BACKSEAT - S03E06 - Avec Ava Mind et Sandrine Rousseau
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
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Quelle présentation de furent que tu fais ! Ça fait plaisir de t'avoir sur Backseat Ava, je suis trop content ! Est-ce que tu vas bien ? Je vais très bien, ça me fait plaisir d'être là, depuis le temps qu'on en parle un peu de ça. Mais oui, mais ouais, et bah écoute on finit par le faire et ça me fait super plaisir. Ava en plus je précise que tu n'habites pas à Paris. Non. Et que donc tu as pris le train spécialement pour venir à Backseat. Bah ouais, mais avec plaisir. Ça me fait trop plaisir, non c'est vraiment super. Ava, tu es streameuse, je t'ai présenté en disant que tu étais streameuse DJ aussi, mais ça on va en parler après.
J'ai une petite vidéo où on essaye de définir ce que c'est qu'un streamer, et on en parle juste après.
Pour être streamer s'il te plaît. Eh bien, pour faire court, un streamer est une personne qui s'exhibe devant une webcam en espérant que quelqu'un s'intéresse à sa misérable existence.
Voilà, on remercie l'intelligence artificielle ou pas ?
Ah bah c'est Bernie.
C'est Bernie. Il dit les choses qu'il ne faut pas dire, mais il est toujours aussi tendre avec moi, il n'y a pas de soucis. Il me remet même à sa place. Comment est-ce que tu définirais toi ce que c'est qu'être streameuse ? Waouh. En fait, moi déjà, je ne savais même pas que ça pouvait être un métier. J'ai vraiment commencé ça par hasard, parce qu'il y avait le Covid et que j'avais que ça à faire. Donc vraiment, objectivement, ça n'a jamais été une carrière pour moi, mais ça en est devenu une. En vrai, c'est une assez grande ouverture d'esprit. J'ai pu discuter avec pas mal de gens que je n'aurais jamais croisé dans ma vie.
Et en fait, malgré toi, tu apportes ce cadre, cette discussion sur un peu tout et en tout cas me concernant à plein de gens. Et c'est ultra enrichissant. Enfin, je pense que j'avais un avis un peu biaisé sur ça. Pour moi, c'était comme dit Bernie, des gens qui s'exhibent un peu, qui racontent leur vie, qui jouent à des jeux vidéo. Et en fait, c'est un très gros support social pour moi, mais aussi pour plein de gens. Je suis complètement d'accord avec toi. Je ne sais pas si tu seras d'accord, mais on subit encore un espèce de regard méprisant. Non, mais de la part de plein de gens de l'extérieur, on passe pour des guignols. On fait les guignols devant des webcams.
Et en gros, j'ai l'impression que c'est encore une idée qui est vachement répandue. Je pense que c'est aussi une question de moyens. Quand il n'y avait pas d'argent autour de ce milieu-là, les gens s'en fichaient. On faisait les guignols dans le coin et tout ça. Dès qu'on a commencé à gagner de l'argent, et effectivement, vu qu'on bosse pour certains avec des grosses marques, des choses comme ça, et que l'argent est venu sur la table, c'est vrai que c'était démesuré. Même toi, il y a un énorme syndrome de l'imposteur chez pas mal de streamers, de se dire, mais est-ce que ce que je donne aux gens mérite à ce point-là ce retour, même de certaines personnes, même moi encore aujourd'hui.
Du coup, c'est vrai qu'il y a ce truc qui arrive de se dire, est-ce que mon taf est légitime ou pas assez souvent ? Toi, ça fait 4 ans que tu as commencé, tu fêtes là tes 4 années de stream, tu as commencé, tu nous l'as expliqué, pendant le Covid, c'est ça ? Oui, j'ai commencé un peu avant le Covid, en vrai, c'était en septembre. On a commencé, moi et partie, au même moment, donc c'est assez fou. Ah oui, il y avait corte ! Oui, c'est pour ça qu'on est un peu liés toutes les deux aussi là-dessus. Oui, et ça a vraiment pris effectivement son envol pendant le Covid.
Et puis après, RPZ, effectivement, le personnage que j'ai fait a pris encore plus d'ampleur, mais le plus gros, effectivement, a été pendant le Covid. Attends, excuse-moi, il y a des légers bugs visiblement sur la diffusion et les gens, ils essaient de nous suivre, mais là, a priori, c'est rentré, c'est nickel. Merci la régie, vous êtes extraordinaire. Je t'ai complètement coupé la parole, du coup, je suis désolé. Rien, c'est l'adversité. On a vu dans le tweet, dans le cas où tu sais ce que c'est ? C'est un métier, on galère, putain. C'est normal. Non, on a vu dans le tweet là que tu répondais en disant que toi, tu essayais de créer un safe space.
En fait, je ne sais pas si moi, j'essaie de le créer. Je sais qu'il y a beaucoup ce truc, tu sais, d'over bienveillance, de safe place, etc. Mais j'essaie de créer un environnement, effectivement, où tout le monde a le droit de s'exprimer au maximum tant que ça reste respectueux. Je crois que c'est à peu près tous les endroits sur Twitch qui devraient être comme ça et on essaie à peu près tous de l'appliquer. Mais c'est juste que je pars du principe qu'on est dans une société, on a un peu tous nos avis sur certains trucs. Tant que tu ne restes pas irrespectueux et agressif envers quelqu'un, il y a peut-être un moyen de discuter ou un levier à faire.
À partir du moment où ce n'est pas le cas, je n'ai pas envie de parler avec toi, comme dans la vie où tu rends compte qu'elle est abjecte, je ne te parle pas. Je ne sais pas si c'est une safe place, mais c'est juste que je me comporte dans la vie comme je le serai en stream et je veux que le chat soit exactement la même chose. Je suis complètement d'accord avec toi. Toi, tu bossais avant, tu étais chef-hop, c'est ça ? Tu n'étais pas très éloignée de la technique, du coup ? Oui, j'étais sur Paris à la base. On va juste définir c'est quoi chef-hop pour ceux qui nous écoutent. C'est comme la DA avec Damdam. C'est en gros directrice photo sur les plateaux de tournage.
Donc, ça peut être plein de trucs différents en fonction des budgets. Tu peux être un peu le couteau suisse. Mais dans ce que je faisais particulièrement, j'étais dans la pub du coup, et plus particulièrement dans la mode et dans la cosmétique. Et donc, je donnais un peu les directives aux personnes qui installaient la lumière. Je travaillais avec le Réal pour savoir un peu ce qu'ils voulaient en termes d'ambiance. Et je travaillais avec le cadreur pour dire, tu fais plutôt ce plan-là. Donc, c'est plutôt la direction artistique d'une image, là où le Réal, par exemple, va pouvoir se concentrer un petit peu plus sur les jeux d'acteurs, les choses comme ça.
Parce qu'on est d'accord que dans le streaming, il y a un petit billet d'entrée quand même. La technique, ça fait peur à plein de gens. Moi, j'ai reçu des... Enfin, tu vois, Samuel Etienne, quand il s'est lancé, il y a plein d'autres journalistes du PAF, comme on dit à la télé, qui ont hésité, qui se sont posés la question. Et moi, j'en ai rencontré plusieurs qui ont voulu me rencontrer pour discuter. Et à chaque fois, je les ai invités chez moi. Je leur montrais le matos et ils devenaient blême. Enfin, tu vois, ils étaient morts de trouille. Et ça, peut-être que le fait que tu étais en lien avec la technique, ça t'a moins fait peur, je ne sais pas.
En tout cas, pour le streaming, ça a été un peu petit à petit, parce que quoi qu'on dise, le métier de streamer, aujourd'hui, tu as l'impression que tu dois avoir le meilleur matos possible. Alors que moi, ce que je disais aux gens, c'est que j'ai vraiment commencé avec un vieux PC portable, un micro casque, une vieille webcam. Et ensuite, en fait, aussi grâce à la générosité des gens, j'ai pu m'acheter un meilleur matos. Et ça a évolué petit à petit. Les gens qui arrivent aujourd'hui avec un bête de matos tout de suite, soit c'est des Samuel Etienne, soit c'est des gens qui veulent tout de suite économiser énormément. Mais je pense que ce n'est pas forcément ça qui fait la réussite.
Ça a augmenté. Tu vois, c'est comme YouTube, les productions ont augmenté. Oui, c'est vrai. Mais quand j'ai commencé, je ne me suis pas mis la pression. Je m'en fichais, tu vois, que ce soit un peu parce que c'était roots. Non, mais oui, comme autant. Et puis, ça fait partie aussi du stream. C'est aussi ça. Moi, c'est un truc qui m'a toujours plu dans le stream. C'est ce côté do it yourself, très assumé, très transparent.
À chaque fois que j'ai commencé à vouloir bosser avec des gens qui venaient de l'univers de la télé, par exemple, des techniciens, des réalisateurs, des gens extrêmement capés dans leur domaine qui sont à un niveau stratosphérique, ils avaient une recherche d'excellence permanente qui fait que, et malheureusement, je trouvais que ça dégradait la qualité de ce qu'on produisait parce que ça faisait trop fake, trop télé, trop parfait. Les dents bien blanches, bien alignées dès le début, le grand sourire et tout. Et en fait, ce côté roots d'Internet, je ne sais pas, moi, je trouve que ça a une valeur énorme. En fait, c'est bien d'avoir les connaissances.
Il ne faut pas renier le fait que moi, j'en avais. Donc, ça m'a permis petit à petit de faire des choses en plus et de me démarquer, tu vois, d'avoir une vraie patte et tout. Mais pour le coup, ce que je trouve intéressant, c'est l'évolution, c'est-à-dire que les gens, ils te voient un petit peu à tes balbutiements, tu vois. Et puis, en fait, quand ils t'aident, il y a une vraie amélioration, tu vois. Quand moi, ils m'offraient des subs, ça me permet d'acheter du meilleur matos. Derrière, ça m'a permis de, là, maintenant, tu vois, ça me permet d'engager des gens. Alors là, on est en train de travailler un truc, donc ça me permet de faire travailler des gens, des freelances.
Et c'est hyper cool, tu vois, parce que ce n'est pas forcément des gens que j'aurais pu payer de mon côté. Et puis, derrière, ça crée aussi une forme d'emploi. Moi, j'ai été free, donc ça me fait plaisir de faire bosser des free aussi, parce que je sais que c'est galère. Donc, il y a aussi une histoire qui se raconte avec eux, de se dire, en fait, petit à petit, le contenu, il avance grâce à vous ou grâce aussi aux sponsors. Et donc, j'aime bien cette construction plutôt que d'arriver tout de suite avec un truc très télévisuel et tout. Et c'est pour ça, souvent, que je dis que les YouTubers, des fois, ils arrivent sur Twitch, ils ont un truc trop nickel, machin. C'est ultra aseptisé.
Et en fait, les gens se disent, mais en fait, tu as déjà tout. Enfin, je veux dire, oui, on regarde, mais on n'a pas forcément... On ne fait pas partie de ton histoire, tu vois. Juste, tu viens nous présenter un nouveau truc. Mais je rejoins ton conseil. Je suis complètement d'accord avec toi. Peu importe le matos, lancez-vous. Et de toute façon, les premiers streams, ça va être l'horreur. Et c'est normal. Vous allez tout découvrir d'un seul coup. Et ça peut aussi en faire d'excellents streams. Je reprends l'exemple de Samuel qui s'est assez bien lancé, je trouve, sur Twitch parce qu'il a montré d'entrée de jeu qu'il n'y connaissait pas grand-chose et qu'il voulait découvrir.
Donc, moi, je suis complètement d'accord avec toi. J'ai dit que tu t'es lancé il y a quatre ans. Est-ce que tu t'attendais au succès que tu as aujourd'hui ? Pas du tout. Pas du tout. Non, non, pas du tout. Et encore aujourd'hui, des fois, je maintiens le truc en me disant... En fait, comme c'est très basé sur le persona, c'est quelque chose d'un peu bizarre pour moi parce que dans tous les tafs que j'ai fait, j'en ai quand même galéré. Le taf de Freelance, de toute façon, je n'ai pas besoin de l'apprendre. C'est courir après les clients, devoir montrer en permanence que tu es valable, même si tu as fait un super bon projet, etc., sur Paris, c'est ultra concurrentiel.
Donc, moi, j'ai eu l'habitude de faire des projets gratos pour faire mon book, devoir dormir sur les tournages, etc. Mais j'aimais ce que je faisais. Du coup, ça a presque paru trop facile. Et en même temps, je n'aime pas le dire parce que ça peut paraître pédant parce qu'il y a plein de gens qui galèrent à vouloir faire ce taf-là. Oui, c'est vrai. Genre, il y a très peu d'élus, en fait, alors qu'il y a plein de gens qui se présentent pour faire ça. Il y a plein de gens qui vont dire moi, je suis toujours à cinq viewers, etc. Donc, je suis ultra reconnaissante de ce que j'ai. Mais honnêtement, j'ai encore du mal à capter, ça, c'est le syndrome d'imposteur, de capter comment ça a fonctionné.
Je sais que je me suis investie. Oui. Mais pourquoi moi, plus que quelqu'un d'autre ? Il y a une dimension de chance. Il y a une dimension de chance énorme. Énorme, monstrueuse. Et derrière, je pense qu'il y a une forme aussi de... Je ne sais pas. Je pense qu'il y a une forme d'échange avec les gens qui passent bien. Moi, je suis hyper reconnaissante d'être là. Il m'apporte beaucoup. L'échange est resté le même, en fait, depuis quatre ans. Je pense que c'est ça qui fait que ça se maintient. Oui, je suis bien d'accord avec toi. On a un petit montage qui montre ce qu'on peut retrouver sur ta chaîne. Je propose qu'on le regarde. C'est peut-être des vieux clips. Non. Non, je ne pense pas.
Vas-y, on regarde.
Oh, let's go. Oh là là. Toi, qui est ? J'arrive. Je n'ai pas rigolé, je n'ai rien. Ça va durer longtemps. Alors, vous voyez ça. Ça, c'est le... Voilà. Choisissez bien votre bon gynéco. On ne vous le répétera pas assez.
Ouais. Je sais, ouais. Je vous ai manqué. Il manque l'extrait où on danse ensemble au The Event. C'est pour ça que je t'ai dit, tu me dis que ce n'est pas vieux, mais ça, c'est ultra vieux. Mais c'est touchant. Moi, j'aime bien. C'est pour ça que je disais tout à l'heure, micro casque. On le voit. Mettre des effets dégueulasses, des gifs, des trucs. C'était les débuts, c'était cool. Non, mais carrément. Est-ce que tu dois continuer quatre ans encore ? Oh, wow. Ouais. Ah, fou. Ça dépend pourquoi. Dans ce que je fais, carrément, dans tout ce qu'il y a autour, pas du tout. Ouais. Non. La starification m'effraie énormément. C'est pas du tout bon truc. Non.
Alors, justement, sur l'effet de starification, on en parlait tout à l'heure sur les critères de chance. Toi, tu as notamment explosé au moment du RPZ. Ouais. C'était à l'invitation de Trivia, Little Big Whale. Tu te souviens de cette époque-là ? Tu jouais un personnage, Lucie, qui était atteint de troubles dissociatifs de l'identité. C'est un bon souvenir que tu as gardé le RPZ ? Oui. Après, je pense que j'étais un peu dans ma bulle. C'est-à-dire que quand on m'a proposé ce truc-là, déjà, je ne m'attendais pas du tout à ce que ça prenne cette ampleur-là. Je ne pensais pas que mon choix allait être aussi engagé derrière, etc. Moi, j'avais fait un peu ça à l'arrache et tout.
Et donc, ça m'a demandé aussi de me remettre en question, me documenter aussi, parce que j'avais fait un choix qui était compliqué. Je ne voulais offenser personne. J'ai fait beaucoup, beaucoup d'explications autour de ça. Moi aussi, je me suis excusée. Derrière, il y a eu Olympe qui est venu aussi, pas pour justifier mes choix, mais juste pour parler de la réalité, parce que les gens oubliaient avec le côté fictionnel. Donc ça, ça a été un peu la partie où je me suis dit, mince, ça m'a un peu dépassée. Mais pour autant, j'ai adoré cet événement-là parce que ça m'a permis d'être là où j'en suis.
Et surtout, ça a permis de bien calmer les haters, de dire qu'on ne peut pas réussir quand on est une meuf. Il n'y avait pas de cam. C'était même pas moi. Et pourtant, ça a fonctionné. Ça les énerve les haters. Non, non, mais c'est génial. Il faut continuer à les faire rager. C'était marrant. Et pour ceux qui demandent, effectivement, oui, RPZ, pardon, pour ceux qui ont oublié, c'était un serveur roleplay sur GTA qui avait été organisé par Zerator avec tous les participants du... Du Siemens, oui. Ils pouvaient ramener un plus un, en fait. C'est comme ça que j'ai pu être ramené sur...
Et je me souviens très bien parce que c'est tombé pile-poil pendant les vacances parlementaires qui sont donc mes vacances et que du coup, je n'étais pas à Paris et que du coup, je suis complètement passé à côté du RPZ. Non seulement, je n'y ai pas participé. Alors, j'ai fait venir un plus un quand même parce que lui... Mais tu aurais voulu participer ? Ouais, j'aurais bien voulu. Alors après, c'est facile à dire. Rétrospectivement, quand on sait le succès que ça a eu. Sur le moment, est-ce qu'une semaine chez moi, peinard, j'aurais eu l'envie de lancer un stream ? Honnêtement, je ne sais pas. Ça nous a rendu fuck up. Je vais être honnête avec toi, ça nous a complètement mangé le cerveau.
Bon, mais ceci étant, je reviens quand même parce que toi, tu as incarné un personnage qui avait un TDI et tu as fait le choix d'ensuite le traiter éditorialement pour parler du trouble avec des personnes qui sont en UTD et tout. C'est intéressant aussi d'utiliser Twitch pour parler de sujets sérieux. Parce qu'en fait, le sujet de santé mentale au global me touche énormément, mais je ne pensais pas en fait que ça allait devenir ensuite quelque chose qui me permettrait d'en parler. Pour moi, c'était vraiment juste... On est dans un truc fictionnel. On avait carrément un mère, c'était un chien. C'est-à-dire que ça ne choquait personne.
Mais par contre, moi, quand je faisais mes choix, on me demandait d'être ultra réaliste, etc. Et du coup, ça, c'était un truc où je me disais effectivement, je comprends parce que je ne veux blesser personne et tout. Mais il faut que je fasse un télégement. Donc au début, quand il y avait... Je pensais qu'il n'y aurait personne sur ma chaîne. Je fais un peu nymphe. Et après, j'ai commencé à m'enseigner. Puis après, j'ai commencé à parler avec des gens. Et derrière, je me suis dit mais en fait, il faut vraiment que les gens comprennent que ce n'est pas drôle. Tu as fait ton chemin toi-même et les gens t'ont suivi dans ton cheminement. Exactement.
Et du coup, j'ai voulu laisser parler quelqu'un qui était plus concerné que moi par le sujet. Ça me semblait logique, sachant que je ne suis pas atteint par ça. Mais ça permettait d'ouvrir la discussion de la santé mentale à plein de gens aussi. Donc c'était une bonne chose. Et ça a sûrement rendu service à plein de gens. C'est ce que je me disais. Donc tant mieux. Non, non, mais c'est cool. Je l'ai dit aussi un petit peu rapidement en te présentant. Tu es aussi DJ. Tu mixes. Mais tu mixes depuis combien de temps ?
Mais en fait, je... Enfin, oui.
Si, si, si, tu l'es à voir. On va se dire les choses. Assez sérieusement, tu es DJ. Ouais, en fait, je suis en train d'essayer d'apprendre à mixer. Et je vais très vite puisque du coup, bientôt, j'aurai une scène. Mais en fait, ça fait très longtemps que je suis dans le milieu parce qu'avant tout ça, quand j'étais à Toulouse, je travaillais dans les milieux associatifs d'événementiel. Et ça, il y a peu de gens qui le sachent. Mais ça fait très longtemps en fait que je boucle des DJ, que je travaille là-dedans, que je cherche du temps. Mais oui, c'est ce que j'allais dire. Tu n'es pas tout à fait étrangère au monde de la nuit. Mais non, non. Ça fait longtemps en fait.
Mais par contre, mixer moi-même, je ne l'ai jamais fait parce que pareil, en fait, j'aimais bien mettre en avant des gens qui savaient le faire et faire connaître des talents. Puis un jour, des gens m'ont dit mais en fait, tu as une superbe sélection, tu as des trucs cools. Pourquoi tu ne le fais pas toi-même ? Je me suis dit, j'avoue. Non, mais c'est vrai. Tu niques le syndrome de l'imposteur. Vas-y, on y va. Pourquoi pas ? Et du coup, là, ça fait quelques mois que j'apprends. Alors, on a un petit extrait là aussi de ta musique pour celles et ceux. Alors, toi, tu as commu, tu sais très bien ce que tu fais comme type de son. Moi, je bouffe tes playlists sur Spotify matin, midi et soir.
Elles sont extraordinaires. Vraiment, tes playlists sont dingues. Suivez-les si vous ne les suivez pas déjà. On a un petit montage de ta musique et on en parle juste après. Petit extrait, c'est un tout petit extrait de la musique que tu fais. Ça, c'était un live du mois de juin dernier en l'occurrence qu'on est allé chercher. Oui, dans ma chambre. Dans ta chambre, complètement. D'ailleurs, je précise que pendant la boucle d'attente avant Backseat, on a diffusé là aussi un de tes mix mais une petite particularité, c'est que ce qu'on a diffusé, c'était ton tout premier live de musique où tu mixais qui n'est plus disponible en VOD.
Là, les extraits que vous avez, personne ne l'a alors revu depuis ce jour-là. Et bien voilà, j'ai aussi le plaisir de vous annoncer qu'à la toute fin de l'émission Backseat, ce soir après l'invité politique, on vous mettra à nouveau 10 minutes de semi-exclusivité de ton son. Merci à toi de nous permettre de le faire. Voilà, on a une affiche aussi donc tu vas quand même mixer dans un club et pas n'importe lequel, le Rex Club à Paris. Ce sera le 2 novembre prochain. Tu nous racontes un peu comment ça s'est copié ça ? En fait, c'est un peu par hasard, c'est-à-dire que j'ai rencontré Azdek, peut-être que tu connais, qui a mixé au Popcorn Festival.
C'est lui qui a fait le closing du Popcorn Festival avec qui je suis devenue extrêmement amie. Et en fait, il sort son EP. Il fait une release d'EP au Rex. Donc c'est sa soirée à lui. Ok, il t'a invité. Exactement, parce que là, ça a fait beaucoup de bruit autour de moi mais factuellement, c'est sa soirée à lui. Et en fait, il m'a appelée parce qu'on s'entend très bien et que ça fait un moment qu'on discute ensemble, on était allés harter ensemble, on a fait pas mal de choses. Et il m'a dit, voilà, je fais cette release et j'ai envie que tu viennes mixer parce que je sais que si tu ne le fais pas maintenant, tu ne le feras jamais. Tu ne vas jamais oser.
Et c'est ça qui a été un peu le moteur. Et du coup, on va mixer ensemble. Donc c'est un B2B. Donc c'est tous les deux à sa soirée. Et c'est effectivement la première fois que je vais le faire en public mais dans des très bonnes conditions parce qu'on sera avec des copains. Bah ouais, carrément. Alors je me suis trompé, c'est pas le 2 novembre, c'est le 8 novembre pour le Rex Club à Paris. Des très bonnes conditions aussi mais aussi un prestige énorme parce que le Rex Club fait partie de ce qu'on estime être le top 5 des clubs les plus prestigieux au monde avec le Pacha à Ibiza, avec le Bergaina à Berlin, le Rex Club à Paris, le je ne sais plus quoi à Londres. C'est mythique le Rex Club.
C'est Garnier, c'est Laurent Garnier, c'est NTM, c'est un nombre de gens incalculables qui sont passés par ce club-là. C'est extraordinaire comme pour la première fois en live. Ah non, c'est complètement fou. Mais justement, c'est limite tellement... C'est limite too much ? C'est pas too much mais en fait, c'est une opportunité qui s'est goupillée comme ça qui fait que... Mais ouais, j'ai totalement conscience de ça et surtout, le Rex Club, il a fermé là pendant plusieurs mois et c'est la réouverture. En fait, ils ont tout changé à l'intérieur. Ah, ils ont encore ? Oh putain ! Et donc, ils ont changé le système son, ils ont changé la disposition, les lumières, tout, tout, tout.
Il y a des images qui ont tourné là, on peut voir un peu sur leur Instagram si ça vous intéresse. Ils ont tout refait à l'intérieur, c'est incroyable. Il y a une disposition un peu boiler room avec la cabine, avec tous les gens autour et tout. Oh, c'est énorme ! Donc, c'est vraiment pour la réouverture. Donc, on a beaucoup de chance de pouvoir l'avoir. Par contre, c'est pour ça que c'est un jeudi soir aussi parce que c'est booké un an à l'avance. Mais ouais, on est ultra chanceux de pouvoir jouer le moins le cap-là. De mixer au Rex. Alors du coup, c'est ta première fois en public. Est-ce que tu as l'intention de te reproduire en public à nouveau ? Pourquoi pas ?
En fait, de base, je n'ai pas forcément vocation à devenir la nouvelle DJ de Twitch ou quoi. C'était vraiment juste pour apprendre. mais si ça plaît bien, que ça fonctionne bien, moi, j'avais plus envie de repartir dans la création de soirée. Pas que moi. Je n'ai pas envie de tourner ça uniquement autour de moi. J'ai envie qu'il y ait des talents dont je pense qu'ils ont du potentiel. Quitte à mixer moi aussi dans la soirée, mais recréer mes propres soirées et faire créer des événements, c'était un truc que j'aimais bien. Je trouvais que c'était rassembleur. Ça me parlait bien. Est-ce que les événements IRL, ça fait partie de la vie des streamers de Twitch maintenant ?
Est-ce que tu penses que c'est un passage obligé quand tu as un certain succès sur Twitch d'organiser des IRL ? D'une manière ou d'une autre. IRL, je ne sais pas. D'avoir son propre projet, oui. Je pense qu'il y a une attente parce que justement, quand on arrive à un point d'évolution où tu es un peu partout, tu fais des trucs, c'est un peu une façon de rendre aussi ce que les gens t'ont donné, de dire je crée un gros projet, vous m'avez donné les moyens d'en arriver au stade où je peux le faire. Je pense qu'il ne faut pas de pression pour parce qu'aucun streamer n'est obligé de le faire. Ça, il faut le rappeler.
Mais oui, il y a un peu ce truc de se dire j'ai les moyens de le faire, j'ai les contacts, donc pourquoi je ne le ferais pas aussi ? Donc chacun fait son truc. Zera, tu vois, il a ses événements associatifs avec la sanction, etc. On a la CACORP, on a Squeezie avec le GP. Il y a plein de trucs qui commencent à se créer, même toi avec Backseat. Je veux dire, c'est quand même ton projet. Moi, je n'avais pas forcément envie de faire une émission en plateau. Je n'avais pas forcément envie de partir dans un gros truc comme ça. Donc je cherchais un truc qui me ressemblait un petit peu et je trouve que ça, ça peut être pas mal. Après, c'est peut-être une question de streamer à streamer.
Est-ce qu'on n'a pas une pression parfois ou qu'on s'invente à faire plus, à faire mieux, à faire plus gros ? Si, même en termes de production, c'est ce qu'on disait. On s'imagine tout de suite qu'il faut toujours faire plus, plus gros, etc. Alors que déjà, il faut faire bien. Il faut que... Enfin, ce n'est pas une question de prouver des choses. Fais quelque chose qui te ressemble et les gens suivront parce que c'est cohérent avec ce que tu proposes. Et les IRL, ça peut faire partie de ça. Et c'est vrai que ça fait partie de plus en plus. Alors peut-être que c'est spécifique qu'il y a la France. Nous, on est très particuliers comme pays. C'est notre côté aussi jacobin.
C'est le fait qu'on puisse se balader facilement en train en France pour aller à des events. Ça facilite l'organisation d'événements. Là où nos amis américains, par exemple, c'est tout de suite l'avion qui permet de changer d'état. Et donc, c'est un chouïa plus compliqué pour eux d'organiser des events. Puis on aime bien être ensemble. Il y a un truc là qui est en train de changer, justement, on le voit avec USMP, notamment avec ce qui est en train de se passer avec Etoile, Baguera et tout, c'est qu'à l'international, on commence à voir un truc que nous, on a déjà. C'est-à-dire cette envie de se rassembler et de se retrouver sans que ce soit une question juste de business.
Juste, on aime bien être mélangé entre nous et faire des choses. Et du coup, ça, c'est un truc effectivement très français. Mais je suis contente que ça commence un peu à se développer à l'international sur des projets comme QSMP, par exemple, ou autre, qui est un serveur Minecraft, d'ailleurs. Mais moi, je pense qu'il y a une volonté de ça. Et même pour les gens, tu vois, de créer une soirée, c'est une question de... On a tellement fait la fête sur cette chaîne, enfin, sur ma chaîne, au Zeeven, etc. C'est une excuse.
Là, je sais que, par exemple, à la soirée, il va y avoir plein de copains de Twitch, mais il va y avoir plein de mes viewers et plein de gens qui veulent juste faire la fête et tout ce beau monde va se mélanger et va juste profiter du moment. Donc, moi, ça me rend heureuse parce qu'à ce moment-là, il n'y a pas de truc de barrière sociale, de truc juste, on s'amuse, tu vois. Non, mais je suis d'accord avec toi. C'est vrai que c'est très, très lié à l'identité de ta chaîne. On fait la teuf sur ta chaîne.
Il y a une profondeur, il y a une identité éditoriale autour de la fête et que, du coup, ça me paraît d'une évidence que tu mixes à une teuf ou que tu en organises ou que tu sois amené à organiser ça. De la même manière que moi, un talk show politique, il y a un moment, ça tombe sous le sens. C'est cohérent. Dans ses bons côtés, le fait de faire la fête, parce qu'il ne faut pas l'oublier, moi, je suis sortie de ces minutes-là parce qu'il y a quand même quelque chose, des fois, quand tu travailles là-dedans, qui n'est pas très sain, il faut y faire attention. Mais dans sa vision la plus pure, la fête, c'est un moment suspendu.
C'est un truc de, à ce moment-là, tu t'amuses, tu es avec tes amis ou tu rencontres des gens. C'est un moment et on verra pour la suite. Les actualités, c'est demain, un truc comme ça. Il y a une forme de légèreté qui fait un peu du bien, des fois aussi. C'est volontaire d'avoir attendu aussi longtemps pour réaliser ces projets-là ? Moi, je ne pensais jamais que j'allais le faire, surtout. Assez honnêtement, c'est les gens qui m'y ont poussé parce qu'en m'écoutant, le syndrome est tellement fort même dans tout que moi, je me serais contentée. Je suis tellement contente de ce que j'ai déjà que je pourrais dire non, mais moi, ça me va. C'est super.
Mais non, non, j'ai la chance d'avoir des viewers et des gens dans le milieu et un entourage qui me dit mais si, tu peux le faire. Tu es valable en fait. C'est vrai que je t'ai toujours entendu être très prudente. Pas surhyper les gens, pas... Non, non, mais c'est normal.
Mais c'est trop tard là.
Là, c'est un peu tard. C'est vrai que l'événement, il claque. Mais ouais, non, et puis voilà, est-ce que tu attendais l'invitation d'Azdek pour pouvoir te produire ? Est-ce que tu attendais une invitation pour pouvoir te produire une première fois ? Moi, j'avais le projet de faire encore un truc un peu dans ma chambre et peut-être un truc un peu plus gros dans une plus grosse production mais toujours en live avant d'arriver encore au stade de le faire. Il y avait PA qui m'avait mis un peu le truc de Popcorn Festival 2 qui arrive. On serait chaud et tout.
Donc, je savais que dans tous les cas, ça finirait peut-être par rêver que j'aurais une proposition mais je pensais que j'avais un peu plus de temps. Mais on verra. Non, il y a mon festival aussi, Paul & Chill, mais on aura l'occasion d'en discuter, t'inquiète pas. T'inquiète pas, moi, je veux forcer personne. Non, non, mais carrément. Mais moi, en fait, c'est une première approche aussi. Je pense qu'il faut, tu sais, il faut y aller une bonne fois. Il faut sauter dans le... Oui, non, je suis complètement d'accord. Et après, ça ira mieux. Mais pour la première fois, ça fait toujours peur.
Et en même temps, il ne faut pas surhyper les gens parce que c'est le risque, effectivement, de créer trop d'attentes, de créer trop de... trop gros, trop fort, trop vite la première fois. Les portes s'ouvrent tellement... Enfin, en fait, c'est bizarre parce que les portes s'ouvrent plus facilement. Oui et non, j'ai bien conscience que j'ai beaucoup de chance. C'est ce que je répète aux gens quand je voyais sur Twitter, les gens qui disaient mais comment ça se fait qu'elle arrive à avoir du matos, des trucs...
En fait, on en est arrivé à un stade où, effectivement, là, je peux me permettre de le faire parce que j'ai les contacts pour et je les use alors qu'avant, je ne l'aurais pas fait, tu vois. Je le sais, mais pour autant, je ne veux pas avoir l'impression que c'est trop simple. Je veux vraiment respecter en fait le métier de ces gens-là. Je veux vraiment respecter... En fait, je suis une fan de musique, je suis une fan de soirée. Ça fait très longtemps que je suis là-dedans. Je n'arrive pas comme si j'avais... Ce que je disais aux gens, je n'ai pas eu une envie de pisser, de me dire « Allez, demain, je vais faire mes soirées, je vais mixer.
» Non, j'aime vraiment ça donc je le respecte et j'ai envie que les pères là-dedans se disent « La petite, elle envoie, c'est cool. » Des premières fois, c'est ce que tu nous expliquais dans le parcours de streamer. Des premières fois, il y en a plein. Là, on se sent comment à une semaine d'un événement comme celui-là ? Actuellement, je suis... Alors, assez étonnamment, je suis complètement déconnectée mais je pense que c'est parce que j'ai le temps de me préparer, je fais des entraînements un peu à côté et tout et comme j'ai des émissions, des déplacements, je crois que je ne cadre pas trop pour le moment. Je crois que ça va être deux jours avant.
Je ne sais pas comment fonctionne mon cerveau. Ou alors, ce sera le lendemain que tu vas percuter, que ça s'est vraiment passé. Quand je vais y aller là, quand je vais vraiment monter comme j'avais mis ça la première fois, les dix premières minutes, je pense qu'il va y avoir une déconnexion de mon cerveau. Vraiment de... Je suis là, je ne suis pas là. Après, ça irait mieux. Comment est-ce que tu réussis à te préparer pour un set comme celui-là avec tous les déplacements, avec les connards qui t'invitent sur des émissions politiques alors que tu n'as vraiment pas que ça à foutre à une semaine de l'événement ? Non, en vrai, comment tu le fais ? Tu as du temps ?
Je rigole, tu me fais une superbe auto-prono. Incroyable, je ne la taille même pas. Non, mais non, non, en fait, là, j'avoue que je vais me faire un petit kiff. Je n'ai jamais fait ça, mais je vais demander à quelqu'un de me coiffer, je vais quelqu'un me maquiller et tout. Ça fait une semaine que je choisis mes petites fringues et trucs comme ça. C'est un peu mon birthday. C'est un peu le truc de ça y est, c'est ma petite fête, même si ce n'est pas la mienne. Donc, je suis plutôt exaltée et j'avoue que je n'y pense pas trop. Je suis un peu naïve, je crois dans le truc. J'ai 16 ans et que je vais faire la fête avec mes copains et j'ai juste hâte qu'ils arrivent. Mais c'est ce que ça va être.
Je n'ai pas professionnalisé le truc parce que déjà, ce n'est pas ma soirée à la base, je suis invitée. Ça serait ma prod, j'aurais investi de l'argent, des trucs comme ça. Peut-être qu'on aurait un discours différent. J'aurais plus de pression. Mais là, je suis juste une invitée et j'ai juste envie de m'amuser. Et ça va être trop, trop cool. On a une nouveauté dans l'émission Backseat cette saison. Quand on a le plaisir de recevoir une créatrice ou un créateur de contenu, on lui demande de nous présenter une association ou une cause ou une appli ou n'importe quoi, un truc qui lui parle et à qui il ou elle a envie d'offrir un petit shoot-out comme ça sur Backseat.
Et toi, on t'a proposé de venir nous présenter une association aussi et tu as choisi une association que je vous demande d'accueillir sur ce plateau, chers amis, l'association Dans ma rue. Hop là, ils arrivent tranquillement sur le plateau. Installez-vous, chers amis, prenez vos aises sur le plateau de Backseat. Très heureux de vous accueillir. On est rejoint sur ce plateau par deux extraordinaires personnes de l'association Dans ma rue. On est avec Marion, pas toi. Salut Marion. Salut. Marion, toi tu es la présidente de l'association Dans ma rue.
C'est ça, tout à fait.
Et on est aussi avec Mickaël Escudier. Mickaël, salut. Salut. Toi, tu es responsable de l'antenne du 10e arrondissement de Paris. Ouais, co-responsable exactement. Co-responsable. On est deux à être responsables. Ok, très bien. L'association Dans ma rue, c'est une association qui fait quoi ?
Très bien, je commence.
Marion, vas-y, explique-nous. C'est quoi Dans ma rue comme asos ?
Dans ma rue, c'est une association de maraude, les maraudes dites sociales.
Et c'est quoi une maraude ?
Alors une maraude, c'est quand on a un trajet à peu près défini et on va à la rencontre de personnes. Vraiment, on a du temps juste pour prendre le temps du coup, nous, d'aller voir les gens, discuter avec eux, prendre des nouvelles. Et ça se traduit sur deux thématiques. C'est soit les maraudes sociales comme nous, on le fait, où on prend juste le temps de prendre, enfin discuter, pardon, ou la distribution. Distribution alimentaire, distribution d'hygiène.
Et vous avez une spécialité dans les maraudes sociales si je ne dis pas de bêtises ? Non, vous faites aussi la distribution alimentaire ?
Alors nous, la distribution alimentaire, on ne le fait pas vraiment. On a souvent du café, du thé, de la soupe, plein de choses comme ça, mais c'est plus un prétexte pour briser la glace. C'est vraiment...
Oui, vous, c'est le social, donc c'est la discussion avec les personnes à la rue.
C'est ça, il y a des personnes qu'on connaît depuis 8 ans. Ça fait 8 ans qu'elle existe, cette asso, et du coup, l'idée, c'est vraiment un rendez-vous hebdomadaire chaque samedi.
On a une petite vidéo de votre association, vous nous l'avez donnée, donc on va la diffuser tout de suite, qui présente votre association et on en parle juste après.
Bonsoir, Lucie.
Hey,
qu'est-ce que la caméra ? Keep up. Les gens humains, ils n'ont pas où à rester. 143 000 personnes
à la rue en France, et ça, c'est quelque chose que vous constatez tous les jours. J'ai vu une question dans le chat, il y a vraiment Brad Pitt dans votre assoce ?
Non, on aurait bien aimé, ça aurait été carrément bien. Maintenant, c'est une publicité qui a été faite par Broussorama et ça date quand même un petit peu par rapport aux chiffres. C'était fait en 2019, cette pub.
Je devine que les chiffres ont augmenté.
Oui, oui, largement. Et en fait, c'est une pub où Brad Pitt n'a pas de voix. Et donc, du coup, l'idée du moment, c'est de lui donner la voix pour qu'on puisse mettre un peu en avant l'asso. Voilà, donc c'est une petite pub.
Bon, et concrètement, du coup, Mickaël, si je te demande comment vous organisez une maraude, ça ressemble à quoi ? Alors, nous, dans le dixième, on est hébergé au Wanted Café qui est un restaurant solidaire qui pratique notamment les cafés repas suspendus. Donc, en gros... Tu peux rappeler ce que c'est ? Les cafés, les repas suspendus ? Oui, pour ceux qui ne connaissent pas. Le concept des cafés et des repas suspendus, c'est un café-restaurant classique. Vous allez là-bas, vous payez votre addition, vous rajoutez un euro, il y a un café qui est offert à une personne dans le besoin et vous rajoutez 5 euros, offert à une personne dans le besoin. Qui pourra venir la chercher plus tard.
Exactement. C'est le principe de la suspension. Et donc, du coup, vous êtes hébergé par ce café-restaurant ? Oui, tout à fait. On a nos affaires qui sont stockées en haut. C'est le point de rendez-vous chaque samedi après-midi. On fait des équipes de 3-4 personnes avec à chaque fois un ou une responsable de trajet. Personne qui connaît à la fois l'itinéraire et la plupart des habitués qu'on va croiser. On a nos affaires de maraude, de l'eau chaude, du café, du thé, un peu de soupe et quelques produits d'hygiène et on maraude à peu près pendant 3 heures. Toi, Ava, tu as souhaité nous parler d'une association qui fait des maraudes parce que je crois que tu en fais toi-même. Tu en as fait.
En fait, moi, je n'ai pas fait partie d'une association. Justement, je n'ai jamais rejoint d'association. Je trouvais ça bien que les gens puissent savoir qu'il en existe et qu'on peut les rejoindre et que ce n'est pas si difficile. Il n'y a pas forcément de besoin d'adhésion ou quoi. On peut y passer parce qu'en fait, quand j'ai travaillé, j'avais travaillé pour une boîte qui faisait plein de trucs de la mode et des trucs comme ça. On avait aussi un truc de bouffe et je bossais au Canal Saint-Martin et c'est encore le cas d'ailleurs, beaucoup de personnes sans-abri qui sont autour du Canal Saint-Martin vers Salégrin et tout à l'époque où j'habitais à Paris.
Et ça nous arrivait souvent de descendre et leur donner les trop-pleintes, passer du temps à discuter un peu avec eux sur nos pauses et tout ça. Et là, maintenant, je suis à Bordeaux et je vois surtout beaucoup de gens notamment d'à peu près mon âge qui sont descendus et qui m'expliquent qu'avec les JO, on est en train de les pousser vers la sortie de Paris parce qu'il ne faut pas montrer qu'il y a trop de sans-abri, etc.
Et j'ai pu parler avec certains juste de prendre du temps et en fait, les Maraudes, ce que je trouve bien, moi, je les faisais à ma manière, mais c'est d'arrêter de déshumaniser ces gens qui sont dans la rue dans le sens où effectivement, ils demandent de l'argent, machin, etc. Mais juste une discussion, un échange humain ou quoi que ce soit, ils en manquent énormément et des fois, moi, je sais que j'allais leur demander ou quoi, ils me disent mais non, mais en vrai, ça me ferait juste plaisir de savoir qui tu es, machin. Et du coup, j'ai pris le temps personnellement de le faire mais je ne me suis jamais rapprochée d'une asso parce que ça me semblait presque trop chronophage, machin.
Et c'était des idées reçues que j'avais et j'avais juste envie de dire non, en fait, tu peux le faire à ton échelle mais tu as aussi des associations qui sont accessibles aussi dans tes quartiers, en fait. Et ça, c'est une de vos particularités dans ma rue, vous accueillez des bénévoles pour faire des maraudes sans engagement.
Exactement, ouais. J'ai eu besoin de s'inscrire. On clique sur un bouton et on peut lire.
Et ensuite, il y a un rendez-vous qui est donné, on vous retrouve. Vous faites une formation, comment ça se passe ?
Pas du tout. En fait, on fait un petit brief. Le créneau horaire, c'est entre 14h et 18h et du coup, les personnes, quand elles arrivent, on les accueille et on leur explique simplement qu'ils vont être dispatchés dans une équipe comme l'a dit Mickaël et on donne des petites règles un peu, voilà, si la personne est assise, n'hésitez pas à vous asseoir à côté, lui demander aussi, dire bonjour, rester poli, un peu la base, mais il n'y a pas vraiment beaucoup de feeling. Il n'y a pas trop de brief particulier ou de formation à avoir, je pense.
C'est quoi le profil des personnes qui vous rejoignent pour faire des maraudes ? C'est des jeunes, c'est des actifs, tu saurais me dire un peu où il y a vraiment de tout ?
On est assez jeunes quand même, je pense que c'est une particularité qu'on a, on est très très jeunes même par rapport à la...
C'est 25 ans la moyenne dans votre association ?
Ouais, 25, 30 ans max, je pense que pour une grosse moyenne, ouais, c'est ça, c'est ça. Et c'est vrai que les autres assos, je pense qu'elles sont un peu plus élevées en termes de moyenne d'âge, mais à mon avis, c'est lié au fait qu'on est un peu facile d'accès et puis, enfin oui, le côté un peu, vous pouvez venir quand vous êtes dispo, il n'y a pas besoin de gros d'engagement.
Et Mickaël, du coup, les personnes que vous allez rencontrer au cours de vos maraudes, est-ce que c'est des personnes que vous connaissez, vous savez où elles sont à peu près ou est-ce qu'il y a malheureusement des surprises régulièrement ?
Alors, ça dépend des trajets, mais la plupart des personnes qu'on rencontre, on les croise à peu près au même endroit chaque samedi, alors parce que c'est souvent l'endroit où il faut la manche ou alors où elles sont un peu réunis dans la rue avec leurs amis, entre guillemets, donc on sait qu'on va les croiser là, mais parfois, on croise aussi des personnes qu'on ne connaît pas avec qui on entame la discussion si bien sûr ces personnes ont envie de discuter. Et quel type de relation est-ce que vous développez du coup avec ces personnes-là ? C'est des relations de confiance et elles sont contentes de vous revoir quand vous repassez à chaque fois. Il y en a que vous arrivez à...
Est-ce que vous faites une prise en charge pour les aider à sortir de la rue ou est-ce que ça, c'est d'autres associations plus spécialisées ? Oui, nous, on est plutôt vraiment sur la création et le maintien de liens sociaux pour lutter contre l'isolement. On n'est que des bénévoles, on n'a pas de travailleurs sociaux, on n'a pas les moyens, on n'a pas de logement à proposer. Donc, on fait plutôt de la redirection vers, par exemple, on peut faire des signalements au SAMU social s'il y a des situations qui sont préoccupantes. On peut appeler le 115 comme tout citoyen s'il y a une personne qui demande un hébergement pour la nuit.
Mais on ne peut pas suivre la situation administrative des personnes qu'on voit. Vu qu'on est bénévole, on a aussi un travail à côté. Ce n'est pas notre problème. Vous ne pouvez pas, mais vous pouvez rediriger vers le SAMU, vers d'autres structures. Vers des accueils de jour aussi. Vers des accueils de jour. J'ai vu dans le chat que quelqu'un demandait est-ce que les maraudes, ça se fait aussi l'été ? Ça se fait toute l'année.
Ah, toute l'année.
C'est un peu le cliché qu'on a du café chaud pendant l'hiver. Mais en réalité, la maraude, c'est toute l'année.
La problématique en été, c'est qu'il y a beaucoup moins d'associations qui tournent. Du coup, nous, on est encore là, mais il y en a vraiment moins. C'est toute l'année, tout le temps. Même pendant le Covid, on faisait les maraudes.
Et puis par ailleurs, l'été recouvre aussi son lot de problèmes avec la canicule, avec l'isolement social et familial aussi qui est extrêmement important. Donc on rappelle, c'est vraiment toute l'année qu'il y a des maraudes. Et un peu partout. Comme je disais, moi, je le voyais à Paris, mais c'est à Bordeaux. J'avais vécu dans le quartier de la Gouddor. Après, j'ai vécu à Saint-Denis, etc. C'est pas juste des fois. Il y en a partout, même dans le centre de Paris, dans le plein centre de Bordeaux.
Et moi, ce qui m'avait révoltée, et c'est aussi pour ça que je voulais en parler là ce soir et vous faire venir, c'est que comme tout le monde, j'avais vu passer un peu sur Twitter, tu sais, cette espèce d'arrêté, je crois, préfectoral de police, je ne sais plus, on ne pouvait plus distribuer dans certains quartiers de Paris. Ils refusaient qu'on distribue juste des vivres aux gens. Et je pensais que c'était tellement impensable. J'ai cru que c'était fait et que j'en avais parlé en ce moment. Ça me paraît impensable qu'on puisse mettre un été pour dire non, vous ne pouvez pas donner de la nourriture aux gens alors qu'ils sont déjà dans des situations précaires ou possibles.
Et ça m'avait révoltée. Je pense que ça me semblait logique d'en parler parce que, comme tu as dit, ils sont tellement invisibilisés. Ce n'est pas une cause. On le sait, ils sont là, mais on se met des œillards. Ça me dépasse un peu. Marion, Mickaël, je ne vous ai pas proposé de vous présenter, mais j'aimerais bien que vous m'expliquiez quel a été votre parcours. Comment est-ce que vous vous retrouvez dans l'association Dans ma rue ? Marion, tu viens d'où ? Tu fais quoi ?
À titre personnel, je suis freelance graphiste. Donc, rien à voir.
Donc, vraiment rien à voir. Et comment tu en es arrivée à rentrer, à présider aujourd'hui l'association Dans ma rue ?
Petit à petit, ça a simplement commencé. J'en avais marre de voir des gens dehors, de ne pas trop savoir comment les aborder. Mon comportement ne me plaisait pas par rapport à ça. Donc, je suis un peu gênée. J'ai voulu m'engager dans des associations, mais je n'avais pas forcément le temps pour m'investir autant que c'était demandé à ce niveau-là. Et c'est pour ça que Dans ma rue, c'était parfait pour moi. Donc, j'ai fait une première maraude un samedi. Et à force de discuter avec une personne, j'étais hyper prise dans le truc. Et je lui dis, ouais, ouais, samedi prochain, pas de souci. Puis après, j'ai dit, non, en fait, je vais revenir.
Et puis, fil en aiguille, je n'ai pas lâché le steak et ça fait plus de 4 ans que je suis dedans.
Et aujourd'hui, tu es présidente de l'association. Et toi, Mickaël, c'est quoi ton parcours ? Alors, moi, à titre personnel, j'ai un métier qui n'a rien à voir avec les maraudes. Je suis inspecteur des finances publiques. Je fais du contrôle fiscal des grandes entreprises. Putain. Alors, moi, j'ai commencé, je suis dans ma rue depuis 2 ans et demi. Donc, je fais partie des bénévoles qui ont démarré un peu après le 2e confinement. Pareil, j'avais aussi envie de faire de l'associatif. Je n'avais jamais vraiment fait avant. Puis, grâce à des associations comme par exemple Benenova, qui permettent de faire rencontrer les bénévoles des associations.
J'ai commencé à faire du bénévolence d'une première association et ensuite, il y a un ami qui était déjà bénévole à Dans ma rue. Il m'a fait venir un samedi. Donc, pareil, j'ai de suite accroché. Et puis, à force de faire des maraudes, on prend entre guillemets en responsabilité. On fait un peu plus de choses, on devient responsable et on essaie de faire avancer l'association et de faire vivre l'assaut. La publicité qu'on a regardé que vous avez réalisé, elle appuie sur un point particulier. c'est la représentation des personnes à la rue, des personnes sans abri. C'est un sujet sur lequel vous voulez insister, je crois.
Oui, il y a beaucoup de l'idée reçue et de clichés. Les personnes qu'on rencontre, je pense qu'il y a plein de niveaux et on voit vraiment que le haut de l'iceberg, il y a plein de gens qui sont dans la grande précarité mais qu'on ne voit pas. Et dans ce qu'on voit, on va avoir tendance à penser qu'ils sont tous alcooliques, sans avenir. Vraiment, il n'y a rien à faire et c'est complètement faux. Je ne sais plus si tu avais vraiment des chiffres précis mais je crois que c'est un tiers à peu près qui est vraiment... On estime
qu'il y a environ une personne sur deux qui ne boit pas d'alcool. Forcément, c'est les gens qui sont peut-être moins visibles. On a vraiment devant les supermarchés, c'est vrai facilement voir une personne qui a une canette de 8-6 ou de bière. Mais les chiffres qui nous sont donnés, c'est une personne sur deux qui ne boit pas d'alcool. Après, il y a un vrai problème d'addictologie. Environ 30% des personnes sans abri ont un problème d'addictologie et aussi de troubles psychiques. Ça, c'est une réalité des personnes qui ne sont pas faciles à prendre en charge pour les gens qui ne sont pas formés.
Oui, les personnes qui ont des maladies mentales dans ce pays sont surreprésentées dans la rue et en prison. C'est deux endroits où il ne faudrait surtout pas qu'ils soient et pourtant, ils y sont. Et ça, c'est un truc qu'on rappelle. Il y a beaucoup de gens qui travaillent. Je sais que je discutais avec ceux qui sont dans mon quartier, c'était des jeunes de mon âge et qui me disaient qu'en fait, la journée, ils travaillaient mais que le soir, ils étaient dans la rue parce que soit ils avaient un animal ou des choses comme ça.
J'en avais croisé un avec qui j'avais beaucoup sympathisé et j'ai pu prendre de ces nouvelles par quelqu'un d'autre et là, je sais que maintenant, il travaille dans les vignobles donc je suis contente pour lui. Il a réussi à se placer mais il me le disait lui-même. Il me dit dans une semaine, si je ne suis plus là, j'espère que j'aurai trouvé. Il y a des endroits qu'il n'acceptait pas à cause de son animal mais c'était nécessité pour lui de garder un lien parce qu'il me disait mais j'ai besoin de cette présence-là parce que des fois, on est vraiment seul et tout ça donc du coup, c'est un peu difficile. C'est surtout une question que je voulais vous poser.
C'est quoi le parcours des personnes que vous rencontrez ? Comment est-ce qu'elles en viennent à arriver à la rue ? Il y a vraiment une immense diversité ?
Je pense qu'il n'y a pas forcément de gros... C'est difficile à vraiment dire. Je pense qu'il y a un tissu peut-être de famille qui... Enfin, mon avis, il y a pas mal d'accidents de la vie qui font qu'il n'y a personne derrière ou... Finalement, j'avoue que c'est assez difficile.
Il y a... Il faut être honnête, il y a une majorité quand même de gens aujourd'hui sans-arbit qui sont issus de l'immigration parce qu'il y a plus en plus de flux migratoires et qui... Même si on a un gouvernement qui essaye plutôt de pas forcément... Donc sans-arbit et sans-papier, du coup, c'est ça que tu veux dire ? Voilà, aussi. Et sinon, sur les profils, on va dire, de personnes un peu hors flux migratoires, ça peut vraiment être des parcours assez variés, une séparation, une perte d'un travail, une incapacité de travail, on perd les revenus. Après, il y a aussi quand même un truc qui fait que la précarité entraîne la précarité.
Quand vous êtes dans la précarité, on estime qu'il faut à peu près six générations pour sortir de la précarité. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que si vous êtes dans la précarité et qu'après, vous avez des enfants qui ont des enfants qui ont des enfants, en moyenne, on estime qu'il faut six générations pour qu'en moyenne une personne puisse sortir de cette précarité-là. La reproduction sociale est tellement forte qu'on estime six générations pour sortir. D'accord. C'est assez impressionnant. Est-ce que vous avez un avis sur les débats politiques qu'on a actuellement quand on parle du RSA ? Les allocataires du RSA vont devoir faire 15 heures de travail par jour.
Je suppose que vous en rencontrez vous, des allocataires du RSA. Ou alors, il y a aussi un problème de non-recours ?
Oui, il y a un peu les deux. Je pense que tout ce qui est démarche administrative, c'est un petit peu compliqué. Je pense qu'on ne se rend pas compte de toutes les problématiques qu'ils ont au quotidien. Du coup, être très régulier pour faire vraiment tout pour avoir le RSA, c'est assez rare. Au final, il n'y a pas tant de monde qui l'a. Et pour ceux qui l'ont, ce n'est absolument pas suffisant pour avoir un logement et subvenir à ses besoins en général. Et du coup, travailler pour avoir ça, je demande à voir.
Oui, je suis d'accord avec toi. Je me suis trompé. Ce n'est pas 15 heures par jour, c'est 15 heures par mois, je crois. C'est la conditionnalité qui a été mise dans la nouvelle loi. Toi, Ava, qu'est-ce qui t'a surpris chez les personnes que tu as rencontrées quand tu as commencé ? C'est toujours pareil. Comme on disait, il y a beaucoup d'a priori sur les comportements, sur l'alcool, sur des choses comme ça. Moi, je sais que quand je discutais en tout cas avec eux, la première chose qu'ils me disaient, c'est non, mais moi, je ne veux pas d'alcool ou machin. Je veux juste... Je disais, qu'est-ce qui te ferait plaisir ?
Je posais la question et des fois, c'était des choses où je m'attendais vraiment parce que soit ils avaient faim ou ils me disaient non. En fait, on arrive à se débrouiller là-dessus, mais un petit plaisir qu'on ne peut pas avoir... Excusez-nous, il y a eu un petit problème. Excuse-moi, pardon. T'inquiète, c'est pas de souci. Et du coup, il y avait ce côté-là et à chaque fois, c'était une fatigue de... Non, là, c'est bon, j'ai ma dose, j'ai envie d'y arriver. Il y a une volonté de s'en sortir. Ce n'est pas des gens qui ont abandonné, en tout cas ceux avec qui j'avais discuté. Ils n'étaient pas à se dire bon, voilà, c'est fini pour moi. Non, il y avait toujours cette volonté de...
Il y aura mieux ou je vais partir un endroit ou machin, en tout cas avec ceux que j'avais discuté, c'était comme ça. Donc, non, non, pour moi, c'est des gens à qui il faut juste à un moment donné la bonne rencontre. Comme si c'est un facteur chance, c'est à peu près pareil pour tout le monde. La bonne rencontre qui te donne la chance d'avoir un emploi qui permet derrière peut-être de sortir de cette précarité-là, tout le monde ne l'a pas, mais c'est juste un facteur chance. Et si on peut la provoquer avec ça... Non, mais je suis bien d'accord. Comment est-ce que vous, dans ma rue, vous vous situez d'un point de vue organisationnel, institutionnel ?
Vous êtes en lien avec d'autres associations ? Vous êtes en lien avec la préfecture de police ? Avec la mairie ? Comment vous vous situez ?
On participe aux Coordinations de Maraud. C'est du coup une réunion où tous les acteurs du social se retrouvent et on discute. On va faire des signalements s'il y a quelqu'un qu'on ne voit plus sur un trajet. Du coup, on s'inquiète un petit peu. C'est comme ça qu'on arrive un petit peu à suivre, grosso modo. Et voilà. C'est un petit peu la plus grosse... Et vous bossez aussi
avec le SAMU social. C'est quoi le SAMU social ? Par rapport à vous ?
C'est eux qui organisent ces réunions-là.
Donc c'est eux qui coordonnent les...
Les Marauds. La coordination des Marauds, c'est lié à ça, effectivement.
D'accord.
Et tout plein d'autres acteurs du social tels que nous.
Ils ont plusieurs missions. Le SAMU social, ils gèrent le 115 déjà, qui est le numéro d'appel qui permet aux personnes de la rue d'éventuellement avoir une place d'hébergement pour la nuit ou pour quelques nuits. Ils gèrent aussi un parc de logement pour l'État. Il y a à peu près 40 000 logements sur Paris. Et ils font ce qu'on appelle les réunions de coordination des Marauds où toutes les Marauds professionnelles et associatives comme la nôtre sont réunies deux à trois fois par an par arrondissement pour évoquer divers sujets d'actualité, notamment les JO.
Et aussi des situations personnelles quand on s'inquiète, comme je disais Marion, de certaines personnes qu'on ne voit plus ou qui dépérissent entre guillemets ou qui ont des problèmes. Avat en a parlé tout à l'heure. Le 9 octobre dernier, donc c'était vraiment il y a moins de 20 jours, la préfecture de police de Paris avait pris un arrêté et le 19ème arrondissement. Les Marauds entre le 10 octobre et le 10 novembre, si je ne dis pas de conneries. Les distributions alimentaires. Les distributions alimentaires. Qu'est-ce que vous en pensez de cet arrêté ? C'est plutôt les distributions alimentaires fixes que les Marauds comme nous qui sommes mobiles. Ah d'accord, ok.
Mais ça concernait quand même énormément d'associations et même de citoyens qui faisaient des Marauds, des distributions plutôt citoyennes autour de la place du colonel Fabien. Et on a trouvé ça plutôt scandaleux, je pense, comme toutes les associations. Et heureusement, l'arrêté a été... Oui, c'est ça. Vous n'êtes pas les seuls puisque la justice aussi a trouvé ça scandaleux et a suspendu... La juridiction administrative a suspendu cet arrêté de la préfecture en estimant qu'il n'y avait pas de trouble à l'ordre public avéré et que c'était une connerie. Mais c'est quand même assez inquiétant de voir les pouvoirs publics maintenant chercher à mettre des bâtons dans les roues aux associations.
L'idée, c'est vraiment de pousser les personnes en dehors de la ville. Enfin, il n'y a pas de...
Non, mais clairement.
Et je peux entendre que quand il y a des distributions alimentaires, du coup, mais il y a rarement des débordements, il n'y a vraiment pas de problématiques et dans tous les cas, si on supprime une distribution alimentaire d'un côté, il n'y aura plus personne de l'autre. Donc, quelque part, c'est pas...
Et toi, Ava, toi aussi, ça te fait réagir, cet arrêté, cet exemple, t'en parlais tout à l'heure. Ah oui, mais moi, quand j'ai vu passer ça, j'ai vraiment demandé parce que je l'ai découvert en live si c'était un fake. Je n'arrivais pas du tout à croire, même si ça a été enlevé aujourd'hui, je ne comprends pas à quel moment, humainement, c'est un truc qui peut être validé. C'est le... Enfin, tu ne peux pas enlever le... Enfin, c'est ce qu'ils ont pour vivre, c'est ce qui reste. Enfin, je veux dire, c'est des gens, on ne peut pas déshumaniser comme ça, c'est pas possible. Donc, moi, j'étais scandalisée, mais surtout, vraiment, j'ai cru que c'était un fake. Je n'y ai pas cru.
Ouais, ça ne m'étonne pas. Moi aussi, je trouve ça incroyable. Mais bon, heureusement, la justice est passée par là et normalement, ce type d'arrêté, du coup, n'aurait plus pouvoir être pris par une préfecture. C'est quoi le message que vous auriez envie de lancer aux personnes qui nous écoutent, qui ne savent pas si elles peuvent s'engager ou pas ? Est-ce qu'il y a un message ?
Bon, oui, carrément. L'idée, c'est déjà de... Dans un premier temps, avant même de se mettre dans une association et de s'investir vraiment, de donner du temps, juste un petit regard, un peu d'intérêt, un sourire, enfin, c'est vraiment pas beaucoup. Pour ces personnes-là, ça fait énormément qu'ils se sentent très invisibles. Et ensuite, en ce qui nous concerne par rapport à l'investissement et aux bénévolats, on fait des marauds tous les samedis entre 14h et 18h. Ça dépend des antennes parce que là, on a parlé de l'antenne du 10e, mais on est aussi présents dans le 13e à Vincennes, donc sur ce même format. Et voilà, l'idée, c'est de venir où il n'y a pas d'engagement.
Je trouve que c'est cool même de venir pour découvrir un petit peu qu'est-ce que c'est que cette action-là. Et nous, ça nous arrangerait même si les gens reviennent plusieurs fois parce qu'en termes d'organisation, c'est plus sympa d'avoir des gens qui reviennent souvent.
Mickaël, toi, tu m'expliquais que tu es sur le 10e arrondissement. Le 10e arrondissement, c'est un arrondissement un peu particulier à Paris. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est là où il y a la Gare du Nord et c'est un arrondissement qui pourrait paraître central quand on regarde sur une carte, mais qui en réalité est très, très populaire. Oui, il y a un peu deux phases dans le 10e arrondissement. Il y a un côté assez bobo, un peu branché, un côté plus populaire. Après, on a Gare du Nord, Gare de l'Est, donc c'est vrai que c'est quand même, même pour le SAMU social, c'est du gros travail et tous les acteurs associatifs.
Donc oui, c'est vrai que c'est assez particulier comme arrondissement. Il y a toutes les startups, tous les restos et tout ça, tout au lieu de Saint-Martin. Moi, c'est là où je travaillais et en bas, on les voyait, genre à même, en dessous des ponts, des choses comme ça, en remontant vers Stalingrad et plus ça avançait et plus ils se mettaient où ils pouvaient. C'est normal. Il y a vraiment beaucoup dans cet arrondissement-là, c'est vrai que c'est celui où on croise plus de gens. Où est-ce qu'on peut vous retrouver ? Dans ma rue, où est-ce qu'on peut en savoir plus sur votre association, voire vous rejoindre ? Dites-nous tout.
On est partout, on est sur Internet, on a un site web, on a Instagram aussi. Via Instagram, dans la description, on peut s'inscrire avec un petit lien qui est dans la description. On a Facebook, on a LinkedIn, mais on n'est pas trop dessus, donc ça ne sert à rien d'y aller.
Et du coup, on peut vous contacter facilement pour devenir...
Oui, c'est vraiment simple. Il y a un lien et il y a tous les créneaux de maraude qui sont encore disponibles. S'il est visible, c'est qu'il y a encore de la place. Et donner son prénom et terminer un mail, un numéro de téléphone.
D'accord, très bien. Eh bien écoutez, attendez, je vais juste regarder parce que vous l'avez dans le chat du coup, le site Internet de l'association Dans ma rue. Oui, c'est ça, vous l'avez sur le chat. N'hésitez pas. Ça c'est nickel, surtout n'hésitez pas. Merci beaucoup à vous deux d'être venus sur le plateau de Backseat. Merci aussi à toi, Ava. On te retrouve donc le 8 novembre prochain au Grand Rex et le reste du temps sur ta chaîne Twitch. Exactement. Merci beaucoup à vous trois. Un teneur d'applaudissements pour nos invités, chers amis. Et on va se mettre un petit générique et on va commencer notre émission Backseat. A tout de suite après le générique.
Toutes et à tous, bienvenue sur Backseat. Bonsoir ! Bonsoir chers publics. Merci d'être là. Vous êtes extraordinaires. Merci de nous rejoindre. Chaque semaine, ça fait super plaisir de vous retrouver. Merci à vous. Si vous nous écoutez en replay, non, si vous nous regardez en replay sur YouTube et si vous nous écoutez en podcast, très heureux de vous accueillir chers amis. Je ne suis pas tout seul. On va parler de l'actualité de la semaine et je suis avec mes chroniqueurs et chroniqueuses préférées et surtout une nouvelle cette semaine. On est avec Lorraine Lolo. Salut Lorraine ! Salut ! Ça fait plaisir de t'accueillir sur le plateau de Backseat. Bah de même, ça fait plaisir d'être là.
Bah écoute, c'est cool Raphaël, tu es journaliste et tu es cofondatrice de la Cité des Chances. Ouais ! C'est quoi Cité des Chances ? Cité des Chances, en gros, c'est une asso qui a vocation à faire en sorte que les jeunes de banlieue et de quartier populaire s'intéressent à la politique. Du coup, on fait des ateliers pratiques dans tout ce qui est lycée, maison de jeunesse, dans la rue, en fait un peu partout, là on trouve des jeunes. Et voilà, ça fait 5 ans qu'on existe maintenant. On est dans toute l'Île-de-France et on espère bientôt élargir à d'autres régions. Voilà, voilà. Et bah c'est super, tu es par allure élue locale dans la ville de Fosse. Ouais, ouais, ouais. C'est énorme ça.
Depuis 2020. 2020, les municipales de 2020 a été conseillère municipale. C'est ça, c'est ça, c'est ça. Même si personne ne sait concrètement qu'est-ce que c'est. Moi, j'essaye de leur expliquer mais ouais. Du coup, concrètement, c'est quoi ? Vas-y, explique. Concrètement, c'est quoi ? Bah en fait, du coup, je fais partie du conseil municipal. Donc, je suis dans la majorité. Donc, l'équipe du maire, en fait, de la maire d'ailleurs parce que le maire a été élu sénateur du coup. Là, au dernier, c'était un sénatorial Pierre Barros dans le Pâle d'Oise. Pardon, excusez-moi. Du coup, c'est la deuxième de l'île qui devient maire. À part au cumul des mandats, tout ça, c'est interdit.
Je vous l'ai déjà expliqué. Voilà, voilà.
Et du coup, on discute de choses et d'autres, de la cantine, du conseil municipal des jeunes,
du trottoir qui est abîmé. Enfin, bref, un peu tout. Tout ce qui concerne en tout cas la ville et on s'engueule parfois, beaucoup, parce qu'il y a plusieurs parties et moi, du coup, je suis une élu citoyenne donc je n'ai pas de parti politique même si je suis partie d'un conseil municipal de gauche, d'une majorité de gauche. Mais il n'y a pas de parti ? Le maire n'a pas de parti et il y a des partis, enfin, les autres adjoints ont des partis, par exemple. Donc, c'est gauche plurielle, quoi. Ouais, c'est ça. On a fait la NUPES avant l'heure. Ils étaient en retard, enfin. Eh bien, merci à toi d'être avec nous, Lorraine. Très content de t'accueillir sur ce plateau. On est aussi avec Usul.
Salut, Usul. Bonjour. Moi, je ne connaissais pas Pierre Barros. Oui, mais ça, c'est dans le pokédex des parlementaires. Usul, toi, tu es chroniqueur sur Blast, où tu présentes l'émission Rhinocéros chaque dimanche et tu es chroniqueur sur Backseat. Aussi, ouais, ouais, ouais. Et tu n'es pas élu. Non, toujours pas. Pourquoi ? Non, en vrai, Usul. Ça va venir, ça va venir. Justement, j'allais te demander, ça t'a déjà carrécé l'esprit ? Jamais de la vie. T'as vraiment pas envie d'être élu. Non, non, mais je réponds toujours, c'est particulièrement à propos ces temps-ci, que les élus, ça va, ça vient. En attendant, Elkabaché du Hamel, ils sont toujours là.
Bon, alors, ça ne marche plus maintenant, ma formule. Ça marche moins bien. Voilà. Bon, Duhamel est toujours là avec toute sa famille, etc. Voilà. Donc, j'ambitionne de créer aussi une dynastie comme Duhamel. De petits Usul qui vont commenter les trucs. On va leur demander leur avis. On va dire, ah oui, c'est intéressant ce qu'il dit et tout. Voilà. Donc, ça, ça va être ça. Bon, il faut que je m'y mette par contre, parce que là... Mais blaguez pas. Ouais, il va falloir s'y mettre. Je t'expliquerai comment on fait. Il y a des tutos sur Internet, tu verras. C'est n'importe quoi. Chers amis, on va se mettre un petit jingle. C'est parti pour les actus de la semaine.
Alors, dans l'actualité cette semaine, on va être rejoint, excusez-moi, j'ai oublié de le préciser, on va être rejoint par un troisième chroniqueur. Lui aussi, un nouveau, presque un nouveau à qui on a proposé de venir, c'est Raphaël Emsalem. Raphaël Emsalem qui était invité il y a deux semaines quand on a parlé de la situation au Proche-Orient et là, il va quitter le costume d'invité pour prendre le costume de chroniqueur de Backseat. Je lui ai proposé de nous rejoindre et là, il a du retard à cause des transports en commun donc il va nous rejoindre.
En tout cas, dans l'actualité cette semaine, chers amis, on a une actualité particulièrement brûlante et c'est toujours pareil depuis 15 jours, c'est la situation au Proche-Orient. Il se trouve que Emmanuel Macron, le président de la République, est actuellement en déplacement au Proche et au Moyen-Orient. En Israël, il est allé. Dans les territoires palestiniens, il est allé. C'était lundi. Il a annoncé, par exemple, vouloir élargir la coalition contre Daesh à une coalition internationale contre le Hamas qui a pris de court absolument tout le monde. Il y a même eu un démenti de l'Elysée pour dire non, non, l'écoutez pas, il dit des conneries et puis ensuite, il a redit un peu.
Donc, en fait, du coup, tout le monde est un peu sur le cul. Il a aussi annoncé que la France allait apporter une aide humanitaire à Gaza, notamment via l'envoi d'un navire hôpital, un navire de guerre et puis la France va aussi donner des moyens supplémentaires à l'hôpital jordanien dans la bande de Gaza et aujourd'hui, Emmanuel Macron, priorité au direct, dernière information, Emmanuel Macron a mis en garde les Israéliens contre la tentative d'une offensive terrestre massive qui serait, je cite Emmanuel Macron, une erreur et il rencontrait le président égyptien Al-Sissi plus tard dans la journée. Voilà pour le décor de cette actualité. On est à un moment important.
Est-ce que tu penses, Jules, qu'il avait raison de se rendre sur le terrain Emmanuel Macron ? C'était un peu un passage obligé mais ce n'était pas non plus un passage très attendu par les acteurs locaux qui n'ont à peu près rien à foutre de ce que Macron va venir. Non, mais vraiment, c'est pas une parole. La France, ça compte pas, tu penses ? Ça compte plus. Ça compte plus. La parole, elle est alignée plus ou moins sur celle de Netanyahou et de Biden aussi parce que Biden est venu aussi dire « Oh, on a fait des erreurs aussi avec le 11 septembre, il faudrait voir à ne pas y aller trop fort. » Et Macron n'a même pas allé jusque là, si vous voulez, quand il y était.
Donc, bon, non, il n'y a pas eu de truc extraordinaire à part cette force. Alors ça, c'est très étonnant. Ça a étonné tout le monde, d'ailleurs. Ouais, ouais, carrément. Même à l'Elysée, voilà, le truc sorti du chapeau. Qui y va ? Pourquoi ? Comment ? Sur le modèle de quoi ? On est encore dans le flou complet. Est-ce qu'il faut qu'on aille, du coup, nous aussi bombarder à Gaza ? C'est très, très étonnant. Il y a 15 jours, quand on a abordé ce sujet-là, on parlait du caractère structurant de ce débat en France. Qu'est-ce que toi, t'en as observé, Lorraine, de l'effet qu'a...
Alors, peut-être pas cette visite d'Emmanuel Macron, mais du gloubi-boulga diplomatico-humanitaire qui est en train de se mettre en place ? En fait, la visite d'Emmanuel Macron, elle était forcément attendue. Mais le truc, c'est que oui, effectivement, sa déclaration a pris tout le monde de court. Ça, c'est sûr. Mais effectivement, le président, en fait, en termes d'affaires étrangères, ça reste un peu le big boss. Donc, il fait un peu ce qu'il veut. Même si l'Elysée est pris de court, il fait ce qu'il veut. Après, là, le truc, c'est que pour moi, c'est un peu flou tout ça. parce que d'un côté, on a eu, du coup, en France, on a eu Yael Brown-Pivet, du coup, qui disait...
La présidente de l'Assemblée nationale. La présidente de l'Assemblée nationale qui disait, en gros, voilà, Israël a le droit de se défendre, etc. Même au prix de vie civile, carrément. Yael Brown-Pivet est allée assez loin dans ses propos, effectivement. C'est ça. Mais du coup, elle a été soutenue ensuite par Elisabeth Borne, même si elle a un petit peu tempéré quand même, je trouve. Elle a plus, voilà, dit... on peut plus parler des victimes palestiniennes, etc. Mais je trouve qu'elle a... Voilà, elle n'a pas non plus démenti totalement ce qu'elle a dit. Donc, en fait, au final, cette visite, on ne sait pas trop quoi...
Enfin, moi, en tout cas, je ne sais pas trop quoi en ressortir, au final, parce qu'il prévient de tout ce qui est offensif sur le terrain, sur Terre, mais il ne demande pas le cessez-le-feu. Donc, c'est le haut en même temps. C'est une forme de en même temps, ouais. Biden aussi avait essayé justement de faire en sorte que cette offensive soit retardée, parce qu'elle complique tous les marchandages qu'il peut y avoir avec les otages, qu'il s'agirait quand même de libérer. Et si on bombarde tout n'importe comment, les tunnels, les machins, les otages sont probablement dans les tunnels. Et voilà, donc Biden avait fait un peu la même chose.
Donc, il s'agit de retarder, mais il n'y a pas de demande claire de cessez-le-feu. Il n'y a pas eu un... Enfin, alors oui, il est allé voir Marmoud Abbas un petit peu après, mais enfin, ce n'est pas non plus d'une utilité énorme. Marmoud Abbas, dans la situation, n'a pas non plus un rôle clé. Et c'était plutôt un message pour dire regardez, je fais-le en même temps. Mais on fait quoi aujourd'hui ? Là, j'ai vu Amnesty aujourd'hui qui a appelé un... C'est le feu immédiat, la situation même humanitaire, sanitaire, c'est-à-dire même pour les gens qui n'ont pas été bombardés. Même si vous n'avez pas été tués, vos enfants n'ont pas été tués, vous avez eu jusqu'o là, vous avez eu du bol.
Il n'y a pas d'eau, les hôpitaux, ils fonctionnent avec normalement des batteries où il y a besoin de carburant pour faire fonctionner le truc. On interdit toute rentrée de carburant ou alors très peu. Avant, c'était en temps normal, c'était 500 camions qui arrivaient par jour pour ravitailler Gaza qui est sous blocus, qui est sous un blocus illégal. Il n'y a même plus de l'essence. Depuis des années. Et là, maintenant, en ce moment, c'est 50 camions qui passent au compte-goutes. Donc, les gens vont avoir faim, les gens vont devenir malades très certainement parce que l'eau n'est pas bonne et où est la parole de la France là qui, je pense, aurait du mérite à fermer une voix forte là-dedans.
Pour le coup, le fait qu'Emmanuel Macron envoie un bâtiment hôpital pour soutenir et qu'il apporte un soutien à l'hôpital jordanien à Gaza, est-ce que ce n'est pas suffisant pour toi ? L'hôpital jordanien dans Gaza ? Dans Gaza, oui. Est-ce que les trucs vont rentrer aussi ? Ça, j'en sais rien. C'est ça le truc ? Qu'est-ce qui rentre là pour l'instant ? Qu'est-ce qui rentre ? Il n'y a pas grand-chose qui rentre. Lorraine ? Franchement, je ne sais même pas quoi dire parce que c'est vraiment lui en même temps parce qu'il ne met pas de stop sur le fait qu'on les bombarde mais du coup, après, il envoie de l'aide humanitaire.
Je pense que lui-même, il ne sait peut-être pas sur quel pied danser en fait, finalement. Il y a quelqu'un qui demandait dans le chat si c'est fréquent que le président de l'Assemblée nationale se rende à l'étranger. La réponse est non. C'est assez inhabituel qu'un président de l'Assemblée nationale ou une présidente se déplace à l'étranger. Il n'y a pas de rôle diplomatique dans la Constitution pour l'Assemblée nationale. On va être très clair là-dessus. Ça fait partie de la politique menée par le gouvernement sous le contrôle de l'Assemblée nationale avec le fait majoritaire. Tout ça, je vous l'explique sa semaine, vous connaissez.
Mais un président de l'Assemblée nationale qui va à l'étranger, en général, c'est pour des visites diplomatiques d'ordre quasi de courtoisie. Je me souviens de Claude Bartholone, ancien président de l'Assemblée, qui avait fait une grande tournée dans les pays d'Afrique francophone. Socialiste. Mais c'était socialiste et c'était à la fin du quinquennat. Donc, il n'était pas vraiment là pour porter quoi que ce soit. Là, Yael Broun-Pivet s'est rendue directement sur le terrain. Elle l'a justifiée en faisant remarquer qu'elle s'était rendue sur le terrain à Kiev dès le début aussi de la guerre en Ukraine.
Donc, peut-être qu'on est en train de voir effectivement une nouvelle diplomatie parlementaire. Le truc que je trouve et j'aurais probablement préféré ça parce qu'il y a eu un débat. Vous avez pu le suivre en direct sur Twitch avec moi. C'était lundi dernier. On a un extrait parce qu'au cours de ce débat, il y a un monsieur qui est le président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale qui s'appelle Jean-Louis Bourlange. C'est un centriste du Modem qui préside cette commission et qui a pris la parole à la fin du débat pour proposer une forme de synthèse de ce qu'il a entendu tout au long de l'après-midi. Je vous propose qu'on regarde cet extrait et on en parle après.
L'essentiel de cette de cette Assemblée est d'accord sur des choses assez claires. Qui d'entre nous estime que ce qui s'est passé le 7 octobre ne relève pas de la barbarie la plus absolue ? Qui peut effectivement regarder, écouter ce qui vient d'être dit par l'orateur précédent sans être profondément ému, bouleversé par les souffrances décrites ? L'immense majorité d'entre nous se retrouve. Pour autant, est-ce que cette immense majorité ne se retrouve pas aussi sur l'idée qu'il ne peut pas y avoir de paix durable au Moyen-Orient en terre de Palestine s'il n'y a pas à un moment une prise en compte en termes adéquats, en termes appropriés des aspirations légitimes du peuple palestinien ?
Voilà, donc c'était ce petit extrait qu'on a choisi de Jean-Louis Bourlanche qui je trouve synthétise effectivement une grande partie de ce qui met d'accord quand même l'écrasante majorité des députés dans le débat qu'on a entendu. Du coup, c'est comme d'hab, ça produit, je l'ai vu dans le chat, un effet un peu comme Charles de Courson, c'est-à-dire dès qu'il y a un mec qui a à peu près les pieds sur terre, un peu de culture politique, un peu de recul et tout, on dit « Waouh, mais il est génial lui ! » Non, c'est juste que les autres sont des fous furieux. Lui, il est normal.
Et quand je dis « les autres sont des fous furieux », je pense notamment à la position de Yael Brown-Pivet et de quelques autres. Elle est contestée au sein même, il y avait un article sur Mediapart qui parle des faucons de l'Assemblée nationale qui a devancé y compris les faucons dans le sens comme Bush. Oui, c'est ça, comme les conservateurs américains. Le camp de la guerre, le camp du choc des civilisations, c'est ça les faucons, c'est ceux qui ont voulu, ceux contre qui, évidemment, Dominique de Villepin a dit « nous, on ne fait pas la guerre, normalement ».
Là, on est dans une situation où l'Assemblée nationale est remplie de faucons où, en plus, le Quai d'Orsay n'est pas nécessairement aligné sur cette position et d'autres députés macronistes se plaignent même que le débat n'ait pas pu avoir lieu. Or, la voix de Yael Brown-Pivet engage plus qu'elle-même, évidemment. Il y a aussi un truc paradoxal qui a été, enfin paradoxal, étonnant pour beaucoup d'observateurs qui a été souligné par pas mal de monde. peut-être Raphaël ? Non, Salem, merci à toi d'être avec nous ce soir. T'inquiète, tu as eu un problème dans les transports, il n'y a aucun problème, on comprend.
Raphaël, je te présente rapidement, tu es responsable d'études au sein d'un think tank qui s'appelle Génération Libre dont on n'a pas beaucoup parlé la dernière fois que tu es venu parce que tu étais notre invité, cette fois-ci, tu es chroniqueur. C'est quoi Génération Libre ? C'est quoi ton parcours ? Explique-nous. Alors, Génération Libre, c'est un think tank.
Un think tank, c'est un laboratoire d'idées, c'est-à-dire qu'on produit des rapports qui visent à faire des propositions concrètes de politique publique sur les libertés publiques, sur l'état de droit, sur la santé, sur l'économie et le but après, c'est d'aller auprès des médias et auprès des décideurs politiques pour tout simplement essayer de défendre des idées, nos convictions et donc dans ce cadre-là, je m'occupe de trouver des auteurs, des sujets, de suivre la publication de rapports, etc. Et alors, dans ce think tank Génération Libre, il y a une particularité, c'est que c'est un think tank libéral. Oui. Pas forcément un gros mot, mais je suis curieux.
Qu'est-ce que tu mets, toi, derrière la notion de libéralisme ? Je mets la notion de dignité. C'est-à-dire que le fondement du libéralisme, tel qu'il était conceptualisé par John Locke, Benjamin Constant, John Rawls, c'est l'idée que, du fait d'être un être humain, on a une dignité des droits politiques afférents. L'ensemble des droits politiques qui sont reconnus par la Constitution, par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, vise précisément à reconnaître cette phrase de Paul Ricoeur qu'Emmanuel Macron a d'ailleurs oublié dans sa réforme du RSA, que quelque chose est dû à l'être humain, du seul fait d'être humain.
Et je pense que c'est ça, être libéral, c'est la défense du propre, la défense du sujet. Et ça passe par tout un tas de dénominations, les libertés publiques, assurer un revenu d'existence pour tous, allier les libertés personnelles et les libertés, je dirais, sociales. Ok. Merci à toi pour cette description un peu rapide. Et juste avant de te présenter, je commençais, on était en train de parler du débat à l'Assemblée nationale lundi. On a eu aussi la prise de parole de Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement, non, c'est plus la présidente du Rassemblement national, pardon, c'est la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale qui apportait un soutien à Israël.
Ça, ça a pu surprendre pas mal de monde. Moi, il y a un truc qui ne m'a pas surpris, c'est son nationalisme. Parce que pour le coup, elle a critiqué la position de Macron trop européen, trop proche des États-Unis. Il faut une voix de la France autonome, indépendante, beaucoup plus gaulo-mitterrandiste que ce que fait Emmanuel Macron. C'est surprenant et à la fois peu surprenant d'entendre Marine Le Pen dire ça, Usul ? Je ne sais pas. Après, est-ce qu'il faut s'étonner du franc soutien de Marine Le Pen à un État ethno-nationaliste ? Je pense que ça match aussi avec certaines représentations qu'elle peut avoir. Donc, je ne sais pas.
C'est le côté des nationalistes qui s'entendent bien où qu'ils soient, c'est ça ? Oui, c'est l'extrême droite qui est au pouvoir en Israël. Donc, dans une certaine mesure, les libertés que s'offre le gouvernement israélien dans sa riposte, elle aimerait bien pouvoir avoir la même si jamais il y a une crise, etc. C'est une culture politique commune qui est celle de l'État autoritaire d'extrême droite. Sans multilatéralisme et avec du multilatéralisme. Oui, après, je pense que ça rejoint ce que j'exprimais la dernière fois, à savoir que le Rassemblement national est dans une stratégie qui est celle d'une forme de philo-sémitisme.
C'est-à-dire qu'au fond, il y a une guerre des civilisations, pour le dire clairement. Les musulmans, en tout cas les plus radicaux, sont les figures d'un renversement civilisationnel. Et donc, dans ce cadre-là, Israël, pour elle, un cas, une forme de rempart au djihadisme, etc. Donc, on défend toute personne attaquée par des musulmans, par principe. C'est un peu ce qu'il y a dans sa tête. Mais c'est là où il y a une hypocrisie. C'est que le... Et ça a été rappelé hier, il y a le président de l'UEGF qui était... L'Union des étudiants juifs de France. Convoqué dans le groupe d'études sur l'antisémitisme à l'Assemblée nationale.
Il y a plusieurs groupes d'études à l'Assemblée, dont un sur l'antisémitisme. Et il a eu un représentant du Rassemblement national à qui il a renvoyé, évidemment, à son passé, à ses rapports établis avec Axel Lousteau et Châtillon. Alex Lousteau. Axel Lousteau et Châtillon. Donc, pour dire que... Des antisémites notoires. Là-dedans, il y a une très grande hypocrisie de la part de Marine Le Pen. Je pense qu'il faut le constater. Lorraine, toi, tu as été surprise aussi par une déclaration de Gérald Darmanin sur, je cite, le djihadisme d'ambiance. Tu peux nous en parler ? C'est quoi cette histoire ? Totalement.
En fait, Gérald Darmanin, en tant que ministre de l'Intérieur, il a rencontré les autres ministres de l'Intérieur Européen suite aux attentats qu'il y a eu en France avec le professeur qui a été malheureusement assassiné. Et en fait, il a utilisé du coup le terme djihadisme d'ambiance pour faire un lien avec ce qui se passe du coup à Gaza, ce qui se passe par rapport à la guerre et ce qui se passe du coup en France. Alors même que à l'heure actuelle, malgré le fait que les assaillants ont été interrogés, etc., il n'y a pas eu de lien clairement établi entre ces deux situations.
Donc, en fait, il y a de la récupération politique, en fait, il se sert de cette situation pour, en fait, de nouveau, taper sur les musulmans. Non, c'est Darmanin. Est-ce qu'on est choqués ? Non. Je rejoins assez ce que vient de dire Lorraine. Et j'ai, pour ma part, été assez... Comment dire ? Il y a eu cette séquence, vous savez, où il y a eu le Takbir qui a été dit dans un rassemblement pro-palestinien il y a une semaine à peu près. Et tout le monde a commencé à hurler « Oui, attention, l'islamisme, machin ». Je comprends que le contexte appelle à ce que certains signaux puissent faire peur et puissent déranger.
En revanche, il ne faut pas mésestimer non plus le fait que le Takbir est récité cinq fois par jour dans des mosquées, que c'est un chant, enfin, un énoncé élémentaire de l'islam et qu'en ce sens-là, on ne peut pas l'associer directement à une expression de terrorisme. Ben non, c'est sûr. Parce que si on le fait, on est en train d'expliquer qu'au fond, les musulmans... Tout musulman est un terrorisme, quoi. En germe, en tout cas. Oui, en germe. Et puis, en fait, en gros, rester musulman dans le cadre privé. Et c'est quelque chose qui est assez dérangeant. Moi, je crois beaucoup dans cette synthèse parce que je la défends dans ma vie personnelle.
Je pense qu'il y a une synthèse heureuse qui est possible entre vie active religieuse et investissement dans la cité. Usul, quand on préparait l'émission, tu me parlais de ce que toi, tu observes qu'a comme effet sur les jeunes, cette guerre, ce conflit, ce qui s'est passé le 9 octobre et pour toi, le signal du début de quelque chose. Tu peux t'en parler ? J'ai l'impression de ce que je vois sur les réseaux et puis même dans les manifestations à proprement parler qu'il y a quelque chose qui est en train de se réveiller à propos de jeunes qui ne se mobilisent que très rarement pour des causes internationales. C'est vrai. L'Ukraine, bon, ça n'a pas mobilisé plus que ça.
Et là, il y a quelque chose parce que ce conflit fait quand même écho à beaucoup de choses évidemment de la société française. On l'a beaucoup rappelé, mais en France, il y a la plus grande communauté musulmane d'Europe puis la seconde, je crois, communauté juive du monde. Donc, c'est évidemment ça match avec plein de trucs. Mais surtout, il y a quelque chose qui m'a rappelé un peu l'engagement de la jeunesse pour le Vietnam à ce moment-là. C'est-à-dire un conflit complètement asymétrique entre un colonisateur ou ex-colonisateur, un conflit impérialiste où il y a le camp de l'Occident, etc. Et un conflit, ouais, voilà, asymétrique.
Donc, il y a une injustice qui est perçue et qui fait que ça dépasse complètement presque la situation de là-bas. Il y a des valeurs qui sont engagées un petit peu de tous les côtés et j'ai l'impression que ça parle à une jeunesse qui évidemment fait des liens. Tu ne peux pas l'empêcher de faire des liens. Ça s'appelle « penser politiquement la situation ». Oui, mais c'est intéressant ce que tu dis sur le Vietnam parce que le Vietnam a effectivement été un canalisateur et un engageur de toute une génération d'Américains, de jeunes Américains qui se sont politisés en fait simplement pour utiliser ce mot pour une fois.
C'était une jeunesse qui était internationaliste et cet internationalisme aujourd'hui, il est peut-être un petit peu perdu. Il s'est peut-être un petit peu perdu et on est en train de le retrouver là sur ce conflit-là qui là en effet mobilise plus que je ne sais pas le Haut-Carabage ou l'Ukraine. Qu'est-ce que tu en penses toi Lorraine ? Moi, je suis assez d'accord que ça a fait appel à tout ce qui concernait la guerre du Vietnam parce qu'effectivement, il y a eu des manifestations même si elles ont été interdites. La situation était un peu floue et au final, ça a été contesté par le Conseil d'État. mais en fait,
effectivement, il y a pas mal de jeunes qui partagent des posts sur Instagram
et moi, ce qui m'a aussi frappée, c'est qu'il y a pas mal d'influenceurs qui ont été poussés à prendre la parole. En fait, il y a carrément des influenceurs et influenceuses qui ont été harcelés parce qu'ils ou elles n'avaient pas pris la parole. Je te confirme. Et je trouve que ça fait un... Non, mais c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai, il y a une engine de chaud à prendre la parole. Justement que ça touche la jeunesse et que dans ce cas-là, oui, ça politise certaines personnes. Après, moi, je suis quand même prudente sur le fait de... Est-ce que ça va vraiment politiser la jeunesse ?
Parce que je trouve que, par exemple, sur Black Lives Matter, par exemple, j'ai vu énormément de jeunes dans la rue, etc. Après, est-ce que ça s'est traduit politiquement aux prochaines élections ou dans des engagements associatifs, etc. C'est pas ça, politiser. Politiser, c'est penser la situation de manière politique. C'est pas nécessairement est-ce que ça se transforme en acte de vote derrière. Ça se fait la cité des chances. Il faut que ça vote au bout d'un moment. Ouais, en fait, c'est mon côté où, au bout d'un moment, quand on ne s'engage pas derrière, même dans les associations, etc., on s'est engagé, ok, on a manifesté, mais...
Aller en manif, c'est particulièrement engageant, surtout du climat en ce moment. De toute façon, on a un problème au niveau de la jeunesse qui a beaucoup de mal à s'engager de façon générale et puis de toute façon, que ce soit dans les représentations médiatiques, dans les politiques publiques qui sont menées, sont quand même assez favorables à une certaine catégorie au niveau d'âge de la population et qui n'incitent pas les jeunes à s'engager. Oh oui, c'est bien dommage. Le point où je serais peut-être moins optimiste que mes camarades de table, c'est que, certes, je vois aussi un engagement de la jeunesse sur ce conflit-là. Je vois surtout un engagement clanique des deux côtés, attention.
C'est-à-dire ? C'est-à-dire que les pro-palestiniens défendent la Palestine, les pro-israéliens or je pense que c'est un problème fondamental parce qu'il y a de fait un souci de reconnaissance. Il y a un philosophe que j'aime beaucoup qui s'appelle Axel Honnête qui a écrit un livre qui s'appelle La lutte pour la reconnaissance et il écrit dans ce livre qu'un élément assez fondamental pour qu'il y ait une reconnaissance, c'est la notion de réciprocité. C'est-à-dire que du côté de ce que je vois en tout cas, du côté des pro-israéliens, il y a ce sentiment que les pro-palestiniens ne reconnaissent pas le drame qui s'est passé et de drame en termes d'histoire juive. J'insiste sur ce point.
Et de l'autre côté, du côté des pro-palestiniens, une sorte de sentiment qu'en fait on néglige les victimes des bombardements en Israël. Un sentiment qu'on ne veut pas reconnaître que de fait, Israël, il y a des problèmes en matière de respect du droit international à bien des égards. Je veux dire que chacun reste dans son plan et accuse l'autre de ne pas avoir de cœur. Et en plus, pour le vivre moi en plus sur le plan personnel, le souci que ça pose c'est qu'on est quelque part un peu cloisonné en fait par la rhétorique de l'autre.
Moi je suis très investi sur les questions de comment est-ce qu'on couvre ce conflit-là parce que comme je le disais, il y a un vrai impact en diaspora, c'est-à-dire en Europe et ailleurs en matière d'augmentation de l'antisémitisme. Oui, ça a été mesuré. C'est montré par beaucoup de chiffres. Et donc, de fait, je vais prendre à titre personnel des positions qui vont sembler en apparence très pro-israéliennes parce que je sais que s'il y a des mensonges ou des diabolisations excessives qui sont faites, ça peut déboucher in fine sur une augmentation de l'antisémitisme. Mais le problème, c'est qu'on ne devrait pas débattre comme ça.
On devrait pouvoir reconnaître la part qu'il y a dans l'autre et il est évident que le Hamas ne représente pas l'intégralité des Palestiniens. Il est évident qu'ils ont droit à un État. Il est évident qu'Israël, en matière de respect du droit international, il y a des difficultés qui sont pesantes, que ces dernières années, les solutions pour la reconnaissance du droit des Palestiniens à avoir un État n'a pas été assez poussée. Et j'espère qu'on va justement pouvoir sortir de ce clanisme-là. Il y en a un qui essaye d'éviter au maximum qu'on ait un nouveau Vietnam au sens de manifestation publique de gauchistes. C'est Gérald Darmanin.
Gérald Darmanin, il a voulu interdire carrément les manifestations pro-palestiniennes. Toute manifestation pro-palestinienne par défaut, ça a été immédiatement cassé en justice. Et heureusement, c'est quand même assez particulier ça. Ou alors pas particulièrement particulier. D'autant plus qu'il y a quelqu'un dans le chat qui dit personne ne veut la paix dans ce conflit. Ce n'est pas vrai du tout. Les mots d'ordre justement des rassemblements dits pro-palestiniens voire par Darmanin pro-Hamas carrément sont des mots d'ordre de paix et de cesser le feu. Donc derrière, évidemment, ils sont repeints en... J'ai vu que Nunez avait interdit le rassemblement de samedi là, c'est ça ?
Absolument, c'est ça. À Paris. Ça va probablement être cassé demain. Peut-être, oui, c'est vrai. Je n'en sais rien, je ne sais pas, je ne sais pas. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, c'est vrai que Darmanin avait dans un élan interdit toute forme de rassemblement pour la Palestine de manière globale. et ça a été cassé du coup par le Conseil d'État, la justice administrative et donc du coup, le Conseil d'État a rappelé qu'il fallait, si vraiment il faut interdire des trucs au cas par cas, c'est au cas par cas, c'est en motivant vraiment sérieusement, manif par manif, celle-là, elle peut poser problème, etc.
Et là, on se retrouve avec Laurent Nunez qui avait autorisé la manifestation d'extrême droite dont on avait parlé ici avec le photographe qui était venu avec des salus nazis et tout dans la rue. il avait autorisé cette manif-là et il interdit celle de samedi a priori. Bon, on est dans un climat vraiment étonnant là. Étonnant, oui, alors en parlant de climat, il y a aussi un climat tendu à l'Assemblée nationale. Alors tendu à l'Assemblée nationale, je ne saurais pas le dire, mais il y a aussi la question du conflit au Proche-Orient qui divise la NUPES.
Et quand je dis qui divise, ça a carrément été l'argument utilisé par le PCF pour acter sa sortie de la NUPES et ça a été l'argument pour le PS pour dire qu'il... c'est un truc très socialiste, comment ils ont dit ça déjà ? Un moratoire. Un moratoire. Ils font un moratoire sur leur participation à la NUPES. On suspend la suspension. On suspend la suspension, oui. Est-ce que c'est le dernier clou sur le cercueil de la NUPES, Raphaël ? Je ne sais pas si c'est le dernier clou parce qu'au fond, la vie politique est toujours pleine de rebondissements. Ce que je note, en revanche, c'est qu'il y a une vraie scission.
Je ne crois pas au fond sur la question géopolitique pour la simple et bonne raison que si vous écoutez, pendant qu'Elisabeth Borne a répondu aux questions au gouvernement il y a deux semaines, je crois, et que l'ensemble des présidents de groupes ont pris la parole pour interroger la position française, alerter sur les idées de chacun en matière de qu'est-ce qui est juste ou injuste, les groupes de gauche globalement ont eu la même parole qui est de dire, en deux mots, Israël a le droit de se défendre, pas à n'importe quel prix, l'avis des paliciens compte, il faut un État palestin, etc.
Je ne suis pas sûr que la scission soit sur les questions géopolitiques, c'est sur plutôt la vision qui sous-tend ces prises de position et cette vision, c'est là où il y a une grande différence, c'est que la France insoumise au fond a adhéré à un discours qui consiste à dire il n'y a que contextualisation dans ce conflit. On n'a pas acté que c'était d'abord une action, c'est le... Pour développer un peu... Qu'est-ce que tu veux dire ? Il y a un auteur qui s'appelle Moshe Pochton qui a écrit un article sur la réaction des différentes gauches, c'est un auteur de gauche, sur la réaction des différentes gauches lors des attentats du 11 septembre.
Et ce qu'il a dénoncé dans cet article, c'est qu'il a dit l'attentat du 11 septembre, selon certains, serait une réaction à l'impérialisme américain, ce qui est pour partie vrai. En revanche, il dit une réaction, c'est aussi une action qui est fondée elle-même sur une vision du monde qu'il nous appartient de juger si elle est juste ou pas. Et là, du coup, c'est quoi cette vision ? Justement, la France insoumise n'a pas acté que le massacre qui a été fait le 7 octobre est fondé sur une vision qui, des aveux publics, des dirigeants du Hamas, vise à l'éradication des Juifs. Et donc, quand Mélenchon, sa première réaction, c'est de dire la violence entraîne la violence.
C'est certes vrai, mais il y a une étape avant qui est qu'il y a une violence manifeste qui est profondément antisémite et qui n'a pas été reconnue comme telle. Et d'ailleurs, tous les débats terroristes et terroristes, je pense que c'est ça qui est profond, et c'est le terme terroriste d'ailleurs qui est en train de crisper tout le monde. Qui est en train de crisper absolument tout le monde. Quelle est la nature de l'entité Hamas, la nature politique ? Et là-dessus, la France insoumise ne répond pas. Lorraine, est-ce que tu penses que c'est un casus belli pour la France insoumise cette histoire ?
En fait, moi déjà, j'en ai marre d'entendre parler de Jean-Luc Mélenchon, je suis désolée, mais en fait... Il pèse le bonhomme quand même, il a encore été testé dans un sondage. Mais en fait, moi je trouve ça dommage parce qu'au final, dans le cadre du débat parlementaire, je trouve que Mathilde Panot a été hyper clair. En fait, je pense qu'on ne peut pas faire plus clair en l'occurrence. Et donc là, on va dire, oui, mais Jean-Luc Mélenchon a dit ça, il a tweeté ça, il a tweeté ça, ok, mais les parlementaires, au final, ils ont dit quoi ? Mais ça compte, tu ne peux pas détacher Jean-Luc de la France insoumise et la France insoumise de Jean-Luc. J'aimerais te suivre.
Surtout que Panot a rejoint Mélenchon, Corbière et d'autres ont acté qu'ils avaient une vraie différence, notamment sur la question du terrorisme. Donc je ne suis pas sûr que ça se résume plus à Mélenchon.
Mélenchon par rapport à quoi ?
Sur la question de qu'est-ce que le Hamas, est-ce que c'est terroriste ou pas ? Et Corbière, Ruffin, etc., eux, ils sont allés plus franco et c'est une manière pour eux d'ailleurs de se distancier de Jean-Luc Mélenchon. Non mais c'est quoi, c'est la petite stratégie ? Moi je trouve ça méprisable, vraiment méprisable, ce que certains sont en train d'essayer de jouer comme coup à gauche qui de toute façon était acté depuis longtemps, c'est-à-dire, bon, la NUPES a commencé à les faire chier, c'est vrai que Mélenchon il est chiant dans son coin, machin. Tu parles de qui quand tu dis certains ? C'est les partis ou tu parles de Corbière ?
Je parle de l'aile droite du PS qui veut de toute façon sortir du truc depuis longtemps, je parle d'autres qui veulent jouer leur propre partition, etc. Et utiliser ce contexte-là, ce truc-là, qui est quand même particulièrement grave, qui est quand même particulièrement sérieux pour jouer leur petit truc, moi je ne trouve pas ça à la hauteur de la situation. C'est sérieux en même temps de savoir qu'est-ce que l'entité Hamas ? Non mais oui, si ce n'était pas ça, c'était autre chose. Mais il y avait avant, c'était par exemple la manifestation... Je comprends qu'il y a des questions de la instrumentalisation, on est d'accord. Si on parle de la gauche, parlons de la gauche.
Les tensions, les premières tensions, elles apparaissent bien avant et elles sont particulièrement fortes aussi au moment de... quand il y a la mort de Naël et que Jean-Luc Mélenchon ne dit pas j'appelle au calme, il dit moi je n'appelle pas au calme, j'appelle à la justice. Et là on voit tout un axe d'une gauche qui n'a pas réglé tout un certain nombre de questions, son rapport à la police, son rapport à l'impérialisme, son rapport à son passé colonial aussi, à cette gauche-là. Et c'est tout ce rejou là aussi. Tu veux dire que chacun devrait se regarder le nombril et faire son propre examen de conscience avant de donner des leçons aux autres ?
Après on ne va pas revenir sur Manuel Valls et les deux gauches irréconciliables mais on pensait que cette gauche-là, justement cette gauche réactionnaire, cette gauche coloniale, cette gauche Manuel Valls, cette gauche autoritaire aussi avec un rapport aux flics, on pensait qu'elle avait perdu parce que Mélenchon avait incarné autre chose en essayant de parler autrement pendant la campagne présidentielle avec le score qu'on lui connaît. On pensait que cette bataille était gagnée. Il y en a qui veulent refaire le match et tout est bon pour refaire le match, y compris sur le dos de deux sujets qui mériteraient d'être traités un petit peu mieux que ça que par opportunisme.
Mais est-ce que dans cette gauche-là que tu dénonces, tu mets aussi Alexis Corbière, François Ruffin ? J'ai l'impression que c'est ce que tu dis. Non, mais eux, après, je ne les ai pas vus surfer avec la même vulgarité sur ces questions-là. Je les ai en deux styles peut-être. Je joue aussi l'interview dans Le Monde. Des grosses interviews. Oui, grosse interview de François Ruffin qui met les points sur les i vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon. Alors, je ne sais pas s'ils sont au point du divorce tous les deux. Visiblement, d'après les journalistes qui se sont penchés sur l'ambiance en ce moment au sein du groupe LFI à l'Assemblée nationale, ça a l'air d'être un enfer. Avec Garrido, en plus.
Raquel Garrido,
elle va se faire convoquer pour se faire engueuler.
Non, mais Raquel, je trouve ça intéressant parce que j'ai l'impression que ce qui s'est passé au Proche-Orient est une espèce d'opportunité bienvenue pour des partis qui en fait voulaient la fin de la NUPES depuis un bout de temps. Et c'est le cas du PCF et c'est le cas du PS à sa manière. Alors, le PS, un peu plus compliqué que ça parce que Olivier Faure, il est un peu dans la merde. Il a un congrès en décembre prochain. Pas sûr qu'il s'en sorte grandi après cette... Parce qu'il est accusé par les anti-NUPES d'être à la remorque de Jean-Luc Mélenchon. Donc là, pour le coup, en ce moment, ça se passe mal pour lui. Les écolos là-dedans, j'ai toujours du mal à les voir.
Mais pour le coup, on recevra Sandrine Rousseau. Je vous rappelle quand même la deuxième partie de cette émission. C'est pratique. Du coup, on va avoir une en-parleur. Lorraine. Mais moi, je voulais juste un peu déplorer le fait que finalement, sur la NUPES, c'est devenu un peu une affaire de personne en fait, quelque part, j'ai l'impression. En tout cas, j'ai l'impression qu'il personnalise plus le débat et justement que c'est Jean-Luc Mélenchon qui cristallise toutes les tensions, etc. Et que c'est en mode qui est pour ou contre Jean-Luc Mélenchon.
Alors qu'au final, moi, par exemple, ce qui m'avait étonnée dans la position du PCF par rapport à ce conflit-là, c'est que historiquement, on le voit notamment dans les mairies. Moi, je vis dans une ville où il y a clairement des affiches par rapport à... Enfin, anti-colonisation, par rapport à la Palestine, etc. Et là, ils se disent non, on fait scission avec LFI. Et moi, ça, franchement, historiquement, je ne me l'explique pas. Et c'est pour ça et c'est ça qui me donne l'impression qu'il y a un truc un peu personnel ou en tout cas des trucs vraiment des tensions interparties plutôt que vraiment par rapport au conflit.
Parce que du coup, j'ai l'impression qu'il y en a qui ne sont même pas en accord avec la position de leur propre partie. C'est pour ça que j'aimerais bien résumer ça à des problèmes d'égo, à des problèmes de posture et d'appareil. J'ai l'impression que c'est quand même un chouïa plus profond que ça. Et que pour le coup, la NUPES, on le sait depuis le début, on l'analyse depuis le début, il y a des sujets, un peu des éléphants dans la pièce, il y en a plusieurs. Il y a plein d'éléphants. Depuis le début, depuis le début. Il y a des sujets sur l'Europe, sur la laïcité, sur... Voilà, donc... Oui, et Jean-Luc Mélenchon ne tient pas à faire plus que ça l'union de la gauche.
Lui, il veut faire l'union populaire. Et ce que tu dis, c'est très intéressant parce que je pense qu'il y a un certain nombre de formations de gauche dans lesquelles les positions des militants, des électeurs ne sont pas exactement mais aussi qu'ils pensent politiquement un petit peu différemment, qu'ils sont un peu plus réactionnaires aussi et que parfois pas...
Il n'y a pas une affaire de classe aussi ?
Oui, une affaire de classe parce qu'ils ne sont pas à l'écoute aussi de l'électorat, de comment bouge l'opinion et puis après, ils se retrouvent « Ah merde, Mélenchon, il a fait 22 %, on ne parle plus à personne. » Ben oui, vous ne parlez plus à personne. Et voilà, donc il y a un décalage là-dessus aussi. On va continuer, chers amis, on va enchaîner et passer à la suite de cette émission. Raphaël, je vais te demander de bien vouloir venir t'asseoir à côté de moi puisque tu vas libérer la place pour la chronique que vous attendez toutes et tous. Chers amis, c'est parti pour le Powerpoint de Vincent. Bonsoir. Bonsoir Vincent, bonsoir, comment tu vas ?
Bonsoir, désolé d'avoir t'avoir viré de la chaise parce qu'il faut que je mette le câble, c'est pour ça en fait. Attendez, deux secondes. Non, vas-y, on te laisse faire, on te laisse faire. Vincent Manilev qui nous propose un Powerpoint chaque semaine dans Maxi. Je suis un técos. Mais ouais, c'est un beau métier. Bah c'est, voilà, on est là. Pourquoi tu veux nous parler cette semaine Vincent ? Eh bien, cette semaine, alors je vais vous parler de publicité un peu sur YouTube parce que de mon côté en fait, il faut savoir, alors attendez, le Powerpoint, c'est classique ça. De mon côté, il faut savoir qu'en fait pour le travail, j'ai YouTube Premium.
Ça me permet d'éviter d'avoir tout un tas de pubs avant de regarder des vidéos. C'est vraiment pratique. Pour moi, ça me fait gagner beaucoup de temps en plus de regarder les vidéos en 1.25, 1.5, des fois en fois deux quand je me chauffe. Mais ça me fait passer aussi potentiellement à côté de choses très importantes des fois. J'en veux pour exemple un ami qui, le 8 octobre dernier, m'a envoyé un message pour me parler d'une publicité qui l'a fortement perturbée, diffusée en pré-roll, comme on dit sur YouTube, juste avant une vidéo d'Amixem. C'était cette publicité-là.
Ambiance,
ça a le mérite d'être clair. Après quelques rapides recherches, je réalise assez vite que cette vidéo a été publiée par le compte officiel du ministère des Affaires étrangères israéliens très vite après les massacres perpétrés par le Hamas en Israël le 7 octobre dernier. J'en parle donc sur Twitter et d'autres gens me partagent des expériences similaires. Je comprends alors que ces vidéos ont été largement diffusées devant des dizaines de chaînes de YouTubeurs, de Squeezie, Amichou, ou même Backseat aussi a été concerné, mais aussi sur des jeux mobiles ou sur Twitter.
Depuis, j'ai vu d'autres vidéos du même type, parfois avec des images de violences explicites, mais il y en a une autre très surprenante qui reprend un imaginaire fait de licornes et d'arc-en-ciel jouant sur la confusion entre le contenu pour enfants et le message à destination des adultes. Là encore, on a la vidéo. OK. ISIS, Ah oui.
Ah oui.
Voilà, c'est une vraie campagne de communication du gouvernement israélien. Donc, on a déjà vu ce genre de vidéos par le passé, mais c'est le site Arrêt sur image qui l'a rappelé récemment. Mais ce qui frappe ici, c'est vraiment son ampleur. En fait, c'est assez énorme. Il y a quand même eu des millions de vues sur ces vidéos-là. Et ça m'a donné envie de creuser un peu plus le sujet, de comprendre et de me demander comment des publicités du gouvernement israélien se sont retrouvées devant les vidéos de Michou. Ça peut paraître bizarre comme question, mais c'est une vraie question. Pour y répondre, il faut remettre un peu de contexte sur les pubs YouTube.
Il y a pas mal de détails que je vous passe, mais voici le principe en gros. N'importe qui peut, via sa chaîne YouTube, et s'il respecte les conditions d'utilisation, bien sûr, payer pour faire sa pub sur la plateforme. On réalise sa vidéo, on la met en ligne et ensuite, on déclenche le programme Google Ads pour la placer devant d'autres vidéos et se donner de la visibilité. On peut définir tout un tas de critères et notamment choisir quelle audience on vise. Par exemple, si je veux faire ma pub pour du chocolat au lait, je peux cibler les jeunes via les vidéos de divertissement comme celle d'Inox Tag. C'est un exemple que j'ai retrouvé en deux secondes.
Les marques peuvent aussi également choisir les chaînes devant lesquelles elles ne veulent pas être affichées. Typiquement, une marque n'aurait pas envie d'être associée à un YouTubeur problématique. Enfin, ça, c'est sur le papier. Il y en a que ça dérange vraiment pas du tout. Mais ça, c'est un autre débat. Il n'est pas rare d'ailleurs que des entreprises créent des chaînes de type média et placent ensuite leur contenu en entier comme publicité devant d'autres vidéos pour faire gonfler le nombre de vues. J'ai constaté ça récemment avec la chaîne de Veolia sur l'environnement qui s'appelle Verso et qui est portée par plusieurs créateurs de contenus.
On voit aussi ça pour des clips d'artistes et tout un tas ou tout un tas de business un peu fumé. Je pense que vous avez tous des exemples en tête. Ça permet de faire croire qu'on est visible et donc qu'on pèse alors qu'on s'impose sur l'écran des internautes. Heureusement, les youtubeurs peuvent aussi décider d'empêcher certaines chaînes ou catégories de chaînes de mettre leur pub chez eux. On le voit à l'écran. Ça, c'est l'exemple de ma page que j'ai découvert il y a récemment. On peut refuser... Tu peux désactiver ? Oui, Jean. Je ne savais pas du tout. Non, non, mais je... Elle est vachement bien le port. Pogne de Vincent n'a pas des trucs. Excuse-moi, pardon.
On en parle après, je te fais un tuto. Volontiers. C'est en un lien. C'est très facile. On peut refuser des pubs liés au casino en ligne, à l'ésotérisme ou à la politique, justement. Par contre, si vous n'allez pas les désactiver, ces pubs sont autorisés par défaut sur votre chaîne. Donc moi, quand je l'ai découvert, c'était indiqué comme ça. On peut donc supposer que pas mal de youtubeurs ou leur agence n'avaient pas bloqué une catégorie sensible comme la catégorie politique, ce qui est le cas des vidéos qu'on a vues juste avant.
Mais en fait, et j'en ai parlé avec un youtubeur qui s'appelle Baptiste de Parlons Histoire, qui m'a confirmé qu'il avait désactivé les publicités politiques, mais que ses abonnés ont quand même reçu les vidéos que je vous mentionnais juste avant. Sur le centre de transparence de Google, ce qui est un outil assez récent qui a été mis en place, on remarque, on peut voir en fait les vidéos qui sont placées comme publicités et on remarque que ces publicités ont eu des catégories dites non sensibles selon les critères de YouTube comme jeux et loisirs, justice et administration ou livres et littérature, selon certaines captures d'écran qu'on m'a transmises sur Twitter.
Ça peut expliquer en partie pourquoi on les a quand même vus sur les chaînes de youtubeurs, ce qui leur a permis d'engranger des centaines voire centaines de milliers voire millions de vues plus facilement puisque c'était dans des catégories qui étaient beaucoup plus acceptées par les videistes. Il n'empêche, au-delà de ces catégories, les règles globales de YouTube sont aussi très intéressantes à ce sujet car si on se fie aux règles sur la publicité, on ne peut pas faire d'annonce, je cite, susceptible de tirer profit d'un événement sensible comme, je cite encore une fois, les actes terroristes et associés, les conflits ou les actes de violence de masse.
À moins, a précisé Libération dans un article récemment, qu'elle n'inclut un contexte crucial tel qu'un rapport d'actualité faisant autorité. D'autres règles complémentaires précisent que le contenu violent et délictuel qui fait référence à de la violence explicite des armes ou des activités illégales est interdit. Il faut noter aussi que Google a supprimé notamment sur YouTube plus de 5,2 milliards de publicités, restreint plus de 4,3 milliards de publicités et suspendu plus de 6,7 millions de comptes d'annonceurs l'année dernière. Ah oui. C'est quand même énorme avec des bots notamment et puis derrière un passage d'équipes humaines etc.
ou selon les signalements qui sont faits par les gens. A priori donc, diffuser des contenus comme ceux du ministère des Affaires étrangères israéliens c'est contraire aux règles. On peut se le dire comme ça d'un point de vue extérieur. Et ce même s'il n'y a pas d'image explicite sur la plupart des vidéos concernées. Beaucoup d'internautes ont d'ailleurs signalé ces publicités. Plusieurs vidéos ont été retirées de la bibliothèque de pub de YouTube mais sont toujours accessibles sur la chaîne du ministère. Et c'est là qu'on entre sur un territoire un petit peu flou j'ai envie de dire car on ne parle pas du compte de n'importe qui.
C'est le compte du ministère des Affaires étrangères israéliens. C'est un État qui communique de façon officielle sur un compte validé par YouTube. On peut le voir il y a le petit badge qui montre bien que c'est quand même très officiel. Et ça, est-ce que YouTube le considère différemment ? À ce jour, je n'ai pas pu avoir de réponse très claire. Mais c'est une vraie question qu'il faut se poser notamment quand on rentrera en période d'élection même s'il y a des règles selon les législations locales qui se croient même en vigueur sur la plateforme.
Et j'ai vérifié ce matin et j'ai constaté que nouvelles vidéos du même type ont d'ailleurs été mises en ligne quasi quotidiennement depuis le 7 octobre certaines bénéficiant encore jusqu'à hier au moins du programme publicitaire drainant des millions de vues. À ce sujet, je vous conseille le travail de Sophia Smith-Gaylor qui est une journaliste anglaise et spécialisée sur la culture web. Je vous raconte vraiment de la suivre si ça vous intéresse.
Grâce à un outil d'analyse qui s'appelle SEMrush, elle a appris qu'environ 7,1 millions de dollars ont été déboursés auprès du YouTube dans ses campagnes publicitaires et que la France a été le pays le plus visé par ces contenus en termes d'impression. Et Libération estime que le montant est aujourd'hui à 8,5 millions de dollars dépensés. Selon Numérama qui a récupéré le rapport complet de la journaliste Sophia Smith-Gaylor, ce sont des chaînes comme celle de Michou ou de Samzira dont je vous parlais d'ailleurs dans ma précédente chronique qui ont été les plus visées et ciblées par ces publicités.
À Libération, le porte-parole de l'ambassade d'Israël en France, Ed Federer, a confirmé que l'État hébreu utilise bien des plateformes dont YouTube pour communiquer. Je précise également que pour écrire cette chronique j'ai échangé avec YouTube pour éclaircir certains points, pas tous malheureusement. Et bien sûr, si d'autres informations tombent, je vous tiendrai informés au courant ici ou ailleurs un peu sur Internet. Voilà, merci de m'avoir écouté. Bonne soirée. Merci beaucoup Vincent, mesdames et messieurs, merci beaucoup. C'était super intéressant. Merci beaucoup pour ce PowerPoint cette semaine encore. Merci beaucoup Vincent. On continue.
Les sujets, on est toujours sur le plateau de Baxit en compagnie d'Uzul, de Raphaël et de Lorraine. On continue à discuter de l'actualité de la semaine. Il y a un autre sujet qu'on voulait aborder ensemble ce soir, c'est le nouveau paquet législatif qui va commencer à être discuté au Sénat autour de l'asile et de l'immigration. Est-ce qu'on est en train de voir naître une fronde au sein de la majorité de la République en Renaissance ? Putain, à chaque fois. Donc voilà, le texte arrive au Sénat et il se trouve qu'il y a un point important dans ce texte, c'est l'article 3. L'article 3 du projet propose de créer un titre de séjour spécial pour les travailleurs dans les métiers en tension.
Ça avait fait l'objet d'une tribune, rappelez-vous, on en avait parlé sur ce plateau qui avait été co-signé par plusieurs parlementaires, y compris des parlementaires de la majorité et notamment Sacha Houllier qui est quand même le président de la commission des lois à l'Assemblée, c'est pas n'importe qui. Autour de cet article 3, il y a un peu un imbroglio et c'est pour ça qu'on voulait en parler aujourd'hui parce qu'en fonction de qui on écoute et à qui ces personnes parlent, ils ne disent pas la même chose.
On a par exemple un Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur que l'on pourrait croire le plus ferme sur ce sujet qui s'exprimant auprès de députés de la majorité leur a dit non non mais moi je veux rester sur l'article 3 je veux qu'on le maintienne après tout on n'a pas besoin des républicains. Elisabeth Borne la première ministre de son côté s'adressant aux républicains leur disant bon vous inquiétez pas l'article 3 on va le dégager voilà pourquoi est-ce que je dis ça parce que les républicains ont placé comme condition sine qua non pour voter cette loi que l'article 3 dégage et qu'il n'y ait pas de régularisation des travailleurs sans papier.
On est donc dans une situation un peu bizarre où on est en train de voir la majorité avant même que le débat ait lieu se déchirer sur un texte pourtant central celui de l'immigration. Raphaël ? Je pense qu'il y a deux points qui sont à noter. D'abord c'est une forme d'hypocrisie de la part des républicains qui avait été soulignée à l'époque sur France Inter par Sacha Houllier qui se refus de principe de vouloir régulariser les travers sans papier sur les métiers en tension alors qu'il explique et on sait que c'est vrai que beaucoup d'élus républicains au niveau local vont plaider auprès des préfectures pour avoir des régularisations parce qu'ils savent qu'on a besoin de ça.
Le deuxième point c'est que je trouve qu'on est dans une caricature et une extrémisation totale du débat sur l'immigration. Qu'il y ait des inquiétudes en matière identitaire d'identité collective je pense qu'il y a des réflexions légitimes qu'on peut poser sur la table. En revanche toutes ces réflexions ne doivent pas enlever que toutes les personnes qui arrivent sur le territoire sont dignes. Je reviens sur mon point tout à l'heure la dignité est inconditionnelle sinon elle n'est pas.
Or le fait est que des gens qui trouvent un contrat de travail dans lequel ils vont pouvoir trouver des ressources dans lequel ils ne vont pas être en proie au marché noir dans des rapports de domination complets sans reconnaissance légale de leur statut je trouve que les républicains sont dans une position qui est extrêmement caricaturale qui est contraire aux intérêts de tout le monde. Mais pourtant c'est la position des républicains ils tiennent fermement là-dessus ils en font même un objet de militaire ils se remuent beaucoup de principes et puis même ils se remuent beaucoup beaucoup là-dessus beaucoup plus que sur d'autres discussions.
Parce qu'ils courent derrière un électorat qui est celui de Marine Le Pen et il faut donner des signaux et les signaux ça passe par des messages qui sont simples donc on va dire les travailleurs sans papier un message simple vous n'avez pas le droit de travailler on est ferme alors que ce n'est pas de la fermeté ces gens de toute façon seront là vont travailler dans le marché noir donc ce qu'on fait c'est qu'on les délaisse à des rapports de domination et qu'on ne pose pas la question de la dignité qui est essentielle c'est-à-dire que quand la Méditerranée est devenue un cimetière à ciel ouvert qu'on voit bien toutes les difficultés qu'ont beaucoup à s'intégrer précisément parce qu'on leur pose des barrières de tous les côtés je trouve que ce n'est pas très sérieux d'agir de cette façon-là.
Lorraine, il y a eu une grève de travailleurs des Jeux Olympiques qui elle aussi est venue remettre un petit peu au goût du jour l'impératif que ça représente pour les personnes et pour leur dignité comme l'explique Raphaël.
Bah oui totalement et franchement c'était une grève éclair parce que je pense que ça touche les JO et là
la majorité Renaissance etc sont à fond sur les JO il faut que ça se passe bien etc donc je pense que voilà il y a eu une grosse grosse pression et ils ont obtenu une gain de cause en il me semble même pas 12 heures donc ce qui était assez fou et dans leurs revendications il y avait notamment le fait de signer leur serfa pour pouvoir le transmettre à la préfecture et ensuite entamer une procédure de régularisation donc je trouve que c'est pas mal que ce qui a eu que ça ait eu lieu dans ce contexte là et dans le contexte où on débat de ça parce qu'en fait ça montre que s'ils ont donné ils ont obtenu gain de cause c'est parce qu'effectivement il y a un besoin et en fait ces personnes là travaillent déjà donc voilà et en fait moi ce qui m'étonne des républicains et d'une partie de renaissance parce que du coup pas tout le monde c'est que on dit valeur travail valeur travail valeur travail plein emploi plein emploi plein emploi on nous dit ça matin midi soir et là en fait il y a des personnes qui veulent travailler qui travaillent déjà et on leur donne pas le droit donc en fait qu'est-ce que ça veut dire et moi avec mon côté très fan à d'histoire etc ça fait appel pour moi à une histoire qui est très sombre parce qu'encore une fois ça concerne des travailleurs qui sont immigrés qui sont racisés qu'est-ce que ça dit de la France je pense que c'est pas très positif tout ça je vois ce que tu veux dire ça veut dire qu'il y a des espaces entiers du territoire où des agriculteurs où des chefs d'entreprise vont continuer à exploiter une main d'oeuvre qui n'a pas de droit qui ne peut pas collectivement se mobiliser ils racontent eux-mêmes à ces travailleurs là à quel point on a fait de tout le processus pour obtenir des papiers un calvaire un enfer permanent il y a un harcèlement il y a un harcèlement policier il y a un harcèlement et les patrons je suis pas sûr qu'ils préfèrent ces situations là qui sont délicates donc là il y a un calcul de il y a un calcul raciste évidemment de LR qui veut continuer sur son électorat en effet ça a été dit Elisabeth Borne a envie je pense de pas balancer le 49.3 sur la loi asile-immigration il y a peut-être un peu de ça aussi pour retourner dans le politicien politicien elle se garderait bien ça pour s'enorgueillir d'avoir trouvé avec LR un compromis quitte à faire sauter le truc bon voilà tout à l'heure quand on parlait du conflit au Proche-Orient on s'est dit qu'il y avait des enjeux d'égo au sein de la NUPES je vois pas pourquoi il y en aurait pas pour les autres donc moi aussi je vais me lancer dans une analyse à base d'égo dans cette petite histoire parce que je pense que Gérald Darmanin n'est pas premier ministre mais que Gérald Darmanin veut devenir président de la République que du coup il a parfaitement compris que qui va payer le prix d'un 49.3 c'est pas lui c'est Elisabeth Borne donc que lui il se permet d'aller dire à ses copains de renaissance ne vous inquiétez pas moi votre article 3 je suis pour moi j'adore la dignité des travailleurs sans papier pas de soucis on est ensemble et tout parce qu'il sait très bien qu'en fait c'est pas lui qui va vous faire le 49.3 s'il faut le dégainer et que Elisabeth Borne elle de son côté elle essaie juste de sauver son poste et que du coup elle va voir les républicains en leur disant s'il vous plaît votez mon texte ok qu'est-ce que vous voulez je suis prêt à tout abandonner y compris dégager l'article 3 voilà je vois pas pourquoi il y aurait de l'ego qu'à gauche merde il y en a aussi au sein de la majorité et j'ai vraiment l'impression qu'on est en train de voir ce truc là et si je continue dans ma pensée sur le côté chacun joue sa petite partition en regardant son petit bout de carrière je pense aussi qu'il y en a au sein de la majorité qui commence à voir arriver la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron le fait que c'est bientôt la fin de l'histoire et que du coup il va commencer à falloir se négocier une sortie voire une dignité je ne sais pas et qui du coup se disent je suis un peu ça envoie ce soir non mais qui du coup se disent aussi tiens et si c'est le moment si c'était le moment pour moi de sortir du bois et de me rapprocher un peu plus de la gauche en défendant les travailleurs sans papier etc j'accuse pas Sacha Houlié comme ça de faire ça non c'est pas son genre mais non mais en plus c'est pas plus que ça son genre pour le coup j'aimerais bien lui poser la question si un jour il vient dans le backseat parce que ça m'intéresse Raphaël tu voulais intervenir il y a une hypocrisie en plus qui est que pour avoir une régularisation alors pas au niveau du travail au niveau des papiers on a le droit de résider sur le territoire il faut travailler donc en fait on est dans cette hypocrisie où des gens de fait travaillent remplissent les conditions mais comme ils n'ont pas la reconnaissance légale qu'ils travaillent ils ne pourront jamais être reconnus comme étant régularisés et c'est encore un problème en matière de dignité Lorraine moi attendez je t'en prie j'ai la crève ne meurs pas je meurs pas non mais moi pour moi il y a vraiment une hypocrisie je pense même pas c'est une hypocrisie parce qu'il faut rappeler que les LR c'est Eric Ciotti maintenant ils sont clairement en train de vouloir draguer le RN donc peu importe que dans le lot des républicains il y en a qui soit pas forcément d'accord qui serait plutôt d'accord avec avec Renaissance etc voilà ils vont quand même faire appel à mon avis à une certaine discipline de parti et là Elisabeth Porn elle est un peu dans la mouise j'avoue et franchement j'aimerais pas être à sa place je sais pas je sais pas du tout est-ce qu'elle en est Raphaël et après on enchaîne si je devais juste peut-être défendre à contre-coeur vas-y fais toi l'avocat du diable je vais faire l'avocat du diable juste il y a quelque chose que je trouve en revanche positif et je trouve dommage que ça ne soit pas généralisé à d'autres textes législatifs c'est que la Macronie rentre enfin dans des logiques de compromis ça fait pas mal c'est du parlementarisme quand même quand on n'a pas de majorité d'essayer de trouver des compromis avec les autres ça fait du bien de sortir un peu des logiques verticales présidentielles bon c'est au service d'une logique que je n'approuve pas mais c'est aussi ça la démocratie et donc ça serait bien juste que ça pouvait se répéter sur d'autres textes législatifs ah mais moi quand je dis qu'on se marre beaucoup plus dans ce deuxième quinquennat de Macron que dans le premier je rigole pas c'est vraiment il se passe des trucs et voilà encore une fois un texte arrive à l'assemblée je ne sais pas et personne ne peut dire quelle va en être l'issue il y a un débat parlementaire il va faire le RN aussi c'est intéressant il va faire comme LR mais si LR accepte pourquoi le RN n'accepterait pas aussi c'est intéressant ce que tu disais sur le ça nous ramène à des rapports coloniaux bizarres de faire travailler des sans-papiers dans les champs Grégoire de Fournasse il avait été épinglé pour ça Grégoire de Fournasse député RN qui avait dit qu'il rentre en Afrique etc alors aujourd'hui on a appris grâce à la horde et c'est sorti dans l'Ibée qu'il était membre de Génération Identitaire il a même été secrétaire alors que normalement il était censé avoir fait un peu le ménage au RN mais on sait aussi qu'il a employé des travailleurs sans-papiers dans sa magnifique exploitation agricole tout en j'imagine votant derrière pour dire qu'il ne faut pas qu'ils aient de droit mais donc voilà on est dans cette espèce de c'est même pas une hypocrisie parce qu'en fait il faut arrêter de voir les trucs comme incohérent au contraire il faut voir la cohérence là-dedans c'est-à-dire la cohérence extrêmement cohérent de dire non je veux pouvoir continuer à exploiter en dehors de tout cadre légal dans mon exploitation viticole des travailleurs sans-papiers comme je veux et je ne veux pas qu'ils aient de droit je ne veux pas qu'ils se syndiquent je ne veux pas c'est une situation qui est extrêmement confortable pour un exploitant quelque part voilà non non mais je vois ce que tu veux dire c'était pour caser sur Grégoire de Fournasse non non mais je il ne viendra pas à Baxit non a priori on ne va pas l'inviter on ne va pas l'inviter autre sujet dont on voulait discuter on est au début de l'automne et quand les feuilles se mettent à tomber comme d'habitude le parlement se met à discuter pognon on est dans les lois budgétaires les lois budgétaires il y en a deux il y a le projet de loi de finances pour le budget de l'état et le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour la participation de l'état aux différentes caisses de sécu 3,5 millions d'euros de dépenses sur de l'assurance maladie 3,5 milliards oui c'est ça dont 600 millions d'euros liés aux dépenses hospitalières il y a une volonté du gouvernement de lutter contre la fraude de maintenir le dérapage des comptes sociaux et pour ce qui est du budget la continuation de la politique d'Emmanuel Macron le plein emploi quoi qu'il en coûte donc le maintien des impôts bas sur la production le maintien des et puis alors bon sur la question des collectivités locales ça continue à grincer c'est quoi la politique économique qu'on a derrière ces projets de loi de finances est-ce qu'il y a une volonté du gouvernement et d'Emmanuel Macron de vraiment y aller au forceps quitte à continuer à utiliser des 49.3 est-ce qu'il y aura encore alors les 49.3 ont déjà été engagés donc même les députés à qui j'en parle ils me disent mais de toute façon c'est bon il y a des 49.3 ça sert même à rien de faire semblant de faire des amendements de papoter une loi un budget quand bien même vous ne le votez pas ça reste quasiment un trimestre entier de l'année consacré à des négo on peut obtenir des petites victoires par exemple j'ai cité le député gamer Denis Massaglia qui a réussi malgré le 49.3 à faire passer un amendement pour baisser la TVA sur les événements e-sport c'est un micro sujet sur lequel moi j'ai donné un coup de projecteur parce que c'est l'e-sport et parce que je voulais montrer que malgré le 49.3 t'aimes bien les baisses d'impôts les prélèvements il y a trop de charges j'adore les baisses d'impôts en tout cas j'aime bien l'alignement de la fiscalité de l'e-sport sur le reste du spectacle vivant je soutiens le spectacle vivant tout autant d'e-sport ça doit être ça ouais ouais on est dedans et donc et donc voilà je ne sais plus où j'en allais avec cette question tu m'as perturbé du coup je te passe la parole bah ouais budget Rick Rack budget Vénère budget Bruno Le Maire c'est à dire que oh
bah non
c'est à dire Bruno Le Maire Bruno Le Maire est obsédé par et il a raison dans une certaine mesure la charge de la dette donc la charge de la dette c'est ce qu'on va c'est ce qu'on paye en intérêt c'est à dire c'est de l'argent perdu qui part sur les marchés financiers pour rembourser l'intérêt de la dette même pas la dette elle-même qu'on continue de contracter etc Bruno Le Maire est obsédé par ça là apparemment il est assez content parce que la dernière notation de l'agence alors je ne sais plus laquelle c'est c'est Moody's je crois ou Fitch la dernière qui est tombée ne dégrade pas la note de la France et a plutôt des perspectives stables donc il est content voilà mais parce que ça veut dire que dès qu'on a une note dégradée on a ça veut dire que ça augmente la charge de la dette encore une fois donc on va payer des intérêts plus élevés si notre note est dégradée donc Bruno Le Maire est obsédé par ça alors moi je dis pourquoi pas moi je suis assez pour qu'on désendette un peu la France hein oui oui on est tous pour oui jusque là mais peut-être qu'il va falloir des recettes à un moment plutôt que de tu peux pas faire des cadeaux tout le temps aux entreprises des cadeaux aux plus riches enfin voyez je veux pas refaire le truc vous avez tous vu les graphiques qui montrent comment plus tu es riche moins tu payes d'impôts etc bon bah si si mais ça c'est un tabou pour Bruno Le Maire il dit faut pas de nouveaux impôts les français nous nous sommes engagés pas d'impôts voilà bon et point barre et donc là dessus il est dogmatique ça ça bougera pas c'est une constante depuis qu'il est là il y a rien à attendre de ces textes là si ce n'est que les saignées vont se faire voilà on n'augmente pas les recettes on fait des saignées un peu ailleurs toi tu avais commencé à le dire Raphaël aussi juste dans le sujet d'avant sur la remise en cause de la verticalité au sein de la Macronie est-ce que c'est quelque chose que tu vois se dessiner autour de la question budgétaire non pas du tout parce que le budget est à ce point central dans la conduite des politiques publiques quel que soit le gouvernement que pour le coup alors c'est peut-être un des seuls textes soit titre personnel sans être totalement pour je suis pas très dérangé non plus par le 49.3 parce que c'est le coeur de la bataille bon même si ça tu veux dire c'est le seul texte sur lequel ça c'est cohérent ça a du sens parce que c'est vraiment le nerf de la guerre et c'est pas seulement des politiques publiques c'est aussi payer les fonctionnaires c'est payer les administrations même si on sait qu'ils nous ont fait le coup oui s'il n'y a pas de majorité il n'y a pas de budget donc on ne peut pas payer les fonctionnaires ça fonctionne pas du tout c'est pas comme ça en France ça fonctionne pas du tout comme ça ah oui malgré tout aux Etats-Unis effectivement c'est pas en France avec les shutdowns ou quand il n'y a pas d'accord entre les majorités il y a des administrations entières qui ferment ça c'est sur le point de la verticalité de toute façon je pense qu'il ne faut pas attendre grand chose de cette majorité en termes de verticalité il y a un point où je trouve qu'en revanche il y a une incohérence mais qui est répétée depuis 6 ans 7 ans maintenant sur la question budgétaire j'avoue que je rejoins assez Emmanuel Macron quand il a dit ce sujet qui a fait polémique la question du pognon de dingue en quoi je suis assez d'accord parce que nous avons un article dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui dit que tous les citoyens peuvent aller voir l'administration et demander des comptes sur l'emploi des données publiques nous avons un problème en France qui est quand même assez délirant qui est que nous avons les prélèvements obligatoires les plus élevés de l'OCDE la dépense sociale la plus élevée de l'OCDE la dépense publique la plus élevée de l'OCDE et pourtant nous avons une pauvreté dans ce pays qui est à un niveau assez historique qui ne diminue pas qui au contraire a tendance à augmenter de façon inégalitaire c'est-à-dire qu'on augmente les retraites de 4,8% les pensions de retraite mais les jeunes qui sont dans l'effet d'attente on ne fait rien donc j'ai envie de dire il faudrait rajouter l'état de l'hôpital l'état de l'école mais du coup c'est quoi ?
c'est le mauvais emploi de l'argent ou c'est la mauvaise redistribution ? la question de l'efficacité de la dépense publique n'est jamais posée alors il y a à la fois des enjeux on dirait que l'argent s'accumule quelque part il doit être quelque part il y en a il y en a qui en ont pas mais où il est tout cet argent quoi manifestement il n'est pas il n'est pas chez les pauvres vu que les pauvres il l'a très bien dit Macron plus on leur donne ils restent pauvres alors qu'il s'enrichit alors dans ce système qui s'enrichit ? Raphaël qui s'enrichit ?
alors ça j'ai pas forcément de réponse il y en a une pourtant il y en a une factuelle si on dit les riches les propriétaires en ce moment avec l'immobilier il y a des gens qui s'enrichissent alors c'est pour ça que je vais élargir un peu le sujet c'est parce que c'est les boomers aussi c'est une question de génération je pense aussi qu'il n'y a pas qu'une question de classe il y a une question générationnelle où vous avez si vous regardez par exemple les éléments du corps la génération des baby boomers à cotiser à une certaine hauteur elle va recevoir ce qu'on appelle un taux de reconversion de 200% c'est-à-dire que pour 1 euro cotisé ils vont recevoir 2 euros de retraite notre génération à nous c'est un taux de 95% c'est-à-dire que pour 1 euro cotisé on aura 95 centimes de retraite avec entre temps ce sujet qui est à chaque fois à l'approche des élections à chaque élection européenne on a augmenté les pensions de retraite pour les personnes les plus âgées sans poser la question est-ce que tu poses la question de la baisse des retraites ?
je la pose complètement parce que ça c'est un tabou énorme dans le paysage politique on est d'accord parce qu'il y a une inégalité générationnelle qui est totale une jeunesse qui est délaissée une jeunesse à qui on préfère faire des pompes sur du bitume en dépensant 2 milliards d'euros par an dans un SNU qui est absolument archaïque et pendant ce temps-là on ne pose pas la question des conditions dans lesquelles la génération des retraités a pu s'enrichir et c'est pas un reproche c'est le contexte qui le voulait mais si vous voulez soit la solidarité intergénérationnelle est dans une réciprocité c'est-à-dire on est tous solidaires les uns et les autres soit ça ne va que dans un sens et ça ne s'appelle pas de la solidarité ça s'appelle autre chose moi je ne suis pas d'accord Lorraine ?
tu n'es pas d'accord ?
moi je ne suis pas d'accord parce qu'en fait on a déjà une population qui est vieillissante donc déjà en termes de solidarité il y a des choses à repenser ça c'est la première des choses mais déjà en fait quand tu dis que les boomers s'enrichissent bah non ça dépend quel boomer en fait si on prend les moyens il y a des gens qui sont milliardaires qui tu claques les doigts ils ont déjà gagné plusieurs milliards etc et en fait et tu as des boomers qui sont à la retraite n'arrivent pas à joindre les deux bouts etc c'est parce que c'est mal réparti y compris au sein des boomers c'est pour ça qu'il faut se fonder sur des statistiques pour moi ça reste en fait une question de classe dans tous les cas que ce soit en termes de il y a des inégalités au niveau de la génération etc ça je suis d'accord mais il n'empêche que ce qui domine
sur les inégalités d'abord c'est la classe
il y a des données en termes financiers en tout cas sur l'INSEE par exemple la France est un des seuls pays de l'OCDE où les retraités ont un niveau de vie supérieur aux actifs c'est un des seuls pays de l'OCDE c'est un autre vieux quand ils n'ont pas mis en place les conditions pour que la génération d'après puisse avoir les moyens de son émancipation il y a au moins une question de la responsabilité qui est à poser oui est-ce qu'il faut baisser les pensions sur les prototélices oui qu'ils soient le plus pauvre possible non mais non regardez la question des inégalités par la question du revenu c'est le petit bout de la lorgnette c'est le patrimoine qui est devenu déterminant les boomers en matière de patrimoine extrêmement déterminant oui mais un boomer sans patrimoine ça existe aussi les boomers et des patrimoines ils ont un nom c'est les bourgeois ils ont beaucoup de patrimoine non parce que parce que j'ai déjà entendu par exemple défendre une remise en cause des locataires par exemple la location d'appartement moi mon appartement je crois que ma propriétaire est une femme assez riche retraitée je pense donc typiquement j'ai déjà entendu remettre en question justement la baisse de pas forcément baisser la pension de retraite de ma proprio mais au moins baisser mon biais je pense que il y a tout un travail à faire sur le logement sur la propriété sur le logement mais en fait si on pense en termes de génération reprenons le logiciel de les boomers qu'est-ce qu'ils ont eu les boomers les boomers ils ont eu un marché du travail hyper favorable ils ont eu des progressions de carrière ils ont eu un marché du mobilier plus bas voilà ils ont pu investir etc les jeunes sont arrivés ils sont broke dans un marché où en fait des patrimoines énormes se sont reconstitués avec quelques familles qui dans certaines villes il y a quelques familles qui vont posséder la moitié du parc immobilier rien qu'à eux et les jeunes ils arrivent là-dedans avec des métiers de plus en plus précaires avec des revenus qui suivent pas avec des situations de fragilité sociale ils sont déjà aidés à peu près un peu par leurs parents d'accord donc t'es d'accord sur ce conflit de génération alors non mais ça s'explique au niveau génération mais il y a quand même la question du patrimoine derrière on peut pas dire les boomers de manière générale parlons des riches quand même parce que et en effet si tu prends une famille de riches les vieux ont plus de patrimoine que les jeunes en général c'est vrai dans les familles de riches et cette solidarité intergénérationnelle finalement elle se fait à l'intérieur des familles et c'est ça qui est terrible c'est à dire qu'on en est aujourd'hui on est jeté on est forcé à compter sur une solidarité familiale et là on n'est pas égal là on revient à ces questions sociales dans une famille alors ça veut pas dire que les prolos aident pas leurs enfants les prolos aident leurs enfants et proportionnellement à ce qu'ils gagnent ils aident plus leurs enfants que les vieux que les bourgeois et les bourgeois voilà qui savent qu'il y a un héritage qui va tomber à un moment ont un matelas en fait familial peuvent demander de l'argent aux grands-parents parfois il arrive on en est même avec des grands-parents parfois qui aident les parents aussi mais voilà et ça c'est terrible parce que comment tu fais société si le poids de la famille le poids de l'hérédité est redevenu à ce point important donc il faut remettre des mécanismes qui vont casser ça pour socialiser ces solidarités plutôt qu'au contraire les ramener dans la sphère familiale il y a quelqu'un ouais vas-y Lorraine ouais mais justement la Macronie avec tout ce qui avec leur budget et la manière de toute façon dont ils conçoivent les aides sociales ils sont en mode débrouillez-vous en fait débrouillez-vous et c'est la faute de vos parents s'ils ne vous ont pas donné ceci et cela
et après on parlera peut-être de ce que disait Elisabeth Borne sur les émeutes etc où on a encore remis
la faute sur les parents moi j'ai l'impression qu'il y a enfin en tout cas que la Macronie met l'accent à fond sur les parents etc etc de la même manière que pour les bourses et le fait que dans l'interview d'Emmanuel Macron sur la chaîne du Godécrypte où on lui parle justement des bourses etc et d'un espèce de revenu universel ou d'allocation pour les jeunes étudiants il leur dit oui mais en fait c'est la famille qui est responsable de ces jeunes là donc c'est un renvoi vers la sphère familiale c'est pas Thomas Piketty qui propose une quasi-suppression de l'héritage il faut attaquer le capital il me semble qu'il propose de taxer très très fortement les successions ce qui est très rôle-ci et les redistribuer avec un capital de départ c'est ça à tes 18 ans t'as je sais plus combien de milliers d'euros de plus de 100 000 euros c'était entre 100 et 200 000 je crois ce qu'il proposait par personne à 18 ans voilà si on fait une moyenne on éclate tous les héritages de tout le monde on divise enfin c'est pas exactement ça mais enfin voilà on pourrait avoir 100 000 pour démarrer dans la vie quoi ça fait partie ça fait partie des positions pour l'instant t'as le SNU la richesse elle est héréditaire la richesse est héréditaire mais la pauvreté aussi est héréditaire ouais c'est vrai et voilà c'est ce qu'on disait dans la première partie de l'émission il faut pas reprendre six générations pour sortir exactement là chers amis on arrive déjà à la fin de notre première partie d'émission je tiens à remercier du fond du coeur toutes les personnes qui participent à la réalisation de cette émission les équipes techniques les équipes éditoriales je vous rappelle que cette émission elle n'est possible que grâce à vos dons chers amis abonnez-vous vous aussi à Backseat sur KissKissBankBank prenez un abonnement prenez celui qui correspond le mieux à votre bourse et à votre envie de voir cette émission continuer, évoluer si vous trouvez que Backseat a sa place et que Backseat est une bonne émission alors soutenez-nous pour nous aider à la faire chers amis on va marquer une petite page de paume avant ça je vous propose qu'on regarde juste un petit coucou de Léa Léa qui est aux Etats-Unis on a pas fait m'avoir tout à l'heure non elle nous a envoyé une vidéo finalement donc on va regarder une petite vidéo de Léa et juste après on va enchaîner avec une pause salut salut à toutes et à tous je suis vraiment désolée pour ce couac
pour se louper pour se rater pour bref j'ai trop le seum de pas avoir pu vous parler
j'ai étouffé en plus j'avais préparé la 5G j'étais à côté d'un wifi pourri vraisemblablement enfin bon bref quoi qu'il juste pour vous dire que la Woke Academy se passe très très bien je suis actuellement à Manchester dans le New Hampshire c'est particulier disons mais c'est très intéressant on rencontre plein plein de gens plein d'assauts qui bossent sur les questions de violences sexuelles et sexistes donc voir un peu quelle est leur approche etc ça aurait été trop trop cool de pouvoir en parler en direct avec vous mais voilà et puis bah vous manquez de ouf et j'espère que tout va bien et que vous avez vous avez fait une super émission je n'en doute pas une seule seconde je vous embrasse et puis bah je reviens en pleine forme avec plein plein plein plein plein de choses à vous raconter voilà merci beaucoup Léa pour cette petite vidéo que tu nous as envoyée chers amis je vous propose que sous un tonnerre d'applaudissements on enchaîne et on fait une petite phase de pause et on se retrouve juste après la pause à tout de suite bonsoir bonsoir cher public merci d'être toujours plus nombreux à nous suivre merci à vous d'être là avec nous dans la salle merci pour vos dons c'est grâce à vous qu'on l'a fait cette émission bonsoir à vous si vous nous regardez là sur Twitch sur ma chaîne bienvenue si vous nous regardez aussi en replay sur Youtube et bonjour à celles et ceux qui nous écoutent en podcast chers amis de la deuxième partie de cette émission Backseat nous allons comme d'habitude recevoir une personnalité politique de premier clan de premier plan on va en parler il s'agira de la députée écolo de Paris Sandrine Rousseau mais avant ça la chronique que vous attendez toutes et tous c'est parti pour la vie d'Adèle salut Adèle salut ça va ?
ça va super ça va super avec un public de folie comme ça ça va le public ? super mais je suis habité par un petit sentiment d'injustice quand même depuis la sortie de son documentaire Netflix là il n'y en a que pour David Beckham je trouve ça terrible alors qu'en France on a aussi une star du ballon rond à la carrière incroyable et aux histoires d'amour qui ont fait la une des journaux ça vaut pas Wauquiez
qui fait du roller parce qu'il ne tombe pas
il aurait chuté non mais les berloutiers à la limite des boutonnes la veste François après moi je suis nulle en foot donc je ne sais pas s'il faisait un bon jeu à part le choix de l'équipement un peu douteux du coup je suis allée voir ce que disaient les spécialistes et voici le titre sur ce passage de SoFoot il a une bonne petite conduite de balle je me demande si ce n'est quand même pas la première fois qu'on lui dit qu'il a une bonne vista à ce cher François alors maintenant que vous avez vu les images je ne sais pas peut-être se dire quand même tremble David Beckham you're not the only one François Hollande is aussi un sacré tireur je me demande si on ne devrait pas essayer de négo un docu avec Netflix tu sais pour François lui aussi is the champion d'une autre époque il was playing pour le parti socialiste United avant d'aller en équipe nationale présidentielle ce qui a fait redescendre les sots United en ligue 2 voire en national et comme Beckham he doesn't like la retraite he's still in the game so he's you he's in the media on pourrait même se bander s'il ne jouerait pas un peu pour les sélections de 2027 moi je pense qu'on a tout on a tout le matos pour convaincre Netflix
je n'ai aucun regret et puis en plus je n'étais pas vraiment doué pour le football je me suis fait cette conclusion ça a été très pénible pour moi vers 15 ou 16 ans de me dire je ne pourrais pas faire footballeur mais c'est pas pour autant que je me suis dit je vais faire président j'avais de toute façon décidé de faire de ma vie une vie d'engagement
les croisés
il s'est fait les croisés je connais
on a le trailer quand même vraiment je ne sais pas moi ça m'a foutu les poils d'ailleurs annonce PEMF vient de publier la vidéo sur les réseaux sociaux de Backseat alors si on aime on like on partage on casse les internets on contacte Netflix enfin vraiment il faut qu'on ait ce documentaire et s'il fallait qu'on ait un argument d'ailleurs supplémentaire pour démontrer que notre héros doit avoir sa propre émission je pense que c'est important de souligner qu'il existe une forme de Hollande manière parce que François il a des fans pas hardcore mais je dirais pointus les nouveaux propriétaires du scout utilisés par François Hollande pour son escapade nocturne pour rejoindre Julie Gaillet c'est une pièce unique de l'histoire de France quand même voilà pourquoi il faut taxer les riches
pour n'importe quoi pour n'importe quoi avec leur argent qui a envie d'acheter ça je suis sûr que ça coûte la peau du cul
je suis pas si sûre mais bon je suis pas convaincue mais c'est vrai que tu dis quand même il y a des enchères où les gens se sont battus pour acheter les lettres d'exil de Napoléon ou les échanges de courrier de Robespierre et Danton François Hollande qui va laisser à l'histoire de France c'est le Piazzio MP3 avec lequel il a trompé sa zouze c'est ce modèle là
on est d'accord c'est le modèle c'est pas le modèle
c'est le c'est l'exempleur unique sur lequel il allait voir Julie Gaillet vous pouvez aller voir ça s'appelle Neo TV c'est facile à retrouver 6 minutes ce reportage c'est très long mais il peut tout vous montrer
il dit pas le prix non
non à aucun moment donc ça doit être cher tu veux en chérir on pourra peut-être se renseigner pour la prochaine fois à Usul mais d'ailleurs je pense que cette histoire de scooter devrait être la scène finale de notre documentaire pour ceux qui ont vu Beckham vous allez vous allez retrouver on a une nouvelle séquence la rubrique petites annonces cette semaine Clémentine Autain députée insoumise de Seine-Saint-Denis cherche un nouveau collaborateur et nous le dit en image à toutes et tous ce petit message d'appel à la candidature puisque j'ai l'un de mes trois collaborateurs qui part vers de nouvelles aventures donc avis aux candidatures aux personnes motivées pour m'accompagner dans mon travail parlementaire politique envoyez vos candidatures et vos lettres de motivation sur mon mail de l'Assemblée nationale à bientôt candidature donc c'est important vous ne trouvez pas qu'il manque un tout petit truc ?
le salaire ?
oui alors je reconnais bien là le ventre d'intérêt mais avant même le salaire la fiche de poste elle est light quand même à part être motivé et vivant il n'y avait quand même pas beaucoup de critères c'est pas ouf même Pôle emploi ils sont quand même un petit peu plus exigeants alors petit tip pour ceux qui voudraient postuler non mais c'est en ce moment elle a publié il y a quelques jours assurez-vous quand même avant d'avoir des bases solides en mathématiques mais il monte au 42ème enfin c'est
42ème
je pense que c'est important quand même de l'accompagner sur ce sujet là autre annonce la police nationale recrute et apparemment le plus tôt possible elle arrive c'est sur le twitter de la police nationale raconter la police aux enfants et si c'était des vocations c'est pas une joke c'est vraiment ça comment tu crois qu'ils vont traiter le refus d'obtempérer dans le dessin animé du coup c'est une vraie question j'ai toujours su
que c'est des dessins animés c'était de la propagande
je peux pas faire ça dans tous les quartiers il ne regarde pas ça c'est mort bref autre info petit quiz je sais qu'on a pas eu de jeu aujourd'hui donc petit quiz on part c'est une association je vous dis pas encore le lieu une association qui vient de voir le jour pour être un espace de réflexion et de proposition sur le développement économique et social du pays est-ce que ça vous dit quelque chose attention je vous donne un indice c'est en Nouvelle-Aquitaine
quoi Carole Delgale lancé son parti
non un deuxième indice c'est sur le territoire de Villeneuve-sur-Lotte alors là
attends c'est Pradier
non
on cherche quoi là une asso ou un mec
une asso mais peut-être une asso qui serait une association des amis d'un mec
des amis d'Alain Juppé
et qui s'appelle L'Orio l'association des amis de Jérôme Cahuzac ah
wow
oh wow ah no
allez ça part en adhésion non voilà oui oui
Jérôme Cahuzac comme Jérôme Cahuzac l'ancien ministre du budget qui a fait de la frosse fiscale son combat parce que ça faisait trop de concurrence à ses propres blanchiments d'argent ah mais il veut revenir il était pas pour l'ouverture du marché Jérôme c'est un homme de gauche avant tout alors quel est le but de cette association c'est une vraie bonne question que tu posais Jean
oui de s'entraider parce que ça doit pas être facile d'être les amis de Jérôme Cahuzac un groupe de parole c'est vrai
mais c'est marrant pourquoi c'est intéressant pourquoi maintenant c'était vendredi et Mediapart c'est pour ça que je pensais que tu saurais dès sur le coup mais malheureusement apparemment c'était une réunion d'ordre privé voilà Jérôme Cahuzac n'a rien voulu dire pourtant c'est la transparence interne mais attendez il veut revenir en politique ben je sais pas moi j'ai une autre devinette
vas-y
pour les petits nouveaux pour les petits nouveaux Lorraine et Raphaël en 2018 Jérôme Cahuzac a été condamné à combien d'années d'inéligibilité ? un an on est en quelle année ?
c'est pas sérieux
5 ans je ne sais pas si c'est un rapport mais voilà je vous laisse sur cette information terrifiante il est éligible il va peut-être revenir
même délégué de classe au collège d'à côté il n'aurait pas le droit
aïe aïe aïe aïe voilà méfions-nous autre sujet de réjouissance le conseil économique et social environnemental a sorti hier son rapport annuel sur l'état de la France à l'automne 2023 donc là on voit le document officiel donc ils ont fait un sondage avec Ipsos pour répondre à cette question et c'est vraiment ce qu'ils ont dit dans le rapport la question c'est dans un contexte inflationniste persistant de perte du pouvoir d'achat et de dérèglement climatique comment vont les françaises ?
bah au top je veux dire mieux t'as fait un décent comment tu peux aller mal quand t'as plus de pognon plus de planète je veux dire ça va tout va bien donc évidemment non ce n'était pas ça le résultat et le résultat c'est que 8 français sur 10 sont éco-anxieux 8 sur 10 ça veut dire et il faut le noter que 80% des français sont d'accord sont d'accord que l'avenir c'est de la merde et qu'on va tous mourir dans d'atroces souffrances mais ils sont d'accord c'est vrai c'est bien un peu d'espoir c'est 80% c'est une belle cohésion nationale du seum heureusement on a des politiques qui bossent sur les sujets environnementaux comme votre invitée de ce soir Sandrine Rousseau une sorte de lumière au bout du tunnel je n'ai jamais été aussi éco-anxieuse que depuis que je suis à l'Assemblée Nationale alors c'est un peu flippant mais non mais je suis sûre que c'est pas si grave tu sais comment ça se passe dans la presse c'est les titres qui sont comme ça c'est accrocheur il faut lire le texte en détail et le texte en détail je l'ai elle a dit beaucoup de ministres et de députés qui sont dans les bicycles ne comprennent rien au dérèglement climatique ni à l'urgence qui est la nôtre c'est très flippant c'est vraiment la merde voilà c'est vraiment la merde donc ce soir vous recevez Sandrine Rousseau députée de Paris 9ème circonscription et je le redis parce que parfois on oublie un peu que c'est son métier en fait elle est connue pour plein d'autres trucs ses punchlines ses néologismes ses passages d'Ombaxite aussi mais non elle est députée depuis un an au sein du parti Europe Ecologie Les Verts qui a récemment changé de nom et s'appelle désormais les écologistes décision prise suite aux enquêtes des états généraux de l'écologie qui visait à mieux comprendre les préoccupations des français et c'est vrai que les français sont très à cheval sur la sémantique et leur principale préoccupation c'était le nom des partis ça ressort dans tous les sondages ça me paraît évident en vrai l'objectif de ce changement c'était de recruter plus largement au-delà de Europe Ecologie Les Verts comme c'est écrit parce que c'était vraiment l'étroitesse du nom Europe Ecologie Les Verts l'obstacle principal Europe Ecologie Les Verts Les Verts les mecs ils ont même utilisé une couleur pour être le plus accessible possible donc je ne sais pas si ce changement de nom va renouveler les adhésions de la même façon que je ne sais pas si inviter celle qui est pour les médias la reine de l'éco-déclinisme végano-sorciérophile néologismo-dévirilisatrice est-ce que ça va vous rebooster le moral je ne sais pas mais vas-y on tente de toute façon elle a une heure pour vous convaincre
Merci beaucoup Adèle Merci Adèle pour cet avis d'Adèle extraordinaire Eh bien écoutez je ne sais pas si on aura la réponse mais sans plus tard déjou propose qu'on accueille notre invité politique cette semaine la députée écologiste de Paris Sandrine Rousseau Bonsoir Sandrine Rousseau Bonsoir Merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Backseat c'est la troisième fois que vous venez sur Backseat on vous avait accueilli dans la première saison Oui ça a été mon premier buzz C'était votre premier C'était quoi ? C'est un mauvais souvenir ?
Ah si je me souviens Oui c'était les hommes blancs à vélo L'écologie ne se résume pas à des hommes blancs à vélo mais je pourrais redire cette phrase mais je ne vais pas la redire Non non non c'est bon Je la trouvais bien Oui oui non je me souviens qu'Anne L+, avait voulu en faire son beurre etc je m'en souviens très très bien Et alors quand j'ai re-regardé les émissions de la première saison à l'époque on vous connaissait peu sur la scène nationale on vous présentait sur Backseat Sandrine Rousseau on la connait pas c'est une candidate à la primaire etc Maintenant on ne vous présente plus Sandrine Rousseau vous êtes une figure nationale
Ça c'est à vous dire
Je vous le dis Vous l'êtes Vous l'êtes Vous faites partie des députés Les députés écolos quand on pose la question aux gens spontanément il n'y en a pas des masses qui viennent de nom et le vôtre ressort Quoi qu'il en soit on a beaucoup de questions à vous poser
Même les barbecues nous connaissent maintenant
Je crois qu'il y en a beaucoup et vous en recevez encore beaucoup ? Non ça s'est calmé là Il pleut J'en ai une de 3 ans Il pleut
Oui c'est ça
Je parlais évidemment des messages de détracteurs qui ne trouvent rien de plus intelligent que de vous envoyer des photos de barbecue et ça vous avez reçu ça tout l'été et même depuis plus d'un an L'actualité internationale c'est quand même ce qu'il y a le plus brûlant en ce moment on en a parlé tout à l'heure L'actualité c'est le voyage d'Emmanuel Macron au Proche-Orient suite à ce qui s'est passé à Gaza et ce qui est en train de se passer en ce moment entre Israël et la Palestine Est-ce que vous pensez qu'il a eu raison de se dépêcher sur le terrain Emmanuel Macron ?
Ah oui je pense qu'il devait aller sur le terrain Je pense que par contre il devait avoir un message Et c'est quoi ce message ? Il ne l'a pas eu en fait Ce message c'est un cessez-le-feu sur la bande de Gaza pas de civils on arrête les morts des civils on fait une pause humanitaire Pause humanitaire c'était déjà un euphémisme par rapport à cessez-le-feu et ça a été voté par l'Europe il n'a même pas été capable de le dire et puis surtout c'était l'idée qu'il fallait réinstaller un processus à deux états et pas dire à Netanyahou ce qu'il avait envie d'entendre et à Moud Abbas ce qu'il avait envie d'entendre
Vous pensez qu'il a eu un double discours ?
En tous les cas il n'a pas eu de discours qui permettait de remettre la France au centre du jeu
Il a proposé la proposition d'élargir au Hamas la coalition contre Daesh Et je vous ai entendu chez Frédéric Aziza sur Radio-J proposer aussi une histoire de coalition pour aider si bah si j'ai écouté pour aider à détruire le Hamas
Non c'était pas une coalition avec Daesh etc c'était une coalition pour contrer le Hamas oui moi je pense que là ce qui s'est passé
C'est pas très éloigné ?
Pardon ?
C'est pas très éloigné donc il faudrait que la France aussi s'investisse là-dedans avec Daesh
l'État islamique etc et en l'occurrence moi je pense que sur le Hamas il y a un angle qui n'a jamais été posé c'est la question du financement du Hamas et pourquoi on s'attaque pas au financement du Hamas et en fait quand il y a eu l'invasion de l'Ukraine par la Russie la première des sanctions qu'on a prises c'était des sanctions sur le financement pourquoi là c'est pas du tout une question et tant qu'en fait il n'y a pas cette question qui est posée bah en fait on ne parle de rien en vrai
Là faudrait parler du Qatar
Bah faudrait parler du Qatar et faudrait parler de notre dépendance au gaz et faudrait parler des avantages fiscaux du Qatar en France faudrait parler des investissements du Qatar en France et là on toucherait des sujets qui seraient un tout petit peu plus touchy
Raphaël Je voudrais tout à l'heure poser une question sur l'antisémitisme mais d'abord sur la réponse que vous venez de donner sur le contexte international vous vous appelez à un cessez-le-feu je pense que c'est absolument nécessaire à un cessez-le-feu les dégâts qui sont en train d'exister au sein de la bande de Gaza et du drame humanitaire qui est en cours en revanche il y a une question qui est celle que la paix ce n'est pas juste une formule ce sont des conditions le fait est qu'il y a encore 200 otages dans la bande de Gaza que le Hamas ne semble pas prédisposé à les rendre pour le moment et surtout l'état d'Israël vient de vivre une attaque massive fondamentalement anti-juive et que là non plus il n'y a pas de garantie sur la question donc ma question ce serait quelle modalité entrevoyez-vous pour permettre l'existence de ce cessez-le-feu Sandrine Rousseau
la libération des otages libération immédiate
le Hamas ne veut pas pour l'instant
et sinon il y a une mise sous pression encore une fois financière du Hamas pour faire en sorte qu'enfin on s'attaque aux vraies sources de son action et là moi j'ai l'impression qu'on se paye de mots en ce moment beaucoup il y a d'ailleurs il y a beaucoup de batailles de mots dans l'espace politique mais on se paye de mots là où on devrait agir alors on l'a vu quand je parle de sanctions financières c'est pas la seule chose qu'on peut faire évidemment on peut aussi aller sur des instances internationales nouer des alliances etc ce qui est de plus en plus compliqué en vérité pour la France notamment parce que une partie du monde ne la juge plus comme au centre du jeu diplomatique mais donc c'est insuffisant mais ce serait déjà quelque chose d'important et mettre la pression sur le Qatar pour faire en sorte qu'il se désolidarise de ça et en fait rien n'est fait on pose des mots dans le débat public mais en fait on ne monte absolument pas le rapport de force pour que le Hamas relâche les otages et le seul rapport de force que l'on monte c'est vis-à-vis de la population civile Gazaoui laquelle souffre atrocement et paye de sa vie le conflit alors même que les gens du Hamas sont souvent dans des souterrains donc inaccessibles aux bombes du moins moins en danger en tous les cas que la population civile qui n'y a nulle part où aller et en fait on se contente de cela c'est-à-dire qu'on a une forme d'acceptation finalement un peu tacite de cette situation
Vas-y Jules Et quel levier aussi on pourrait avoir pour infléchir la politique de Netanyahou parce que pour faire stopper la poursuite des colonies etc il se trouve que l'Union Européenne sponsorise un petit peu en alimentant les services publics en Cisjordanie etc il y a un levier économique est-ce qu'il ne faudrait pas aussi le saisir pour rendre parce que là manifestement le cessez-le-feu n'est pas l'horizon le plus immédiat mais comment aussi on sanctionne Israël en disant bon là le cessez-le-feu on a un levier on met une pression
Mais l'Europe est aux abonnés absents au complet de cette crise alors même qu'elle aurait une voix très importante à porter et en effet ce qui se passe en Cisj enfin en fait ce qui se passe actuellement est quand même le résultat d'une politique certes ancienne mais aussi une accélération de la politique de conquête de la Cisjordanie par Netanyahou de l'enfermement de la bande de Gaza et surtout une politique d'extrême droite qui favorise en Israël les courants les plus orthodoxes et les plus extrémistes et là je regardais par exemple le financement des écoles ultra orthodoxes par rapport aux écoles publiques laïques ou modérées en fait c'est aujourd'hui elles qui reçoivent autant d'argent que la totalité des autres écoles alors même qu'elles ont un nombre d'élèves elles accueillent un nombre d'élèves bien inférieur aux autres donc en fait la question c'est comment on fait en sorte qu'on ne soutienne pas une politique d'extrême droite dans le règlement du conflit et un gouvernement d'extrême droite et en fait là dessus aujourd'hui on n'a aucune parole c'est à dire qu'on est juste dans le droit de se défendre d'Israël on est juste dans le soutien inconditionnel pour certains membres de la présidente par exemple de l'Assemblée nationale à Israël et on ne met pas la pression sur la politique israélienne or dans les derniers mois avant l'attaque terroriste du Hamas il y a eu un mouvement social en Israël très fort progressiste si ce n'est de gauche et qui contestait les réformes de Netanyahou et en fait pourquoi on ne va pas chercher cette opinion publique là en dénonçant l'inefficience de Netanyahou et ça aujourd'hui ça fait partie des paroles qui ne sont pas posées dans le débat
il y a juste un point qui est peut-être à amender c'est qu'aujourd'hui ça n'est plus le gouvernement de Netanyahou qui recommande
c'est un gouvernement
d'union nationale donc en réalité ça n'est pas Netanyahou c'est quasiment l'intégralité des partis politiques qui aujourd'hui sont à convaincre en Israël
pourquoi on le légitime à sa place là en fait alors que c'est sa faillite
bien sûr
pourquoi on le légitime dans les discussions internationales et pourquoi cette question là n'est pas posée en vérité
pourquoi quand il dit oui le Hamas c'est comme Isis on le met pas y compris notre diplomatie il pourrait dire pourquoi vous avez continué à le financer pourquoi vous avez favorisé ce truc là quand est-ce qu'on monte le ton en fait qu'il faudrait monter le ton avec Netanyahou tout à l'heure on a écouté tout à l'heure on a écouté un extrait du discours de Jean-Louis Bourlange le président modem de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale c'était lundi dernier et dans son discours de fin il disait qu'il avait entendu comme une forme de consensus partagé par quasiment l'intégralité des députés pour dénoncer l'horreur les attentats terroristes du Hamas et être en solidarité avec ses victimes et en faveur d'une solution à deux états qui est la voie que porte la France est-ce que vous partagez cet avis de Jean-Louis Bourlange qui dit que grosso merdo tout le monde est à peu près d'accord dans la classe politique française
alors non je ne pense pas mais je ne suis pas complètement d'accord avec lui sur le fait qu'il y ait unanimité mais par contre je pense qu'on pourrait trouver une voie qui soit une voie intelligente intelligible et qu'on pose dans le débat et qu'on amène l'Europe sur ces positions là mais en fait on ne fait pas cet effort là c'est à dire que moi j'ai été très impressionnée par la cacophonie de la diplomatie française dans les premiers temps de cette crise suite à l'attaque où on a Yael Broun-Pivet qui est parti quand même avec Éric Ciotti et Maïer Habib ce n'est pas des choix neutres en matière de déplacement à Israël alors il paraît qu'elle nous avait invité moi je n'ai pas reçu l'invitation alors peut-être que ça s'est perdu je ne dis pas qu'elle ne l'a pas fait mais en tous les cas ce choix là à la fin devait quand même être interrogé c'est un message politique qu'elle envoie elle est quand même le quatrième personnage de l'État de l'autre côté Emmanuel Macron il va après elle avec un message qui lui aussi est d'une confusion rare donc là maintenant il y a quand même quelque chose à poser qui est de l'aide humanitaire d'urgence notamment il y a un problème d'accès à l'essence au pétrole sur Gaza puisque une partie des hôpitaux fonctionne avec cela et qu'une partie aussi d'accès à l'eau dépend de cela et que là il y a des enfants qui sont en danger au-delà des bombardements dans les hôpitaux donc là maintenant il faut préserver les civils on ne peut pas accepter que parce qu'il y a des civils israéliens qui ont été massacrés on ne peut pas fermer les yeux sur les civils Gazaouis qui le sont aujourd'hui et aujourd'hui il y a des massacres par bombes de civils Gazaouis
Lorraine ?
Oui mais
vous disiez enfin en fait c'est trop bizarre de vous voyer Sandrine Rousseau parce que je l'ai déjà rencontrée plusieurs fois et tout Oui vous tutoyez vous avez le droit à condition que tu dises pourquoi donc tu peux y aller vas-y vas-y vas-y Lorraine ok du coup donc tu tu disais que du coup il y a une espèce de cacophonie en fait de messages diplomatiques mais même en fait j'ai l'impression au sein de la NUPES il y a une cacophonie et on n'arrive pas à comprendre enfin en fait il n'y a pas de voix enfin vous vous êtes pas mis d'accord en fait et du coup comment ça se passe est-ce que vous vous êtes mis dans une salle où vous vous engueulez bah visiblement j'ai pas l'impression puisque le le groupe interparlementaire et en tout cas bah en tout cas par ELV et l'EPS enfin vous n'y assistez plus donc en fait où il est cet espace de discussion pour retrouver une espèce de voix claire et audible en fait parce qu'effectivement il y a des messages clairs et à faire passer notamment sur le sort des civils en fait
c'est exactement le sujet c'est à dire qu'il n'y a pas
d'espace où on discute il n'y a plus d'intergroupe là depuis deux ou trois semaines maintenant mais du coup pourquoi le boycotter mais on ne le boycote pas il permet de discuter de base
non mais on ne le boycote pas simplement aujourd'hui il n'y a plus d'espace de discussion et moi je vais vous dire ça me rend malade ce truc parce que la vérité c'est que la gauche a quelque chose à poser là et précisément parce que aussi si la gauche n'intervient pas on va être sous une espèce de bulldozer de discours d'extrême droite sur les guerres de civilisation moi je pense que le principal risque là aujourd'hui c'est qu'on tombe dans l'idée qu'on est véritablement dans une guerre soit de religion soit de civilisation ce qui se recoupe en partie et en fait c'est pas ça ça n'est pas ça c'est à dire qu'on est dans un conflit de territoire on est dans la protection des civils mais on n'est pas dans une guerre de civilisation parce que si on accepte cette idée là alors on va direct sur le terrain de l'extrême droite et je trouve que nous n'arrivons pas à être audibles nous la gauche sur le fait que nous ne sommes pas dans cette situation nous sommes dans un conflit territorial nous sommes dans suite à une attaque terroriste et on essaye de trouver les voies et moyens pour apaiser les choses aller vers la désescalade protéger les civils et faire en sorte qu'on trouve une solution durable et ça si nous nous ne posons pas nos mots là dedans et bien qui va le faire et on voit par exemple en Espagne la gauche espagnole qui a un discours bien plus fort que nous là dessus c'est elle par exemple qui a réussi à faire arrêter cette décision inique de supprimer l'aide internationale enfin l'aide européenne à Gaza et en fait nous nous sommes inaudibles et ça ça me rend absolument malade donc c'est pour ça que j'appelle tous mes camarades à venir et en même temps
même là vous avez dit guerre de territoire conflit de territoire plutôt que de dire guerre de colonisation en fait donc les mots je pense même la gauche ne pose pas non plus les mots et pas d'accord pour mettre les mêmes mots on a beaucoup ergoté sur terroriste pas terroriste est-ce qu'on l'emploie on l'emploie pas à quel moment mais la même colonisation est un mot qui passe peu
alors moi je parle de colonisation de la Cisjordanie parce que je pense qu'il y a des colons en Cisjordanie
nettoyage ethnique est-ce qu'on peut dire nettoyage ethnique à propos de ce qui est en train de se passer je pense qu'on n'est pas encore là je pense que le risque est là en Israël aussi il y en a 200 000 personnes qui ont été déplacées aux frontières avec des points de guerre actuellement c'est dans les deux côtés en réalité qu'on a ce problème là qu'il y a des déplacements
non puis surtout je pense que là on est dans un risque de nettoyage ethnique ça je pense mais on n'y est pas encore et en fait pour moi ça fait partie de ces mots justes que l'on doit poser dans le moment et ça n'est pas simple et c'est vraiment un exercice assez complexe même en réalité pour pouvoir aussi avoir une gradation de nos mots en fonction de l'évolution de la situation et là aujourd'hui ce qu'il nous faut absolument c'est préserver les civils de Gaza et donc arrêter les frappes
Raphaël avait une question sur l'antisémitisme un des sujets qui a fracturé la NUPES ces derniers jours c'est la question du traitement de l'antisémitisme par la France insoumise et je tiens à le dire publiquement je suis ravi de vous avoir en face parce que vous avez une parole d'une clarté absolument exemplaire sur le sujet pas seulement sur Radio G sur BFM TV j'ai prêté beaucoup d'attention à vos interventions dans lesquelles vous avez acté qu'il y avait un problème de traitement de l'antisémitisme pas spécialement à EELV d'ailleurs mais qui émanait éventuellement de LFI ma question c'est que à partir du moment on a un parti politique de la France insoumise qui n'est pas antisémite moi c'est pas mon point de vue mais qui emploie de façon régulière répétée malgré des avertissements d'associations juives de gauche qui les rencontrent des tropes qui renvoient un imaginaire antisémite lorsqu'on dit le cri d'extrême droite avec son rayon en paralysant avec les génuflexions devant ces oucas arrogantes et communautaristes quand on parle d'Elisabeth Borne qui se rallie à un point de vue étranger lorsqu'on invite Corbyn quand on a à ce point une multiplication de tropes que nous à chaque fois qu'on les rencontre on se fait un peu envoyer balader il faut le dire aussi un peu comme ça est-ce que pour la NUPES c'est possible de continuer sur ces bases là et je le dis d'autant plus pour deux choses c'est que un vous êtes le camp de l'antiracisme deux si la gauche ne porte pas une parole claire sur cette question les premiers qui vont récupérer ça c'est l'extrême droite il y a un sondage qui vient de sortir qui est terrifiant où Jean-Luc Mélenchon sur la question de l'antisémitisme je crois que c'est 17% de confiance contre Marine Le Pen qui a 40 et quelques et le risque c'est qu'on va opposer on va agiter des conflits intercommunautaires pour le dire clairement utiliser les juifs contre les arabes et vice versa comment est-ce qu'on en s'en sort et est-ce que la NUPES peut continuer sur cette base là c'en est on sort
déjà moi je n'ai pas dit que les filles étaient antisémites je ne l'ai pas dit non plus d'une manière
je ne peux pas dire
ce que je n'ai pas dit mais par contre je pense que en fait par exemple ce qui m'a vraiment frappé après l'attaque du Hamas c'est à quel point on n'arrivait pas à considérer les victimes civiles israéliennes à la hauteur de ce que on devrait les considérer et en fait parce que le conflit israélo-palestinien a aussi structuré une partie du militantisme à gauche il faut se le dire et bien on est rentré direct par la cause palestinienne ce qui se comprend mais dans un deuxième temps c'est à dire que pour moi il y avait ce premier temps où il fallait reconnaître la gravité de la situation et la gravité du massacre qui avait été fait en Israël
et ça ne vous empêche pas d'ailleurs de parler de la situation des sénateurs mais pour moi
pour entendre la question palestinienne il faut d'abord avoir posé cette première étape de dire les mots les plus justes possibles sur ce qui s'est passé en Israël et en fait aussi pour des raisons d'aller vers un processus de paix et de rapports de force c'est à dire que si on ne s'appuie pas sur une opinion publique israélienne progressiste de gauche etc pour même faire levier à l'intérieur pour aller vers un processus d'apaisement en tous les cas dans un premier temps et bien on rate un coche et en fait cette opinion publique progressiste israélienne elle a besoin qu'on reconnaisse que c'est elle qui a été attaquée et oui c'est des kiboutts c'est des personnes qui étaient plutôt de gauche et c'est des juifs qui ont été attaqués
ça a été reconnu ça enfin je veux dire même crime de guerre c'est aussi ça a été pris comme un truc moins fort mais crime de guerre il n'y a pas de gradation oui terrorisme crime de guerre etc il ne me semble pas que la France insoumise a commencé à dire non mais c'est pas grave ce qui s'est passé etc ce qui a été redit il y a eu un mouvement où Nathalie Saint-Cricq a dit sur un plateau en rapportant n'importe comment les propos Jean-Luc Mélenchon a dit finalement ils l'ont bien cherché etc il y a une musique qui est montée non
moi je ne dis pas ça du tout non mais je dis que quand on est dans un moment d'émotion comme ça mais après moi je vais encore me faire des ennemis et j'en ai beaucoup déjà donc en fait je n'ai pas spécialement vu
il ne faut pas déformer mais dites tout ce que vous pensez
non non mais je ne déforme rien simplement que quand on a comme ça 1400 personnes ou 1500 personnes qui ont été massacrées encore une fois avec une violence inouïe inouïe des conditions enfin les membres des membres ont été échangés pour pas qu'on reconnaisse les corps etc le mot à poser c'est terrorisme et quand on ne le pose pas tout de suite on peut le poser le deuxième ou le troisième jour en fait c'est pas grave et moi c'est ça que je ne comprends pas dans la situation et en fait ça participe des questions mais on avait déjà été confronté à des problèmes comme ça dans des épisodes précédents au sein de la NUPES où quand on est face à une situation qui est objectivement compliquée et bien on n'arrive pas à trouver les moyens pour que chacun et chacune converge vers une position qui soit acceptable par tout le monde et en fait pourquoi ?
Pourquoi il y a une espèce de fermeture à l'idée de poser un mot ?
Pourquoi en fait ? Et pourquoi ? Et donc du coup je vous pose la question pourquoi ?
Ah bah ça moi je n'en ai pas
Une hypothèse ? Je me souviens quand je vous avais accueilli il y a deux ans sur le plateau de Baxi je vous présentais comme la plus mélenchon compatible des écolos c'était dans un contexte très différent et du coup j'allais vous poser la question est-ce que vous l'êtes toujours ?
Oui parce que
Malgré tout ce que vous venez de dire ?
Oui parce que je pense qu'il n'y a pas d'espoir sans la NUPES je pense qu'il n'y a pas de que quand on fait le budget de la sécurité sociale il n'y a pas une once de différence entre les différentes forces politiques qui composent la NUPES donc voilà simplement là on est pour moi dans un moment où en fait c'est un peu un moment de vérité est-ce qu'on arrive à être intelligent ensemble ou est-ce que finalement on organise notre incapacité à prendre le pouvoir ?
Et en fait c'est pour ça que moi je reste je ne suis pas dans ceux qui disent ce sera plus jamais avec Mélenchon ce sera plus jamais avec LFI mais par contre ce que je dis aux partenaires de la NUPES c'est de dire quand on a un problème comme ça si on veut prendre le pouvoir on doit être capable de discuter c'est pas possible de s'enfermer chacun dans nos trucs en fait et pour moi ça me pose une question vraiment de gouvernance imaginez imaginez un instant qu'on soit au gouvernement là enfin vous imaginez la cacophonique J'ai beaucoup de mal à l'imaginer Non non non
oui j'ai beaucoup de mal à l'imaginer mais oui
et notre responsabilité parce que ça n'est pas la seule crise qui est aujourd'hui dans l'actualité la crise climatique est en train de prendre une proportion hallucinante la crise sociale pareil si on n'arrive pas à se parler au moment où on a des tensions et bien je vais vous dire on n'est pas prêt à gouverner c'est ça la situation donc moi j'appelle les copains de LFI et précisément parce que je veux continuer avec vous à vraiment à se mettre autour de la table et ce qu'on discute et qu'on arrête les injonctions et qu'on arrête les trucs par Twitter où chacun va taper sur la tête de l'autre franchement là c'est pas au niveau on n'est pas au niveau
On a beaucoup de questions à vous poser aussi sur l'écologie mais non non vous avez vous parlé avec votre rip et c'est très bien on a aussi une nouveauté dans cette saison c'est qu'on propose au public de vous poser des questions à nos invités politiques on a une vidéo donc qui nous a été envoyée par Alexandru qui a une question pour vous Bonsoir Sandrine Rousseau Bonsoir Jean Bonsoir tout le monde Bonsoir Ce week-end encore une fois avec la manifestation contre l'A69 dans le Tarn les faits et leur traitement par les médias mainstream mais aussi par le gouvernement se contredisent Moi en tant qu'adhérent les écologistes qui baignent dans un entre-soi militant je suis au courant de la réalité des choses mais c'est loin d'être le cas pour tout le monde Alors voilà la question n'est pas simple mais comment faire pour que notre voix de défenseur des écosystèmes soit réellement entendue Voilà Je vous remercie Sandrine Rousseau
Eh bien par exemple aussi en parlant d'une seule voix sur le fait que nous ne sommes pas des éco-terroristes parce que là aujourd'hui nous nous sommes fait happer dans le débat politique par cette idée selon laquelle nous serions une menace éco-terroriste et ça dans le moment précisément utiliser ce mot c'est grave en fait c'est très grave pour des gens qui sont juste allés défendre des arbres et un bout de nature et qui au mieux ont planté des tentes sur un terrain enfin je veux dire on est quand même à ce niveau là et oui il y a pu y avoir des heures et encore moi sur l'A69 je n'en ai pas vu et j'ai appelé les copains et copines qui sont restés la nuit et qui n'ont pas vu non plus de heures mais visiblement il y a eu un camion qui a été incendié sur le chemin plus loin par un groupe qui s'est dissocié donc ça j'ai pas vu voilà ça arrive
des camions
non mais je veux dire non mais c'est pas pour autant un acte terroriste quoi c'est pas pour autant un acte terroriste et là dessus moi je trouve l'attitude du gouvernement absolument irresponsable à criminaliser comme ça un mouvement écolo et une résistance à la destruction de la planète à un moment où tous les indicateurs montrent qu'on est vraiment dans un moment de bascule mais inouï donc en fait qu'il faut criminaliser et pourquoi dès qu'il s'agit de Total alors là ils sont tout fébriles et ils n'arrivent pas à prendre la moindre mesure ni sur les surprofits ni sur les dividendes ni sur rien à chaque fois qu'on a essayé d'avoir la moindre mesure sur Total c'était balayé donc là tout de suite il y a une espèce de défense par contre nous on défend trois arbres et là c'est nous qui sommes les dangereux enfin vraiment il y a quelque chose de l'ordre des valeurs à remettre dans l'ordre donc non nous n'avons pas besoin de cette A69 nous n'avons pas besoin de cette autoroute il y a déjà une route qui fonctionne et je le redis mais tant qu'on est dans le désenclavement de territoire par la route on rend les gens dépendants de la voiture donc dépendants de l'essence et donc dépendants in fine d'énergie fossile dont le prix va nécessairement augmenter et qui sont aux sources de bien des conflits dans le monde
Raphaël je pense que vous pointez quelque chose qui est assez essentiel pour décoder ce qu'est la Macronie c'est on en blaguait d'ailleurs un peu en conférence de rédaction il s'appelle renaissance ils auraient dû s'appeler les raisonnables ou les responsables c'est vraiment cette idée de grands centres responsables et raisonnables et puis les autres c'est les fous les débiles ceux qui ne savent pas les utopistes ceux qui ne savent pas gérer les affaires est-ce que malgré tout la tripartisation de la vie politique ne participe pas précisément à accroître en permanence cette rhétorique là je le dis vraiment comme une question parce que je pense que je ne suis pas d'accord avec vous sur plein de points mais je pense que les radicalités sont essentielles dans une démocratie Raymond Aron qu'on présente souvent comme un sort de mou démocrate se disait que les radicalités en fait étaient essentielles pour animer les clivages politiques mais est-ce que du coup cette tripartisation cette tripartisation tripartition tripartition de la vie politique n'entraîne pas une surenchère d'opposition et de radicalité les uns et les autres et ce n'est pas du tout pour vous incriminer vous en particulier aujourd'hui
je vais vous dire celui que je trouve le plus radical c'est Macron en vérité et c'est un radical du libéralisme parce que quand il a fait si on regarde les lois qui sont passées je ne suis jamais content
les libéraux on est pas un libéral
ce qui est passé depuis un an c'est la loi sur les retraites la loi sur les chômeurs la loi sur le RSA et en fait c'est tous des lois qui partent de ce principe et là je parle en tant qu'économiste très libéral qui consiste à dire que si nous n'acceptons pas un emploi c'est parce que les allocations sont trop élevées et que nous préférerions nous aurions une espèce de préférence pour l'inactivité plutôt que pour l'emploi et ça c'est au coeur même des théories libérales et je le trouve vraiment excessif dans son amour du libéralisme économique surtout dans une période de crise sociale comme on l'a ça c'est la première chose la deuxième chose c'est que pour moi la démocratie c'est avant tout un art de perdre c'est à dire qu'en fait la démocratie c'est une manière de gérer des conflits
à gauche on est très démocrate allez-y continue c'est quoi cet art de perdre la démocratie ? non mais ouais
donc la démocratie c'est une manière de dire que quand il y a un conflit quand on n'est pas d'accord et bien on a une manière de gérer ce désaccord et on vote et donc sur le distance et en fait Macron ne supporte pas de perdre il ne supporte pas de perdre
il n'est pas libéral
et bien je pense qu'il a un vrai sujet avec l'altérité démocratique en vérité je pense
la seule idée d'avoir tort ne lui est pas possible oui ok d'accord c'est ça que vous dites
et je pense que là on atteint les limites de la 5ème république c'est que la 5ème république donne bien trop de pouvoir à un homme qui refuse d'avoir tort et sur les retraites comme sur le reste si on avait voté et bien il aurait perdu et finalement notre démocratie aurait gagné à la fin lui il aurait perdu mais notre démocratie aurait gagné et là on a l'impression à chaque fois qu'on est dans un espèce de combat presque personnel d'égo trip presque
c'est très psychologisant comme analyse on pourrait regarder ça aussi en termes de rapport de classe est-ce qu'on n'a pas une bourgeoisie qui se radicalise dont il est le meilleur porte-parole qui l'a porté au pouvoir qui a voté pour lui particulièrement la deuxième fois d'ailleurs il y a un compromis en fait social qui était celui issu de la libération auquel la bourgeoisie ne veut plus adhérer et donc elle se radicalise et ça explique aussi voilà c'est mieux que de parler de la psychologie de Macron non ?
je pense qu'il y a des rapports de classe qui a des rapports de force qui a en effet une bourgeoisie qui s'inquiète de la situation et qui fait tout pour conserver ses acquis et ses privilèges au sein de la société ça j'ai pas de doute là-dessus maintenant je pense que même un de Gaulle par exemple avait été bourgeois enfin je veux dire il n'y a pas de et pour autant il avait quand même cette forme d'acceptation d'un compromis démocratique avec les communistes
avec les chrétiens démocrates etc ben oui
non mais c'est vrai même j'ai envie de vous dire voilà même Sarkozy ou Chirac accepter la défaite là donc c'est pour ça que je pose une question de psychologie qui est en plus de haute de gare ou de comptoir parce qu'en plus je le connais pas donc je l'ai vu une fois dans ma life voilà et ça n'a pas été le meilleur moment de ma vie par ailleurs
mais mais donc voilà je pense que par ailleurs il y a quand même un truc un peu perso on a des questions aussi sur l'éco-anxiété il y a notamment Benoît qui a une question pour vous
salut Baxit salut le chat bonsoir madame Brousseau vous qui portez un projet de société en rupture avec les logiques capitalistes et dominatrices actuelles vous êtes une des personnes les plus aptes à répondre à cette question sachant que dans l'histoire la démocratie s'est toujours imposée dans des cadres de croissance où on pouvait rallier la majorité de la population autour d'un projet comment est-ce que nous pouvons continuer de faire société dans un monde dont les ressources se contractent dans un monde où l'environnement s'effondre et dans un monde où le tissu social même semble n'avoir plus aucun sens
c'est une vraie question comment on fait
je vais vous dire en plus pour moi c'est la vraie ligne qu'on devrait discuter au sein de la gauche c'est à dire qu'entre les productivistes et les non productivistes entre les croissantistes et les non croissantistes je pense que là on est dans une situation telle de gravité telle que tous les euros que nous dépensons dans la dépense publique devraient être jugés à l'aune de ce que ça génère en termes de protection ou de diminution du CO2 protection des humains diminution du CO2 et j'irais même au-delà c'est que nous devrions avoir un débat national là maintenant précisément parce que nous n'avons que quelques mois si ce n'est au mieux quelques années pour agir de ce dont nous avons absolument besoin et ce dont nous n'avons pas forcément besoin et sur la base de ce dont nous avons besoin alors nous assurons les ressources pour garantir à tout le monde l'accès à ces besoins et je pense que par ailleurs il nous faudrait aussi réinvestir la notion de commun parce que ce qui a été très flagrant et ce qu'on oublie très souvent dans la période des 30 glorieuses qui sert quand même beaucoup de référence encore aujourd'hui et bien c'est qu'on a fait un compromis social où on a sorti des choses du marché on a sorti la sécurité sociale la santé du marché on a sorti l'électricité du marché d'une certaine manière puisqu'on a fait de la péréquation tarifaire je ne vais pas développer tout ça mais on s'est dit voilà on a besoin d'électricité on a besoin d'eau on a besoin de téléphone à l'époque on a besoin de santé on a besoin d'éducation et tout ça a été sorti du marché au motif que c'était commun et que c'était le ciment de notre société aujourd'hui nous devrions nous reposer cette question fondamentale qui est de quoi on a absolument besoin qu'est-ce qui est commun et assurer ça à tout le monde et après le reste et bien on le régule et on le sort de l'action publique et en fait
on a encore beaucoup de questions à vous poser on est déjà pratiquement à la fin Lorraine tu avais une question sur l'éco-anxiété je crois oui alors en fait justement le rapport du CESE montré donc il y a 8 français juste pardon
mais comme ça au moins on aura une forme d'adhésion au modèle
excuse-moi d'accord
c'était le point final à la pensée
voilà c'est ça non mais c'est parce que c'était la question quand même comment on fait adhérer donc voilà on fait adhérer comme ça
ok excuse-moi donc du coup le rapport du CESE nous disait il y a 8 français sur 10 qui sont éco-anxieux et récemment il y a un débat qui a déchaîné un peu les passions dans les médias c'est sur le fait de faire ou non des enfants donc du coup il y a Salomé Saquet qui dans son livre dans son dernier livre a dit justement que vu son éco-anxiété elle pour l'instant en tout cas ne souhaitait pas faire d'enfants donc Salomé Saquet est journaliste notamment à Blast que Jules connaît bien très bonne maison Thomas Frisquet l'astronaute lui a dit en fait qu'il ne souhaitait pas avoir d'enfants parce que justement ce serait sa compagne qui aurait à les assumer seuls vu qu'ils seraient dans l'espace et d'un autre côté on a aussi Aurore Berger qui elle par contre dit qu'il faut absolument relancer la natalité et du coup en tant qu'éco-féministe comment tu te situes là-dessus ?
On est en plein dedans à l'intersection
Là où je me situe c'est de dire lâchez nos utérus en fait lâchez nos utérus nos utérus nous appartiennent on en fait absolument ce qu'on veut et c'est pas des politiques publiques de natalité qui vont relancer quoi que ce soit et c'est pas non plus des décisions collectives de ne pas faire d'enfants qui vont relancer quoi que ce soit c'est de l'ordre du choix personnel et individuel et par ailleurs dans les politiques natalistes enfin je rappelle quand même que derrière affleure alors parce qu'on l'entend beaucoup ça à l'Assemblée affleure une théorie très suprémaciste en réalité qu'il faudrait que ce soit les femmes blanches qui fassent des bébés parce que les blancs les chrétiens les machins et que ça vraiment votre brin en fait on n'en veut pas quoi voilà et que nos utérus nous appartiennent
Dernière question Usul Ah bon ? Oui après on va devoir Merde j'avais rien là dessus Ah t'avais rien je croyais que tu me demandais la parole tout à l'heure Ouais mais tout à l'heure mais du coup c'est plus dans le sujet Du coup c'est plus dans le sujet Bon est-ce que t'as une dernière question Raphaël ? Finalement vous êtes plus libéral que vous le dites parce que quand on est à ce point attaché à ce qui est moins de verticalité à ce qui est plus de compromis à ce qui est plus de respect des corps intermédiaires je vois pas ce qu'il y a de plus libéral
Non parce que je suis pour qu'il y ait un état social et écologique qui encadre sérieusement l'activité Mais pas des utérus économique Et d'ailleurs Non mais en fait la question c'est tout le libéralisme social sociétal et la différence avec le libéralisme économique et le libéralisme économique pour moi a chopé cette idée de liberté là où au contraire il n'y a que contrainte en vérité Et la liberté des individus elle est fondamentale
Et oui mais elle peut avoir des limites parce que si on commence à déterminer des communs
La liberté des imparètes là où celle des autres commence Oui
Et si on commence à déterminer des communs il va peut-être falloir revenir aussi sur cette notion que certains ont un peu sacralisée de propriété privée Oui Je suis d'accord avec ça Il va peut-être falloir revenir très sérieusement C'est peut-être là la limite de finalement libéral Oui peut-être pas jusqu'au bout non plus Oui
Et là notamment je pense qu'il y a vraiment une question autour de l'appropriation du foncier que ça soit en France ou ailleurs Oui Qu'il nous faudrait regarder de près parce qu'il y a des stratégies d'acquisition du foncier pour se préserver des espaces qui nous permettraient de vivre dans la catastrophe et je pense que là nous devrions regarder ça de très près Après enfin vraiment parce que je ne voudrais pas non plus vous déprimer je suis très éco-anxieuse à l'Assemblée parce que c'est vraiment la catastrophe mais en fait le monde c'est un monde de protection un monde écolo c'est quand même un monde bien plus vivable en réalité que ce qu'on a actuellement et bien plus agréable que ce qu'on a actuellement et c'est un monde où on ne passe pas sa vie à faire du métro boulot dodo et finalement peut-être on la gagne mieux
Merci beaucoup Sandrine Rousseau d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Baxif Merci Je vais vous laisser quitter le plateau On va conclure cette émission après cette interview politique de haut niveau Merci beaucoup à notre invitée Sandrine Rousseau Merci beaucoup à mes trois chroniqueurs et chroniqueuses J'étais très content de faire cette émission avec vous C'était votre première Lorraine et Raphaël Ça vous a plu ? Ouais Franchement c'est super cool C'est détendu J'aime bien Bah ouais c'est chouette Très bonne ambiance Raphaël ça t'a plu ? C'est long Cool T'as pas été trop déstabilisé ? Non Bah écoute très bien Usul ?
Oh bah comme d'homme Moi j'ai trois ans Ouais je connais T'as fait la plupart des émissions Effectivement Non mais vraiment merci du fond du coeur à vous trois Je tiens à remercier les personnes qui nous ont envoyé des vidéos Je présente du coup mes excuses à Bob Lacourge et à Julien dont la vidéo est passée à la trappe parce que dans le flow de l'interview en fait la question avait déjà été posée Merci beaucoup J'ai noté quand même un truc mais ça vous vous en doutez on en avait déjà parlé avec le chat il n'y a que des hommes qui ont envoyé des vidéos Je vous avais dit que c'était un piège dans lequel on risquait de tomber Effectivement on est en train de tomber dedans donc je ne sais que dire d'autre que voilà mesdames n'hésitez pas vous aussi à envoyer des vidéos qu'on pourra diffuser pour poser vos questions à nos invités politiques Cette parenthèse étant refermée je tiens à remercier très chaleureusement les nouveaux abonnés qui ont pris leur abonnement pendant cette émission Léonce, Jean-François, Charlène, Julie et Esther merci beaucoup à vous merci beaucoup à toutes les personnes qui soutiennent cette émission regardez la barre de dons qui progresse le prochain palier de dons quand on arrivera à 20 000 euros mensuels de revenus pour l'émission nous permettant de faire cette belle émission on fera une émission spéciale sur comment cuisiner les excellents nèmes qui sont mangés par le public après l'émission Franchement ils étaient hyper bons je confirme On a aussi t'as vu ils sont vachement bons Ouais franchement Voilà ils vont être encore très bons donc on vous apprendra à les cuisiner mais pour ça il faut faire des dons Nouveaux donation goal qui ont été débloqués allez voir sur le KissKissBankBank on aura une émission dans laquelle Usul et HostPolitik viendront tous les deux dans l'émission on aura aussi Latifa qui va me donner des cours de boxe elle va me boxer la gueule Latifa elle fait de la boxe elle m'a proposé une initiation j'ai dit vas-y let's go et enfin un donation goal aussi qu'on a rajouté je ferai la traversée la traversée de l'Atlantique en avion comme Charleneberg dans les conditions de l'époque sur la carte réelle et en temps réel 33 heures de vol pour refaire l'exploit de Charleneberg de 1914 1915 donc voilà les nouveautés tu vas faire pipi dans un petit bocal alors je sais pas jusqu'où je vais pousser le réalisme mais le déguisement en fait ouais bon on verra le déguisement ouais ça pourrait être cool bon bref on verra merci chers amis où est-ce qu'on vous retrouve les amis avant de se quitter Lorraine on te retrouve sur quel réseau tout ça bah déjà pas trop sur Twitter parce que je vais faire le no Twitter day qui a été dit mais sinon sur Insta c'est Peace and Law donc Law L-A-U et c'est quasiment sur tous les réseaux et ton association que tu as cofondé la cité des chances arrobase cité des chances partout absolument partout Raphaël où est-ce qu'on te retrouve essentiellement sur Twitter Raphaël avec un F tiré du bas 8 E-Y-T-H E-Y-T-H Usul on te retrouve dimanche avec un épisode de Rhinoceros non pas ce dimanche là pas ce dimanche là celui d'après oui Rhinoceros c'est trois fois par mois pas tout pas exactement tous les dimanches enfin bon donc du coup là voilà sinon Twitch sur la chaîne Twitch de la CGT aussi dans deux semaines alors là ce soir c'était artoise parce que la CGT lance sa chaîne Twitch avec un format d'interview alors je crois que aujourd'hui c'était Sophie Binet carrément avec Cartier et donc toi aussi tu vas animer sur cette chaîne des trucs oui dans deux semaines c'est mon tour on va parler de l'inspection du travail je vais animer aussi fin novembre une énorme soirée stream sur l'extrême droite pour Street Press aussi voilà ce sera en public je crois à la gaieté lyrique je crois enfin je m'avance mais je crois que c'est fin ouais c'est ça fin novembre voilà et puis Blast et puis Twitch et puis tous ces trucs là quoi j'ai rien oublié je pense et bah c'est cool merci beaucoup à vous trois on ne se retrouve pas la semaine prochaine il n'y a à nouveau pas backseat on en sera en pleine vacances donc on donne des vacances à toute l'équipe pour se reposer et ensuite on sera en ligne droite toutes les semaines jusqu'à Noël merci du fond du coeur c'est la fin de cette émission merci le public