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Podcast / conversationBFMBUSINESS· 26 septembre 2026 55 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiSolidarités & familleÉducation & recherche

La librairie de l'éco - Samedi 26 septembre

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 69 %Attaque 14 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Vous relativisez l'urgence de redresser les finances publiques, mais la dette augmente plus vite que chez nos voisins.

  • 2:59OuverteRéponse directe

    Quelle est la méthode de recherche utilisée dans votre livre ?

  • 4:43OuverteRéponse directe

    Quelles sont les 4 catégories qui expliquent 80% de l'écart des dépenses publiques ?

  • 6:34OuverteRéponse directe

    Pourquoi dépense-t-on trois fois plus en logement qu'en médiane européenne ?

  • 7:09RelanceRéponse partielle

    Où sont les gaspillages d'argent public selon les rapports officiels ?

  • 9:29OuverteRéponse directe

    Un mot sur l'éducation, où dépense-t-on 20% de moins que nos voisins ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:19InvitéChiffre
    « On est à 5% du PIB, mais c'est surtout qu'on a une dynamique qui n'est pas encourageante, parce qu'on n'arrive pas à réduire ce déficit. »
  • 2:30InvitéFait
    « Les taux souverains ont augmenté. Alors, ils ont augmenté partout. Mais le fait qu'il soit assez élevé pour nous fait qu'on a de plus en plus d'intérêt à payer. »
  • 4:29InvitéFait
    « Nos dépenses publiques sont supérieures à la moyenne européenne. »
  • 5:08InvitéChiffre
    « Si vous prenez ces 4 catégories, ça explique 80% des 5 points d'écart. »
  • 6:35InvitéChiffre
    « En logement, on dépense trois fois plus que la médiane européenne. »
  • 7:24InvitéChiffre
    « On a une espérance de vie qui est un an au-dessus de la moyenne européenne. »
  • 9:46InvitéChiffre
    « En gros, on dépense 6 600 euros pour un élève de primaire en France, et nos voisins en dépensent 10 000. »
  • 11:09InvitéChiffre
    « Un quart de la TVA, donc 50 milliards d'euros, que vous et moi payez chaque jour, ne finance pas des services publics ou de l'hôpital, mais finance ces cotisations sociales. »
  • 15:59InvitéFait
    « L'industrie et la techno ne vont plus créer d'emplois. Ils vont créer très, très peu d'emplois. »
  • 34:17InvitéFait
    « il n'est de richesse que d'hommes, a priori, quoi qu'il arrive. »
  • 35:09InvitéFait
    « les seuls qui vont remonter leur fécondité ça va être les afghans parce que vu la façon dont ils traitent les femmes, il finira par y avoir des enfants. »
  • 35:42InvitéFait
    « Sur les 20 années à venir, si on prend les 20 années à venir, j'entends dire le système des retraites, ça ne change rien au système des retraites. »
  • 37:16InvitéFait
    « on surestime actuellement beaucoup dans les projections la baisse de mortalité. »
  • 38:37InvitéFait
    « Les Chinois, maintenant, c'est chaque jour dans les entreprises qu'il y a une annonce pour faire des enfants. »
  • 40:14InvitéFait
    « on a un choc de taux d'intérêt qui augmente assez sensiblement, notamment au cours des 2-3 derniers mois. »
  • 41:01InvitéChiffre
    « on est aux alentours de 70 000 défaillances. »
  • 41:11InvitéChiffre
    « Ça augmente à un rythme de l'ordre de 2%. »
  • 41:28InvitéChiffre
    « on s'attend même à 71 000 défaillances d'entreprises sur l'ensemble de l'année 2026. »
  • 43:07InvitéChiffre
    « on avait des hypothèses d'augmentation du prix du baril de l'ordre de 30 dollars en moyenne. »
  • 43:16InvitéChiffre
    « 30 dollars, 0,3 point sur l'ensemble de l'année 2026. »
  • 43:47InvitéChiffre
    « un impact de 0,6 point de croissance sur l'ensemble de l'année 2026 de ce choc pétrolier. »

Temps de parole

  • Présentateur26 %
  • Invité21 %
  • Invité 214 %
  • Invité 310 %
  • Invité 49 %
  • Invité 59 %
  • Invité 68 %
  • ?3 %

≈ 15,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Présentateur

BFM Business Bienvenue dans la librairie de l'écho, l'émission de BFM Business qui vous offre chaque semaine le meilleur de la littérature économique. Alors évidemment pas d'émission sur les livres sans auteur, ils seront nos invités dans la première partie de l'émission. Et puis vous retrouverez ensuite Jean-Marc Daniel en face à face, cette fois-ci avec le démographe Hervé Lebras pour le confronter à son nouveau livre. Et puis évidemment nos études, nos chiffres, le coup de cœur de la rédaction, n'oubliez pas tous nos comptes librairies de l'écho sur les réseaux sociaux pour retrouver les références précises des livres dont on parle dans l'émission. Et tout de suite, place à nos invités.

Les gouvernements successifs nous rappellent que l'état des finances publiques françaises est désastreux, qu'il faut réduire les déficits, que l'état dépense trop et mal et qu'il n'a plus les moyens de relancer la croissance dans une France désindustrialisée qui ne travaille pas assez. Et pourtant, et pourtant, et si les marges de manœuvre étaient plus importantes qu'on le croit ? Et si nous n'avions pas exploré toutes les pistes pour redonner de l'air aux classes moyennes avec de meilleurs emplois ? Et bien c'est ce que pensent nos deux invités du jour. Anne-Laure Delatte, bonjour.

1:21
Invité

Bonjour Emmanuel, merci pour l'invitation.

1:23
Locuteur

Mais

1:24
Présentateur

avec grand plaisir Anne-Laure, vous êtes directrice de recherche en économie au CNRS et vous êtes la fondatrice et la présidente du think tank, du labo de recherche. Un

1:33
Invité

labo de recherche,

1:34
Présentateur

oui. Qui s'appelle Public Finance Lab. Pierre Velt, bonjour.

1:39
Invité

Bonjour.

1:39
Présentateur

Vous êtes ingénieur, sociologue, économiste et vous publiez « Vers une économie humano-centrée » aux éditions de l'Aube. On commence avec vous Anne-Laure Delatte. Alors, vous relativisez clairement l'urgence de redresser les finances publiques, mais la dette qui augmente plus vite que chez nos voisins, les déficits plus élevés qu'ailleurs en Europe, les taux d'intérêt qui remontent. Vous dites

2:03
Locuteur

«

2:03
Présentateur

C'est pas grave ».

2:04
Invité

Ah non, non, non, attention. Alors, mon message, ça n'est pas grave. Mon message, plutôt, c'est « Ne le faisons pas de la façon dont on est en train de le faire ». Mais qu'on ait un problème de déficit public en ce moment, je ne le remets pas du tout en question, puisque, si vous voulez, on est à 5% du PIB, mais c'est surtout qu'on a une dynamique qui n'est pas encourageante, parce qu'on n'arrive pas à réduire ce déficit. Les taux souverains ont augmenté. Alors, ils ont augmenté partout. Mais le fait qu'il soit assez élevé pour nous fait qu'on a de plus en plus d'intérêt à payer. Et tout ça ne serait pas grave si on avait une activité qui suivait, en fait, si on avait de la croissance.

Mais des paiements d'intérêt qui augmentent, avec un PIB qui ne bouge pas chaque année, forcément, à un moment, ça coûte cher pour les finances publiques. Et surtout, ça nous coupe des marges de manœuvre pour faire ce qui est essentiel.

2:59
Présentateur

Alors, justement, moi, ce que j'ai trouvé passionnant dans votre livre, en fait, c'est que vous allez d'ailleurs nous rappeler la méthode avec laquelle vous avez fait l'exercice. Mais, en gros, vous passez au banc d'essai toutes les affirmations sur les excès et les inefficacités de notre modèle social, de nos finances publiques en général. Alors, rappelez-nous quand même la méthode que vous avez travaillée, qui

3:24
Locuteur

est

3:24
Présentateur

une méthode de recherche.

3:26
Invité

En fait, moi, je suis partie du constat de départ qu'on paye tous et toutes en France beaucoup de prélèvements obligatoires. Et pourtant, les services publics se dégradent, le modèle social se dégrade. Et donc, en général, le discours qu'on entend, c'est un discours de gâchis de l'argent public. Donc, ce que j'ai voulu faire, c'est comparer effectivement les dépenses publiques françaises avec un échantillon de pays comparables et regarder l'efficacité relative de ces dépenses. Parce que si on dépense plus, alors est-ce que ça vaut le coup

3:55
Locuteur

?

3:55
Invité

Et donc, j'ai comparé les dépenses publiques sur 25 ans avec un échantillon de 10 pays qui sont 10 pays comparables dans la mesure où ce sont les pays les plus riches de l'Union européenne. Et j'ai retiré les paradis fiscaux juste parce qu'on ne peut pas vraiment comparer des systèmes sociaux et des systèmes fiscaux avec ces pays-là.

4:15
Locuteur

Et

4:16
Invité

ensuite, ce que j'ai fait,

4:17
Locuteur

c

4:17
Invité

'est que premièrement, j'ai regardé en pourcentage de PIB. Et là, effectivement, on dépasse. Enfin, ça, tout le monde le sait, nos dépenses publiques sont supérieures à la moyenne européenne. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'on dépasse d'à peu près 5 points de PIB en moyenne sur 25 ans et ça ne fait que s'élargir. Mais ce qui est intéressant, c'est que 4 catégories expliquent 80% de cet écart.

4:42
Présentateur

D'accord.

4:43
Invité

Alors, ces 4

4:43
Présentateur

catégories... Ce n

4:44
Locuteur

'est

4:44
Présentateur

pas forcément celle auxquelles on pense spontanément.

4:46
Invité

Non. Alors, en fait, la défense, je pense qu

4:50
Locuteur

'on

4:50
Invité

l'a tous en tête, mais c'est la plus petite explication. C'est vrai qu'on dépense plus en défense, mais c'est la plus petite explication. Et ensuite, les 3 autres explications, il y en a qui sont connues, c'est retraite et santé et logement. Et en fait, si vous prenez ces 4 catégories, ça explique 80% des 5 points d'écart. Alors là, la question, c'est... Bon, d'accord, mais alors si on dépense plus en santé, en retraite et en logement, est-ce que ça vaut le coup ? Est-ce qu'on en a pour notre argent ? Mais pour faire ça, il faut diviser par le nombre de personnes concernées et non plus en pourcentage du PIB.

Ça ne veut pas dire grand-chose si on veut regarder combien on dépense par habitant et ensuite des critères de performance. Et alors là, ce qui est surprenant, c'est qu'en réalité, divisé, réparti par le nombre de personnes concernées, par retraité, par personne de plus de 65 ans, par nombre d'habitants, par foyer, retraite et santé,

5:46
Locuteur

on

5:46
Invité

est au niveau de la médiane de ce groupe, de cet échantillon. On est parfois en dessous même. Ça veut dire qu'en France, on dépense

5:55
Locuteur

pareil

5:56
Invité

que les autres pays européens, enfin en tout cas que la moitié de l'échantillon, en retraite et en santé, ce qui était un résultat plutôt étonnant puisqu'on a tendance à nous dire que notre système de santé coûte

6:07
Locuteur

très cher.

6:07
Présentateur

C'est ça. Donc si

6:07
Locuteur

vous ramenez

6:08
Présentateur

par retraité,

6:10
Locuteur

finalement,

6:11
Présentateur

il n

6:12
Locuteur

'y a

6:12
Présentateur

pas d'écart entre un retraité français et un retraité de la moyenne des pays européens.

6:16
Invité

Non, non, il n

6:17
Locuteur

'y a

6:17
Invité

pas d'écart. Il y a un écart avec l'Allemagne, on dépense un petit peu plus. Mais si vous prenez tout l'échantillon, on dépense à peu près la même chose que les autres, sauf en logement.

6:34
Présentateur

Alors là, c'est quand même un mystère le logement.

6:35
Invité

Voilà. Et en logement, on dépense trois fois plus que la médiane européenne. On dépense beaucoup plus que le deuxième pays qui est l'Italie, mais qui dépense déjà beaucoup moins que nous. Alors voilà, on a un vrai problème sur le logement.

6:51
Présentateur

Alors ça,

6:51
Locuteur

c

6:51
Présentateur

'est... Attendez, parce que là, vous avez indiqué ce qu'étaient les dépenses, ce qui nous donne un peu l'idée des moyens engagés. Après, il faut regarder si, effectivement, parce que c'était l'autre partie de votre démarche, c'était de dire, mais bon, est-ce que cet argent, il est bien dépensé ? Et est-ce que là où on dépense plus, ça se justifie ou est-ce que ça ne se justifie pas ?

7:09
Invité

Voilà, exactement. Alors, du côté de la santé et de la retraite, j'ai pris les indicateurs classiques que prend la Commission européenne. Et si on se compare, en fait, on a une espérance de vie qui est un an au-dessus de la moyenne européenne. On vit plus longtemps que les Allemands, on vit en meilleure santé que la plupart des pays européens. Et on a un problème sur la mortalité infantile, qui est un des indicateurs importants pour comparer les systèmes de santé. Mais sur les deux gros indicateurs, espérance de vie et espérance de vie en bonne santé, on performe mieux. Sur les retraites, ce que regarde la Commission européenne, c'est le ratio de niveau de vie entre actifs et retraités.

Et là, on est pour la même dépense

7:57
Locuteur

que

7:58
Invité

les autres. On est à un ratio que, je pense, vos auditeurs et auditrices ont peut-être en tête, c'est qu'on est à 100% ou un petit peu en dessous. C'est-à-dire que le niveau de vie des retraités est à peu près équivalent à celui des actifs.

8:11
Locuteur

On

8:11
Invité

a fait quand même quelque chose de très bien, c'est qu'on a énormément réduit le taux de pauvreté des retraités. Et là, on est les champions en Europe. Là où on a 10% de nos retraités qui sont sous le seuil de pauvreté, en Allemagne, c'est 18. Donc, si vous regardez santé-retraite, on pourra discuter de ce ratio de niveau de vie, on pourrait souhaiter quelque chose d'inférieur, mais en tout cas, on n'est pas délirant. Ils sont où

8:38
Présentateur

? Quand on regarde les rapports de la Cour des comptes, de l'inspection des finances, etc., on croule sous les exemples de gaspillages d'argent public. Ils sont où, les gaspillages d'argent public, alors

8:49
Locuteur

? Alors

8:50
Invité

moi, j'ai une autre explication. D'abord, le logement, on dépense beaucoup trop par rapport aux performances qu'on a, puisque, en fait, comment vous mesurez la performance des politiques de logement ? C'est combien pèse le prix du logement dans les revenus des gens. Et en fait, là, on est à peine meilleur que l'échantillon, donc on dépense trois fois plus pour

9:11
Locuteur

une

9:12
Invité

crise du logement qui est à peu près identique à celle que connaissent les autres pays. Probablement, les APL, en fait, ces allocations logements, elles nourrissent la demande, mais on n'a pas construit en face. Donc, en fait, vous solvabilisez la demande, et ça, ça fait augmenter les prix.

9:29
Présentateur

Anne-Laure, un mot sur l'éducation, quand même.

9:31
Invité

Oui, alors, et surtout, sur l'éducation, on a un vrai gâchis, mais on a un gâchis dans l'autre sens, c'est-à-dire qu'en moyenne, on dépense 20% de moins que les autres pays européens de mon échantillon, mais surtout, c'est très ciblé,

9:43
Locuteur

en

9:44
Invité

primaire, un élève de primaire, en gros, on dépense 6 600 euros pour un élève de primaire en France, et nos voisins en dépensent 10 000. Au collège, on a un écart de 20%, et à la fac, on a un écart aussi très impressionnant de 4 000 à 6 000, quasiment. On a 35% d'écart. Il n

10:02
Locuteur

'y a

10:02
Invité

qu

10:02
Locuteur

'au

10:02
Invité

lycée, qu'on dépense un petit peu plus, parce que c'est là que sont concentrés les agrégés. Mais vous me posiez la question, où est-ce qu'on gâche l'argent ? En fait, moi, mon explication, c'est qu'on a fait beaucoup de dépenses fiscales, c'est-à-dire qu'on a accordé beaucoup d'avantages fiscaux à essentiellement des entreprises, également des ménages, et une partie des avantages fiscaux n'a pas eu d'effet. En fait, ça n'a pas eu l'effet qu'on aurait souhaité, c'est-à-dire qu'on a mis en place une stratégie économique qui n'était pas bête, qui consistait à baisser le coût du travail pour être compétitif face à la mondialisation,

10:45
Locuteur

à

10:45
Invité

la concurrence internationale. Et il se trouve qu'aujourd'hui, par exemple, les cotisations sociales, elles sont très importantes au niveau du SMIC, et ça, ça a peut-être un effet sur l'emploi, probablement, mais plus vous montez dans l'échelle de salaire, moins ça a d'effet. Or, 90% des salaires sont touchés par ces exonérations de cotisations sociales.

11:06
Locuteur

Et

11:06
Invité

qui les paye, ces cotisations sociales

11:08
Locuteur

?

11:09
Invité

Puisqu'on continue à les payer, puisqu'on a toujours un régime social qu'il faut financer, c'est aujourd'hui une grosse partie de la TVA, et en fait, un quart de la TVA, donc 50 milliards d'euros, que vous et moi payez chaque jour, ne finance pas des services publics ou de l'hôpital, mais finance ces cotisations sociales. Et donc, ça peut expliquer pourquoi les gens ont l'impression de payer beaucoup d'impôts et qu'ils n'en ont pas pour leur argent.

11:39
Présentateur

Alors, Anne-Laure Delatte, au vu, finalement, de toutes

11:42
Locuteur

ces

11:43
Présentateur

analyses, quelles conclusions vous en tirez pour l'action publique

11:47
Locuteur

?

11:47
Présentateur

Qu'est-ce qu'on fait pour améliorer le sort, finalement, des classes moyennes, qui, quoi qu'on en dise, finalement, sont celles qui ont le plus souffert ces dernières années ?

11:57
Locuteur

Qu

11:58
Présentateur

'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'il faut plus d'État ? Est-ce qu'il faut autrement d'État ? Est-ce qu'il faut moins d'État ?

12:04
Locuteur

Alors, je

12:05
Invité

pense que la première, la priorité, c'est d'augmenter les salaires, parce que vous redonnez du pouvoir d'achat, quand même, par définition, en donnant du salaire. Le problème, c'est que pour donner du salaire, il faut qu

12:16
Locuteur

'il

12:16
Invité

y

12:16
Locuteur

ait

12:16
Invité

de la croissance, il faut qu'il

12:17
Locuteur

y ait

12:17
Invité

de l'activité. Or, la politique budgétaire qu'on est en train de mettre en place consiste à baisser les dépenses publiques, et en particulier les dépenses sociales, et ça, ça a un effet délétère sur l'activité. Donc, première chose, augmentez les salaires, mais pour ça,

12:32
Locuteur

il

12:32
Invité

faut garantir de l'activité. Il faut, évidemment, des aides ciblées, là, en ce moment, mais ciblées sur les personnes les plus gros rouleurs, etc. Mais mon troisième point, pour répondre à votre question directement, il faut préserver les dépenses collectives, parce que ça, ça fait partie du pouvoir d'achat de la plupart des Français. Est

12:51
Présentateur

-ce qu'il faut revoir le périmètre, par exemple, de l'action publique ? Est-ce qu'il y a des domaines dans lesquels l'intervention publique ne se justifie plus ? Ou est-ce qu'il y a, à l'inverse, des domaines dans lesquels il faut renforcer l'action publique

13:02
Locuteur

? En

13:02
Invité

fait, si vous baissez les dépenses sociales, les besoins, ils ne disparaissent pas, dans certains domaines, pour répondre à votre question. Donc, si on baisse les dépenses sociales de retraite, de santé et d'éducation, ce sera remplacé par des dépenses privées. Donc, on n'améliorera pas le pouvoir d'achat des Français. Et en plus,

13:19
Locuteur

on

13:20
Invité

se tire une balle dans le pied pour la croissance future.

13:23
Présentateur

Si vous demandez des efforts, est-ce qu'il faut augmenter la fiscalité sur les entreprises, sur les plus riches ? Parce que c

13:31
Locuteur

'est

13:31
Présentateur

ça, un peu, la thèse de votre livre.

13:32
Locuteur

C

13:32
Présentateur

'est-à-dire, finalement, mutualisons davantage.

13:37
Invité

Riches ensemble.

13:38
Présentateur

Voilà, riches ensemble. Ou alors, ce sera l'appauvrissement individuel qui nous attend.

13:43
Invité

Oui, en fait, le système fiscal, il est très lourd. En France, en tout cas, on paye tous beaucoup d'impôts, mais il y a des zones fiscales de non-droit. C'est-à-dire qu'il y a des assiettes qui échappent à l'impôt ou qui ne payent pas vraiment proportionnellement à leurs revenus

13:59
Locuteur

de

14:00
Invité

la même façon que les autres Français et Françaises. Donc, les travaux de l'IPP, Gabriel Zuckman, ont montré que les ultra-riches échappaient à l'impôt. Il y a d'autres zones de non-droit et en particulier les très grandes entreprises. En fait, on a épluché les déclarations fiscales de toutes les entreprises françaises avec mes co-auteurs, mais l'INSEE l'avait déjà montré. L'INSEE montre que vous avez

14:26
Locuteur

des

14:27
Invité

très grandes entreprises qui, en fait, en pourcentage de leurs revenus, payent moins d'impôts sur les sociétés que des PME ou des micros.

14:34
Locuteur

Donc,

14:35
Invité

si vous voulez maintenir ces dépenses sociales qui, de nouveau, font partie du pouvoir d'achat des Français, il faut que tout le monde contribue.

14:44
Présentateur

Alors, Pierre Veltz, vous vous dites, bon, il

14:46
Locuteur

y

14:46
Présentateur

a deux discours aujourd'hui qui bordent un peu le champ des possibles. C'est le discours hyper-techno, il faut qu'on investisse massivement dans le digital, qu'on rattrape notre retard sur les États-Unis, etc. De l'autre côté, à l'autre bout du spectre, il y a le discours un petit peu écolo, de radical, de décroissance verte, etc. Vous, vous proposez une voie alternative qui est plus désirable. Évidemment, vous dites, il faut recentrer l'économie sur nos besoins essentiels.

15:11
Invité

Oui. Moi, je suis parti d'une réflexion assez globale, au fond, sur les grands secteurs de l'économie, en mettant au centre la question des emplois et du travail. On a tendance un peu

15:21
Locuteur

à

15:22
Invité

oublier. Comme vous le savez, moi,

15:24
Locuteur

je

15:25
Invité

m

15:25
Locuteur

'avais

15:25
Invité

invité pour mes bouquins précédents, j'ai toujours été un militant de l'industrialisation, j'ai combattu l'idée du poste industriel, je reste convaincu que la France a absolument besoin de sauver, parce qu'aujourd'hui, l'industrie française est sur le fil du rasoir, de sauver une industrie et de rester dans la course technologique internationale. Sinon, on devient une espèce de périphérie sympathique du monde. Mais

15:47
Locuteur

le

15:48
Invité

problème, que je pense, que je mets en avant dans le livre, curieusement, assez peu de gens le disent, c'est que l'industrie et la techno ne vont plus créer d'emplois. Ils vont créer très, très peu d'emplois. Donc, on se retrouve avec une France. Ça ne

16:04
Locuteur

veut

16:04
Invité

pas dire qu'il ne

16:04
Locuteur

faut

16:04
Invité

pas...

16:06
Locuteur

Oui, parce que ça crée la valeur, quand même.

16:07
Invité

Oui, c'est essentiel. C'est essentiel pour qu'on reste dans la course mondiale. C'est essentiel. Mais,

16:11
Locuteur

quand

16:12
Invité

on interroge les gens, il

16:13
Locuteur

y

16:13
Invité

a une enquête de la BPI, par exemple, qui dit, vous êtes pour la réindustrialisation, tout le monde est pour la réindustrialisation. Pourquoi ? Parce que ça va nous créer des emplois. Illusion. Il n

16:23
Locuteur

'y

16:23
Invité

aura plus de création d'emplois, ou très, très peu de création d'emplois dans la techno et dans l'industrie. Pourquoi ? Parce que les gains de productivité sont massifs et qu

16:31
Locuteur

'ils

16:31
Invité

vont continuer. C'est comme l'agriculture. Vous avez une espèce de tendance lourde de diminution d'emplois. Donc, on se retrouve avec ce potentiel d'emplois. Maintenant, ils sont essentiellement dans les services. Parce qu'exclusivement, ils ont beaucoup dans les services à la personne. Et là, on a une situation qui n'est pas bonne. Parce qu'on a laissé se dégrader ces emplois en se disant, d'ailleurs, peut-être l'industrialisation va remettre les choses en route. Alors qu'en réalité, ce n'est pas ce

16:56
Locuteur

qui

16:56
Présentateur

va se passer. C'est le paradoxe que vous soulevez. Comment les métiers de la santé et de l'éducation ont-ils pu se dégrader autant alors que les besoins n'ont jamais été aussi grands ?

17:06
Invité

Oui, alors ça, il faut partir de questions simples qui n'ont pas forcément des réponses simples. Mais la question simple, c'est un scandale, je pense, pour un pays développé comme le nôtre. C'est pire aux États-Unis. D'avoir des emplois qui sont absolument essentiels, qui répondent à des vrais besoins, qui en plus sont des investissements pour le futur. Si on arrête d'investir dans l'éducation, on est mort

17:27
Locuteur

dans

17:28
Invité

la recherche, etc. Et qui sont quand même aujourd'hui des emplois, on va dire, maltraités, précarisés, ubérisés, etc. On a applaudi les infirmières le soir du Covid, moi je me souviens de l'avoir fait. Et puis c'est toujours des métiers galères, etc. Pourquoi ? Parce qu'on est parti sur ces emplois de service. Je ne

17:49
Locuteur

le

17:49
Invité

dis pas comme ça dans le livre, mais je le dirais peut-être. Au fond, il y

17:53
Locuteur

a

17:53
Invité

une espèce d'équilibre par le bas qui s'est instauré, avec des boucles non vertueuses, du genre faible reconnaissance, on dit que

18:02
Locuteur

c

18:02
Invité

'est des métiers pas qualifiés, faible salaire, du coup faible performance, performance qui se dégrade, etc. Il faut absolument sortir de ce cercle vicieux. Alors qu'on parle beaucoup de l'industrialisation, de la réindustrialisation, très peu de gens parlent de ça. Pourquoi ? Parce qu'on pense que cette situation est naturelle. Y compris la gauche nous explique que, ben oui, c'est des emplois qui ne sont pas qualifiés. Moi,

18:24
Locuteur

j

18:24
Invité

'ai eu, comme beaucoup de gens de mon âge, j'ai eu des personnes proches dans des EHPAD, des endroits comme ça. Si vous m'expliquez qu'une soignante, même une soignante, n'est pas qualifiée, qu'est-ce qui est qualifié ? Ce

18:35
Présentateur

qui explique aussi la dégradation du rapport au travail, d'ailleurs. Oui,

18:38
Locuteur

alors il y a une espèce

18:39
Invité

de crise profonde, pas seulement de la quantité de travail, parce que ça va à peu près, mais de la qualité du travail. Les gens qui font ce genre de boulot, et on a abordé, comme dit Flo, c'est la qualité empêchée, quoi. C'est ça qui rend les gens malheureux, parce qu'on n'arrive pas à faire ce qu'on devrait faire. Et quand vous êtes face à des gens qui sont en souffrance, ou à des étudiants et des jeunes qui ne savent pas où ils vont, alors évidemment, la qualité empêchée, c'est ce qui a de bien.

19:04
Locuteur

On a un

19:04
Invité

énorme chantier

19:05
Locuteur

qui n'est

19:06
Présentateur

pas adressé. Comment on recrée, finalement, des trajectoires économiques riches en bons emplois

19:13
Locuteur

? Eh

19:14
Invité

bien, il faut passer par une réflexion plus globale, qu'on n'a pas engagée. Même les économistes, on peut travailler sur ces sujets-là. Je me suis pas mal... Mon livre, quand je l'ai fini de l'écrire, je me suis aperçu que je disais à peu près la même chose qu'un certain nombre d'auteurs, notamment Danny Roderick, qui est un Américain que j'aime beaucoup, et qui dit ça. Alors lui, il va plus loin, il dit qu

19:37
Locuteur

'il

19:37
Invité

faut oublier l'obsession manufacturière. Je dis non,

19:40
Locuteur

il

19:40
Invité

faut différencier les deux choses.

19:42
Locuteur

Il

19:43
Invité

faut avoir des services plus productifs, il faut réfléchir intelligemment à la productivité

19:46
Locuteur

des services. C'était Robert Boyer aussi.

19:47
Invité

Oui, Robert Boyer, je me suis aspiré de Robert Boyer, l'idée d'un mode de développement anthropocentrique, etc. Mais il faut maintenant, je pense qu'on a un gros travail à faire, les experts, les politiques, la société civile en général, sur comment est-ce qu'on fait pour arrêter de considérer que cette situation est naturelle, et comment on fait pour essayer de passer à un autre équilibre, parce qu'on peut avoir un autre équilibre. On peut monter les salaires, il faut monter les salaires, mais il faut qu'en face, il

20:15
Locuteur

y ait

20:15
Invité

de la performance, il faut qu'il

20:16
Locuteur

y

20:16
Invité

ait de la demande. Et donc ça veut dire, et le mot, beaucoup de gens, ça les énerve, quand

20:21
Locuteur

on dit ça, mais il faut qu'on

20:22
Invité

ait des services plus productifs.

20:24
Présentateur

Parce que c'est quoi ? On n'a pas de demande solvable ?

20:27
Locuteur

Oui,

20:28
Invité

c'est tout un enchaînement. Vous voyez, c'est passer d'un équilibre par le bas à un équilibre par le haut. Ça ne se fait pas en claquant des doigts. Ça se fait en effet.

20:34
Locuteur

Est-ce qu'il y a des

20:35
Invité

pays qui ont réussi ça ? Peut-être une partie des pays scandinaves, dont on parle beaucoup, où on voit que l'éducation est quand même bien rémunérée, etc. On peut, je pense qu'on peut le faire. Il y

20:48
Locuteur

a

20:48
Invité

des bouclages macroéconomiques à retrouver. Déjà quand même en augmentant les salaires,

20:52
Locuteur

on

20:52
Invité

va augmenter aussi la consommation, etc. Donc ça fait quantitativement plus de services. Il faut réfléchir d'ailleurs sur la notion de productivité. Parce qu'on a appliqué, regardez ce qui se passe dans les hôpitaux. On est dans un modèle de productivité. Moi, le monde ne me fait pas peur. On a besoin de productivité, mais on a un modèle de productivité qu'on a transposé du monde industriel. Qui est un modèle en gros néo-thélorien, ce que vous voudrez. Regardez comment fonctionnent

21:19
Locuteur

les hôpitaux, le paiement

21:21
Invité

à l'acte, etc. On a oublié qu'une forme de

21:24
Locuteur

productivité est

21:24
Invité

relationnelle. Par n'importe quel bout, la productivité, c'est quantitatif. Non, la productivité, c

21:30
Locuteur

'est faire... Qu'est-ce qu'on

21:31
Invité

crée comme mesure autre du bien-être ? Non, la productivité, c'est faire mieux avec moins.

21:37
Locuteur

Donc

21:37
Invité

il faut faire avec moins. Par exemple, je pense que la question de l'État, évidemment, n'est pas centrale dans

21:44
Locuteur

le

21:44
Invité

livre.

21:46
Présentateur

Ah si, c'est central.

21:47
Locuteur

Attends, on va y arriver.

21:48
Invité

Moi, je pense qu'il faut faire mieux avec moins.

21:50
Locuteur

On peut faire mieux avec moins. C'est ça qui me tue le fil un peu.

21:53
Présentateur

Après, parce que vous dites quand même, pour mettre en place ces politiques, je vous cite, l'État doit être au centre du jeu. Oui, parce que... Et

22:03
Locuteur

moi, je

22:04
Présentateur

me dis, mais d'où l'État est-il forcément le mieux à même de rediriger et d'orchestrer ce changement ? Moi, je me dis, il y a quand même des principes simples en économie.

22:14
Locuteur

Il

22:14
Présentateur

y a le marché, il

22:15
Locuteur

y

22:15
Présentateur

a la concurrence.

22:17
Locuteur

Ça marche

22:18
Présentateur

en principe, non ?

22:18
Invité

Le marché,

22:19
Locuteur

il

22:19
Invité

est déjà là. Regardez l'éducation, elle se marchandise à toute vitesse. D'abord, dans le monde entier, c'est une grande industrie marchande aujourd'hui, enfin, un grand secteur marchand. Et chez nous, elle se marchandise à grande vitesse parce qu'avec des inégalités croissantes. Il faut qu'on...

22:33
Locuteur

Je

22:34
Invité

n

22:34
Locuteur

'ai

22:34
Invité

pas la solution. Si je l'avais, je serais content. Je pose déjà le problème. Et c'est parce que ce problème n'est pas vraiment posé. Une grande partie des gens disent, il faut améliorer les conditions de travail,

22:43
Locuteur

il

22:43
Invité

faut lutter contre l'ubérisation,

22:45
Locuteur

il

22:45
Invité

faut la sécurité juridique. Non, il faut réfléchir plus profondément à qu'est-ce que c'est que ces métiers et comment on peut les rendre plus productifs. Je donne quelques exemples. On peut enrichir, par exemple, le métier des infirmières. C'est absurde aujourd'hui. La séparation qu'il y a entre le boulot des médecins et le boulot des infirmières est une absurdité dans des zones... Il y

23:06
Locuteur

a

23:06
Invité

énormément d'exemples. Il n'y

23:08
Locuteur

a

23:08
Invité

pas la réponse magique.

23:10
Présentateur

Mais si, il y a quand même des choses que vous n'avez pas évoquées l'un comme l'autre, mais sur l'efficacité de la dépense publique. Honnêtement, quand les médecins s'occupaient de l'hôpital, ça fonctionnait mieux que quand c'était...

23:20
Locuteur

C'est un peu ce que je dis.

23:22
Invité

On a appliqué

23:23
Locuteur

des méthodes...

23:24
Présentateur

De productivité qui ne sont pas les bonnes. Et franchement, sur les gaspillages d'argent public, moi j'avais une autre explication. C'était quand vous regardez ce qui se passe finalement entre les fonctionnaires ou tous les personnels qui sont au contact des usagers qui vivent tous dans un état de paupérisation intense.

23:43
Locuteur

C'est

23:43
Présentateur

-à-dire que tous nos policiers, nos infirmières, nos enseignants sont tous plus mal payés qu'ailleurs dans les pays européens. Mais

23:49
Locuteur

quand

23:49
Présentateur

vous regardez ce qui se passe quand même entre le guichet, entre le fonctionnaire qui est sur le terrain, et le bureau du ministre,

23:56
Locuteur

là

23:56
Présentateur

franchement, à Fabien L

23:57
Locuteur

'Hôpital,

23:58
Présentateur

tous ces gens qui sont payés deux fois, trois fois le salaire d'une infirmière pour faire de la paperasse, etc. À Pierre, quand

24:04
Locuteur

même, à Laure, quand même...

24:05
Invité

Non, mais sur les possibilités de gains dans l'État, moi j'ai une position un peu différente. Parce que moi, j'ai géré des établissements publics. J'étais chercheur en plus comme ça. Et dans ma vie, j'ai géré plusieurs fois des établissements publics de 300, 400 personnes, des choses comme ça. Donc je sais comment ça marche. Je prends un exemple d'un établissement public de 300 personnes, etc. Il y avait 60 personnes sur la partie administrative.

24:36
Locuteur

Très

24:37
Invité

honnêtement,

24:37
Locuteur

on

24:38
Invité

pouvait le faire avec 10 personnes. J'avais comparé avec... Oui, oui, je vous assure. Ah oui, d'accord. Et donc ça, les gens ne le voient pas de l'extérieur. Et à Bercy, ils ne le voient pas du tout. Il y a un énorme... Ce n

24:49
Locuteur

'est

24:49
Invité

pas du gaspillage, parce que les gens travaillent. L'image du fonctionnaire qui ne

24:53
Locuteur

fait

24:53
Invité

rien,

24:53
Locuteur

c

24:53
Invité

'est foutaise.

24:54
Locuteur

Ah non, non, non. Mais

24:54
Invité

il y a les gens... L'agence... Dans un petit établissement, il y avait six personnes à l'agence comptable.

25:02
Locuteur

L

25:02
Invité

'agence compte six personnes pour vérifier que les factures ou les ordres de paiement émis par les autres étaient justes. Un absurde. Un

25:10
Locuteur

état plus agile. Tous les contrôleurs, etc.

25:14
Invité

Tous les mécanismes internes de contrôle sont absolument obèses.

25:18
Locuteur

Peut-être. Moi, je

25:18
Invité

ne

25:18
Locuteur

suis

25:18
Invité

pas spécialiste de ça. Ce

25:20
Locuteur

que je

25:20
Invité

comprends de la littérature,

25:23
Locuteur

c

25:23
Invité

'est qu'on a des résultats sur le public management. En effet, le fait d'avoir appliqué des méthodes du privé au public, en fait, ça ne marche pas. Et surtout, oui, et en fait, il y

25:39
Locuteur

a

25:39
Invité

eu beaucoup d'externalisation aussi.

25:41
Locuteur

C

25:41
Invité

'est-à-dire que... Encore une fois, je ne

25:43
Locuteur

suis

25:43
Invité

pas spécialiste, mais entre les six qui travaillent, comme vous le disiez, dans le service comptable, alors qu'on pourrait le faire avec deux, et le fait qu'on a donné aussi beaucoup de tâches à du consulting privé qui coûte hyper cher, en fait, ça a été aussi beaucoup documenté. Pour le coup, moi, je n

26:02
Locuteur

'ai

26:02
Invité

pas posé ces questions-là et je pense qu'elles valent vraiment le coup. Mais je ne connais pas de littérature qui puisse vraiment trancher le problème. Parce que les gens n'ont pas regardé ça et que quand on discute avec... Moi, j'ai discuté avec les gens de Bercy, ils ne voient pas ça. Ils voient les grandes enveloppes, etc. On a fait la loi, la LOL, ça, c'est de

26:20
Locuteur

l

26:20
Invité

'emballage. Merci beaucoup. Le problème, c

26:21
Locuteur

'est

26:21
Invité

la productivité à la base.

26:23
Présentateur

Merci beaucoup à tous les deux. Je rappelle vos deux livres. Anne-Laure Delatte, Riches Ensemble. Quel beau programme. Aux éditions du Seuil, Pierre Veltz, vers une économie humano-centrée, refondée, une classe moyenne autour des besoins essentiels. Et bien s'il n'y a pas dans ces deux livres plein d'idées pour inspirer nos candidats à l'élection présidentielle, moi, je ne sais plus quoi faire. On se retrouve tout de suite pour la deuxième partie de

26:47
Locuteur

l

26:47
Présentateur

'émission.

26:57
Locuteur

On

26:58
Présentateur

se retrouve pour la deuxième partie de cette librairie de l'écho. Alors évidemment, vous retrouverez nos études, nos chiffres, le coup de cœur de la rédaction. Mais tout de suite, on démarre avec cette semaine un duel, mais qui n'est pas le duel classique des critiques avec Christian Chavagneux et Jean-Marc Daniel. C'est, vous savez, on aime bien faire cette formule aussi quand on a des invités un peu costauds à traiter. Et bien voilà, notre invité va se retrouver face à Jean-Marc Daniel qui va décrypter son livre et ensuite ils vont débattre de son livre.

Et notre invité exceptionnel du jour, c'est Hervé Lebrasse, historien, démographe, un habitué de la librairie de l'écho, qui publie donc son nouveau livre La grève des naissances.

27:43
Locuteur

C

27:43
Présentateur

'est aux éditions de l'aube, cher Hervé.

27:47
Locuteur

Et

27:48
Présentateur

Jean-Marc Daniel, faites-nous le pitch de ce nouveau livre d'Hervé Lebrasse. Oui, alors c'est un livre que j'ai... Qui, je le précise, a été votre professeur à l'école polytechnique.

27:58
Invité

Oui, dans la formule qui consiste à faire venir un auteur, la fois précédente c'était Jean-Père Lebrasse.

28:04
Locuteur

Oui, alors on a trouvé

28:06
Présentateur

les deux seules

28:06
Locuteur

personnes

28:07
Invité

à Paris qui ont été les professeurs de Jean-Marc Daniel à Polytechnique. Oui, parce que ceux qui m'ont fait aimer l'économie c'est Jean-Père Lebrasse, Hervé Lebrasse et là, Lionel Solerud, vous ne pourrez pas le faire venir. Non, malheureusement. Je le regrette, je le déploie. Et donc, pour revenir à ce livre d'Hervé Lebrasse, c'est un livre de démographie à une époque où la démographie est redevenue un sujet d'études et un sujet d'intérêt pour la population. D'ailleurs, nous avons récompensé l'année dernière dans le

28:35
Locuteur

cadre

28:35
Invité

de l'écho le livre sur la démographie. Et donc, là, il s'agit d'un livre qui est un peu en deux temps. Il y a une première partie qui est une partie assez technique mais qui est une exploration à la surface de la planète de l'évolution des taux de fréquentité. On parcourt le monde, c'est le tour du monde non pas en 80 jours mais en 160 pas, où on va regarder comment évoluent les taux de fréquentité avec en introduction un rappel quand même qu'il faut prendre un peu de recul.

29:02
Locuteur

Il

29:02
Invité

y

29:02
Locuteur

a

29:02
Invité

une évocation qui est assez amusante au début de l'introduction où Hervé dit si l'Isistrata avait réussi à maintenir son mouvement de grève vous savez, l'Isistrata, c

29:14
Locuteur

'est

29:14
Invité

ce personnage de l'Antiquité qui pourrait citer les hommes à ne plus faire la guerre convient les femmes à ne pas passer de nuit avec les hommes. Et donc, au bout d'un moment, normalement, s'il n

29:25
Locuteur

'y

29:25
Invité

a pas de rencontre entre les hommes et les femmes,

29:27
Locuteur

il

29:27
Invité

n

29:27
Locuteur

'y a

29:27
Invité

pas neuf mois après, il n

29:29
Locuteur

'y

29:29
Invité

a plus personne au rendez-vous. Et donc, si l'Isistrata avait tenu un an,

29:32
Locuteur

il

29:32
Invité

n

29:32
Locuteur

'y

29:32
Invité

aurait eu pendant un an aucune naissance. Neuf mois après, pendant un an, il n'y aurait eu aucune naissance. Donc, il faut prendre un peu de recul par rapport aux événements conjoncturel. Alors, ce tour de piste cherche à essayer de déterminer les choses qui vont faire évoluer la démographie. Et le propos d'Hervé Lebrun, c'est de dire, écoutez, il y a beaucoup de sujets qu'on met à d'avant, l'évolution du revenu, la religion, tout ça n'est pas véritablement convaincant.

29:59
Locuteur

Moi, j

29:59
Présentateur

'avais retenu trois explications d'Hervé, c'était, pour expliquer ce phénomène mondial, c'était éducation, contraception, urbanisation.

30:09
Invité

Oui, enfin, ce qu'il dit bien, c'est qu'effectivement, le revenu, par exemple, en Afrique, est assez déterminant parce que le revenu est associé à l'urbanisation et surtout à l'éducation des femmes. Ce qui met en avant, c'est quand même que l'éducation des femmes joue un rôle déterminant. Après, tous les autres éléments qu'on met en avant ne sont pas véritablement déterminants, avec comme conséquence, à partir du chapitre 7, il dit, comment est-ce qu'on peut faire une politique nataliste ? Et il dit, vous ne faites pas d'illusion,

30:32
Locuteur

ce

30:32
Invité

sera totalement vain. Donc,

30:34
Locuteur

il

30:34
Invité

dit aussi bien si elle est punitive comme l'a été, par exemple, la Roumanie-Ciocescu qui avait interdit l'avortement, ou si elle est incitative comme les subventions, il prend l'exemple de la Hongrie, tout ça. Et il dit, la démographie, finalement, c'est quelque chose qui est entre la liberté des hommes.

30:51
Présentateur

Hermès Le Bras, vous avez bien une explication quand même à cette baisse mondiale de la natalité.

30:58
Invité

Jean-Marc l'a dit, c'est la question des rapports hommes-femmes à mon avis extrêmement importante pour une raison, parce qu'au fond,

31:07
Locuteur

il

31:07
Invité

faut trouver, je le dis à un moment donné, il faut trouver, si on veut une explication, la fécondité dans le monde entier et en France, c'est à peu près à partir de 2012 qu'elle se met vraiment à chuter. Donc, il faut une variable qui chute à peu près autour de 2012 ou dans les années 2010, un, et puis deux, il faut que ça soit très large, pas mondial forcément, il peut y avoir des copies, des imitations, mais au moins très large. Et pour moi, au fond, ce que je privilégie, c'est le fait que les femmes, depuis, disons, le début, un peu après les années 2000, dans beaucoup de pays, sont devenues plus diplômées que les hommes.

Et donc, elles ont le droit de faire, elles pensent avoir le droit de faire des carrières comme les hommes, ce qu'elles ne font absolument pas. la Corée, qui a le plus faible indice de fécondité, elle est descendue à 0,72 et avec de multiples efforts, elle vient de remonter à 0,80. Et ça a coûté

32:05
Locuteur

cher. Donc, vous

32:06
Présentateur

nous dites que c'est la réduction des inégalités entre hommes et femmes

32:09
Locuteur

qui

32:09
Présentateur

explique en partie la baisse de la fécondité.

32:11
Invité

C'est plutôt qu'il faudrait les réduire.

32:13
Locuteur

C

32:13
Invité

'est-à-dire, c'est-à-dire,

32:15
Locuteur

c

32:15
Invité

'est pas du tout, il y a eu une réduction, mais on est arrivé à un stade où les femmes estiment qu'elles doivent faire carrière comme les hommes. Il n

32:23
Locuteur

'y

32:23
Invité

a plus de raison qu'elles ne fassent pas. Avant, si vous êtes avant les années 2000, presque partout, les femmes sont moins diplômées, donc moins éduquées, donc elles acceptent les tâches ménagères et s'occuper des enfants.

32:34
Locuteur

Maintenant, c'est fini. La

32:36
Invité

France,

32:37
Locuteur

qui

32:37
Présentateur

est le pays qui a quand même tenu le plus longtemps un taux de natalité élevé, était aussi le pays dans lequel les femmes travaillaient le plus.

32:43
Locuteur

Ce

32:44
Invité

n'était pas le pays où les femmes travaillaient le plus, mais c'était un des pays où elles travaillaient le plus. Mais c'est tout à fait juste.

32:50
Locuteur

C

32:50
Invité

'est-à-dire, dans un premier temps, disons, jusqu'à peu près à 2000, quand on regardait pour l'ensemble de l'Union européenne, la corrélation était effectivement celle-là. C'était plus le taux d'activité était élevé, plus la fécondité était élevée. Ce n

33:06
Locuteur

'était

33:06
Invité

pas simplement la France, c'était les pays, mettons par exemple, les pays qui avaient des très faibles taux d'activité. Encore un peu maintenant, Grèce, Espagne, Italie avaient des fécondités très faibles et en plus de ça, très tardives. Mais justement, pour cette raison-là, parce que les femmes italiennes, si elles avaient un enfant en 1990, peut-être encore même maintenant, c'était fini. On leur disait tu restes à la casa, t'occuper de ton enfant et puis finis le boulot. D'autant plus qu'en Italie ou dans le sud de l'Europe, il y avait de très bonnes enquêtes. Comment est-ce qu'on trouve son premier emploi stable ? Par la famille.

Donc quand la famille vous dit que vous vous occupez de vos enfants, fini.

33:44
Présentateur

Jean-Marc, quel regard vous portez sur les perspectives que nous trace Hervé Lebrun

33:48
Locuteur

?

33:48
Invité

Ces perspectives sont non pas envoissantes puisqu'à un moment donné,

33:52
Locuteur

il

33:52
Invité

dit écoutez, le fait de ne

33:53
Locuteur

pas

33:53
Invité

avoir beaucoup d'hommes, ce n

33:54
Locuteur

'est

33:54
Invité

pas forcément une preuve de faiblesse.

33:56
Locuteur

Il

33:56
Invité

dit, alors il prend l'exemple, y compris sur le plan militaire. Il dit, vous comparez la population de la France en 1870 et la population de la Prusse et vous apercevez que les Allemands ont gagné non pas parce qu

34:05
Locuteur

'ils

34:05
Invité

étaient plus nombreux mais parce qu'ils avaient une armée mieux organisée et ils utilisaient mieux les technologies modernes. Donc il faut avoir un rapport au nombre qui n

34:13
Locuteur

'est

34:13
Invité

pas un rapport uniquement de considérer que plus on est nombreux il n'est de richesse que d'hommes, a priori, quoi qu'il arrive. La question que je me pose à la sortie du livre,

34:22
Locuteur

c

34:22
Invité

'est effectivement, est-ce qu'il y

34:25
Locuteur

a

34:25
Invité

une sorte de... Parce que Hervé dit aussi, entre 2000 et 2010, il y

34:28
Locuteur

a

34:28
Invité

eu une forme de baby-boom qu'on n

34:31
Locuteur

'a

34:31
Invité

pas tout de suite compris. Et donc cette tendance lourde peut de temps en temps s'inverser avec comme conclusion on ne sait pas à quel moment vivra le dernier homme parce qu'il y

34:39
Locuteur

a

34:39
Invité

un moment où ils ont un dernier homme mais les démographes ne peuvent pas dire à quel moment il vivra. Donc il

34:44
Locuteur

y

34:44
Invité

a une espèce d'incertitude permanente dans cette science qui est une science qui est vécue comme étant quand même assez relativement prévisible, assez relativement sérieuse et solide dans ses résultats. Et ce que je trouve... Alors la question que je me suis posée à la sortie,

34:59
Locuteur

c

34:59
Invité

'était face à cette espèce d'élément qu'on a du mal à maîtriser, à la fin il dit aussi finalement les seuls qui vont remonter leur fécondité ça va être les afghans parce que vu la façon dont ils traitent les femmes, il finira par y avoir des enfants. Et donc je me suis dit c'est quand même assez dramatique de se dire que finalement on a le choix entre essayer de prévoir le dernier homme ou sombrer dans cette espèce de barbarie vis-à-vis des femmes

35:28
Présentateur

et de tout ça. En termes d'organisation de la société, si on considère comme acquis que nous allons faire de moins en moins d'enfants, que donc nous allons vieillir, que nos sociétés vont vieillir, en termes d'organisation de la société, qu'est-ce que ça implique qu'il y

35:41
Locuteur

avait

35:41
Présentateur

le bras

35:41
Locuteur

?

35:42
Invité

Sur les 20 années à venir, si on prend les 20 années à venir, j'entends dire le système des retraites, ça ne change rien au système des retraites. Les gens qui payent des cotisations sont déjà nés, les enfants ne payent pas de cotisations de retraite jusqu'à maintenant. Donc pendant 20 ans, c'est bénef. Il y a plus de place dans les crèches, il y a moins d'étudiants et d'élèves dans l'enseignement, les couples ont plus d'argent parce que ça coûte cher un enfant. Au lieu d'avoir cet enfant, ils peuvent épargner. Et puis il arrive au bout de 20 ans, là il y

36:16
Locuteur

a

36:16
Invité

un gros problème. Il est très gros. Donc là, bien sûr, il va falloir aviser. Je m'en suis un peu, comment dire, j'ai botté en touche. J'ai dit bon... Oui, c

36:25
Locuteur

'est

36:25
Invité

ce que j'allais dire. Ce n

36:26
Locuteur

'est

36:26
Invité

pas le

36:26
Locuteur

sujet du livre. Ce n'est

36:27
Invité

pas le vieillissement, c'est l'évolution de

36:29
Locuteur

la population. J'ai botté

36:32
Invité

en touche en disant depuis maintenant assez longtemps, il y a une réforme des retraites tous les 5 ans. Donc d'ici 20 ans, on aura 4 réformes, donc on pourra peut-être s'en occuper.

36:44
Présentateur

Est-ce que les démographes, Herb et le Bras, prennent aussi en compte dans les trajectoires de population qu'ils nous donnent le fait aussi que la population vieillit et vit de plus en plus longtemps ? Est-ce qu'on équilibre un peu dans les projections la chute de la natalité par l'allongement de la durée de vie de ceux qui sont nés ?

37:00
Invité

Oui, on en tient compte dans les projections depuis longtemps. À mon avis d'ailleurs, mais ça c'est un avis plus personnel, on surestime actuellement beaucoup dans les projections

37:09
Locuteur

la baisse

37:09
Invité

de mortalité. De plus en plus, on voit d'ailleurs dans la littérature spécialisée des articles stagnation d'espérance de vie. Il faut bien voir que depuis 2012, l'espérance de vie des femmes en France n'a gagné que 6 mois. Avant, elle gagnait 1 an tous les 5 ans. Donc, bien sûr, on tient compte de la mortalité, mais à mon avis, on en tient trop compte. Et d'ailleurs, je l'avais dit à propos des perspectives, et j'avais fait un article dans Le Monde, du CORE, du Comité d'orientation des retraites, qui était exagérément optimiste.

37:38
Locuteur

Bien sûr, les retraites coûtaient beaucoup plus cher. On va

37:40
Présentateur

vivre jusqu'à 100 ans,

37:41
Locuteur

120 ans. On risque d'avoir une

37:44
Invité

très mauvaise surprise avec tout ce qui se passe actuellement.

37:46
Locuteur

La intelligence artificielle qui va vous remplacer tous vos petits organes qui ne fonctionnent pas.

37:50
Invité

Non, non, ça ne marchera pas.

37:52
Locuteur

On

37:52
Invité

risque de... Non. Par contre, c'est vrai que les pays du Sud, l'espérance de vivre, Mexique, l'Inde, c'est accru dans des proportions formidables, la Chine. Mais pour les pays très développés, ça plafonne. Et comme les perspectives sont moyennes du point de vue de santé et autres, moi, toutes ces histoires de Californiens qui croient qu'ils vont vivre deux siècles, ça me fait rire.

38:12
Locuteur

On est sûr qu

38:13
Présentateur

'il y a quasiment deux fois moins de Chinois dans... Mais

38:16
Invité

c'est parce qu'ils font... C'est

38:17
Présentateur

pas parce qu

38:18
Locuteur

'ils font moins d'enfants.

38:19
Présentateur

Ça, ça change quand même la donne économique considérable.

38:21
Invité

Et comment ? Ce qu

38:23
Locuteur

'ils

38:23
Invité

font avec ça, mais c'est très clair que... Et c'est la grande surprise, on le voit dans le livre. Les Chinois, à partir du moment où ils abandonnent la politique de l'enfant unique, ils étaient à 1,7 enfants en 2017. La fécondité s'effondre. Donc, ils en rajoutent maintenant. Alors, c'est pas comme Macron qui envoie une lettre une fois par an aux gens qui ont 29 ans. Les Chinois, maintenant, c'est chaque jour dans les entreprises qu'il y a une annonce pour faire des enfants.

38:49
Locuteur

Oui, non, c'est... C'est important

38:50
Invité

dans ce livre, justement. Je suis pas ce qu'on m'entend bien, Hervé. C'est que l'imagination pour essayer de faire en sorte que les gens ont des enfants est colossal et les résultats sont totalement...

38:59
Présentateur

C'est

39:00
Locuteur

le meilleur résumé. Ils ne sont jamais rendez-vous. Excellent résumé. Pour

39:04
Présentateur

paraphraser François Mitterrand, contre la dénatalité...

39:08
Locuteur

On

39:08
Présentateur

a tout essayé.

39:09
Locuteur

Exactement. On

39:10
Présentateur

a tout essayé et il

39:12
Locuteur

n

39:12
Présentateur

'y

39:12
Locuteur

a

39:12
Présentateur

rien qui marche. Merci beaucoup à tous les deux. C'était passionnant. Merci Hervé Lebrasse. Merci Jean-Marc Daniel. Allez, c'est l'heure de notre étude de la semaine.

39:28
Locuteur

Et on

39:30
Présentateur

reçoit pour l'étude de la semaine José Bardagy, directeur des études et prospectives du groupe BPCE pour cette enquête qui est toujours un événement. c'est l'enquête BPCE, l'Observatoire. Résilience et fragilité des PME dans le contexte financier et social actuel, bien évidemment. José Bardagy, quel est aujourd'hui l'état de santé de nos PME ?

39:57
Invité

L'état de santé de nos PME, aujourd'hui, on peut dire qu'elles font preuve de résilience alors que les vents sont contraires.

40:03
Locuteur

On

40:03
Invité

le voit bien avec l'activité économique qui a ralenti. En croissance annuelle, au deuxième trimestre, la France se trouve à 0,5%. C'est moitié moins que la zone euro, que l'Allemagne, que l'Italie. Dans le même temps, on a un choc de taux d'intérêt qui augmente assez sensiblement, notamment au cours des 2-3 derniers mois. Et pourtant, lorsqu'on regarde les statistiques, que ce soit de création d'entreprise voire même de défaillance d'entreprise, pour l'instant, le maître mot, c'est résilience. Résilience, mais jusqu'à quand ? Voilà, jusqu'à quand ?

Parce que ce ralentissement devrait se poursuivre, d'après les prévisions qui sont disponibles aujourd'hui, qu'elles soient réalisées par l'INSEE ou par la Banque de France. La croissance en 2026 est attendue à 0,4%. Et que la hausse des taux, la hausse des taux, elle est plutôt observée sur les dernières semaines et les derniers mois, mais les effets sont à venir. D

40:48
Présentateur

'accord.

40:49
Invité

Donc, globalement...

40:50
Présentateur

Est-ce que vous... Globalement, vous craignez un surcroît de défaillance dans les prochains mois

40:56
Locuteur

?

40:57
Invité

Oui. Si on regarde les défaillances, si on regarde le chiffre de défaillance, aujourd'hui, on est aux alentours de 70 000 défaillances. Quand je dis 70 000 défaillances, c'est en cumul sur 12 mois, de septembre 2025 jusqu'au mois d'août 2026, 70 000. Ça augmente à un rythme de l'ordre de 2%. Voilà. Ça,

41:14
Locuteur

c

41:14
Invité

'est jusqu'au mois d'août. Mais comme dit, cette situation qui s'est dégradée aussi bien sur le front économique que sur le front financier devrait augmenter assez sensiblement le nombre de défaillances d'ici la fin de l'année. Et on s'attend même à 71 000 défaillances d'entreprises sur l'ensemble de l'année 2026. Est-ce qu'il y a des

41:31
Présentateur

catégories d'entreprises qui vous paraissent plus vulnérables et qui vous inquiètent particulièrement ? Est-ce qu'il y

41:37
Locuteur

a

41:37
Présentateur

des secteurs qui vous inquiètent particulièrement

41:40
Locuteur

?

41:42
Invité

Oui, il y a des secteurs qui sont évidemment un peu plus affectés par cette situation et par le contexte actuel que d'autres. Alors, je vais d'abord évoquer l'immobilier. Alors, l'immobilier, pourquoi ? Parce qu'avec l'augmentation des taux d'intérêt, le pouvoir d'achat immobilier des ménages, lui, va diminuer et donc les transactions vont diminuer. À ceci vient s'ajouter le marché de l'immobilier neuf qui est vraiment à un niveau bas, voire très très bas, historiquement bas depuis déjà quasiment 4 ans. Donc, l'immobilier est le premier secteur qui devrait continuer à connaître des difficultés, voire des difficultés grandissantes d'ici la fin de l'année. Le commerce, le commerce également.

Avec le choc inflationniste, avec les prix du pétrole qui augmentent et cette inflation qui vient rogner le pouvoir d'achat des ménages, eh bien le commerce, on voit bien que c'est également un secteur qui devrait pâtir de la situation actuelle. Permettez-moi de rajouter un dernier secteur, je pense au transport routier de marchandises. Le transport routier de marchandises, c'est un secteur qui connaît des marges qui sont vraiment très très faibles et le choc des prix des matières énergétiques, que ce soit l'essence ou le gasoil, vient affecter le modèle économique qui est déjà très tendu concernant ce secteur d'activité.

42:46
Locuteur

Est

42:46
Présentateur

-ce qu'on peut mesurer, est-ce que vous pouvez mesurer l'ampleur finalement de ce choc énergétique

42:53
Locuteur

? L

42:56
Invité

'ampleur de ce choc énergétique,

42:57
Locuteur

c

42:57
Invité

'est quand même assez remarquable de voir que lorsque la guerre américano-iranienne a été déclenchée fin février, on avait des hypothèses d'augmentation du prix du baril de l'ordre de 30 dollars en moyenne. Et 30 dollars en moyenne, on disait, l'impact sur la croissance française, c'est 0,3 point.

43:16
Locuteur

30

43:16
Invité

dollars, 0,3 point sur l'ensemble de l'année 2026.

43:19
Locuteur

Ça,

43:20
Invité

c'est ce qu'on disait à la fin du premier trimestre de cette année.

43:22
Locuteur

Mais

43:23
Invité

ce qu'on observe aujourd'hui,

43:24
Locuteur

c

43:24
Invité

'est que désormais, comme je l

43:25
Locuteur

'ai

43:25
Invité

dit précédemment, la croissance française sur l'ensemble de l'année 2026, à l'heure de

43:29
Locuteur

l

43:29
Invité

'année, tablait sur une croissance de 1%. Donc on a un impact qui finalement est deux fois supérieur à ce que les modèles macroéconométriques usuels présageaient en ce début d'année. Donc on a un impact global, si les estimations étaient plutôt centrales en ce début d'année, un impact de 0,6 point de croissance sur l'ensemble de l'année 2026 de ce choc pétrolier et de cet environnement plus globalement géopolitique qui est très défavorable et dégradé pour l'économie française.

43:59
Présentateur

Alors est-ce que cet environnement dégradé, incertain, a un impact sur les cessions et les transmissions d'entreprises

44:07
Locuteur

?

44:09
Invité

Concernant les cessions et transmissions d'entreprises, un grand nombre d'études ont été diffusées l'année dernière. Moi, je retiendrai deux chiffres. Je retiendrai deux chiffres. Le premier, c'est 370 000 cessions et transmissions attendues d'ici 2030, entre 2026 et 2030, donc en espace de cinq ans. C'est une moyenne de 74 000 par an. Voilà, 74 000 par an. Lorsqu'on regarde le nombre de cessions et transmissions d'entreprises en 2025 et au premier semestre 2026, globalement, on est moitié moins. Moitié moins. Donc la marche a monté pour arriver à ce potentiel, elle est haute. Elle est vraiment très très haute.

Et comme vous le dites, la situation actuelle, elle vient diminuer potentiellement les capacités d'achat des repreneurs tout en tendant la qualité des entreprises qui, d'un point de vue conjoncturel, parce que la conjoncture n

45:04
Locuteur

'est

45:04
Invité

pas bonne, vient dégrader un peu la solvabilité ou la liquidité des entreprises qui doivent être cédées ou transmises. Donc à l'évidence, la situation conjoncturelle du moment n'est pas favorable pour les sessions de transmission.

45:16
Locuteur

Merci

45:17
Présentateur

beaucoup, José Bardagi, de nous avoir livré les conclusions de cette étude sur la fragilité des PME. Aujourd'hui, c'est réalisé par BBCE, l'Observatoire. Merci beaucoup. Allez, on se retrouve tout de suite avec encore plus

45:38
Locuteur

de

45:38
Présentateur

chiffres et d'idées. BFM Business, la librairie de l'écho, des idées et des chiffres.

45:47
Locuteur

Et

45:47
Présentateur

cette semaine, on revient sur l'étude de Randstad concernée à l'hybridation des compétences, l'alliance de l'intelligence artificielle et des qualités humaines, nouveau standard de réussite. Voilà le titre de cette étude avec quand même des conclusions assez spectaculaires. Les salariés qui intègrent l'intelligence artificielle dans l'exercice quotidien de leur métier obtiennent des promotions jusqu'à 3,5 fois plus rapidement que leurs collègues. Ces travailleurs « augmentés » bénéficient également d'un salaire moyen supérieur d'environ 25% à leurs collègues, y compris en début de carrière.

À mesure que l'intelligence artificielle automatise le traitement des tâches le plus souvent répétitives, les entreprises cherchent à valoriser davantage les qualités humaines de leurs équipes c'est pourquoi les attentes en matière d'intelligence émotionnelle et de créativité ont bondi respectivement de 73% et 68% dans les offres d'emploi au cours de ces derniers mois. Avec des investissements technologiques qui s'accélèrent dans tous les secteurs d'activité, les entreprises cherchent activement à recruter les profils opérationnels capables de piloter le déploiement de l'IA au sein

47:01
Locuteur

de

47:02
Présentateur

leurs organisations, tout en faisant preuve évidemment de qualité humaine et bien croyez-moi ces profils sont pénuriques et sont effectivement l'objet d'une très forte demande à 300% par exemple en un an pour les formateurs en IA 226% pour les responsables de solutions intelligences artificielles et les délais d'embauche qui s'allongent ce qui retarde la transformation digitale des entreprises donc là il y a bien un goulot d'étranglement.

47:38
Locuteur

Et

47:38
Présentateur

cette semaine celui qui nous fait part de son coup de cœur c'est Mathieu Jolivet notre éditorialiste international bonjour Mathieu bonjour Emmanuel un livre tout chaud qui vient d'être

47:48
Locuteur

publié

47:49
Présentateur

exactement c'est une lettre ouverte à Trump

47:52
Locuteur

d

47:52
Présentateur

'un Américain de papier et c'est écrit par Romuald Siora et ce n'est pas vraiment une lettre d'amour

48:00
Invité

non c'est un véritable brûlot anti-Trump en fait c'est une lettre de 60 pages que Romuald Siora qui est aujourd'hui chercheur associé à l'IRIS écrit à la première personne il s'adresse directement à Donald Trump il le vouvoie il l'interpelle il règle tous ses comptes avec lui ce qu'il faut voir c'est que Romuald Siora avant d'être franco-américain il était français il a grandi à Cannes adolescent il raconte qu'il était fasciné par l'Amérique son idole c'était Ronald Reagan il l'émet tellement qu'il en est même venu à se battre jusqu'aux mains dans la cour de l'école contre un élève qui était le fils d'un élu communiste cannois ensuite il a fait une longue carrière à l'ONU et là il a réalisé son rêve Romuald Siora il a été naturalisé américain il est devenu franco-américain d'où ce titre lettre ouverte à Trump d'un américain de papier et en fait il règle ses comptes à l'heure des 250 ans de l'indépendance des Etats-Unis il reproche à Trump de piétiner en fait tout l'héritage des pères fondateurs

48:53
Locuteur

alors

48:54
Présentateur

sa thèse c'est que Trump en fait est un peu une marionnette et que c'est pas vraiment lui qui tire les ficelles

49:00
Invité

ouais ça c'est vraiment la thèse centrale de cette lettre de ce brûlot pour Romuald Siora en fait Trump n'est que le marche-pied d'une droite radicale aux Etats-Unis qui veut dérouler un projet donc cette droite radicale il les qualifie carrément de crypto-fascistes avec toute une bande qui attendait son heure explique-t-il dans cette lettre pour trouver la bonne personne qui puisse endosser leur projet ils se sont appuyés en fait sur l'hubris sur l'ego démesuré de Donald Trump pour imposer leur projet il cite notamment le project 2025 qui est l'espèce de bible du think tank Heritage Foundation dans lequel vous avez quasiment tout le programme de Donald Trump il parle aussi notamment de Curtis Yerwin qui est un des penseurs de la tech qui lui remet carrément en cause tous les principes fondamentaux de la démocratie il insiste beaucoup sur un personnage central dont on parle un peu moins en France qui est Suzy Wiles Suzy Wiles c'est la chef de cabinet de Donald Trump selon lui c'est vraiment elle qui organise et met en oeuvre toute cette transformation radicale du pouvoir donc c'est tout ça qu'on trouve dans cette lettre ouverte

50:04
Présentateur

alors Romuald Siora parle aussi très concrètement des symboles de l'Amérique que Trump piétine bah oui avec cette question aussi Mathieu qui est quand même qu'est-ce qui restera de Donald Trump c'est-à

50:17
Locuteur

-dire

50:17
Présentateur

une fois qu'il laissera parti est-ce qu'il laissera une empreinte profonde ou est-ce que la parenthèse se refermera

50:22
Invité

il laissera peut-être déjà une empreinte architecturale parce que vous savez il a signé des décrets il a signé des décrets pour rendre l'architecture de Washington plus belle il laissera des statues il parle notamment Romuald Siora de ces symboles hallucinants sous sa présidence il y en a une que j'ai découverte dans sa lettre c'est le Don Colossus c'est une statue de Trump de 7 mètres de haut Don Colossus recouverte de feuilles d'or avec Donald Trump qui prône dans un golf dans un de ses golfs à Miami il y

50:55
Locuteur

a

50:55
Invité

vraiment des passages assez féroces dans ce brûlot sur la personnalité de Trump il le qualifie de ubu roi made in USA il parle de lui comme un Mussolini de carnaval et puis il égrène vraiment tous les thèmes aujourd'hui où on sent qu'il est vraiment atteint dans sa chair Romuald Siora en tant qu'américain de papier il parle notamment de la justice avec ce Todd Blanche qui est l'ancien avocat personnel de Donald Trump qui a été nommé numéro 2 du ministère de la justice il revient sur tous ces épisodes on en parlait beaucoup ici de ces universités qui ont été un petit peu braquées par Donald Trump mais derrière il en parle dans sa lettre il y a toute une oeuvre toute une oeuvre en cours pour réécrire l'histoire américaine et il raconte notamment que dans tous les musées américains qui aujourd'hui veulent parler crûment de la période de l'esclavagisme et bien en fait il ferme ses musées ou il annule ses expositions donc il y a vraiment aussi une opération de réécriture de l'histoire il termine quand même par une note un tout petit peu positive en disant qu'il est absolument certain que Donald Trump par au fond de lui reste au fond de lui attaché à une certaine idée de l'Amérique mais qu'il est un peu prisonnier de son hubris et téléguidé par cette bande de crypto-fascistes et bien un scénario enfin une thèse

52:13
Locuteur

finalement oui c'est ça

52:14
Présentateur

assez intéressante évidemment et originale donc Romuald sera lettre ouverte à Trump

52:19
Locuteur

d

52:20
Présentateur

'un américain de papier je ne

52:22
Locuteur

sais

52:22
Présentateur

pas s'il rentrera facilement lors de son prochain voyage aux éditions point démo aux Etats-Unis et c'est aux éditions point démo merci merci Mathieu Jolivet allez c'est l'heure de nos ultimes choix

52:40
Locuteur

allez

52:41
Présentateur

Jean-Marc Daniel quelle est votre dernière sélection pour aujourd'hui

52:44
Invité

alors je reste dans un champ un peu démographique puisque j'ai choisi le livre de Patrick Martin Patrick Martin c'est donc le président du MEDEF et à titre personnel comme en tant que président du MEDEF il est très engagé sur la défense la promotion de la jeunesse donc il a sorti un livre qui

53:02
Locuteur

s

53:02
Invité

'appelle Génération Empêchée qui n'est pas une espèce de réquisitoire contre les boomers réquisitoire qui est devenu une espèce

53:08
Locuteur

de

53:09
Invité

mode il dit non non le véritable enjeu c'est pas de dénoncer les boomers c'est de voir ce qu'on peut faire pour les jeunes améliorer l'enseignement professionnel faire en sorte que les entreprises les accueillent les forment leur donne le goût du travail etc donc c'est à la fois concret et une petite dimension philosophique qui fait que c'est un livre qui mérite d'être

53:28
Présentateur

lu

53:29
Locuteur

moi

53:30
Présentateur

je termine vous connaissez

53:31
Locuteur

ma

53:32
Présentateur

passion

53:32
Locuteur

mon

53:33
Présentateur

péché mignon pour les atlas les infographies je vous ai déjà présenté celui sur les empires magnifiques qui étaient sortis la semaine dernière et bien allez un nouvel atlas qui est atlas historique du climat c'est écrit par Christian Grattalou Martine Tabot Alexis Metzger tout comprendre sur l'histoire des humains et du climat il y a 150 cartes infographies pour tout comprendre c'est absolument formidable on voit que finalement notre climat évolue il change il y a des réchauffements il y a des refroidissements c'est absolument passionnant et ça remet très bien en perspective aussi toutes les problématiques actuelles liées au dérèglement climatique

54:17
Locuteur

voilà

54:17
Présentateur

c'est la fin de cette librairie de l'écho on se retrouve la semaine prochaine

54:20
Locuteur

et

54:21
Présentateur

d'ici là bonne lecture

54:22
Locuteur

la

54:23
Présentateur

librairie de l'écho sur BFM Business

54:25
Locuteur

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