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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 18 août 2022 56 minContradictoireMixte

Faut-il légaliser le cannabis ?

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0:15
Présentateur

Alors que l'Allemagne ou le Luxembourg s'apprêtent à légaliser le cannabis, en France, le débat frémit. Dans une tribune toute récente, des sénateurs prennent position pour sa légalisation, comme des députés qui, dans un rapport récent, se prononcent en sa faveur. Mais même si, globalement, les Français n'y sont pas opposés, le sujet est loin de faire consensus dans l'hexagone, aussi bien chez les médecins que dans la classe politique, où l'on retrouve grosso modo le clivage gauche-droite qu'on croyait perdu. Le débat est donc souvent biaisé par l'idéologie des uns et des autres. En attendant, la France reste le plus gros consommateur européen et les trafiquants continuent de s'enrichir.

Le marché rapporte selon l'INSEE 1 milliard d'euros. Pendant qu'une politique de prévention digne de ce nom fait défaut, faut-il légaliser le cannabis ? C'est notre menu du jour. Thomas Chauvino, le débat de midi sur France Inter.

1:09
Invité

Dans un État qui a les politiques les plus restrictives envers les consommateurs, et paradoxalement un État où le nombre de consommateurs augmente chaque année, est-ce qu'il ne faut pas changer de stratégie et qu'on se met tous autour de la table et qu'on évite les positions idéologiques, mais qu'on puisse réfléchir à quelle serait la meilleure solution d'un point de vue sécuritaire, mais surtout d'un point de vue sanitaire pour les consommateurs ?

1:37
Présentateur

Extrait de l'interview du maire de Reims, Arnaud Robinet, par le Huffington Post, c'était en avril 2021. Et quatre invités pour parler ce midi de la légalisation du cannabis. En duplex de Clermont-Ferrand, Marie Geoffray Routside, bonjour. Bonjour. Vous êtes sociologue et chercheuse à l'Inserm sur la gestion des risques. Vous êtes également en compagnie à Clermont-Ferrand toujours de Nicolas Autier, bonjour. Bonjour. Vous êtes médecin psychiatre et addictologue, et merci d'ailleurs aux techniciens de Radio France qui assurent la liaison depuis Clermont-Ferrand. En studio, à Paris, Ludovic Mendes, bonjour. Bonjour.

Député Renaissance de Moselle, vous êtes l'un des rapporteurs d'une mission d'information sur le cannabis à l'Assemblée nationale. Et nous sommes également en ligne avec Gilbert Luc de Vinaz, pardon, sénateur du Rhône. Bonjour, monsieur. Bonjour. Membre du Parti Socialiste, vous venez de publier cette tribune à laquelle je faisais allusion dans l'introduction de l'émission, dans le journal Le Monde, une tribune pour rappeler à cette légalisation. Dans cette tribune, Gilbert Luc de Vinaz, vous écrivez, avec 30 autres de vos camarades, en substance qu'une légalisation pourrait protéger la jeunesse. Dans quelle mesure ?

2:45
Invité

Écoutez, aujourd'hui, la prohibition, vous venez de le dire en introduction, c'est-à-dire qu'on est dans la prohibition, on est le pays qui a la plus grosse répression, et de 3,8 millions de consommateurs, on est passé en 2018 à 4,6 millions. C'est-à-dire que la consommation n'est en rien supprimée, elle augmente, alors qu'on est le pays, et c'est le pays européen, où on consomme le plus. En plus, quand vous êtes dans un produit...

3:19
Présentateur

4,6 millions occasionnels, on parle de 1,5 millions de consommateurs réguliers.

3:22
Invité

Vous avez raison, mais on est passé de moins d'un million à 1,4 millions réguliers. Donc, si vous voulez, ce système de prohibition montre qu'il ne fonctionne pas, et qu'il n'arrête pas, en tous les cas, la consommation. Et en plus...

3:37
Présentateur

Néanmoins, comment ça pourrait protéger la jeunesse ? Parce que c'est ça qui est assez surprenant quand on lit votre tribune.

3:42
Invité

Aujourd'hui, vous la protégez comment, la jeunesse ? Puisque vous êtes sur un produit illicite, comment vous pouvez mener de bonnes politiques de prévention, de bonnes politiques de santé publique, sur un produit, une drogue qui est interdite. Et avec un business qui se fait sous le manteau, sans contrôle de ce qui est vendu, et à qui c'est vendu.

4:06
Présentateur

Marie-Joffray Roustide, est-ce que ça peut protéger, selon vous, la légalisation, la jeunesse de ce pays ?

4:13
Invité

Alors oui, en fait, tout dépend du modèle de légalisation qu'on choisit. Mais au Canada, par exemple, qui a choisi un modèle de légalisation très encadré par l'État, un des objectifs de la légalisation, c'était de protéger la jeunesse. Parce qu'en fait, les bénéfices qui ont été faits sur la vente du cannabis sont réinjectés dans la prévention. Donc ça, c'est le premier point. La deuxième chose, c'est que la prohibition, en fait, stigmatise les usagers et rend compliqué l'accès aux soins des usagers. Parce qu'en fait, quand c'est interdit, c'est difficile d'en parler.

Et la deuxième chose, c'est que la prohibition et la répression rendent aussi compliqué le fait d'avoir un discours clair sur les risques et les bénéfices du cannabis. Et donc, en fait, quand on veut avoir un discours de réduction des risques, un discours de prévention qui fonctionne auprès des jeunes, c'est très compliqué de le faire dans un contexte de prohibition et c'est plus simple de le faire dans un contexte de légalisation.

5:08
Présentateur

Nicolas Mendes, je le disais, vous êtes l'un des rapporteurs d'une mission d'information sur le cannabis à l'Assemblée nationale qui propose d'encadrer la vente du produit, tout comme la vente d'alcool et de cigarettes.

5:18
Invité

Oui, alors je reprends juste, c'est les deux équipes, Nicolas. Pardon, excusez-moi. Oui, parce que c'est assez intéressant, parce que là, on a entamé le débat directement sur la jeunesse. Et à chaque fois qu'on parle de cannabis, on revient sur un débat de la jeunesse. Certes, c'est la population la plus fragile, parce que tant que le cerveau n'est pas totalement formé, il y a un vrai risque de développement de maladies, de développement psychique, et donc d'avoir des personnes qui se mettent en difficulté plus tard. Pareil quand on surconsomme de l'alcool très jeune, ou certains médicaments. Donc, c'est pour ça qu'on parle beaucoup des mineurs.

Mais la plus grande consommation aujourd'hui, c'est les 35-55 ans. Et c'est plutôt les classes moyennes, les classes moyennes supérieures. On est loin du cliché véhicule habituellement sur le consommateur dit de cannabis et qui consomme rarement d'eau de drogue. Je rappelle que le cannabis va plutôt calmer quelqu'un, alors que les eaux de drogue vont les exciter. Donc, on ne cherche pas la même chose en prenant de la cocaïne qu'en prenant du cannabis. Je le fais d'entrée parce que souvent, on nous dit, il faut protéger les mineurs et si on légalise, vous ne le ferez jamais.

Et en plus, on nous dit, si vous vous poussez à la consommation du cannabis, parce que si on légalise, en gros, on pousserait à la consommation du cannabis, vous allez déporter vers la consommation des autres drogues. Ce qui est totalement faux. Et ça a été prouvé à plusieurs reprises. Donc, pour revenir sur ce sujet-là, notre objectif à nous, à l'Assemblée nationale, je rappelle que sur les huit commissions permanentes de l'Assemblée, six s'étaient saisies et avaient accepté cette mission d'information. Elle a été présidée à l'époque par un député LR. On était transpartisans.

Et notre objectif, c'était de démontrer qu'il y a plusieurs utilisations du cannabis, thérapeutiques, bien-être et dits récréatifs. Et derrière, de démontrer qu'on pouvait trouver une solution en termes de protection, en termes de lutte contre les addictions, tout en légalisant ce produit qui, aujourd'hui, est hyper consommé dans notre pays. Et je rappelle juste que les chiffres que nous avons sont des estimations, sont des sondages. Et tout le monde ne dit pas oui quand il consomme parce qu'il a peur d'avoir des répercussions.

7:00
Présentateur

Donc, il va y avoir plus de consommateurs. Mais vous avez dit que le cannabis calme alors que les autres drogues excitent. Je voudrais l'avis de Nicolas Autier, qui est médecin psychiatre et addictologue, sur cette question. Nicolas Autier.

7:11
Invité

Oui, l'usage du cannabis et notamment une des substances qui est comprise dans le cannabis qui s'appelle le THC, le tétrahydrocannabinol, peut apporter une forme d'apaisement. Comme d'autres drogues aussi, l'héroïne peut apaiser aussi. Donc, il n'y a pas que le cannabis qui peut apaiser, contrairement à la cocaïne qui va exciter, etc. Ce qui est important, c'est de savoir pourquoi les utilisateurs, les consommateurs, utilisent particulièrement le cannabis. Et dans la majorité des cas, en fait, ils ne consomment pas à visée récréative, qui n'est probablement pas un bon terme à utiliser, parce que c'est un terme qui est plutôt d'ailleurs incitatif à la consommation.

Ils l'utilisent majoritairement pour s'apaiser contre le stress, contre un moral en berne, contre une douleur, contre des difficultés scolaires, contre des difficultés psychiques, familiales. Et beaucoup des usages de cannabis sont en fait des usages qu'on pourrait qualifier d'autothérapeutiques. On sous-estime beaucoup cet usage d'autothérapeutique parce qu'il peut avoir un effet apaisant. Mais attention, le cannabis, ce n'est pas non plus anodin, comme toute substance. En l'occurrence, c'est un mélange de substances.

Il peut avoir des effets inverses, il peut avoir des effets indésirables, qui peuvent parfois exciter, qui peuvent parfois entraîner des troubles du sommeil, qui peuvent parfois favoriser la dépression, etc. Voir donner des crises d'angoisse, c'est assez fréquent. Donc, ce n'est jamais très simple d'aborder les choses, mais il faut les aborder en toute transparence.

8:38
Présentateur

Oui, à la suite de la publication du rapport de l'Assemblée nationale, l'Académie de médecine avait publié une mise en garde pour rappeler la dangerosité du produit, avec, je cite l'Académie de médecine, des données scientifiques solides sur la toxicité cardiovasculaire, cérébrovasculaire, pulmonaire, psychiatrique, immunitaire du cannabis, ainsi que ses effets délétères sur la grossesse et l'enfant à naître. Donc, quelle est votre position, à vous, en tant que médecin, Nicolas Autier ?

9:02
Invité

La position de l'Académie, elle peut discuter très longtemps. C'est une position d'académicien qui n'ont... Elle est dans son rôle d'Académie ? Oui, il faudrait creuser un peu. C'est une position faite par des toxicologues qui n'ont pas connaissance de la clinique et de ce que c'est la consommation de cannabis et de la prise en soin des patients qui souffrent d'addiction au cannabis. Bien sûr qu'il y a des effets indésirables au cannabis, on ne va pas les nier, c'est sûr, mais ce n'est pas la drogue, entre nous, la plus dangereuse.

Et il y a des drogues bien plus dangereuses que le cannabis et qui sont en libre-service en France, je dis libre-service quasiment volontairement, y compris presque pour les jeunes. Donc, oui, si on légalisait, s'il y avait une régulation du marché de l'accès et de l'usage du cannabis en France, il ne faudrait surtout pas en faire la promotion. L'idée, ce n'est pas de légaliser pour promouvoir. L'idée, ce n'est pas de légaliser pour faire de l'argent, pour des raisons économiques. Il faut légaliser pour des raisons de santé publique, c'est-à-dire de mieux maîtriser, justement, les risques du cannabis. Actuellement, on ne maîtrise de rien.

Actuellement, il y a des dispositifs de soins qui existent, dans le médico-social, dans le sanitaire, les services d'addictologie, mais c'est trop tard lorsqu'ils arrivent chez nous. Et il faudrait qu'on puisse, en amont, justement, limiter les consommations et diminuer les risques liés aux consommations, et notamment le fait de fumer, tout simplement. Fumer des joints, ce n'est pas le cannabis qui est parfois le plus dangereux lui-même, c'est le fait de la combustion de la cigarette et toutes les complications cardiovasculaires et respiratoires. Et ça, on ne peut pas le faire. Donc, on n'est pas dans la prévention en France.

On met de l'argent dans le soin, c'est très bien, mais quand on met beaucoup d'argent dans le soin, ça veut dire qu'on a raté la prévention.

10:33
Présentateur

Gilbert-Luc de Vinaz, vous vouliez réagir, sénateur ?

10:36
Invité

Je voulais simplement resituer comment, nous, notre groupe de travail a fonctionné. Parce qu'il y a aussi un autre aspect à prendre en compte par rapport aux drogues en général. Nous, on a considéré qu'il y avait trois possibilités de faire face au cannabis. Soit la prévention, ce qui est la situation actuelle, soit la dépénalisation et la légalisation. Puis, on s'est dit, on va examiner ces trois possibilités en fonction de quelle politique de prévention on peut mener, quelle politique de santé publique on peut amener.

Et puis, si on s'est lancé aussi sur ce groupe de travail, c'est parce que le Sénat et la maison mère des collectivités territoriales qu'un certain nombre d'élus locaux nous ont été interpellés parce qu'eux sont confrontés à un autre problème sur leur territoire, qui est celle de la sécurité publique. Donc, si vous voulez... Et puis, après, on s'est posé les questions économiques. Mais à chaque fois, on a regardé les trois possibilités. On a regardé comment on pouvait améliorer les choses. Et on arrive à la conclusion qui consiste à dire qu'il n'y a pas de bonne solution.

Mais la moins mauvaise des solutions, tout qu'on fait, c'est d'aller vers la légalisation parce qu'elle permet de mieux mener les politiques de prévention, de mieux mener les politiques de santé publique, de contrôler la qualité des produits. Et on espère aussi réduire les points de deal et donc tous les problèmes de sécurité auxquels nos élus locaux sont confrontés.

12:03
Présentateur

Marie-Jophré Roustide, ce que vous dites, c'est qu'il y a beaucoup d'idéologies qui empêchent finalement d'aborder le débat de manière, pas forcément sereine, mais tout du moins rationnelle, avec assez peu d'objectivité scientifique.

12:16
Invité

Oui, c'est tout le problème en fait. La question des drogues et du cannabis en particulier est toujours abordée en particulier par les politiques de manière générale, de manière à la fois morale et émotionnelle. Depuis le vote de la loi du 31 décembre 1970, qui est une loi très répressive. Et donc en fait, le problème, c'est que jusqu'à présent, on avait uniquement les écologistes qui essayaient d'introduire en fait des possibilités alternatives dans le débat en s'appuyant sur les données scientifiques menées dans d'autres pays. Et en fait, autour, on n'avait pas beaucoup de réactions.

Donc ce qui est intéressant aujourd'hui, c'est de voir effectivement que tant à gauche qu'à droite, enfin une certaine partie de la droite, les Républicains, il y a un positionnement de certains politiques sur le fait qu'il faut regarder maintenant ce qui est fait ailleurs, ce qui est fait ailleurs et ce qui marche ailleurs. Et ce qui a également beaucoup limité les avancées en France, c'est qu'en fait, on a une vision très auto-centrée. C'est-à-dire que les politiques ont souvent tendance à considérer que ce qui marche ailleurs ne va pas marcher en France. Enfin, en tout cas, là, je parle du gouvernement et en particulier de notre ministre de l'Intérieur.

Donc ils considèrent que si ça marche, enfin si la légalisation marche dans d'autres pays, ça ne marchera peut-être pas en France. Donc en fait, c'est une position à la fois des politiques souvent moralistes, effectivement très émotionnelles, très décalées par rapport aux données scientifiques et très auto-centrées. Et c'est vraiment dommage parce qu'en fait, il y a des modèles qui sont intéressants à suivre, donc comme le Canada, et il y a des modèles qui ne sont pas à suivre sur la légalisation. Et en particulier, c'est le cas des États-Unis qui ont choisi un modèle très libéral qui là ne fait pas du tout la part belle à la santé publique et qui est un modèle à éviter.

13:59
Présentateur

Sur franceinter.fr et sur l'appli de Radio France et de France Inter, nous recevons ces messages. Joël qui nous dit notamment si on légalise le cannabis, on aura exactement les mêmes problèmes d'insécurité routière et de violence qu'avec l'alcool et les mêmes problèmes de maladies cardiovasculaires et de cancers respiratoires qu'avec la cigarette. A-t-on vraiment besoin de cela ? Et à l'inverse, Guillaume nous dit il y a urgence à légaliser le cannabis pour d'abord libérer nos quartiers populaires. J'y vit, nous dit Guillaume, des trafiquants puis pour réformer la police qui a intégré la prohibition comme une culture à part entière. La prohibition a rendu le cannabis cool voire obligatoire.

C'est un rite de passage au collège. Ludovic Mendes.

14:38
Invité

On a encore une fois deux clichés. Un pour et un contre et chacun apporte son cliché. Alors que le débat du cannabis est beaucoup plus large. Et non seulement il y a un débat philosophique comme vient de le dire notre super intervenant juste avant où il y a un vrai débat, c'est de se dire est-ce qu'on est censé nous classe politique, responsable politique, faire de la morale ou définir des cadres de protection pour nos concitoyens et surtout de regarder ce qui se fait à l'extérieur. D'ailleurs nous on a commencé cette mission d'information comme ça en faisant une étude comparée par rapport à ce qui se fait dans le reste du monde.

Et la réalité c'est qu'il y a des modèles qui fonctionnent plutôt bien d'autres qui fonctionnent moins bien et qu'on peut inventer un modèle à la française. Et vous l'avez dit d'entrée de ce débat moi je suis mausélan. Le Luxembourg a légalisé entre guillemets quatre plans par ménage dans son pays et il faut être luxembourgeois du moins résident luxembourgeois. L'Allemagne est en train de légaliser, la Belgique est en train de se poser des questions, la Suisse... Malte l'a fait récemment. Alors c'est un peu plus loin que la Moselle, vous comprendrez que Malte l'a fait, les Pays-Bas sont en train de revoir leur système. Les Pays-Bas sont en train de revoir leur système, les Espagnols...

15:33
Présentateur

Vous avez aussi beaucoup d'autres pays qui refusent

15:35
Invité

la légalisation. La France, l'Angleterre... L'Angleterre est en train d'ouvrir un débat étant donné que beaucoup d'investisseurs sont en train de s'installer en Angleterre sur le thérapeutique et sur le CBD et ils se sont rendus compte qu'il y avait un intérêt aussi sur le reste du marché. Donc il y a une réalité en fait internationale et il y a un débat très franco-français qui se dit les mineurs et ça rend fou. Ça peut rendre fou, oui, c'est à peu près 1% des consommateurs. On l'a dit dès le départ et on a même au sein de la médecine générale de notre pays un désaccord.

On a des médecins qui sont plutôt pour et qui le poussent pour certaines maladies parce que d'ailleurs je rappelle qu'on a mis en place l'expérimentation sur le cannabis thérapeutique qui est la même base parce qu'on aura du THC, du CBD, du CBG et différentes molécules qu'on va avoir dedans. Donc on a une étude clinique en cours depuis deux ans dans notre pays et on démontre que ça marche. Donc on peut démontrer qu'avec le cannabis on peut soigner des douleurs, du moins pas soigner. On peut protéger de certaines douleurs et permettre que certains muscles se détendent quand on a certaines maladies Parkinson ou autres.

J'ai des exemples de dames de 77 ans qui sont dans ma permanence m'expliquer qu'elles allaient acheter toutes les semaines le produit au bout de la rue pour que leurs compagnons puissent se sentir bien. Ils sont moins agressifs, ils ont moins de douleurs, ils ont moins de difficultés avec les maladies qu'ils ont. Ça peut être un Alzheimer ou un Parkinson. Donc on a pu prouver qu'il y avait un intérêt aussi avec le cannabis. Et on oublie, ça a été prouvé à plusieurs reprises par plusieurs scientifiques choses. C'est la même base.

C'est-à-dire que notre problème sur le cannabis, le seul produit aujourd'hui qui est vraiment totalement différent, c'est ce qu'on appelle le CBD ou le cannabis bien-être parce qu'il n'y a pas de THC à l'intérieur, on est inférieur à 0,2%.

17:03
Présentateur

C'est ce qu'on peut acheter

17:04
Invité

dans les CBD shops, eux-mêmes sur Internet, c'est assez facile maintenant et encore le décret, on a dû le faire modifier il n'y a pas longtemps. Mais je rappelle que le cannabis thérapeutique ou le cannabis dit récréatif, il a raison sur le terme qui est employé qui n'est pas le bon mais qui est celui qui est utilisé communément par la classe politique et certains scientifiques, c'est le même produit. Si aujourd'hui on peut prouver que d'un côté ça peut protéger, ça peut aider de lutter contre certaines douleurs, contre des dépressions, contre des problèmes de sommeil, pourquoi derrière on dit qu'on ne le vend pas ? Et la majorité des consommateurs le consomment pour ça.

On a souvent plutôt du cadre dynamique qui va consommer que du jeûne de banlieue. Le jeûne de banlieue consomme très peu. C'est aussi une réalité.

Et on ne le prend pas en considération parce qu'on est dans le cliché permanent ou alors parce qu'on connaît quelqu'un qui a eu une mauvaise histoire mais on connaît tous quelqu'un qui a eu un problème avec l'alcool, qui a eu un problème avec la cigarette, qui a eu un problème avec plein d'autres produits que ce soit du Trabadol ce qu'on en parlait tout à l'heure avec l'Union Cycliste Internationale, que ce soit avec les OPC qui sont des produits mis à disposition par la médecine parce que c'est sous ordonnance, c'est vendu en pharmacie et derrière on a une addiction réelle et même dangereuse de ces produits. Et là on n'a pas de débat.

Et lutter contre les addictions c'est d'accepter qu'il y a des produits qui font moins mal que d'autres.

18:03
Présentateur

Nicolas Autier vous qui êtes médecin, psychiatre et addictologue vous pensez qu'il y a une forme aussi si on peut dire d'hypocrisie entre ce qui est légal ce qu'on peut acheter en pharmacie en termes de médicaments et le cannabis et son usage en France ?

18:18
Invité

Je ne sais pas si c'est de l'hypocrisie il y a effectivement des médicaments bien plus difficiles à manier que ne le serait le cannabis et notamment le cannabis médical que l'on prescrit depuis un an et demi.

18:30
Présentateur

J'ai lu une interview de vous où vous disiez c'est plus facile de se procurer en France de la morphine quand on est médecin de prescrire de la morphine que de prescrire du cannabis ?

18:40
Invité

Oui bien sûr la morphine d'abord c'est un médicament et on est content de l'avoir heureusement qu'on a de la morphine pour traiter des douleurs sévères et notamment celles liées au cancer donc il n'est pas question de jeter le prof sur la morphine ni même sur le tramadol mais ce sont des médicaments pour les médicaments comme pour le reste si on en fait bon usage si on en a une juste prescription il n'y a pas de problème il y a un problème lorsque ça dérape Oui mais comment on explique

19:02
Présentateur

que la morphine qui paraît quand même être beaucoup plus fort que le cannabis soit plus facilement prescriptible que le cannabis ?

19:08
Invité

Le cannabis est illégal la réponse c'est que pour l'instant c'est illégal donc la loi ne permet pas de le faire on a une expérimentation mais en dehors de l'expérimentation le cannabis reste illégal en France le jour où ça deviendra légal on prescrira du cannabis médicament sous des formes pharmaceutiques différentes et on le prescrira aussi facilement que de la morphine alors il y aura des indications bien précises parce que l'idée c'est pas de prescrire du cannabis pour tout ça marche pas sur tout donc il y aura des indications comme pour tous les médicaments mais pour l'instant il est illégal donc c'est vrai que c'est pas possible de le prescrire en dehors de l'expérimentation mais cette expérimentation pour le cannabis médical alors bien sûr certains disent ça fait traîner les choses mais elle a vocation aussi à préparer les choses parce qu'il y a beaucoup d'adaptations au niveau de la loi qui devront être mises en place des changements de statut etc.

et donc ça va permettre de préparer tout ça ça va permettre de préparer aussi les professionnels de santé qui sont pas prêts on a pas été formés etc.

donc il suffit pas juste de dire dans un pays on légalise voilà et c'est parti et ça sera pareil pour le cannabis non médical il faut surtout pas se précipiter c'est pas une course entre les états donc il faut pas non plus être sous l'influence des lobbyistes économiques qui nous disent il y a beaucoup d'argent à se faire moi c'est pas mon souci qu'il y a beaucoup d'argent à se faire il faut que la raison le motif prioritaire pour lequel on légalise soit un motif évidemment de santé publique bien sûr qu'il y aura de l'argent quand il y a de l'argent la France s'est très bien se débrouiller pour le prélever donc ça je suis pas inquiet pour ça

20:30
Présentateur

moins bien pour la santé publique vous voulez dire

20:31
Invité

en revanche il faut aussi avoir une garantie qui est loin d'être le cas que cet argent sera réorienté vers la prévention et ça vous savez c'est pas toujours le cas y compris pour le tabac et pour l'alcool parce que réglementairement c'est pas si simple que ça à mettre en oeuvre donc il y a beaucoup de questions auxquelles il faut répondre c'est un sujet sérieux il faut se mettre tous autour de la table et que ça soit officiel cette réflexion elle a déjà lieu à l'Assemblée au Sénat etc.

et donc il faut que probablement maintenant on avance et qu'on réponde un à la question est-ce que c'est pertinent d'aller plus loin et si on répond oui et bien il faut la répondre à la question suivante qui est probablement la plus importante c'est comment on le fait

21:05
Présentateur

Vincent nous dit sur l'appli de France Inter il faut arrêter de faire l'autruche et légaliser le cannabis en encadrant les produits illicites à THC exacerbés c'est un vrai projet de santé publique il vous rejoint la prohibition ne règle rien Mariette nous dit je n'ai pas d'avis tranché pour moi la légalisation au Québec avec la marge revenant au social et la prévention me semble plus adéquat le bénéfice pourrait servir à tous et bien le Québec justement nous serons au téléphone dans quelques instants au Québec où le cannabis est légal depuis 2018 ce sera juste après Bad Bunny et vous êtes bien sur France Inter et c'est le débat de midi Bad Bunny et ce titre très estival Lyon Osoy Céloso toute la programmation musicale est à retrouver sur le site de l'émission Légalisation du cannabis je pense que ça peut être une bonne idée comme une mauvaise idée je pense que tout le monde vous dit ça

25:13
Invité

je n'ai pas d'avis là-dessus

25:14
Présentateur

chacun fait ce qu'il veut

25:15
Invité

le réguler plutôt comme les cigarettes parce que l'alcool c'est pas vraiment régulé

25:20
Présentateur

le seul point positif ce serait au niveau de la qualité genre les gens iraient pas acheter n'importe quoi si ça peut aider certaines personnes à se sentir mieux

25:26
Invité

je suis tout à fait pour parce que j'aurais un but médical mon grand-père était archi malade et mon père je sais très bien que s'il avait pu lui donner un pet tous les soirs ça nomme et ça lui aurait rendu la vie plus facile

25:38
Présentateur

est-ce que les gens vont pas se tourner après vers des drogues plus dures ?

25:40
Invité

est-ce que vous avez un avis là-dessus ? est-ce que pour vous ?

25:43
Présentateur

on a vu qu'entre les dis on roule un joint France Inter Thomas Chauvino 4 invités donc ce midi pour nous interroger sur le bien fondé de la légalisation du cannabis le député Ludovic Mendes le sénateur Gilbert-Luc Devinas le psychiatre Nicolas Hautier et la sociologue Marie-Joffray-Roustide on entend dans ce micro-trottoir réalisé par Benjamin Woodcock Anaïs Poncin et Pénélope Tricard des pours des contre Marie-Joffray-Roustide vous dites que globalement les politiques français sont persuadées que l'opinion publique est défavorable à la légalisation et pour vous c'est faux ?

26:25
Invité

oui tout à fait en fait les politiques français une partie des politiques français sont obsédées par l'idée de ne pas apparaître comme prosélytes vis-à-vis de l'usage c'est-à-dire de pousser les gens à consommer donc c'est la raison pour laquelle ils sont très attentifs donc aux sondages d'opinion et sur les sondages d'opinion donc il y a des enquêtes qui sont menées par l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives et qui montrent que la part des français qui sont favorables à la légalisation du cannabis augmente au fil du temps et surtout elle est plus importante surtout parmi ceux qui ont déjà expérimenté le cannabis donc ça c'est un point déjà important et le deuxième point c'est qu'en fait la part des français qui sont favorables à une approche exclusivement répressive ne représente que 7% des français donc la majorité des français au bout du compte sont plutôt ouverts à des approches plutôt sanitaires axées sur la prévention et donc les alternatives à la prohibition dont fait partie la légalisation font partie de ces approches plus centrées sur la santé publique

27:26
Présentateur

vous-même Ludovic Mendes à l'occasion du travail que vous avez fourni à l'Assemblée nationale vous avez consulté les français en ligne et vous avez obtenu je crois 250 000 réponses c'est ça 80% de ces réponses se disent favorables à la légalisation

27:41
Invité

et dans le détail il y a des personnes qui disaient je ne suis pas consommateur ça ne m'intéresse pas mais je pense qu'il faut encadrer pour protéger et souvent la réponse de protection arrive tout à l'heure on parle de santé publique et c'est vrai que c'est une véritable envie de protection en termes de santé publique certaines personnes ne savent pas ce qu'elles consomment on ne sait pas d'où vient le produit comment il a été travaillé quels sont les produits potentiellement qu'on y a mis à l'intérieur en termes de chimie pour le rendre ce qu'il est aujourd'hui plus vert plus transparent plus brillant ou autre et au-delà de ça c'est le taux de THC le taux de CBD alors que ça ça c'est une véritable importance sur la manière dont on va consommer le produit et les résultantes de cette consommation et derrière ce qu'on disait nous de notre côté c'est qu'on a ouvert ce débat et on part du principe qu'au-delà du rapport qu'a été fait par l'Assemblée ou de la proposition du Sénat c'est un véritable débat de société et je crois que 70% des Français sont plutôt pour l'ouverture d'un débat sur la légalisation du cannabis

28:28
Présentateur

à propos du taux Marjolaine nous écrit la beu a changé ne vous y trompez pas les plus de 50 ans qui vont voter pour la légalisation ne se rendent pas compte que l'herbe la beu a changé celle que vous fumiez dans les années 80-90 n'a plus rien à voir avec celle de 2002 et quand vous avez un discours devant vos ados en disant un joint en soirée c'est pas grave vous êtes à côté de la plaque celle de 2002 défonce beaucoup plus fort Bruno nous dit toujours sur l'appli de France Inter mais qui autour de votre table connait ce que signifie une urgence psychiatrique due à la consommation de cette cochonnerie et Marie pour avoir discuté de ce sujet avec ma fille de 22 ans qui a consommé beaucoup de cannabis dès le lycée elle m'a dit que si c'était légalisé les jeunes se reporteraient vers d'autres drogues elles ne croient pas au bienfait de cette légalisation qu'en pensez-vous vous qui êtes médecin avec nous Nicolas Autier

29:15
Invité

alors plusieurs sujets l'urgence psychiatrique je peux témoigner puisque ça fait partie de votre boulot voilà y compris parfois en travaillant aux urgences donc j'en ai vu oui j'ai vu plutôt des jeunes ou des moins jeunes qui ont décompensé le plus souvent ce sont des attaques de panique des crises d'angoisse parfois des symptômes de paranoïa qui sont réversibles et parfois beaucoup beaucoup plus rarement heureusement il peut y avoir une accélération d'un processus psychotique ce qu'on appelle la schizophrénie mais le cannabis seul ne rend pas schizophrène d'accord c'est pas comme ça que ça fonctionne on l'a pourtant

29:48
Présentateur

beaucoup entendu

29:49
Invité

oui mais ça c'est une simplification du débat comme toujours c'est du débat rapporté à la taille d'un tweet si vous voulez donc c'est l'environnement qui va conditionner les maladies et le cannabis accélère si on en consomme trop tôt et bien il peut accélérer l'apparition d'une maladie qui est notamment la schizophrénie ou voir certains troubles de l'humeur et puis bien sûr une fois qu'on est malade et bien il va aggraver la pathologie mais ça reste très rare ça existe le report et bien le report c'est pas comme ça que ça fonctionne d'abord un la drogue cannabis si elle est à 10 20 ou 30% de THC et bien c'est pas parce que vous allez avoir plus fort que vous allez consommer plus chaque individu recherche un effet a une finalité s'apaiser planer se désinhiber etc et il va pas chercher forcément à se défoncer donc si vous avez une drogue qui est beaucoup plus forte vous allez en consommer moins sauf si vous êtes dans une démarche de défonce mais si vous êtes dans une démarche de défonce probablement qu'il y a quelque chose qui se joue de l'ordre du psychique et vous êtes sûrement pas dans quelque chose de très récréatif et puis l'escalade la théorie de l'escalade est fausse même si elle est évoquée par certains académiciens je suis désolé de le dire mais scientifiquement médicalement c'est pas parce que vous prenez du cannabis que vous allez devenir cocaïnoman cracker héroïnoman ou je ne sais quoi d'autre

31:03
Présentateur

là encore c'est un discours aussi qu'on entend assez régulièrement

31:06
Invité

mais c'est faux voilà c'est faux scientifiquement mais est-ce que vous avez

31:08
Présentateur

des chiffres des pourcentages à nous proposer

31:10
Invité

mais il n'y a aucune étude scientifique n'a permis de démontrer n'a permis de démontrer qu'on passait de l'un à l'autre la seule chose c'est que lorsque vous allez consommer du cannabis et vous allez dans un four dans une cité ou je ne sais où chercher du cannabis bien sûr vous êtes confronté aux autres substances d'accord parce que les venteurs de cannabis peuvent vous proposer d'autres choses mais c'est pas parce que le venteur de cannabis ne vous vendra plus de cannabis que pour autant vous allez vous dire bah j'y vais quand même pour aller prendre de la cocaïne c'est pas ça la démarche d'un usager c'est pas comme ça que ça fonctionne c'est pas parce qu'on a servi des bières à 11 degrés d'alcool que les gens se disent bon on boit maintenant que de la bière à 11 degrés d'accord heureusement vous vous rendez compte sinon ça serait une catastrophe la psychologie c'est plus compliqué que ça et heureusement d'ailleurs et donc c'est des choses qui sont fausses qui sont là faites pour inquiéter évidemment alors parfois les gens ne le savent pas mais parfois c'est un peu manipulé aussi par des opposants faute d'arguments scientifiques

32:03
Présentateur

l'analogie en tout cas assez claire allez je vous propose de traverser maintenant l'océan pour aller jusqu'à Montréal le Québec a légalisé le cannabis depuis 2018 bonjour Jean-Sébastien Fallu bonjour vous êtes professeur à l'école psychoéducation de l'université de Montréal doctorant en psychologie et spécialiste de la toxicomanie comment le Québec en est-il arrivé à légaliser

32:24
Invité

oui pas de doctorant mais de docteur en psychologie pardon ma fiche n'était pas à jour bravo et félicitations le Québec et le Canada en est arrivé à éliminer le cannabis suite à des débats comme celui que j'écoute depuis ce midi exactement les mêmes débats arguments et finalement les raisons sont assez simples c'est que non seulement la prohibition est un échec mais pire que ça elle est misible et ce constat-là il y a souvent aussi un faux débat et j'en entends beaucoup d'éléments depuis tout à l'heure à l'effet que le Canada serait dangereux la question n'est vraiment pas là c'est-à-dire que le Canada il est consommé vous l'avez dit en introduction il est très consommé en France la question est de savoir quelle politique aura le plus de conséquences positives

33:28
Présentateur

quels ont été au Québec les bénéfices que vous avez pu retirer de la légalisation

33:35
Invité

d'abord on voit une plus grande acceptation sociale et c'est pas banal parce que la stigmatisation en santé publique c'est considéré de plus en plus comme un déterminant social de la santé même que le statut socio-économique les conséquences négatives de la stigmatisation des personnes qui consomment sont dramatiques Marie-Jofré-Roustide que je salue que je connais le disait tout à l'heure on a une difficulté d'accès aux soins on n'en parle pas on se cache on a honte il y a des troubles de santé mentale bref c'est une catastrophe la stigmatisation et la prohibition structurellement produit plus de dommages ne serait-ce que par la stigmatisation mais aussi par la qualité du produit et donc ici on a vu effectivement une meilleure prévention donc ça a fonctionné sur la prévention

34:24
Présentateur

je vais devoir vous couper Jean-Sébastien Fallu parce que la liaison est vraiment mauvaise et on a du mal à vous entendre mais merci en plus il est super tôt pour vous j'imagine qu'on vous a fait sortir du lit il doit être 6h30 du matin à Montréal mais comme la liaison est mauvaise je suis obligé de l'interrompre merci en tout cas d'avoir apporté votre point de vue il y a eu un aspect qu'on n'a pas encore vraiment abordé c'est celui de la répression Gilbert-Luc Devinas on dit souvent que la France est le pays le plus répressif en matière de lois sur le cannabis vous l'avez d'ailleurs dit en préambule de l'émission à votre avis pourquoi ?

35:02
Invité

à la question pourquoi j'aurais du mal à la répondre c'est un constat c'est vrai qu'on est le pays d'Europe où il y a la plus forte répression et je reviens sur ce que j'avais dit au début ça n'empêche pas que la consommation ne diminue pas et augmente voilà alors pourquoi il y a des aspects qui ont été soulevés tout à l'heure j'avais demandé à pouvoir intervenir parce que je voulais partir aussi d'une expérience qui a été menée sur la commune de Villeurbanne où je vis en 2019 où l'équipe municipale sortante à la veille des élections municipales a organisé un débat sur faut-il légaliser le cannabis il y a eu plus de 3600 participants sur cette ville le débat il y avait des gens qui étaient contre des gens qui étaient pour d'autres qui étaient pour la dépénalisation mais le débat a été serein il a eu lieu et il a donné naissance à un rapport sur lequel d'ailleurs nous nous sommes basés pour nous reprendre au niveau du Sénat les travaux donc ce que je vais dire par là c'est que l'opinion publique aujourd'hui elle a évolué et elle ne cristallise plus sur une opposition farouche au cannabis mais la législation elle est telle qu'elle est

36:17
Présentateur

Marie Geoffrey Roustide

36:21
Invité

oui pour revenir sur votre question sur pourquoi la France est centrée sur la répression alors il faut revenir un petit peu plus loin dans l'histoire et donc s'intéresser au contexte dans lequel la loi du 31 décembre 1970 a été votée donc c'est juste après mai 68 et donc en fait les parlementaires de l'époque décident de mettre en place une loi très répressive parce que il considère que réprimer l'usage de drogue c'est aussi un moyen de réprimer des groupes de populations particuliers et en l'occurrence à ce moment-là les groupes de jeunes contestataires et donc en fait la répression l'aspect très répressif en fait il vient de là d'un point de vue socio-historique d'ailleurs pour aller pour aller au-delà de la France c'est intéressant de voir que les politiques des drogues incluant le cannabis elles sont souvent instrumentalisées à d'autres fins aux Etats-Unis par exemple la répression vis-à-vis des drogues est un moyen également de criminaliser des publics particuliers et en particulier les afro-américains donc en fait il faut toujours avoir en tête que quand on parle de politique des drogues il y a des éléments très complexes qui sont derrière cela des éléments politiques et là ce qui est vraiment important c'est de pouvoir dépolitiser ce débat pour être vraiment dans une approche de santé publique

37:36
Présentateur

Vous prenez l'exemple des Etats-Unis mais transposer la France qu'est-ce que ça donnerait ?

37:41
Invité

Transposer la France c'est-à-dire ?

37:43
Présentateur

Vous prenez l'exemple des Etats-Unis avec une politique répressive qui pèse sur la communauté afro-américaine transposer en France ça donnerait quoi ?

37:50
Invité

Alors en France ce que ça donne c'est par exemple la question de l'amende forfaitaire cannabis qui pour le moment est particulièrement appliquée dans les quartiers populaires et donc va viser des groupes de population qui appartiennent à des minorités ethniques par exemple et d'ailleurs il y a des travaux très intéressants de Virginie Gautron une juriste qui ont été menées il y a quelques années et qui montraient que sur les questions de politique des drogues au niveau des comparutions au niveau de la justice il y avait effectivement un traitement qui n'était pas équivalent selon votre origine ethnique donc en fait il y a certains groupes effectivement qui vont être les plus pauvres ou des groupes racialisés qui vont être beaucoup plus criminalisés que d'autres et qui donc vont beaucoup plus souffrir de la prohibition que d'autres groupes sociaux

38:49
Présentateur

en tout cas quand on regarde les chiffres fournis par le ministère de l'intérieur pour l'année 2021 la plupart des interpellations concernent non pas les dealers mais les consommateurs Ludovic Mendes

39:00
Invité

oui parce qu'il y a eu beaucoup

39:02
Présentateur

80% 20% à peu près

39:04
Invité

il y a eu beaucoup de contrôle de police au volant ou de gendarmerie au volant donc c'est à partir de là surtout qu'on les a malheureusement eu quelqu'un qui fume la veille au soir à 20h qui se fait contrôler le matin à 8h mais il est positif d'ailleurs c'est un vrai sujet parce que pendant ce rapport cette mission d'information on avait demandé comment calculer ce taux pour comprendre ce qu'on prend on part du principe que vu que c'est interdit c'est zéro mais on est incapable de montrer scientifiquement si prendre sa voiture en consommant de le cannabis est un danger ou pas on le sait pour l'alcool parce qu'il y a eu des tests mais on ne le sait pas sur le cannabis il n'y a eu aucun test français qui a été fait sur le sujet d'ailleurs sur le cannabis thérapeutique il y a ce débat parce que moi j'essaye de faire en sorte que l'expérimentation s'arrête pour le faire rentrer dans le droit commun mais il y a un vrai risque pénal et il y a vraiment le risque de ne plus pouvoir rouler du tout parce qu'on est en train d'être accompagné médicalement avec un produit qui était censé être interdit donc en fait c'est des personnes qui se font taper souvent au bord de la route sur un contrôle routier et après on a des descentes qui sont faites dans les quartiers et toutes les personnes qui vont sortir du quartier on va les attendre gentiment vous êtes en possession de ce que vous venez d'acheter à partir de là vous prenez l'amende forfaitaire et ça reste 10 ans parce que c'est une amende forfaitaire qui n'est pas simplement une simple amende qui est oubliée ça reste 10 ans dans le fichier automatique automatisé c'est important de le dire parce qu'il y a une véritable conséquence derrière c'est comme si ça apparaissait sur votre bulletin casier judiciaire donc il y a cette réalité à prendre en considération et on est un pays où aujourd'hui pénalement on est le plus répréhensif au delà des pays où on a encore la peine de mort sous le fait d'avoir juste un joint sur soi ce qui est une réalité dans certains pays on est vu avec Singapour ou d'autres pays d'Asie mais c'est répréhensif au niveau de la loi mais dans la réalité c'est très compliqué parce que la majorité des personnes qui consomment ne sont pas ceux qu'on va voir ils sont souvent tombés soit parce qu'il y a eu un coup de filet soit parce qu'ils n'ont pas eu de chance et qu'il y a eu un simple contrôle routier on ne sait même pas définir aujourd'hui l'archétype du consommateur de cannabis alors qu'on le disait tout à l'heure c'est entre 35 et 55 ans classe moyenne voire classe moyenne supérieure personnes éreintées fatiguées usées cadres voilà la réalité elle est là et donc c'est plutôt le blanc donc là j'allais dire le blanc le fameux blanc mâle de 50 ans qui est consommateur majoritairement de cannabis et pour revenir sur le problème des quartiers il n'est pas racialisé il est social le problème parce que majoritairement dans nos quartiers on a des personnes issues d'immigration qui y sont qui ont des difficultés d'insertion sociale parce qu'ils sont rejetés par une partie de la population et ainsi de suite donc la seule chose qui leur reste c'est ça et les trafics on ne les arrêtera pas du jour au lendemain parce que le cannabis c'est peut-être 80% 60% de leur business mais à côté il y a la prostitution il y a les armes il y a d'autres véhicules comme véhicules volés il y a d'autres choses comme des vols à droite et à gauche comme derrière certaines autres drogues donc le trafiquant est un businessman nous notre objectif c'est de protéger les français et quand on est à 80% du business sur du cannabis il faut protéger les français autour du cannabis et quand vous dites businessman

41:54
Présentateur

quel business c'est-à-dire que l'argent du cannabis c'est 1 milliard d'euros en France selon l'INSEE

42:00
Invité

selon l'INSEE je crois qu'on incorpore 2,5 milliards en fait au PIB français sur ce qu'on appelle les trafics de drogue et cumulés donc là on parle d'un milliard sur un marché qui n'est pas existant mais au-delà de ça le cumul du système de trafic parce qu'on pense que c'est national non c'est international il faut bien la ramener dans notre pays donc il y a une vraie réalité c'est que ça rapporte beaucoup d'argent et c'est pour ça qu'il y a des personnes qui sont engouffrées dans la brèche et que c'est plus simple pour un gamin de 16 ans de se dire je vais gagner 100 euros par jour que de dire je vais être pris en charge par l'Etat et accompagné pour avoir une vie un peu plus paisible derrière

42:29
Présentateur

sur France Inter.fr Luc nous écrit est-ce que le problème n'est tout simplement pas économique quand on voit le niveau de vie des trafiquants et de toutes les personnes de cette économie souterraine et par conséquent une crise sociale que les gouvernements successifs n'osent pas affronter Léo nous dit je suis ce qu'on appelle un dealer proposant des produits de haute qualité pour des gens que les centres antidouleurs ont oubliés nous sommes nécessaires et puis Bruno je fume du cannabis depuis 45 ans d'une certaine manière ça m'a aidé à accepter la vie chaque fois que j'essaie d'arrêter je compense avec l'alcool c'est pire si la vente était légale je consommerais moins pas besoin de stocker j'irai acheter mon pétard seulement quand j'en ai besoin la prohibition coûte plus cher aujourd'hui à l'état alors selon les chiffres puisque vous en parlez c'est un milliard un milliard on a estimé que la prohibition c'était environ un milliard et que grosso modo si l'argent du cannabis on vient de le dire rapporte un milliard ce serait équivalent

43:25
Invité

officiellement il rapporte rien puisqu'il n'est pas censé être légal mais tout cumulé la prohibition coûte plus cher aujourd'hui quand on regarde l'ensemble des services de l'état qui sont mobilisés les agents de police les moyens qu'on y met même en termes humains ça coûte plus cher aujourd'hui d'être dans la prohibition que de pouvoir le légaliser

43:41
Présentateur

Faut-il légaliser le cannabis ? On attend toujours vos réactions et on continue le débat juste après Emma Peters il est 12h47 et vous êtes bien sur France Inter nous sommes ensemble jusqu'à 13h

43:51
Invité

je suis toute seule sur un tandem

43:59
Présentateur

je regarde devant

44:51
Locuteur

je suis détaire

44:52
Présentateur

c'est une chanson une chanson signée Emma Peters et merci à toute l'équipe du débat de midi Théo Raison à la réalisation la technique aujourd'hui c'est Anne-Laure Cochet avec également Loïc Fréméa à Clermont-Ferrand à la préparation Victorien Thomas Stéphanie Valois et toute la programmation musicale est signée Juliette L'Orphelin Tiens je prendrais bien aussi deux gossettes aux pommes laissez-moi ça si moi je pensais à ça extrait du film Dick Henneck un film de Olivier Fanochtat avec François Damiens et Marion Cotillard que vous venez d'entendre en train de tenter d'acheter de la chenouffe et c'est vrai que c'est une question qu'on peut se poser Gilbert-Luc Devina c'est que si jamais la législation changeait ce que vous appelez de vos voeux comment se ferait la vente de cannabis en France ?

47:36
Invité

Alors écoutez je vais rejoindre les propos je ne sais pas si c'est l'effet de la région Auvergne-Rhône-Alpes mais je vais rejoindre les propos de nos deux intervenants de Clermont-Ferrand la tribune d'ailleurs Marie-Joffray Roustit qui est sociologue

47:53
Présentateur

et Nicolas Hautier qui est médecin psychiatre

47:55
Invité

voilà merci beaucoup oui il y a nécessité de mettre tout le monde autour de la table et d'avoir un débat et la tribune que nous avons signée à 32 quelque part le relance et effectivement il s'agit dans la légalisation de ne pas faire n'importe quoi et en tous les cas pas d'être sur une logique libérale d'offrir et de demander ce qu'a souligné madame la sociologue donc si vous voulez nous dans notre réflexion aujourd'hui on est en train de regarder ce qui se fait au Canada il est un fait que dans les neuf sénatrices et sénateurs du groupe de travail nous avons notre collègue Yann Chantrel qui est un sénateur des français de l'étranger qui représente le continent nord-américain et qui est au Canada donc nous allons regarder au plus près cela dit il y a quand même un aspect qu'il faut voir c'est que le chanvre devient un produit extrêmement intéressant en termes de culture par rapport au réchauffement climatique mais pas que la France a une longue expérience dans ce domaine d'ailleurs on est le premier producteur du chanvre au niveau européen et il y a un certain nombre d'entreprises je pense aussi Mavica sur la région ronale qui travaillent pour utiliser ce produit avec le béton et le substituer au granulat et c'est un produit qui est intéressant dans la construction par rapport à la problématique

49:22
Présentateur

c'est plus notre débat

49:24
Invité

c'est à dire qu'à un moment donné ce produit on va s'intéresser à l'ensemble et dans l'ensemble les grands groupes pharmaceutiques américains sont intéressés à la partie qui nous fait débat aujourd'hui et donc on peut très bien se retrouver du jour au lendemain avec un produit qui est commercialisé sans fin et sans contrôle d'où l'intérêt pour les législateurs en France de se pencher sur comment on peut légaliser et ça pose la question à partir de quel âge on peut consommer ce produit c'était bien la question ça pose la question où on vend ce produit et ça pose aussi la question de son prix pour ne pas se retrouver dans la même logique que des paquets de cigarettes c'est bien la question que je pose avec l'augmentation de leur prix

50:07
Présentateur

Marie-Jofré Roustide à quoi ressemblerait une légalisation du cannabis alors est-ce qu'il faut confier le réseau des boutiques spécialisées est-ce qu'il faut comme au Canada que ce soit des boutiques qui dépendent directement de l'état est-ce qu'on irait chez le buraliste comme aujourd'hui on y va pour acheter des paquets de cigarettes est-ce qu'il faut une loi E20 qui fixerait le prix comment le prix serait fixé comment il augmenterait enfin toutes ces questions-là elles font débat est-ce qu'on y a déjà pensé ?

50:34
Invité

Oui le modèle le plus intéressant comme on l'a dit il y a plusieurs reprises c'est vraiment le modèle canadien avec une place de l'état très importante dans la régulation pour faire en sorte que ce ne soit pas une logique concurrentielle et financière comme aux Etats-Unis qui prennent le dessus donc en fait il faut que l'état soit au centre de cette politique qu'il encadre qu'il protège les plus jeunes avec une interdiction de l'accès aux mineurs d'ailleurs ce qui est intéressant dans le modèle canadien Statistique Canada l'a montré c'est qu'en fait il y a une diminution de la consommation de cannabis chez les moins de 18 ans qui a été observée en parallèle de la légalisation donc en fait le fait de légaliser le cannabis n'a pas entraîné d'augmentation chez les moins de 18 ans et donc c'est vraiment important de le rappeler parce que la consommation chez les jeunes est celle effectivement qui pose le plus de problèmes en termes de santé et en termes de risques donc en fait moi je dis que le maître mot en tout cas d'un modèle qui pourrait fonctionner en France c'est mettre l'état et la protection des plus jeunes au centre de cette politique et limiter la place des grands groupes financiers Nicolas Autier oui c'est difficile de répondre à cette question effectivement

51:48
Présentateur

c'est un travail

51:50
Invité

très collectif évidemment il faut limiter l'âge alors 18 ans 21 ans il y a des débats

51:56
Présentateur

qu'est-ce que vous en pensez vous qui êtes médecin et justement quand on sait que la plasticité du cerveau est encore sensible jusqu'à au moins 25 ans

52:02
Invité

oui c'est ça bon alors après il y a un principe de variété un peu de pragmatisme associé à tout ça moi je pense qu'autour de 21 ans probablement ça sera un seuil intéressant à discuter

52:12
Présentateur

celui du Canada par exemple

52:14
Invité

oui d'autres pays ont décidé de ce seuil-là y compris pour d'autres produits d'ailleurs comme pour le tabac l'alcool on pourrait y réfléchir en question qu'ils sont capables de le mettre en oeuvre donc ça c'est une première chose après moi je crois que c'est une question d'abord c'est-à-dire que finalement le plus compliqué il faudra s'assurer d'abord que ce commerce de cannabis respectera strictement les règles et non pas comme peuvent le faire le commerce de l'alcool ou du tabac en France quand même on a encore beaucoup de ventes qui ont lieu pour des mineurs alors que c'est strictement interdit est-ce que la France est capable dans son rapport à la loi d'appliquer strictement une interdiction pour le cannabis ou bien fera comme avec l'alcool et le tabac et dérogera régulièrement sans aucune présentation de carte d'identité par exemple voilà première chose et deuxième chose je pense que ça doit s'intégrer avec un véritable programme éducatif et qui est un programme éducatif qui est porté par l'éducation nationale et par le ministère de la santé et de la prévention et qui doit être systématisé dans les collèges et les lycées pour enseigner des compétences aux enfants pour qu'ils puissent faire face à leur vulnérabilité familiale psychique qui font le lit de la consommation notamment des consommations régulières et de façon à les aider à soit ne pas consommer soit consommer à moindre risque et s'il n'y a pas ce programme éducatif qui travaille sur les compétences qu'on appelle psychosociales ça ne servira pas à grand chose puisque le marché noir continuera abondamment d'alimenter cette population

53:39
Présentateur

sur l'appli de France Inter Alain nous dit bonjour j'ai 63 ans je fume du cannabis depuis l'âge de 13 ans cela ne m'a pas empêché de faire des études black plus 4 d'avoir 3 enfants mais là n'est pas mon propos je voulais juste dire que ma consommation a évolué au fil des années j'ai fait des excès quelques années et puis en veillissant cela me calme des douleurs que j'ai maintenant et ça me fait du bien le soir après le boulot merci pour vos émissions Karine nous dit je trouve le débat orienté pour la légalisation en minimisant les effets négatifs du cannabis je suis contre je connais autour de moi beaucoup de jeunes et de moins jeunes qui ont gâché leur vie à cause du cannabis le jeune consomme ce n'est pas un cliché je suis enseignante et des élèves qui arrivent tous sur cannabis j'en croise tous les jours et dans toutes les classes pour un jeune légal veut dire ok il ne faut surtout pas envoyer ce message Ludovic Mendes elle n'a pas tort

54:28
Invité

ce n'est pas ce qu'on dit et justement ce n'est pas ce qu'on dit depuis tout à l'heure c'est qu'on dit qu'il y a un risque potentiel et d'ailleurs le docteur Othier vient de le dire aussi de son côté et on a un problème avec la prévention en France c'est qu'on envoie nos gendarmes et nos policiers pour expliquer aux gamins qu'il ne faut pas consommer donc c'est plutôt un prisme sécuritaire alors qu'il faudrait plutôt avoir une vision de santé publique et psychologique et ce qu'on ne veut pas avoir et ce qui a été déjà dit tout à l'heure c'est que le consommateur souvent c'est parce qu'il y a un mal-être profond derrière il y a un problème psych qui soit psychiatrique qui soit psychologique il y a une réalité c'est qu'il y a un mal-être il y a un besoin d'être écouté d'être accompagné et d'ailleurs c'est pareil pour le consommateur d'alcool c'est pareil pour toutes les personnes qui ont une addiction souvent dû à un problème interne à un mal-être ou peut-être même à un problème de santé donc la réalité c'est que l'objectif en faisant entrer des vrais addictologues ou des psychologues à l'école pour accompagner justement cette transition en termes de santé publique on aura une meilleure réponse et meilleure approche aussi parce qu'on sera au contact et selon les mots qui vont être utilisés et selon la méthode de consommation on pourrait dire si cette personne a un vrai problème perso psychologique ou psychiatrique et qu'il faut l'accompagner autrement et vous verrez qu'on le sortira justement de la consommation de cannabis l'idée elle est un peu là si on envoie un agent de police ou un gendarme qui font un super boulot c'est pas la même vision

55:36
Présentateur

en novembre dernier votre collègue le député Eric Coquerel a tenté de faire passer une loi proposer une loi pour légaliser le cannabis elle n'a évidemment pas été retenue en vrai vous n'avez aucune chance de passer

55:45
Invité

alors Eric Coquerel qui a été signé par Jean-Baptiste Moreau Caroline Janvier et moi-même d'ailleurs c'est important de rappeler qu'elle a été signée par d'autres personnes

55:51
Présentateur

et pas forcément du même groupe politique d'ailleurs mais honnêtement

55:54
Invité

ça n'a aucune chance

55:55
Présentateur

de passer à l'Assemblée Nationale

55:57
Invité

c'est une chance de passer si le débat est intelligent mais surtout il faut dire quelque chose c'est que si demain on veut légaliser ça prendra au moins 3 ans le temps de produire de transformer de faire sécher et de pouvoir vendre derrière

56:07
Présentateur

et bien merci tous les 4 d'avoir été en direct avec nous le débat de midi c'est fini pour aujourd'hui mais on se retrouve demain avec cette question faut-il aimer l'animal comme son prochain ?