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Podcast / conversation28 minutes - ARTE· 26 janvier 2026 23 minContradictoireActualité / polémiqueNumériqueSantéÉducation & rechercheInstitutions & élections

Fin des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette interdiction est justifiée compte tenu des dégâts sur les jeunes ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Le réseau social en soi pose-t-il problème ou son exploitation par les groupes privés ?

  • 5:00RelanceRéponse directe

    Interdire sans alternative, est-ce se voiler la face ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quelles conséquences sur le cerveau et les apprentissages ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi ne pas exiger une meilleure régulation des contenus ?

  • 8:00RelanceRéponse directe

    Est-ce que l'interdiction est la bonne solution selon vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Emmanuel MacronFait
    « La France est en passe de devenir le deuxième pays au monde après l'Australie à interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. »
  • 1:05Emmanuel MacronFait
    « Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n'est pas à vendre. »
  • 3:00Najette ValcassemFait
    « Leur construction personnelle n'est pas encore achevée. »
  • 4:00Grégoire BorstFait
    « Les réseaux sont aussi des lieux de socialisation et d'émancipation. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[musique] Scroller jusqu'à l'infini de jour comme de nuit. Enchaîner les [musique] vidéos de chat et les messages aux copains et si tout s'arrêtait. La France est en passe de devenir le deuxième pays au monde après l'Australie à interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans.

Le processus législatif a démarré aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Emmanuel Macron table sur une entrée en vigueur dès septembre. Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n'est pas à vendre.

Les émotions de nos enfants, de nos adolescents sont pas à vendre ou à manipuler ni par les plateformes américaines, ni par les algorithmes chinois. Interdire l'accès à TikTok, Snapchat ou encore Instagram, un coup dur pour les principaux intéressés, néanmoins lucide sur les aspects négatifs des réseaux. Je suis totalement accro et je pourrais pas m'en passer.

Des fois, je tombe sur des vidéos un peu bizarres euh ou violentes avec beaucoup de sang et des trucs bizarres. Et du coup, j'ai vu de la pornographie alors que bah j'ai 11 ans alors j'ai rien à voir avec ça. L'Agence nationale de sécurité sanitaire alerte sur l'exposition à des contenus violents sur les algorithmes favorisant la comparaison permanente, le manque de sommeil ou le cyberharcèlement. [musique] Cette mère de famille a été la première en France à porter plainte contre TikTok.

En 2021, sa fille-marie s'est suicidée. Il y a des incitations au suicide quand même sur les réseaux montrer comment on peut des moyens de de de se donner la mort, démonter un taillecayon. Il y avait aussi comment faire un nœud pour se pendre.

Mais l'interdiction des réseaux aux ados fait débat [musique] chez les chercheurs. Au pays de la silicone Valè, ce psychologue américain dénonce la dégradation de la santé mentale des jeunes depuis les années 2000. tandis que des chercheurs australiens estiment dans une récente étude que les réseaux peuvent aussi limiter l'isolement notamment chez les garçons.

Alors, facteur de risque ou outil de sociabilisation pour protéger les jeunes, faut-il interdire les réseaux au moins de 15 ans ? Pourquoi ne pas exiger des plateformes une meilleure régulation des contenus ? Trois spécialistes avec nous, Naj Valou Belcassem, bonsoir.

Vous futes ministre de l'éducation nationale de 2014 à 2017. Vous êtes également présidente de France Terre d'asile. Dernier ouvrage, sevrage numérique, ça tombe bien, enquête sur notre rapport aux écrans et comment nous en libérer, il paraît dans 3 jours jeudi prochain, n'est-ce pas ?

Et selon vous, à propos du sujet qui nous intéresse, compte tenu de ce que l'on sait sur les dégâts que provoquent les réseaux sociaux sur les jeunes, les ados en l'occurrence, cette interdiction au moins de 15 ans est justifiée. Leur construction personnelle n'est pas encore achevée. Mais attention, ajoutez-vous, cette question nous concerne nous aussi, les adultes.

À côté de vous, Grégoire Borst. Bonsoir. Vous êtes professeur en psychologie et neuroscience de l'enfant à l'université Paris Cité et vous êtes l'un des auteurs d'un ouvrage collectif intitulé faut-il interdire les réseaux sociaux aux jeunes.

Et selon vous, ce n'est pas le réseau social en soi qui pose problème mais la manière dont les groupes privés exploitent l'attention des ados. Les réseaux sont aussi des lieux de socialisation et d'émancipation. Il faut pas l'oublier.

Et vous dites les interdire sans proposer d'alternative en quelque sorte c'est se voiler la face. Et à côté de vous François Saltiel, bonsoir journaliste à France Culture, spécialiste du numérique. Votre dernier ouvrage Faire la paix avec nos écrans a été coécrit avec Virginie Sassoun.

Selon vous, interdire les réseaux sociaux aux mineurs, c'est un peu un aveu d'impuissance quant à notre incapacité à réglementer les plateformes. Il faut plutôt agir sur leurs modèles économiques plutôt que d'en restreindre l'usage. Et on démarre avec un chiffre euh tout à fait euh sinon oui [rires] de tiers des jeunes, j'osais pas. 58 % précisément des 12 17 ans consultent tous les jours les réseaux sociaux.

Et autres chiffre impressionnant en France toujours un adolescent sur deux passe entre 2 et 5 he par jour sur un smartphone souvent pour se connecter donc à ces mêmes réseaux sociaux. Grégar B avec quelle conséquences très clairement sur le cerveau notamment sur la capacité d'attention de ces jeunes ? Alors sur la capacité d'attention en fait pas beaucoup de données très claires sur cette notion d'attention.

Globalement ce qu'on sait que c'est que les capacités attentionnelles sont stables depuis une vingtaine d'années chez les enfants. Par contre le monde évidemment a changé. ça le monde numérique fait que nos ressources attentionnelles sont beaucoup plus sollicité qu'avant.

Donc je récuse complètement l'idée qu'on a l'attention d'un poisson rouge comme on a pu l'entendre. Part vous savez pas quelle est la tension d'un poisson rouge. C'est pas du tout sympa pour les poissons rouges.

Et d'autre part euh je dis juste qu'effectivement le le l'environnement a changé. Donc effectivement sur la tension, c'est de dire pas d'effet sur les capacités intentionnelles globales. Par contre effectivement quand on a beaucoup de notifications quand on a un par définition un portable qui va pousser des informations exactement ça va avoir un impact.

Et sur les apprentissages Naj Balkassem vous avez été en première ligne quand vous étiez ministre de l'éducation. Vous l'avez constaté ? Alors oui, clairement euh moi, j'étais ministre de l'éducation comme vous l'avez dit euh jusqu'en 2017.

C'était il y a longtemps quand on réfléchit bien. C'estàdire exactement, il s'en est passé des choses depuis et notamment, on va en parler tout à l'heure à propos des manipulations des plateformes, mais le nouvel algorithme de Facebook qui a rendu si toxique finalement les réseaux sociaux, la façon dont on s'y comporte, pourquoi expliquer à des gens qui ne sont pas sur Facebook et qui savent pas ce que c'est que ce nouvel algorithme ? Ben pour une raison très simple, c'est que en fait internet se dégrade en quelque sorte et les réseaux sociaux n'ont cessé de se dégrader.

Pour capter de plus en plus notre attention et nous retenir en ligne, ils utilisent un certain nombre d'outils qui vont bah finalement pousser en avant des contenus plus négatifs parce qu'on sait que les émotions négatives, c'est ce qui retient plus longtemps en ligne, la colère, la tristesse que la joie ou l'émotion positive. Deuxièmement, évidemment, il y a une dégradation du débat public en ligne sur tous ces réseaux sociaux, l'ultrapolarisation qu'on connaît. Troisièmement, il y a les phénomènes de bulles qui ont été créés, qui n'ont cessé de se développer, qui les bulles cognitives qui vous maintiennent finalement uniquement avec du contenu qui a priori vous intéresse et du coup vous fait passer à côté, vous fait vivre dans une réalité alternative.

Tout ça a été développé notamment à partir de 2017. Je cite Facebook. Pourquoi ? parce que Facebook, on a des Facebook files, donc des repentis, des lanceurs d'alerte qui autrefois étaient ingénieurs dans cette entreprise et qui nous ont révélé comment à partir de 2017, cette entreprise voulant retenir de plus en plus les gens sur son réseau a choisi l'algorithme le plus toxique, celui de la colère.

Et donc c'est dans ça que baignent nos enfants. Pour répondre à votre question sur les apprentissages, on envoie les effets néfastes aujourd'hui. Alors vous évoquez Facebook, regardez une archive bien avant 2017 et le moment que vous évoquez euh et ben les réseaux sociaux comme Facebook n'étaient pas sous le feu des critiques et c'était plutôt un lieu de socialisation merveilleux.

Facebook h petites lettres synonymes de révolution. Plus de 50 millions d'utilisateurs à travers le monde. C'est clair, ce site gratuit connaît un succès exponentiel.

Vous pouvez étendre votre réseau et pour retrouver des amis, un petit clic suffit. Ah ben, j'ai retrouvé des amis de vraiment de maternel quoi que j'avais pas vu depuis au moins 15 ans et j'avais perdu toute trace d'eux et donc c'est vrai que du coup on peut savoir ce qu'ils ont fait, leurs études maintenant, revoir leur leur leurs photos, à quoi ils ressemblent et donc du coup c'est vraiment sympa pour ça. Pe donner des surnoms sympas à des copains, des clins d'œil à ce qu'on a fait dans le weekend, un rendez-vous pour un ciné. les surnoms sympas des copains François Saltiel.

C'est vrai qu'il y a quand même cette vertu pour certains des réseaux sociaux de sortir de sa solitude, de la socialisation quand même, non ? Oui, je pense qu'il faut pas oublier lorsqu'on pointe les pratiques des jeunes sur les réseaux sociaux que c'est aussi un endroit de sociabilité. Lorsqu'on est adolescent, on a besoin de communiquer, d'être les uns avec les autres.

Alors, évidemment, il y a beaucoup de dérives, il y a beaucoup d'effets toxiques, on est tous d'accord là-dessus, mais si les adolescents y vont, ils sont toujours parfois d'ailleurs, ils ont sont très conscience des dangers, hein. Ils sont très conscients d'ailleurs du temps qu'ils perdent sur les réseaux sociaux lorsqu'on les interroge ses adolescents, disent "J'en ai marre de passer ma vie à 3h à se roller, qu'est-ce que j'ai fait de ma vie ? Est-ce que je peux pas faire quelque chose d'autre ?" Néanmoins, ça reste quand même des endroits où il pu où ils peuvent communiquer les uns avec les autres.

De toute façon, on le voit bien sur les réseaux sociaux, ils ont 20 ans ces réseaux sociaux. On est passé d'une décennie d'enchantement avec les promesses dont votre que votre archive illustre bien à une décennie critique hein avec tous les scandales qui sont arrivés. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait au bout de 20 ans lorsqu'on arrive à ce point de maturité ?

Comment on arrive à à réagir ? Faut interdire chacun. Grégoire B, est-ce que c'est la bonne solution ou pas ?

Manuel Macron vient d'annoncer ce qu'ils vont interdire les réseaux au moins de 15 ans. Non, c'est la mauvaise solution si elle est pas adossée et on est quand même un certain nombre à le dire à des dimensions éducatives. C'estd que c'est évidemment une dimension éducative.

C'estàd comment on apprend à utiliser ces réseaux parce que vous citizz les chiffres sur l'adolescent qui se connectent pour 2/3 chaque jour aux réseaux sociaux. Je les chiffres chez l'adulte c'est tous les jours voire plusieurs fois par jour. Donc c'est aussi des outils qui vont être des outils qui vont être utilisés par exemple dans le monde du travail et puis dans leur monde et dans leur vie d'adulte.

Donc comment ils apprennent à les utiliser ? Avec l'autre problématique c'est que je rappelle qu'aujourd'hui là j'ai purement déclaratif sur un réseau social. Donc si j'interdis au moins de 15 ans et qu'il suffit de dire que j'ai plus de 15 ans pour les utiliser, même problématique.

Et la dernière chose quand même, je le rappelle, c'est quand ils auront des difficultés sur ces réseaux sociaux, à partir du moment où vous jouez avec l'interdiction, vous allez avoir des difficultés de certains adolescents de pouvoir dire qu'ils ont eu des difficultés sur ces réseaux parce que précisément c'est interdit. Et ça, je pense que les externalités négatives, il faut les prendre en compte avant de décider de l'interdiction ou non. Et on on va développer ces questions, mais vous vous êtes pour hein l'interdiction au moins ?

Je suis pour en vertu d'un principe simple qui est que vous savez qu'en droit français un mineur juridiquement ne peut pas contracter pas ses contrats. Pourquoi ? C'est un principe extrêmement protecteur.

En fait, on considère qu'il n'est pas encore suffisamment à maturité pour prendre des décisions aussi engageantes, sauf des actes courants de la vie comme acheter une baguette de pain ou un ticket de bus. Mais sinon, un vrai contrat. Or, quand on s'inscrit sur un réseau social, on contracte, on l'oublie, hein, dans le débat public, mais en fait, vous savez les fameuses conditions générales d'utilisation, les CGU que personne ne lit, elles font 50 pages, elles sont écrites en ti.

Et en fait dedans ça vous engage énormément. C'est-à-dire vous allez livrer vos données, vous allez être vous-même exposé sur la toile, vous allez courir des familiariser avant qu'il se retrouve dans la jeté dans le grand bain à un moment ou un autre. Est-ce que c'est pas aussi une manière de les habituer à dompter ces réseaux comme le dit ?

C'est là que je rejoins Grégoire comme quoi on peut être, j'allais dire intelligent dans la vie. C'est-à-dire que moi, [rires] moi je pense que il faut à la fois une règle importante sur un plan. D'abord, ça va aider les parents que d'avoir une règle simple de dire bah non en fait socialement c'est interdit.

On va plus laisser les parents tout seul. Et en même temps, il faut éduquer évidemment éduquer au numérique. Et je pense que dans le cadre de l'école, il y a des choses qu'on peut apprendre pour se familiariser mais sans tous les travers qu'on connaît.

Pour ou contre l'interdiction ? Je vais faire une réponse nuancée même si je dis que la nuance c'est pas la matière première des réseaux sociaux. Non, là où c'est intéressant c'est pour les parents qui se sentent démunis.

Dans le livre d'ailleurs, on le dit, les parents se sentent à la fois dans la position dealer de temps d'écran ou de gendarme de temps d'écran. À la maison, c'est compliqué de gérer les écrans. C'est l'objet de toutes les tensions avec cette technoférence. c'est la manière dont la technologie interfère dans nos relations.

Donc pour les parents, ça envoie un signal qui est de dire voilà c'est mauvais pour toi. Donc ça leur permet de nourrir un peu leur discours pour avoir un peu plus de conviction pour réguler ces écrans. Là où je pense que c'est pas une bonne idée déjà c'est je suis pas certain que ça fonctionne techniquement aujourd'hui il y a pas d'outil qui fait consensus sur la manière de vérifier l'âge des utilisateurs sans contrevenir à d'autres libertés ou alors que ce qui sont pas infaillibles.

He qui dit interdiction dit contournement et puis surtout on s'attaque pas au vrai problème. vrai ponem c'est le modèle d'affaires des réseaux sociaux donc c'est un aveu d'impuissance on va y revenir mais après Anna qui veut nous expliquer qu'il y a un pays qui a mis en place cette interdiction c'est l'Australie alors on peut faire un bilan déjà depuis quelques semaines petit bilan provisoire nuancé c'était le 10 décembre 2025 l'Australie est devenue le premier pays au monde à interdire les réseaux sociaux au moins de 16 ans. Et donc les 10 plus grandes plateformes Snapchat, TikTok, Instagram, YouTube X et d'autres doivent désormais prouver l'âge de leurs utilisateurs sous peine d'une amende qui peut atteindre jusqu'à 28 millions d'euros.

Il y a 2 semaines, le gouvernement australien a annoncé de premiers résultats plutôt encourageants. Près de 5 millions de comptes de mineurs ont été supprimés, tout en précisant dans le même temps que l'impact réel ne se mesurerait pas en moi, mais plutôt à l'échelle d'une génération. Alors pour vérifier l'âge de ces jeunes, les plateformes elles utilisent deux méthodes.

Le selfie avec reconnaissance faciale par intelligence artificielle ou la la pardon ou l'envoi de la pièce d'identité. Sauf que évidemment les ados contournent déjà et bien ces vérifications. Certains arrivent à se vieillir avec du maquillage justement pour dépasser le filtre du selfie.

D'autres modifient les pièces d'identité avec des logiciels d'intelligence artificielle. Et enfin, d'autres migrant, voilà, migrent vers des applis plus petites, moins connues mais pas moins dangereuses comme par exemple Coverstar qu'on voit à gauche, les Mononate ou Yop. Et celles-ci, elles ne sont pas encore concernées par l'interdiction.

En Australie, Najette Valcassen, 5 millions de comptes supprimés, c'est quand même pas rien. Est-ce que c'est bien la preuve que c'est ce qu'il faut que nous aussi nous fassions en France ? Oui, mais absolument.

D'abord pour répondre à la question techniquement, comment on fait ? Enfin, pardon, mais déjà aujourd'hui, les réseaux sociaux, pour la plupart d'entre eux interdisent l'inscription avant l'âge de 13 ans. Or, dans les déclaratifs é dans les chiffres que vous avez donné tout à l'heure, vous savez que nombre de jeunes entre 8 et et 13 ans sont d'ors et déjà sur les réseaux sociaux.

Donc euh la question qu'on peut se poser, c'est pourquoi est-ce qu'on attaque pas en justice les réseaux en question pour n'avoir pas fait respecter leurs propres règles au nom de la protection de l'enfance et leur faire payer des amendes ? Donc déjà techniquement c'est bel et bien faisable et je pense que en effet ces 5 millions de comptes supprimés c'est un beau résultat queil y ait des gens qui contournent. Vous savez c'est un peu comme quand on dit les boîtes de nuit sont pas accessibles avant l'âge de 18 ans.

Vous avez des jeunes qui vont avec des fausses cartes d'identité et cetera. On sait très bien, c'est comme quand on met une limitation de vitesse euh sur le tableau de bord de la voiture, il y a des gens qui grillent ces limitations de vitesse, mais ça veut pas dire que l'ensemble le fait. C'està-dire qu'il y aura des exceptions, mais la règle générale demeurera qu'on doit protéger cette enfance.

Grbord comme TikTok a indiqué avoir supprimé 642000 comptes appartenant à des moins de 13 ans en France en 2024. Donc ils le font tout de même. Non, ils ne sont pas totalement impuissants ou inefficaces.

Oui, mais pour les avoir auditionné dans la commission écran d'Emmanuel Macron, je veux dire, ils sont quand même euh d'une duplicité absolue. C'estd quand vous leur posez la question, ils vous disent "Mais on n' pas d'utilisateur de moins de 13 ans sur nos plateformes puisque comme l'âge est déclaratif effectivement, ils n'ont pas de de d'utilisateur qui en même temps, ils nous disent qu'ils ont des algorithmes qui permettent de définir l'âge en gros de leurs utilisateurs." Je rappelle et on en revient, la la véritable enjeu, c'est quand même la régulation de ces acteurs économiques. comment on arrive à montrer qu'au-delà de cette interdiction des réseaux, on va réellement réguler ce qui pose problème, c'est-à-dire la façon dont ils ont créé les algorithmes.

Et c'est pas acceptable qu'il a des algorithmes qui soient créés pour maximiser le temps qu'on y passe pour des mineurs, je le répète. Et la deuxième chose, c'est sur la question des contenus parce que je le rappelle, à 15 ans, être exposé à un contenu qui fait la promotion du suicide ou l'automulation, c'est tout aussi inacceptable qu'à 13 ans. Donc qu'est-ce qu'on va régler réellement ?

Alors, j'entends hein, tout à fait. l'exigence de dire qu'on bout du processus et qu'on réguler ses acteurs privés. Pardon François Saltiel, est-ce que ça vient pas être en aide aux parents justement qui se disent "Bah voilà, c'est une interdiction donc ça peut aider aussi au dialogue, non ?

Ça alors ça peut aider au je sais pas si ça peut aider au dialogue parce que ce qui peut aider au dialogue c'est peut-être justement de faire un peu plus d'éducation à ce qui là de pédagogie en disant bah tiens au lieu d'interdire et il faut que ça soit punitif et si on comprend pourquoi il est dangereux pour toi, explique-moi ce que tu y vois. Vous savez quand on demande à un adolescent à la fin de sa journée comment s'est passé ta journée, on peut aussi demander comment s'est passé ta journée en ligne. Essayer de comprendre aussi qu'est-ce qu'il a vu que pensez qu'il va répondre.

Bah en tout cas pas moins ou pas plus que quand on quand on lui pose la question comment s'est passé la journée d'ad. Mais l'idée c'est juste arriver à faire ensemble de partager. Vous savez ce qui est au moins intéressant avec la question des écrans c'est que c'est un problème partagé par toutes les générations.

C'est partagé par les parents la dit qu'ils doivent être exemplaires parce que s'ils sont constamment sur leur téléphone comment arriver à être convaincant lorsqu'on demande à les interdire ? Donc ça c'est la première des choses. Une exemplarité des parents.

Une exemplarité des parents bien sûr, ça touche toutes les cases sociales, tous les genres et puis mais beaucoup de pays dans le monde. Donc faisons de ce problème partagé, essayons de trouver des solutions communes. Et donc plus qu'une interdiction, je pense qu'il faut plutôt aller vers des notions de pacte, c'est-à-dire se dire bah tiens, ensemble, c'est pas toi qui a un problème avec les écrans, c'est toi et moi qui avons un problème avec les écrans.

Donc ensemble voilà, écrivons un petit contrat, on arrête lors du repas d'avoir nos téléphones, on arrête au moment du sens que vous parlez d'expérience François. Exactement. [rires] Oui, mais Grégoire Borst du ça c'est du côté de la famille. le pact mais par exemple est-ce que les plateformes elles devraient juste être régulées plutôt que enfin voilà est-ce qu'on peut penser à une forme de régulation ?

Il faut absolument qu'elle soit régulée. Et comment ? Alors ça c'est il y a il y a ce qu'on appelle le DSA, le Digital Service Act.

Il faut qu'on aille au bout du DSA à l'échelle européenne parce que de toute façon ça sera une on aura un moyen de pression à l'échelle européenne. Il faut qu'enfin ces plateformes, je rappelle que c dans le DSA laissent l'accès à leurs données parce que la recherche permettra aussi d'aller détecter les vulnérabilités potentielles parce que la population adolescente, elle a une particularité, c'est qu'elle est extrêmement hétérogène. C'est pas vrai que tous les adolescents sont impactés par les réseaux sociaux.

Il y a effectivement des populations qui sont plus à risque. Les filles notamment, on sait qu'elles sont beaucoup plus à risque d'ex de l'exposition qu'elles ont sur les réseaux sociaux, notamment en terme de d'image du corps, d'estime de soi, mais aussi de symptômes dépressifs parce qu'elles ont déjà deux fois plus de symptômes dépressifs que les garçons. Donc il y a un véritable enjeu aussi à s'adresser.

La dernière chose que j'aimerais dire, c'est il faut écouter aussi les adolescents. C'est-à-dire que c'est une décision qui les concerne. Je trouve qu'ils sont totalement absents de cette conversation alors même que ils ont des choses à nous dire.

C'est pas ce qu'il demande d'ailleurs l'interdiction des réseaux sociaux. C'est pas ce qu'ils nous ont demandé et que je rappelle que il y a quelque chose qui s'appelle la convention internationale des droits de l'enfant et que pour toute décision qui concerne l'enfant, ils doivent être consultés. Il est temps qu'on les consulte avant de faire cette loi d'interdiction.

Alors justement à propos de les consulter, moi ce que j'ai relevé avec beaucoup d'intérêt, c'est que l'année passée, il y a eu coup sur coup deux enquêtes d'opinion auprès des jeunes aux États-Unis d'une part et en Grande-Bretagne de l'autre. Et en gros, on a interrogé les 18 27 ans, donc une catégorie bien précise sur cette question des réseaux sociaux. Et en fait, la moitié d'entre eux vous dit que finalement, ils auraient préféré vivre dans un monde qui ne connaissait ni réseaux sociaux, voire ni réclame pour vous cette interdiction.

Pardon ? Il réclame cette interdiction. Ouais.

Ouais. Je pense que en fait quand on écoute en fait les jeunes sont plus avancés que les adultes parce que les adultes sont évidemment captifs également du numérique, on parle depuis tout à l'heure des jeunes mais les adultes aussi. Et quand on les écoute, ils sont nombreux bah finalement à avoir de la lucidité sur le ce qu'ils y perdent, sur ce qui leur manque aujourd'hui.

Puisque Grégoire Borit évoqué les les jeunes filles, pardon mais je voudrais dire ce chiffre sur votre antenne. Depuis 2007, chez les adolescentes, on a assisté à une explosion de + 570 % d'hospitalisation pour tentative de suicide ou d'automutilation. C'est c'est pas un un effet comme ça anodin, c'est vraiment un bouleversement de société.

Donc les jeunes honnêtement pour beaucoup d'entre sont conscients qu'il y a quelque chose qui va pas. Et de la même façon que les parents regrettent désormais d'avoir donné à un âge trop jeune, on le voit dans les frateries, les parents finalement quand viennent les cader donnent à un âge plus âgé le le premier téléphone parce qu'ils regrettent de l'avoir donné trop jeune au premier de la fraterie. Et bien chez les jeunes aussi il y a cette prise de conscience, il faut qu'on les aide.

Ils peuvent pas se débrouiller seul. C'est vraiment une alternative désirable aussi parce qu'on dit qu'il faut couper justement les réseaux sociaux mais après si on coupe les réseaux sociaux, on les remplace par quoi ? Donc il faut que cet espace public il soit aussi attractif, désirable pour que les jeunes puissent y circuler et qu'il y a pas des trains qui les refusent ou des cafés qui les refusent si vous voyez ce que je veux dire.

Mais just mais est-ce qu'il peut pas y avoir aussi des réseaux sociaux éthiques responsables en lieu et place de ceux qui existent déjà ? C'est l'ambition par exemple d'Anzitter ancienne cadre du géant eBay et qui entend lancer W social pour concurrencer X anciennement Twitter très critiqué on sait pour son usage des algorithmes écoutez là of course GDPR other European laws make the users Ben François François, c'est peut-être la solution, c'est d'autres réseaux sociaux. C'est pas forcément aniler les réseaux sociaux mais en inventer d'autres.

Ça c'est une solution ou pas ? Ça peut être une solution évidemment puisqu'on a on a ciblé le modèle économique qui est délété qui maximise le temps d'attention. Donc si on arrive à un modèle économique qui soit beaucoup plus vertueux ou pourquoi pas un service public après bah dis regardez un service public parce que finalement vous savez he les réseaux sociaux il faut qu'amplifier des phénomènes existants.

C'est déjà le patron de de TF1 qui disait je vends du temps de cerveau disponible pour Coca-Cola. Voilà, on se rappelle et là le résag d'état si on dit que c'est les exactement c'est ce qui c'est c'est l'autre problème ou alors sur abonnement avec des données le seul souci c'est qu'on part avec presque 20 ans de retard puisquon a estimé que ces réseaux sociaux avent 20 ans et qu'aujourd'hui il y a d'autres technologies qui sont là et qui posent d'autres problèmes comme l'intelligence artificielle générative. Euh juste pour réagir là-dessus parce que on évoquait tout à l'heure les législations européennes donc le DSA et le DMA notamment.

Il y a une chose qui est très importante dans cette législation européenne c'est que elle interdit les grands monopoles en fait. Elle cherche à casser les grands monopoles des gars femmes ou et ce faisant finalement elle prome la concurrence à la limite le jour où on aura une vraie concurrence c'est-à-dire qu'on aura pas c'est quelques acteurs qui maîtrisent tout le marché qui empêchent les autres d'entr l'a pas déjà eu pourquoi mais alors là il faut lire mon livre pour voir le lobby [rires] le lobby le lobbying intense des plateformes pour éviter toute régulation et empêcher la concurrence mais le jour où on aura de la vraie concurrence en effet peut-être que des offres plus éthiques pourront voir le jour en la matière Mais en attendant, on doit se protéger parce que c'est vraiment gravissime ce qui se passe. Warb en même temps ceux qui créent les plateformes comme TikTok en Chine.

Regardez, c'est drastique. Interdiction de 22h à 6h, les moins de 8 ans 40 minutes, de 8 à 16 ans 1h et de 16 à 18 ans 2h. Vous allez dire que c'est pas un modèle inspirant.

J'entends mais c'est pas un modèle inspirant. Je suis désolé. On est dans une démocratie.

L'enjeu c'est l'éducation. c'est savoir effectivement, j'entends très bien qu'il faut protéger les plus vulnérables, mais protéger les plus vulnérables, ça va largement au-delà de la simple interdiction des réseaux sociaux. Comment on change les rythmes scolaires pour prendre en compte les besoins de sommeil des adolescents ?

Parce que c'est pas uniquement parce qu'ils passent du temps sur leurs écrans qui sont très fatigués, donc qui ont des difficultés des difficultés de concentration. Et comment on permet d'avoir une société aujourd'hui qui à chaque fois qu'elle parle des jeunes ne les catégorise pas comme des problèmes ou de façon négative ? C'est aussi sur eux qu'il faut s'appuyer pour essayer de réguler ces plateformes et de construire un futur désirable.

Vous êtes sur les réseaux sociaux, vous voyez, de temps en temps, vous vous dites "J'y suis trop, j'y suis jamais." Très bien. Et vous ?

Menteur, je t'ai vu tout à l'heure et vous ? [rires] Non, non, moi j'y suis et c'est peut-être le fait d'y être qui me permet de prendre conscience de la dégradation. [rires] Non, non, mais alors j'y suis volontairement un peu moins ces derniers temps.

Est-ce que vous avez réduit justement votre consommation par exemple vous ? Euh non. Ce dont je me rends compte c'est qu'effectivement, j'ai exactement les mêmes problématiques qu'une partie des individus.

C'est je commence à m'enfermer, c'est que je ne supporte plus finalement le débat contradictoire et que je finise par globalement sortir d'un certain nombre de choses, mais parce que ça prend beaucoup de temps quand même. Et ben écoutez, vous l'avez supporté très bien ce soir ici. Merci à tous les trois.