Face à Face : François Ruffin - 24/03
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Vous écoutez RMC Face à Face Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour François Ruffin Bonjour Merci d'être mon invité ce matin pour répondre à mes questions Vous êtes le député de la France Insoumise de la Somme Journée tournant hier Très fort regain de mobilisation Avec un nombre record de manifestants Notamment à Paris Des grèves, des grèves on va y revenir Dans les transports, dans la fonction publique, dans l'énergie Le ramassage des ordures Des blocages aussi et des violences Beaucoup de violences, des actes de dégradation, de vandalisme De saccage à Paris, à Rennes, à Toulouse À Bordeaux, à Lyon, à Montpellier Je voudrais qu'on commence Par regarder ces images C'est ce qui s'est passé pendant la nuit A la mairie de Bordeaux La mairie de Bordeaux qui a été Violemment incendiée par des manifestants Qui ont mis le feu au porche d'entrée Comment vous réagissez à ces images-là ?
Moi je ne suis pas partisan de la violence Je ne suis pas partisan de la violence A la fois pour des raisons morales et pour des raisons politiques C'est-à-dire que je crois que Ce n'est pas ce qui participe à rendre un mouvement populaire Loin de là Maintenant, il faut voir que Ce qui se passe aujourd'hui C'est que l'absence de réponse J'interrogeais des... Non mais attendez
Moi je vous interroge sur cette image-là Pas les violences en général Et pas maintenant il y a un problème en général C'est la mairie de Bordeaux
C'est la mairie de Bordeaux Vous pouvez me poser la question Est-ce que je suis pour qu'on brûle la mairie de Bordeaux ? La réponse est non et elle est évidente
Qu'est-ce qui se passe quand on brûle la mairie de Bordeaux ?
Qu'est-ce qui se passe ? Je vous dis que je suis contre ça Enfin je veux dire, il n'y a pas de doute là-dessus
Mais vous ajoutez immédiatement ? Bon, maintenant il y a un problème Arrêtez-vous un instant quand même là-dessus C'est la mairie de Bordeaux Et il n'y a pas eu de la mairie de Bordeaux Il y a eu le commissariat de Lorient Qui a été pris pour cible Il y a eu les vitres de la préfecture Qui ont été brisées à Nantes C'est des manifestants Qui se sont introduits dans le tribunal administratif Le tribunal, la maison de la justice du peuple Qu'est-ce que vous dites à ça ?
Moi je vous dis que Est-ce que je vous disais que j'étais pour ça ? Je viens de vous dire que je n'étais pas pour la violence Maintenant, on peut faire la liste de cela Maintenant on l'entend comme un mais Mais, mais vous pensez ce que vous voulez
Je suis contre mais Non, je n'ai pas dit ça Est-ce qu'on peut dire mais ?
Écoutez Madame de Mallard Je viens de dire avec clarté Ce que je pensais De ce que le fait qu'on brûle la mairie de Bordeaux Vous n'allez pas me le faire répéter 15 fois
Je pense que ça vaudrait de le répéter 15 fois
Alors répétez-le
C'est la mairie
Très bien Hier une manifestante s'est vue arracher le pouce C'était une accompagnante d'enfants en situation de handicap
On ne connait pas encore les circonstances
Très bien, alors on ne connait pas les circonstances Il y a des motards de la Brave M Qui ont roulé sur un manifestant Vous connaissez tous ces faits-là Donc je veux bien qu'on mette Est-ce qu'on va faire ?
Les chiffres ce matin C'est qu'il y a eu 457 personnes interpellées Du côté des manifestants 441 policiers et gendarmes blessés pris pour cible
De toute façon, vous savez moi Quand un français tape sur un français Qui porte un uniforme et qui ne porte pas des uniformes J'en suis blessé Quand il y a un mort du côté des militaires Du côté des gendarmes ou du côté des policiers Je fais une minute de silence à l'Assemblée nationale Mais je demande qu'il y ait un équilibre Et que ce qui se passe du côté des forces de l'ordre Se passe aussi de l'autre côté Mais vous savez, on ne va pas s'en sortir Si on prend le débat sur ce biais-là On ne va pas s'en sortir
Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'objectif C'est de ramener l'apaisement dans le pays Est-ce qu'on peut avoir cet objectif commun ? Je pense que tout le monde
Sauf ceux qui ont des guerres en mille feux Mais enfin, la vaste majorité des Français J'imagine ne souhaite pas ces violences
Moi je viens pour porter l'apaisement dans le pays Dans le cœur de la crise des Gilets jaunes J'interrogeais des syndicats policiers Qu'est-ce qu'ils me disaient ? On me disait, il y a là une crise politique Qui réclame une réponse politique Or on n'y apporte qu'une réponse policière On est dans la même situation aujourd'hui Nous avons une crise qui est profondément politique Qui réclame une réponse politique Et à laquelle on n'apporte qu'une réponse policière C'est-à-dire quoi ?
C'est-à-dire que la seule réponse Face à un mouvement qui est ample C'est dans la durée Depuis des mois et des mois Deux Français sur trois Qui disent on ne veut pas de cette réforme C'est quatre salariés sur cinq Les premiers concernés Qui disent on ne veut pas de cette réforme Les sondages sont clairs C'est tous les syndicats unis Qui disent on ne veut pas de cette réforme C'est des manifestations de masse pacifiques Avec un, deux, trois millions de personnes Une, deux, trois, quatre, cinq fois Qui viennent dire on ne veut pas de cette réforme Les deux mois de mobilisation
Que l'on vient de connaître en France Ont été d'une incroyable responsabilité
En effet dans la rue La surdité La surdité du président La surdité du gouvernement Qui n'apporte aucune réponse politique Et qui ne récompense que par une seule chose Qui est la force de coercition La force de coercition sur les manifestants La force de coercition sur les salariés Ça s'appelle les réquisitions La force de coercition sur l'Assemblée nationale Ça s'appelle le 49-3 Donc la question aujourd'hui Pour nous C'est qu'est-ce qu'il faut faire Pour se faire entendre du pouvoir là-haut Qu'est-ce qu'il faut faire Pour qu'on trouve un chemin d'apaisement Pour le pays
Mais dois-je entendre quand même Dans ce que vous dites François Ruffin Quand vous dites Qu'est-ce qu'on doit faire C'est-à-dire qu'au fond vous dites Un Emmanuel Macron Et le pouvoir est sourd Deux Quand on manifeste calmement Au fond Il ne répond pas Est-ce que vous faites partie De ceux qui disent Bon bah du coup C'est aussi pour ça Qu'à un moment La violence sort
Non Avec clarté Je dis Je ne suis pas favorable à la violence Je suis pour la force Mais la force du nombre
Est-ce que vous appelez Est-ce que toutes ces violences A tous ces départs d'incendie 170 départs d'incendie Sur la seule ville de Paris Cette nuit Est-ce que vous appelez
Est-ce que tout cela cesse J'appelle Est-ce que tout cela cesse Avec une réponse politique Et la réponse politique Elle est dans les mains Du Président de la République Le Président de la République Qu'est-ce qu'il a fait Il y a deux jours Est-ce qu'il a apporté La moindre réponse La réponse qui peut être apportée Pour ramener l'ordre Dans le pays Elle est simple Elle est simple Vous le savez C'est retirer ce texte C'est clair Aujourd'hui Pourquoi ce texte N'est pas retiré Ce n'est pas pour des raisons budgétaires Les économies Qui vont être faites avec ça Ça va être 0,1 point du PIB C'est dérisoire C'est simplement Pour des raisons autoritaires C'est que Comme l'a dit Le Président de la République Ce qui est en jeu C'est l'autorité de votre serviteur Et je ne vais pas la lâcher Au bout de six mois
Autorité ou autoritarisme ?
Là on est dans l'autorité
Voir même quasi-dictature ?
Non Est-ce que j'ai prononcé Non mais quand vous dites
C'est des raisons autoritaires Ça veut dire quoi ? Qu'est-ce qu'il doit comprendre ?
C'est des raisons autoritaires Aujourd'hui Monsieur Macron Est seul contre tous Il est même seul Contre les députés De sa majorité Qui voulaient aller au vote A l'Assemblée nationale Et qui n'y sont pas allés Pour un certain nombre d'entre En tout cas Ils l'ont exprimé De l'orgueil Je veux dire La France vit ce gâchis Parce que moi Ce que je vois C'est un immense gâchis Pour mon pays Et ils voient cet immense gâchis Pour des raisons d'orgueil Et bien il faut sortir De cette impasse Il faut avoir Vous savez moi Je lui demande Deux minutes de chiracisme
Que Vous appelez à ce qu'il fasse du chiracisme
Mais oui Qu'est-ce qu'il disait Chirac ? Vous savez Quand il y a eu le mouvement Sur les CPE Contre la première embauche 31 mars 2006 Depuis plusieurs semaines Le dialogue n'a pu aboutir Et la situation est restée bloquée Autour de la question du retrait Ou du maintien de ce texte Il est temps de dénouer la situation En étant juste et raisonnable Avec comme existence L'intérêt national C'est la mission Que me donne la constitution En république Quand il s'agit de l'intérêt national Il ne saurait y avoir Ni vainqueur Ni vaincu Nous devons maintenant Nous rassembler Vive la république Vive la France Voilà Ce qu'on attendrait On attendrait deux minutes De chiracisme Chez Macron
On n'a plus qu'à lire le texte Que vous lui rappelez ce matin François Ruffin Il y a eu beaucoup de jeunes Dans ces manifestations hier Qui n'étaient pas présents Jusqu'alors Dans les manifestations Que vous citiez Depuis le début du mois de janvier C'est eux Principalement aussi Qui A la fin des manifestations Ont été dans des confrontations Avec les forces de l'ordre Est-ce que vous dites Comme Gérald de Darmanin l'a dit Qu'il y avait carrément La volonté d'en découdre Avec les policiers Des cris qui ont été poussés Dans Paris Tout le monde déteste la police Nous sommes des loups-garous À câble C'est-à-dire All cops are bastards Tous les policiers Sont des bâtards Est-ce que ce groupe-là Qui voulait en découdre Avec la police Est-ce que vous reconnaissez Que la police Aurait été une cible Véritablement ?
Écoutez Là on est dans De la périphérie Par rapport au cœur de la question Vous savez Mais oui Parce que là Vous êtes sur Paris Paris Non non pas du tout J'ai commencé par Bordeaux L'Orient et Nantes J'en viens à Paris à l'instant Vous savez Ce qui se passe aujourd'hui Dans les profondeurs du pays Abbeville
Non mais attendez Vous n'allez pas me faire un procès En parisianisme Parce que je vous interroge Sur ce qui s'est passé à Paris C'est important
Je vous ai dit Ce que j'en pensais On ne va pas y passer une demi-heure Oui mais le procès en parisianisme
Est absolument faux
Non Oui les caméras sont braquées Sur la place de la Concorde Et voient beaucoup moins nettement Ce qui se passe à la ville Et sur la mairie de Bordeaux Et sur l'Orient Et sur Nantes Toutes ces images Elles sont passées partout Sur Rennes Absolument partout Regardez Et quand ça se passe De manière pacifique Est-ce que vous êtes là ? Parfaitement
Toute l'après-midi Il y a des réunions Des manifestations pacifiques Et nous étions évidemment Quand je dis nous Je pense que vous voulez dire Les médias
Hier Abbeville Il y a un rond-point Qui est bloqué par des artisans Qu'est-ce qui se passe dans le pays Quand ce sont des artisans Qui viennent dire Moi j'ai 53 ans Mes épaules Elles sont bloquées Je ne vois pas pour moi Et pour mes salariés Comment aller à 64 ans
J'ai entendu l'échange Entre vous et la présidente Du groupe Renaissance à l'Assemblée Elle vous disait Que dans ce texte Les gens dont vous parlez N'auraient pas deux ans de plus Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
Mais je réponds Que c'est un mensonge supplémentaire Elle dit
Ce sont des carrières longues Et les carrières longues
Ne sont pas touchées A la limite Vous savez Je pense que de la part De Horberger Comme de la part De M.
Macron Ce n'est même plus des mensonges Il y a un mot Qui convient mieux C'est ignorer le pays Ignorer le pays Dans le double sens De ce mot C'est-à-dire qu'ils ne savent pas Ce qui se vit dans le pays Et ils lui tournent le dos Mais Quand je vais Sur la zone industrielle Damien Vous savez Les critères de pénibilité Pour eux Ça n'existe pas C'est Du fonctionnement bureaucratique De croire que Parce qu'il y a du bruit Ça va être vraiment retenu Pour faire des trimestres en moins Et ainsi de suite Dans la réalité concrète Des gens Aujourd'hui Ça n'est pas ce qui se vit Et évidemment Les artisans que je croise À Abville Ils ne sont pas Fous Je veux dire Ils ne perdraient pas Des journées de salaire S'ils ne se pensaient pas Que pour eux Et pour leurs salariés Eh bien ça ne va pas avoir Des conséquences Que de rallonger L'âge de départ À l'artère de deux ans Mais puisqu'on est à Abville La mairie d'Abville A été envahie Pour la première fois Depuis peut-être La révolution française Après la motion de censure Ce que je veux dire C'est que
Vous le regrettez ?
Non je ne regrette pas du tout Parce que ça c'est Vous savez tout ce qui se passe
Quand vous citez la révolution française
De toute façon La révolution française Est au cœur de notre histoire Donc il y a un mouvement On ne peut pas comparer Ce qui se passe aujourd'hui À la révolution française Qui est la seconde révolution En tout cas Ce que je souhaite
Vous ne répondez pas à ma question
Ça ne me dérange pas De répondre sur la révolution française Donc ce n'est pas la peine De me relancer trois fois Ce que je vois aujourd'hui Et ce qui me paraît le plus fort
Je vous ai lancé trois fois Mais vous n'avez pas répondu
Hier Il y avait non seulement le nombre Mais il y a un état d'esprit Qui a changé C'est-à-dire que jusqu'à maintenant Moi ce que je voyais C'était des manifestations Qui étaient habitées Par une certaine forme de résignation En même temps que les gens manifestaient Et hier Il y a eu un déclencheur Il y a un On peut gagner Et moi ce que je souhaite De manière très claire C'est que Cette force Cette force du nombre A la fois Mais moi je l'ai toujours fait Derrière les syndicats Et derrière l'inter-syndical Et c'est ce qui s'est passé À ville À la mairie Eh bien Ça continue à germer Ça continue à s'épanouir Parce que maintenant Il faut que Le peuple On est en démocratie Ça veut dire pouvoir au peuple À un moment ce mot-là On doit pouvoir le prendre au sérieux Et qu'on ne fasse pas Des réformes Sans le peuple Et même très clairement Contre le peuple
Est-ce que vous reprendriez Le mot d'Emmanuel Grégoire Qui était mon invité ce matin Sur RMC Qui est le premier adjoint à Paris Qui s'est dit très inquiet De ce qu'il avait vu Et notamment pour la question De la sécurité des Parisiens Il mentionnait tous les appartements En rez-de-chaussée Au premier Pour lesquels il s'inquiétait Avec les départs de feu Et il parlait D'insurrection De désir d'insurrection Est-ce que c'est aussi Ce que vous avez constaté ?
En tout cas Je veux vous dire une chose C'est que quand A été lancée il y a six mois Cette réforme des retraites J'ai dit C'est une folie Qu'on ne fasse pas Comme si Nous n'avions pas été Des lanceurs d'alerte Sur le fait Qu'on jetait une allumette Sur une zone inflammable Pourquoi je disais C'est une folie ?
Parce qu'on a un pays Qui a été marqué Par deux ans de crise Covid Où on a des factures d'énergie Qui bondissent La guerre en Ukraine Les gens qui se demandent Comment ils vont pouvoir Remplir leur frigo Ou faire le plein De leur voiture Et c'est dans ce temps-là Qu'Emmanuel Macron A la géniale idée Dans un monde du travail Qui est en peine De venir rajouter Cette réforme des retraites Je dis C'est une folie Je le dis pour mon pays Je le dis D'un point de vue D'injustice pour les gens Mais je le dis D'un point de vue du gâchis C'est-à-dire que Je pense franchement Qu'on avait beaucoup mieux À faire ensemble Plutôt que De venir se déchirer De venir Normalement Le président de la République Il doit être le garant De l'unité de la nation Or aujourd'hui Il en est le porteur De la division
François Ruffin Il y aura une nouvelle manifestation Il y en aura sans doute Beaucoup d'autres Mais il y a déjà une date Qui a été choisie Par l'intersyndical Qui est mardi prochain
J'espère que Je suis convaincu Qu'il y aura du monde
Laurent Berger dit Ce matin Qu'il est très inquiet Très inquiet Pour la suite Très inquiet Pour la dégénération Le fait que ça dégénère En forme de violence Est-ce que vous partagez Cette inquiétude ?
C'est une inquiétude Qu'on partage depuis longtemps Et je veux dire Que la balle Est dans le camp du gouvernement La balle Est dans le camp du président
Il y a trois Mais tout le monde dit La balle est dans le camp Je veux dire Il n'y a aucun problème Politiquement Parfaitement Mais à un moment Est-ce que ce n'est pas Un peu trop facile De dire toujours Que la balle est dans le camp En fait En gros Tout ce qui se passe Bah oui Il n'a qu'à répondre
Evidemment Je veux dire Ils ont le pouvoir Ce n'est pas nous Qui l'avons Ils sont aux responsabilités Vous êtes omniprésent aussi Je suis omniprésent Par une seule force Qui est la forme de la parole Aujourd'hui vous dites Que vous appelez au calme Mais l'avez-vous fait plus tôt Toujours Toujours depuis six mois
La France insoumise Vous estimez A toujours appelé au calme
De toute façon Ce n'est pas le sujet
Est-ce que vous aussi Vous ne vous dites pas À un moment On a peut-être Une part de responsabilité
Moi non Non Je le dis très clairement Moi j'ai toujours invité A des manifestations A des manifestations de masse J'ai toujours suivi Le choix de l'intersyndical Et je vais vous dire pourquoi
J'entends moi non Vous ne dites pas La France insoumise non
Mais moi non Non la France insoumise Moi je suis l'intersyndical Pourquoi ? Parce que je considère Qu'elle a fait un travail remarquable Mais vous avez entendu
Que l'intersyndical elle-même Par la voix de Philippe Martinez Ou de Laurent Berger Ont condamné par exemple Les propos de Jean-Luc Mélenchon Estimant justement Que Jean-Luc Mélenchon Faisait partie de ceux Qui attisaient la colère Et qui ne jouaient pas le jeu Et qui ne jouaient pas le jeu De l'intersyndical
Je vous l'ai dit C'est pas le sujet aujourd'hui Mais non madame Ma polyme de ma mère Ma polyme de ma mère Je vous assure Je vous donne mon sentiment L'échange qu'on a là Le sujet il est aussi Sur la violence Qui a éclaté hier Et comment on en sort Et comment on apporte De l'apaisement dans le pays Et bien Les cartes C'est le président de la république Qui les a D'accord Il y a trois solutions Toutes les solutions Passent par le fait Qu'il y a le peuple Comment on fait Pour se réunir Avec le peuple à nouveau Il y a trois solutions Il y a référendum Il y a retrait Il y a démission D'accord ?
Alors il a déjà dit Que pour ce qui était Du référendum Et du retrait Il n'y aurait pas Démission Il ne l'a même pas envisagé
Donc voilà Il bouge toutes les issues Il bouge toutes les issues A la fois quand Tous les syndicats Unis Disent On ne veut pas cette réforme Il bouge l'issue Quand à l'Assemblée Vraiment il y a une majorité Qui allait rejeter ce texte Il bouge cette issue là Il bouge l'issue Quand il y a des millions de français Qui de manière pacifique Sont dans les rues Une fois qu'il a bouché Toutes les issues Vous savez Qu'est-ce qui est fait Monsieur Macron en ce moment ? Il a une stratégie du chaos L'homme du chaos Il est là-haut C'est lui qui installe Le désordre social Dans le pays Par cette mesure Et ensuite Pourquoi ?
Parce que C'est un pyromane Et ensuite Il va venir se présenter Comme étant le pompier Qui doit venir Rétablir l'ordre dans le pays Voilà la stratégie Qui est menée Par le président de la République
Est-ce que vous avez confiance Au conseil constitutionnel Pour éventuellement être Parce que vous évoquez Les éventuelles sorties de crise Il y en a deux en tout cas Il y a encore deux outils Démocratiques sur la table Qui sont le conseil constitutionnel Qui va désormais examiner La constitutionnalité de la loi Et puis Il y a éventuellement Un référendum D'initiative partagée Ou populaire Sur le conseil constitutionnel Est-ce que vous lui faites confiance ?
Je ne remets pas Le choix d'une loi Entre les mains Du conseil constitutionnel Et de Laurent Fabius Parce que ça vérifie La constitutionnalité de la loi A la limite Moi je n'ai rien à dire là-dessus Possiblement que c'est constitutionnel Mais Est-ce que c'est démocratique ? Est-ce que c'est approuvé par les gens ? Est-ce que c'est approuvé Par les premiers concernés Qui sont les salariés ?
Est-ce que ce texte Passé par le 49.3 A tout de même Une légitimité constitutionnelle ?
Il a une légalité Que je ne conteste pas Il n'a aujourd'hui Pas de légitimité Il n'a pas de légitimité Par l'Assemblée Par voie parlementaire Et il n'a pas de légitimité Aujourd'hui Par la voie syndicale Et il n'a pas de légitimité Par la voie populaire Et du côté d'un référendum
Justement Est-ce que ça Ce serait pour vous Une des réponses ? Est-ce que vous appelez A ce qu'il y ait Une alliance D'abord politique Puis populaire Pour pouvoir mettre en place Un référendum ?
C'est fait On a signé Pour avoir un référendum D'initiative partagée
Vous n'avez pas l'air d'y croire tellement
Maintenant Vous savez Ça ne règle pas La crise qui est en cours Et qui est en cours Dans les jours Et les semaines à venir D'accord ? Elle peut continuer cette crise Pour vous ? Évidemment
Les images qu'on a vues hier
Évidemment Mais moi je le dis Moi je viens Pour l'apaisement de mon pays Je viens pour que mon pays Se rassemble Et résolve Les vrais problèmes Qui sont les siens On a un hôpital Qui est en lambeau C'est là-dessus Qu'on devrait se réunir On a une école de la République Où on récrute Les enseignants En job dating C'est ça qu'on devrait reconstruire On a un rail Pour moi Pour venir de Paris à Amiens Qui est catastrophique C'est ça qu'on devrait rebâtir On a un défi climatique A affronter Qui réclamerait Qu'on se réunisse Et qu'on se rassemble Toutes pour transformer Nos déplacements Notre industrie Notre énergie Nos logements
Elles sont pas possibles François Ruffin Quand dans son intervention Il y a deux jours Emmanuel Macron dit Bon bah désormais On va faire des plus petits textes Sur plein de petits sujets différents Et on espère à chaque fois Trouver une forme de majorité Est-ce qu'il y a des textes ? S'il proposait des textes Sur ce que vous venez d'évoquer A l'instant Est-ce que vous pourriez Les voter Ou est-ce que vous dites Non maintenant c'est trop tard
J'ai toujours voté des choses Dont je considérais Qu'elles étaient des avancées Pour mon pays Mais maintenant le sujet C'est pas les bidouillages Et les bricolages A l'Assemblée nationale C'est que si demain Vous voulez reconstruire Le rail Un service public foroviaire Qui soit réel Avec qui vous allez le faire ? Vous devez le faire Avec les travailleurs Vous devez le faire Avec les syndicats Vous devez le faire Avec des gens A qui vous apportez De l'envie De reconstruire
Il faudra donc continuer Et comment vous pouvez faire ça ? Comment vous pouvez le faire Dans ce contexte-là Vous parliez là Des transports On l'apprend à l'instant Et ça vient de tomber Que l'aviation civile Demande l'annulation De 33% des vols dimanche Et 20% lundi Au départ de Paris-Orly Les rails Comme vous disiez Les grèves vont se poursuivre Il faut attendre Que tout ça soit apaisé Pour pouvoir envisager De travailler ensemble Comme vous dites
Comment envisager Que demain M. Macron Aille voir Ou M.
Dussopt Les syndicats Qu'ils ont méprisés Qu'ils ont humiliés Qu'ils ont négligés Pendant des mois Comment Un monde du travail Qui se sent écrasé Parce que l'année dernière Ils ont beau avoir bossé Ils ont perdu en salaire réel On n'a pas indexé Leur salaire sur l'inflation Est-ce qu'il pèse aujourd'hui Dans la tête des français Encore plus que les retraites C'est la crise de l'inflation Qui perdure Que le gouvernement Ne règle absolument pas Et qui fait que Les salariés Se sentent méprisés Sur leur travail présent C'est leur salaire Et sur leur travail passé C'est la retraite Comment On va aller Donner envie A tous ces gens De dire Allez Maintenant on se retrousse les manches On y va tous ensemble Pour notre pays Vous savez moi Mon modèle C'est Roosevelt 1942 Roosevelt 1942 Il lui manque de portavures De bombardiers De tanks Pour mener la guerre Contre le Japon Et l'Allemagne nazie Et bien qu'est-ce qu'il fait Il canalise toutes les énergies De son pays La main d'oeuvre Tous les capitaux Toutes les intelligences
Ce matin vos modèles C'est Roosevelt Ou même Chirac
A certains moments Et il canalise tout ça En une direction Qui est l'économie de guerre Aujourd'hui on devrait être En économie de guerre climatique Pour autant Mais ça ça suppose Je veux dire Roosevelt en 1942 Il décide pas de faire Une réforme des retraites Dont il sait qu'elle va être Un brandon de discordes François Ruffin
Vous avez évoqué tout à l'heure La révolution française Je vous ai relancé trois fois Vous n'avez pas répondu Je vais vous relancer Une quatrième fois Souhaitez-vous Une nouvelle révolution française ?
Il est évident Que je suis partisan De la révolution française Que aujourd'hui En tout cas Ce que je demande C'est que le peuple Soit repris au sérieux Vous voyez Mais je vais vous dire Aujourd'hui Pour moi Ça n'est pas la révolution Ce que demandent les gens C'est du respect C'est de la dignité Les français Doivent vivre de leur travail Voilà ce que viennent Je veux dire Les agents d'entretien Les assistants de maternelle Vous avez répondu à ma question François Ruffin
Vous l'avez dit Oui je suis partisan D'une nouvelle révolution française François Ruffin
Si vous voulez Bah oui C'est tout C'est dit Non mais
C'est dit
C'est clair C'est pas le moment présent Le moment présent N'est pas ça Le moment présent C'est vous-même
Qui avez fait cette référence Et qui l'avez amené En référence Évidemment Écoutez
Le 14 juillet Le 14 juillet C'est comme notre fondement Républicain Non mais ça n'a pas besoin D'explication de texte C'est clair Bah si bien bien
Si vous voulez François Ruffin Député La France en service de la Somme
François Ruffin