pour les commentateurs. Moi, je suis entré en politique. Pas pour faire semblant, mais pour faire. Mes chers amis, soyez fiers. Nous ne nous laisserons plus faire la morale par des gens qui n'en ont pas.
Nous ne recevrons plus de leçons d'union des droites par des gens qui n'ont fait que créer des divisions supplémentaires. Nous n'accepterons plus d'être accusés de reniement par des gens qui ont trahi leurs partis, leurs amis et leurs idées. Pour ma part, je n'ai pas changé. On peut être d'accord avec nous ou pas. Mais ce que je dis aujourd'hui, je le disais hier et je le dirai demain. Et c'est le cas aussi de tous les élus qui sont là, de tous ceux qui sont ici.
Les parlementaires courage, ces députés qui ont repris leur circonscription face à toutes les adversités, les sénateurs qui tiennent le terrain et qui connaissent leur département, les élus locaux, les maires, tous ceux qui sont ici aujourd'hui, tous ceux qui s'engagent avec nous. Ils auraient eu mille raisons de mettre leur drapeau dans leur poche, mille occasions d'aller voir ailleurs, mille opportunités de carrière pour se rallier à de meilleurs vents sondagiers. Ils sont restés à contre-vent et contre-courant. Ils savent pourquoi ils s'engagent.
Ces milliers d'élus qui tiennent le pays chaque jour, et nous sommes aujourd'hui de tout cœur avec eux, dans le travail qu'ils mènent et dans les combats qu'ils portent. Vous tous aussi, mes chers amis, vous tous qui êtes ici, vous aussi vous auriez pu partir ailleurs. Vous auriez pu suivre les gagnants de la Start-up Nation ? Ou bien ceux qui se croient déjà installés à l'Elysée ou Matignon ? Mais, mais, vous êtes toujours là. Vous vous souvenez peut-être de ce mot de Bernanos ? Tenez bon, tenez ferme, soyez fidèles. Il y a cinq ans, je vous citais cela. Et vous avez tenu bon.
Et je ne sais pas comment vous dire aujourd'hui la reconnaissance immense que j'éprouve pour votre confiance, votre soutien, votre fidélité, vos encouragements, nos échanges, nos conversations, le temps que vous avez donné, le temps que vous donnez déjà à cette campagne depuis des mois, et tout ce que vous ferez pour changer l'histoire dans les 80 jours qui viennent. Vous avez le courage de lutter pour défendre vos idées, pour refuser les compromis quand tant d'autres voudraient vous faire taire. Qu'en fleurit partout d'ailleurs la tentation de la censure.
Et je voudrais dire aujourd'hui combien je pense à Yvène, délégué national de l'Uni, menacé de mort ces jours-ci, dans sa propre faculté, pour avoir eu le tort de refuser la montée d'antisémitisme islamiste. C'est par votre fidélité que la politique retrouve son sens, sa clarté, sa cohérence, sa noblesse, celle des convictions assumées sereinement, de la conversation civique exigeante et respectueuse, celle de la constance sans laquelle aucune confiance n'est possible. Vous n'avez pas cédé au grand spectacle. Vous êtes là parce que vous croyez en la politique, parce que vous n'avez pas confondu la réalité avec la télé-réalité.
Nous croyons en la politique et nous voulons que la politique nous rende la maîtrise de notre destin. Nous voulons que l'Europe nous rende la maîtrise de notre destin. Comme tous les Français dont je vous ai parlé, tous ceux dont le travail et l'engagement font que le pays tient debout, nous ne voulons plus subir. Nous voulons décider à nouveau. Vous connaissez cette belle devise de Delattre de Tassigny, plus jeune général de France, quand survient la défaite de 40 ? Ne pas subir. Aujourd'hui, piégés par d'autres débâcles, nous avons le sentiment d'être condamnés à subir. Subir le dérèglement climatique, subir l'inflation, la fin du monde et la fin du mois.
Subir les flux migratoires, la déconstruction culturelle, la brutalisation de la société, le changement d'âme du vieux pays. Subir les turbulences géopolitiques d'un monde sur lequel nous ne semblons plus avoir de prise. Dans un tel moment, l'Europe est devenue elle-même quelque chose qu'il faut subir. Les normes, les pesanteurs, la complexité, le déni qu'elle n'a pas quitté, et l'idéologie qui souvent se sert d'elle comme d'un vecteur. Mais ce n'est pas une fatalité. Je vous le dis ici clairement. Le sens de cette élection n'est pas pour ou contre l'Europe. Il est temps de regarder les sujets en face d'une manière enfin adulte.
La vraie question, c'est de savoir ce que nous ferons de l'Europe. Une Europe de la liberté ou de la contrainte ? Une Europe de la prospérité retrouvée ou du décrochage économique ? Une Europe qui assume ses racines ou qui choisit de les nier ? Nous, nous savons ce que nous voulons. Nous sommes la droite. Nous aimons la liberté. Dans le cri de détresse des agriculteurs, nous entendons celui de tous ceux qui travaillent dur, qui ont le goût et le respect du travail bien fait, et qui veulent vivre de ce qu'ils font, vivre du salaire, de la dignité, de la noblesse de leur travail, et qui crie seulement une chose, laissez-nous travailler.
Chère Céline, chère Céline, je suis tellement heureux de mener cette campagne avec toi depuis plusieurs semaines déjà, et de cette complicité qui nous lie dans cet engagement commun. Ce cri de détresse, tu l'as partagé. C'est dans le tarn, chez toi, qu'a commencé de courir ce mot qui disait tout de notre époque, on marche sur la tête. C'est chez toi, avec les agriculteurs dont tu portais déjà la voix, qu'est née cette épidémie contagieuse de panneaux de communes retournés. Avec toi, Céline, j'en suis sûr, nous remettrons l'Europe à l'endroit.
Nous voulons rendre aux agriculteurs, nous voulons rendre aux agriculteurs, mais aussi aux pêcheurs, aux artisans, aux commerçants, au monde de l'entreprise que tu as longtemps sillonné, nous voulons rendre l'essentiel, la liberté. C'est d'abord par là, c'est par la liberté retrouvée que nous sortirons, que nous sortirons du déclin économique qui appauvrit nos pays. Nous vivons un double décrochage, chers amis, celui de l'Europe dans le monde, celui de la France en Europe. En 2023, l'économie américaine a cru 5 fois plus vite que celle de la zone euro.
Et les Français sont déjà aujourd'hui, dans le combat contre l'inflation, dans cette résistance quotidienne, à quel point nous sommes touchés par l'appauvrissement collectif. C'est pour cela que nous avons combattu ensemble, chère Anne, contre le projet de décroissance alimentaire que voulaient la gauche et les verts. C'est pour cela que nous avons défendu, pied à pied, notre industrie nucléaire et que nous avons obtenu de sortir enfin de cette folie qui imposait aux Français de payer leur électricité au prix du gaz.
C'est pour cela, chère Nathalie, c'est pour cela, chère Nathalie, que nous avons porté ensemble, avec toi, une stratégie européenne pour lutter contre les pénuries de médicaments et relocaliser la production dans l'industrie de la santé. Depuis des années, nous importions tout notre paracétamol de Chine ou d'Inde. L'année prochaine, en Isère, cher Laurent, dans ta région, toi qui as fait d'Auvergne-Rhône-Alpes un modèle absolu pour la réindustrialisation du pays, l'année prochaine ouvrira en Isère une première usine qui produira à elle seule la moitié du paracétamol dont toute l'Europe a besoin. Il n'y a pas de fatalité.
C'est pour sécuriser nos filières, c'est pour maîtriser les prix, c'est pour maîtriser notre destin que nous avons travaillé aussi, cher Geoffroy, à une législation digitale qui n'entrave pas l'innovation, la recherche et l'investissement. Et c'est pour cela que nous porterons au Parlement européen demain cette règle simple. Aucune loi ne doit plus être votée si elle a pour conséquence de faire baisser la production en Europe. Farm to fork. Farm to fork ou bien Green Deal. Depuis des années maintenant, nous demandons un moratoire législatif contre la gauche, les verts et les élus macronistes. La machine à faire des normes s'est emballée. Il faut l'arrêter enfin.
Il faut réglementer ceux qui produisent la réglementation, contrôler les contrôleurs, renverser la logique de la pression qui pèse aujourd'hui sur la France. Parce que nous le savons bien, chers amis, nous ne sauverons rien en cessant de produire en Europe. Nous sommes la droite et parfois on nous reproche d'être conservateurs. Et oui, c'est vrai, nous voulons transmettre ce que nous avons reçu, transmettre notre culture, mais transmettre aussi la nature. Nous savons l'urgence de ce combat. Nous savons l'urgence de préserver un monde qui reste vivable. nous ne voulons pas en faire moins. Nous voulons seulement faire enfin ce qu'il faut pour cela.
Nous l'avons répété sans cesse, chère Agnès, en commission de l'environnement, pour protéger l'environnement, l'urgence n'est pas de rendre la vie impossible à ceux qui travaillent chez nous. Tout ce que nous arrêtons de produire, nous acceptons de l'importer. Quand 100 000 fermes disparaissent en France en 10 ans, autant de produits étrangers qui ne respectent aucune de nos normes arrivent sur nos marchés, à quoi sert de fragiliser encore les producteurs européens qui respectent les règles les plus exigeantes au monde ?
Pendant ces dernières années, il aura fallu se battre pour sauver nos champs de lavande, nos boîtes de camembert, notre artisanat du vitrail et même, cher Brice, je le dis, avec l'humour que nous vous connaissons, se battre pour sauver les conducteurs de tracteurs en France, dans nos pays. C'est ça, les combats permanents que nous aurons menés ensemble avec toute la délégation. Pendant ce temps-là, la Cour des Comptes, qui est obsédée de tout, sauf sans doute des vrais problèmes, la Cour des Comptes condamne nos élevages bovins parce qu'ils émettent du carbone et Pascal Canfin rêve de les remplacer par de la viande de synthèse.
Mais sont-ils au courant, tous ces écologistes myopes, que pendant ce temps, la Chine ouvre deux centrales à charbon par semaine ? Le problème du climat, il est là et pas dans nos paisibles vaches. Et nous en sommes, et nous en sommes responsables parce qu'en important toujours plus 100 milliards d'euros de déficit commercial pour la France l'année dernière, en important toujours plus par ce record absolu de dépendance aux importations, nous offrons toujours plus de place à ces modèles de production qui abîment le plus la planète. Non pas faire moins donc, mais agir là où il le faut.
Utiliser le marché européen, le plus grand marché mondial, comme un levier pour la décarbonation des grands producteurs mondiaux. Nous avions promis ensemble, chère Annie, avec toute notre famille politique, en 2019, la barrière écologique. C'était notre premier engagement, nous l'avons fait. Avec Arnaud Donjean, en commission du commerce international, nous avons pour la première fois imposée à ceux qui importent chez nous de payer pour le carbone qu'ils émettent. Pousser le monde entier vers la sortie du charbon et rétablir une concurrence loyale pour ceux qui produisent chez nous, parole tenue. Il faudra seulement demander au RN pourquoi il ne l'a pas soutenu.
Maintenant, reste encore à compléter ce mécanisme et ce sera l'un des grands chantiers du mandat qui vient. Reconstruire nos frontières extérieures, donc, pour protéger nos marchés, mais pas seulement. parce que la liberté n'a rien à voir avec le laisser-faire et le laisser-passer. Nous sommes la droite et nous n'avons pas changé. Et je voudrais dire, cher Olivier, cher Bruno, auquel nous pensons aujourd'hui, ma reconnaissance profonde à vous tous, nos parlementaires qui êtes ici aujourd'hui, qui combattez pied à pied à l'Assemblée, au Sénat, à vous qui avez empêché, cher Éric, le gouvernement de faire adopter une loi de régularisation massive.
À vous, députés, sénateurs, qui portez notre voix et qui n'avez pas renoncé, malgré toute l'adversité, à redonner aux Français le pouvoir de décider de la politique migratoire. C'est à vous que nous devons le projet du référendum d'initiative populaire pour changer enfin de cap. Monsieur Attal, paraît-il, fait tout pour l'empêcher en coulisses, parce que ce pouvoir manifestement a peur de rendre la parole aux Français. Mais à force de ténacité, grâce à vous et votre engagement, nous finirons bien par vous faire entendre en Europe aussi, parce qu'en Europe aussi, l'essentiel reste à faire. Et parce que c'est possible, bien sûr. il n'y a pas de fatalité.
Nous avons réussi à éviter en Europe la relocalisation obligatoire des migrants, chère Nadine. Cette relocalisation qu'Emmanuel Macron pratique en France et qu'il voulait imposer à l'échelle européenne sa politique de peuplement, je le cite. Nous exigeons maintenant, avec tout le PPE, que les procédures d'asile aient lieu à l'extérieur de nos frontières. Nous obtiendrons ensemble, nous obtiendrons ensemble, Nadine, nous en avons tant parlé, une directive solide pour accélérer les retours des immigrés illégaux. Nous conditionnerons enfin toute aide financière et tout visa européen à la coopération migratoire des pays de départ.
Nous rendrons à Frontex un mandat clair, celui d'une agence de garde-côte et de garde-frontière. Et la gauche et les macronistes qui refusent de construire des murs iront expliquer aux Français qu'ils renoncent à lutter contre l'immigration illégale. Qu'ils renoncent à lutter aussi contre l'explosion du trafic de drogue qui sème la mort et la violence partout, de Fort-de-France à Marseille. Qu'ils renoncent à lutter contre le terrorisme islamiste dont la menace n'a jamais cessé. Et nous pensons aujourd'hui, bien sûr, à toutes les victimes du terrible attentat de Moscou. Nous vivons dans un monde dangereux. Nous vivons dans un monde dangereux. L'époque n'est pas à la lâcheté.
Depuis 2019, l'histoire s'est accélérée. La guerre est de retour en Europe et partout autour de nous. Et nous avons tant de travail, tant de travail à faire pour nous donner les moyens de ne pas subir les grands chocs du temps qui vient pour décider de notre avenir. Et face aux menaces auxquelles nos pays sont confrontés, ce sera une chance unique de pouvoir compter sur toi, mon général, cher Christophe. Après avoir été parachuté sur tant de théâtres d'opération, tu t'apprêtes à vivre un saut un peu différent. Avec quelques années de recul, je peux te témoigner qu'il n'est pas toujours sans vertige, sans danger, sans doute, qu'il connaît aussi ces moments d'inquiétude parfois.
Après tout, nous savons que nous ne nous engageons pas ensemble par ciel clair et calme plat. Mais c'est parce que vient la tempête que nous avons de la chance, que la France a de la chance de pouvoir compter sur toi pour combattre demain au Parlement européen. Avec la certitude de cette devise, d'une unité que tu as bien connue, avec cette certitude au cœur, qui ose, gagne. C'est parce que nous tenons à la liberté que nous n'aurons jamais d'ambiguïté sur nos alliés et nos adversaires.
Pour soutenir le peuple ukrainien qui résiste à l'attaque lancée par Vladimir Poutine et le défendre, non par des mises en scène inutiles ou de fausses promesses dangereuses, mais avec des matériels, de l'équipement, des munitions, l'Ukraine ne demande pas des spéculations inquiétantes sur le meilleur moyen de lancer une Troisième Guerre mondiale. Elle veut empêcher cela en faisant face à l'agression. Elle veut de la poudre et des balles. Et pour cela, depuis le premier jour, nous n'avons cessé de le dire, il faut d'abord produire et remobiliser notre industrie de défense.
Et parce qu'au fond, c'est le même combat, c'est le même combat, le même devoir, le même enjeu, l'Europe doit se réveiller pour soutenir ceux qui sont attaqués à ces portes au nom de ce qu'ils partagent avec nous. Je pense aux victimes du pogrom islamiste du 7 octobre. Je pense à tous ceux qui sont menacés jusque dans nos pays simplement parce qu'ils sont juifs. Je pense aux populations civiles que le ramasse à jeter délibérément dans l'horreur. Je repense aussi à cette nuit de Pâques que j'ai passée en Arménie au lendemain de la guerre sanglante qu'avait subie l'Artsar, cher Xavier, dans le silence de l'Europe.
Je pense à cette nuit de Noël partagée en Irak avec les chrétiens qui revenaient dans leurs églises après la longue nuit de Daesh. Je pense à nos amis du Liban pris au piège tendu par les islamistes. que tous les pays européens devraient combattre d'un seul front et la France d'abord au premier rang parce que c'est son devoir et c'est sa responsabilité. Mes chers amis, c'est le même combat, c'est la même cause parce que c'est la même civilisation. C'est au nom de ce qu'est l'Europe, au nom de ce qu'elle a été, de ce qu'elle peut être encore demain, de ce qu'elle sera encore par vous que nous nous engageons aujourd'hui.
Au nom du vieux continent, fatigué, inquiet, qui s'est oublié lui-même au point que d'obscurs fonctionnaires voudraient maintenant interdire de souhaiter joyeux Noël dans les couloirs de Bruxelles. Mais c'est au nom de ce vieux continent qui sait encore faire naître le meilleur et le plus grand. Chers amis, nous sommes le 23 mars. Il y a six ans aujourd'hui, un homme donnait sa vie. Un gros soldat. Un grand Français. Un grand d'Europe. Face à un terroriste islamiste qui avait pris une otage, il s'était offert en échange. non pour mourir, mais pour combattre. Non pour mourir, mais dans tous les cas pour sauver. Il avait, il avait, il avait ce grand soldat.
Engager sa vie, toute sa vie, sur cet échange, pour sauver dans tous les cas. Cet échange qui pourrait sembler absurde pour les calculs du big data. Une vie contre une vie, mais ce don total. C'est la France qui vivait en lui. C'est l'Europe. C'est tout l'héritage de cette vieille civilisation qui a décidé de ne pas mourir. Et c'est toute sa jeunesse aussi. Il avait décidé de ne pas subir, de ne plus subir, d'agir. Et s'il semble avoir tout perdu, en fait, il a tout gagné. Parce qu'il a tout donné. Le terroriste voulait tuer, et l'officier voulait sauver. Et il y est parvenu.
Tant que la France, tant que l'Europe, tant que ce vieux pays et cette vieille civilisation susciteront des Arnaud Beltrame, rien ne sera jamais perdu. Chers amis, chers amis, à la fin, à la fin de son livre, Le métier et la vocation de la politique, c'est le titre de cette rencontre, parce que c'était une rencontre, à la fin de ce livre étonnant, Max Weber écrit, et ce sont ses dernières lignes. Vous pouvez croire, Max Weber, il est précis et rigoureux. C'est un sociologue allemand. Max Weber écrit, et nous devons tous ici en être parfaitement convaincus, la politique est un effort énergique et tenace pour tarauder des planches de bois dures.
Il est parfaitement exact de dire, et toute l'expérience historique le confirme, que jamais dans le monde on n'aurait pu atteindre le possible si l'on ne s'était sans cesse et toujours attaqué à l'impossible. Mais celui qui est capable de faire cela doit être capable d'affronter la possibilité du naufrage de tous ses espoirs. Celui la seule qui est convaincu que le monde, regardé de son point de vue, sera peut-être trop petit pour recevoir ce qu'il voudrait lui offrir, et qui reste néanmoins capable de dire quand même celui-là seul a la vocation de la politique. Chers amis, si vous êtes ici, c'est parce que vous savez qu'il n'y a pas de combat qui soit beau s'il n'est pas aussi difficile.
C'est parce que vous savez que tout ce qui a de la valeur a du prix. C'est parce que vous choisissez aujourd'hui, parce que vous avez déjà choisi de ne pas suivre les courants dominants, de ne pas obéir au mode du moment, parce que vous croyez en la politique, parce que vous croyez en la droite, parce que vous croyez en la France, parce que vous croyez en l'Europe. Vous êtes là. Vous êtes là. Vous êtes là. Et vous non plus, vous ne voulez plus subir. Alors j'ai besoin de vous. Avec Eric, avec Céline, avec Christophe, avec tous nos collègues, nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de votre énergie. Il nous reste moins de deux mois. Moins de deux mois pour changer l'histoire.
La France est triste. Soyez sa joie, son enthousiasme, sa fougue. La France est inquiète. Soyez l'espoir. Soyez sa sagesse. Et soyez sa folie aussi. Vous n'êtes pas, vous n'êtes pas minoritaires. Vous êtes seulement en avance. Si chacun d'entre vous, ici, explique, convainc, entraîne, nous pouvons rallier ensemble les milliers de voix qui feront la différence pour maîtriser notre destin et pour que vive, revive l'Europe et pour que vive et revive la France.
François-Xavier Bellamy