Dr Dominique Fénéon, cheffe du pôle pédopsychiatrie du CHU de Clermont
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Globalement, comment ils vont nos jeunes ? Est-ce qu'il faut se réjouir aussi qu'on parle plus de leur santé mentale, notamment depuis le Covid ?
- 0:52FerméeRéponse partielle
On a des chiffres de l'ordre de combien ? C'est un enfant, un ado sur dix ? Cinq sur dix ? C'est une majorité ?
- 1:19OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a une conséquence avec tout ce qu'on voit ? Les réseaux sociaux, les écrans.
- 1:30FerméeRéponse directe
Est-ce que ça, vous le constatez toujours ?
- 1:56OuverteRéponse directe
Il peut y avoir des vrais troubles psychiques qui sont accentués, par exemple, par les réseaux sociaux.
- 2:36OuverteRéponse directe
Et ce n'est pas un hasard non plus, si c'est à l'adolescence, souvent, que les troubles se révèlent.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47InvitéFait
« des scarifications, des tentatives de suicide. Les chiffres sont encore très élevés. »
- 1:06InvitéChiffre
« les chiffres ont explosé en augmentant de plus de 70%. »
- 2:47InvitéFait
« Il y a une grosse partie des troubles psychiatriques ou psychopathologiques qui se développent dans cette tranche d'âge, c'est-à-dire 16-25. »
- 2:57InvitéFait
« Ce qui nous surprend, c'est que ça arrive peut-être un peu plus tôt. »
- 3:47InvitéFait
« on est peu enclin à utiliser des thérapeutiques médicamenteuses chez les jeunes, sauf quand ils vont très très mal. »
- 4:57InvitéFait
« ça fait encore peur et surtout, ça constitue des freins. »
Temps de parole
- Invité55 %
- Présentateur39 %
- Présentateur 25 %
≈ 5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Nous abordons maintenant le sujet de la santé mentale ce matin, notamment celle des plus jeunes, avec l'invité d'ici Pays d'Auvergne. On reçoit la chef du pôle pédopsychiatrie du CHU de Clermont, docteur Dominique Fénéon, bonjour.
Bonjour.
Globalement, comment ils vont nos jeunes ? Est-ce qu'il faut se réjouer aussi qu'on parle plus de leur santé mentale, notamment depuis le Covid ?
Je pense qu'il faut se réjouer qu'on en parle plus. Je pense que c'est essentiel d'en parler.
Est-ce qu'ils vont mieux ? Ça, c'est moins certain.
Alors, il y a quand même des choses qui sont un peu rassurantes. Ils disent plus volontiers qu'ils vont mieux, mais il y a encore quand même beaucoup de jeunes qui manifestent leur mal-être par des choses extrêmement violentes, des scarifications, des tentatives de suicide. Les chiffres sont encore très élevés.
On a des chiffres de l'ordre de combien ? C'est un enfant, un ado sur dix ? Cinq sur dix ? C'est une majorité ?
Je ne dirais pas que c'est une majorité. En fait, ce qui a été le plus marquant, c'est l'augmentation. C'est que les chiffres ont explosé en augmentant de plus de 70%. C'est énorme. C'est énorme.
Est-ce qu'il y a une conséquence ? C'est vrai, les parents qui nous écoutent ou les grands-parents qui nous écoutent doivent se dire. Est-ce qu'il y a une conséquence avec tout ce qu'on voit ? Les réseaux sociaux, les écrans. On parle, on met souvent en avant, par exemple, un réseau social bien nommé, TikTok, sur justement les actes de violence envers les autres, envers soi-même.
Est-ce que ça, vous le constatez toujours ? Alors, je pense que ces réseaux sociaux ont leur part de responsabilité, mais je ne suis pas sûre qu'on puisse dire qu'il n'y a que les réseaux sociaux. Je pense que ça ne vous a pas échappé qu'on vit dans un monde qui est marqué par beaucoup de crises, au niveau sanitaire, géopolitique, climatique. Et je pense que c'est multifactoriel, en fait.
En fait, ce serait trop réducteur. Il peut y avoir des vrais troubles psychiques qui sont accentués, par exemple, par les réseaux sociaux. C'est aussi ce que vous nous dites, finalement.
Il peut y avoir des troubles qui décompensent du fait de cette pratique intensive des réseaux sociaux. Même si c'est le fait d'avoir accès au numérique a des avantages qu'on ne peut pas nier. Le problème, c'est que ça crée des modes de pression qu'on ne connaissait pas. Ça crée aussi beaucoup de solitude. Être le plus beau, être la plus belle, celui qui va réussir, celui qui va le plus bien. C'est la question de la comparaison qui va piéger ses enfants et ses adolescents en plein développement.
Et ce n'est pas un hasard non plus, si c'est à l'adolescence, souvent, que les troubles se révèlent, les troubles psychiques, psychiatriques se développent.
Non. En fait, ça, c'est quelque chose qu'on connaissait déjà. Il y a une grosse partie des troubles psychiatriques ou psychopathologiques qui se développent dans cette tranche d'âge, c'est-à-dire 16-25. Ce qui nous surprend, c'est que ça arrive peut-être un peu plus tôt.
Un petit peu comme, on va dire, la crise d'adolescence qui est de plus en plus jeune aussi, par exemple, ou la puberté qui est de plus en plus jeune.
Par exemple, oui.
Vous avez quelque chose d'assez inédit en France. C'est même unique. Il y a un pôle qui est spécialisé pour l'accompagnement des jeunes, notamment dans le milieu professionnel. Et il y a aussi un pôle qui travaille sur les troubles psychiques débutants, avec, il y a eu des ateliers d'écriture. Ce soir, il y a une soirée concert à la coopérative de mai. C'est la suite de ces ateliers-là. Qu'est-ce que ça apporte ? C'est quoi le bénéfice pour eux de passer par l'écriture ?
Alors, l'écriture ou toute forme d'art peut permettre d'exprimer sa souffrance d'une façon que ne permettent pas les autres approches. En fait, on est peu enclin à utiliser des thérapeutiques médicamenteuses chez les jeunes, sauf quand ils vont très très mal.
Très très mal, mais l'idée, ce n'est pas de les bourrer de médicaments, ce n'est pas la solution. C'est ce que vous nous dites.
Voilà. Donc, trouver d'autres moyens d'expression de leur souffrance qui leur permettent une ouverture sur l'extérieur, de reprendre le cours de leur vie, c'est vraiment primordial. Et l'écriture, l'art, dans sa globalité, peut permettre à ces jeunes de redémarrer leur vie.
Ça permet d'affronter son mal-être, mais sans y être confronté frontalement. C'est ça, finalement ? Exactement.
C'est ce que permettent, en général, les médiations thérapeutiques. C'est se décaler. Et puis, c'est en faire plutôt une force plutôt qu'une faiblesse, en fait.
Je parlais de l'emploi. C'est une question importante. On sait, c'est déjà difficile. Très sincèrement, on le sait, quand on est jeune, c'est compliqué de rentrer dans le marché du travail. Mais ça l'est encore plus quand on a ce genre de handicap, parce que c'est une forme de handicap. Et vous avez donc ce dispositif d'insertion professionnelle pour les jeunes atteints de troubles psychiques. Ça fait encore peur dans le milieu professionnel, ces troubles-là, même si on le verbalise, même s'il y a des célébrités qui verbalisent et qui assument pleinement leurs problèmes.
Malgré tout, ça fait encore peur et surtout, ça constitue des freins. Alors, effectivement, il y a des dispositifs qui nous permettent d'accompagner ces jeunes porteurs de handicap. Mais on a aussi des dispositifs qui vont permettre de prévenir aussi l'apparition des maladies. C'est-à-dire que quand on parle de santé mentale, c'est vaste. Et le mal-être, ce n'est pas forcément la pathologie mentale. Donc, ce qui est vraiment important pour nous, c'est de pouvoir aussi prévenir l'entrée dans des troubles graves qui constitueront un handicap important.
Malgré tout, il y a des jeunes qui sont atteints de troubles psychiques et pour lesquels, là, on va développer des stratégies pour permettre que le milieu professionnel puisse s'adapter et leur permettre de poursuivre leur parcours.
C'était l'objet du reportage qu'on a diffusé à 7h30, qui est déjà en réécoute sur ici.fr. Merci beaucoup, docteur Dominique Fénéon, chef du pôle pédopsychiatrie au CHU de Clermont-Ferrand. Merci d'avoir été avec nous ce matin. Merci. L'invite d'ici que vous retrouvez directement en replay sur notre application et notre site ici. Ici matin.