Macron à l'épreuve du coronavirus - C à Vous - 30/03/2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:25OuverteRéponse directe
Pouvez-vous vous présenter ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Sur la transparence concernant les masques et les respirateurs ?
- 3:24OuverteRéponse partielle
Ce langage de vérité manquait-il selon vous ?
- 5:27RelanceRéponse partielle
N'a-t-on pas infantilisé les Français sur les masques ?
- 6:12RelanceRéponse directe
Pourquoi Macron portait-il un masque à Mulhouse ?
- 6:51OuverteRéponse directe
Questions sur la transparence et les pénuries mondiales ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:06InvitéChiffre
« 55% ne font pas confiance au gouvernement, près de deux sont des sur trois, pensent que l'exécutif cache des choses. »
- 0:22Invité politiqueFait
« Face à une épidémie telle que celle-là, qui est une pandémie, qui est un véritable tsunami, et qui pouvait être largement imprévisible »
- 1:21Invité politiqueFait
« Mais c'était une grippette et que la grippe saisonnière faisait beaucoup plus de morts que le risque d'une pneumonie à coronavirus. »
- 2:37InvitéFait
« Il a joué la transparence sur le manque de masques, même s'il a préféré le mot « tension » plutôt que celui de « pénurie ». »
- 3:49Invité politiqueFait
« Alors au fur et à mesure que les semaines, je dirais les jours passent ou même les demi-journées passent, on connaît des choses, on avance, on passe des commandes. »
- 4:10Invité politiqueFait
« On disait que le gouvernement passe des commandes qui sont des commandes fantômes, qui n'existent pas. »
- 5:33InvitéFait
« Est-ce qu'on n'a quand même pas infantilisé les Français en leur expliquant que porter un masque ou dépister massivement, ça ne servait à rien ? »
- 6:01InvitéFait
« Sauf les FFP2, quoi. »
- 8:20InvitéFait
« Gouverner, c'est prévoir et rien n'a été préparé. »
- 9:02InvitéChiffre
« Au moment où nous avons pris cette décision de confinement, il y avait moins de 8000 cas sur le territoire national et moins de 200 morts de la maladie. »
- 12:17InvitéChiffre
« 8 jours après le début du traitement, la charge virale est négative chez 93% des malades. »
- 12:42Invité politiqueChiffre
« On le sait maintenant, les porteurs du coronavirus guérissent à 80%. »
- 12:50Invité politiqueChiffre
« On a maintenant le retour sur 600 000 porteurs de coronavirus. »
- 15:07PrésentateurFait
« La chloroquine, c'était déjà arrivé sur d'autres coronavirus et on en était revenu en considérant que c'était inefficace sur d'autres coronavirus. »
Temps de parole
- Emmanuel Macron54 %
- Invité21 %
- Invité 211 %
- Invité 36 %
- Invité 45 %
- Présentateur2 %
≈ 2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Le mensonge, en tout cas le manque de transparence, c'est exactement ce que reproche l'opinion publique au gouvernement. 55% ne font pas confiance au gouvernement, près de deux sont des sur trois, pensent que l'exécutif cache des choses. Baromètre quotidien, Opinion Web pour les échos, vous comprenez cette défiance ?
Je comprends cette défiance, mais elle n'est pas justifiée en l'occurrence. Alors, face à une épidémie telle que celle-là, qui est une pandémie, qui est un véritable tsunami, et qui pouvait être largement imprévisible, Patrick Cohen, je partage tout à fait son diagnostic dans le papier qu'il vient de faire, c'est-à-dire que les différentes épidémies que nous avons enregistrées depuis 20 ans ont semblé se fracasser aux portes de ce monde occidental, comme si nous étions protégés magiquement. Et il est certain que tout cela a amené à baisser la garde. On voit que tout va très vite, une sorte de bouleversement incroyable. Je ne pense pas que le gouvernement ait caché quoi que ce soit.
Il a été comme nous, comme les professionnels de santé. Rappelez-vous ce que disaient sur nos plateaux les professionnels de santé les plus aguerris, les plus confirmés sur cette affaire. Mais c'était une grippette et que la grippe saisonnière faisait beaucoup plus de morts que le risque d'une pneumonie à coronavirus. Je n'aurais pas la cruauté, mais vous l'aurez peut-être, de faire une sorte de petit film sur ce qui se disait... Il y a encore quelques... Début mars.
Début mars. On va y revenir. Début mars. Mais cette défiance... C'était le monde d'avant. Cette défiance, le gouvernement en a pris conscience. Résultat, samedi, pendant une heure et demie, Edouard Philippe, entouré de quatre médecins, s'est livré à un exercice inédit à plusieurs niveaux. Inédit d'abord parce que le Premier ministre et les experts qui l'entouraient se sont exprimés devant une salle quasiment vide, une conférence de presse, sans presse, confinement oblige. Et je vais désormais répondre, essayer de répondre aux questions qui sont posées par les journalistes, ou plus exactement le journaliste qui les représente tous ici.
Comme vous l'avez constaté, je suis le seul journaliste présent aujourd'hui sur place, mais je tâcherai d'être le relais le plus scrupuleux possible des questions de mes consoeurs et de mes confrères. Tout d'abord, pouvez-vous vous présenter ? Jérémy Marot de l'AFP. Voilà le journaliste de l'AFP qui représentait toute la presse française samedi, mais c'est aux Français que s'adressait Edouard Philippe. Très pédagogique, chiffre et graphique à l'appui. Il a joué la transparence sur le manque de masques, même s'il a préféré le mot « tension » plutôt que celui de « pénurie ». Sur la nécessité de fabriquer plus de respirateurs, plus de tests, un exercice de transparence et d'humilité aussi.
Plusieurs fois, on l'a entendu répéter « nous ne savons pas tout, nous avons des doutes, mais nous n'avons rien à cacher ». J'ai souhaité venir devant vous pour expliquer le plus complètement possible et le plus clairement possible quels étaient nos choix. Je veux vous dire les choses avec clarté et franchise. Je veux vous dire ce que nous savons et ce que nous ne savons pas. Pour ma part, avec une très grande humilité, nous voulons dire aux Français où nous sommes et où nous allons. Je veux parler clair aux Français, dire ce que nous savons et ce que nous ne savons pas sur le virus. Il faut la confiance et il faut la transparence. C'est un langage de vérité qui manquait, Roselyne Bachelot ?
Je ne sais pas s'il manquait. Je crois que, comme beaucoup d'ailleurs, et comme beaucoup de professionnels de santé, je fais une petite moquerie, il y avait toutes sortes d'inconnus dans cette affaire et que le gouvernement, dans sa communication, a répercuté d'une certaine façon toutes ces données inconnues. Alors au fur et à mesure que les semaines, je dirais les jours passent ou même les demi-journées passent, on connaît des choses, on avance, on passe des commandes. Mais j'avais été très surprise de voir sur les réseaux sociaux que, comme vous, j'aspecte en continu, qu'on contestait même que des commandes avaient été réellement passées.
On disait que le gouvernement passe des commandes qui sont des commandes fantômes, qui n'existent pas. Non. Surtout, je crois que dans la... Ils ne sont pas meilleurs les uns que les autres. Je ne décerne pas des prix, d'ailleurs, qui suivent pour décerner des prix. Mais je crois qu'en plus, le gouvernement a intérêt à la transparence. Il essaie de dire ce qu'il y a dans ce monde hyper connecté où des médecins, des spécialistes, des experts, d'autres gouvernements, des élus parlent de façon continue. Et désordonnés. Parfois désordonnés. Quel intérêt ? Il a tout intérêt.
– Il a tout intérêt à avoir une communication transparente. – En réalité, ce n'est pas sa gestion de crise qui est en cause. Le problème, c'est que c'est un exécutif qui part avec un crédit très affaibli. – Mais exactement, vous avez raison. – C'est le manque de confiance au départ de cet exécutif qui part dans les pires conditions face à une crise exceptionnelle.
– Vous avez coupé l'air sous le pied, j'allais dans la deuxième partie. On est arrivé là, bien entendu. Et je trouve même que d'une certaine façon, il a un peu redressé la confiance. Elle est mauvaise, mais par rapport au socle dont il est parti, il a plutôt amélioré sa performance.
– C'est que dans les circonstances actuelles, il est un peu compliqué. – Est-ce qu'on n'a quand même pas infantilisé les Français en leur expliquant que porter un masque ou dépister massivement, ça ne servait à rien ? – C'est ce que nous disaient les spécialistes. – Alors, en réalité, on masquait, on camouflait une pénurie. – Mais attendez, mais j'ai entendu des…
– Sur mon plateau de LCI, j'ai entendu des grands professeurs nous expliquer que le masque ne servait à rien.
– Qu'il ne protégeait… – Il servait aux soignants.
– On va remettre tout cela. C'est-à-dire que le masque avait une vision altruiste quand on était porteur de la…
– Pour ne pas contaminer les autres, mais il ne protégeait pas. – Voilà, exactement. – Sauf les FFP2, quoi. – Voilà. – Mais résultat, il y a des images qui ont troublé. Quand on voit Emmanuel Macron en visite à l'hôpital, le militaire de campagne de Mulhouse, c'était jeudi dernier, portait un masque, après avoir répété que ça ne servait à rien pour les personnes bien portantes, ça a immédiatement suscité l'interrogation, voire la polémique, et ça a alimenté le complotisme. – Oui, mais oui. – Alors que c'était raisonnable pour lui de porter un masque ce jour-là.
– Je pense que le président de la République doit se protéger, quel qu'il soit d'ailleurs, quelle que soit sa couleur politique, doit évidemment se protéger. C'est évident. Mais on est dans un tel niveau de complotisme, alimenté par cette... On ne sait pas, mais il y a des coïncidences. Comment se fait-il qu'alimenté même par des responsables politiques de haut niveau, que c'est absolument terrible ?
– Enfin, il y a tout de même des questions de transparence qui se posent à ce gouvernement, dans sa gestion depuis plusieurs semaines. On vient de parler... – C'est pas pour le gouvernement. – On vient de parler des masques, évidemment, qui font défaut. Peut-être qu'on aurait dû rappeler à un moment qu'il y a une pénurie mondiale dans quasiment tous les pays. Sur les tests, est-ce qu'il n'y aurait pas... On manque de tests aussi, c'est une évidence.
On a appris quand même, dans le détail ce week-end, les spécialistes le savaient déjà, etc., qu'il y avait un problème de fiabilité de tests, que c'était complexe, les tests qui existent aujourd'hui, qu'on pouvait espérer dans des tests beaucoup plus performants et plus fiables pour la sortie du confinement. Est-ce que cet effort-là d'information et de pédagogie n'aurait pas pu être mieux fait plus tôt ?
– Il y a des éléments pour juger de cette affaire. C'est sûr qu'à la fois on le verra pour les traitements, on le voit aujourd'hui pour les tests, on le voit pour les traitements, on le verra demain pour les vaccins. J'attends la polémique sur les vaccins à partir du moment où ils seront disponibles.
– Ça ne arrivera pas tout de suite.
– Ça reviendra. Non, mais je... Merci Patrick Cohen de me le signaler, parce que je ne m'en étais pas rendu compte. – Ouh, je suis docteur en pharmacie. – Oui, pardon.
– Dernier procès fait au gouvernement, celui d'avoir agi trop tard ou trop peu. Un reproche très violemment formulé par le porte-parole de l'association des médecins urgentistes, Christophe Prudhomme. – Gouverner, c'est prévoir et rien n'a été préparé. Et n'en déplaise au Premier ministre, on se bat aujourd'hui, on est tous sur le terrain, mais à l'issue de la crise, il faudra que les responsables passent à la caisse et payent. Il y a une grande colère, vous savez, chez les professionnels de santé aujourd'hui par rapport à cette gestion de la crise. Nous choisissons les patients aujourd'hui qu'il faut mettre en réanimation. C'est ça la vraie vie.
Et donc ça, c'est dû à l'incurie du gouvernement, et il y a des responsables politiques, des responsables médicaux, des responsables administratifs qui nous ont mis dans cette situation aujourd'hui. – Autant de reproches qu'Édouard Philippe a semblé balayer samedi après-midi. Au moment où nous avons pris cette décision de confinement, il y avait moins de 8000 cas sur le territoire national et moins de 200 morts de la maladie. Chacun pourra apprécier les moments où les gouvernements ont pris cette décision, mais je ne laisserai personne dire qu'il y a eu du retard sur la prise de décision s'agissant du confinement. – Je ne laisserai personne dire qu'il y a eu du retard.
Ne pas laisser dire, ce n'est pas exactement démentir.
– Oui. – Ça ne veut pas dire que c'est faux. – Je ne vais pas rentrer dans un débat sémantique. Je ne suis pas là pour défendre Édouard Philippe ni rien. Je ne suis pas membre de cette majorité. Tout est allé très vite, mais je trouve vraiment que M. Prud'homme est gonflé. Parce que c'est sur le plateau de LCI qu'il s'exprimait le 6 mars. Ce serait intéressant de l'entendre.
– On écoute, on a des images. – Un certain nombre de médecins a pensé que la surréaction des politiques risque d'être plus grave que la maladie. Tous les jours, c'est 8 à 10 morts sur les routes. Tous les jours, l'épidémie de grippe depuis le début de l'épidémie de grippe, en France, l'épidémie de grippe saisonnière, c'est 5 000 morts. On sait que ce virus maintenant, avec le recul que l'on a, le retour de Chine, finalement, il est peu mortel.
– C'est terrible pour M. Prud'homme, le représentant de la CGT, au moment où Emmanuel Macron dit l'avancée de ce virus est inexorable. C'est le mot qu'il emploie à ce moment. Et c'est un spécialiste de santé. Christophe Prud'homme est urgentiste et il est porte-parole d'un syndicat d'urgentistes. On n'est pas en octobre 2019, on est le 6 mars de ce mois où nous sommes encore. Est-ce que les bras mentons devant ces déclarations d'aujourd'hui ?
– Il dit le gouvernement surréagit et le 29 mars, il dit le gouvernement n'a pas agi trop tôt.
– Voilà, c'est ça. Mais le gouvernement aussi, il a des éléments d'analyse à partir des médecins, des gens qui lui parlent, qui lui disent. – Ça n'empêche pas, ça ne veut pas dire que le gouvernement prend les décisions sur la vie… – En regardant l'LCI, vous voulez dire ? – Merci de parler de la chaîne de l'LCI. – Non mais enfin, c'était sur notre plateau.
– Mais ça vous met vraiment en colère.
– Ah mais moi ça me met en colère. L'instrumentalisation politicienne à ce point, c'est absolument incroyable. Il n'avait qu'un droit, c'est de dire je me suis trompé, j'ai trompé les Français de cette façon, sans doute de façon involontaire, mais je les ai trompés. J'ai par mon discours aussi peut-être altéré la rapidité de la décision politique. Donc avant de faire ça, c'est le minimum syndical, c'est le cas de dire.
– L'autre grande interrogation qui alimente la défiance, c'est la question de la chloroquine et du traitement proposé par le professeur Didier Raoult, avec deux nouvelles informations pendant le week-end. D'abord la publication d'une nouvelle étude du professeur Raoult, cette fois sur 80 patients, dont 6 étaient déjà dans le premier groupe testé, avec des résultats encore plus encourageants. 8 jours après le début du traitement, la charge virale est négative chez 93% des malades. Mais comme la première fois, cette nouvelle étude comporte des limites.
Il n'y a pas de groupe contrôle, c'est-à-dire aucun groupe qui aurait pris un placebo ou rien du tout et qui permet une comparaison essentielle. Expliquez-nous en quoi cette comparaison est essentielle.
– Oui, cette comparaison est essentielle, puisqu'on le sait maintenant, les porteurs du coronavirus guérissent à 80%. C'est d'ailleurs la réponse d'Axel Kahn, il dit que c'est très intéressant, mais on a maintenant le retour sur 600 000 porteurs de coronavirus. Et finalement, le groupe testé par le professeur Raoult a les mêmes résultats que ceux qui ne prennent pas d'hydroxychloroquine. Pour autant, ça n'invalide pas la démarche de Didier Raoult. Je crois qu'il faut se garder de tout excès, d'un côté comme de l'autre. Si ça se trouve, les études sont en train de converger.
L'hydroxychloroquine associée à un antibiotique, à un macrolide qui s'appelle l'azithromycine, est une bonne voie de recherche.
– Ce qui n'est pas testé.
– Ce qui n'est pas testé. – Ce qui n'est pas testé. – Ce qui n'est pas testé dans le groupe Discovery.
– Dans le groupe Discovery parce que les médecins qui procèdent à ces tests estiment qu'il y a un risque, il y a un danger d'associer l'antibiotique à cet antipaludéen. – Cette étude n'a pas fait non plus l'objet d'une publication scientifique, autrement dit, pas de relecture de la part de père.
– C'est ça, c'est un peu le problème de Didier Raoult. C'est qu'il refuse de donner les données brutes à ses pères, il donne ses résultats, mais il ne donne pas les données brutes et ça pose un certain nombre de problèmes. Moi, ce que je trouve dommage, parce que c'est un grand infectiologue, Didier Raoult, et une personnalité reconnue dans ce domaine, c'est qu'il est le meilleur ennemi de lui-même et le meilleur ennemi de sa démarche scientifique. Je trouve qu'il aurait un petit peu de bonhomie, de respect pour d'autres professionnels qui sont des personnalités éminentes. Ça marcherait mieux. Pourquoi ce débat ?
Moi, il me navre ce débat, parce que derrière, il y a des souffrances, il y a des gens qui attendent un traitement, il y a des gens qui ne voient pas mourir leurs proches et qui voient ce débat qui a l'air un peu d'une querelle de chiffonnier. J'ai envie de cogner, quoi. Et je pense que chacun a sa part de responsabilité. Je voudrais qu'on en revienne, là aussi, à un peu de bienveillance.
Dans le même temps, des hôpitaux ont dû soigner le week-end passé des patients victimes de malaise cardiaque provoqués par la prise de chloroquine en automédication.
La chloroquine est peut-être efficace, elle est peut-être inefficace et elle est peut-être dangereuse. C'est un médicament qui est cardiotoxique. On a eu des malades qui ont eu des effets cardiaques, en particulier, vous voyez, des troubles liés au rythme du cœur qui peuvent occasionner des dysfonctions du cœur très, très graves. La chloroquine, c'était déjà arrivé sur d'autres coronavirus et on en était revenu en considérant que c'était inefficace sur d'autres coronavirus.
Ça, c'est inquiétant, Roselyne Bachelot.
Oui, mais enfin, là, il en est de cela comme tous les médicaments qui sont en démédicament, qui sont, comme on dit, au tableau, qui ne peuvent être délivrés que sur prescription médicale. Ça n'invalide pas les autres démarches. Ces produits ne doivent pas être pris en automédication, point barre. Tout produit efficace est un produit toxique qui doit être pris sur prescription médicale, qui va évaluer le tableau clinique et qui va évaluer les facteurs de comorbidité, qui va évaluer l'état du malade. Véritablement, je le dis aux personnes, je me retrouve derrière mon comptoir de pharmacie où j'ai été pendant des années, ne prenez pas ce genre de médicaments.
Non, vous le prendrez sur indication du médecin.
Juste un mot sur le professeur Didier Raoul, qui est la deuxième personnalité politique préférée des Français, selon le sondage mensuel Odoxa pour la presse quotidienne régionale. Politique, ça y est ? Oui, personnalité politique, et vous êtes première, Roselyne, avec 44% des sondages et 43% pour le professeur Didier Raoul, qui est considérée, c'est vrai, comme une personnalité politique auquel les Français adhèreraient.
C'est un peu curieux, parce que je ne suis plus une personnalité politique. Et lui, pas encore. Et lui, pas encore. Voilà, mais ça, bon... C'est vrai que c'est ce débat sur l'hydroxychloroquine qui aurait dû rester dans la sphère médicale, scientifique, déborde sur la sphère politique, d'abord parce que s'en sont emparées énormément de personnalités politiques, dont on se demande d'ailleurs quelles peuvent être les capacités scientifiques à nous dire qu'il faut faire ceci ou cela.
Quand j'entends une personnalité politique de premier plan, candidate à l'élection présidentielle, dire qu'il faut permettre aux médecins généralistes de prescrire d'hydroxychloroquine, mais je me dis, mais à quoi ça sert, que j'ai fait des études extrêmement compliquées pendant des années ? Je crois qu'elle est avocate, parce que je ne savais pas qu'en étudiant le droit, on avait des compétences en pharmacologie et en thérapeutique, mais il y a peut-être des choses qui m'ont échappé dans la vie.
Un mot, Patrick, sur Patrick de Bédjean, dont on a appris la disparition dans la nuit de samedi à dimanche.
À 75 ans, et dont la disparition a provoqué une vague de sympathie chez tous les journalistes, reporters politiques, tous ceux qui l'ont suivi, j'en fais partie, c'était une personnalité singulière et très attachante, c'est assez rare de dire ça d'un politique, c'était quelqu'un de chaleureux et de pudique, de cultiver, élégant, il était drôle et provocateur, il était libre, il l'a montré face à Nicolas Sarkozy, contre Nicolas Sarkozy, il l'a montré aussi dans les Hauts-de-Seine, département où il a sévèrement bataillé pour remettre de l'ordre dans le département face au clan pascois et au balkaniste, c'était un homme fidèle aussi, notamment à la cause arménienne qui lui tenait à cœur, c'est quelqu'un avec qui on avait plaisir à échanger.
Et sa disparition, vous avez... Ah oui, ça m'a fait beaucoup de chagrin. On s'est engueulé surtout avec Patrick de Belgien, mais on ne pouvait pas se fâcher avec lui, parce que c'était un homme de culture d'une telle finesse qui vous envoyait une vanne. Mais voilà, c'est un être rare, oui c'est vrai, c'est un être rare.
Emmanuel Macron