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interviewFrançois Ruffin· 29 mai 2018 10 min

UN MONDE EST MORT, IL COURT ENCORE - Ruffin sur Europe 1

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

vous avez été l'un des orateurs des insoumis sur la loi agriculture et alimentation dont les débats se poursuivent avant de parler du bien-être animal sur lesquels on vous a fortement entendus dimanche notamment un mot sur le vote de la nuit l'interdiction du glyphosate qui ne sera pas inscrite dans la loi en suisse et une même logique c'est à dire qu on fait une loi a minima et on met pas grand chose à l'intérieur donc on a eu des longues états généraux l'alimentation qui ont duré pendant des mois et des mois on a un peu réuni tous les acteurs les distributeurs les industriels les agriculteurs et potentiellement ont tout le monde pensait que ça pouvait donner quelque chose il y avait d un niveau d'engagement qui était supérieur à l'intérieur des des réunions de ces états généraux que le contenu de la loi donc la loi est très très très en-deça donc je lis vous parliez du bien-être animal pour moi je lis le glyphosate et le bien-être animal c'est à dire quelles orientations qu'elle 4 on donne à notre agriculture et là ya pas de cap y'a pas d'orientation qui est donnée or c'était quand même une demande moi je me souviens de bruno dufayet le président la fédération nationale bovine qui disait est ce que voulaient les fermes comme en nouvelle zélande avec 25 mille hectares si vous vous cette boule et dites-le nous on le fera est ce que voulaient les fermes familiales si c'est ça que vous voulez on fera est ce que voulait du bien être animal est assorti d des pesticides c'est ça que vous voulez on le fera mais dites nous ce que vous voulez et donnez nous les moyens quand on voit que dans le même temps où se déroule la à l'assemblée nationale des débats où on prétend faire monter en gamme l'agriculture française et ainsi de suite et dans le même temps on a fait le ceta on signe les accords avec le mexique importations 20 mille tonnes de viande bovine et on se prépare à signer les accords sur le mercosur avec un nouveau des dizaines de milliers de ventes brune qui pourront être importés il est évident qu'on peut pas faire monter en gamme l'agriculture française dans ce contexte là les agriculteurs ont raison de dire mais on va pas être compétitif et c'est vrai qu'ils seront pas compétitif donc il faut réguler la mondialisation du point de vue agricole il faut une exception agriculturelle comme on a eu une exception culturelle française est pour moi l'un des moments marquants des débats qui se sont déroulés ce week-end parce qu'on était samedi on ya été d'immenses et du lait jusqu'à 2 heures du matin c'est vachement chouette comme ça mais l'un des moments marquants c'est la droite et nous mêmes on demande au ministre l'agriculture mais est-ce que vous pouvez nous garantir que sur les 90 mille tonnes environ qui vont être importées de viande bovine d'argentine du brésil deux des pays sud américain est-ce que vous pourrez v nous garantir qu'elles ne seront pas nourris avec des farines animales ce qui est interdit en france absolument aucune garantie du ministre le mini fait silence on lui repose la question silence on lui re repose la question silence et puis on a le rapporteur qu'il est mais comment voulez qu'on a contrôlé la base c'est bien trop compliqué puis tout ça donc voilà de cadre dans lequel on se pose c'est à dire qu'on prétend en france faire monter en gamme l'agriculture mais en continuant à l'ouvrir à tous vents et à faire que ben voilà on va avoir possiblement l'importation de deux vaches peu une peu produits nourri aux farines animales dopé aux antibiotiques et ainsi de suite quoi dimanche depuis la tribune de l'assemblée vous avez livré un plaidoyer passionné pour les poules les vaches et les cochons pourquoi cette implication particulière sur le sujet du bien-être animal françois ruffin moi je pense qu'il ya un continuum je ne pose pas les hommes les bêtes et la nature au contraire je pense qu'on a une dans une économie qui depuis le 19e siècle maltraite la nature les forêts les océans et ainsi de suite et dont on voit aujourd'hui des limites avec la chute vertigineuse de ce qui passe sur les oiseaux sur les insectes et tout ça on a une la même économie qui devrait finir de l'agroalimentaire depuis l'après-guerre a construit un système qui fait que les poules les vaches et les cochons et ainsi de suite ne sont plus considérés comme des animaux mais comme des choses on parle de minerais dont c'est dans ces filières là et voilà et oui pour la viande pour la viande prospère à la fabrication de ces quand même trop duré et ouais le site je pense qu'il ya un paradoxe dans notre société c'est que d'un côté il ya une sensibilité qui croire à l'égard des animaux et de l'autre côté une maltraitance dont je tiens à dire qu'elle ne relève pas des individus c'est pour ça que je suis contre le texte sur ce volet du texte parce que c'est comme s'ils étaient des agriculteurs des bouches et qui renforce les sanctions et sur la 27ème individu qui était maltraitant alors que c'est le système qui est mal très bien que vous êtes plutôt contre les vidéos aussi dans les a battus je suis réservé réserves risquent de flicage des salariés grâce à jeu crassat maintenant je suis pas j'ai pas une grande position sur la question en revanche c'est comment on transforme ce système là comment on sort les poules des cages oui comment on fait pour que le paient pas les que systématiquement coupé pour les cochons comment on fait pour que ils ne vivent pas dans des univers qui sont quand même de fer et de béton mais qu'ils puissent avoir accès à la pâture et moi j'ai vu des agriculteurs qui font l'effort de mener une autre agriculture je citais bruno dufayet tout à l'heure qui mettent leurs vaches en pâture et tout ça maintenant il faut que ça soit valorisée ils sont cons on pousse les instituteurs aller dans cette direction là écueil est derrière de de l'argent qui tombe bien sûr système qui a aussi permis de diminuer le coût de la nourriture genou et moquera teasait la consommation de la viande je ne nie pas je ne nie pas du tout et maintenant je pense que on doit passer à moins de viande mais mieux de viande mieux de viande dans la qualité de cette viande elle même dont la manière dont elle est produite également et dans le bien-être animal dans la manière dont tous les produits parce que cette économie que je décrivais de elle maltraite la nature elle maltraite les animaux mais derrière le maltraite aussi les hommes et en particulier les hommes des filières de l'industrie agroalimentaire aujourd'hui les paysans sont pas bien traités par cette industrie là par biggar par exemple on a vu des auditions en commission qui sont maltraités mais aussi les salariés qui se ne cesse d'avoir des troubles musculo-squelettiques parce qu'ils doivent décrocher trois mille peu 3000 poulets par jour et ainsi de suite donc on a une maltraitance généralisée vous voyez moi ça m'était apparue de manière criante au moment de la première faillite de doute parce que on avait là un système qui rendait tout le monde malheureux moi je vais aller à l'entrée de l'usiné d'où dans les allées calais dans le pas de calais vient la question du bonheur aux salariés mais c'est vrai mais il maintenant on n'est pas beau il n'est pas heureux en plus on fait des cauchemars à la nuit parce qu'on rêve de ces poulets on se dit mais c'est pas possible de faire autant de mal que ça et donc bon je pose la question aux agriculteurs est ce que vous êtes heureux du bonheur dans l'est des éleveurs n'ya pas de bonheur bay et pourtant ce système qui s'écroule avec nous plutôt que se demander comment on va le transformer qu'est ce qu'on va en faire d'autres comment on va apporter du bonheur à toute la filière le seule perspective qu'on a c'est de le prolonger et moi ça me voir moi j'ai autre chose à proposer que le simple prolongement c'est comme puisqu'on est dans le domaine des poulets ont l'impression d'une poule un kurde a coupé la tête et qui continue de courir pour moi le vieux monde continue de courir alors que ça tâter coupé vous mangez de la viande françois ruffin oui faut continuer et pour moi ça n'est pas contradictoire je veux dire je ne rêve pas d'un monde on essaie de manger de la viande et où on cesse de de deutsch et les bêtes moi la personne qui me porte c'est jocelyne porcher qui est l'auteur de bouquins sur l'agriculture qui une sociologue et qui qui demande et je demande qu'on vive avec les bêtes il faut vivre avec les bêtes comme on l'a fait pendant très longtemps mais convives pas avec des choses qu'on les traite pas en choses et en numéro vous êtes carnivores omnivore avez vous dit ce qui fait ou d'ailleurs vous fait engueuler sur les réseaux sociaux à part les insoumis antispécistes un sa mère vous on vous en dit si vous voulez vraiment manger de la viande bouffer plus tôt le ministre stéphane travert quand on prend des positions et on ne satisfait pas tout le monde mais je les prends bon où en est le mouvement social à vos yeux françois rifains la halle à marée populaire de samedi a rassemblé un peu moins de monde semble-t-il que là la fête à macron dont vous étiez l'initiateur le 5 mai on va pas faire des comparaisons entre les deux il y avait des manifs en province et tout ça il est clair que c'est pas une marée d'équinoxe donc voilà c'est pas c'est pas les grandes zones qu'on pouvait espérer bon été j'ai passé pratique du métier pour réussir à déguiser en voilà dans l'absence d'échec non c'est pas un échec loin je reviens de quels sont les acquis et bon je vois deux acquis dans ce dans cette phase d'abord je rappelle tout le temps que nous sommes un an après l'arrivée au pouvoir des manuels macron nous ne sommes que un an après et il y à déjà ça il a fallu attendre quatre ans ou hollande donc on a déjà ça il ya des liens qui se sont tissés entre les associations et les partis les syndicats les cloisons sont tombés une fois on verra bien si elle tombe de nouvelle fois c'est la première chose et la deuxième chose pense qu'on a une forme nouvelle aux manifestations maintenant ça suffit pas que ça ça suffit pas moi je vois un très grand fossé dans la société française entre le sentiment d'injustice qui est répandu de cette politique avec bon voilà l'exit tax d'un côté et puis on va pas trouver l'argent pour les quartiers populaires de lot pour faire bref est ce vaste sentiment d'injustice et la faiblesse de la mobilisation est pour moi ca lié au fait que ça n'est pas aujourd'hui porté par une espérance maintenant moi mon combat il se limite pas aux 20 au 26 mai s'est pas porté par une espérance c'est à dire que des gens sont résignés c'est l'arrêt courage et c'est la résignation je le disais pendant ma campagne mon adversaire c'est la finance mais c'est surtout la différence je me réfère toujours une phrase de samuel huntington donc vous avez un auteur libéral le dit l'auteur du chèque dissimulation en 1975 il rédige un rapport pour la commission trilatérale nom qui réunit les élites japonaises américaines et européennes et qu'est ce qu'il écrit dans ce rapport j'ai le texte exact mais grosso modo il écrit aujourd'hui il ya trop de démocratie les peuples se prennent au sérieux et c'est un souci parce que comment les élites tout régir et les payer avec des peuples qui prennent la démocratie au sérieux donc pour que ça soit possible pour que les élites pu gérer tranquillement qu'est-ce qu'il faut il faut installer de l'apathie politique voilà ce qui est énoncé dans un rapport de la commission trilatérale en 1975 eh bien depuis un certain nombre de mécanismes ont été mis en oeuvre pour installer de l'apathie politique et donc la bataille que nous avons pourtant on vous entend oui mais qui est une bataille de longue haleine qui est mal taillé qui prendra pas trois mois et peut-être pas trois ans mais dans laquelle nous sommes engagés par exemple depuis 2005 nous avons mené des dés des combats successifs ont plutôt marque plutôt une marche en avant mais on s'est accroché dans la durée de lutter contre cette pratique politique de lutter contre la résignation aujourd'hui ce cas le pire dans le coeur des gens c'est le chômage c'est terrible c'est le sentiment que on n'est pas reconnu à notre juste valeur dans les salaires certes mais surtout ce qui a c'est un vaste sentiment d'impuissance qu'on peut plus rien sur nos vies encore moins sur notre destin commun est ce qu'on va déterminer une stratégie politique jean luc mélenchon qui appelle au dialogue au sein de la mouvance progressiste à une forme de front populaire est ce que c'est un tournant stratégique qui vous paraît en tout cas il faut à bienvenue en des gens face au front de l'argent ça c'est sûr merci françois ruffin d'adp venu ce matin en direct au micro d'europe1 mercier

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