Edition spéciale Motion de censure
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France Inter. Bienvenue à tous si vous nous rejoignez en direct, oui, de l'Assemblée Nationale où Michel Barnier, toujours Premier Ministre pour l'instant, est en train de parler. C'est à ce moment-là que nous en sommes, dans cette journée, qui est effectivement, c'est un mot qu'on peut employer, Maxence Lambrecht, dans cette journée historique, ici, journée de censure à l'Assemblée Nationale. On voit qu'elle est historique, d'ailleurs, au monde qu'il y a autour de nous, peut-être à la presse étrangère, d'ailleurs, parce que la presse française, qu'elle soit la nombreuse, Maxence, c'est normal. La presse étrangère, elle a du pif pour l'histoire aussi, pourquoi pas, non ?
Exactement, il y a tous les correspondants des médias étrangers qui sont sous nos yeux. Ici, CNN Portugal, une télé japonaise, là-bas, les Suisses de la RTS. Vous avez vraiment à peu près toutes les caméras qui sont juste à côté de nous. Et oui, j'ai l'impression de me retrouver, par exemple, le juin 2017, tout premier jour de la législature d'Emmanuel Macron. Il faisait beau, il faisait chaud, tous les nouveaux députés arrivaient. C'était une nouvelle ère qui commençait. Et ce soir, ces nuits, il fait froid, il y a autant de monde, il y a autant d'excitation, mais c'est plutôt la page qui se ferme.
Vous nous dites où nous en sommes là, la prise de parole de Michel Barnier, c'est la dernière. On a entendu tout le monde. Il est le seul à ne pas avoir de temps de parole réduit, d'ailleurs. Il fait ce qu'il veut, là, à la tribune.
Tout à fait, il n'y a pas de chrono. Les autres ont eu un chrono à respecter. Gabriel Attal avait maximum 35 minutes pour parler. Lui est libre de son temps de parole. Il a une dizaine de pages, je les ai vus. Donc, on peut estimer à une demi-heure de discours. Ensuite, le vote. C'est parti pour une demi-heure de vote. Puis, le dépouillement du vote. Et enfin, le résultat qui sera annoncé entre 20h et 21h.
Alors, puisque nous sommes là et puisqu'il est en train de parler, on va l'écouter très brièvement. Le Premier ministre qui n'a pas fini son allocution. En voici un petit extrait.
Je suis très touché par votre attitude et votre accueil. Nous sommes rendus les uns et les autres, mesdames et messieurs les députés, à un moment de vérité et un moment de responsabilité. Le Premier ministre Gabriel Attal, que je remercie de sa confiance, exprimait le vœu de, disiez-vous, moins de bruit et plus d'action. C'est compliqué ici. En tout cas, moins de bruit sans doute, plus d'écoute et plus de respect. Le respect que j'ai moi-même exprimé en vous écoutant et depuis que je suis Premier ministre avec la même constance.
Blanche Léridon, bonsoir. Bonsoir. Directrice éditoriale de l'Institut Montaigne. Vous étiez tout à l'heure avec nous dans le 19h et vous êtes resté. Merci beaucoup. Ça dit des choses, là, ce qu'on vient d'entendre. Pas tellement ce qu'il dit, mais surtout ce qui se passe autour de lui, en fait. Ça rigole, ça applaudit un peu au début. Enfin, le spectacle est dans la salle.
Absolument. Et c'est un spectacle qui a commencé tôt dans l'après-midi puisqu'il y a eu une toute dernière séance de questions au gouvernement qui a permis, encore une fois, à tous les représentants du socle commun de revenir sur cette stigmatisation, cette accusation d'un camp qui serait celui de l'irresponsabilité et qui mènerait le pays au chaos en votant la censure. On voit que les 48 heures dont disposait le gouvernement pour se défendre, eh bien, ils en ont profité jusqu'au bout.
Et puis, en réponse à ce discours-là, celui de la stigmatisation qui était à grand renfort d'hyperboles et d'exagérations pendant les 48 dernières heures, on a eu des discours de responsabilité aussi, mais du camp d'en face, de ceux qui seront les censeurs, a priori, dans quelques heures. Et dont les mots, finalement, et c'est ça qui est étonnant, entrent en résonance avec les mots du Premier ministre puisqu'on a retrouvé aussi les mêmes termes de responsabilité, de gravité, de moments historiques, de tournants. Et donc, il y a un vocabulaire commun, mais qui sert deux projets et deux ambitions totalement différentes.
Mais je crois qu'on sait aujourd'hui qu'elle sera le dénouement, puisque, en tout cas d'un point de vue purement arithmétique, il y a plus de 330 députés qui, a priori, devraient voter la censure. Donc, à moins qu'il y ait une quarantaine de défections pour des raisons personnelles ou par conviction, pour ce qui a été dit, l'issue, elle est très claire aujourd'hui.
Jusqu'au tout dernier moment, Maxence Lambrecq, Michel Barnier a appelé à être raisonnable. Mais honnêtement, ce sont des mots. On est d'accord qu'il n'y avait aucune chance pour qu'il se passe autre chose ce soir ici à l'Assemblée nationale ?
Oui, la fenêtre s'est refermée avec les discussions avec Marine Le Pen. Dès lundi, la bascule a été faite. Mais c'est vrai que Michel Barnier s'inscrit autant hier soir devant les Français sur TF1 et France 2, qu'il se montrait pugnace au temps-là. Il parle au passé composé. Et il dit sans doute la dernière fois, je vous dis cela, je vous dis ceci. Il est déjà en train de tourner la page. Il est apparu déjà ce matin résigné. Et donc, oui, il a bien compris que c'en était fini, qu'il allait ensuite rejoindre l'Élysée pour rendre sa démission.
Je reviens à ce qu'on vient d'entendre. Et on y reviendra au cours de cette émission, Blanche Léridon. Mais c'est lorsqu'il dit, je voudrais remercier Gabriel Attal. Je ne me souviens plus des mots. Pour son soutien. Pour son soutien, c'est là qu'on entend des rires. C'est des rires qui font mal. Mais enfin, c'est assez juste. On y reviendra effectivement. Le soutien de ce socle commun, on l'a beaucoup cherché quand même pendant ces 57 jours de Michel Barnier, Premier ministre.
Bien sûr, les responsabilités de l'échec de ce gouvernement, elles sont vraiment partagées. C'est vrai qu'on a pu avoir le sentiment, notamment au début de l'examen du budget, que le Premier ministre avait davantage à faire pour convaincre son propre socle commun que pour aller chercher du consensus et des compromis chez les oppositions. On l'a vu avec une forme d'intransigeance du camp macroniste à ne pas vouloir renoncer au bilan. Je pense notamment aux allégements de charges sur les entreprises. Et puis on a revu ensuite, avec Laurent Wauquiez, l'incarnation d'une autre politique et là l'insistance sur le maintien des pensions de retraite pour l'année prochaine.
Donc on voit qu'il y a eu beaucoup à faire au sein de son propre socle commun, ce qui explique en partie l'échec auquel on assiste aujourd'hui. Maxence ? Non, il a été très contraint dès le premier jour et sans doute, c'est ce que me disait une ancienne ministre proche de lui, qu'il dira sa vérité un jour, qu'il écrira sans doute un livre sur cette expérience. En tout cas, qu'il a une vérité à dire et que oui, il a subi des tirs à l'intérieur de son camp très difficiles et oui, il a été contraint du premier au dernier jour.
Alors en parlant d'expérience, Blanche Léridon, parce qu'au fond, maintenant, la classe politique, le président de la République et au-delà ont cette expérience. Voilà ce qui s'est passé. On a nommé un premier ministre, un premier ministre de droite. On se souvient de ce que ça avait donné à ce moment-là en se disant, bah dis-donc, chez les LR, le nombre de voix qu'ils ont eues par rapport à ce qu'ils ont aujourd'hui à l'Assemblée est quand même disproportionné. Puis on s'est rendu compte que, effectivement, ça n'avait pas fonctionné et on sait pourquoi. Est-ce qu'aujourd'hui, on est revenu au mois d'août ?
Diriez-vous que l'expérience de ces 57 jours-là joue pour une autre manière pour le prochain premier ministre ?
Je l'espère, je l'espère. Après, quand on entend les premiers noms qui circulent pour un hypothétique nouveau premier ministre, il semblerait que le président aille plutôt chercher au sein de ce socle commun. Donc, il semble sous-entendre que les leçons n'ont pas nécessairement été retenues. Mais peut-être parmi les leçons qu'on peut retenir, il y a quand même eu la période entre la fin du mois de juillet et le début du 20 septembre où on n'a pas eu de gouvernement et donc où on a eu ce gouvernement en gestion des affaires courantes. Et ça, c'est un précédent aussi dont on peut s'inspirer pour essayer de comprendre ce qui va se passer dans les jours à venir.
Alors, comprendre ce qui va se passer dans les jours à venir, peut-être que vous allez nous y aider. Bonsoir Clémence Guettet. Bonsoir. Merci beaucoup d'être avec nous, député LFI. Bien sûr, grosse responsabilité de faire tomber un gouvernement. C'est important sur un texte budgétaire avec le RN qui s'est rallié à votre motion. Il faut donc un plan B désormais. C'est quoi le plan B ?
Alors d'abord, je veux dire qu'en effet, c'est une grosse responsabilité et qu'il n'y a pas d'exaltation de notre part à ce qui va se passer aujourd'hui. C'est absolument historique. Ce n'est pas arrivé depuis 1962. Donc, on mesure ce qui est en train de se passer. Vous parlez d'un ralliement du Rassemblement National. En réalité, ils font ce qu'ils veulent. Pour notre part, nous ne voterons jamais une motion de censure de la part du Rassemblement National. Il se trouve qu'en effet, vraisemblablement, le gouvernement Barnier va tomber d'ici quelques instants et que ce n'est pas une surprise parce qu'il a vraiment maltraité le peuple français. Il est légitime. Nous l'avons dit dès le début.
Le Rassemblement National a voulu faire croire qu'un budget avec la Macronie était possible. Aujourd'hui, il n'y en a pas. Nous, nous avons fait une proposition. Une proposition politique, celle du nouveau Front Populaire est d'un budget totalement alternatif. Nous l'avons financé entièrement. Je rappelle que le Rassemblement National ne s'est pas financé un budget. Il a un budget potentiel de déficit de 100 milliards pour la France. Donc, j'estime que nous sommes, avec le nouveau Front Populaire, la seule alternative. Et je vais vous dire autre chose. Je finis mon propos. Allez-y. La crise politique, elle, se situe à l'Élysée. C'est lui le responsable du chaos actuel.
C'est un président qui n'a jamais été aussi impopulaire. 63% des Français ne lui font plus confiance et 73% voudraient sa démission. Alors, désormais, il doit partir.
Alors, on y viendra, effectivement, parce qu'on sait bien que, de votre côté, effectivement, de l'échiquier, c'est ce que vous souhaitez, le départ du président. Je parlais de plan B tout à l'heure. Qu'est-ce qui se passe pour vous dès demain ? Qui vous proposez ? Est-ce que vous remettez sur la table le nom de la Première Ministre qui était censée être Lucie Casté ? Est-ce qu'on reprend ? On retourne au mois d'août. Enfin, c'est en fait.
Je viens de répondre à cette question. Oui, nous avons eu une alternative avec Lucie Casté. Nous avons dit, pour notre part, à la France Insoumise, qu'elle restait notre candidate pour Matignon. Je note quand même, comme vous, évidemment, que le Parti Socialiste ne la soutient plus. Il n'empêche que nous, au-delà de la question de la personne, moi, ce qui m'intéresse, c'est quel programme, dans quel périmètre, et avec qui, voilà, et avec qui gouverner. Oui, mais restez comment, Clément ? Restez comment ?
Pour éviter qu'il y ait une nouvelle censure dans 15 jours, comment on fait ?
Mais la proposition, c'est celle d'un programme. Rien ne tiendra, et je vais vous dire une chose, la France Insoumise ne prendra pas part à des bidouillages qui finiraient par dégoûter les Français. C'est pour ça que je vous dis, présidentielle anticipée, parce qu'en réalité, sans retour aux urnes, on est dans une situation politique de défiance qui va s'enquister. Les gens n'attendent pas de coalition, des traîtres et de tous les bords.
Ça veut dire que la proposition de Boris Vallaud, par exemple, qui parle de cet arc républicain et qui se dit « nous sommes prêts à discuter », vous faites une croix dessus, ça ne vous intéresse pas, vous n'y allez pas.
Je vous ramène à jeudi dernier. C'était il n'y a pas si longtemps que ça. C'était la niche parlementaire de la France Insoumise et on proposait l'abrogation de la réforme des retraites. Le comportement des macronistes pendant toute cette journée a été de l'obstruction parlementaire, un mépris de classe réitéré absolument toute la journée avec des gens qui nous disent que franchement, à 64 ans, on peut encore travailler. Il n'y a pas de compromis politique à trouver avec des gens dont nous sommes des adversaires politiques parce que nous ne partageons rien de leur projet pour le pays et rien, certainement rien, de leur bilan. Ils ont appauvri 90% de la population française.
Même si demain, il y a une élection présidentielle, ce qui pour l'instant est assez peu probable, mais même s'il y en a une, l'Assemblée pour l'instant reste exactement la même. Donc il vous faudra de toute façon des alliés.
Où est-ce que vous irez les chercher ? Alors, d'abord, je veux dire que l'hypothèse d'une présidentielle anticipée, elle n'est pas si fantasque que ça, qu'il y a quand même beaucoup d'appels, y compris largement plus... Enfin, voilà. Il y en a eu quelques-uns à droite. M. Courson, des gens de tous les bords. Parce qu'en fait, les gens qui connaissent la vie politique française aujourd'hui voient bien que la responsabilité, c'est celle de l'Elysée, c'est celle de l'inflexion politique majeure. Donc remplacer Barnier par un autre proxy de la Macronie, ça ne réglera strictement aucun problème politique.
Et puis après, nous l'avons dit dès le départ, nous avons une proposition politique, c'est celle du programme de rupture pour la bifurcation écologique, pour la justice sociale. Et nous ferons texte par texte à l'Assemblée nationale, c'est comme ça que ça fonctionne. Et puis par ailleurs, dernier élément, si jamais il y avait une présidentielle anticipée, on pourrait aussi convoquer un référendum qui permettrait ensuite de dissoudre l'Assemblée nationale avant le mois de juillet prochain et ainsi d'avoir une majorité.
Mais est-ce que vous ne créez pas qu'une présidentielle, ça se prépare, c'est long, il faut laisser à chacun le temps de faire campagne, donc ce n'est pas quelque chose qu'on improvise sur une démission ?
Alors c'est une législative, c'est possible de l'improvider finalement. Ah ben là-dessus, moi je n'ai aucun jugement, mais enfin c'est pareil pour une présidentielle. Non, une présidentielle, ça se prépare et c'est pour ça que nous l'avons préparée. C'est pour ça que là, nous sommes en train de remettre à jour notre programme. Mais oui, figurez-vous que nous travaillons en permanence. Et vous avez un candidat évidemment. C'est sans doute ça qui nous donne un avantage. Nous avons une stratégie, c'est celle d'être élue sur un programme qui va radicalement changer l'avis des gens.
Parce que je veux le dire, dans le type de proposition là que nous allons voir fleurir vraisemblablement, ça mène à du dégoût vraiment très profond. Parce que quand on renonce à changer l'avis des gens, quand on renonce à proposer, à faire une proposition politique forte, ça mène à l'extrême droite et à la montée de l'extrême droite. Parce que c'est de la confusion. Mais dégoût, pardon Clémence Guettet,
mais est-ce que vous ne pensez pas que c'est dégoût pour toute la classe politique ? Dégout pour les filles ? Dégout pour les électeurs de RN ? Dégout pour les autres ? Est-ce que vous ne pensez pas que ce spectacle-là, au fond, vous desserre terriblement ? Desserre l'ensemble de la classe politique ?
Là, je viens de vous rejoindre juste après le discours de M. Attal et en plein pendant le discours de M. Barnier. Je pense qu'ils sont dans un déni total qui dégoûte en effet les gens. Mais je vais vous dire, quand je vais dans ma circonscription, les gens nous disent merci de tenir bon en fait. Ce qu'ils attendent, c'est une proposition politique qui ne bidouille pas. Et ce à quoi on commence à assister là, c'est justement l'inverse. Ce n'est pas de la clarté. Je pense que les gens ont besoin de... C'est pour ça que je dis retourner aux urnes. Parce qu'en fait, ça permettra de voir quelle orientation politique est majoritaire dans le pays. Mais là, c'est la démission du politique.
Vous voyez bien que les administrations vont en gros écrire une loi spéciale, que derrière, c'est l'administration qui aura encore plus de poids. Le prochain gouvernement, vous savez très bien à quel point il sera faible dans tous les cas. Qu'est-ce que vous allez rejeter ? Trois, quatre grandes propositions que le PS met en avant. Pourquoi ne pas aller vers quatre sujets qui, d'ici six mois, d'ici la prochaine législative, puissent quand même faire changer l'avis des gens ? Vous disiez texte par texte. Ce n'est pas ça, texte par texte ? Trois, quatre propositions. C'est de la bidouille. Il y en a 640 dans le programme du Nouveau Front Populaire.
Donc je refuse qu'on saucissonne, on choisisse, on découpe. Et je vous le dis encore une fois, M. Attal, par exemple, l'abrogation de la réforme des retraites, il est contre. Et ils ont montré, ils ont eu un comportement pitoyable, vraiment, de non-réceptivité à ce dont les gens ont besoin. Tout ou rien,
c'était ce que disait déjà Jean-Luc Mélenchon, effectivement, au sortir des élections législatives. Et on voit où ça a mené, en fait. Ça ne vous a pas servi.
C'est-à-dire que ça a mené où ? C'est-à-dire que ça a mené à Macron qui fait un déni de démocratie, qui refuse de reconnaître le résultat des urnes, qui n'a pas nommé Lucie Casté alors que nous le demandons depuis le mois de juillet. Voilà, les macronistes s'enferrent dans une obstination de surpuissance. Et je crois qu'il faut absolument y mettre un coup d'arrêt. Et je crois que Macron doit revenir sur Terre et se rendre compte de l'impopularité dans laquelle il est.
Avant de vous laisser repartir, on veut juste clarifier une chose parce qu'on n'a pas prononcé son nom. On est d'accord que votre candidat pour les présidentielles, c'est Jean-Luc Mélenchon à ce stade ?
Ah ben, il est clair que s'il y a une présidentielle anticipée demain, Jean-Luc Mélenchon est le mieux placé pour être notre candidat et porter ce programme de rupture dont je vous ai parlé.
Voilà. Michel Barnier a fini son discours désormais. Ce qu'on entend là, ce sont des applaudissements mêlés. On ne sait pas bien, on aimerait bien voir s'il y a aussi autre chose au milieu de ces applaudissements. Non, vous n'en faites pas. Il n'y a pas d'un soumis qui applaudissent. Oui, ça j'imagine bien. En tout cas, c'est la fin de la séquence. Merci beaucoup, Clémence Guettet. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Fin de séquence, ça veut dire que maintenant, très concrètement, il sort. Oui. Le président de la République n'est pas encore là, il ne va pas tarder puisqu'il est en train de rentrer.
Tout à fait.
Lorsque le président de la République dit qu'on nommera un successeur à Michel Barnier très vite, ça veut dire quoi ? Très vite ? On a entendu demain, après-demain. Est-ce que ça a du sens de penser ça ?
Demain, après-demain, ça paraît assez surprenant de sa part. Il n'a jamais pris des décisions aussi rapidement et des décisions quand même structurantes. Là, il s'agit quand même d'imaginer... Fin de séance. Alors ça, oui, c'est la sonnerie fin de séance et c'est le début du vote. Voilà. C'est-à-dire que la prochaine fois que vous entendrez cette sonnerie, ce sera pour le résultat du scrutin et donc d'ici une demi-heure, trois quarts d'heure, la même sonnerie retentira.
Et puisqu'on a fait un tout petit aparté là-dessus, on reviendra parce que je n'ai pas oublié ce que vous étiez en train de nous dire avant que je vous interrompe avec la sonnerie, Maxence. On ne vote pas dans l'hémicycle quand il s'agit d'une censure. On sort, c'est une petite salle à côté et seuls ceux qui votent
sortent. Tout à fait. Il n'y a que les députés favorables à la censure qui votent donc tous les autres, en effet, peuvent aller rejoindre Michel Barnier à Matignon pour un pot d'adieu. En tout cas, il n'y a que les députés opposés qui votent de manière personnelle, individuelle et ensuite le dépouillement réalisé par les huissiers de l'Assemblée nationale. Puis la présidente de l'Assemblée, Yael Brom-Pivet, prononcera les résultats et là, ce moment-là marquera sans doute la fin de ce mandat de Michel Barnier.
Voilà. Ce qui se passe à l'intérieur, c'est que le centre a applaudi après le discours de Michel Barnier. Les autres sont sortis. Le scrutin est ouvert. Il est ouvert pour 45 minutes. très exactement. Je sais où je vous ai interrompu. On parlait de la rapidité ou pas d'un Premier ministre. Et vous disiez ça m'étonnerait.
Oui, ça m'étonnerait parce que samedi et dimanche, vous savez, c'est la réouverture de Notre-Dame de Paris. Mais justement. Mais oui, mais c'est l'une des fiertés françaises qu'Emmanuel Macron tient à mettre en valeur. C'est vraiment l'un de ces moments qu'il attendait depuis 5 ans, cette promesse de reconstruction de Notre-Dame. Il est peu probable que le jour où Notre-Dame rouvre, une passation de pouvoir ait lieu à Matignon. Donc le plus probable est une nomination lundi, semaine prochaine, lundi de la semaine prochaine. En tout cas, c'est ce qui circule. Mais vous savez très bien que là, on va être soumis à toutes les rumeurs et à tous les échos.
Et certaines sources parlent, mais n'en savent rien. Et ceux qui savent, ne parlent pas. Vous connaissez la formule. Et donc, voilà, on se dirige vers lundi prochain.
Et pourquoi on ne voit rien, nous le verrons plus tard. Là-dessus, Blanche Léridon, si on se dépêche, que ce soit 48 heures ou 72 heures après tout, si on se dépêche, qu'est-ce que ça nous dit est-ce que ça dit un empressement, effectivement, d'éviter que cette crise politique se prolonge et que les regards soient tous braqués sur Emmanuel Macron ? Est-ce que ça dit qu'on recommence à faire les choses à l'envers ? C'est-à-dire nommer le Premier ministre d'abord et imaginer comment et avec qui il gouvernera après. Est-ce que ce n'est pas retomber exactement dans les erreurs faites au mois d'août et septembre ?
C'est exactement le risque immense de cette séquence et vous avez interrogé Madame la députée Guettet tout à l'heure sur l'alternative et l'après. C'est vrai que la motion de censure c'est une motion de rejet total mais qui ne propose pas d'alternative. Il y a un certain nombre de régimes en Europe et notamment en Allemagne qui ont adopté ce qu'on appelle la censure constructive.
C'est-à-dire qu'en Allemagne si vous censurez un gouvernement vous avez l'obligation de désigner un remplaçant et donc si vous n'avez pas trouvé le remplaçant et il doit et bien vous ne pouvez pas censurer pour assurer un petit peu la continuité de l'État et on sait que c'est un principe qui est également extrêmement important en France pour rebondir sur ce qu'on vient de dire aussi sur le calendrier et c'est vrai qu'il y a une symétrie un petit peu cynique et étonnante entre ce qui s'est passé avant les Jeux Olympiques où pareil on s'apprêtait on était à la veille d'un moment historique où les regards du monde entier seraient portés par le pays moment qui a été précédé par la mort d'une crise politique et bien là on se retrouve exactement dans les mêmes circonstances et c'est non pas les Jeux Olympiques qui s'ouvriront après-demain mais effectivement la réouverture de Notre-Dame alors est-ce que le Président de la République va faire pareil et décider d'attendre on sait que normalement comme vous l'avez dit Maxime Chambrec il est plutôt du genre à faire prolonger les choses et voudrait récupérer ce grand statut de maître des horloges mais on sait que ce statut-là il ne l'a plus depuis un petit moment c'est désormais Marine Le Pen Jean-Luc Mélenchon qui se disputent un petit peu ce statut-là l'un d'ailleurs ayant prédit que le gouvernement tomberait entre je ne sais plus le 11 et le 17 décembre et puis finalement c'est Marine Le Pen qui l'a devancé et qui a disons imposé son propre calendrier mais c'est vrai que là on ne sait pas ce qui va se passer dans les prochains jours mais ce qu'on sait c'est qu'il nous faut un budget d'ici la fin de l'année soit par un gouvernement démissionnaire via une loi spéciale on en a beaucoup parlé prévu par l'article 45 de la loi organique de la loi de finances soit avec parce qu'il reste encore quelques jours avant le 31 décembre un nouveau budget ou ce budget pour 2025 amendé par un nouveau gouvernement
avant de rejoindre une autre invitée il y a Aurore Berger qui nous attend je voudrais saluer Marie Mollet bonsoir Marie vous avez suivi ce discours de Michel Barnier donnez-nous-en la teneur c'était quoi ce dernier discours la dernière fois qu'on l'entend dans l'hémicycle et bien c'était un discours testamentaire on l'a entendu dès le départ il a parlé au passé j'ai été fière d'être premier ministre ça a été un honneur il est rentré d'ailleurs avec une standing ovation rentré et sorti par une standing ovation ça n'était jamais il n'avait jamais eu un tel accueil en trois mois de mandat et il a passé du temps le premier ministre à défendre son action son très court mandat trois mois je suis fière d'avoir mis de l'énergie à bâtir plutôt qu'à détruire il a passé du temps à expliquer que son budget était un bon budget contrairement à ce qu'affirment les oppositions pour l'hôpital pour la santé pour la protection des plus fragiles j'ai affronté la réalité j'ai affronté le déficit et puis il a mis en garde sur la gravité de la motion de censure comme hier soir il a énuméré toutes les conséquences concrètes dans le quotidien des Français il a expliqué que la censure c'est pas de la littérature c'est du concret une perte de pouvoir d'achat il a énuméré une hausse d'impôt pour 18 millions de Français pas de recrutement de nouveaux policiers pas d'élargissement du prêt à taux zéro etc et il a lancé une sorte de mise en garde en quelque sorte il a dit écoutez-moi bien il a répété écoutez-moi bien la réalité ne disparaîtra pas par l'enchantement d'une motion de censure souvenez-vous cette réalité du déficit et de la gravité budgétaire se rappellera à tout gouvernement quel qu'il soit cette mise en garde cette prophétie en quelque sorte que Michel Barnier a lancée avant un dernier appel à la responsabilité chacun est responsable vous tenez l'avenir des Français entre vos mains merci beaucoup bonsoir Aurore Berger et merci d'être avec nous est-ce qu'aujourd'hui pour vous c'est le temps pour la 5ème République ou les institutions en marche dans quel état vous êtes ?
c'est une journée qui est triste
en fait c'est une journée qui est triste et qui m'inspire presque du dégoût en fait moi je regardais vous aussi
parce qu'on avait Clémence Guettet tout à l'heure elle employait les mêmes mots
peut-être mais elle rendra des comptes sur le vote qu'elle fera aujourd'hui moi ce qui m'a beaucoup frappée c'est que je regardais l'attitude des députés pendant que le premier ministre s'exprimait je voyais tous les députés et les filles qui ricanaient je voyais tous les autres députés à gauche qui faisaient pas les fiers parce qu'ils savent qu'en vérité ils mentent aux Français sur le fait qu'il n'y aura pas de conséquences comme si une motion de censure ça pouvait se prendre avec légèreté comme si ça n'engageait pas finalement le sort aussi de notre pays à court à moyen et je pense aussi à long terme
mais est-ce que ça vous laisse quand même une forme de regret sur la manière dont les choses se sont passées pendant ces 57 jours est-ce que vous vous dites aujourd'hui avec le recul peut-être qu'on aurait pu faire différemment est-ce qu'il fallait par exemple regarder plus vers la gauche plutôt que de se retrouver finalement prisonnier du Rassemblement National avec le recul
mais ça ne s'est pas totalement passé comme ça vous savez à peine Michel Barnier était-il nommé que la gauche disait qu'elle déposait une motion de censure donc ça veut dire que quels auraient été les efforts du Michel Barnier et quels sont les efforts qu'il a réalisés puisque le budget tel qu'il a été présenté dans sa version définitive n'est pas évidemment le budget qui était dans sa version première de toute façon la gauche aurait censuré et d'ailleurs quand il y a eu soi-disant une ouverture de la part du Parti Socialiste c'était pour dire quoi d'abord on fait tomber Michel Barnier puis on verra est-ce que ça c'est responsable comme attitude quand je vois qu'il y a un ancien président de la République qui s'apprête là dans les salons de l'Assemblée Nationale derrière nous à voter la motion de censure lui il ne peut pas ignorer les conséquences économiques financières, budgétaires que ça va emporter pour le pays est-ce qu'il y a on aurait pu faire différemment en termes de méthode j'en sais rien honnêtement ce que je sais c'est qu'à la fin il va falloir que chaque député qui vote la censure rende des comptes aux français sur les conséquences que cette censure va emporter
alors effectivement vous ne savez pas si on pouvait faire différemment ou pas mais encore que il faudra quand même se poser la question assez vite pour éviter que ce soit une histoire sans fin qu'on revoit qu'est-ce qui empêchera que ce soit une histoire sans fin qui se répète est-ce que par exemple aujourd'hui vu les relations avec le Rassemblement National et vu jusqu'à quel point le Rassemblement National à ce stade-là en tout cas tenait Michel Barnier est-ce que ça veut dire qu'un Premier Ministre qui serait un Premier Ministre de droite aujourd'hui est démonétisé ça ne pourra plus marcher
quoi qu'il se passe cette Assemblée va rester dans cette configuration-là à minima encore pendant quelques mois si jamais le Président de la République souhaitait à nouveau dissoudre ce qui n'est pas d'ailleurs une certitude donc ça veut dire que cette composition elle est figée et d'ailleurs quand il se relaie à la tribune de l'Assemblée Nationale aujourd'hui pour dire rassurez-vous dans un mois dans deux mois dans trois mois on pourra voter un budget mais avec qui ? avec quelle majorité ? sur quelle base ?
quand je relis la motion de censure du Rassemblement National c'est une attaque en règle contre l'Union Européenne par exemple quand je relis la motion de censure de la gauche unie quand même unie pour signer cette motion de censure c'est une attaque en règle pour dire qu'il faut augmenter la fiscalité et les impôts mais Orbeger ce que vous dites c'est vrai
il n'y a pas de majorité mais c'est valable aussi pour vous donc désormais pour éviter encore une fois le bis répétitas est-ce que sur la proposition de Gabriel Attal par exemple de retrouver cet arc républicain qui va jusqu'aux socialistes sans aller jusqu'à la France Insoumise et de l'autre côté sans aller au RN est-ce que cette proposition-là en face de celle de Boris Vallaud par exemple qui peu ou prou se ressemble je parle un peu sous le contrôle de Maxence Lambrec est-ce que vous y allez ? est-ce que vous dites chiche ?
on réessaye autre chose ? en fait moi je ne dis pas chiche tant que je ne connais pas le projet je ne dis pas chiche à m'allier ou à refuser de m'allier d'ailleurs tant que je ne sais pas sur quelle base on pourrait s'allier encore une fois ils n'ont pas fait des motions de censure autonome ils auraient pu à un moment déposer plusieurs motions il y a eu une motion de censure unique de la gauche pourquoi ?
parce qu'il y a des municipales dans un an et que moi je ne crois pas à la fable qui est d'espérer et d'espérer et d'espérer encore que la gauche redevienne une gauche républicaine démocratique et laïque j'en rêve je pense que ce serait mieux pour le pays je pense que ce serait mieux pour la gauche aussi mais malheureusement ça n'est pas le cas aujourd'hui ils sont complètement tenus dans cette alliance-là est-ce que des ponts peuvent exister ?
je le souhaite et je l'espère très sincèrement d'abord en tant que républicaine et démocrate aujourd'hui je ne vois pas sur quelle base quand Gabriel pardon moi pardon Maxence on a l'impression qu'il y a quand même personne qui travaille à ces ponts si mais évidemment qu'on se parle évidemment que les députés on se parle on travaille ensemble en commission c'est plus feutré c'est moins médiatique donc on arrive à un moment à trouver des compromis et donc je pense que ça c'est possible sauf que vous voyez bien que des compromis ponctuels ça ne fait pas une politique publique ça ne fait pas une politique à présenter aux français
or on a besoin de ça mais est-ce qu'on peut vraiment faire une politique publique quand il n'y a pas de majorité ça semble compliqué quand Gabriel Attal dit
on a réussi pendant deux ans malgré tout on était en majorité relative on était à la merci
qui était à 250
il y a eu 31 motions de censure sous Elisabeth Borne 31 il n'y en a pas une qui est passée parce que vous étiez 250 on était plus nombreux je vous l'accorde mais ça veut dire qu'on a quand même réussi à un moment à bâtir des compromis c'était pas juste nous ou rien on a une permanence sauf que la configuration
est très différente quand et c'est une porte de sortie j'en sais rien ou une troisième voie quand Gabriel Attal dit on essaye de faire un accord arc républicain et on enlève ce qu'on appelle les irritants c'est-à-dire les irritants c'est l'immigration c'est la réforme des retraites par exemple est-ce que pour au moins que les institutions restent en l'état et qu'on puisse avancer comme ça jusqu'à soit une dissolution soit 2027 j'en sais rien enlever les irritants pour que les institutions se poursuivent qu'est-ce que vous en dites au revoir Berger mais encore une fois
je pense qu'il faut regarder qui endosse la responsabilité encore une fois de la censure les premiers qui endossent la responsabilité de la censure c'est quand même ceux qui la votent c'est pas ceux qui la votent pas nous on a fait des compromis d'ailleurs Gabriel Attal l'a dit on a assumé de revoir notre position sur des sujets qui pourtant au départ pour nous n'étaient pas pleinement satisfaisants donc on a fait
une part du chemin est-ce que vous êtes en train de nous dire que tous les gens qui ont voté la censure n'ont pas leur part dans un prochain
gouvernement d'Union sont déjà disqualifiés je dis juste quand une fois ils ont été 7 7 partis socialistes à ne pas signer la censure ça fait pas beaucoup quand même 7 députés sur versus 185 qui ont signé mais tous les autres sont disqualifiés je ne dis pas qu'ils sont disqualifiés j'espère qu'on peut travailler encore une fois et qu'on peut peut-être travailler ensemble la question c'est encore une fois sur la base de quel projet nous pourrions travailler ensemble moi j'entends Boris Vélo qui parle d'un sursaut moral à la tribune c'est sympa de se faire plaisir à la tribune très bien on se parle on a été président de groupe au même moment ça n'empêchait pas d'avoir des désaccords profonds et de se parler et moi je suis désolée quand je l'entends dire qu'on va avoir un sursaut moral et que dans le même temps ils signent la motion avec la France Insoumise alors qu'ils se sont fait insulter matin, midi et soir par la France Insoumise et que la France Insoumise insulte les français et les parlementaires et qu'ils attendent les voix du Rassemblement National parce que c'est pas le Premier ministre qui a quémandé les voix du RN c'est la gauche ce soir qui quémande les voix du Rassemblement National pour espérer que la motion ne s'en surpasse et pour espérer qu'un gouvernement tombe et c'est là où il ne faut pas inverser encore une fois les responsabilités et c'est là où il faudra qu'il rende des comptes sur les conséquences parce que c'est ce qu'a dit Michel Barnier il y aura des conséquences pour les français de cette censure
une toute dernière question très très rapidement parce qu'il faut que je vous laisse partir et que d'autres arrivent à l'intérieur de ce petit cercle où nous sommes un Premier ministre rapidement c'est ce que souhaite apparemment Emmanuel Macron est-ce que vous vous dites attendez quand vous dites là discutons d'abord et même si ça prend du temps ça prend du temps c'est toujours le Premier ministre
qui doit lancer la discussion c'est comme ça que nos institutions fonctionnent c'est parce que vous nommez quelqu'un qu'il est en responsabilité ensuite et en capacité parce qu'il a la légitimité de pouvoir ensuite dialoguer avec l'ensemble des groupes parlementaires donc oui tant mieux si ça va vite et tant mieux si après chacun retrouve l'esprit de responsabilité merci beaucoup
d'être passé nous voir Maxence Lambrec
et d'avoir auberge parlé de ceux qui vont voter la censure évidemment la liste existera et elle sera disponible sur le site de l'Assemblée nationale quelques minutes après le vote on saura qui a voté pour cette motion de censure
il y a Boris Vallot qui vient de s'installer vous savez comment ça se passe ici voilà il faut qu'on lui donne un casque il ne faut pas que je marche sur le fil non plus parce que sinon il n'entend pas oui je fais ça plutôt bien je lève très bien la jambe il faut aussi lui donner un micro bonsoir Boris Vallot merci beaucoup d'être avec nous on ne vous a pas entendu dire bonsoir est-ce que vous êtes là ? oui oui ça y est vous êtes là merci beaucoup absolument pas longtemps c'est ce qu'on nous a dit parce qu'il faut que vous alliez voter en fait vous ne l'avez pas encore fait non et vous le faites comment sincèrement dans quel état d'esprit
je ne ressens qu'une espèce ni de satisfaction ni de joie c'est un moment de gravité c'est un moment réfléchi et d'ailleurs c'est un moment que j'ai essayé d'expliquer d'argumenter dans mon intervention et puis évidemment de tracer quelques perspectives je crois que c'était notre responsabilité de dire que dès lors que nous déposions une motion de censure c'est parce que nous revendiquions l'exercice des responsabilités et que nous étions aussi conscients de la nécessité de faire des compromis à l'Assemblée nationale de faire ce que moi j'ai appelé un accord de non-censure pour rendre un gouvernement de gauche durable dans une France qui a besoin de stabilité
votre accord de non-censure va devoir se faire avec un certain nombre d'alliés que vous irez chercher jusqu'où ? Boris Vallaud jusqu'où vous allez ?
vous savez il y a eu un front républicain ce front républicain il obligeait les députés qui en ont bénéficié à une seule loyauté c'était de ne rien céder à l'extrême droite et toutes ces dernières semaines ce que nous avons constaté ce que nous déplorons c'est la trahison de ce front républicain avec des discussions qui ne se sont tenues qu'exclusivement avec le rassemblement national et d'ailleurs pas seulement sur les questions budgétaires mais aussi avec la promesse d'une nouvelle loi immigration après la débâcle politique et morale de l'année dernière à travers la remise en cause de l'aide médicale d'Etat alors que nous avons continuement fait des propositions
ça veut dire sans LR voilà c'était le sens de ma question merci de l'avoir précisé
écoutez ceux qui ont bénéficié du front républicain certains LR ont pris dans leur circonscription leur responsabilité mais il est vrai que par exemple Michel Barnier ne l'avait pas fait
si votre arc commence donc juste après LR est-ce qu'il va jusqu'à la France insoumise la raison pour laquelle je vous pose la question c'est qu'il y en a un autre en cours proposé par Gabriel Attal il faudra bien un moment que vous arriviez à mélanger vos deux arcs pardon de le dire comme ça sachant que de l'autre côté c'est la présence de la France insoumise qui pose problème
mais ce que j'ai dit c'est qu'à un moment donné il va falloir et c'est un sursaut moral cette censure elle est aussi la censure de ce socle commun ou de ce bloc central ils vont devoir faire un choix la connivence éhonté avec l'extrême droite au prix d'une soumission qui finit par coûter cher au pays à la république et à ses principes ou accepter une gauche au pouvoir aussi imparfaite soit-elle et même s'il y a des différences qui peuvent les séparer grandement d'un certain nombre de ces franges moi je ne change pas d'alliance je propose une méthode celle que Michel Barnier n'a pas trouvé qui n'a jamais recherché vous savez la méthode Barnier c'est un bruit qui court vous dites que vous ne changez pas de méthode
si j'ai dit que je change de méthode alors on a eu Clémence Guettet pas d'alliance pardon vous ne changez pas d'alliance on a eu Clémence Guettet tout à l'heure qui pour elle dit et ce n'est pas une surprise de la part de la France insoumise nous on a une candidate si on peut dire pour le poste de premier ministre on sait ce qu'on veut c'est à dire la démission d'Emmanuel Macron et on sent bien que vous du côté PS vous n'êtes ni dans l'un ni dans l'autre
mais nous ne sommes pas dans la stratégie du chaos nous ne souhaitons pas une élection présidentielle vous savez que s'il devait y avoir dans 35 jours une élection présidentielle nous aurions exactement la même assemblée nationale avec les mêmes contraintes avec la même nécessité de faire des compromis ce que je veux rappeler c'est que le 12 août dernier avec Lucie Casté avec les présidents du groupe du nouveau Front Populaire nous avons écrit à tous nos homologues de l'arc républicain pour leur dire que nous serions les garants d'une nouvelle méthode que nous savions qu'il n'y avait pas de majorité et qu'il nous faudrait faire des compromis texte par texte je vois que Marine Tondelier écrit au chef de parti dans ce même état d'esprit et j'ai entendu tout à l'heure monsieur Sansu mon collègue du parti communiste dire la même chose il y avait un congrès ou un conseil national du parti communiste ce week-end qui n'est pas loin mais je dis aussi à monsieur Attal qu'il faut bien qu'il ait conscience du fait qu'il ne peut pas être dans la défense du bilan tout le bilan rien que le bilan d'Emmanuel Macron qu'ils ont perdu ces élections que les électeurs veulent un changement de cap un changement de politique et que être la gauche de gouvernement ça n'est pas être la gauche de tous les gouvernements vous avez trouvé sur une échelle de 1 à 10 vous en êtes toutes cet accord de non-censure est-ce que vous avez réussi à trouver les 5 points les 5 points communs que vous pourriez porter ensemble mais pour ce qui est de la gauche on sait quelles sont nos priorités elles sont connues et donc il y a un moment donné la question de la réforme des retraites elle est posée mais je veux dire nous rentrons dans une discussion dans une négociation elle est importante nous avons vu ce qui s'est passé par ailleurs l'autre jour dans l'hémicycle moi je propose un chemin une méthode un rendez-vous avec celles et ceux qui le souhaitent voilà sur cette échelle de 1 à 10 vous en êtes où la préparation de cet accord sur le nutricore de la discussion j'ai l'impression que c'est 1 moi écoutez j'en sais rien non on va dire 2 2 bah écoutez c'est mieux que 1 c'est mieux que 0
merci beaucoup je vous laisse aller voter merci beaucoup il nous reste très peu de temps Blanche Léridon vous qui avez écouté toutes ces discussions et depuis votre fauteuil d'observatrice on posait la question de savoir tout à l'heure comment éviter le bis répétitas au point où nous en sommes est-ce que nous sommes armés pour éviter ce bis répétitas aujourd'hui
en tout cas j'ai le sentiment à l'écoute des différentes prises de parole qui se sont succédées qu'il y a peut-être un petit peu moins d'intransigeance qu'il y en avait avant l'été et que l'expérience de ces quelques mois houleux à l'Assemblée nationale a marqué un certain nombre de députés qui a une volonté en tout cas commune et je l'espère d'avancer c'est vrai que là on va assister à quelque chose qui peut paraître un petit peu contre nature c'est-à-dire au vote de cette motion donc quand même le texte a été rédigé par le nouveau fonds populaire qui accuse quand même le gouvernement Barnier d'avoir cédé aux villes tentation du rassemblement national donc là on a quand même pour Marine Le Pen et d'ailleurs elle l'a dénoncé elle a dit que c'était la faute des institutions si elle était obligée de voter une telle censure et elle a eu un discours extrêmement ferme et elle dit c'est les institutions qui nous poussent à mêler nos voix à celles de l'extrême gauche ces mêmes institutions qui nous poussent à utiliser le nouveau fonds populaire comme simple outil pour éviter l'adoption d'un budget toxique donc quand on entend des paroles pareilles on n'est pas extraordinairement optimiste sur la suite mais en tout cas il y a un moment de vérité dans quelques minutes et on attend tous les résultats du vote ce soir
dont on connait un petit peu l'issue Blanche Léridon on sait bien que la démission du président de la république est demandée par la France insoumise n'est pas demandée officiellement par le rassemblement national mais enfin on sent quand même que c'est il y a beaucoup d'allusions et que c'est ce qu'ils ont en tête moi je me demandais à votre avis jusqu'à quel point elle peut devenir automatique au fond automatique enfin en tout cas indispensable si on veut avancer ça fait partie des possibilités automatique elle ne le sera jamais automatique non c'est pas le bon terme
elle fait partie des possibilités et d'ailleurs c'est très intéressant de voir comment est-ce que ce sujet qui paraissait totalement impossible il y a encore quelques mois est rentré dans un débat public plus mainstream c'est un peu le phénomène de la fenêtre d'Overtone vous savez c'est des choses qui nous paraissent complètement impensables qui progressivement rentrent dans la sphère de la normalité moi je rejoins ce que vous avez dit tout à l'heure quand vous interrogez madame Guettet à ce sujet qu'est-ce que ça veut dire une présidentielle anticipée ça veut dire que vous avez entre 20 et 35 jours pour ficeler des programmes pour répondre aux impératifs pour l'avenir de ce pays ça me semble extraordinairement faible et dans des délais aussi contraints je crois qu'on ne pourrait qu'ajouter du chaos au chaos et donc je ne pense vraiment pas que ce soit la solution en tout cas ce sera la fin de la 5ème république puisque ça ouvrirait la porte à toute démission du président ce qui n'est jamais arrivé on basculerait d'une certaine manière vers une 6ème république c'est le président démissionné il en a quand même parlé hier devant la presse en disant que c'était la politique fiction mais en parler c'est déjà une première étape en effet le sujet est dans l'atmosphère
voilà donc les députés qui souhaitent voter la censure sont en train de le faire au moment où on se parle le résultat probablement dans une vingtaine de minutes
et nous vous l'annoncerons sur France Inter
on l'annoncera évidemment sur France Inter on en reparlera on en reparlera vraiment sur France Inter merci beaucoup Blanche Léridon d'avoir été avec nous merci à tous merci à Julien Girard et à Geoffrey Marijan pour la technique merci à Thomas Coste aussi retour à Paris on est toujours à Paris à la maison de la radio youpi
Michel Barnier