Rapport Alloncle : la commission Bolloré sur l’audivisuel public ? avec Erwan Balanant
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
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C'est marrant, on t'avait reçu l'année dernière, enfin il y a un peu plus d'un an, juste après la nomination de François Bayrou à Matignon. Un an plus tard, comment tu as vécu cette année toi déjà ? T'as l'impression que tout s'est effondré autour de toi ou ça va ?
Non, ça va, ça va bien. Bonjour tout le monde déjà. Non, c'est une année difficile politiquement, parce qu'on sent qu'il y a des choses qui se trament qui ne sont pas vraiment marrantes. Tu penses à quoi quand tu dis ça ? Je pense à une sorte de montée en puissance d'un fatalisme face à l'arrivée du Rassemblement National. C'est comme ça que tu le vois toi ? J'ai l'impression qu'aujourd'hui, de plus en plus, les gens ont intégré cette idée que le futur ou la future présidente de la République sera du Rassemblement National. Et moi je refuse cette idée autant que je peux.
Tu penses que ce sera ça le bilan final du macronisme après dix ans à l'Elysée ? Non. Et à Matignon d'ailleurs au demeurant ?
Non, parce qu'il y a un devoir d'inventaire à faire. Évidemment, tout n'a pas été parfait, mais il y a des choses qui ont été faites et qui ont été des bonnes choses. On pourra y revenir. Et puis je rappelle que par deux fois, c'est la candidature de Macron qui a évité l'arrivée de Marine Le Pen au pouvoir. Il faut aussi le rappeler ça. En même temps, il y a eu la légitimation de ces thématiques, beaucoup de lois immigration, de lois séparatistes. Moi je suis très à l'aise sur les... François Bayrou qui vient parler de submersion migratoire, etc. à l'Assemblée Nationale. Les thèmes du RN ont été banalisés par la majorité. Non, je ne suis pas d'accord. Les thèmes du rassemblement...
Moi je suis plutôt d'accord moi. Oui, c'est mieux que chacun soit d'accord avec soi-même. Ça commence comme ça généralement. Non, moi je ne suis pas d'accord avec ça. Alors quelles ont été les erreurs de votre camp qui font qu'aujourd'hui, le RNSEO ? Déjà, moi je n'aime pas parler de camp. Il n'y a pas des camps. Non, mais... Le macronisme. Oui, mais justement, nous, Modem, on n'est pas macronistes. On a une identité, c'est ce que j'ai essayé de vous expliquer il y a un an. Oui, mais ça n'empêche pas qu'on a pu soutenir, effectivement. Et moi, je ne suis pas du genre... Moi, je suis plutôt loyal comme garçon.
Et il y a eu des choses qui ont été, et puis il y a eu des choses qui n'ont pas été. Si vous voulez, je peux vous dire ce qui a été, puis ce qui n'a pas été. On peut faire la liste. Ce qui m'intéresse, c'est qu'est-ce qui a favorisé l'extrême droite ? Qu'est-ce qui fait qu'on en est là ? Qu'est-ce qui a favorisé l'extrême droite ? C'est un contexte international aussi. On n'est pas en France, le seul pays dans le monde, à avoir une montée de l'extrême droite. Je vous rappelle que le président de la première puissance démocratique du monde a un candidat... Le candidat qui a gagné, le président des États-Unis, est un candidat d'extrême droite.
C'est vrai, mais en Europe occidentale, il n'est pas plus haut qu'en France, l'extrême droite. Même en Italie, ils sont plutôt plus faibles que... En Italie, je suis désolé, Mme Mélanie, je n'ai pas l'impression que c'est une dangereuse gauchiste. Non, non, je suis d'accord avec vous, mais c'est une opposition avec la droite. Donc, il y a un contexte international. On est dans un monde en pleine mutation, un monde qui est plein d'interrogations sur la question du climat, qui est une des premières sur lesquelles il faut qu'on se pose des questions. Le monde aujourd'hui tel qu'il est ne peut pas être le monde demain. Ça ne marchera pas, ça ne durera pas.
Et ça, ça percute nos sociétés profondément. Et donc, partout dans le monde, il y a des interrogations. Et quand il y a des interrogations dans des sociétés, c'est le terreau le plus simple pour ceux qui ont des idées, justement, simplistes et des idées populistes. Et aujourd'hui, il faut refuser tout ça. Il faut refuser tout ça. Et je crois, et c'est peut-être pour ça que je suis démocrate. Moi, je ne dis pas centriste. Je suis démocrate. C'est pour ça que, justement, la force de la nuance est importante. La force de l'analyse des faits et de tenter de rester calme. Je ne suis pas le dernier à perdre parfois mon calme parce que vous avez cité ma petite altercation avec M. Allong.
On va en reparler. Si vous voulez, on en reparlera parce qu'il a un peu détourné les faits.
On va en reparler. Mais avant ça, tu parlais de l'identité du modem. On sent que le modem s'émancipe quand même vachement en ce moment. C'est vrai qu'il est de moins en moins macroniste, pour reprendre ce terme. Vous n'êtes pas d'accord avec Renaissance sur la loi Yadant, sur le travail du problème. Ce sont quand même les deux derniers textes. Mais sur plein de sujets, on n'a pas été d'accord parfois. Et sur le budget, la dernière fois, ça a été très tendu aussi. À quoi elle tient encore le bloc ?
Parce qu'aujourd'hui, justement, dans ce monde où il y a des radicalités puissantes, dangereuses pour ce que nous avons construit depuis des années, je crois que parfois, il faut plutôt regarder ce qui peut nous rassembler que ce qui peut nous diviser. Ça paraît une formule éculée de vieux politiques, mais c'est une réalité. Il faut mettre du contenu, quand même. Du contenu, il y en a. Il y a plein de choses sur lesquelles on peut être d'accord. Et puis Bruno Retailleau qui parle de radicalité raisonnable. Mais Bruno Retailleau... Et Bruno Retailleau a été dans le gouvernement de François Bayrou. Oui, je sais. Et j'ai été très en colère de ça. Et je l'ai assumé.
Donc ça, ça fait partie des ratés qui ont peut-être aussi permis de banaliser les idées des femmes droits. Alors après, Bruno Retaille... Pour nous acclimater. Non, moi, l'idée de l'acclimatation des idées qu'on aurait favorisées, je ne suis pas complètement d'accord. On a été aussi un rempart contre les idées d'extrême droite. Je le pense. Et moi, je continuerai ce combat. Parce que c'est le combat de ma vie. Moi, le combat de ma vie, c'est pour ça peut-être que, à chaque fois que je parle, j'ai des points rouges. Vous savez, le Rassemblement national, je suis parmi les députés qui détestent le plus. Je crois que vous pouvez témoigner. Et donc, je continuerai. Je continuerai.
Parce qu'on a construit dans ce pays, depuis longtemps, avant même la Révolution, un modèle démocratique qu'il nous faut préserver à fond. Et cette idée, notre constitution, notre bloc de constitutionnalité qui part quand même de la Déclaration universelle des droits de l'homme, ce n'est pas de gauche ou ce n'est pas de droite, ça. C'est notre commun. C'est notre commun. Et moi, je me bats pour qu'on garde ce commun. Et que ce modèle qui a permis beaucoup d'avancées sociétales, qui a permis beaucoup d'avancées culturelles, beaucoup d'avancées démocratiques, on le garde. Voilà. Il y a encore...
On aura des questions pour toi sur les institutions. Parce que je sais que tu as fait des propositions dans le débat public. Je reviens sur l'ambiance actuelle. À l'Assemblée nationale, on a l'impression qu'il n'y a plus personne. Les députés ne viennent plus en séance, ne votent plus. Apparemment, il n'y a plus grand monde dans les cabinets ministériels non plus. On est en fin de règne. Le cornu a dû taper le poing sur la table, d'ailleurs, là-dessus, sur l'absence des députés. Qu'est-ce que tu en penses, toi ?
Je ne sais pas. Moi, je suis là. Je suis là. Normalement, on est en coupure. Je suis venu aujourd'hui pour lire le rapport. Sept semaines, on va en parler. Alors, ce n'est pas des vacances. Oui, oui. C'est des coupures. Pendant ce temps-là, on continue à travailler. Bien sûr, bien sûr. C'est ce que je voulais dire. Oui, oui, non, mais voilà. Non, mais il y a encore des députés qui sont là, qui sont présents, oui. C'est vrai que c'est difficile. C'est très difficile quand on est dans un système où il n'y a plus du tout de majorité. Et donc, il n'y a plus d'opposition. Et on est dans un moment politique. Il y a toujours des oppositions. Il y a des oppositions, mais parfois complètement…
Ce n'est pas les mêmes. Sauf qu'il y a des majorités absolues. Le côté binaire, on disait aussi, finalement, ce n'est pas très intéressant. Je suis entièrement d'accord. Et c'est aussi pour ça que je prône la proportionnelle pour qu'on sorte de ce système français qui est unique en Europe. On est les seuls à avoir encore un système uninominal à deux tours majoritaires. Parce qu'il n'y a plus de faits majoritaires dans nos sociétés. Nos sociétés, elles ne sont pas éclatées. Il y a une diversité d'opinions. Il y a une diversité de croyances, de choix de vie de certains. Et tout ça, il faut pouvoir refaire commun.
Et la seule façon de refaire commun, c'est de ne pas être pour ou contre quelque chose. Et de se dire à certains moments, est-ce qu'on ne peut pas travailler sur ces sujets ? Il y a des sujets qui vont nous tomber dessus, qui sont des sujets pour nos sociétés énormes. Et si on cède à la radicalité, je pense qu'on n'est pas bien, collectivement. Pour revenir sur une forme de bilan... Oui, bien sûr, c'est pour toi. C'est marrant, en préparant l'émission, j'allais dire que vous étiez un vrai député centriste. Vous n'acceptez pas le terme, mais démocrate, partons là-dessus. Parfois même, vos positions vous ont parfois rapprochées d'un centre-gauche.
Je dis ça parce que, je le rappelais, vous arrivez auprès de François Bayrou, quand il créait le MoDem en 2007. Donc la première vraie tentative d'un centre indépendant, en tout cas depuis longtemps, depuis la Ve République. Vous le quittez quand il décide de faire des alliances quasi-exclusivement avec la droite ? Oui, c'est un peu plus complexe que ça, parce qu'il n'y avait pas d'alliance exclusive, mais il y avait une alliance qui m'avait dérangé à l'époque, avec Laurent Wauquiez. Et vous revenez en 2017, et vous êtes élu député à ce moment-là. Malgré tout, est-ce qu'on a quand même bien dévié du point de départ par rapport à 2017 ? Vous ne diriez pas ça, vous ? Nous, non.
Et si on a quelques opposés ? C'est particulièrement une politique qui a été menée. Oui, justement. Mais nous, groupe démocrate, pourquoi on est tant en querelle, parfois avec Renaissance, on a un député, Jean-Paul Matéi, qui a énormément travaillé sur la taxation des super-profits, parce que nous, on est persuadés que pour vivre ensemble et pour avoir ce modèle, il faut qu'il soit juste. Et que la politique fiscale, on n'a pas été toujours en phase avec la politique fiscale. J'entends ce que vous dites, mais vous avez toujours été, malgré tout, des soutiens du gouvernement.
Est-ce que vous diriez qu'au bout de quasiment dix ans, le contrat qui avait été passé, si je puis dire, en 2017, il est rempli ? En tout cas, moi, j'ai une certitude, c'est que j'ai essayé de faire ma part. Collectivement, le groupe démocrate a fait sa part aussi. Moi, je suis assez fier d'être dans ce groupe. Ça part pour atténuer les dégâts ? Non, pour porter une vision de la société que nous, on a. Pourquoi, justement, j'ai vu sur le tchat, sur le tchat, pardon, j'ai vu, il a osé le ni droite ni gauche. Ben oui, c'est pour ça que je dis démocrate. C'est toujours ni droite ni gauche ? Moi, je suis démocrate. C'est pour ça que je dis que je ne suis pas centriste.
Parce que quand vous êtes centriste... Vous, j'ai bien compris, mais vous êtes partie prenante à l'époque d'une majorité. Ça ne veut pas dire que vous n'avez plus de personnalité, mais voilà, vous souhaitez un gouvernement. Alors, je pense effectivement, et ça, je le dis, et je l'ai dit, et je l'ai dit aux intéressés, c'est que la promesse initiale, celle qu'on a un peu raillée, due en même temps, il y a parfois eu un appui un peu plus sur la jambe de droite que sur la jambe de gauche. Wow ! Oui, mais vous, Isul, vous êtes un gauchiste, un vrai, un dur. Donc, c'est vrai que si on se met sur les positionnements politiques et si on s'amuse à les barissantes, notre barissante, il est éloigné.
Vous êtes bien plus à gauche que moi, mais moi, je refuse. Le courant démocrate, la famille démocrate, c'est très peu connu parce qu'elle a été effacée par la Vème République. C'est un courant qui est né, justement, de cette opposition, de cette opposition au capitalisme émergent au début de... fin 19e, début 20e, et une autre opposition au communisme, enfin, à l'époque, le socialisme, l'international socialisme, en disant qu'il y a une troisième voie, qu'il y a une troisième voie où on peut prendre un certain nombre de choses des deux côtés, en même temps, mais avec une idée à chaque fois. C'est mettre l'humain, mettre la personnalité humaine au centre.
Et c'est ça, le personnalisme porté par Sannier, le créateur du mouvement démocrate, enfin, de la famille démocrate. Les démocrates, dans notre pays, c'est eux qui ont inventé les coopératives, c'est eux qui ont inventé la mutualité. Il faut le rappeler. Mais vous dites, précisément, l'humain d'abord et le capitalisme, ça ne va pas. Non, il y a l'humain d'abord, aujourd'hui, avec un autre point important, en tout cas pour moi, c'est que l'humain, dans une planète qui est polluée, dans une planète en déliquescence, il ne survit pas. Donc l'humain, son environnement, et ce qui est porté en ce moment par beaucoup de spécialistes de l'environnement, l'idée d'une santé globale, le One Health.
Namou ? La dernière fois, du coup, on vous... Oui, vous étiez là, je me souviens. Oui, j'étais là, tout à fait. Et donc, on avait François Bayrou qui s'apprêta à devenir Premier ministre. Aujourd'hui, il a perdu la mairie de Pau. Donc, comment votre famille politique se positionne ? Derrière, quelle figure vous allez vous rallier ? Est-ce que vous commencez un peu aussi à vous positionner dans la course vers 2017 ? 2017, 2027, pardon. 2027, oui. Nous, on est, comme ça a été dit par Adèle, on est un peu, enfin, elle l'a pas dit, mais un petit peu quand même, d'une certaine façon, on est un peu idéaliste.
Et on a quand même cette idée de penser que le sujet de 2027, c'est aussi les idées qu'on va proposer. Et qu'est-ce qu'on propose à notre société face à ces enjeux, face à la montée des radicalités, face aux enjeux climatiques, face aux enjeux sociaux aussi, et face aux enjeux démographiques de notre pays. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, notre modèle qui reposait sur la solidarité intergénérationnelle, quand il y a une génération qui est en train de disparaître et qui... Enfin, vous voyez, on a un vrai problème démographique. Et je ne suis pas en train de vous parler de réarmement démographique. J'ai trouvé, par exemple, cette formule très malheureuse. Voilà. Mais par contre, on a un problème.
C'est-à-dire que si on n'a plus d'enfants dans une société, c'est que... Il ne faut pas dire que c'est la faute de certaines personnes qui veulent plus d'enfants. C'est qu'on est dans une société qui n'offre pas les conditions pour accueillir des enfants. Et c'est un vrai problème. On est dans une société violente. On est dans... Alors, on est dans une... Moi, je regardais les chiffres du coefficient d'inégalité qui progresse en France, là où il a tendance à se réduire chez nos voisins européens. On est même... Voilà, on est en progression. On a vraiment dégringolé dans le classement des pays. Ajoutez à ça les riches qui n'ont jamais été aussi riches. On retrouve des chiffres...
Au début, ils avaient 200 milliards, les riches, il y a 10 ans. Maintenant, ils ont plutôt 1200 milliards. Il y a une fortune considérable qui s'est amassée en haut. Le nombre de personnes à la rue a explosé. Et vous venez nous dire... Oh, ça va, on a fait ce qu'on a vu. Je ne suis pas en train de vous dire que ça va. Je suis en train de vous dire qu'on a des enjeux énormes. Et je suis en train de vous dire qu'il y a des choses qui ne vont pas. Et sur la question dont vous parlez des inégalités, le vrai sujet aujourd'hui, dans notre pays, c'est que les gens qui travaillent ne gagnent pas assez. Ce qui fait que... Mais les gens qui ne travaillent pas non plus.
Les gens qui ne travaillent pas, encore pire. Et c'est pour ça que moi, je veux dire, une des fiertés du travail qu'on a pu faire, c'est que dans ma circonscription, quand j'ai été élu député, il y avait quasiment 13-14% de chômeurs. On est descendu à 7. Et moi qui étais président d'une association d'insertion... Mais quelles conditions de travail ! Non, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai parce que... On est aussi très fort en nombre d'accidents de morts au travail en Europe. Oui, parce que dans notre pays, contrairement aux autres pays européens, on compte aussi les accidents sur le trajet du travail. Je n'ai pas vu non plus de volonté d'action contre ça.
Juste finir sur cette histoire du travail. C'est que, quoi qu'il arrive, quand on travaille, on a plus de chances de réussir dans la vie que quand on ne travaille pas. Je pense que ça, c'est quelque chose... Ici, il y a plein de jeunes. Leur premier boulot, pour eux, c'est une émancipation. Mais il y a plein de raisons d'accidents, de parcours de vie. Mais évidemment. Je viens de vous dire, j'étais président d'une association d'insertion pendant 10 ans avant d'être élu député. Parce que justement, oui, il faut aussi accompagner ceux qui, parfois... Un accident. Parfois, c'est un divorce qui fait que des gens décrochent. Oui, exactement. Parfois, c'est un divorce.
La plus grande trappe à pauvreté dans ce pays, c'est justement, essentiellement, les femmes, qui sont les femmes seules avec des enfants. Bon, ça, c'est des sujets qu'il faut qu'on pose sur la table. Et personne... Je trouve que les familles politiques ne posent pas la question de c'est quoi une famille aujourd'hui. Moi, je ne suis pas pour le retour à la famille papa, maman, cato, la messe et tout. Je ne suis pas de cette obédience-là. Pendant 10 ans, quand on a parlé d'inégalité sociale, de violences sociales et tout, on nous a répondu, le travail, de toute façon, c'est le travail, le travail rend libre, etc. C'est 10 ans de ça. Non, mais alors...
Oui, oui, mais juste pour revenir sur les inégalités, un des grands creusements des inégalités dans notre pays aujourd'hui, c'est entre ceux qui ont travaillé toute leur vie et qui arrivent aujourd'hui à la retraite. Et alors, évidemment, il y a des gens qui ont des retraites, des difficultés. Mais aujourd'hui, le niveau médian entre les salariés et ceux qui sont à la retraite, le niveau est plus élevé pour les retraités. On est les seuls dans le CDE. C'est un vrai problème. Et comme par hasard, on a 100 milliards d'épargne supplémentaire des retraités dans notre pays, 100 milliards, c'est la dette de notre pays tous les ans. Et donc ? Et donc, il y a un problème de tuyaux. Oui, oui.
Et il y a un problème de... Donc, il faudrait privatiser un peu les retraites pour faire des fonds de pension. Non, non, c'est pas ce que je suis en train de vous dire. Non, je ne sais pas. Je me demande où vous allez. Il faudra qu'il défendre dans le débat public. Ce n'est pas ton cas. Non, non, non. Moi, je pense qu'on a un modèle, le modèle par répartition. C'est un beau modèle, mais c'est un modèle qui fonctionne que si on a des enfants et que si on a de l'intergénérationnel. Mais là, on parlait de revenus. On ne parle pas de patrimoine. Or, on va avoir une question de patrimoine. Et le patrimoine, c'est un vrai sujet. Voilà. Le patrimoine, c'est un vrai sujet.
Le patrimoine qui va être transmis.
Oui.
C'est énorme. Tu es pour la taxe Zuckman ? Non.
D'accord. C'est quand même dommage.
Je ne suis pas pour la taxe Zuckman, mais je suis pour plein d'autres moyens de justement refaire plus d'égalité.
Est-ce que tu es pour une fiscalité revue sur les transmissions ?
Oui. D'accord. Moi, je pense que c'est un des enjeux et c'est un des enjeux pour équilibrer notre dette sociale aussi. Le PS dans son projet. Et c'est quelque chose qu'on porte au Modem, Jean-Paul Matéi. Les groupes de travail, vous n'avez pas dit, je suis secrétaire général adjoint et je suis chargé du projet. C'est toi qui es chargé du projet ? Je ne le savais pas. Voilà. On a cette question. Oui, parce que nous, on fait moins de bruit souvent. Non, mais arrête.
Je n'avais pas noté ça. Mais formidable.
Oui, non, mais... Moi, je ne suis pas un des cadors de la politique dans notre pays. Moi, je suis juste un modeste député et j'en suis très fier. Hier, le PS, par exemple, dans son projet, propose une taxation sur les grandes transmissions un impôt sur les grandes transmissions qui concernerait, je crois, environ 11% des héritages, donc vraiment les très, très hauts héritages. Est-ce que ça, par exemple, c'est quelque chose qui vous intéresse ? Alors, moi, je n'aime pas les... Non, si, si, si. Si, si, si. J'aime bien les impôts. Je veux dire que... Moi, je me suis mis à payer des impôts quand j'étais élu député. J'étais fier de payer des impôts. Voilà.
Parce que ça veut dire, un, déjà, je gagnais mieux ma vie qu'avant. Et donc, ça voulait dire que c'était plus confortable. Donc, moi, je ne suis rien contre les impôts. Non, sur les... Pourquoi je n'aime pas l'idée de la taxe Zuckman ? C'est de faire croire que la solution, elle, est là sur les très riches. Ce n'est pas vrai. Et nous, on l'a analysé. On l'a analysé. Il y a des gens économistes qu'on a vus qui nous disent que ça pose des vrais problèmes parce que la taxe Zuckman, elle va être sur le patrimoine des entreprises. Mais oui, mais c'est un vrai sujet. Vous avez une entreprise... Vous prenez une entreprise de 100 millions qui est une belle entreprise, mais qui génère...
Vous avez vu ce qu'ils mettent dans le patrimoine des entreprises. Ils mettent leur yacht, ils mettent leur maison. Alors ça, qui a porté les amendements sur ça, justement ? Jean-Paul Matéi, à l'époque. J'ai beaucoup cité Jean-Paul Matéi. C'est notre ancien président. Mais on a un très bon président aujourd'hui, c'est Marc Félic. Justement, vous qui êtes démocrate, vous voyez bien que les inégalités de patrimoine créent des inégalités politiques. Vous voyez bien que plus les riches sont riches, plus ils sont puissants, y compris politiquement. Je ne pense pas seulement à Bolloré.
Je pense au poids énorme que prennent certains tycoons qui, du coup, vont aussi avoir l'oreille attentive de Macron. On a entendu que Bernard Arnault avait dit à Macron, après la dissolution, surtout pas la gauche. Bon, bah, écoute, apparemment, il a été écouté. Ça fait plaisir. Mais vous voyez le poids politique démesuré que prennent ces grandes fortunes qui, aujourd'hui, sont en train de regarder comment ça se passe aux Etats-Unis et qui se disent tiens, on pourrait même presque gouverner nous-mêmes ou Bardella serait peut-être un bon véhicule pour notre pouvoir brutal, le pouvoir de notre argent. Il serait peut-être temps, aujourd'hui, d'éroder ses fortunes.
Il faudrait que ses fortunes baissent. Alors, que des fortunes baissent, que des situations de rente soient réglées, oui, entièrement d'accord. Mais qu'on décourage, d'une façon ou d'une autre, des gens à créer, à se dire que moi, je vais réussir, c'est mon sujet. On est encore là-dessus. Oui, mais oui, je suis encore là-dessus. Je suis désolé. Je suis désolé. Moi, je ne suis pas pour la grande linéarité de rente. Là, on a changé de situation. Même si on a changé de situation. Et là où je vous donne un point et où je vous donne raison, c'est que la fiscalité dans notre pays, elle doit être revue.
Depuis très longtemps, nous, on porte, par exemple, l'idée qui a été reprise, mais ça avait été porté dès 2017. On avait des amendements sur ces questions et j'ai vu que M. Mélenchon l'a repris dans son programme. C'est plus de linéarité dans les échelles. La progressivité de l'entreprise. Et nous, dès 2017, on avait proposé non plus 5 tranches. On avait fait des amendements à 10 tranches et des abonnements à 7 tranches.
Tu reconnais ces voix ?
C'est Donald Trump, président des Etats-Unis, et Robert Kennedy Jr., le ministre de la Santé américain. Ces gens-là, ils sont à la tête de la première puissance mondiale. Et pourtant, ils ont dit des dingueries sur les vaccins. Trump, il a dit qu'on vaccinait trop les bébés. Kennedy, il a insinué qu'il y avait un lien entre les vaccins et l'autisme. C'est une théorie complètement débunkée par la science. Le problème, c'est que quand des responsables politiques diffusent des fausses infos sur un sujet aussi important, ça a des conséquences très concrètes.
La confiance baisse, les gens se vaccinent moins et des maladies qu'on pensait contrôler comme la rougeole, par exemple, refont leur apparition. Et c'est précisément pour éviter ça que la recherche indépendante est essentielle. La science doit rester au service de la société et ne doit pas être dictée par des pouvoirs politiques. Si je te parle de ça, c'est parce que du 27 avril au 3 mai, c'est la semaine de la vaccination. Cette avancée scientifique qui a sauvé 154 millions de vies au cours des 50 dernières années. À cette occasion, Baxit s'associe à l'Institut Pasteur, cette fondation qui travaille depuis plus d'un siècle sur les maladies infectieuses et sur les vaccins.
Et comme on est tous concernés par le sujet, n'attends pas pour t'informer sur comment ça marche, pourquoi c'est essentiel et démêler le vrai du faux. On te met un lien en description. Alors, il faut qu'on avance parce que tu es également membre de la fameuse commission d'enquête sur l'audiovisuel public déclenchée par l'extrême droite. Elle a fini ses travaux. La suite, normalement, c'est la rédaction d'un rapport. Pour que ce rapport soit publié, il faut qu'il soit voté par les membres de la commission et pour qu'il soit voté, il faut bien qu'il puisse le lire. C'était aujourd'hui qu'il était disponible pour la première fois à la lecture seulement aux membres de la commission ce rapport.
Tu l'as lu. Oui. Qu'est-ce que tu y as vu ?
Il est bien ? Comme je respecte les règles, je ne vais pas vous dévoiler le contenu parce que je suis pour les...
On a suivi les commissions, donc on a suivi les auditions, donc on a vu quand même deux, trois trucs.
Voilà, mais aujourd'hui... Non, mais tout à fait. Tu ne peux rien nous en dire ? Aujourd'hui... Si, si, je vais vous dire des choses. C'est qu'aujourd'hui, j'ai l'impression que le rapporteur a décidé de s'auto-censurer. Quoi ? Voilà. Son rapport est aujourd'hui tellement... Mauvais. Prensé ? Mauvais. Mauvais. Outrancié à certains égards, caricatural, qu'il met tout en œuvre pour qu'il soit censuré. Et moi, j'ai dit, je l'ai dit et je le redis, je suis contre la censure de ce rapport parce que ça sera la machine à fantasme. Donc tu vas voter pour ? Non.
On va lui demander, on a une réunion 14h30 lundi pour le vote, on va lui demander un certain nombre de changements puisque c'est notre droit, nous sommes aussi membres de cette commission et on verra ce qu'il en fait. Et s'il ne change pas une ligne ? Parce qu'aujourd'hui, il y a des parties dans le rapport qui sont pas mal, d'ailleurs on voit la plume des administrateurs à ce moment-là, on les connaît. Et puis... Oui, eux, ils sont bons. Généralement, ils sont bons. Et puis surtout, ils sont justes. C'est-à-dire que quand ils disent quelque chose, ils le sourcent.
Et on a d'autres parties du rapport qui sont mal sourcées avec des interrogations et parfois des propos qui sont très limites et des... Comment dire ? Des formulations qui sont... qui nous heurtent. On était nombreux à le lire aujourd'hui et un constat assez général. Voilà. Et donc M. Allon, qu'il a un travail à faire encore, c'est pas prêt son truc, quoi. C'est pas prêt. Et il aurait dû s'organiser pour que ça soit prêt. Est-ce qu'on peut sortir
un bon rapport d'une commission comme celle-là ?
Moi, je ne crois pas parce que le champ de ces questions a tourné autour. Il a raté toutes les questions à poser et il y en avait sur l'audiovisuel public à poser. Il y a des enjeux mais énormes. Aujourd'hui, on a un modèle. Moi, je le défends. Je le défends tellement que je me suis pris le bec avec lui et que j'ai perdu patience et c'est pas bien mais j'aimerais qu'on y revienne parce que j'aimerais...
On va y revenir après.
Mais les sujets de comment notre audiovisuel public et comment notre modèle informationnel et culturel qui est un beau modèle, qui est un modèle vertueux, qui crée beaucoup de valeurs. Il crée beaucoup de valeurs dans ce pays. 13 milliards, rien que l'audiovisuel, c'est ce que ça rapporte à l'État. Vous avez travaillé dans l'audiovisuel avant. Oui, oui. Et puis surtout, j'ai beaucoup travaillé sur ces sujets depuis que je suis député. comment ce modèle-là évolue par rapport à la question des réseaux sociaux ? Comment ce modèle évolue par rapport à vos plateformes, à ces nouveaux modes de communication qui ont des règles qui ne sont pas les mêmes que les médias traditionnels ?
Dans notre pays, tous les médias ont une règle qui est la règle de la responsabilité. C'est-à-dire que quand vous êtes un média, que ce soit public, privé, audiovisuel ou presse, vous avez un directeur de publication. Et ce directeur de publication est responsable jusqu'à la responsabilité pénale de tout ce qui va être publié. Ça, c'est dans la presse écrite ? Non, dans la télé aussi.
Dans la télé aussi, tu es un directeur de publication. Dans la télé aussi. Et normalement, ça peut te rassurer, je suis responsable de la publication de l'exit. C'est très bien. Non, mais c'est très bien. Et comme je suis toi, je te dis ça, il ne faut pas que tu laisses entendre qu'il n'y a pas de règles sur Internet. Exactement. Je ne dis pas
qu'il n'y a pas de règles qui est le système français et européen, qui est un système régulé. Et sa régulation, elle tient par l'état de droit et le respect de l'état de droit et de nos valeurs.
Il y a des régulations sur Internet.
Il y a des régulations sur Internet.
Le juge judiciaire.
Oui, mais c'est beaucoup plus compliqué. Et vous avez des plateformes aujourd'hui qui s'extraient de cette responsabilité. Et vous avez des plateformes qui ont une méthode de régulation qui est la régulation financière. Ça devrait plaire à M. Usul. Et qui est la régulation par l'algorithme. Et aujourd'hui, moi, je pose une question qui n'a pas été abordée dans ce rapport. C'est est-ce qu'il ne faut pas revoir la responsabilité des GAFAM aujourd'hui pour protéger nos enfants ?
Ce n'était pas l'objet de cette commission d'enquête. Tu me l'accorderas. Ce n'était pas l'objet de cette commission d'enquête. C'est une question qui se pose, mais ce n'est pas...
Mais si, c'est l'objet de cette commission d'enquête. Si, c'est l'audiovisuel public le sujet. Comment on protège notre modèle audiovisuel public qui n'a pas les mêmes règles ?
Alors, on va reparler de ce qui s'est passé dans cette commission d'enquête puisque son rapporteur, Charles-Henri Alloncle, tu ne le portes pas vraiment dans ton cœur. Je n'ai rien contre lui. Je ne porte pas dans mon cœur les idées mortifères qu'il défend. OK. En tout cas, il y a eu un accrochage violent avec lui. On va regarder tout de suite l'extrait et tu nous en parles juste après.
Ah oui, on va... Merci. Bon, on ne s'en reparle. Bon. Merci beaucoup. On va laisser, on va laisser, on va laisser, monsieur le rapporteur, monsieur le député. On va te régler, dit Erwan Balanant à mon propos. T'inquiète, on va te régler.
Alors, t'inquiète, on va te régler.
Sauf que, hors antenne, parce que lui, il a le micro, moi, je n'ai plus de micro. On l'entend très loin. Moi, ce que je dis, quand il me dit, il dit, c'est des menaces. Là, vous ne l'avez pas non plus. Et je lui dis, non, ce n'est pas des menaces. C'est ton rapport que l'on va argument contre argument. Je vous laisse aller voir le rapport, le compte rendu. Le compte rendu. J'étais... La personne qui fait le compte rendu était là. J'étais là. Je me mets toujours à côté d'eux, comme ça, je suis sûr d'être entendu. Parce que je sais que le micro... Voilà. Je le dis, on va argument contre argument contrer tes positions sans mauvaise manière. Donc, je ne lui fais aucune menace physique sur lui.
De toute ma vie, je ne me suis jamais bagarré. Bon. On le voit, il y a beaucoup de choses que vous regrettez dans cette commission. Ah, mais cette commission, c'était un cauchemar. Vous avez été vous-même président rapporteur notamment de la commission sur les violences dans la culture, le cinéma. Et donc, qu'est-ce qui... Je vois marqué octogone.
Ça s'appelle un chat de Twitch.
Est-ce que pour vous, cette commission, elle montre aussi peut-être les limites des commissions parlementaires ? Justement, vous êtes en train de parler de ce fameux rendez-vous lundi. vous allez un peu essayer d'inciter monsieur Alonc à rectifier justement son rapport. Est-ce que vous pensez qu'il y a des choses qui auraient pu être faites dans le fond, dans la forme ? Oui. Qu'est-ce que vous auriez fait si vous écoutez Charles Alonc ? Moi, j'ai été rapporteur d'une commission d'enquête qui n'était pas non plus un petit sujet sur les violences dans le monde de la culture. Dans le monde de la culture et essentiellement les violences sexistes et sexuelles.
Bon, bref, vous connaissez l'histoire. Quand vous êtes rapporteur d'une commission d'enquête, vous avez des pouvoirs exorbitants. Vous avez des pouvoirs énormes. Et pour parler, pour paraphraser Churchill et Spider-Man, quand vous avez... Un grand pouvoir. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Ce n'est pas Spider-Man, c'est son oncle, mais enfin bon. Voilà. C'est vrai. C'est son oncle. Je suis un grand fan de Churchill et de son oncle. Non, mais plus sérieusement, ça donne des pouvoirs énormes. Et ces pouvoirs, il faut, si vous voulez ne pas faire des abus de pouvoir, il faut vous inscrire dans un cadre éthique et déontologique. Moi, je n'ai jamais...
Et on a travaillé ensemble avec Sandrine Rousseau et on a beaucoup... Vous avez fait des interviews ensemble.
Ça change de la commission
d'enquête. On a beaucoup travaillé ensemble tout simplement parce qu'une commission d'enquête, ça donne des grands pouvoirs et ça donne des possibilités d'action énormes aussi. Et donc, il faut travailler ensemble et il faut, face à la personne qu'on auditionne. Et moi, j'avais parfois des potentiels auteurs de faits délitueux, voire criminels, potentiellement. Il faut garder humanisme, respect de la personne et non-manipulation des faits, chose que n'a pas faite M. Alonc. M. Alonc avait devant lui des gens qui étaient sous serments. Donc, quand vous êtes sous serments, déjà, vous avez les pétoches, c'est normal, ça fait pour ça, et vous êtes engagé à dire la vérité.
Et quand vous avez quelqu'un qui détourne et qui fait des contre-vérités et qui parfois même détourne la vérité que vous venez de dire, c'est très dur et c'est pas juste. Dans notre pays, il s'est pris pour un procureur. Dans notre pays, les magistrats, procureurs et juges prêtent serment, justement, de ce serment de traiter les gens avec humanisme, respect. C'était très inquisiteur. Voilà. Respect du macartisme un petit peu dans l'esprit. C'est ce que, dès la première audition, je lui ai dit, on a commencé comme ça, je lui ai dit, Macarty, Macarty, pas très bien fini. Alors, moi, j'ai juste une observation, c'est-à-dire que tout à l'heure, je parlais du pouvoir de nuisance des riches.
Là, il me semble que l'UDR, le parti de M. Alonc est né dans le bureau de Vincent Bolloré de son fantasme d'union des droites qui a donné, du coup, ce parti de Ciotti dont Alonc est un des petits soldats. On avait, à ce moment-là, tout l'écosystème Bolloré, CNews, Europe 1 qui pilonnaient dans la même direction contre le service public. Aujourd'hui, dans l'Ibée, est sortie une tribune de journalistes, de techniciens, de gens qui travaillent pour Radio France qui disent « Depuis, il y a des agressions, il y a des insultes, on se fait cyberharceler, etc. » Le pouvoir de nuisance de Bolloré sur ce coup-là a été extraordinaire. Est-ce que c'était une commission Bolloré, déjà ?
Moi, j'avoue que j'ai des interrogations sur l'intérêt à dire que... En service commandé, quoi. Oui, j'ai aucune preuve, donc voilà. Mais je me demande à quoi jouait M. Alonc là-dessus ? Est-ce que M. Alonc qui était parfois très renseigné avec des renseignements très ciblés, est-ce que c'est lui tout seul qui a eu ces renseignements ou est-ce qu'ils lui ont été fournis ? C'est des questions qu'on pourrait se poser. Ça arrivait direct sur Europe 1 dans la seconde. Voilà. Mais il y a un sujet, moi, sur cette commission d'enquête qui m'inquiète énormément justement sur l'état de notre démocratie. L'UDR, Ciotti, quand vous êtes président de groupe, vous avez un droit de tirage par session.
Vous devez donc choisir. En gros, chaque groupe a droit à une commission d'enquête par an. Une commission d'enquête par an à peu près. Monsieur Ciotti, obsédé par les immigrés, la politique migratoire depuis tout le temps, avait une commission d'enquête sur la table sur ce sujet et celle-là. Et il choisit pas les immigrés, il choisit l'audiovisuel public. Et moi, c'est le déclenchement qui m'a fait dire qu'il faut y aller parce que je me suis dit que pendant très longtemps, leur ennemi, c'était l'étranger et pas que l'ennemi, c'était le responsable de tous les maux de notre pays.
Et là, on bascule dans un truc et Grasset, Bolloré, le groupe Hachette nous montrent bien qu'on bascule dans une extrême droite décomplexée qui nous dit pas que l'étranger, c'est l'erreur ou la cause de tous nos maux. Notre façon de penser et notre modèle est aussi le responsable du mal et des difficultés qu'on a dans notre pays. Quelles conclusions vous en tirez politiquement ? Qu'est-ce qu'on fait contre Bolloré ? Politiquement, à un moment donné, j'ai envie de dire républicains et démocrates de ce pays, unissons-nous. Et qu'on ne pourra pas continuer à voler séparés, à voler divisés tous ensemble. Je relance ma question de tout à l'heure du positionnement du modem.
Aujourd'hui, comment vous positionnez ? Moi, je me positionne personnellement. Je vais vous dire parce que nous, on a parfois pas mal de voix personnelles et on en discutera et je suis à peu près sûr qu'on suivra cette idée-là. C'est qu'une de nos ambitions, ce ne sera pas non pas d'être contre l'extrême droite un peu bêtement, c'est juste de nous dire comment on sauve notre République et notre démocratie. C'est ça le sujet de l'élection présidentielle ? Pour moi, le sujet, il est là.
Et le sujet, il est là et il est aussi de régler évidemment les problèmes du quotidien des Français qui sont énormes et je suis d'accord que tout n'est pas résolu et qu'il y a encore beaucoup de choses à résoudre.
On voudrait en parler avec toi justement de la question institutionnelle parce que je t'ai entendu au fil du temps proposer des choses intéressantes. Tu as dit que tu voulais par exemple la fin du suffrage universel direct pour l'élection du président de la République. Tu as dit également que tu étais pour la proportionnelle au sein de l'Assemblée nationale. Est-ce que tu veux une sixième république ? Une sixième république ?
Moi, je considère que la cinquième, elle a beaucoup de souplesse et il faut la faire évoluer. Mais je rappelle qu'au début de la cinquième république, le président de la République, il n'est pas élu au suffrage universel. C'est de Gaulle qu'il le fait parce qu'il voit qu'il va perdre et qu'il est en train de perdre pied. Voilà. Donc, ce n'est pas anodin. Et aujourd'hui... Est-ce que tu es d'accord pour dénoncer le présidentialisme ? Mais moi, je dénonce le présidentialisme. Pourquoi je fais cet amendement de provocation ?
On en avait parlé il y a un an parce que c'était un amendement de provocation pour dire qu'on ne peut pas dans notre pays avoir un homme, peut-être un jour une femme, j'espère, providentiel qui devient l'homme ou la femme pestinentielle. Ce n'est plus possible, ça. On est sur des cycles où il y a un sauveur. Alléluia. Et encore ce coup-ci, on va avoir un sauveur. Si c'est Bardella ou Le Pen, je ne suis pas sûr
qu'il va nous sauver grand-chose. Tu connais comme moi la principale critique à la proportionnelle. C'est le risque d'avoir un régime de parti. Excuse-moi, mais aujourd'hui, on a 11 groupes. Est-ce qu'on n'est pas un peu déjà dans un régime proportionnel ? Est-ce que ça te plaît ce qu'il y a en ce moment ?
Non, parce qu'on n'a pas été élu sur le modèle proportionnel.
Ça changerait quoi ?
Ça changerait qu'aujourd'hui... Vous allez avoir l'élection présidentielle. Vous allez avoir un président ou une présidente élue. Les gens vont se positionner pour ou contre ce président. C'est tout. C'est tout ce qui va se passer. Et donc ce pour ou contre ne permet pas à un moment donné
de se dire... Et là, 2024, c'est pas ce qu'il s'est passé. C'était une dissolution.
Non, c'est vrai que c'était pas tout à fait ce qu'il s'est passé, mais il s'est passé quelque chose. Et là, je trouve qu'il n'y a pas eu de prise en compte de ça. C'est que... Qui a gagné les élections 2024 ? Très bonne question. Vous allez dire... On a une réponse. Vous, vous allez dire le NFP. Ah non, non, pas moi. Non. Qui a gagné les élections ? C'est le Front Républicain. Ça, c'est vrai. C'est des modérés de droite jusqu'à assez loin, d'ailleurs. Oui, pas que des modérés de gauche. Pas que des modérés de gauche qui ont dit on ne veut pas du Rassemblement National. Donc, en fait, voilà, c'est pas rien. Et qu'est-ce qui va se passer si on continue comme ça ?
On ne sera incapables de faire ce qu'ont fait tous les autres pays. On est le seul pays européen, on est le seul pays européen à avoir ce mode de scrutin à l'élection des députés. Et il faut le changer. Et donc, je vous dis, le 6 mai, avec trois autres députés, on organise un colloque sur le sujet, sur la proportionnelle. Et on a fait un texte sur la proportionnelle qui est un bon texte, qui est un travail transpartisan, justement, où on a même eu une des auteurs du texte, Marie Récal, de PS, qui est venue dans le groupe, elle était contre la proportionnelle.
Et le travail qu'on a fait avec des constitutionnalistes, avec des gens qui connaissent les institutions, avec des groupes de travail, elle est devenue pour et elle fait partie maintenant des quatre mousquetaires de la proportionnelle que nous sommes avec M. Gouffier-Valente, Jérémy Organoff et Marie Ricalde. Donc socialiste. Rachel ?
Votre proposition, elle a un mérite quand même parce que le débat sur la proportionnelle, il n'est pas nouveau et il est souvent très très faible dans le genre on est pour la proportionnelle sauf que la vérité c'est que la proportionnelle peut y en avoir de plein de types différents et en fait, on voit très bien à quel point sur le papier, il peut y avoir une majorité pour la proportionnelle à l'Assemblée mais on voit très bien comment chacun va défendre sa proportionnelle et prétexter ça pour ne pas aller plus loin. Vous, vous êtes arrêté sur une version de la proportionnelle, c'est celle à l'Allemande ? Plus à la danoise qu'à l'Allemande. D'accord. Petite nuance mais c'est...
Mais du coup, pourquoi particulièrement celui-ci et est-ce que vous pensez qu'il y a une majorité pour ça ou est-ce que... Moi j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de faux-semblants. Moi j'ai quand même l'impression que dans tous les partis, il y a quand même des gens qui se disent « Ah, je veux tout le pouvoir pour moi, j'aurai la majorité absolue. » Vous savez, il y a Jean-Louis Bourlange, ancien député modem qui est très érudit, cite toujours la citation suivante, il dit « Les dindes ne votent jamais pour Noël ». Et en fait, un député élu dans un mode de scrutin pense la plupart du temps qu'il sera toujours élu par ce mode de scrutin. Donc il est très frileux à le changer. Voilà.
Et donc c'est un des vrais problèmes avec la proportionnelle. Vous avez plein de gens qui sont pour la proportionnelle tant qu'ils ne sont pas élus et une fois qu'ils sont élus, ils se disent « Ah mais moi j'ai été élu comme ça. Est-ce que... » Nous on a un modèle qui concilie l'ancrage sur les territoires et qui permet d'être une représentation réelle des familles politiques du pays. Vous savez, quand vous êtes dans le mode de scrutin actuel, quand vous êtes certains électeurs dans certaines circonscriptions, votre vote il ne sert à rien.
Il ne sert à rien parce que vous savez que de toute façon votre candidat dans cette sociologie électorale il fera 5% et votre vote de premier tour il n'aura servi à rien. Nous on propose un système où on vote pour les députés de territoire sauf qu'il y en aura moins. Il y aura 60% enfin 40% de circonscriptions en moins premier tour vous votez pour votre député sur le premier tour comme maintenant et vous votez en même temps sur votre famille politique. Il y a deux voix. Il y a deux voix. Vous avez deux votes.
Deuxième tour il y a un deuxième tour et le soir du deuxième tour on regarde tous les députés élus qui ont été élus dans les circonscriptions et on fait une compensation avec la liste du premier tour. Ce qui fait que vous pouvez parfaitement avoir dans ma circonscription quelqu'un qui m'aime bien qui vote pour moi parce qu'il m'aime bien parce que j'ai bien bossé et c'est une réalité j'ai bien bossé et qui en même temps parce qu'il est proche des socialistes des LFI ou parfois même des républicains va voter sur la liste républicaine. Et là vous êtes encore en train d'inventer un truc qui n'existe pas ailleurs. Si, ça existe dans tous les pays européens. À deux tours ?
Alors deux tours non mais pourquoi on garde les deux tours ? On garde les deux tours parce que justement et c'est là qu'il faut être malin quand on fait des changements électoraux c'est qu'il faut garder les habitudes. Il ne faut pas faire des grandes révolutions. Vous allez garder des réflexions majoritaires. Mais non, on n'aura pas la réflexion majoritaire parce qu'on a simulé. On a fait un gros boulot. On a simulé, on a fait des projections sur les résultats depuis je crois que c'était 2002. Ça a fait beaucoup de sens ça. Les gens ne votent pas de la même manière. Les gens ne votent pas de la même manière. Ça c'est vrai. Ça c'est vrai et vous avez raison là-dessus. Je vous donne le point.
Ça complique en plus. Ça complexifie le vote. Non, ça complique. Je vais vous dire il y a un vote. Vous êtes parisien ? Non, non. Moi je suis parisien. Bon, le vote pour Paris il n'est pas les plus simples.
Il y a deux urnes. Voilà.
Franchement ça se fait. Voilà. Et le vote pour les... Tout le monde a les votes pour les régionales. Vous savez comment sont élus vos candidats ? À la proportionnelle. Ouais. Si on départementale. Bah oui mais Rachel, toi... Ah désolé. C'est son métier. Évidemment c'est son métier mais enfin c'est compliqué aussi. Donc en fait et puis c'est compliqué c'est pas si compliqué que ça. Tous les citoyens qui sont... Non, je suis assez d'accord. Qui ont envie de s'y mettre ils regardent comment ça fonctionne et puis... Namou. On parlait du Front Républicain. Là on a l'impression un peu que ce Front Républicain il shift un peu contre les filles.
Est-ce que pour vous il y a justement cette tendance c'est pas un accélérateur justement de la victoire du RN ? Comment vous vous... Vous savez dans ma circonscription j'ai exactement le contraire de ce que vous me dites. J'ai des gens qui me disent moi j'en peux plus ce week-end encore. Quelqu'un qui m'a dit moi la prochaine fois je vais être RN parce que j'en ai marre des outrances de Mélenchon. En même temps qu'est-ce qu'il entend à la télé ? Il entend que Mélenchon... Ouais mais il entend enfin il n'y a pas que la télé aujourd'hui. Donc pour vous il y a une nécessité d'avoir un Front Républicain contre le LFI ? Non parce que c'est pas la même chose. C'est pas pareil.
Moi je l'ai toujours dit. C'est pas la même chose parce qu'on part pas sur la même idée humainement, philosophiquement en termes de philosophie politique c'est pas tout à fait la même chose. Mais il y a des outrances chez Jean-Marie Le Pen ouh ouh ouh pardon de l'axeus ? Pardon, pardon chez Jean-Luc Mélenchon qui vont pas qui vont pas et qui... Et cette volonté de conflictualiser tout c'est un problème c'est un vrai problème. Mais tu pourrais voter pour lui contre le RN ? Je ferais tout pour que ça n'arrive pas que j'ai pas à avoir le choix. C'était pas la question. C'est ma réponse. D'accord. D'accord vous l'avez envoyé dos à dos là du coup Oui c'est pas ça.
Non non non je l'ai dit j'ai dit dans la presse régionale chez moi moi je ne renvoie pas dos à dos Mais vous pourriez pas voter pour contre le RN ? Voter pour les insoumis contre le RN ça vous ferait trop mal ?
C'est pas un prix que vous êtes prêt à payer pour faire barrage ? Il y en a qui ont voté Macron deux fois quand même.
Ouais moi je l'ai fait moi. Ouais tu vois. Et ça fait mal. Ouais ouais Oui je comprends. J'ai encore mal. À ma France. Mais on verra le programme on verra la campagne et j'espère que ça n'arrivera pas. Le programme c'est une question de programme ?
Oui oui oui S'il y a par exemple oui vous avez raison Non mais c'est un vrai sujet C'est un vrai sujet mais je vois Mélenchon est devenu l'épouvantail oui par ses attitudes C'est pareil les voix de la gauche c'est pratique quand ça vient voter et puis après derrière il n'y a rien il n'y a pas de poste de ministre il n'y a rien on ne gouverne pas avec la gauche et l'inverse ne serait pas vrai vous ne voteriez pas pour la gauche si en face il y avait le RN ce n'est pas vrai Vous en avez vraiment les dindons de la farce tout le monde ?
Non parce que dans la séquence 2024 chez nous il y a des gens beaucoup on a perdu des députés qui se sont désistés pour faire élire des candidats à l'EFIST même quand on est devant on ne gagne pas non plus et moi je l'ai dit si dans ma circonscription moi dans ma circonscription je suis arrivé deuxième le RN est arrivé premier dans ma circonscription en Bretagne c'est nouveau ça la Bretagne et donc moi je l'avais dit si je me désisterais pour c'est en cas de triangulaire c'est le 3ème je m'aurais désisté et j'aurais même été sans doute peut-être sur le marché pour soutenir le candidat face au candidat RN et donc qu'est-ce qui est différent vous arrivez à le dire mais pour la présidentielle j'ai l'impression que c'est plus compliqué oui c'est plus compliqué parce que je ne souhaite pas pour la France je ne souhaite pas pour la France Mélenchon j'ai le droit aussi de le souhaiter bien sûr mais du coup j'espère qu'il y aura une alternative républicaine et démocrate et une alternative qui alors dernière question justement si Mélenchon arrive au pouvoir il y aura un gouvernement avec tout le reste de la gauche les socialistes rappliqueraient etc ce serait pas très bien vous en faites pas et l'alternative ce serait totalement il y aura un tournant
de la rigueur en 2030 à peu près
l'alternative
on l'a remis c'est où ? j'ai l'impression d'avoir Jean-Paul II n'ayons pas peur rentrer dans le chemin de l'espérance mais pourquoi pas
dernière question on a commencé cette émission en disant que c'était un peu le bal des prétendants en ce moment pour l'élection présidentielle tu as dû remarquer il y en a quand même un paquet qui sortent du bois il n'y en aura pas est-ce que tu penses que François Bayrou pourrait être candidat ? il l'a annoncé qu'il ne le serait pas ok d'accord ça en fait un de moins et bien c'est noté on arrive à la fin de cet échange merci beaucoup Erwan Balanand d'être venu sur notre plateau de backseat pour répondre à nos questions