Frappes en Israël : «C'est un risque existentiel pour Israël», déclare François-Xavier Bellamy
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il est 20h12. La riposte massive de l'Iran vient de commencer sur Israël. Voilà les informations qui nous arrivent.
Information en temps réel. Isabelle que nous avions en direct tout à l'heure qui habite à Netania, on voit même des photos avec les alertes et avec ce qui se passe dans le dans le ciel israélien. C'est une attaque massive.
Bonsoir François Xavier Benami. Merci. Bonsoir d'infiniment d'être en studio ce soir.
Eurodéputé et vice-président exécutif les Républicains. Vous êtes aussi professeur de philosophie. C'est ce que je disais au au aux auditeurs de repan.
Votre regard sur la jeunesse en France au vu de l'actualité de cette semaine est très important. Mais d'abord, je voudrais qu'on parle d'actualité. Emmanuel Macron a pris la parole euh il y a quelques instants et vient de finir en point presse pour parler de la situation évidemment au Proche-Orient qui nous inquiète tous euh ce soir.
Est-ce que vous avez été peut-être convaincu par les mots du chef de l'État qui dit en substance que oui, l'Iran ne devait pas avoir cette cette arme nucléaire, que l'Iran était prête de de l'avoir ? Donc Israël soutient Israël mais en même temps nous parle de la création d'un état palestinien dans la dans le la même conférence de presse. Comment avez-vous trouvé le président ?
D'abord, la situation est infiniment grave et je pense qu'il faut que nous mesurions l'ampleur de ce qui est en jeu. Le président de la République a reconnu les faits et le risque majeur que représentait le fait que l'Iran était peut-être sur le point de disposer de d'un d'un vecteur nucléaire. Évidemment, il y avait tout le temps nécessaire pour la miniaturisation de ce vecteur et pour le rendre opérationnel.
On en était pas encore là, mais en revanche, on était peut-être tout près de la possibilité de de construire ce qui aurait été, on peut l'imaginer, un risque majeur, bien sûr, un risque existentiel pour Israël. Quand je vois que les autorités iraniennes publient ce matin un message pour dire "Ce n'est pas nous qui avons commencé, il faut quand même se souvenir. Il faut que tout le monde se souvienne, il faut que tous les responsables politiques français de tous les bords soient capables de le dire.
L'Iran menace Israël. L'Iran menace l'existence d'Israël. toutes les semaines, tous les jours depuis des années maintenant.
Donc le risque était majeur pour Israël, mais le risque était également majeur pour nos pays. Israël est confronté à une menace qui s'adresse à nos pays. Et donc oui, le risque était immense.
Maintenant, dans la position du président de la République, je vois malheureusement une espèce de de en même temps de nouveau et qui me paraît particulièrement préoccupant dans la période que nous vivons en même temps parce que ils se dissocient de ces frappes tout en expliquant que leur effet est bénéfique. Donc on a du mal à comprendre complètement la logique et puis surtout parce que je ne vois pas comment on peut, c'était déjà intenable mais comment maintenant on peut continuer à promettre la reconnaissance d'un état de Palestine dans ce contexte international. Pourquoi s'obstinent-il selon vous François Xavier Balami, le chef de l'État ?
Pourquoi à chaque fois remet-il cette question sur la table alors qu'on sait pertinemment même il a listé il a listé les éléments qui permettraient la reconnaissance dans l'état palestinien ? On n'y est pas du tout. Pourquoi continue-t-il à en parler ?
Je pense que encore une fois c'est c'est c'est dans dans ces situations là, il ne faut pas tenter de pratiquer une forme d'ambiguïté qui au motif d'un en même temps serait infiniment dommageable. Et on voit bien que la position du président de la République sur ce sujet, elle n'a cessé de varier au cours des derniers mois, des dernières semaines encore. Moi, ce que je crois profondément, c'est que la situation civile, la situation des civils à Gaza évidemment a un drame absolu.
Et je pense d'ailleurs ce soir bien sûr à tous les civils israéliens qui sont infiniment inquiets de la rposte de l'Iran. Je pense aussi à tous les civils iraniens qui vivent sous le jouiste qui s'impose à eux par la violence depuis de nombreuses années maintenant. Aujourd'hui, il faut sortir de cette spirale de la violence, mais on nen sortira pas en offrant quoi que ce soit à ceux qui l'ont organisé.
Et la reconnaissance de l'État de Palestine, ce serait une prime offerte à l'action du Ramas. On n serait pas là aujourd'hui si le Hamas n'avait pas déclenché le 7 octobre qui a précipité toute cette région dans l'enfer. et et en voulant donner des gages peut-être à la population civile de Gaza.
Paradoxalement, je crois que l'idée de cette reconnaissance aujourd'hui en particulier ne serait rien d'autre qu'une espèce de récompense offerte au terrorisme. Et vous êtes opposé Franç Je crois que dans la durée, il faudra évidemment trouver une solution qui permette à chacun de vivre dans la paix et dans la dignité. Et les Palestiniens ont droit évidemment à cette dignité.
Ils ont droit évidemment à à la reconnaissance de leur de leur de leur place. C'est c'est absolument incontestable. Mais le faire aujourd'hui, et vous le disiez à l'instant, quand le président de la République cite simultanément toutes les conditions qu'il mettrait dont dont tout le monde voit bien qu'elles ne sont en aucun cas susceptibles d'être réunies malheureusement à court ou moyen terme, je crois que ça n'impens et que le bon sens voudrait qu'on dise évidemment le moment n'est pas celui-là.
Le moment c'est celui de la sortie de la menace immédiate que représente aujourd'hui l'Iran et tous ses proxis. Je pense au Esbola qui a tyranisé le peuple libanais pendant si longtemps. Je pense bien sûr au outil.
Euh tout cela engage aussi nos intérêts. C'est le commerce mondial, c'est le commerce de nos pays, c'est notre approvisionnement dans des denées essentielles. Je pense évidemment au pétrole.
Donc c'est ça l'urgence aujourd'hui. C'est ça la clé. C'est de garantir que demain nous n'allons pas être nous-mêmes entraînés dans ce risque dans ce risque multifactoriel.
Risque pour notre sécurité, risque majeur pour notre économie, risque pour les foyers français, pour les ménages, pour euh notre vie quotidienne. Tout cela c'est l'urgence. Absolument pas la reconnaissance de l'État de Palestine.
Est-ce qu'Israël a eu raison d'attaquer l'Iran vu les circonstances ? Est-ce qu'Israël, je je disais vulgairement et Frédéric Hancel qui était avec moi tout à l'heure, je je dis Israël est en train de faire le sale boulot. François l'amis.
Ce qui est certain, c'est que le régime iranien est une menace pour le monde, une menace existentielle pour Israël, une menace pour nos pays. La vérité, c'est que je pense impossible de faire de la géopolitique de comptoir. Personne malheureusement dans ce studio, même sil y a ici des gens extrêmement bien informés, n'a toutes les clés en main pour comprendre ce qui s'est joué.
Ce qui est sûr, c'est qu'il y avait une course contre la montre parce que les Iraniens refusaient manifestement ce que demandaient les Américains dans les négociations qui devait se poursuivre dans quelques jours. Ils refusaient d'abandonner le projet d'enrichir de l'uranium. Et ce projet-là, pourquoi le refusait-il refusait-il de l'abandonner ?
Parce qu'il était la condition pour fabriquer la bombe nucléaire. la meilleure preuve que ce qu'il voulait n'était pas le nucléaire civil, contrairement à ce qu'il continue de prétendre aujourd'hui. Parce que si c'était le cas, la proposition leur été faite d'importer de l'uranium, ce qui était suffisant pour le nucléaire civil, insuffisant pour le nucléaire militaire.
Donc le risque, il était réel, le risque, il était existentiel. Quand on parle de nucléaire, on parle bien sûr d'un risque qui est tous les Français le mesurent évidemment habissal et et donc oui, sans sans doute la réaction d'Israël a été motivée par ce par ce cette course contre la montre. Il est 20h19.
François X Benami au député vice-président exécutif les républicains. Il y a une autre actualité qui nous a bouleversé cette semaine. Bouleversé parce que cet élève de 14 ans poignarde au hasard cette cette surveillante qu'il ne lui avait rien fait.
Il la poignarde et il n'a aucun regret. Il n'a aucun regret en audition cette cet adolescent. Euh cet élève, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vas parce que des profils d'enfants très jeunes qui commettent des meurtres. qui a des coups de couteaux qui donnent des coups de couteau.
Il y a eu 37 coups de couteau. C'est un acharnement sur cette surveillante. Il y a une marche blanche qui était qui avait lieu ce soir à à nos gens au haut marne.
Vous êtes professeur de philosophie. Euh François Xavier Balami, votre regard à à cette saveur toute particulière. Que dites-vous de cette jeunesse que l'on découvre et face à la violence et le non regret du passage à l'acte ?
Mais on ne le découvre pas. Euh et vous le savez comme moi, euh en réalité aujourd'hui cette violence, elle traverse notre actualité même à bas bruit mais tous les jours. C'est tous les jours que l'école en particulier qui devrait être un lieu sacré, c'est tous les jours que l'école est traversée par une violence qui est de plus en plus explicite, de plus en plus décomplexée.
Et moi quand je pense et je pense à Mélanie, je pense à sa famille, je pense à tous les professeurs de son établissement, à tous les professeurs de France aujourd'hui qui sont en première ligne devant cette situation de plus en plus préoccupante. Mais quand je pense à cette situation-là, j'ai une forme de colère profonde parce que ça fait des années qu'on tire le signal d'alarme. J'ai j'ai publié, pardon, je je veux pas revenir à moi, mais c'est pour donner une petite idée de chronologie.
J'ai publié un livre sur la crise de l'école en 2014 qui s'appelait Les déshérités. Et dans ce livre, je commençais par le récit de ma première rentrée. 15 jours après ma première rentrée comme professeur, c'était en 2008, je faisais mon premier cours. 15 jours après ma première rentrée, un jeune a été tué devant la porte de mon lycée à coup de tournevis.
Et j'écrivais dans les déshérités en racontant cette expérience que nous étions devant l'effondrement intérieur, l'effondrement de la transmission d'une culture, d'un savoir, de repère commun, l'effondrement de l'autorité, l'effondrement de tout ce qui constitue la condition de la vie en société et que tout cela provoquait l'ensauvagement que nous vivons. Et je disais cela exactement dans ces mots. Et qu'est-ce qui a changé depuis ?
Malheureusement, rien du tout. On a connu des débats interminables. Je me souviens des pudeurs de certains dirigeants politiques lorsqu'il s'agissait de contester le mot d'ensauvagement.
Oh là là surtout n'employons pas des mots qui fâchent. Mais ce qui fâche c'est pas les mots. Ce qui fâche la réalité.
Ce qui fâche qu'aujourd'hui vous avez une génération entière qui grandit en effet en étant privé de ces repères communs. Et je le dis d'une manière très forte. Je veux pas donner le sentiment d'excuser quoi que ce soit ce jeune il est inexcusable.
Évidemment, son crime est un crim excusé François X Bami. Moi, je suis atterré. Vous rendez compte ?
En garde à vue, il s'en fiche. Enfin, pardon, j'en peux pas l'écarter l'excuse. Oui.
Et ben c'est là de c'est de là qu'il faudra sortir parce que et ça fait longtemps qu'on le dit, l'excuse de minorité a contribué à ce sentiment d'impunité qui fait le climat que nous vivons. Mais mais malgré tout, dans cet acte-là, comme dans tous les actes de violence qui traversent la société aujourd'hui et en particulier chez les plus jeunes, il y a plus Ouais. que le crime d'un adolescent, il y a une faillite collective.
Il y a la faillite de ceux qui ont laissé l'école euh perdre sa mission, qui ont même retiré à l'école cette mission de transmission de nos pères communs, de ceux qui ont organisé, pas seulement laissé faire, mais organisé cette crise de l'autorité dont nous voyons aujourd'hui les résultats si concrets. Et les parents, est-ce que vous pensez vous, François Xavier Balami, que les parents ont une part de responsabilité dans l'agissement de leurs enfants ? Est-ce qu'il faudrait que les parents euh soi responsabilisés ?
Mais que les parents soient responsabilités. Mais c'est c'est une évidence. George FC le disait à l'instant, le le l'adolescent bénéficie d'une excuse de minorité.
Mais mais s'il bénéficie d'une excuse de minorité, c'est parce qu'il n'est pas encore majeur. S'il n'est pas encore majeur, c'est qu'il est sous la responsabilité d'un majeur. Et donc, il faut bien que quelqu'un prenne la responsabilité.
On peut pas à la fois avoir l'excuse de minorité pour les adolescents et en même temps l'absence de responsabilité chez les parents. Et aujourd'hui, tant de ma tant de mères de notre famille politique, tant de mères, les républicains partout en France disent lorsqu'il y a un jeune qui pourrit la vie d'un quartier avec des trafics, avec de la violence, avec de l'intimidation, on ne peut pas sanctionner ce jeûne et on ne peut pas rendre ses parents responsables. On est obligé par exemple de laisser cette famille dans des logements sociaux d'où en réalité le sentiment d'impunité qui ne cesse de prospérer.
Donc oui, bien sûr, il faut réagir à comment rétablir l'autorité François Xavier Balamier, on est tombé si bas. On est tombé si bas. Comment vous rétablissez cette cette autorité ?
Parce que ça part du haut. Mais ça part du haut mais ça part de ça part, j'allais dire ça part du tout début, ça part des plus petits. Et c'est de là qu'il faut commencer, qu'il faut recommencer.
D'abord, il faut il faut effectivement savoir responsabiliser les parents défaillants, mais il faut aussi soutenir les parents. Il y a beaucoup de parents qui sont eux-mêmes en difficulté dans leur exercice de l'autorité. Il faut soutenir les familles, ensuite, il faut soutenir les professeurs.
Pendant des années, vous savez, à l'éducation nationale, la doctrine qui prévalait et qui malheureusement continue encore si souvent de prévaloir, c'était la doctrine du pas de vague. Pas de vague, c'est le mot que les professeurs avaient utilisé pour désigner ce qui leur été opposé. Quand un élève crée des problèmes, euh si il conteste un professeur, c'est le professeur qu'on finira par euh euh obligé à à céder euh au motif qu'il faut éviter de faire des vagues.
Mais c'est cette logique qu'il faut renverser. Et et et ça ça passe par le fait, moi je le propose depuis des années. Par exemple, un un élève aujourd'hui qui crée des problèmes dans un établissement scolaire, il peut être exclu temporairement, il peut être exclu définitivement, mais en fait, il devra être rescolarisé et donc on va simplement le déplacer d'un établissement à l'autre.
Il faut créer des internats fermés qui servent précisément à accueillir le plus rapidement possible, le plus tôt possible, des jeunes qui en ont besoin pour être remis sur le droit-chemin. C'est absolument indispensable parce que sinon encore une fois, on ne fait que déplacer les problèmes et toujours avec le pas de vague, on ne fait que les nier. Mais mais c'est il faut maintenant sortir du déni de réalité, ouvrir les yeux sur la réalité de la violence qui traverse aujourd'hui nos écoles et décider enfin d'y mettre un terme pour de bon.
C'est c'est effarant à ce qui se passe sur les enfants. Moi, je voudrais aussi entendre George Fenc sur ce sujet, mais on est obligé. Est-ce que vous pouvez rester avec nous François X Balami parce que vous avez ah b alors restez avec nous.
Je voudrais aussi vous entendre, c'est très important cette enfin moi j'ai été m en tant que que maman mais comment on peut avoir en mais je comprends pas qu'il n'it pas de regret. Alors ça c'est moi c'est ce qui me dépasse le plus. 37 coups de couteau, il n'a aucun regret en garde à vue.
François-Xavier Bellamy