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interviewRMC· 26 juillet 2021 4 min

Valérie Pécresse: "Je veux être Présidente de la République pour remettre de l'ordre"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Alors Valérie Pécresse, on va parler de votre campagne pour la présidence de la République que vous venez de lancer. D'abord, question assez simple, mais ça n'arrive pas souvent dans sa vie de se lancer pour la première fois dans une campagne présidentielle. Pourquoi est-ce que vous voulez être présidente ?

0:13
Valérie Pécresse

Parce que je veux rompre. Rompre avec dix ans d'immobilisme, de mauvais choix. Vous voyez, on a désarmé la justice depuis dix ans. On a abandonné la politique familiale depuis dix ans. Sur l'école, on a un niveau qui baisse depuis dix ans.

0:29
Présentateur

La justice, le budget est en augmentation de 8 %, ce qui n'est jamais vu depuis 35 ans. Il y a un certain nombre de gouvernements de droite qui n'ont jamais augmenté autant le budget de la justice. Pourquoi vous dites désarmé ?

0:38
Valérie Pécresse

Parce que depuis dix ans, toutes les sanctions pénales ont été amoindries. On n'a pas construit une seule place de prison, ce qui fait qu'on a des prisons totalement surpeuplées, indignes, dans lesquelles nous ne pouvons donc pas enfermer et mettre hors d'état de nir les délinquants qui pourrissent la vie du pays.

0:57
Présentateur

Il y a 8000 places qui sont en cours de construction. Le président de la République en a promis 15 000, il y en a 8000 en cours de construction. Il en faudrait combien ?

1:02
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, sur la justice, si on veut être efficace, il faut un plan de remise totalement à plat. La justice est saturée. Il faudrait déjudiciariser toute une série de litiges. Parce qu'une bonne justice, c'est quoi ? C'est une justice rapide. Et c'est une justice dont les sanctions sont efficaces. Donc c'est le contraire de ce qu'on a aujourd'hui. Aujourd'hui, combien d'années pour obtenir un jugement ? Dans tous les domaines. Quand on est victime d'une agression, mais aussi quand on porte un grand projet, quand on veut un permis de construire qui est attaqué par son voisin.

1:33
Présentateur

Donc vous voulez mettre une limite dans le temps pour les décisions de justice ?

1:36
Valérie Pécresse

Je voudrais faire entrer la justice dans une culture du résultat. C'est-à-dire donner des délais maximum de jugement qu'on puisse respecter. Alors évidemment, les juges aujourd'hui ne peuvent pas les respecter. D'abord, il n'y a pas assez de juges, il n'y a pas assez de greffiers, il n'y a pas assez de places de prison.

1:51
Présentateur

Combien de places de prison ? Combien de juges en plus vous voulez embaucher ?

1:54
Valérie Pécresse

Si on regarde les comparaisons internationales, vous savez qu'on est les champions du monde du paiement des impôts. On est les champions du monde du paiement des impôts, donc on est en droit. Les Français sont en droit de demander des services publics de compétition, des services publics les meilleurs du monde puisqu'on paye le plus. Sur la justice et la sécurité, nous sommes en dessous dans nos dépenses de la moyenne de l'Union européenne. Nous avons à peu près, je ne sais pas quelle est la proportion exacte, mais nous avons beaucoup moins de juges par habitant que l'Allemagne, qui est un pays voisin et ami. Donc le sujet aujourd'hui, c'est d'être dans les solutions.

Alors vous me parliez des prisons, c'est évident qu'on ne va pas construire les places de prison en un an. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut être pragmatique. Il faut qu'on accepte de différencier les lieux de détention en fonction de la dangerosité des détenus.

2:49
Présentateur

Donc plus de bracelets électroniques par exemple ?

2:51
Valérie Pécresse

Non, parce que le bracelet électronique, ça peut être même parfois totalement contre-productif. Je vous explique. Aujourd'hui, comme on n'a pas de place de prison, on met un bracelet électronique à un délinquant qui doit aller en prison. C'est ce qui se passe aujourd'hui. Et on le renvoie dans son quartier. Donc vous imaginez la femme qui l'a agressée, vous imaginez les voisins qui le voient faire son trafic tous les jours. Il revient avec un bracelet électronique. Donc c'est parfois vécu comme une provocation.

3:15
Présentateur

Vous mettez à où ce condamné ?

3:16
Valérie Pécresse

Il faut l'éloigner de son quartier. Et donc moi je propose que très vite, on construise dans des modulaires, dans des bâtiments publics, on construise des centres fermés pour des détenus, les primo-condamnés, ce qu'on appelle les primo-condamnés, les détenus les moins violents, et qu'on puisse les mettre hors d'état de nuire.

3:33
Présentateur

C'est quoi la différence avec une prison alors ? Si c'est un centre fermé ?

3:35
Valérie Pécresse

Eh bien ça permet de désaturer la vraie prison.

3:37
Présentateur

Donc c'est une prison soft en fait, d'une certaine manière ?

3:39
Valérie Pécresse

C'est une prison adaptée pour des délinquants qui ont commis des petits délits qui ne sont pas violents. Et pourquoi c'est intéressant de différencier les prisons ? D'abord parce que celles-là on peut les ouvrir très vite, on peut les ouvrir en 6 mois, et puis ça désature, ça désature les prisons, et ça permet de mettre hors d'état de nuire les délinquants. Parce que l'objectif c'est quand même que quand un juge juge, quand un juge condamne à un an de prison ferme, eh bien cette sanction elle soit exécutée. Il faut remettre de l'ordre, mais remettre de l'ordre c'est aussi être créatif, c'est aussi apporter des solutions concrètes. C'est pas se dire « Ah ben on peut rien faire madame ».