Procès libyen : une nouvelle stratégie de défense de Nicolas Sarkozy en appel ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il dit: "A aucun moment je n'ai..." - L.Valdiguié: Il félicite C.Guéant de se souvenir avec autant de précision! - P.Cohen: C'est ironique, méprisant? - L.Valdiguié: Il a 2 tons.
Un ton extrêmement mielleux, avec le président Giron...
Il est très poli. C'est pas un bon joueur de poker. On voit tout de suite son jeu.
Et il a un ton odieux...
Je retire le mot "odieux". Il a un ton ferme, cassant. Il l'a eu ce matin avec le propre avocat de C.Guéant.
Il avait ces 25 questions et il savait qu'il jouait une partie extrêmement serrée. C.Guéant a été défendu aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Absent pour des raisons de santé.
Son avocat a accusé N.Sarkozy de profiter de cet état. Il l'accuse de lâcheté?
C'est une stratégie de défense? - N.Schulz: Ca a été reconnu et validé par des experts médicaux..
N.Sarkozy a répété qu'il aurait bien aimé que C.Guéant soit présent.
S'il avait été présent dans la salle, il dit qu'il aurait dit exactement la même chose. On a senti une tension chez N.Sarkozy.
C'était un moment compliqué pour lui. - A.-E.Lemoine: Personne n'a oublié qu'au procès en première instance, N.Sarkozy n'avait pas assez de mots pour louer l'honnêteté de C.Guéant.
Il faut qu'il se justifie sur cette volte-face. - L.Valdiguié: "Tous les faits que vous invoquez aujourd'hui pour dire ce que vous dites sur C.Guéant, c'était connu de vous depuis 2018." "Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, vous dites que vous êtes sidéré et que vous traitez C.Guéant de voleurs"... - N.Schulz: Il a passé 20 jours en prison. - A.-E.Lemoine: B.Hortefeux a été malmené aussi par N.Sarkozy.
Est-ce qu'il y a un risque qu'il se rebiffe? Est-ce qu'il va accepter d'assumer ses responsabilités? - N.Schulz: Beaucoup moins malmené par N.Sarkozy.
Les mots sont beaucoup moins durs. Une des dernières questions de l'avocat de B.Hortefeux, "est-ce que vous continuez de faire confiance à B.Hortefeux"...
N.Sarkozy a dit: "Pourquoi je parlerais à l'imparfait?" Certes, il a parlé d'erreur concernant la rencontre entre Hortefeux et Senoussi, mais il n'est pas allé aussi loin, notamment sur la question d'un enrichissement personnel concernant B.Hortefeux. - A.-E.Lemoine: Et le ménage... - L.Valdiguié: C.Guéant, il a ces fameux tableaux flamands qui ont été vendus...
Il y a de l'argent sale derrière tout ça. B.Hortefeux, non.
Nicolas Sarkozy, son ami, son mentor, il y a quelque chose de très fort entre eux. B.Hortefeux est dans une situation tragique.
Il est dans une situation délicate. Pour la première fois, il est tout seul à avoir pris sur lui de ne pas avoir parlé de ces dossiers. Maintenant, C.Guéant l'assume.
Est-ce que c'est crédible, plausible? Tout le monde a été pris de court ce matin. C'est un coup de théâtre.
Cette attestation de C.Guéant est arrivée sur les boîtes mail de tout le monde à 3 quarts d'heure de l'audience. La défense de Sarkozy aurait pu dire qu'il fallait du temps pour réfléchir à tout ça.
Ils ne l'ont pas fait. En revanche, on a senti que le président Giron était pris de court par tout ça. Il a hésité.
Il a commencé l'audience en disant qu'il venait de recevoir ça. "J'hésite à bousculer le calendrier." Tout le monde s'est accordé avec lui pour dire "on va reporter tout ça au 29 avril".
Le président a une possibilité: interroger C.Guéant, si c'est possible, avec sa greffière. C'est une possibilité.
Tous les avocats ont examiné ça cet après-midi. Le président Giron a décidé avec sa cour de remettre l'audition au 29 avril. C'est dans 2 siècles à l'échelle de cette affaire!
Entre-temps, il va y avoir d'autres épisodes du dossier examinés. Tout le monde a bien senti qu'il se passe quelque chose de violent, d'inédit, que personne n'avait envisagé. Personne n'avait envisagé que C.Guéant ne fasse cette attestation. - N.Schulz: Après les déclarations de N.Sarkozy la semaine dernière, on voyait son avocat qui prenait consciencieusement des notes...
On savait qu'il lui rendait des comptes tous les jours. Quand on échangeait avec lui, on sentait...
On savait qu'il lui poserait des questions aujourd'hui et qu'à travers ces questions, il porterait sans doute une forme de réponse de C.Guéant. C.Guéant a été très meurtri. "Vous croyez que quand j'ai été incarcéré à la prison de la Santé, j'ai eu des sentiments grandioses pour mes amis qui avaient rencontré A.Senoussi?" La défense de N.Sarkozy savait que ce ne serait pas une partie de rigolade, l'interrogatoire de ce matin.
Comme l'avocat de C.Guéant a posé toute une série de questions sur cette attestation, le mal est fait. - P.Cohen: Pour tous ceux qui ont suivi la vie publique de N.Sarkozy pendant ses années de ministre de l'Intérieur puis de président de la République, ce qui arrive est inimaginable, inouï.
C.Guéant, c'était la vigie, le type qui, le matin à 7h et le soir à 23h était à son bureau en train d'organiser la vie publique de N.Sarkozy, dont on disait qu'il se ferait tuer pour lui. - L.Valdiguié: Quand vous déjeuniez avec C.Guéant entre 2005 et 2012, il avait 2 téléphones.
Un de ces 2 téléphones vibrait toutes les 10 minutes. C'était N.Sarkozy.
Il ne faisait rien sans en parler à N.Sarkozy. Ils étaient en symbiose, en réalité, jusqu'à aujourd'hui.
Dans cette affaire libyenne, ils ont été chacun solidaire l'un de l'autre jusqu'à aujourd'hui. - N.Schulz: On peut se demander si l'entourage de C.Guéant n'a pas joué dans le fait qu'il réponde. - A.-E.Lemoine: Et qu'il se défende. - E.Tran Nguyen: On voit bien qu'il y a un changement de N.Sarkozy dans ce procès en appel.
On se rappelle tous les mots très forts qu'il avait eus à la sortie de sa condamnation en première instance. - N.Sarkozy: J'ai été renvoyé devant ce tribunal pour 4 délits.
Sur 3, j'ai été relaxé. La conclusion qu'en tire le tribunal, c'est que je dois passer 5 années en prison. Le tribunal prononce l'exécution provisoire pour me voir dormir en prison le plus tôt possible.
La haine n'a donc décidément aucune limite. - E.Tran Nguyen: "La haine n'a aucune limite." A l'époque, beaucoup avaient compris qu'il parlait des magistrats.
A la barre, il a expliqué que ses propos visaient d'abord les kadhafistes et l'officine Mediapart. Il regrette ses propos, aujourd'hui? - N.Schulz: Il s'est expliqué là-dessus.
C'est une question d'un avocat de la partie civile, un avocat des victimes de l'attentat. "Est-ce que vous comprenez que vos propos ont pu choquer?" Ca avait été perçu par les victimes comme une attaque frontale.
N.Sarkozy s'en explique. Il dit que ça ne concernait absolument pas les 3 juges, mais les kadhafistes.
Il dit que le jour où il va en prison, le fils de M.Kadhafi s'est félicité en disant que ça faisait 14 ans qu'il travaillait pour cela, que ça visait Mediapart et le réquisitoire du Parquet national financier. Quand vous êtes à nouveau face à des magistrats
Nicolas Sarkozy