Voeux 2024 Alain Milon
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Chaque début d’année est marquée par la traditionnelle présentation des vœux. Je dois avouer que si je me plie volontiers à cette tradition, il n’en demeure pas moins qu’il m’arrive d’osciller entre pessimisme et espérance, résignation et combattivité. Depuis plusieurs années, en dépit des vœux prononcés et des intentions affichées, on ne peut que constater la détérioration de la situation et la dégradation des relations humaines : Au plan international, les guerres de territoire que l’on pensait révolues alimentent à nouveau conflits et tensions.
Différentes formes d’obscurantisme entendent saper les fondements de nos démocraties : obscurantisme religieux, wokisme qui, comme l'écrit André Comte-Sponville, « sous couvert d’antiracisme et de lutte contre toutes les discriminations aboutit paradoxalement à racialiser ou communautariser le débat au point d’aboutir à de nouvelles discriminations jusqu’à l’intolérance » la « cancel culture » et sa volonté d’éradiquer de notre histoire et de notre culture tout ce qui semble offensant aux wokes Le dérèglement climatique, les radicalisations religieuses ou politiques, les populismes, le recours décomplexé à la violence et notamment à l’égard des représentants de l’Autorité, des élus, ou du corps enseignant Sont autant de sujets d’inquiétude, sources parfois de renoncement, d’abdication. Malgré ce constat, doit-on considérer qu’il n’existerait plus de raison d'espérer ? Non, bien sûr que non.
Si les raisons de s’inquiéter sont réelles, les raisons d’espérer le sont également et elles sont légions. Malgré les difficultés et la complexité de notre société, nombreuses sont les personnes qui s’engagent. Malgré les risques encourus dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions, les enseignants, les forces de l’ordre ou les pompiers continuent leur mission.
Ils ont tout mon soutien. Malgré le manque de moyens, le personnel soignant hospitalier ou de ville poursuit son travail avec humanité. La recherche médicale progresse et redonne l’espoir à des patients atteints de pathologies lourdement invalidantes.
Les bénévoles dans les associations qu’elles soient humanitaires intervenant sur les différents fronts partout dans le monde ou locales pour contribuer à la vie de la cité s’investissent souvent sans compter et gracieusement. Les élus, nationaux ou locaux souvent critiqués, voire vilipendés, sont pourtant les remparts et les garants des droits fondamentaux et libertés publiques consubstantiels à la démocratie. Les élus locaux, notamment, sont proches de leurs administrés, ils travaillent au quotidien et sans compter leur temps à l’amélioration de la qualité et du cadre de vie de leurs administrés.
Engagement, Conviction, Confiance tels sont les moteurs de l’espérance qui doit nous animer en ce début d’année tant à titre collectif qu’individuel. La complexité du monde dans lequel nous vivons en fait aussi sa richesse. Mais il oblige chacun à s’investir, à s’engager, à être acteur de la construction de la société de demain.
Je suis convaincu de notre volonté collective de défendre nos valeurs, d’accompagner la transition écologique indispensable pour offrir aux générations futures une terre habitable. C’est là un enjeu qui dépasse la question environnementale stricto sensu mais englobe des questions économiques, sociales, de flux migratoires… Ces questions relèvent d’une échelle supra nationale. L’Europe peut être une dimension pertinente et offrir, outre un espace démocratique et pacifié, une réponse idoine pour relever ces défis.
Avant de la condamner, ne l’oublions pas. « Garder la terre habitable pour tous doit nous forcer à renouer avec l’universalisme véritable… celui auquel nous invite l’anthropocène » Comme le disait François Gemenne, Convaincu de notre capacité à relever ce défi, je vous souhaite une belle année 2024 à vous-même et à vos proches.
Alain Milon