Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 12 juin 2023 25 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & international

Bernard Cazeneuve : « Il n’y aura pas d’unité de la gauche dans la division du pays »

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:32FerméeÉludée

    Est-ce que ce matin, vous êtes candidat pour 2027 ?

  • 1:31RelanceRéponse partielle

    Pour créer une force, il faut l'incarner. Êtes-vous prêt à ça ?

  • 2:58OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'une gauche sans décibel ?

  • 3:08RelanceRéponse directe

    Comment faire vibrer les gens sans décibel ?

  • 4:38OuverteRéponse directe

    Pourquoi pas d'unité de la gauche dans la division du pays ?

  • 5:49OuverteRéponse directe

    Pourquoi dites-vous que Ruffin est passéiste ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueChiffre
    « Nous avons accumulé 8000 adhérents. »
  • 0:50Invité politiqueChiffre
    « Nous en avons enregistré 1000 simplement ce week-end. »
  • 0:53Invité politiqueChiffre
    « Nous avons rassemblé plus de 2000 personnes à Créteil samedi, 2300 exactement. »
  • 3:57Invité politiqueChiffre
    « S'il y avait une liste unique autour de la NUP, elle ferait 10 à 15 points de moins que des listes y allant, chacune avec leur identité. »
  • 15:46Invité politiquePromesse
    « Mais bien entendu qu'il faudra que nous prenions des dispositions pour rétablir la justice sociale, bien entendu qu'il faudra que si la gauche revient au pouvoir il y ait une grande conférence sociale. »
  • 18:28Invité politiqueFait
    « Lorsque la droite détruit 80 000 postes dans l'éducation nationale et que nous en créons 60 000, que nous remettons en place la formation des enseignants, c'est une politique de droite. »
  • 18:43Invité politiqueFait
    « Nous organisons la conférence pour le climat qui est la première conférence qui permet d'aboutir à un accord juridiquement contraignant sur le climat. »
  • 19:04Invité politiqueFait
    « Moi que lorsque je mets dans 570 centres d'accueil et d'orientation dans 570 communes de France les 20 000 migrants qui sont dans la boue à Calais ou à Paris et que nous les mettons en situation de protection. »
  • 19:53Invité politiqueFait
    « Nous nous battons au sein de l'Union européenne pour faire en sorte que la Grèce reste dans l'Union européenne alors que la plupart des pays conservateurs prétendaient l'en sortir. »

Temps de parole

  • Invité politique78 %
  • Présentateur9 %
  • Présentateur 28 %
  • Invité5 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin un ancien Premier ministre, ancien ministre de l'Intérieur de François Hollande. Question réaction 01-45-24-7000 et application de France Inter. Bernard Cazeneuve, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, c'était un grand jour pour vous samedi. Vous avez tenu le premier meeting de votre mouvement, la convention lancée en mars dernier. Il y avait plus de 2000 personnes réunies à Créteil. Alors ça y est, Bernard Cazeneuve, on peut le dire, ce matin, vous êtes candidat pour 2027 ?

0:37
Invité politique

Mais ce n'était pas l'objet de cette réunion. L'objet de cette réunion, c'était de donner corps à un mouvement que nous avons créé il y a peu de temps. C'était exactement le 9 mars à Lyon. Et en quelques mois, nous avons accumulé 8000 adhérents. Nous en avons enregistré 1000 simplement ce week-end. Et nous avons rassemblé plus de 2000 personnes à Créteil samedi, 2300 exactement. dans un climat qui était celui du rassemblement, du bonheur d'être ensemble, sans la malveillance qui règne parfois dans les organisations politiques. Ce rassemblement contrasté avec ce qui s'est passé au moment du congrès du Parti Socialiste.

C'est-à-dire que l'ambiance était à l'unité, l'ambiance était au bonheur d'être ensemble, l'ambiance était à la préoccupation du pays, l'ambiance était à la recherche de la crédibilité, de la responsabilité et à la volonté de continuer à aller de l'avant.

1:31
Présentateur

Oui, mais à un moment, pour créer une force, pour qu'elle vive, il faut l'incarner. Mais êtes-vous prêt à ça ? Parce qu'on vous a reçu en 2019, on vous a reçu en 2020, vous disiez, vous répétiez en boucle, je veux être utile, je serai prêt à prendre mes responsabilités. Et finalement, vous n'y êtes pas allé en 2022. Alors, est-ce que là, vous avez vraiment...

1:48
Invité politique

En 2022, je n'y suis pas allé, Léa Salamé, parce que les socialistes ont tout fait pour que cela ne se produise pas. C'est leur affaire. C'était leur stratégie, on en a vu les résultats.

1:57
Présentateur

Ce n'est pas la photo-socialiste, vous avez décidé de ne pas y aller.

1:59
Invité politique

Non, non, non, il y a une direction du Parti Socialiste qui, à ce moment-là, a tout fait pour que cette candidature ne soit pas possible. D'ailleurs, j'ai constaté, en étant président du comité de soutien d'Anne Hidalgo, qu'ils avaient aussi tout fait pour que la campagne d'Anne Hidalgo ne décolle pas. Parce que je ne peux pas dire qu'à ce moment-là, j'ai vu beaucoup de dirigeants du Parti Socialiste, de l'actuelle équipe, se mobiliser pour la candidate à la fait campagne dans un contexte... Mais sinon, vous y seriez allé ? Mais si les conditions avaient été réunies, et s'ils avaient senti la possibilité d'un soutien du Parti Socialiste, j'aurais pris mes responsabilités.

Mais maintenant, j'ai décidé de créer ce mouvement. Et nous sommes nombreux à nous y retrouver. Et si votre question est, est-ce que vous prendrez vos responsabilités, si les conditions sont réunies pour que ce mouvement puisse, avec d'autres forces de gauche, créer des conditions d'une espérance, la réponse est oui. Je l'ai dit très nettement.

2:47
Présentateur

Vous avez déclaré samedi en meeting, ma gauche est une gauche de gouvernement, c'est un chemin d'espérance. Et c'est aussi, c'est l'expression qui a marqué le week-end, c'est une gauche sans décibel. Ça veut dire quoi, une gauche sans décibel ? Est-ce que vous vous opposez au bruit et à la fureur théorisée par Jean-Luc Mélenchon, par exemple ? Et la gauche décibel, comment vous faites sans décibel pour qu'elle marque, pour qu'elle fasse vibrer les gens, pour qu'elle enthousiasme ? Le bas bruit, il faut aussi parler aux tripes, il faut aller aussi exciter, sinon ce serait la gauche, je ne sais pas, pour somnifère. Comment vous faites pour que ça ne soit pas ça ?

3:21
Invité politique

Il y avait de la ferveur à la réunion de Créteil. Vous avez des vidéos qui circulent, vous pouvez regarder ce qu'ont été les discours. On n'a pas besoin pour susciter la ferveur, pour créer l'enthousiasme, de raconter à peu près n'importe quoi sur tous les sujets, en convoquant toutes les outrances, toutes les provocations, toutes les injures, toutes les insultes. D'ailleurs, on voit à quoi cela aboutit. Ça aboutit à la perte de crédibilité de la gauche, ça aboutit à un plafond de béton au-dessus de la gauche, puisqu'on ne décolle pas des 30%, il faut quand même plus de 50% pour être élu aux élections présidentielles et avoir une majorité à l'Assemblée nationale.

Et regardez le dernier sondage concernant les élections européennes, s'il y avait une liste unique autour de la NUP, elle ferait 10 à 15 points de moins que des listes y allant, chacune avec leur identité. C'est donc bien qu'il y a un plafond de béton, c'est donc bien qu'il y a un allié, un centre de gravité de cette alliance, qui est la NUPES, qui empêche le rassemblement de la gauche dans son ensemble. Donc, il faut créer les conditions, un, de la crédibilité, et on peut susciter l'enthousiasme avec la crédibilité, je dirais même que la seule possibilité de susciter l'enthousiasme quand tout s'effondre, quand tout s'affaisse, c'est la crédibilité. Deux, c'est l'unité du pays.

C'est bien de se préoccuper de l'unité de la gauche, c'est mon combat de toujours, mais il n'y aura pas d'unité de la gauche dans la division du pays. Et si chaque thème que la NUPES convoque est un thème qui fracture le pays, qui oppose les Français les uns aux autres, il n'y aura ni unité de la gauche, ni unité du pays. Mais la seule unité qu'on parviendra à atteindre, c'est celle de la droite extrême et de l'extrême droite pour le plus grand malheur de notre nation.

Et troisièmement, il faut que nous parvenions autour de la crédibilité et de l'unité de créer aussi les conditions de la constitution d'une grande force qui se mette au centre de la gauche et qui parvienne à rassembler tout le monde. Avec qui ? Mais avec tous ceux qui aujourd'hui doutent au sein même de la NUPES de ce qui s'y passe. Vous avez entendu Fabien Roussel, il s'exprime avec une très grande clarté sur les enjeux auxquels notre pays est confronté.

Lorsqu'il dit qu'il veut parler aux classes populaires, aux classes moyennes, aux Français qui se sentent déclassés dans les villes moyennes, dans les zones pavillonnaires, qui n'ont accès ni aux transports, ni aux services publics, ni à la santé. Lorsque Ruffin dit vouloir être social-démocrate, alors quand Ruffin dit qu'il est social-démocrate, c'est une idée à la mode, et quand les sociodémocrates qui l'ont toujours été prétendent relever le chambaud, ça devient une idée passée. C'est quand même très curieux comme raisonnement. Pourquoi vous dites ça ? Parce que vous avez l'impression qu'on vous accole l'idée

5:52
Présentateur

d'une forme de couleur sépia,

5:57
Invité politique

quelque chose comme ça ? Il y a chez moi un entomologiste toujours qui sommeille, qui regarde de façon un peu clinique la vie politique, et je m'amuse des commentaires. Lorsqu'on rassemble à Créteil les sociodémocrates européens, Elio Diopoulos, l'ancien président de la République, François Hollande, c'est une photo couleur. C'est une photo couleur. Mais il n'y avait pas que des anciens, il y avait des jeunes derrière moi.

6:20
Présentateur

Claude Bartholone, Henri Coletta, Martin Schulz, beaucoup de personnalités du monde ancien, tout de même, vous pouvez le reconnaître. Des mâles blancs de plus de 50 ans, comme on dit. Où était le monde nouveau,

6:32
Invité politique

pour le formuler autrement ? Je vais vous dire une chose très simple. Vous pouvez, à l'entrée de chaque meeting ou de chaque réunion publique, mettre une toise, compter les chauves, les cheveux blancs, les petits, les grands, ceux qui viennent du bon endroit, ceux qui viennent du mauvais endroit, ce n'est pas ça la République. La République, c'est un ensemble de citoyens auxquels on ne demande pas leur taille, leur âge. Et on ne construit aucun pays sans créer des ponts intergénérationnels.

On ne construit aucune force si on ne sait pas d'où elle vient, si on n'a pas conscience de ce qu'est son histoire, si on n'a pas conscience de ce que sont l'ensemble des combats qu'elle a pu mener et qui doivent la conduire à se projeter vers l'avenir. Vous savez, on a fait le même reproche à Blum. Blum est entré dans la vie politique à 47 ans, il a exercé des responsabilités très tard et lorsque vous regardez les propos qui ont pu être tenus, je pense en particulier par Thorez en 1939 sur Blum, vous y aurez trouvé beaucoup des critiques qui sont adressées par un certain nombre de commandateurs d'actes politiques.

7:31
Présentateur

On ne va pas se mentir. Vous étiez un peu en colère de l'édito Diahel-Gauss parce qu'on vous ramène à cette image du monde ancien, de l'homme blanc de plus de 50 ans et de ce parterre d'hommes très prestigieux parce que vous avez rassemblé. Et il faut le dire, avoir plus de 2300 personnes dans une salle aujourd'hui pour un parti politique, c'est très rare. Léa Salamé, je regrette beaucoup

7:50
Invité politique

de ne pas vous avoir invité et vraiment d'avoir beaucoup insisté pour que vous y veniez parce que... Oui, ce n'est pas mon rôle. Mais bien entendu. Mais par conséquent, ça altère un peu la précision du commentaire comme vous n'étiez pas là. Mais dans cette salle, il y avait des gens venus de province que j'ai rencontrés d'ailleurs tout au long des derniers mois parce qu'on ne met pas 2300 personnes dans une salle comme ça par hasard. Moi, sans bruit, sans décibel, j'ai sillonné le pays au cours des derniers mois.

J'ai tenu des réunions publiques dans des villes dans lesquelles personne ne va en parlant avec des femmes et des hommes que tout le monde méprise puisqu'ils ne sont pas dans le petit cercle parisien de ceux qui commandent, qui ricanent, etc. Mais ce sont les Français qui, dans les territoires, souffrent, qui ont le sentiment de la relégation, qui sont confrontés à des problèmes de pouvoir d'achat. Moi, je ne m'encombre pas des commentaires. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas ce que l'on peut dire ici ou là sur la structure d'une salle, le nombre de personnes présentes, leur âge. Ce qui m'intéresse, ce sont les Français.

Et ceux qui étaient là à l'occasion de cette réunion, on a rassemblé de 2300 personnes. C'est quand même ça, quand même, l'événement le plus important. Ce sont des Français qui n'ont, pour beaucoup d'entre eux, aucune responsabilité publique, qui n'en ont jamais exercé, qui sont là parce qu'ils ont envie d'une autre tonalité politique, d'un autre discours politique et qui sont venus avec enthousiasme. Parce que, dans la salle de samedi, il n'y avait que de l'enthousiasme, il n'y avait pas de querelles, de malveillance, de positionnement tactique, de petites opérations d'arrière-boutique assez médiocres pour essayer de se placer. Alors ça,

9:25
Présentateur

c'est pour Olivier Faure. Non,

9:26
Invité politique

ce n'est pas pour Olivier Faure, c'est pour tous ceux qui font de la politique ainsi. Olivier Faure,

9:30
Présentateur

qui considère que votre mouvement est une impasse. C'était la semaine dernière sur Public Sénat. Et il pose la question, comment arriver au bout quand vous commencez à tirer sur votre camp ? La gauche a besoin de toute la gauche. Ça, ça vous est adressé. Est-ce qu'il a forcément tort ?

9:45
Invité politique

Alors je vais, si vous me laissez le temps, apporter une réponse assez précise à Olivier Faure. D'abord, si vous regardez le temps long de l'histoire politique, vous constatez que très souvent quand les leaders politiques mettent leur parti dans un corner, ils voient des impasses chez tous les autres. Alors, regardons la situation de façon clinique. Olivier Faure est à la tête d'un parti, il a antagonisé la plupart de ceux qui dans ce parti aspiraient à faire son unité. Carole Delga, antagonisé. Nicolas Maillard-Rossignol, antagonisé.

10:14
Présentateur

Il est numéro 2 du parti.

10:16
Invité politique

Hélène Geoffroy, antagonisé. Votre serviteur, traité avec tous les noms d'oiseaux, généralement, d'ailleurs, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, par des gens qui parlent à visage découvert, c'est toujours dans les articles, un hiérarque, quelqu'un de l'entourage de, moi quand je suis à votre antenne, quand je parle de politique, c'est à visage découvert. Bon, il a créé les conditions de la fracturation de son parti en mille morceaux. Il l'a fait au nom du stratégie qui était celle de l'union avec la LFI au sein de la NUPES. Quel est le résultat de cette stratégie ?

Le résultat de cette stratégie, c'est qu'ils sont en train maintenant de communiquer avec Jean-Luc Mélenchon par interview interposée, que des leaders d'organisations constitutives de la NUPES, le leader du Parti communiste, François Ruffin lui-même, Clémentine Autain se pose des questions sur l'organisation démocratique dans laquelle ils ont adhéré, c'est-à-dire une organisation où Jean-Luc Mélenchon décide de tout, tout seul, sans élection, les candidats ne sont pas désignés par le suffrage des militants, les dirigeants non plus. D'accord, Olivier Faure a été désigné

11:22
Présentateur

par le sondage des militants, des socialistes. Oui,

11:25
Invité politique

dans des conditions où chacun a bien compris que la fraude était à chaque coin de rue. Donc, ça, c'est passé à un parti politique. Comment vous voulez réunir

11:35
Présentateur

en tapant aussi fort ?

11:37
Invité politique

Mais je ne tape pas aussi fort, je fais un constat clinique et je dis la vérité sur ce qu'est la situation. Donc, à partir du moment où la situation est celle-ci, vous devez créer autre chose. Vous devez créer un autre espace dans lequel les pratiques politiques, la manière d'aborder les sujets, la manière de... d'organiser les relations avec les autres formations politiques reposent sur une sincérité, sur une vision de la France, sur la volonté de ne pas la diviser, sur la volonté de créer l'unité du pays dans un contexte où le pays n'a jamais été aussi fracturé qu'il ne l'est aujourd'hui.

12:08
Présentateur

Sur le fond, au fond, ce que vous reprochent les Insoumis ou certains au Parti Socialiste ou certains chez les écologistes, c'est d'être extrêmement proche idéologiquement et sur le fond d'Emmanuel Macron. Au fond, la politique de Cazeneuve, s'il était au pouvoir, ce serait une différence de nuance par rapport à celle d'Emmanuel Macron, mais pas plus. Il vous accuse, il vous reproche de ne pas être assez de gauche pour être clair.

12:28
Invité politique

Oui, mais... Moi, je vais, là aussi, leur répondre sur le fond. D'abord, l'argument, si vous n'êtes pas à la nu, vous êtes macroniste, est le seul argument qu'ils ont en réalité. Avec le deuxième argument, si vous avez à peu près 60 ans, vous êtes un ringard. mais ils ont à la tête de l'organisation quelqu'un qui a 11 ans de plus que moi, qui était déjà là depuis 15 ans quand je suis rentré en politique, qui a été élu de tous les parlements, de tous les territoires et qui les a tous abandonnés. Il paraît que ça, c'est moderne et que ce que nous incarnerions serait le passé.

Que cela est de gauche et que moi, qui ai été fidèle à un seul territoire et qui ai toujours été dans une continuité de conviction et de fidélité à ceux qui m'ont fait confiance, je serais un homme du passé. Bref, laissons tout ça de côté tellement c'est médiocre. Mais allons maintenant sur le fond. Lorsque l'on parle par exemple de transition écologique, il n'y a pas de transition écologique possible si on ne crée pas les conditions de la décarbonation de tous les modes de production énergétique.

Est-ce que vous pensez très sérieusement qu'on peut créer aujourd'hui les conditions de la décarbonation de tous les modes de production énergétique, développer l'électricité pour développer le véhicule électrique, pour faire en sorte que l'on puisse avoir des industries dans un pays qu'il faut réindustrialiser, qui a accès à un prix de l'énergie à bon marché si on sort du nucléaire ? Est-ce que vous pensez que ça c'est moderne ? Est-ce que vous pensez que ça c'est de gauche ? Alors même qu'il y a des milliers de travailleurs qui travaillent dans ce secteur et qui représentent une chance pour la France.

Est-ce que vous pensez qu'il est de gauche de préconiser la décroissance et en même temps la lutte contre les injustices sociales, la juste répartition de la richesse créée dans le pays parce que s'il y a de la décroissance, il n'y aura rien à répartir. Est-ce que vous pensez que tout cela est moderne ? Est-ce que vous pensez qu'il est moderne de considérer la République comme autant de communautés auxquelles on s'adresse comme à autant de clientèles à conquérir plutôt que de promouvoir la République dans son unité et son indivisibilité en défendant... Mais là vous répondez encore contre. Vous répondez contre les insoumis. Là ma question c'est

14:27
Présentateur

votre différence avec Emmanuel Macron.

14:29
Invité politique

Vous me demandez si je suis plus à gauche que ou non. Je vous réponds en quoi j'estime être beaucoup plus à gauche. Sur les retraites, vous revenez aux 62 ans ? Vous revenez aux 62 ans ? Je vais vous prendre plein d'exemples qui me différencent d'Emmanuel Macron et qui m'ont conduit tout au long des dernières années à m'opposer à lui sur plein de sujets sur les retraites.

Je n'ai cessé de dire y compris à votre antenne il semble que les socialistes aient fait semblant de ne pas l'entendre que cette réforme était injuste, que de faire travailler longtemps et plus longtemps en mettant en place une réforme des retraites qui va conduire ceux qui ont commencé à travailler tôt dans les métiers les plus pénibles jusqu'à 64 ans était une injustice.

La manière dont le pays est gouverné dans une techno-verticalité qui abaisse tout le Parlement qui n'est plus qu'un théâtre d'ombre le gouvernement qui n'est plus qu'un groupe de collaborateurs serviles la plupart du temps le fait que les partis soient totalement effondrés le fait que les organisations syndicales aient été tenues à l'écart d'une discussion qui si elle s'était organisée avec eux aurait pu permettre d'aboutir à un compromis plutôt qu'à des manifestations en nombre le fait qu'on ait mené une politique fiscale extraordinairement injuste en mettant en place une réforme de l'impôt sur la fortune qui a conduit ceux qui sont parmi les plus riches de France à payer un impôt qui est à un taux inférieur au taux d'impôt sur le revenu que passent les plus Vous rétablissez l'ISF ?

Mais bien entendu qu'il faudra que nous prenions des dispositions pour rétablir la justice sociale bien entendu qu'il faudra que si la gauche revient au pouvoir il y ait une grande conférence sociale qui permette sur la question des retraites sur la question des services publics sur la question de la protection sociale de faire de grandes réformes comme celles qui ont toujours présidé à l'arrivée de la gauche lorsqu'elle revient au pouvoir bien sûr qu'il faudra faire tout cela mais il faudra faire tout cela dans la crédibilité il faudra faire tout cela dans la responsabilité il ne faudra pas conduire ces réformes en convoquant tous les jours comme c'est le cas aujourd'hui avec l'alliance qui a été constituée des propositions démagogiques généralement exprimées dans la plus grande outrance et dont on sait qu'elles n'auront pas la possibilité d'être prises en oeuvre et nous aurons une fois de plus un décalage considérable entre ce qui est promis et ce qui est fait au détriment de la confiance des français

16:36
Présentateur

la parole à Laurent au standard d'Inter Laurent bonjour vous nous appelez de la ville de Metz soyez le bienvenu

16:43
Invité

bonjour Nicolas bonjour Léa bonjour monsieur Cazeneuve

16:46
Présentateur

bonjour

16:46
Invité

alors à l'apparition de votre mouvement je vous ai envoyé un mail assez détaillé alors la question va résumer comment peut-on incarner le renouveau de la gauche quand on a fait partie de l'équipe qui l'a détruite et ce n'est pas vous pouvez très bien accuser l'ancien l'ancien responsable du parti socialiste pour les dernières élections mais je vous signale quand même que l'implosion du parti socialiste vient de la politique celui avec qui vous vous êtes affiché François Hollande vous aviez le président vous aviez l'assemblée vous aviez toutes les collectivités vous n'avez pas réformé fait de réforme des collectivités vous n'avez pas modernisé notre pays vous avez commencé à vendre les bijoux les bijoux de la république et maintenant vous accusez vous avez accueilli dans vos gouvernements et à l'Elysée monsieur Macron tout le monde était solidaire à l'époque et maintenant il serait l'alpha et l'oméga de la décadence française ce n'est que la continuité de ce qui a commencé sous François Hollande

17:50
Présentateur

merci Laurent pour cette question il y en a beaucoup qui vont dans ce sens quasiment au mot près Claude vous devriez vous rappeler que vous et vos amis vous avez eu tous les pouvoirs réunis pour lutter contre la finance vous avez réussi à dégoûter les gens de gauche à les pousser au mieux vers l'abstention seuls les insoumis et la NUP ont pu réunir les mécontents fidèles aux idées de gauche en résumé si cette prétendue gauche avait eu du courage politique la NUP ne serait même pas née que répondez-vous ça c'était Claude et nous avions Laurent que répondez-vous à nos deux auditeurs Bernard Cazeneuve moi je réponds par les faits

18:26
Invité politique

lorsque la droite détruit 80 000 postes dans l'éducation nationale et que nous en créons 60 000 que nous remettons en place la formation des enseignants c'est une politique de droite lorsque nous organisons la conférence pour le climat qui est la première conférence qui permet d'aboutir à un accord juridiquement contraignant sur le climat et qui est une avancée considérable pour lutter contre le réchauffement climatique c'est de droite qui a obtenu ces résultats depuis lorsque nous décidons de relancer la politique de l'asile en France pour que ceux qui sont en France soient dignement accueillis je me souviendrai toujours moi que lorsque je mets dans 570 centres d'accueil et d'orientation dans 570 communes de France les 20 000 migrants qui sont dans la boue à Calais ou à Paris et que nous les mettons en situation de protection l'extrême gauche qui peut-être contribue à envoyer toutes ces questions à votre standard elle était en train de manifester pour dire que nous organisions la déportation des migrants à partir de Calais alors que nous les mettions tous dans le dispositif national d'asile c'est de droite ou de gauche donc voilà je pourrais comme ça multiplier les exemples lorsque nous mettons en place au plan européen l'union bancaire pour éviter que la finance continue à se dérégler au détriment de l'économie réelle lorsque nous nous battons au sein de l'union européenne pour faire en sorte que la Grèce reste dans l'union européenne alors que la plupart des pays conservateurs prétendaient l'en sortir c'est de droite ou de gauche mais il y a une gauche qui affronte la réalité quand elle est difficile nous avons eu affronter une crise terroriste une crise financière une crise migratoire nous avons accepté d'affronter la réalité d'ailleurs sans nécessairement tout bien faire il y a beaucoup de choses il faudra faire l'inventaire

20:13
Présentateur

un jour du quinquennat Hollande même chez Bernard Cazeneuve

20:16
Invité politique

bien entendu et il a été fait d'ailleurs par de nombreux acteurs y compris les socialistes qui passent leur temps à faire l'inventaire de François Hollande alors qu'il ferait mieux aussi de faire l'inventaire de ceux qui l'ont précédé et de ceux qui depuis lui ont succédé mais il y a sur le quinquennat de François Hollande des propos extrêmement injustes qui sont tenus et entretenus par ceux qui ont intérêt à le faire puisque ça leur permet de faire leur chemin politique mais ces propos sont injustes ils ne correspondent pas à la réalité de ce qui a été fait et le courage aujourd'hui c'est aussi de rétablir les faits lorsqu'il y a des campagnes qui sont menées et qui sont des campagnes de manipulation de la réalité

20:51
Présentateur

Bernard Cazeneuve le projet de loi immigration voulu par Gérald Darmanin qui veut durcir les conditions d'entrée en France et qui veut prendre des mesures plus sévères pour reconduire ceux qui ne doivent pas rester en France à la frontière vous le soutenez ça va dans le bon sens ce projet de loi il faut d'abord il en faut il faut une nouvelle loi sur l'immigration

21:06
Invité politique

d'abord le projet de loi de Gérald Darmanin il ne contient pas ces dispositions il en contient d'ailleurs contrairement à ce que l'on pourrait croire assez peu qui n'est pas une dimension technique il demande par exemple ce projet de loi à ce que l'on puisse donner des titres ce séjour aux métiers en tension qui sont pour les secteurs en tension mais il y a une circulaire qui a été adoptée en 2012 sous le gouvernement de François Hollande et qui permet d'ores et déjà de le faire il n'y a pas besoin d'un texte de loi pour ça il y a d'ores et déjà des dispositions législatives qui le permettent il y a quelques dispositions concernant l'harmonisation des délais juridictionnels traitement des OQTF ce n'est pas une révolution donc il y a assez peu de choses en réalité dans le texte du gouvernement qui constituent en matière de politique migratoire une évolution une rupture considérable et je pense que le vrai sujet n'est pas là aujourd'hui le vrai sujet est de donner les moyens à l'administration française de bien conduire les missions qui sont les siens notamment l'OFPRA et l'OFI qui si l'on veut créer les conditions d'une bonne intégration des étrangers et un accueil digne des demandeurs d'asile doit avoir ces moyens réhaussés et nous avons par ailleurs besoin de continuer à négocier avec l'Union Européenne des dispositifs qui soient plus efficaces que ceux qui existent aujourd'hui et de ce point de vue là les discussions qui ont eu lieu au Conseil Européen la semaine dernière ne sont pas à la hauteur des enjeux auxquels le pays est confronté en matière de politique migratoire

22:32
Présentateur

Michel nous attend au standard bonjour et bienvenue

22:35
Invité

oui bonjour monsieur Cazeneuve pensez-vous que la France insoumise et le Rassemblement national se nourrissent l'un l'autre

22:45
Présentateur

merci pour cette question courte et réponse rapide de Bernard Cazeneuve le temps file

22:53
Invité politique

je pense que lorsque la stratégie est une stratégie qui consiste sur tous les sujets à organiser la confrontation qui consiste à banaliser l'injure qui consiste à multiplier les insultes à l'égard de ceux qui ne pensent pas comme soi lorsque la démagogie la plus grande est convoquée sur les sujets les plus sérieux on permet effectivement au Rassemblement national de se donner les apparences de la respectabilité à bon compte et si l'on veut que le Rassemblement national soit combattu il faut une stratégie qui favorise un l'unité du pays et deux la crédibilité des propositions pour avoir une alternance qui soit crédible possible et dont le Rassemblement national ne bénéficie pas et si je combat la stratégie en cours c'est parce que je pense qu'effectivement elle favorise beaucoup trop pour ne pas dire presque exclusivement le Rassemblement national

23:42
Présentateur

pour vous aujourd'hui la hausse le fait que Marine Le Pen monte dans les sondages c'est à cause de Jean-Luc Mélenchon pour parler clair vous dites exclusivement elle favorise exclusivement

23:50
Invité politique

non non non ce que j'ai dit c'est que la stratégie de Jean-Luc Mélenchon a pour résultat exclusif de tout autre de faire monter le Rassemblement national je n'ai pas dit qu'il était le seul responsable de cela je pense que le techno-verticalisme du président de la république la brutalité avec laquelle il a mis en oeuvre certaines mesures conduit effectivement le Rassemblement national alors qu'il devait nous en protéger à prospérer je pense que le national-conservatisme des républicains dont on voit à quel point il pratique sur la question migratoire une stratégie qui consiste à aller toujours plus loin vers les thèmes du Rassemblement national tout cela contribue à entretenir le Rassemblement national son score son audience dans les sondages merci Bernard Cazeneuve merci