Handicap : toujours pas de ministre ? - Sophie Cluzel - C dans l'air l'invitée - 25.09.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Le nouveau gouvernement n'a aucun ministère ni secrétariat d'Etat dédié au handicap. Quelle a été votre réaction ?
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Pourquoi est-il important d'avoir un ministère dédié au handicap ?
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Comment analysez-vous l'absence de secrétariat d'Etat ou de ministre dédié au handicap ?
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P.Christophe dit connaître ces sujets. Pourquoi un ministre dédié reste nécessaire selon vous ?
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Comment les associations ont-elles réagi à l'annonce du gouvernement ?
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Selon France Inter, un ministre délégué aux personnes en situation de handicap va être nommé. Vous confirmez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La stupéfaction. On venait de sortir de ces Paralympiques réussis. »
- 3:00S.CluzelFait
« Il faut que le ministre en charge aille voir le ministre de l'Education nationale, le ministre de l'Emploi pour travailler sur l'insertion professionnelle... »
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« Ils ont décidé de faire un grand ministère de l'Autonomie, de l'Egalité femmes-hommes, sur le handicap, les personnes âgées... »
- 7:00S.CluzelChiffre
« 12 millions de personnes, 10 millions d'aidants qui n'ont pas de secrétariat d'Etat ni de ministre délégué pour prendre en compte leurs problématiques. »
- 11:00S.CluzelChiffre
« 25 % des DuoDays aboutissent à l'emploi dans les entreprises. »
- 13:00S.CluzelChiffre
« Il faut en moyenne 50 km pour une personne handicapée pour pouvoir faire une activité sportive. »
- 15:00S.CluzelFait
« La santé mentale recouvre beaucoup de situations de handicap, notamment les troubles de communication. »
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france.tv access ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue dans "C dans l'air". Je reçois ce soir S.Cluzel.
Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes l'ancienne ministre chargée des personnes handicapées, de 2017 à 2022. Le nouveau gouvernement de M.Barnier a été annoncé samedi soir. 39 ministres, 19 de plein exercice.
Mais pour la 1re fois depuis 40 ans, aucun ministère ni secrétariat d'Etat consacré au handicap. Quelle a été votre réaction? - S.Cluzel: La stupéfaction.
On venait de sortir de ces Paralympiques réussis. On venait de discuter ensemble, il y a un mois, sur "Un p'tit truc en plus", qui a fait des millions d'entrées. Et là, l'incarnation du handicap n'apparaît pas. - C.Roux: Pourquoi c'est important d'avoir un ministère?
Les gens qui vous regardent se disent qu'il y a déjà 39 ministres. Pourquoi faut-il une personne dédiée? - S.Cluzel: Parce que c'est un sujet qui a besoin d'être travaillé en interne.
Il faut que le ministre en charge aille voir le ministre de l'Education nationale, le ministre de l'Emploi pour travailler sur l'insertion professionnelle...
C'est comme ça qu'on fait avancer les dossiers. Avec un ministre dédié, de plein exercice ou rattaché à l'actuel ministre des Solidarités... - C.Roux: Comment vous l'expliquez?
Vous connaissez parfaitement ces moments politiques. Comment vous analysez ce qui est en train de se passer sur l'absence de secrétariat d'Etat ou de ministre dédié au handicap? - S.Cluzel: Parce qu'ils ont décidé de faire un grand ministère de l'Autonomie, de l'Egalité femmes-hommes, sur le handicap, les personnes âgées, mais sans une véritable incarnation, un ministre dédié. - C.Roux: P.Christophe est à la tête de ce grand ministère.
Il dit que ce sont des sujets qu'il connaît bien, dont il s'est occupé. Il est à l'origine d'une proposition de loi sur l'accompagnement de parents d'enfants malades...
Il a été rapporteur du texte pour l'accompagnement des troubles et des développements dans l'autisme. - S.Cluzel: Mais il ne peut pas s'occuper de tout, ce cher P.Christophe!
Il est tout à fait légitime, mais il ne peut pas porter en même temps le RSA, les personnes âgées, les personnes handicapées...
Quand il s'occupera du handicap, il ne pourra pas s'occuper de tout le reste. C'est un sujet qui nécessite encore des avancées. On travaille sur l'inclusion, mais c'était le moment, politiquement, de dire que symboliquement, on a fait une révolution qui s'appelle les Paralympiques...
Ils ont été adoubés par les Français. Il y a encore beaucoup de travail à faire sur l'école, sur l'emploi, sur la culture... - C.Roux: Comment ont réagi les associations que vous connaissez, quand ils ont entendu l'annonce du gouvernement? - S.Cluzel: J'ai été inondée de coups de fils de familles, d'associations... 12 millions de personnes, 10 millions d'aidants qui n'ont pas de secrétariat d'Etat ni de ministre délégué pour prendre en compte leurs problématiques et leurs besoins spécifiques. - C.Roux: Il y a une colère exprimée par les associations, que vous avez sans doute partagée.
Et peut-être une mobilisation, qui est en train de payer...
Selon France Inter, un ministre délégué aux personnes en situation de handicap va être nommé. Vous avez confirmé cette information? - S.Cluzel: J'ai joint Matignon.
Ils m'ont dit qu'ils confirmaient. Et ça, je salue. Le Premier ministre a entendu, écouté et il réagit.
Il sera certainement rattaché à P.Christophe, tant mieux. Enfin, on va être entendus...
Je dis encore "on", car en tant que mère d'une personne handicapée, je suis encore dans ce combat. - C.Roux: Je vais citer T.Estanguet, qui avait dit ça pour les athlètes...
En fait, si? Il y a un retour en arrière possible? - S.Cluzel: Si le Premier ministre ne bougeait pas, c'était le risque.
Il nous faut encore un ministère dédié. Il y a trop de chantiers en cours qui sont à prendre à bras-le-corps. - C.Roux: Qu'est-ce que ces Jeux ont changé? - S.Cluzel: Les Français ont une perception qui n'est plus compassionnelle ou un regard larmoyant sur les personnes handicapées.
Ces para-athlètes nous ont bluffé. Il y avait aussi toutes les familles autour, tous les supporters, tous les pratiquants en situation de handicap. Ils se sont dit: "Bingo!
Ca va avancer. On va pouvoir faire du sport adapté dans notre club de sport. Les choses ont changé." C'est pour ça qu'on a besoin d'un ministre dédié.
Mais là, je me suis dit qu'il y avait un gros truc en moins dans le gouvernement. Ce n'était pas entendable. La mobilisation paye, j'espère qu'elle va payer.
On attend. - C.Roux: Mais vous avez eu la confirmation de Matignon... - S.Cluzel: Oui. - C.Roux: Mais ce n'est pas vous? - S.Cluzel: Non. - C.Roux: "Un p'tit truc en plus", le film d'Artus, est encore à l'affiche.
On peut aussi parler de l'essor des Cafés Joyeux. On peut aussi passer parler de ce qui se passe avec T.Curin, à la présentation du jeu "Slam".
Petit à petit, le regard a changé et les choses bougent. Qu'est-ce que ça raconte de la société française? - S.Cluzel: Ca raconte qu'on voit les personnes handicapées pour leurs compétences de journalistes, d'équipiers au sein des Cafés Joyeux.
On ne s'en prive plus, comme on l'a fait trop souvent. Le 23 novembre, il y a aussi le DuoDay, le jour où une personne valide travaille avec une personne handicapée. J'espère que le gouvernement va porter ça.
J'espère que le gouvernement va en faire la communication. Aujourd'hui, 25 % des DuoDays aboutissent à l'emploi dans les entreprises. - C.Roux: Vous vous êtes battue pendant près de 4 ans, en tant que ministre chargée des personnes en situation de handicap.
Le taux de chômage des personnes handicapées pendant votre mandat avait baissé de 19 à 12 %. On en est où aujourd'hui? - S.Cluzel: A peu près pareil.
Il faut une mobilisation pleine et entière. Il faut des actes. Je pense que le Premier ministre l'a entendu.
C'est pour ça qu'il a nommé ce ministre ou cette ministre, très récemment. Il y a des chantiers urgents à prendre à bras-le-corps. L'école, l'emploi, la culture, le sport...
Il faut un ministre de plein exercice ou rattaché au ministre actuel. Mais il faut y aller vite et fort. - C.Roux: Il n'y a plus de moyens, on est en restriction budgétaire. - S.Cluzel: Il faut accompagner les engagements des entreprises.
Il faut communiquer là-dessus et incarner cette cause. - C.Roux: Vous parliez du sport.
Le 1er combat du ministre des Sports, c'est d'assurer que n'importe quelle personne handicapée ou pas puisse pratiquer une activité sportive. Selon le média Handicap, il faut en moyenne 50 km pour une personne handicapée pour pouvoir faire une activité sportive. Ca fait partie des urgences? - S.Cluzel: Bien sûr.
Ca nécessite de la formation. Il faut la développer, accompagner les sportifs pour faire des adaptations pour certains types de handicap. On a des handicaps tellement variés qu'on ne peut pas dire qu'il y aura une seule formation pour tous.
Chaque fois qu'une personne handicapée frappe à la porte d'un sport, il faut voir de quoi elle a besoin, les adaptations, les compensations...
Ca se pratique au quotidien. - C.Roux: Dans cette situation politique "baroque", vous pensez que ce message peut être porté avec force en ce moment?
Ce sont des sujets sur lesquels on peut trouver des consensus? - S.Cluzel: J'attends beaucoup du discours de politique générale du Premier ministre.
Il fixe les arbitrages et les priorités. Il a déclaré que la santé mentale était la priorité du gouvernement, très bien. Fixons les priorités, ancrons-les dans les ambitions de chacun. - C.Roux: Quand vous parlez de priorités, vous pensez à quoi en particulier?
Il a effectivement choisi la santé mentale comme grande cause du quinquennat. Il aurait pu choisir le handicap. Il a eu raison? - S.Cluzel: La santé mentale recouvre beaucoup de situations de handicap, notamment les troubles de communication, qui entraînent des troubles de santé mentale.
C'est quelque chose de très englobant. Oui, il faut y aller à fond. Ce sera donc le ministre du Handicap qui sera en charge de porter ces sujets. - C.Roux: Vous avez parlé de ces sujets avec M.Barnier?
Est-ce que ça le touche? - S.Cluzel: Oui, je pense.
Dans son histoire personnelle, quand il a pris ses fonctions, il l'a dit...
Du coup, on attendait un ministre en charge du handicap. Il est extrêmement au courant des besoins. Il rectifie le tir, tant mieux. - C.Roux: On attend l'annonce.
Dans quelques heures, sans doute. On n'a pas encore le nom, mais la décision est prise. Merci beaucoup. - S.Cluzel: Merci à vous de vous impliquer sur ce sujet.