Élections 2022 - Entretien avec Mme Anne Hidalgo
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Allez à nouveau, applaudissez. Madame la maire de Paris, chère Anne Hidalgo, candidate du Parti Socialiste, Mesdames, Messieurs, d'abord je vous invite à prendre place, et chers camarades de Sciences Po Paris, nous sommes très heureux de vous retrouver ce soir dans cet amphithéâtre historique au cœur de Sciences Po qui porte le nom du père fondateur de notre institut, Émile Boutemy, celui qui a été pendant 34 ans notre cher directeur et qui a su garantir l'autonomie des sciences politiques au sein de cette institution. Boutemy voulait former des femmes et des hommes conscients de leurs responsabilités et prêts à s'engager au sein du service de leur pays.
C'est pourquoi nous sommes là, a priori. Ce soir, en pleine campagne électorale, faisons donc honneur à cet homme qui s'appuyait sur l'histoire au lieu de la déconstruire, qui encourageait le débat des idées pour construire le tout dans le respect de l'autre puisque ce sont pour nous les valeurs qui sont les piliers de cette conférence, madame Annie Dago. Il y a deux ans, jour pour jour, le 15 mars 2020, se tenait, si vous vous en souvenez, le premier tour des élections municipales lors duquel vous étiez arrivé en première position avant d'être élu pour un second mandat pour la capitale face à Rachida Dati.
Outre ce grand succès, cette élection, censée être la préférée des Français, avait été boudée par près de 58% des Français au second tour. Du jamais vu. Si vous êtes ici présente ce soir, madame la maire et candidate à l'élection présidentielle, c'est aussi parce que nous estimons qu'il faut lutter contre cette abstention massive qui s'installe dans notre pays et le détachement progressif de nos concitoyens de la politique.
Vous l'aurez donc compris, ce soir, en votre présence, mais aussi celle du Parlement des étudiants, la Conférence au Livin, Sciences Po TV, Radio Germaine, La Péniche et Sciences Photo, vous êtes notre 16e candidate invité pour la nomination de votre parti ou pour l'élection présidentielle et c'est un plaisir pour nous d'être avec vous. Merci.
Merci.
Et vous, cher public, vous allez pouvoir échanger avec la candidate à la fin de la conférence pour ensuite pouvoir choisir parmi les différentes offres politiques le moment venu. La semaine prochaine, nous aurons également le plaisir de recevoir M. Nicolas Dupont-Aignan. Donc, alors que nous arrivons bientôt à la fin de notre cycle, je tiens à rappeler les candidats qui ont décliné nos invitations. Il s'agit de M. Éric Zemmour et Mme Marine Le Pen, sans surprise, qui ont refusé nos invitations suite au dernier incident dans les établissements de l'enseignement supérieur. En ce qui concerne le président, plutôt M.
le candidat, Emmanuel Macron, il a été invité ici dans l'arène des idées et des étudiants à Sciences Po. S'il a le temps de venir, c'est avec plaisir que nous l'accueillerons. Maintenant, en ce qui concerne la rencontre de ce soir, elle durera jusqu'à 21h10 et se déroulera en direct pour les nombreux étudiants qui n'avaient pas le courage de venir. Tout d'abord, ma camarade de Sciences Po TV va tenter de dresser au mieux votre portrait. Qui êtes-vous vraiment, Mme Anne Hidalgo ? Ensuite, les associations étudiantes vont se succéder tour à tour pour vous poser des questions, notamment avec le Parlement des étudiants d'abord.
Ensuite, la conférence au Livin et enfin Sciences Po TV avec l'interview politique. Et enfin, nous consacrerons les 20 dernières minutes aux questions du public avant de laisser la parole pour une mise en perspective à Sciences Po avec Olivier Rosenberg et Xavier Rigaud avant de clôturer avec le mot de fin. Chère Anne Hidalgo, c'est très long, mais chers camarades, bonne conférence et encore une fois, merci Mme la candidate d'être avec nous. Merci à vous.
Désolée pour l'arrivée de dernière minute, c'est le métro. Non, non, je vous en prie. Tant que ce n'est pas la circulation, ça va.
Bonsoir Anne Hidalgo. Bonsoir. Merci d'avoir pris le temps de venir échanger avec nous ce soir dans cet amphithéâtre Emile Woutmy. Je suis très heureuse de faire ce portrait avec Emma Challa, membre de Sciences Po TV et journaliste. Et moi, très heureuse de le réaliser en duo avec Manon de Cabarus, présidente de Sciences Po TV, troubadour à temps partiel, également journaliste. Bonsoir Mme Hidalgo. De votre nom complet, Anna Maria Hidalgo Alehou, vous êtes née en Espagne à San Fernando le 19 juin 1959. Et par le passé, vous avez aimé qualifier votre parcours de chemin de combattante. Un chemin que vous avez entamé tôt, d'abord car vous êtes une femme.
Et ça, de nos expériences personnelles, c'est pas facile tous les jours. Parce que vous êtes née dans un milieu populaire, d'un père ouvrier et d'une mère couturière, qu'à l'âge de deux ans, vous avez quitté votre Espagne natale pour vous installer au pied du plateau de la Duchère à Lyon. Et dans ce quartier de Vez, vivant dans un HLM, vous confiez avoir vécu une enfance heureuse. Après l'obtention d'une maîtrise en sciences sociales du travail, vous êtes l'une des rares candidates à être reçue au concours national de l'inspection du travail en 1982. Alors, on fait tous des choix bizarres dans la vie, mais pourquoi l'inspection du travail ? Je vous raconterai.
Vous reléguez au second plan votre passion pour le dessin avec un rêve intégré les beaux-arts pour tracer une autre route, celle d'abord de l'inspection du travail, donc de 1984 à 2011, puis en parallèle la route du politique. Et sur ce point-là précis, vous me redonnez vraiment foi à l'humanité, parce qu'on peut ne pas faire les beaux-arts, faire de la politique à la place, et être une personne tout à fait honnête, ouverte d'esprit, bienveillante, et franchement, ça donne le sourire.
Merci.
Année 1994, vous vous encartez au Parti Socialiste, et en 1997, vous débutez cette seconde carrière auprès de Martine Aubry, alors ministre de l'Emploi et de la Solidarité. Une école de l'exigence, de la rigueur, de l'honnêteté et des valeurs, comme vous avez déjà pu le dire. Et là, il est assez limpide que vous ne parlez pas de Sciences Po. Une école de l'exigence, pour rentrer éventuellement, de la rigueur, de l'honnêteté, pas à moi, et puis des valeurs. Quand on voit le nombre de personnes qui rentrent en disant « Oui, moi, je vais faire des ONG au Népal » et qui sortent avec un diplôme de finances et stratégie.
Vous travaillez ensuite auprès de Nicole Péry, secrétaire d'État aux droits des femmes, et en 2001, vous êtes propulsé sur la liste municipale de Bertrand Delanoé, dans ce bastion de la droite qui était alors Paris. Après la victoire, l'inconnu du grand public que vous étiez est nommé première adjointe au maire, chargée de l'égalité femmes-hommes et du bureau des temps. Vous élargissez vos fonctions à la région en devenant conseillère régionale d'Île-de-France de 2004 à 2014. Cette année-là, votre candidature à la mairie de la capitale est une évidence, et remportant la bataille de l'hôtel de ville, vous devenez la première femme maire de Paris. Bah les tics, ok, ouais !
J'ai fait un Erasmus en Espagne. En 2020, quand vous vous représentez, on peut dire que vous ne faites pas l'unanimité. Ces six dernières années, les conducteurs de taxis et les automobilistes ont largement contesté vos mesures de piétonisation et de lutte contre la pollution automobile. Le hashtag « Saccage Paris » a circulé pour dénoncer le manque de propreté de certains quartiers de la ville lumière. L'endettement de Paris gonfle pour atteindre les 7 milliards en 2021. Mais malgré tout ça, vous y allez et être réélu à 48,5% des voix.
Bon, après, quand on regarde la physionomie de cette bataille municipale en particulier, c'est un subtil mélange entre Secret Story, Baron Noir, et tout le monde veut prendre sa place. Et puis on se dit que vraiment, tout est possible. Believ, il faut croire en nos rêves. Même si des rumeurs sur une possible candidature à la présidentielle commencent à circuler, vous promettez de vous consacrer à votre mandat local. Face à Quotidien en juin 2020, quand on vous interroge là-dessus, vous affirmez que, surtout pas, vous considérez qu'il y a un endroit où on peut agir aujourd'hui, c'est celui des villes. En ajoutant, vous pouvez archiver, vous verrez, je suis quelqu'un de très clair.
Vous pensiez vraiment que Quotidien allait laisser passer une occasion pareille ? Non, non, mais j'étais sincère.
Et visiblement, il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis, car en septembre 2021, vous officialisez votre candidature à la présidentielle 2022. Actuellement à 2% des intentions de vote selon le dernier sondage d'Ipsos du 10 mars 2022. Même si les sondages, ça vaut ce que ça vaut, en plus, ils sont de plus en plus automatisés et quand les machines remplacent les humains, ça ne va pas, quoi. Ayant fini à la 5e place sur 7 à la primaire populaire avec un programme jugé passable plus par les électeurs de gauche.
Merci, même si personne ne sait vraiment ce que ça veut dire, passable plus, à part peut-être les parents qui ont mis leurs enfants Gaston et Pimprenelle dans une école Montessori pour bénéficier d'une pédagogie alternative dans le 11e arrondissement, bien sûr, arrondissement qui, je vous le rappelle, est encore en deuil du retrait de candidature de Christiane Taubira. Vous affirmez pouvoir être la présidente de Paris comme de tous les recoins de France. Vous défendez un projet social-démocrate, républicain et écologique qui a été validé par le parrainage de 1440 élus locaux. En tout cas, nous, on est ravis de vous accueillir à Sciences Po ce soir.
Sachez que vous êtes ici, chez vous, que la section PS de Sciences Po est très active. Elle est entre les mains expertes d'Aurore Pajot et Hugo Longas qui ont presque réussi à me convaincre... Applaudissements ... ... ... qui ont presque réussi à me convaincre de voter pour vous. Après, je me suis rendu compte que je m'appelais Manon Thalien-De Cabarus et il y a un truc qui s'appelle l'instinct de survie qui s'est mis en route. Mais bref, j'espère que votre instinct de survie ne sera pas nécessaire ce soir. Nous laissons maintenant la place à ceux qui vont vous questionner. Il ne reste plus qu'à vous souhaiter Anne Hidalgo, une excellente soirée.
Merci pour ce portrait. Merci. Bonsoir. Bonsoir, Madame Hidalgo. Je m'appelle Théo et je laisse Marie vous poser la première question du Parlement des étudiants.
Bonjour, Madame Hidalgo. Bonjour. Celui qui n'accepte pas la rupture avec l'ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, ne peut pas vous être adhérent au Parti Socialiste. Ces mots sont ceux de François Mitterrand. Au-delà, il soutenait en 1972 le programme commun à un ensemble de réformes fortes qui avaient pour ambition, je le cite, de changer la vie des Français. Madame Hidalgo, ma question est donc simple et directe. Votre candidature, portée par le Parti Socialiste, est-elle toujours en mesure de changer la vie des gens ?
Ma réponse sera simple, oui. Oui, vraiment. Je vous le dis, et merci pour le portrait que vous avez dressé. Vous l'avez dit, je viens d'un milieu ouvrier, je suis née en Espagne, dans l'Espagne franquiste. Je sais très bien que ma vie n'aurait pas du tout été ce qu'elle est.
Je ne serais pas devant vous en train de vous parler comme candidate à l'élection présidentielle et maire de Paris s'il n'y avait pas eu, ici, dans ce pays qui m'a accueillie, dans cette République française, s'il n'y avait pas eu des femmes et des hommes de gauche qu'on a, évidemment, dont François Mitterrand a été un de ceux qui a porté le flambeau pour faire cette école gratuite, républicaine, pour faire aussi, donner cette possibilité à la fille d'ouvrier que j'étais d'arriver à l'université. À l'époque, on était 3% d'enfants d'ouvriers à l'université quand j'y suis rentrée. Et tout cela est lié à quoi ?
À cette gauche réformiste, républicaine, qui a cette égalité républicaine chevillée au corps et qui considère que, pour changer la vie, eh bien, des réformes, des réformes qui permettent, justement, de sortir des déterminismes sociaux, des réformes qui permettent de redonner de l'égalité, de l'espoir, de permettre à des jeunes filles, aussi, d'être considérées à l'égal des garçons dans leur choix, dans leur choix de vie, dans leur choix professionnel, y compris dans leur envie de s'engager politiquement, tout cela, je vous le dis, est porté par des femmes et des hommes qui m'ont précédé, qui sont ces élus, ces leaders de cette gauche républicaine, européenne, laïque, sociale, qui est celle qui a permis les grandes transformations.
Un mot pour vous dire que, bien sûr, souvent, lorsque la gauche accède au pouvoir, et c'est toujours après des crises, c'est toujours après des moments extrêmement difficiles qu'elle arrive au pouvoir à la gauche, elle déçoit, parce que l'idéal qu'on met dans les réformes, dans les transformations, est tel que souvent, on déçoit. Mais moi, je me souviens toujours des paroles de mon père, ouvrier, qui était syndicaliste aussi, qui me disait, tu sais, ce qui a vraiment changé la condition ouvrière dans ce pays, ce sont justement ces réformes. Les 35 heures, avant les 35 heures, les 39 heures, les droits syndicaux.
Au passage, j'ai fait aussi un DEA à Nanterre, de droit social et syndical, tout en étant inspectrice du travail. Donc, ces droits sociaux, ces grandes avancées, ont permis de changer la vie. On peut regarder, parfois, avec distance, en disant, tout ça, ce sont des mots, mais finalement, des propos plus radicaux, plus révolutionnaires, c'est ce qu'il nous faut.
Non, il y a une différence entre une gauche qui est dans, souvent, la protestation, qui est utile, je ne dis pas qu'elle n'est pas utile, mais la gauche qui transforme, c'est cette gauche réformiste à laquelle j'appartiens et j'ai l'honneur, aujourd'hui, même si c'est dans des circonstances extrêmement difficiles par rapport à ce que l'on a connu, les grandes années du Parti socialiste et de cette force de gauche, eh bien, j'ai l'honneur de porter aujourd'hui le flambeau de cette gauche qui se bat, qui est là, qu'on essaye d'écarter, mais sans laquelle la République française ne serait pas ce qu'elle est, sans laquelle notre pays ne serait pas ce qu'il est.
Les grandes avancées démocratiques, les grandes avancées sociales et sociétales, elles ont toujours été portées par la gauche réformiste. Et cette gauche-là, je l'incarne, y compris dans ses difficultés du moment, mais je sais que nous surmonterons ces difficultés, cette élection présidentielle et nous renaîtrons, nous reconstruirons justement cet idéal. Quand j'avais votre âge, la gauche n'était pas encore au pouvoir en France. J'avais 20 ans quand la gauche a conquis le pouvoir en France. Et j'ai grandi dans une France qui avait toujours été gouvernée par la droite et dont on nous disait le seul horizon possible, c'est la droite.
J'ai vécu cette période-là, j'ai vécu ce moment-là où on se disait jamais ce ne sera possible. Et puis la gauche est arrivée au pouvoir. Et tout d'un coup, il y a eu un souffle nouveau. Il y a eu des libertés. Les libertés sur les radios libres, des libertés sur la dépénalisation de l'homosexualité, des libertés des droits nouveaux pour les travailleurs dans les entreprises. Et ça a été un moment de respiration, de créativité, de renouveau. Créativité aussi dans le domaine culturel, artistique. Et chacun se souvient, bien sûr, de tout ce que Jack Lang a pu porter et faire vivre, d'ailleurs, dans notre pays. Cette décentralisation culturelle qui a été possible.
Tout cela a été possible à ce moment-là. Après, évidemment, des alternances, ce qui est très bien, des alternances, parce que s'installer au pouvoir sans être challengé par des contre-pouvoirs, c'est très mauvais pour la démocratie. Mais ces alternances ont montré quoi ? Que chaque fois qu'il y avait des avancées, c'était la gauche, celle que j'incarne aujourd'hui, qui les portait. Et donc, avec fierté, je suis là aujourd'hui pour reprendre ce flambeau.
Et j'espère, j'espère que beaucoup de nos concitoyens dans ce débat qui n'a pas vraiment lieu, dans cette élection qui est très étrange, qui n'est pas une élection comme les autres, avec un président sortant qui voudrait enjamber cette élection. J'espère néanmoins que des initiatives comme celles que vous prenez ici ou comme un certain nombre de présentations de nos candidatures, comme hier soir sur TF1, permettront d'éclairer nos concitoyens, jeunes et moins jeunes, sur ce qui les attend, ce qu'ils souhaitent vraiment, parce qu'en fait, le pouvoir, c'est vous qui l'avez, personne d'autre. Alors, vous dites avoir l'ambition de rompre avec les dogmes libéraux et l'austérité.
Considérez-vous être dans la continuité de François Hollande ou dans une ligne plus radicale ? Je suis dans la continuité de cette gauche qui apprend aussi des moments de l'histoire. Vous savez, après 2008, la crise financière, il y a eu vraiment une interrogation très forte partout en Europe sur est-ce que finalement l'État-providence avait toujours du sens, existait toujours ? Est-ce que les social-démocraties étaient toujours présentes puisque la crise de 2008 avait eu pour conséquence quand même de mettre à bas beaucoup de systèmes de protection sociale ?
L'austérité qui a été prônée à ce moment-là a aussi touché directement des pays européens qui étaient dirigés par des gouvernements sociodémocrates ? Je pense notamment à l'Espagne. En 2008, Zapatero est plongée dans cette crise et accepte les règles qui lui sont imposées par Bruxelles, des règles d'austérité et s'ensuit une crise dans tous les pays et dans tous les mouvements sociodémocrates au niveau européen. En France, ça ne se passe pas exactement de la même façon puisque, en fait, c'est Nicolas Sarkozy qui gouverne le pays à ce moment-là et en fait, c'est en 2012 l'arrivée de la gauche et de François Hollande qui est finalement une réponse à cette crise-là.
Mais dans d'autres pays, ce sont les social-démocraties qui s'effondrent. Et dans d'autres pays, je pense aux pays du Nord mais aussi à l'Espagne, s'engage un travail, un travail chez les sociodémocrates et les partis socialistes qui consiste à revisiter, non pas le logiciel socialiste et de gauche, mais revisiter est-ce qu'on est utile, à qui on est utile, est-ce qu'on a été au rendez-vous notamment pour protéger les classes moyennes et les catégories populaires et la réponse a été plutôt non et plutôt de se repositionner par rapport à ces catégories qui ont besoin de nous, la gauche. Est-ce que je suis dans la continuité de François Hollande ? Les temps ne sont plus les mêmes.
Les temps ne sont plus du tout des mêmes et d'ailleurs le bilan que l'on doit dresser aujourd'hui n'est pas tant celui du quinquennat Hollande que celui du quinquennat Macron. Les temps ne sont plus les mêmes mais en effet, aujourd'hui, je considère et je ne suis pas la seule et beaucoup de sociodémocrates, leaders aujourd'hui en Europe le disent aussi, il faut rompre avec le pacte de stabilité tel qu'il a été conçu, il faut rompre avec ces règles d'austérité qui en fait ont plongé aussi beaucoup de pays dans l'instabilité parce que quand il y a des inégalités et quand il y a de l'instabilité sociale, eh bien, qu'est-ce qui se passe ? On doute aussi de nos démocraties.
Il y a un très bon rapport de l'OCDE, je ne sais pas si vous l'avez lu en 2019, qui fait une étude dans tous les pays industrialisés sur la montée des inégalités, le décrochage des classes moyennes et le corollaire de cela, à savoir la montée des populismes partout dans le monde. Donc, ces éléments-là font partie aujourd'hui de l'analyse que je porte sur la société et des solutions que je veux apporter.
Je considère qu'il faut absolument lutter contre une première urgence, une urgence sociale qui est celle de la montée des inégalités et qu'il faut absolument remettre de la capacité pour nos concitoyens de pouvoir vivre dignement de leur travail, que les salaires payent, que les services publics existent, que l'école soit sacralisée, que l'hôpital soit aussi sacralisé, ces deux grands services publics, qu'il y ait d'ailleurs la deuxième grande urgence, l'urgence écologique, qu'il y ait bien sûr un engagement très fort d'investissement, qu'on ne considère pas cet investissement comme une dette que nous creuserions, mais au contraire comme une dette écologique que nous sommes en train de résorber, que nous devons résorber vis-à-vis des générations futures.
Cela veut dire, et je prône depuis longtemps d'ailleurs, dès le moment du quinquennat Hollande, j'avais fait ce type de proposition, que par exemple, tous les investissements consacrés à l'avenir, à la transition écologique, à l'école, à la culture, soient écartés du calcul, notamment des déficits publics et soient considérés comme des investissements et pas comme des dépenses à contrôler et à contenir si on avait en seule ligne de mire la question des déficits publics. Et le troisième élément, la troisième urgence à laquelle il nous faut répondre, c'est cette urgence démocratique.
Vous l'avez dit tout à l'heure dans la présentation, notamment le fait qu'aujourd'hui, nos concitoyens se détournent de leurs institutions, de la démocratie parce qu'ils n'ont plus confiance, parce qu'ils pensent qu'il n'y a plus grand-chose à régler en passant par le droit et par les institutions et l'exercice démocratique et qui vont, pour un certain nombre d'entre eux, vers des expressions, y compris de violences, qui ne peuvent pas être une issue et un horizon pour nos sociétés. Donc, est-ce que c'est une continuité ? A vrai dire, je ne me pose même pas la question.
Nous sommes à un autre moment, à un autre moment qui nécessite une vision, une vision claire sur la transition écologique que nous devons engager de façon très déterminée, qui suppose des investissements massifs, mais vraiment des investissements massifs, publics et privés, publics pour orienter aussi les investissements privés, et nous devons aussi agir de façon extrêmement déterminée en consolidant les grands services publics qui sont des stabilisateurs de nos sociétés, je pense pour l'essentiel à l'éducation et à la santé, pour permettre d'avoir une cohésion, un équilibre de vie, une égalité et une prospérité qui ne soient pas celles de quelques-uns au détriment de tous les autres.
Et donc, pour cela, oui, il faut aller vers, par exemple, au niveau européen, un pacte de prospérité et un pacte social qui doit intégrer, notamment, la question de la transition écologique, ce qui veut dire rompre avec les critères qui ont gouverné jusqu'à présent mais qui ne sont plus du tout appliquées aujourd'hui en Europe les principes européens. Je crois que, d'ailleurs, tout le monde en Europe en est sorti, même s'il reste des pays, les frugaux, y compris des sociodémocrates qui sont parmi les frugaux et qui continuent à considérer qu'il faut tout de même avoir une attention particulière à la dette financière et pas simplement à la dette écologique.
En tant qu'électeur, nous sommes confrontés tous les jours à ce que certains appellent « dictature des sondages ». Dans un climat anxiogène de montée des extrêmes et d'éclatement de la gauche, comment ne pas céder au vote utile que les sondages nous suggèrent ?
Eh bien, déjà, en ne cédant pas à la dictature et à la dictature des sondages. Et vous êtes bien placés pour savoir ce que ça veut dire parce que vous voyez très bien ce qui se passe depuis, d'ailleurs, le mois de septembre-octobre quand démarre cette campagne présidentielle. Campagne présidentielle, ça démarre toujours six mois avant le mois de janvier ou quelques mois avant le mois de janvier. On a la mise en place des candidats, des équipes, l'élaboration des programmes, le tour de France que font les uns et les autres pour aller à la rencontre de nos concitoyens. Et cette fois-ci, qu'est-ce qui s'est passé ?
Parce qu'il y avait le Covid, parce que c'était une campagne un peu particulière, parce qu'on ne pouvait pas forcément faire des meetings et des grands rassemblements. Une partie de cette campagne dans les premiers mois s'est déroulée où ? Sur les chaînes d'info qui ont trouvé cette occasion extraordinaire avec des sondages qui sont des sondages en ligne sur des plateformes. J'imagine que les uns et les autres, vous êtes allés voir comment on répond à ces choses-là et que vous avez vu les uns et les autres, comment on peut accorder peu de crédibilité à la façon dont ces sondages sont faits.
Mais pour autant, parce qu'il y a un intérêt économique à avoir ce système low cost qui évite aussi aux commentateurs, aux journalistes d'avoir à s'intéresser au programme pour ne commenter que la course des petits chevaux, de finalement présenter la politique comme un spectacle ou comme cette course de petits chevaux dans laquelle, pas la peine de s'intéresser au programme, au projet, à la vision que l'on peut porter dans la société. Il suffirait de faire le commentaire facile, ça évite beaucoup de travail, le commentaire facile soir après soir de cette course de petits chevaux. Et à la fin, ça donne quoi ?
Ça donne en fait une élection qui ne se fait pas du tout de façon respectueuse ni vis-à-vis des formations politiques qui présentent des candidats, ni vis-à-vis des candidats qui investissent et qui sont là pour présenter leurs propositions et toutes les propositions sont respectables, ni vis-à-vis, bien sûr, de nos concitoyens qui ne pourront pas être éclairés par les propositions puisqu'elles n'auront pas lieu. Donc, les sondages, méfiez-vous-en parce que vous êtes des esprits libres, vous prenez cela, méfiez-vous-en et puis surtout, le jour où vous serez en responsabilité, faites changer ça dans un état d'esprit qui soit beaucoup plus respectueux de la démocratie. Merci beaucoup.
Alors, dans votre programme, il y a une forte ambition autour de la construction européenne, notamment autour de la renégociation des traités. Ils vous disent d'arrêter. Je suis désolée. Merci à vous. Merci. J'essaierai d'être plus courte. Mais enfin, la minute, là, c'est toujours un peu difficile quand même de tenir en une minute sur des sujets comme ça.
Alors, nous avons 20 minutes. D'abord, bonsoir, madame Hidalgo, dans un premier temps, je vais vous poser des questions sur les sujets diplomatiques et numériques, puis Marie poursuivra sur les questions d'éducation. Concernant l'Europe du numérique et la question de la régulation des GAFAM, un des axes de votre programme, c'est l'Europe comme instrument de notre souveraineté. Alors, j'aurais pu vous parler d'Europe de la défense, un sujet d'actualité plus que jamais, mais je préfère vous parler d'Europe du numérique. Comment concrètement peut-on assurer la souveraineté de nos données personnelles, de nos installations numériques et de nos systèmes d'information ?
Parce que votre programme fait la part belle aux initiatives européennes et à l'effort diplomatique en matière de droit du travail, en matière dans le domaine social et écologique, mais quid sur les sujets numériques ?
Eh bien, il faut la même détermination sur les sujets numériques que celle de l'Europe de la défense ou celle de l'Europe sociale que nous devons construire. D'abord, parce que nous avons affaire à des grandes entreprises, des multinationales qui ne sont pas localisées localisées ici chez nous et qui, par ailleurs, développent des modèles, des modèles de société, des modèles économiques, des modèles qui pillent aussi, en tous les cas, qui s'appuient sur nos données personnelles pour exercer leurs activités et opérer leurs profits.
Et d'ailleurs, d'une façon qui est quand même extrêmement préjudiciable aussi, pas simplement à l'économie, mais aussi à nos démocraties puisque ces modèles-là véhiculent aussi des formes, je pense à la culture, mais je pense à beaucoup d'autres sujets, des formes qui, parfois avec une intelligence artificielle qui est le fruit essentiellement d'hommes, tous, je dirais, de même origine, tous avec les mêmes aspirations, et les mêmes vies, c'est-à-dire très peu représentatives de la diversité des populations que nous avons en Europe et dans le monde. Donc, il y a un sujet éthique, il y a un sujet démocratique et il y a un sujet économique. Comment l'aborder ?
Je pense qu'il faut l'aborder aussi au sein des organisations internationales. Il faut le porter au niveau des organisations internationales, mais avec une voie qui doit être une voie forte et la plus unie possible de l'Europe parce que l'Europe pèsera si elle est unie et rassemblée.
Si elle est unie et forte sur le plan économique, je pense qu'on est aujourd'hui dans une situation nouvelle sur le plan politique au niveau européen parce que la pandémie Covid a montré qu'on pouvait agir différemment, qu'on pouvait se regrouper, décider de plans d'investissement, décider aussi de mettre de côté ces règles de stabilité pour se donner des perspectives et soutenir l'économie européenne parce que la crise ukrainienne montre aussi que l'Europe peut aller et ira, je le pense, vers cette Europe de la défense parce que c'est aujourd'hui indispensable pour nous de peser en tant qu'espace politique, notamment dans cette géopolitique mondiale entre les Etats-Unis, la Chine et un certain nombre de pays extrêmement agressifs comme la Russie.
et donc la prise de conscience européenne sur la nécessité d'avoir un ensemble européen qui s'appuie sur une économie forte et sur des valeurs, bien sûr, qui nous unissent et aussi sur une Europe de la défense doit pouvoir nous permettre de parler aussi d'une seule voix et plus fortement vis-à-vis notamment des GAFAM. Et moi, je crois beaucoup à la trajectoire du droit.
Je pense qu'il faut faire valoir ce que sont les droits, les droits applicables en Europe, les droits des citoyens européens, les droits des personnes européennes auxquelles on doit consacrer le droit à être propriétaire de leurs propres données personnelles qui ne peuvent pas être des éléments d'un marché ou d'une exploitation économique. Je crois beaucoup au chemin du droit européen parce que l'Europe est dotée de juridictions, d'instances permettant de faire valoir et de conforter ces droits notamment vis-à-vis de ces entreprises qui sont implantées pour l'essentiel aux Etats-Unis.
Je pense qu'il y a aussi des juridictions et en tous les cas être capable aussi de se battre dans les juridictions internationales face à cette prédominance du droit américain dans le domaine des affaires pour faire valoir le fait qu'il y a des droits aussi des pays dans lesquels ces entreprises viennent soit exercer, soit s'appuyer sur des activités ou sur les données qui sont la matière première de ces entreprises-là. Donc je crois à ce chemin du droit. Il n'est possible que si l'Europe, mais c'est je crois le cas aujourd'hui, si l'Europe a conscience de sa nécessité d'unité et de renforcement.
Aujourd'hui, même si tous les pays européens ne sont pas d'accord sur cette stratégie-là, il y a un groupe de pays quand même assez avancé. Je pense d'ailleurs parmi eux beaucoup de leaders sociodémocrates qui sont prêts à avancer sur ce chemin-là parce qu'ils ont conscience que cette Europe ne peut pas être simplement une passoire, ne peut pas être simplement un marché, ne peut pas être simplement un espace qui ne se protège jamais alors que les autres espaces économiques, eux, sont beaucoup dans la protection et parfois et souvent dans une forme aussi d'agression économique.
Mais donc on régule, on protège, mais on ne crée pas nos propres systèmes, d'informations.
Alors si, après, il y a bien sûr aussi se donner les moyens au niveau européen, comme on l'a fait par exemple ou qu'on essaye de le faire sur un certain nombre de secteurs de notre activité qui sont stratégiques, on a bien sur l'aérospatiale, on a des secteurs extrêmement intéressants sur lesquels on doit mobiliser la recherche et l'industrie, on doit le faire aussi sur le numérique à l'échelle européenne, à l'échelle française. Je propose notamment quatre odyssées industrielles. Des odyssées industrielles, c'est quoi ?
C'est se regrouper avec la recherche, le monde de l'université, de l'enseignement, les acteurs économiques, les acteurs sociaux, se regrouper pour se donner des perspectives d'évolution, de structuration de filières. Et parmi les quatre odyssées industrielles, il y a une odyssée pour moi sur le numérique. Cette odyssée industrielle devrait pouvoir nous permettre aussi de déployer, en tous les cas, d'aller chercher à l'échelle européenne des partenaires, les plus nombreux possibles, pour déployer aussi, vous avez raison, évidemment, cette filière du numérique avec nos propres spécificités pour peser face à ces géants.
Bien sûr, on a perdu beaucoup de temps, bien sûr, ils sont partis très loin et on est quand même tout petits. Mais je pense qu'il faut nous donner cette perspective-là et l'Europe a suffisamment de puissance pour pouvoir accélérer le pas.
Très bien, merci. Ma deuxième question était sur la francophonie. Vous voulez en faire un axe d'influence culturelle pour la France. Alors, j'aimerais savoir concrètement en quoi est-ce qu'une présidente, si d'algo, nous apporterait un gain supplémentaire dans ce domaine-là, étant donné que la francophonie est déjà un atout dont nous jouissons. Et second point, vous écrivez que les liens culturels, politiques, économiques que nous avons avec les pays francophones sont une grande source d'influence, mais ils sont également très contestés, également en Afrique. Alors, comment dépasser cela ?
Ils sont très contestés. Il se trouve qu'en tant que maire de Paris, je préside aussi l'Association internationale des maires francophones qui est présente sur tous les continents, mais bien sûr très présente sur le continent africain. Et je constate depuis maintenant plusieurs années, d'abord que notre réseau diplomatique s'affaiblit parce qu'il n'est pas soutenu. Et on voit, y compris avec les dernières volontés d'Emmanuel Macron, d'affaiblir ce réseau diplomatique en en changeant, y compris sa formation et sa nomination, ne vont pas du tout dans le bon sens.
Non seulement affaiblissement du réseau diplomatique partout dans le monde, mais notamment aussi dans les réseaux, dans les pays francophones, affaiblissement de tout notre réseau d'alliances françaises et d'instituts français, alors que ce sont des lieux extraordinaires qui sont des lieux où la langue française est enseignée, la culture française est partagée et qui sont des lieux d'influence positive, extrêmement pacifique et attendus de beaucoup de pays dans le monde. Tout cela a été abandonné parce que ça a été considéré comme des charges inutiles.
Quand on voit la stratégie, par exemple, des États-Unis sur le soft power, on voit bien qu'on est complètement à côté de la plaque en ne misant pas sur ce réseau alors que nous sommes attendus. Et le fait d'avoir progressivement laissé d'autres que nous investir ces espaces par le biais économique, en Afrique, la Chine extrêmement présente et pas toujours pour le meilleur, évidemment. Quand on voit le fait qu'il y a des continents entiers où on nous attend, je pense, aux continents nord-américains et même aux continents sud-américains, où on nous attend sur, y compris des villes en Amérique latine, comme Montevideo, qui font partie du réseau des villes francophones.
Quand je vois le peu d'attention qui est accordé par notamment le gouvernement français sur la francophonie, je me dis qu'on passe à côté de ressources et d'une influence, y compris diplomatique, extrêmement importante. Donc comment faire ? Renforcer ce réseau diplomatique, renforcer les alliances et les instituts partout dans le monde, renforcer aussi la coopération entre les pays francophones et la France, à partir notamment, et les universités, les grandes écoles ont un rôle très important à jouer.
Il nous faut établir des liens beaucoup plus directs, beaucoup plus souples, notamment avec tous ces pays pour la formation de nos jeunes, aller et retour, évidemment, parce que des jeunes étudiants étrangers ici en France, lorsqu'ils repartent dans leur pays, eh bien, ce sont aussi des ambassadeurs de cette relation très particulière avec la France. Donc il nous faut avoir cette vision là aussi stratégique, a fortiori, à un moment, et là, la France est, avec Emmanuel Macron, en train de rater le coche sur la scène internationale, sur beaucoup de sujets, mais notamment sur celui-là.
Quand on voit le sentiment anti-français qui est en train de naître en Afrique, c'est quelque chose d'abord d'extrêmement préoccupant et qui doit être travaillé avec les pays africains, avec les différents acteurs. Les acteurs politiques africains, beaucoup viennent aussi de toutes ces collectivités territoriales, des villes, de cette décentralisation qui existe aussi sur le continent africain. Et il nous faut établir des liens, les accompagner, faire en sorte qu'il y ait des relations dans cette francophonie qui soient comprises et entretenues, sur le plan économique, sur le plan culturel et sur le plan des valeurs. Parce que la francophonie, pour moi, c'est un espace extraordinaire.
Vous rencontrez des gens qui ont tous une autre langue maternelle, mais qui tous partagent le français et qui tous voient dans le partage du français, le partage d'une langue qui vous conduit à partager des valeurs et à avoir aussi une forme de pensée, de rationalité que nous partageons. Et je vous assure que je regarde et je déplore cette perte d'influence alors qu'il y a une attente majeure. Donc oui, je recommencerai. Et je recommencerai à nouer ces liens. Comment ? En respectant les différents pays. Ce qu'Emmanuel Macron a fait, notamment ces derniers mois sur la question africaine, est extrêmement préoccupant.
Comment voulez-vous qu'on puisse rétablir des relations qui soient des relations respectueuses quand vous organisez un sommet France-Afrique, que vous n'invitez aucun des présidents africains, même pas le président du Sénégal qui est président aujourd'hui de l'Union africaine, et que vous dites, vous, Français, président français, je vais m'appuyer sur une société civile.
Très bien, je suis pour qu'on s'appuie aussi sur une société civile, mais il faut s'appuyer sur toutes celles et ceux qui, aujourd'hui, exercent les responsabilités en Afrique, accompagner une nouvelle génération, une génération qui, pour beaucoup, a été formée aussi ici en France, et être respectueux de cet espace et de cette relation qui ne peut pas être une relation ni de condescendance ni avec cette histoire coloniale qui est la nôtre, mais qui doit être une relation fondée sur le fait que demain, la francophonie sera un élément clé à l'échelle mondiale. Pourquoi ? Parce que la démographie africaine fait que le français va être une des langues les plus parlées au monde.
Merci, madame la maire. On va passer, du coup, à Sciences Po TV, maintenant. Je sens que Marie avait une question sur l'éducation à poser à madame Hidalgo. Si la réponse est très rapide, alors... J'espère qu'elle sera très rapide. Oui, mais on va y aller. Bonsoir, madame Hidalgo. Alors, moi, je prends le relais sur l'éducation. Vous parlez de votre famille. Vous êtes une famille, du coup, d'ouvriers. Je crois que vous avez utilisé ce terme-là tout à l'heure. Moi, j'ai choisi l'éducation, du coup, ce soir, parce que je viens d'une famille de profs. Il y en a partout, en tout cas. J'avais une question concernant Parcoursup.
J'ai pu voir, en fait, dans votre programme que vous souhaitiez le supprimer. Oui. Parce que c'est jugé comme étant, en fait, opaque. Et ça pose donc la question de la transparence, en fait, dans l'enseignement supérieur. Et donc, ce que je me demandais, premièrement, c'est quels critères vous comptez utiliser. Et d'autre part, comment est-ce que vous comptez apporter plus de clarté, en fait, notamment à la sélection master, puisque celle-ci est également jugée comme étant parfois discriminatoire. Et je pense notamment à un petit article de France Inter paru mi-février, concernant, justement, l'origine du nom.
Oui. D'abord, Parcoursup, pour moi, c'est vraiment l'exemple même, pardon, je vais le dire comme ça, de ce que la Macronie est capable d'inventer, c'est-à-dire un système totalement inhumain, totalement inhumain, dans lequel un logiciel va décider de l'avenir de chacun. Et puis, vous serez orienté, pas du tout là où vous avez envie d'aller. Vous n'allez pas comprendre pourquoi vous et votre soeur jumelle qui avez les mêmes notes en terminale, vous n'allez pas du tout être orienté vers les mêmes endroits, alors que vous avez les mêmes résultats. J'ai quand même des exemples là-dessus. Donc, il faut arrêter ça.
Je pense qu'il faut d'abord faire confiance à notre jeunesse, mais accompagner notre jeunesse, très tôt d'ailleurs, dans ces choix d'orientation, d'orientation professionnelle. Ça veut dire très tôt, dès la quatrième, troisième, ouvrir ces possibilités par un autre système d'orientation, de rencontre avec des professionnels, avec des milieux d'adultes, pour savoir vers quoi vous avez envie d'aller. Et puis, on a le droit, à 18 ans, de ne pas savoir exactement ce qu'on veut faire dans la vie.
Ce n'est pas un drame en soi de ne pas le savoir, et de tâtonner, et d'aller chercher, par exemple, par du service civique, par du volontariat, par un voyage à l'étranger, d'aller chercher quelle est sa voie. Ce n'est pas un problème. Au contraire, je pense que le doute qu'on peut avoir pour sa propre vie vous renforce aussi lorsque vous arrivez à trouver le chemin qui est le vôtre.
Mais pour trouver le chemin, il faut qu'il y ait des mains qui se tendent, il faut qu'il y ait des portes qui s'ouvrent, et notamment, effectivement, quand on vient plutôt des milieux modestes dans lesquels il n'y a pas forcément les réseaux sociaux que l'on peut connaître lorsqu'on est dans des milieux plus favorisés. Et donc, il faut accompagner cela par un système d'orientation humain. Et vous avez raison de parler aussi des masters, parce que c'est, bien sûr, au niveau du bac, mais c'est après, rebelote au niveau du master. Et pourquoi ? Et pourquoi ? Parce qu'en fait, Parcoursup, et au niveau du bac, et au niveau du master, ça gère quoi ?
Ça gère la pénurie des places dans l'enseignement supérieur. Ça gère la pénurie des places dans l'enseignement supérieur, parce que ce gouvernement, en particulier, ne croit pas qu'il soit bon d'élargir les possibilités d'accès à l'enseignement supérieur pour notre jeunesse. Il pense qu'il faut, au contraire, orienter très vite, de toute façon, aller vite vers des filières courtes, parce que ce sont les besoins de l'économie et de l'industrie. Moi, je propose autre chose.
Je propose que, d'abord, on gère donc ces orientations en impliquant les jeunes et en les accompagnant, par de l'humain plus que par des machines et des algorithmes, que l'on puisse aussi élargir, généraliser les formations en alternance post-bac. Vous, dans les grandes écoles, ou ici à Sciences Po, assez vite, vous allez faire des stages. Assez vite, vous allez être en rapport avec des univers professionnels qui vous intéressent. Mais, en fait, il y a, au niveau de l'université, très peu d'accès, justement, à cette formation-là. Et donc, je veux aussi généraliser les formations en alternance post-bac.
Merci beaucoup, madame.
Je représente Sciences Po TV. Et je vais vous poser, dans un premier temps, quelques questions relatives à votre campagne présidentielle que vous menez, puis des questions plus centrées sur des propositions de votre programme orientées sur la jeunesse. Donc, dans de nombreuses interviews, vous déplorez la tournure le fond et le ton de la campagne présidentielle, la qualifiant notamment de très moche, vulgaire, violente sur BFM. Qu'auriez-vous attendu de plus ? Quels sont les sujets que vous auriez voulu davantage aborder ?
D'abord, le respect, déjà. Le respect des candidats, des programmes qui n'est pas présent. Et ça, je pense que c'est très important parce qu'on ne peut pas débattre s'il n'y a pas un minimum d'acceptation du fait qu'on peut avoir des opinions différentes, qu'on a des programmes différents et que la beauté de la démocratie, c'est justement de pouvoir les confronter et de les laisser juger et évaluer par les citoyens à partir de quelque chose de très important qui s'appelle le vote. La deuxième chose sur les sujets, je me souviens, début de la campagne septembre-octobre, toutes les chaînes, tous les journalistes, et surtout ne devenez pas comme eux. Vraiment.
Non, vous avez à réinventer le métier. Vraiment, vraiment. Donc, tous m'expliquaient que les seuls sujets dont on parlait dans le pays qui étaient les sujets importants, c'était l'immigration et la sécurité. Je ne dis pas que ce ne sont pas des sujets importants, sauf que moi, je n'entendais pas ça. Déjà, au mois d'octobre, j'entendais le pouvoir d'achat, le salaire, j'entendais les questions d'éducation, les questions climatiques aussi, le risque climatique. Et lorsque j'expliquais ça sur les médias, on m'expliquait « Ah, ben, c'est normal que ça ne décolle pas, vous ne parlez pas des sujets qui concernent les Français ». Quelques mois plus tard, on voit quoi ?
Qu'en fait, les sujets qui, vraiment, aujourd'hui, occupent l'esprit des Français, c'est beaucoup des questions de pouvoir d'achat, beaucoup des questions autour du travail, de l'avenir de notre jeunesse, de l'éducation, et évidemment, bien sûr, la guerre aujourd'hui, de la santé, parce que la santé a été quand même et est toujours très présente à travers cette crise sanitaire. Et ces sujets-là ont-ils vraiment occupé l'espace du débat, de la présentation des projets, des programmes, de la confrontation pacifique et démocratique ? Non, absolument pas. Vous regardez les sujets relatifs au climat, 2,7 % du temps d'antenne. 2,7 % du temps d'antenne sur les questions climatiques.
Alors que ce sont quand même des sujets majeurs, que ces sujets liés au climat doivent aujourd'hui nous permettre de penser l'économie de demain, le travail de demain, l'accompagnement des plus fragiles, doivent nous permettre aussi de penser nos modes de vie qui vont changer. Et tout cela n'est pas présent dans les médias. C'est un constat, mais c'est un constat qui est terrible. Alors, heureusement, il y a quand même des initiatives, des tentatives.
Moi, je veux saluer hier l'initiative d'un groupe privé, TF1, parce que c'est vrai que ce qu'ils ont fait hier en essayant de présenter de façon, certes, les uns après les autres, les programmes des candidats, mais aussi les personnalités, était une façon, enfin, de pouvoir rentrer dans la campagne. Pour moi, d'un point de vue médiatique, la campagne, elle a commencé hier. Là, pour le coup, avec un travail journalistique extrêmement sérieux.
Et donc, il nous faut vraiment, et il faut, je crois aussi, les jeunes citoyens que vous êtes en formation ici dans cette belle maison de Sciences Po, il nous faut dire les choses, il ne faut pas accepter cette pression, cette façon, finalement, de phagociter un débat public et politique qui aboutit à quoi ? À dépolitiser, à discréditer le politique, alors que sans politique, je ne parle pas des femmes et des hommes, mais sans institution, sans fonctionnement démocratique, sans validation par des votes et par des débats qui précèdent les votes, il n'y a pas de vie ensemble pacifiée possible.
Les institutions et la démocratie, ça sert à pouvoir régler nos conflits, nos contradictions, sans que ça se passe dans l'affrontement, dans la violence, dans l'invective et dans la rue. Et là, nous sommes en train d'aller tout droit vers quelque chose qui délégitime aussi ce scrutin présidentiel et qui le délégitime à tel point que beaucoup de gens aujourd'hui que je croise me disent « mais en fait, on ne peut pas retarder l'élection présidentielle. » Ah ben non, ce n'est pas possible. On ne peut pas décaler l'élection présidentielle. Non, non, elle doit se tenir là.
Ah mais on n'a pas eu le temps encore, alors que c'est dans moins de quatre semaines, on n'a pas eu le temps encore de savoir ce que présentent les uns et les autres. Ben oui, à qui doit-on le reprocher ? On doit se le reprocher collectivement si on l'accepte, mais on doit quand même aussi le reprocher à cette façon très docile, très docile que nous avons d'accepter quelque chose qui me paraît inacceptable. Et donc, oui, ce débat démocratique aujourd'hui, il est totalement tronqué.
Il reste quelques semaines et j'espère en tous les cas jusqu'à la dernière minute poser les grands sujets dont on doit débattre et notamment les questions climatiques, les questions d'inégalité, les questions de pouvoir d'achat, les questions de retraite, évidemment, et bien sûr, les questions de fonctionnement démocratique.
J'aurais une deuxième question. En décembre dernier, vous aviez proposé à la surprise générale une primaire de la gauche. Oui. Proposition qui avait été rejetée de manière quelque peu catégorique. Comment expliquez-vous, au-delà de l'argument du refus de participation de votre concurrent Yannick Jadot, votre changement de position et votre refus de prendre part à la primaire populaire, qui était pourtant un mouvement citoyen, vous qui prenez tant dans votre programme le rôle des citoyens comme acteurs de la démocratie au quotidien ?
D'abord, j'ai proposé, à un moment donné, parce que c'est vrai que cette division de la gauche est une division mortifère et que, je vous le dis très clairement, on a tenté. Il y a eu des tentatives. J'ai participé avant, y compris ma candidature, à essayer de rassembler la gauche. Je le dis ici, il y a une personnalité et un mouvement politique qui a empêché tout rapprochement. Il s'agit de Jean-Luc Mélenchon. D'ailleurs, c'est assez simple. Depuis 2017, alors qu'il était dans une position possible de leader de la gauche, alors qu'il aurait pu, à ce moment-là, prendre une initiative, en fait, il n'a pris aucune initiative pour rassembler la gauche.
Son obsession était vraiment d'écarter les sociodémocrates, les socialistes, pour se passer d'eux, surtout ne plus gouverner avec eux. Il en vient. Donc, il se connaît bien aussi. Et du côté des Verts, une autre attitude qui consistait à dire c'est notre tour, c'est notre tour, c'est à nous d'y aller. Je pense qu'il faut sortir de cette infantilisation-là. Et j'ai proposé, à un moment donné, une vraie primaire, c'est-à-dire que celles et ceux qui voulaient gouverner ensemble, pour moi, c'était plus quand même du côté de Jadot, du PRG et d'autres, que nous pouvions nous retrouver devant les Françaises et les Français. C'était au mois de décembre.
C'était un moment clé, un moment important où on ne parlait que d'immigration, de sécurité, et on ne parlait pas du tout des autres sujets qui pourtant étaient présents dans l'esprit des Français, et que ce soit arbitré comment ? Par un vote d'une vraie primaire, avec des gens qui se déplacent pour aller voter, certains par Internet, mais d'autres, des votes physiques. Et d'ailleurs, à ce moment-là, beaucoup de chaînes de médias étaient d'accord pour organiser ces débats et organiser cette confrontation.
Je le dis, je regrette vraiment, je regrette vraiment qu'à ce moment-là, Yannick Jadot n'ait pas saisi cette chance historique que nous avions ensemble de pouvoir conduire cela, qui aurait créé une vraie dynamique, parce que la dynamique, vous ne la créez pas simplement en disant à un partenaire de renoncer à sa candidature. En 2017, quand Yannick Jadot renonce à sa candidature pour permettre celle de Benoît Hamon, il n'y a eu aucune dynamique. Au contraire, on est passé de 17 à 6 %. Donc, vous voyez bien qu'une dynamique politique, ça ne se crée pas en faisant de l'arithmétique sur un coin de table.
Ça se crée par une dynamique qui engage des citoyens et qui engage des citoyens sur un vote après présentation d'un débat. La primaire populaire, c'était autre chose. C'était extrêmement sympathique de vouloir organiser cela. Et d'ailleurs, beaucoup des membres de cette primaire populaire étaient très, très favorables à la proposition que j'avais faite d'une vraie primaire à gauche. Bon, après, on s'est retrouvés dans un autre scénario qui n'a pas très, très bien fini. C'est une aventure politique qui, malheureusement, n'a pas débouché. Je le regrette.
Mais pour moi, une primaire, ça suppose des débats, ça suppose des candidats et ça suppose des votes, pas simplement des appréciations toutes sympathiques qu'elles soient. Mais bon, voilà, ce n'est pas suffisant. On est dans un monde dans lequel, pour avoir et pour porter le leadership d'un mouvement, il faut que ce soit appuyé par quelque chose de fort. Et par ailleurs, vous savez, il faut aussi que puissent voter des femmes et des hommes de tout âge et pas simplement des groupes déjà constitués extrêmement actifs sur les réseaux. Et je ne suis pas pour la démocratie genre tripadvisor.
D'accord. Nous allons maintenant passer aux questions relatives aux propositions de votre programme centré sur la jeunesse. Vous prenez un abaissement de l'âge du droit de vote à 16 ans pour lutter contre l'abstention et, selon vos propres mots, redonner une envie de démocratie aux Français. Cependant, il se trouve que les plus jeunes sont aujourd'hui l'une des catégories de la population les plus sujettes à l'abstention. Rappelons que seulement 13 % des 18-24 ans se sont déplacés aux urnes pour les élections régionales de 2021. Comment comptez-vous concrètement donner envie aux jeunes d'aller voter ?
Oui, et d'ailleurs, beaucoup de jeunes ne sont pas favorables à cette mesure d'abaissement de l'âge du droit de vote. Mais pour autant, je pense qu'il faut y aller parce qu'aujourd'hui, à 16 ans, on a une conscience. On a une conscience, par exemple, sur les questions d'environnement. On a une conscience des grands défis auxquels est confrontée la planète. Et il faut se donner la possibilité de cette participation de ces jeunes citoyens. Pourquoi ? Parce que les politiques, alors, les politiques à l'ancienne, quand ils vous parlent de la jeunesse, ils vous disent « oui, c'est sympathique, mais de toute façon, ils ne votent pas ».
Donc, dans le monde dans lequel on est, il y a encore cette appréciation selon laquelle, si on ne vote pas, on ne vous écoute pas. Donner le droit de vote, c'est ouvrir la possibilité qu'on vous écoute et qu'on vous écoute sur des sujets qui sont les sujets qui préoccupent les jeunes et qui ne sont pas forcément ceux des générations plus anciennes. Je prends cet exemple parce qu'à l'échelle de Paris, lorsque j'ai ouvert, justement, toute la participation citoyenne aux plus jeunes et même aux très jeunes, puisque le budget participatif, on l'a ouvert à partir de 7 ans dans les écoles, avec les enseignants, etc.
Eh bien, j'ai pris le parti de dire « il faut aussi qu'il y ait une pédagogie de la démocratie, il faut qu'il y ait une prise en considération de la façon, par exemple, à Paris, dont les enfants voient la ville qui doit être la leur ». Et on ne pouvait pas simplement s'appuyer sur l'opinion, la participation des adultes, souvent plus âgés. C'est très bien que les plus âgés participent aussi, mais ça ne peut pas être une participation exclusive et la vision de l'avenir ne peut pas juste être portée par des personnes qui ont déjà une partie de leur vie derrière eux.
Il faut que ce soit un ensemble, que l'on puisse mélanger justement la vision de la jeunesse, la vision des plus anciens pour pouvoir être dans une juste vision et des stratégies qui soient beaucoup plus inclusives de toutes ces populations. Donc je pense qu'il faut faire beaucoup de pédagogie, qu'il faudra aussi réapprendre à quoi sert la démocratie, sa fragilité, comment on la fait vivre. La démocratie, ça ne vit que si on s'en sert. Si on la regarde de côté en se disant « Oh là là, de toute façon, ça ne sert à rien », à la fin, ça ne sert à rien, ça c'est sûr. Mais quand ça ne sert à rien, ça veut dire quoi ?
Ceux qui ont le pouvoir, notamment le pouvoir de l'argent, eux, ils savent se servir, y compris sans la démocratie. Et ils savent décider sans passer par des processus démocratiques. Donc c'est très, très important de considérer la démocratie comme un objet fragile que nous devons entretenir et que nous devons cultiver. Alors peut-être que je vous dis ça aussi avec cette sensibilité qui est la mienne puisque je suis née dans cette Espagne franquiste et je sais combien dans des pays, beaucoup de pays proches de nous, la conquête du droit de vote a été aussi une conquête au risque de la vie de ceux qui l'ont obtenu, mais pas simplement en me référant à l'histoire.
Ce qui nous attend, si nous considérons que finalement, tout ça ne sert à rien, sans le remplacer par autre chose, parce que je ne sais pas par quoi, on remplace des processus de vote et de consultation, eh bien, nous nous réveillerons un jour en nous disant comment en sommes-nous arrivés là ? Et déjà aujourd'hui, on peut se poser la question comment en sommes-nous arrivés là ? Donc pour éviter de se réveiller avec encore plus de questions sur lesquelles nous n'aurions encore moins de prises qu'aujourd'hui, il vaut mieux cultiver cette démocratie faire la pédagogie de ce qu'est la démocratie et de l'utilité du vote.
Bien sûr, ça passe aussi par la reconnaissance du vote blanc, ça passe par beaucoup d'autres éléments, par la participation directe citoyenne, des amendements citoyens, le RIC, qui sont autant de propositions que je fais pour donner beaucoup plus de respiration à notre République.
Merci, Madame la maire. On va passer du coup à Radio Germaine pour deux questions rapides. Bonjour, Madame Hidalgo. Deux questions rapidement. Pour Radio Germaine, on a choisi d'axer sur le thème de l'enseignement supérieur. Alors, tout d'abord, vous avez un peu parlé de parcours sup, mais considérez-vous que le système des grandes écoles ultra-sélectives comme ici soit pérenne ? en gros, si vous êtes élue présidente, que faites-vous
de Sciences Po ? Très bonne question. Je maintiens, bien sûr. Mais il faut démocratiser. Il faut vraiment démocratiser. Il faut arrêter... Alors, d'abord, Sciences Po a déjà fait beaucoup de choses pour s'ouvrir, pour être très ouvert dans les quartiers populaires, pour essayer d'accompagner aussi des étudiants, des étudiants boursiers, pour assurer une forme de mixité. Et c'est très important et c'est très bien. Mais il faut beaucoup démocratiser parce que nous le savons, vous le savez vous aussi, les conditions de départ de nos vies, les milieux dans lesquels on vit, conditionnent d'une façon extrêmement forte nos parcours, l'accès à l'enseignement supérieur ou pas.
Alors, heureusement, il y a toujours des personnes, des personnalités, des jeunes qui s'accrochent, qui à un moment donné dans leur parcours scolaire ont trouvé le prof qui a repéré en eux qu'il y avait du talent, qu'il y avait une capacité à avancer, qu'ils sont allés les chercher, qu'ils les ont mis sur la bonne voie. Mais on voit bien que ça ne peut pas être simplement à partir de ces bonnes volontés-là qu'on organise l'accès à l'enseignement supérieur et notamment à des grandes écoles très sélectives.
Il faut beaucoup plus ouvrir ces processus-là de sélection intégrés aussi dans les compétences que l'on prend en considération, des compétences à la fois culturelles, linguistiques, qui sont des éléments à valoriser aussi dans le parcours et pas simplement une culture générale qui serait celle d'un monde dominant, qui vérifierait que les jeunes qui seront aussi ceux de l'élite de demain partageraient tout de ces éléments d'une culture, d'un monde dominant. Vous savez, moi, je viens de l'immigration, je vous l'ai dit.
C'est vrai que quand vous arrivez aujourd'hui, par exemple, au niveau du collège, on voit bien qu'en sixième, c'est là que commencent à se creuser les écarts, pas tellement sur simplement les notes et l'appréciation des connaissances acquises, mais sur justement le bagage culturel des enfants. C'est à partir de la sixième que se fait le décrochage et qu'un certain nombre de jeunes vont être qualifiés de ne pouvant pas accéder à l'étape du dessus et tout à fait interdits d'aller, de penser, d'imaginer qu'ils pourraient aller un jour vers l'enseignement supérieur.
Donc on voit bien qu'on doit réouvrir nos pédagogies, accompagner beaucoup plus, remettre de la mixité à tous les endroits, de la mixité sociale, d'habitat, mais aussi de la mixité dans les écoles. Ouvrir les pédagogies et qu'effectivement, le Montessori, ça ne soit pas juste pour les quelques écoles du 11e arrondissement dans lequel je suis élue. Donc il n'est pas tant en deuil que cela de la primaire populaire, cet arrondissement, puisque nous avons été élus quand même à 68% au deuxième tour dans le 11e. Donc voilà, je pense qu'il faut vraiment ouvrir cela et puis mettre beaucoup plus de moyens dans l'université, dans l'enseignement général supérieur.
Moi, je propose que 60% d'une classe d'âge accède à des diplômes de l'enseignement supérieur, c'est-à-dire que l'on ouvre les filières, que l'on ouvre ces possibilités, parce que c'est une chance d'aller vers une augmentation du niveau de diplôme et de qualification de notre jeunesse. Donc favorable à toute la politique
de CEP établie à Sciences Po.
Bien sûr, bien sûr.
Et autre question et dernière question pour nous, que pensez-vous de la loi de la programmation de la recherche mise en place par Mme Vidal, notre ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur ? Vous avez une ministre ?
Je n'avais pas remarqué. C'est une catastrophe. Non mais franchement, c'est une catastrophe. Une catastrophe, parce que notre pays ne fasse pas le choix de la recherche, de l'enseignement, de l'enseignement supérieur, des moyens mis sur la recherche, qu'on accompagne d'ailleurs toutes les recherches, plutôt que les combats qu'elles mènent. Enfin franchement, ce n'est pas sérieux. Il faut absolument qu'on renoue avec cela. Pourquoi ? Parce que le modèle de développement de notre pays ne peut pas être un développement low cost. Voilà. Nous sommes un pays qui a toujours...
C'est son histoire, c'est sa tradition, c'est cette belle histoire dans laquelle on se retrouve, cette belle histoire républicaine. Nous avons été un pays qui a été un pays créatif. Créatif aussi au point que les valeurs que nous avons proclamées ici sont reconnues par beaucoup, pas par tous, en général pas dans les dictatures, comme des valeurs universelles attachées aux personnes, à la personne humaine. Et nous sommes là en train de penser penser un monde d'après dans lequel l'enseignement supérieur, on restreint l'entrée, l'accès des jeunes en ne facilitant qu'une élite et voilà, et en oubliant tout le reste.
On restreint les budgets de la recherche qui font de nous un des derniers pays européens en matière d'investissement dans la recherche. et on pense qu'on va s'en sortir comme ça, qu'on va créer aussi quelque chose à la fois d'optimiste, d'engageant, de positif pour un pays comme le nôtre qui s'est toujours projeté, qui a toujours projeté justement ces valeurs, cette générosité, qui est un pays aussi de science, un pays de rationalité, le pays des Lumières.
Franchement, franchement, le bidon d'Emmanuel Macron parce que Madame Vidal, pardon, ce n'est pas elle qui compte dans le dispositif, mais ce jeune président aurait pu penser les choses de façon audacieuse, de façon généreuse, ouverte sur le monde et on a ça à l'arrivée. Cet état de l'élabrement de l'enseignement supérieur et de la recherche, on reverra ça complètement. Merci beaucoup.
Merci beaucoup. On va passer aux questions du public, s'il vous plaît. Du coup, je vous invite à aller sur les micros qui sont à gauche et à droite. Vous préférez commencer par la gauche ou par la droite ? J'imagine par la gauche.
Je n'imagine pas que vous soyez positionnée en fonction de vos idées politiques. Donc, allez-y. On alternera entre gauche et droite et on commence à gauche. Bonjour, Madame Hinalgaud. Bonjour. Alors, à la base, j'aurais bien voulu vous poser une question concernant le travail qu'avait engagé François Hollande lors de ces derniers mois pour une potentielle candidature, mais il y a quelques heures, Jean-Luc Mélenchon vient de faire une proposition d'accord adressée aux communistes, adressée aux écologistes pour une forme d'accord de non-agression en échange de soutien pour les législatives. Les socialistes ne sont pas concernés par cette proposition. Est-ce que vous voudriez réagir à cela ?
Non, je ne réagis pas. Je dis que c'est vraiment de la vieille politique. Il faut qu'on en sorte. D'accord.
Merci. On va alterner, donc, du coup, à droite.
Merci. Bonsoir, Madame Hidalgo. Bonsoir. On voit bien dans cette crise en Ukraine que la dépendance énergétique est vraiment un enjeu majeur et une des qualités de la France, c'est quand même d'avoir cette souveraineté énergétique grâce à l'énergie nucléaire. Est-ce que vous souhaitez vous inscrire dans cette lignée ou renoncer à l'énergie nucléaire pour faire une transition avec le renouvelable ? Qu'est-ce que vous envisagez pour la souveraineté énergétique de la France ?
Pour la souveraineté énergétique de la France, c'est le mix énergétique parce que même le nucléaire ne nous garantira aucune souveraineté si on part de la source d'énergie et notamment de l'uranium que nous ne possédons pas non plus. Donc, mix énergétique, sortir du nucléaire, je m'inscris dans le scénario de RTE, le scénario numéro 2, c'est-à-dire 100 % de renouvelables, de préférence 2050 ou 2060. Il faut évidemment être pragmatique en cela, mais foncer sur le renouvelable pour plusieurs raisons. D'abord, parce que nous sommes très en retard.
Nous avons pris beaucoup de retard, et y compris Emmanuel Macron a pris ce retard qui fait que nous sommes dans les derniers au niveau européen, 19 % des énergies renouvelables dans notre mix énergétique, et que nous devons être absolument beaucoup plus forts là-dessus pour équilibrer, parce que le nucléaire présente aussi un certain nombre de risques qu'il faudra en sortir. Pour autant, je sais qu'on ne peut pas en sortir brutalement. Donc, je suis, par exemple, pour le grand carénage, c'est-à-dire qu'on puisse prolonger un certain nombre de centrales pour nous amener justement à pouvoir arriver au moment où les énergies renouvelables sont à 100 % dans nos énergies.
Et vous savez, l'énergie nucléaire, on n'a pas réglé non plus la question des déchets, on n'a pas intégré tous les coûts liés au nucléaire lorsqu'on évalue le coût du nucléaire en France.
Et lorsqu'Emmanuel Macron prône la construction de nouvelles centrales, vous savez très bien que le temps de construction, il n'y a qu'à voir ce qui s'est passé sur Flamanville, le retard et les 19 milliards à l'arrivée et quasiment, je crois, 10 ans de retard sur l'ouverture de cette centrale, on voit bien qu'on ne peut pas se projeter exclusivement sur ce type d'énergie qui créerait une dépendance et qui nous retirerait aussi, il y a un deuxième aspect qui est plus économique, qui nous ferait être à l'extérieur de ces marchés qui vont être les marchés de demain, les marchés à haute valeur ajoutée, qui vont être les marchés autour du renouvelable, sur lesquels tous les pays vont s'engager et nous ne pouvons pas, nous, ne pas être dans cette compétition-là qui va être un élément majeur et je vous le dis, les États-Unis ne prendront pas la technologie nucléaire française parce qu'ils ont déjà la leur, la Chine, ils ont piqué la nôtre et l'Afrique, ce n'est pas autour du nucléaire qu'ils vont développer leurs propositions énergétiques.
Donc, il nous faut absolument faire du nucléaire une énergie de transition et accélérer la montée en puissance des énergies renouvelables.
Merci. À gauche, s'il te plaît.
Bonjour, madame Hidalgo. Bonjour. Sur les 260 communes françaises
de plus de 30 000 habitants, 101 sont dirigées par le Parti socialiste. Au dernier régional, le PS s'est imposé dans 5 régions, Franche-Comté, Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Centre-Val-de-Loire. Vous avez récolté 1440 parrainages, ce qui vous place en 3e position derrière Valérie Pécresse et le président Macron. On voit bien qu'il y a dans tous les territoires un engouement pour la social-démocratie. Pour autant, il y a un décalage entre les sondages aujourd'hui et les résultats qu'on a connus depuis 10 ans et les résultats du PS. Comment expliquez-vous cet écart entre le PS à l'échelle locale et le PS à l'échelle nationale ? Merci.
D'abord, on verra le résultat du vote. Je ne vais pas m'appuyer sur des sondages dont j'ai dit et d'autres que moi. D'ailleurs, on dit qu'il y avait quand même quelques petites lacunes dans la façon et quelques problèmes aussi dans la méthode de recueil de l'opinion. En revanche, vous avez raison. Moi, l'analyse que je fais, c'est que nous sommes très forts dans les pouvoirs locaux, mais que passer du local au national, ça ne se fait pas comme ça. Il y a un travail qui doit se faire, un travail que j'ai fait avec toute l'équipe qui m'entoure, notamment sur le programme.
Vous aurez vu que le programme que je propose est très réorienté sur la question des classes moyennes, des catégories populaires, de nos grands socles que sont l'éducation, la santé et sur la transition écologique et sur une vision de la démocratie qui est aussi une vision très décentralisée. Donc, le décalage que l'on regarde, que l'on observe, il a existé dans tous les pays. Vous savez, je pense à l'Espagne quand le Parti socialiste s'est effondré, pas aussi bas que le PS français, c'est vrai, mais je pense à d'autres pays sociodémocrates du nord de l'Europe ou même au Portugal. Antonio Costa m'a toujours dit reconstruire tout ça à partir des bases locales.
Après, ça prend un peu de temps, voilà, bien sûr, et c'est ce travail-là qu'on est en train de faire et ça n'est pas du tout la fin de l'histoire. Là, on est au contraire au début d'une nouvelle histoire, d'une histoire de renaissance, de renaissance ici en France de ce que signifie à la fois la social-démocratie et l'engagement des socialistes dans le monde d'aujourd'hui.
et ce qui est très intéressant, c'est que dans toute cette génération de maires et de présidents de régions qui sont aujourd'hui dans cet exercice du pouvoir, ils viennent d'abord presque tous des classes moyennes, ils sont presque tous le produit, justement, de cette réussite républicaine extraordinaire dans notre pays et ils sont tous très engagés parce que très enracinés, parce que aussi très dans les réalités et je pense qu'à partir de ça, nous avons devant nous une opportunité exceptionnelle qui est une opportunité de redonner, de reconstruire cette offre politique de gauche, républicaine, laïque, européenne qui est, je dirais, la seule offre de gauche possible qui pourra arriver au gouvernement.
Ce n'est pas par les extrêmes, ce n'est pas par des formations politiques qui portent des causes tout à fait respectables et que je respecte, qu'on y arrivera. On y arrivera par ce rassemblement-là et je vous engage à y venir. Merci. À droite. Bonsoir, Madame Hidalgo.
Bonsoir. Je voulais ce soir vous demander quelle est votre conception de la laïcité. Est-ce qu'on doit aujourd'hui défendre une laïcité au nom de laquelle on interdit aux mères d'accompagner leurs enfants aux sorties scolaires parce qu'elles portent le voile ou est-ce qu'on doit défendre plutôt une laïcité
qui vise à réconcilier les Français quelles que soient leurs confessions ? Pour moi, la laïcité n'a pas à être qualifiée. La laïcité, elle protège nos libertés, elle protège nos libertés de croire ou de ne pas croire. Elle ne s'invite pas dans la sphère privée et dans, évidemment, des activités qui concernent des mamans qui ne sont pas directement dans l'exercice d'une fonction qui suppose la neutralité. Mais la laïcité est quelque chose qui protège. Je suis très étonnée que cette question de la laïcité ait été portée par certains, d'ailleurs de part et d'autre, de l'échiquier politique, comme un élément de clivage et un élément de séparation. C'est un élément de liberté.
Vous savez, j'ai souvent pris cet exemple toujours dans mon Espagne natale quand j'étais adolescente et qu'on me disait « Écoute, il faut que tu ailles à la piscine de filles parce que ce n'est pas bien pour une fille d'aller à la piscine mixte. » Je disais « Mais ça ne va pas. En quoi on va m'interdire ? En quoi on va m'interdire de faire ce que je veux ? Je viens d'un pays, la France, où effectivement les filles et les garçons vont à la piscine ensemble et ça ne pose aucun problème. Et donc, pour moi, la liberté, c'est quelque chose qui protège et qui permet à notre République dans le respect des confessions ou du droit de ne pas croire de pouvoir vivre ensemble.
Et surtout, ne jouons pas à la qualifier, la laïcité. On va encore prendre
une question à gauche.
Madame Hidalgo, bonjour. Alors moi, je suis un peu plus ancien, un peu plus expérimenté peut-être que mes camarades. Je mène un exécutif master management des politiques publiques à Sciences Po. J'ai une question sur un thème qui m'est cher, notamment parce que c'est le thème de mon mémoire, un thème qui est absolument absent de l'élection, qui pourtant, votre collègue, Benoît Hamelon, l'avait porté fortement. Vous voyez sans doute vers quoi je vais faire allusion.
C'est un thème qui pourtant répond, en tout cas partiellement, à la grande pauvreté, qui répond en fait aux tendances du marché du travail, qui répond également au pouvoir d'achat, qui répond à l'émancipation de nos jeunes, de notre jeunesse, et pourtant, il n'apparaît pas. Il ne sort pas à l'agenda politique. Ce thème, c'est le revenu universel. Je voudrais comprendre quelles sont les raisons pour lesquelles ce thème n'arrive pas et pourquoi il n'est pas dans votre programme à cette élection. Merci. C'est une très bonne question.
Moi, je propose un revenu minimum jeunesse pour les jeunes, 564 euros sous condition de ressources pour permettre aux jeunes effectivement de pouvoir vivre, avancer. Ce n'est pas grand-chose, mais c'est quelque chose qui doit permettre de pouvoir justement subvenir à des besoins essentiels. et bien sûr des minimas sociaux qui existent et qu'il faut maintenir qui sont extrêmement importants, qu'il faut peut-être regrouper, qu'il faut peut-être conforter.
Je pense à l'allocation adulte handicapé sur lequel je reviendrai bien sûr sur cette idée absolument ignoble qui s'est traduite par une disposition législative qui fait qu'une personne handicapée n'aura pas droit à une aide correspondant à sa situation si elle est en couple on intégrera les revenus du ménage. Donc je reviendrai sur ce genre de dispositions et bien sûr qu'il faut des revenus des minimas sociaux à appliquer pour que notre société puisse justement permettre à des femmes et des hommes en grande fragilité de ne pas être complètement lâchées sans accompagnement.
Pour ma part j'ai préféré rentrer par le sujet du travail et par la question du travail parce que je pense que ce à quoi aspirent nos concitoyens c'est à pouvoir avoir un travail et à vivre dignement de leur travail. Et j'ai préféré mettre cette question-là en avant non pas pour écarter toute la question des minimas sociaux mais pour mettre en avant ce modèle de société dans lequel nous devons créer de la valeur bien sûr dans un monde avec des industries nouvelles décarbonées avec bien sûr une prise en compte de l'humain de l'utilité sociale mais nous devons aller dans un monde dans lequel on permette à chacun de pouvoir vivre de son travail de gagner sa vie dignement.
C'est pour ça que je suis rentrée par l'augmentation du SMIC par l'augmentation aussi via des négociations de branches des salaires dans les différents secteurs professionnels par la question de l'égalité salariale entre les femmes et les hommes parce que quand même on est en 2022 il y a encore 20% d'écart 20% d'écart entre les femmes et les hommes dans les entreprises c'est inacceptable et la raison de cet écart c'est quoi ?
C'est la maternité qui représente un risque et donc ça ça n'est plus possible je propose par exemple sur ce sujet là de nous inspirer de la loi islandaise qui est une loi qui inverse d'ailleurs la charge de la preuve de l'employeur sur les discriminations salariales femmes hommes donc voilà j'ai préféré rentrer par la question du travail mais pour autant bien sûr que les minimas sociaux et peut-être les regrouper c'est aussi le parti socialiste de Michel Rocard qui avait créé le RMI à l'époque où il a proposé justement que ces minimas sociaux puissent exister à côté de tous les revenus du travail pour permettre à ceux qui en sont encore éloignés de pouvoir vivre merci on a encore 5 minutes de questions du public donc on va à droite je vais être rapide bonsoir bonsoir madame la maire déjà par exemple sur la question des autres maires en fait en gros durant ces élections depuis que Jacques Chirac est parti on parle pas des autres maires surtout durant ces élections là en fait quelles sont vos politiques en fait pour les autres maires pour un département comme le mien ou à Mayotte où il y a 22 000 chômeurs dont les jeunes où il y a un taux de pauvreté de pauvreté de 77% taux d'illettrisme social de 73% quelles sont vos mesures et ma deuxième question c'est concernant la francophonie vous avez un peu critiqué le sommet Afrique France-Afrique qui s'est réuni à Montpellier disant qu'en fait on a invité la société civile mais moi je pense qu'en tant que comorien c'est à dire en tant que africain aussi la société civile africaine en fait elle compte énormément vis-à-vis de ces politiques là c'est pas normal que Paul Billard soit invité en France c'est pas normal que le président comorien qui vient en France pour prendre son chèque de 285 millions et dont mes cousins mes cousines mes tantes ne vont pas à l'école ne vont pas n'ont pas de soins donc c'est pas normal en fait donc en fait il faut compter sur la société civile il faut encourager la société civile on peut pas encourager tout simplement des dictateurs merci bien sûr ça va de soi ne pas encourager des dictateurs mais il faut faire avec toute la société africaine et ça je pense que une grande partie du désamour de la France en Afrique tient aussi au fait que cette relation là n'a pas pu être tissée et nouée et bien sûr qu'il faut s'appuyer je l'ai dit tout à l'heure sur la société civile mais il y a eu beaucoup de maladresse et d'une certaine façon beaucoup de condescendance dans la façon dont Emmanuel Macron a traité notamment ses relations avec l'Afrique sur les outre-mer sur les outre-mer il y a un plan de rattrapage massif à faire parce que les services publics parce que l'éloignement mais les services publics sont dans un état de dégradation totale vous parlez de Mayotte c'est effectivement encore pire que ce que j'ai pu voir en Guadeloupe ou en Martinique mais en Guadeloupe ou en Martinique l'eau elle manque c'est dans un état déplorable les hôpitaux sont absolument là aussi dans un état déplorable même si à Pointe-à-Pitre il y a un nouveau CHU qui est en train de se construire l'école est aussi dans un état déplorable donc un plan de rattrapage de la République vers les outre-mer pour soutenir ces services publics essentiels deuxièmement s'appuyer sur les collectivités territoriales on a la chance d'avoir aussi dans les outre-mer des élus des élus qui ont un rôle extrêmement important et qui sont aujourd'hui mal traités ils sont traités par des préfets des préfets de la République française qui ne les associent à rien qui sont dans une attitude là aussi de grande condescendance alors que ce sont des personnalités sur lesquelles il faut s'appuyer si on veut faire bouger les choses localement donc décentralisation troisièmement je pense que nos outre-mer doivent pouvoir être les points d'appui justement pour une des grandes odyssées industrielles notamment sur les questions d'énergie renouvelable parce que ce sont les endroits typiquement où on doit pouvoir investir massivement rapidement sur les énergies renouvelables enfin les outre-mer qui sont des ponts vers tous les autres continents doivent pour moi aussi être partie prenante d'une diplomatie des outre-mer qui nous ouvre vers les autres continents qui leur permettent aussi d'ailleurs de commercer de travailler avec les autres continents qui sont en proximité avec elles donc voilà j'ai un plan et un programme pour les outre-mer d'ailleurs j'ai eu l'occasion de beaucoup le travailler le discuter avec bon nombre d'élus des outre-mer dont Serge Lechimi qui est le président aujourd'hui de la Martinique
merci beaucoup je suis vraiment désolé pour ceux qui n'ont pas pu poser leurs questions mais le temps file et on va devoir passer à la dernière partie de l'événement donc on va passer à la partie scientifique donc je vais vous demander d'applaudir monsieur Olivier Rosenberg qui est donc juste ici et monsieur Xavier Rago ici je me permets très rapidement de vous présenter donc monsieur Xavier Rago vous êtes président de l'OFCE donc l'observatoire français de la conjoncture économique et vous êtes notamment spécialiste des questions macroéconomiques et monsieur Olivier Rosenberg vous êtes donc professeur spécialisé notamment dans les politiques comparées et vous avez été mon professeur au dernier semestre voilà et vous êtes aussi il a bien travaillé je voulais vous le dire donc je vous laisse la parole merci merci
l'exercice qui nous est demandé n'est pas évident puisque nous devons mettre en perspective sans donner des bons points ou des mauvais points ce qui n'a rien d'évident par ailleurs on nous a demandé de ne pas trop dialoguer d'engager un dialogue parce qu'il y a eu des épisodes précédents qui se sont mal terminés mais là on est inconfiant lesquels ?
donc deux je voudrais je ne sais pas vous me raconterez après je voudrais donner quelques points de mise en perspective sur votre programme institutionnel ça tombe bien parce qu'on n'en a pas beaucoup parlé il y a deux grands aspects je crois de votre programme institutionnel si on met de côté la décentralisation un aspect participatif et un aspect régime politique en ce qui concerne l'aspect participatif j'ai envie de dire que tout y est puisque vous multipliez les appels à la participation modalité de participation directe des citoyens et je crois qu'il faut vous rendre cette justice que c'est assez cohérent avec ce que Paris a fait avec le budget participatif qui est le budget le plus important du monde à la fois en termes de budget et de citoyens qui participent donc vous avez pour vous le mérite de la cohérence je voudrais simplement souligner que les dispositions notamment celles relativoriques ne sont pas très précises mais bon ça peut arriver on fait un programme par ailleurs je dois aussi souligner que vous n'êtes pas un comment dire révolutionnaire dans les grands principes du gouvernement représentatif qu'on enseigne dans cette maison sous le dans le respect des travaux de Bernard Manin notamment sur la limitation du rôle des élus il y a des façons de limiter les rôles des élus par exemple le référendum de révocation que propose Jean-Luc Mélenchon ou de limiter le rôle des élus dans le temps avec la limitation des mandats successifs au bout de deux ou trois mandats comme le propose ou le proposé je ne sais pas si on continue à le proposer la République en marche et même l'avait mis dans leur paquet constitutionnel qui n'a pas abouti la question que je me pose c'est pourquoi pourquoi ce réformisme ou pourquoi cette frilosité je ne sais pas comment il faut l'appeler une hypothèse qui serait de dire que c'est parce que vous êtes précisément une réformiste une sociale démocrate et pas une révolutionnaire j'en veux un peu pour preuve la remarque que vous avez faite il y a une heure je ne suis pas pour la démocratie genre trip advisor je trouve ça un peu dommage de réduire les travaux qui sont faits d'avoir un rapport plus qualitatif au choix des électeurs à cette formule là une autre hypothèse qui est un peu moins sympathique pour vous qui est de dire que le PS est un parti d'élus locaux je ne suis pas le premier à le dire que le PS a des difficultés qu'on connaît tous mais comment il a ça il a des élus locaux qui continuent à le soutenir et qui ne serait peut-être pas évident de proposer dans votre programme d'aller trop loin pour embêter ces élus seconde remarque que je voulais faire c'est sur le système politique de façon plus générale donc vous proposez de faire du premier ministre le véritable chef de la majorité je cite le programme avec un président qui ne se mêle pas de tout là on retrouve une pensée traditionnelle des socialistes en matière institutionnelle qui a bien été analysée par mon prédécesseur Gérard Grimbert par exemple la question ou les problèmes que ça soulève sont de trois ordres d'abord il y a la question du comment on est un peu sur sa fin en lisant le programme sur comment est-ce qu'on va limiter les pouvoirs du président vous parlez de l'encadrement des nominations ce qui est très intéressant mais qui n'est qu'une partie du problème vous partez du mode de scrutin à l'allemand ce qui est aussi très intéressant mais si vous voulez fort des expériences passées de François Mitterrand et de François Hollande on a du mal à faire confiance à un président socialiste pour de lui-même par sa simple qualité s'auto-limiter le second problème je pense que le fait d'avoir une vision comme ça qui met en avant le rôle du premier ministre ça limite l'analyse du PS et son programme sur les questions relatives au contrôle du président par exemple au contrôle parlementaire avec l'idée qui a été avancée par certains d'introduire des séances de questions parlementaires au président le troisième souci qui a été souligné par beaucoup d'analystes c'est que ce programme sincère j'en fais crédit de vouloir limiter les pouvoirs du président vous place à une contradiction face à une contradiction qui est de vous présenter devant les français pour devenir président de la république tout en disant je ne me mêlerai pas de tout donc ça va au-delà du président normal c'est quelque part une présidence modeste que vous proposez même si vous gardez d'utiliser le terme cette contradiction elle est ancienne la puissance militante du PS l'avait masqué en 1981 la puissance des élus locaux du PS l'avait masqué en 2012 je crois qu'aujourd'hui face à la faiblesse du du du du du partialiste il devient il devient enfin cela vous place devant une difficulté supplémentaire d'aller devant les français en disant voilà je serai une présidente une présidente modeste et c'est une différence à cet égard avec les exemples de remontada social-démocrate que vous avez cité en Italie au Portugal ou en Espagne où ce que doit faire le leader portugais le leader espagnol le leader italien c'est gagner des législatives avec des alliances et non pas être l'homme providentiel ou en l'occurrence la femme providentielle je vous remercie merci à vous monsieur Rago pour l'analyse plutôt économique après je peux dire un truc alors quand même vraiment très court oui très court d'abord merci c'est vrai que vous vous pointez un certain nombre de sujets pourquoi pas la révocation non je ne crois pas la révocation je crois vraiment au rôle des élus et au fait qu'un élu sa révocation c'est il est réélu ou pas réélu mais c'est pas à un moment donné une possibilité d'intervention directe pour lui dire tu n'es plus élu tu as un mandat impératif je ne suis pas du tout dans cette vision là de la démocratie en revanche oui sur la limitation du mandat dans le temps là dessus je suis tout à fait d'accord ça fait partie des choses que je porterai et pas du tout je dirais limité par le fait que nous aurions un réseau d'élus qui y serait hostile quand je parle de démocratie trip advisor c'est pas c'est pas une critique par rapport à l'utilisation bien sûr et d'ailleurs j'utilise par exemple pour des projets du budget participatif un système le système de notation avec des appréciations qui est un système par exemple sur des projets qui permet de créer du consensus et de faire converger des opinions citoyennes donc je l'utilise à ces fins là là où je suis moins je dirais enfin je ne pense pas que le dispositif de la primaire populaire tel qu'il nous a été présenté était très abouti peut-être qu'il y a des choses encore à travailler et à approfondir mais ce qui nous a été présenté n'était pas abouti dans la mesure où il n'y avait pas non plus le temps en amont de la discussion et quand je parle de trip advisor c'est plutôt la façon dont aujourd'hui par des systèmes de like sur la base d'un certain nombre de panels qui ne sont pas du tout représentatifs de rien on va vous expliquer que vous êtes nul que vous êtes très bon que vous êtes un génie ou qu'il faut vous renvoyer je ne sais où et ça ça ne marche pas il n'y a pas de rationalité non plus il faut respecter la façon dont l'expression se fait je ne parlerai pas de présidence modeste mais d'une présidence qui pose une vision qui joue son rôle d'ailleurs de Gaulle était là-dedans il ne s'occupait pas de toute la tendance il disait d'ailleurs l'intendance se suivra et je pense que c'est plutôt dans ce rôle-là bien sûr et là je suis complètement d'accord avec vous la grande différence qui fait que peut-être en Espagne au Portugal et dans d'autres pays le fait que les partis socialistes aient pu se relever c'est fait alors je ne dirais pas plus rapidement parce que ça a mis grosso modo 10 ans à peu près partout mais ont pu se relever c'est qu'ils sont dans des régimes parlementaires et dans des régimes parlementaires où effectivement travailler à partir de coalitions ou sur des coalitions législatives qui dégagent une majorité parlementaire avec un chef de cette majorité c'est plus facile que de rentrer par cette idée d'une présidentielle puis d'une législative que nous avons aujourd'hui en France d'ailleurs je propose d'inverser les élections de repartir de la législative et ensuite dans un deuxième temps d'avoir l'élection présidentielle pour remettre justement du parlementarisme aussi dans notre système mais c'est vrai que ce que me disent mes amis notamment Pedro Sanchez ou Antonio Costa c'est que y compris dans des régimes parlementaires ils sont en train de basculer vers une présidentialisation des régimes parlementaires donc je pense qu'il faut ce mix d'abord on ne reviendra pas sur l'élection présidentielle au suffrage universel direct voilà quelques remarques mais je vous remercie
vous avez à peu près sept minutes c'est précis merci merci beaucoup de me permettre de discuter ce programme sous un angle économique bon on va dire la période est à renouveau aux emplois du mois historique on est une période où on a une insertion inédite des états dans l'économie où on a une transformation globale du capitalisme on sort d'une période libérale qui s'est ouverte en 1980 et on voit que la gestion du covid la gestion à venir probablement des conséquences à la crise ukrainienne que l'état sera omniprésent dans le débat votre programme on s'inscrit à gauche les social-démocrates et dans cet exercice très difficile de ne pas être trop provocateur d'essayer de prendre la distance et pas de poser trop de questions la façon dont j'ai essayé de lire votre programme c'est de voir quelle est votre vision de l'état dans l'économie et de l'état français dans la dynamique européenne je dirais que votre programme on peut voir sous l'angle économique il y a trois composantes il y a une valorisation du travail et vous rentrez par la question des salaires à la fois des agents de la fonction publique des enseignants du salaire minimum des inégalités salariales dans l'entreprise c'est votre point 1 dans les 70 propositions il y a huit chapeaux et le premier et le travail donc un un triptyque travail deux un triptyque Europe qui est un peu moins développé mais qui aussi qui vous singularise par rapport à d'autres socials courants qui seraient quand même la démocratie dans ces élections et un troisième triptyque qui est la réforme de l'état Providence et avec ces trois éléments à la fois ça vous distingue et on voit qu'il y en a beaucoup qui sont communs avec d'autres et je dirais que sur le troisième de votre réforme de l'état Providence ça renvoie un peu ce qu'a dit Olivier Rosenberg c'est que ce qui ce qui ce qui est enfin disons remarquable en certains sens c'est que c'est assez raisonnable c'est même très raisonnable par rapport à d'autres programmes que j'ai eu le plaisir de lire et d'évaluer celui-ci est très ambitieux dans la direction dans laquelle vous voulez agir sur l'économie les inégalités les jeunes la transition écologique et finalement le paquet budgétaire il est très raisonnable qu'est-ce que j'entends par là pour vous donner un exemple vous dites essentiellement que les dépenses nouvelles sont de l'ordre de 50 milliards les recettes sont de 50 milliards ce programme est chiffré et ça entraîne il y a des rebascules de dépenses et ça entraîne d'après des calculs un peu rapides c'est pas très important le chiffre derrière la virgule mais une hausse du taux de prélèvement obligatoire de 1% c'est pas énorme c'est 20 milliards d'euros supplémentaires de hausse d'impôt pour financer tout ça et finalement quand on lit le programme on voit que il y a beaucoup de choses qui sont communes avec les autres parties et programmes Génie Jadot Fabien Roussel elle est un peu plus extrême Jean-Luc Mélenchon beaucoup de choses sont en commun dans la réforme de l'état-providence mais dans chaque dimension il y a des avancées très synthétiques je vais donner vous des exemples il y a beaucoup de compréhension de l'état-providence qui sont réunies dans ce programme avec des avancées un petit peu de chaque côté mais un petit peu je dirais exemple sur l'ISF climatique le rendement de l'ISF climatique c'est 5 milliards c'est peu c'est peu si on fait une réforme de la fiscalité des patrimoines les bases fiscales permettent de taxer d'avoir des rendements bien plus élevés notre CAE pouvait dire jusqu'à au moins le double si on taxe les 1% les 10% je ne dis pas qu'il faut le faire mon discours n'est pas normatif c'est pour vous caractériser dans l'espace des réformes fiscales finalement votre réforme fiscale elle est réaliste parce que assez modeste ce mot ne vous a pas plu mais elle est peu extrême dans les montants que vous basculez donc il y a beaucoup de réformes avec des montants qui sont assez faibles par exemple je prends la jeunesse et vous l'avez décrit je me focalise sur la jeunesse dans votre programme il y a deux philosophies qui sont mélangées il y a la philosophie du revenu donc c'est les 564 euros de revenu pour les jeunes et puis il y a une philosophie aussi qui se développe qui vient essentiellement de l'Angleterre sa dotation capitale vous donnez 5000 euros aux jeunes de 18 ans et vous voyez vous faites les deux avec des montants assez faibles d'autres disent une dotation de 10 000 euros d'autres pas de dotation et les jeunes ont des revenus qui sont beaucoup plus élevés donc on voit que sur chacun des items vous avez choisi semble-t-il une solution médiane qui fait que votre programme consolide l'état providence dans beaucoup de dimensions il n'y a rien d'extrêmement alors je ne vais pas envoyer le mot révolutionnaire parce que en économie c'est encore plus compliqué qu'en politique il n'y a rien d'extrêmement saillant et donc vous avez fait le choix me semble-t-il d'une reconstruction de la social-démocratie raisonnable patiente dans le temps long sur la conviction d'essayer plein de choses avec des petits tickets vous n'avez pas fait le choix d'une réforme profonde de l'état providence avec une réforme par exemple de la retraite du système de santé donc vous avez fait le choix de la modération sur tous les tableaux je ne peux pas poser de questions donc je m'auto-limite mais si jamais j'avais une question je me demanderais pourquoi ce choix-là mais pourquoi ce choix-là c'est question 1 donc je pense que c'est une appréciation selon vous de deux choses de l'état de la scène politique je serai neutre là-dessus mais aussi une appréciation de l'état du capitalisme français qui vous amène à consolider l'état providence sans réforme vraiment radicale est-ce que ce diagnostic vous le partageriez dans votre appréciation du programme je ne vais pas être trop long sur la question européenne vous êtes un peu flou je pense qu'on le sait le parti socialiste a un peu à gérer la question européenne avec une très grande difficulté lors du quinquennat Hollande qui l'a un peu décrédibilisé au sens on va réformer les règles il n'a pas réformé etc.
le positionnement du parti socialiste par rapport à la question européenne je pense qu'il est central il est central vous affirmer la nécessité de l'Europe par rapport à Jean-Luc Mélenchon et on voit peut-être que dans cette crise ukrainienne dans la crise de Covid que l'objet européen est un objet au moins qui mérite une réflexion mais au-delà de ça de votre volonté de réformer les règles du pacte on est un peu en attente d'une stratégie politique de transformation de l'Europe est-ce que ça va se passer par le parlement européen est-ce que ça va se passer par la fiscalité européenne est-ce que ça va se passer par le climat donc la taxe carbone aux frontières donc on est un peu en demande d'une réflexion un peu plus aboutie pour être sûr que si jamais vous avez une accession au pouvoir qu'il n'y ait pas d'arrêt d'une ambition face à une opposition d'autres états frugaux du nord parce que les tensions européennes sont réelles donc trois éléments pour conclure réforme modeste consolidation d'état-providence réaffirmation de la valeur travail par rapport à la question sur le revenu universel on voit qu'il y a une autre philosophie qui s'exprime un peu plus traditionnelle social-démocrate et la question européenne pour conclure la guerre en Ukraine êtes-vous favorable à l'embargo total du pétrole et du gaz russe si oui ça change beaucoup de votre programme et de l'équipe budgétaire de votre programme c'est une question un peu facile parce qu'elle a été écrite avant la guerre russe mais si j'avais une troisième question c'est comment vous verriez l'évolution du programme et des montants dont on a besoin pour absorber l'effet de la guerre en Ukraine on aura besoin de beaucoup d'argent public pour compenser l'énergie des plus pauvres pour compenser notre capacité d'importation pour faire tourner notre économie où trouveriez-vous cet argent dans votre approche très modérée si vous avez une base fiscale à taxer laquelle serait-elle ?
Très bien en tous les cas il y a beaucoup de questions mais vous avez
deux minutes pour répondre je suis vraiment désolée
deux minutes vraiment rapidement d'abord pourquoi ce que vous appelez une modération et cette approche de l'état-providence ou de la social-démocratie qui peut paraître modeste pour moi elle est réaliste c'est créer du consensus je pense que notre pays n'en peut plus d'être dans à la fois de l'instabilité des fractures des modèles qui s'opposent on doit sortir d'un modèle ultra-libéral dans lequel on porte atteinte à quoi ?
au service public au droit des personnes les plus vulnérables et dans lequel le travail n'est pas valorisé ça c'est le constat que je fais mais il nous faut créer du consensus pour arriver à faire bouger les choses et à transformer et en nous intégrant dans un temps qui est le temps des 5 ans d'un mandat et pour arriver à créer de l'acceptation dans ce monde économique et dans ce monde politique et dans ce monde social le choix que je fais c'est de dire voilà nos fragilités voilà où nous devons appuyer voilà les moyens que nous devons mettre sur la fiscalité aller chercher bien sûr du côté de là où il y a des revenus impôts sur la grande fortune qu'on rétablit mais c'est vrai que je n'ai pas dit on revoit les bases fiscales aller chercher du côté de l'évasion fiscale aller chercher du côté de la taxation d'un certain nombre d'activités qui sont aujourd'hui extrêmement polluantes et générer de la valeur par le travail pour pouvoir aussi financer ce programme là mais je fais vraiment le choix de chercher aussi le consensus pour avancer pour entraîner la population française dans sa grande majorité vers quelque chose qui lui sera soutenable d'un point de vue économique fiscal mais aussi d'un point de vue politique et social parce que notre pays est trop fracturé et il faut commencer par le commencement consolider l'école la santé sur la santé je change quand même de façon assez radicale le mode de financement de l'hôpital public voilà et bien voilà merci à vous alors avant de partir
on va vous demander d'attendre deux petites minutes le temps de pouvoir conclure et de pouvoir sortir de cette amphi merci madame la maire d'avoir répondu à nos questions merci également à vous d'avoir posé des questions à la candidate je remercie au nom du parlement des étudiants toutes les autres associations qui ont participé à cet événement et merci également à vous toutes et tous d'avoir posé toutes vos questions et d'avoir été aussi nombreux ce soir
et merci pour la qualité de cet échange vraiment j'apprécie énormément bravo à vous merci
merci
Anne Hidalgo