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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 2 août 2023 56 minAutoproduitMixte

Pop culture : la nostalgie, c'est l'avenir ?

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0:16
Présentateur

Bonjour à tous, ravi de vous accueillir dans le débat de midi, même à midi 4, ça reste le débat de midi. L'heure où les ventres commencent à gargouiller et les ménages à s'exciter, ça tombe bien, le débat de midi est là pour discuter des sujets qui animent notre époque. En entendant les ventres crier famine, ça me fait penser à ma grand-mère qui me régalait de petits biscuits en rentrant de l'école, ah, quelle époque bénie. Tiens, ici je m'écoutais le premier disque d'Oasis en regardant Jurassic Park, et au fait, il devient quoi Robert U ?

Voilà, en quelques phrases illustrées, une crise de nostalgie, l'époque brasse et rebrasse les recettes d'antan, au point de se demander si la nostalgie, eh bien, c'était pas mieux avant. Est-ce à cela que nous voyons que nous traversons une période de crise ? Aucun domaine n'est épargné par la nostalgie. En janvier dernier, c'était la lessive Bonux et son cadeau à l'intérieur qui faisait son retour en rayon, un phénomène qui se constate notamment dans la pop culture. Indiana Jones 5 tire l'accord de la nostalgie, Top Gun a sauvé le cinéma en surfant sur le C'était Mieux Avant. Dans les jeux vidéo, on parle même de rétro-gaming.

Les nouvelles aventures de Zedda sont un succès, sans parler cet été du retour magistral de Blur et de la route sans obstacle d'Indochine. Alors, comment les nouvelles générations vont se construire si on ne leur offre que le passé comme avenir ? N'est-ce que marketing où chaque époque offre son lot de nostalgie ? D'un coup, on sent prendre de l'âge, on a une heure pour ne pas le regretter. J'attends vos notes vocales et vos messages sur l'appli France Inter. Bienvenue dans le débat de midi sur France Inter.

1:36
Invité

Jean-Mathieu Pernin, le débat de midi sur France Inter.

1:43
Présentateur

Et pour en parler, nous recevons du beau monde autour de la table du débat de midi et notamment Nora Boisonni. Bonjour. Bonjour. Vous êtes journaliste indépendante, autrice, vous avez écrit de nombreux articles sur les séries. Vous êtes présidente de l'association française des séries. Également... Des critiques. Des critiques, voilà. Des critiques. Pas encore des séries. Ah non, pas encore des séries. Également Séverine Barth, bonjour. Bonjour. Vous êtes maître de conférence à Paris 3, sociologue spécialiste également. Alors, des séries, mais des critiques aussi, on verra. Pourquoi ? On verra. Silly Boyboulou, bonjour. Bonjour.

Vous êtes chanteuse, vous avez été nommée aux Victoires de la Musique 2023. Vous puisez, on le dit, votre musique et votre inspiration dans la nostalgie, parce que vous êtes assez fan des années 2000 et ça fait bizarre de dire nostalgique des années 2000 alors qu'on est en 2023. Oui, c'est vrai. D'un coup, mais ça va être tout le problème, la problématique d'aujourd'hui. Et Julien Baldacchino, bonjour. Bonjour. Alors, on vous connaît bien, vous êtes journaliste spécialisée Culture Web à France Inter, créateur du podcast qu'il faut vraiment écouter, Les Rois du Monde et Stone sur les comédies musicales, comme l'indique son nom.

Alors, Nora Boisoni, quand on parle de nostalgie aujourd'hui, est-ce qu'on peut dire vraiment que la nostalgie, c'est une valeur sûre ?

2:52
Invité

Pour qui ?

2:54
Présentateur

Pour tout le monde.

2:54
Invité

Pourquoi ? C'est une valeur sûre économiquement parlant, c'est pas une recette qui fonctionne à chaque fois, mais c'est toujours un peu plus facile de faire des confitures dans des vieux pots pour l'industrie. Oui, je commence avec les métaphores, c'est midi, on a faim, voilà, à part les bouffes. Non, c'est plus facile de faire ce genre d'oeuvre parce qu'il y a déjà une fanbase, donc une base de fans qui est énormissime.

Et donc, quand on fait du Stranger Things, par exemple, où on dose la nostalgie, mais qu'on fait une oeuvre originale, eh bien, on compte sur les trentenaires et les quadracons connus les années 80 et que ça réconforte, qui n'est pas qu'un peu doudou et esthétiquement très fort, très distinctif. Et on compte sur leur nostalgie et leur enthousiasme pour qu'il y ait une espèce de ruissellement de la nostalgie sur les gens plus jeunes.

3:42
Présentateur

Ah oui, c'est ça, d'accord. Alors, Julien Baddakino, est-ce que justement, quand on parle de Stranger Things, qui est une série Netflix qui joue sur la nostalgie des années 80, mais quand on voit aussi beaucoup de parents qui disent, moi, j'emmène mes enfants voir le nouveau Jurassic Park parce que, ah, moi, je l'ai vu en 1990. Quand je l'emmène voir le nouveau Top Gun parce que, ah, moi, j'ai vu le premier dans les années 80. 80, est-ce que finalement, aujourd'hui, c'est une valeur sûre pour l'industrie du divertissement de se dire, voilà, on le met sur le ruissellement ou alors on essaie de rechercher quelque chose de nouveau à travers cette nostalgie ?

4:15
Invité

Alors, pour l'industrie, oui. C'est-à-dire qu'effectivement, les films qui marchent, on le voit par exemple avec Disney qui ne cesse de sortir des remakes, des nouvelles versions tournées en prise de vue réelle de ses dessins animés des années 90. Le Roi Lion, qui est sorti il y a quelques années en film, a surpassé Le Roi Lion des années 90, le dessin animé qui pourtant est culte.

Après, sur le plan artistique, tout est question de dosage et en fait, des films comme le deuxième Top Gun, comme l'énième Indiana Jones vont devoir jouer avec un petit peu de nostalgie et aller chercher des petites références aux anciens films pour ne pas servir exactement la même chose et pour effectivement convaincre un nouveau public aussi. C'est ce dosage-là, à mon avis, qui est important.

5:03
Présentateur

Et c'est ça aussi, Séverine Barthes. Vraiment, on l'a vu, ce phénomène, notamment dans les séries télévisées aujourd'hui qui ont pris une ampleur incroyable avec les plateformes. On a vu ce phénomène se développer, ce phénomène de nostalgie. On sait que finalement, il va y avoir aujourd'hui des spectateurs qui ont connu une série et qui se disent, ah bah tiens, j'aimerais bien la revoir encore maintenant, savoir ce qui sont devenus, je pense, pas des séries comme Gossip Girl, par exemple, dans les années, à la fin des années 90, début 2000, c'était une série qui marchait très bien. Et bien là, on a fait un remake, mais pas avec, bien sûr, les mêmes comédiens.

5:34
Invité

Évidemment, oui. Ce qu'il y a aussi, c'est qu'on est dans une phase qu'on appelle, alors c'est peut-être la fin, mais la Pic Television, donc une surproduction, une augmentation, une démultiplication du nombre de séries originales produites. Et donc, il faut se démarquer dans la masse. Et une manière un peu facile de se démarquer, c'est de proposer quelque chose que les gens connaissent déjà, une marque, en gros, que les gens connaissent et reconnaissent. Donc, en faisant ça, vous gagnez un petit peu, vous avez un peu d'avance, si vous voulez, dans la publicité, si je puis dire, qui est donnée à votre programme.

Et donc, ça explique en partie, c'est sans doute pas la seule explication, mais d'un point de vue industriel, ça rassure les diffuseurs, les producteurs. Ça permet d'avoir plus d'exposition marketing, si je puis dire, ou communicationnelle à votre programme. Et donc, ça permet de surnager.

C'est beaucoup plus facile de convaincre quelqu'un de dire, ah, mais vous connaissiez déjà la série, ou vous en avez déjà entendu parler, vous ne l'avez pas vu, mais vous en avez déjà entendu parler, vous n'étiez pas né au moment de sa première diffusion, ou pas assez grand, mais vous savez que c'est quelque chose qui a été important, venez voir, plutôt que de dire, alors, on va vous proposer une nouvelle série de science-fiction, avec tel élément et tel élément, et où il faut partir de zéro.

6:42
Présentateur

D'accord, oui. Donc, il y a cette série-là. Et ça, ça s'adresse à qui, finalement ? À ceux qui ont aussi déjà vu cette série, il y a 20 ans, ou alors, finalement, aux jeunes générations qui disent, ah, mes parents m'en ont parlé, alors je vais regarder.

6:52
Invité

Alors, globalement, les gens, les producteurs et les diffuseurs essayent de parler aux deux. Ce qui fait que parfois, il y a des ratés, ou il y a des choses un peu compliquées, parce que c'est difficile de faire plaisir à la fois à ceux qui connaissent le programme, qui l'ont déjà vu, à qui il faut donner des clins d'œil ou des références un peu précises, et en même temps, il ne faut pas que ces références virent à la private joke incompréhensible pour les gens qui ne connaissent pas la série originale ou la référence originelle.

Et donc, vous avez un travail d'équilibriste qui est plus ou moins réussi, selon les cas, qui peut plus ou moins marcher, et c'est vraiment cette espèce de funambule, d'exercice de funambulisme entre donner ce qu'il faut à ceux qui connaissent déjà, sans perdre, et en ayant suffisamment d'attrait pour ceux qui ne connaissent pas.

7:37
Présentateur

On sent la complexité, en effet, de la chose. Alors, Silly Boy Blue, je disais, tout à l'heure on parlait, on s'amusait de dire que vous puisiez votre inspiration dans les années 2000, nous y sommes encore un petit peu finalement dans ces années 2000, mais pourquoi vous, en tant que musicienne, c'est cette période-là qui vous a intéressé ?

7:55
Invité

Il s'est passé plein plein de choses en musique dans les années 2000, aussi bien musicalement, purement musicalement, qu'esthétiquement aussi, ça a été l'essor de plein de choses, des boys band, des girls band, une espèce d'indépendance féminine aussi. Moi, c'est ça beaucoup qui m'inspire, c'est qu'on a laissé, enfin, on a commencé à laisser la place à autre chose que des groupes de quatre hommes qui faisaient de la musique, de la guitare ou quoi que ce soit. Donc, moi, c'est vrai que c'est un moment de girl power, en tout cas, moi, dans mon enfance, qui m'a beaucoup inspirée, de commencer à voir Les Destinies Child, où ça va de ça, à Mylène Farmer, à même Joanne Jett en Front Lady.

Ah, là, c'est encore plus vieux. Oui, c'est ça, mais il y a eu cette espèce de grande concentration de beaucoup de meufs qui se sont arrivées, qui ont eu une place médiatique, télévisuelle, etc., qui, moi, j'allumais la télé et puis je voyais ça et c'était les premiers clips que j'ai vus sur MCM ou des choses comme ça. Donc, c'est vrai que ça a été un moment assez important dans ma vie de jeune femme.

8:55
Présentateur

C'est important, on comprend bien, mais en tant qu'artiste, est-ce que c'est une époque, finalement, que vous regrettez ? Est-ce que c'est, finalement, une époque que vous saluez aujourd'hui dans votre musique ?

9:04
Invité

Alors, je ne vais pas la regretter parce que je n'aime pas trop vivre dans les regrets, mais c'est vrai qu'il y a quelque chose du domaine du « c'était mieux avant », toujours dans ce qu'on fait. De toute manière, je pense qu'en tout cas dans la musique, il n'y a pas de courant musical qui n'est pas né d'un autre très frontalement ou plus indirectement. Il y a toujours eu des inspirations, ça ne date pas d'aujourd'hui, les inspirations dans le passé, mais c'est vrai que dans le cas des années 2000, il y a eu tellement un renouveau de la musique que c'est vrai qu'on le retrouve beaucoup dans les musiques d'aujourd'hui.

9:36
Présentateur

Nora Bosoni, vous vouliez ?

9:37
Invité

Oui, alors c'est intéressant de parler des années 2000 parce qu'il y a une série qui s'appelle Girls 5 Ever, 5 comme le chiffre 5, qui est sortie il y a quelques mois ou l'année dernière, je ne sais plus, qui dispone en France, qui est une série américaine et qui justement parle d'un girls band, donc 5 femmes qui aujourd'hui sont quadrats et qui ont eu en fait dans les années 2000 un gros hit, un gros tube et qui après c'était un peu la descente aux enfers, il n'y en a qui n'ont plus rien fait.

Et justement cette série qui est extrêmement récente, qui date de l'année dernière ou cette année, joue sur le côté nostalgique pour les gens qui ont connu l'époque des girls band, des Spice Girls, du Girl Power dont vous parliez, mais qui est une série complètement moderne, avec des enjeux modernes féministes, mais qui revisite le traitement médiatique et dans la musique du business des femmes dans les années 90-2000, donc avec des enjeux quand même aujourd'hui où on a un recul sur cette façon de représenter les femmes et de parler d'elles dans la musique, qui est intéressant. Donc encore une fois sur ce dosage, on a des très bonnes séries qui le font très bien.

10:32
Présentateur

Séverine Barth, quelle différence entre la nostalgie et ce que vient d'évoquer Sea Boy Blue ? Le côté c'était mieux avant, quand on dit c'était mieux avant et la nostalgie c'est quoi ?

10:41
Invité

Vous avez combien de temps ?

10:43
Présentateur

On a jusqu'à une minute en fait. Est-ce qu'il y a une différence ?

10:49
Invité

C'est compliqué à dire aussi rapidement, disons que la nostalgie on peut l'avoir de deux manières, c'est-à-dire soit ça devient quelque chose de paralysant et le passé devient quelque chose d'indépassable qu'on n'arrivera pas à égaler ni à dépasser, pardon pour la palissade, mais qui donc vous empêche de vous accomplir ou de vivre le moment présent ou de créer. Et puis vous pouvez voir aussi la nostalgie comme une manière de vivifier et un appui. C'est un peu la querelle des anciens et des modernes en fait, d'une certaine manière qu'on rejoue ici. C'est-à-dire est-ce qu'on est uniquement dans l'imitation ? Est-ce qu'on essaye de créer du nouveau ?

Est-ce qu'on utilise les anciens comme un marchepied sur les épaules des géants ? C'est exactement ça, c'est-à-dire on les utilise comme un moyen de grandir. Et donc la nostalgie, selon les gens, ça peut virer vers la mélancolie et là c'est peut-être un peu plus paralysant ou vers quelque chose de plus dynamique.

11:50
Présentateur

Paralisant, on le voit aussi, Julien Baldacchino, on a l'impression quand on voit les films aujourd'hui mainstream, alors en dehors de ceux qui marchent cet été, Barbie et Oppenheimer qui sont en fait deux originalités par rapport à ce qu'on a pu voir comme blockbuster aujourd'hui, on a l'impression que Hollywood est comme paralysé à créer de nouvelles choses et ce vôtre, je prends ce terme exprès, dans une nostalgie de finalement on va reprendre, on va faire des remakes, on va faire ce qu'on appelle aussi des reboots, on va reprendre par exemple des films Total Recall, on va reprendre Robocop, Star Wars, ces choses-là.

12:21
Invité

Parce qu'on sait que ça marche en fait, on en revient à la part économique de la chose, c'est-à-dire qu'on est sur une industrie qui a besoin de faire des entrées, qui prend de moins en moins de risques et qui va de plus en plus dérouler le fil de choses que les gens connaissent. Et on le retrouve dans tous les types de films. Barbie, dont vous parliez, n'est pas très très loin de ça parce que Barbie, c'est pas un film pour les enfants. Barbie, c'est un film, y compris dans le film d'ailleurs, pour les grandes filles qui ont joué petites à la Barbie. Donc on est toujours sur cette nostalgie-là, même quand on essaie d'innover, de trouver de nouvelles choses.

12:58
Présentateur

Et puis parfois aussi, ça fait du bien la nostalgie quand on ne l'attend pas. C'est le cas par exemple, quelqu'un comme Quentin Tarantino joue aussi là-dessus. Quand on l'a vu Once Upon a Time in Hollywood, on voit qu'il joue beaucoup sur cette Hollywood fantasmée. Je suis très mauvaise en Tarantino. Vous ne l'avez pas vu peut-être ?

13:12
Invité

Non, je n'avais pas très envie de le voir. Vous l'avez vu, non ?

13:14
Présentateur

Tarantino, est-ce que vous avez eu cette impression aussi, en le voyant, que c'était quelque chose de très nostalgique et qu'on jouait sur cette corde ? On tirait un peu cette corde de la nostalgie ?

13:22
Invité

Oui, je pense que ça rejoint en fait exactement ce qu'on dit depuis tout à l'heure, c'est qu'il y a quelque chose de très rassurant dans la nostalgie. Et quand on voit Quentin Tarantino mettre des acteurs qu'on connaît très très bien, c'est-à-dire Brad Pitt et Leonardo DiCaprio en front et avec un filtre un peu sépia pour montrer que c'était avant et des belles voitures, il y a quelque chose de très facile, en tout cas très accessible pour tout le monde. Donc c'est vrai que ça rassemble quoi.

13:46
Présentateur

Oui, vous voulez agir sur...

13:49
Invité

Oui, je ne sais pas si c'est de la nostalgie. Enfin, il y a des références au passé dans tous les films de Tarantino, parce que justement il s'appuie lui-même sur des phénomènes de réécriture, de nourriture si je puis dire, interne, de références qu'il digère pour créer du nouveau. Peut-être que dans Once Upon a Time in Hollywood, c'est un peu plus marqué parce qu'on a quelque chose qui, dès le titre, exprime très clairement qu'on va parler d'une forme d'âge d'or. Ce qui est intéressant aussi dans le film et qui est moins visible à premier abord, surtout en France parce que c'est des références qu'on n'a pas, c'est comment ça montre aussi un certain âge d'or de la télévision.

Parce qu'à un moment, il joue une série, etc., qui est une vraie série en fait et qui joue vraiment dans des références comme cela. Mais là, je ne sais pas si on est vraiment dans la nostalgie ou simplement dans le fait que pour se construire en tant qu'artiste, on s'inscrit toujours dans une continuité et dans des refus.

14:43
Présentateur

C'est ça, oui, Nora Boisini. On voit aussi finalement cette nostalgie qui n'arrête pas d'être présentée. On parlait du cinéma, on parlait de la musique, mais on le voit aussi dans la publicité. C'est assez étonnant. Par exemple, là, il y a Renault qui a vendu une voiture façon Jacques Denis. Par exemple, on fait appel à ce genre de choses.

15:00
Invité

Oui, il y a une publicité pour un goûter au chocolat dont je citerais, ou peut-être qu'on peut faire la marque.

15:05
Présentateur

Sur le T4, 5.

15:06
Invité

Bon, alors, j'en ai qu'une, mais ça commence par délit et ça finit par un autre mot. Et c'est donc une mère avec son fils. Et c'est une mère qui a à peu près 35 ans, quelque chose comme ça. Elle a un ado et elle lui montre des objets typiques années 80. Et elle lui dit, tu auras le droit à un goûter seulement si tu me dis à quoi ça sert. Et elle lui montre une cassette audio. Et elle lui montre ça avec un crayon et elle lui dit à quoi ça sert à ton avis.

Donc, on joue là-dessus parce qu'en fait, aujourd'hui, dans la publicité, mais comme dans les séries, etc., dans la publicité surtout, déjà, on n'est pas là pour vous faire juste plaisir, on est là pour vous vendre un produit, mais on ne vous vend plus un produit, on vous vend une expérience, on vous vend un mode de vie, un lifestyle. Les pubs pour voiture sont un exemple absolument parfait de ça. On ne vous vend pas une voiture, on vous vend une deuxième maison, on vous vend un confort, on vous vend un statut social. C'est statutaire aussi. Et on joue aussi sur la connivence dont on parlait, des références.

Alors, dans la publicité, c'est différent parce qu'il n'y a pas vraiment de comparaison, mais l'écueil quand on parle de nostalgie dans l'audiovisuel, la pop culture, etc., c'est de multiplier des références et finir par souffrir de la comparaison. Parce qu'en fait, en commençant à référencer des films, des chansons, etc., on appelle forcément à la comparaison avec les œuvres dont on s'inspire pour créer sa propre œuvre ou des petits easter eggs, des petites références cachées un peu partout. Et donc, si on commence à faire penser au public trop aux œuvres originelles, on peut quand même se dire « Ah, c'était quand même mieux avant, peut-être.

» Dans la pub, il y a une vraie tendance de fond aussi, vraiment dans la stratégie de marque, de revenir à cette espèce de valeur refuge qu'est la nostalgie. Et on ne compte plus depuis quelques années le nombre de marques qui reprennent leur vieux logo des années 70, leur vieux slogan, leur vieille musique. Vous parliez de Renault tout à l'heure, qui a remis dans ses pubs de ces dernières années la même musique que dans les années 80, un petit peu remise au goût du jour pour ne pas qu'on se rende trop compte que c'est exactement la même chose, mais c'est exactement la même chose.

Là, pour le coup, il y a vraiment une sorte de retour à cette idée pas forcément vraie, un peu fantasmée de « C'était les années 70 et 80, on était bien, on avait une insouciance et donc notre voiture Renault avec son logo jaune, on l'a avec son logo jaune, aujourd'hui pareil. »

17:18
Présentateur

Et c'est ça qui est amusant, c'est qu'en effet, vous le dites, l'insouciance, etc. Quand on prend du recul et quand on a vécu ces années-là, on se rend compte que ce n'était pas si insouciant que ça, en fait. Par exemple, quand on parle des années 60, quand on interview des artistes des années 60, ils vont vous dire « Bah oui, mais moi je devais partir à la guerre d'Algérie, c'était pas aussi simple que ça, c'était pas aussi marrant que ça. Il y a quand même une sorte de fantasme d'Aura Bozini autour aussi, enfin d'une époque. »

17:38
Invité

En fait, on l'idéalise. En fait, le truc de la nostalgie, c'est l'idéalisation d'une époque révolue parce que peut-être, je parle des années 80, parce que c'est quand même énormément ça en ce moment, les années 80, 90, mais moi je finis en 86, donc pour moi les années 80, 90, c'était vraiment l'insouciance adolescente, quel que soit le milieu dans lequel on a grandi, a une forme quand même d'insouciance. Et donc, mes souvenirs sont forcément déformés. J'idéalise cette époque. C'était pas aussi joli que je veux croire. Évidemment, c'est joli quand on regarde les Goonies, mais quand on vivait tous les jours, c'était pas hyper fun.

18:09
Présentateur

Pour avoir à peu près les mêmes souvenirs que vous, à un moment, on se dit quand même qu'aujourd'hui, ce soit la mode du vintage des années 90, ça fait un peu mal.

18:16
Invité

Oui, effectivement, parfois, j'aime bien le fluo, cela dit. C'est là où je voudrais juste rebondir sur ce qu'on a dit tout à l'heure sur le côté peut-être négatif ou toxique de ça. Et le côté toxique de l'idéalisation, au cinéma notamment, ça peut se traduire par des campagnes de cyberharcèlement contre des actrices, et je dis actrices à dessin. On parle de Leslie Jones, qui en plus est afro-américaine dans Ghostbusters. On parle de Désirie Ridley dans Star Wars, qui parce qu'elle ne correspond pas à cette idéalisation et au film des années 80, Star Wars ou Ghostbusters, se prennent des avalanches d'insultes sur les réseaux, etc.

18:49
Présentateur

Oui, bien sûr, à cause de ça. On va continuer à en parler justement de cette nostalgie. On va voir si ça correspond vraiment à notre époque. On cherche aussi une valeur refuge. Et ça, ça sera juste après Zao de Sagazan avec La Symphonie des éclairs.

19:02
Invité

Il fait toujours beau au-dessus des nuages, mais moi si j'étais un oiseau, j'irais danser sous l'orage, traverserais les nuages comme le fait la lumière. J'écouterais sous la pluie la symphonie des éclairs. Dès sa plus tendre enfance, elle ne savait pas parler autrement qu'en criant tout bas, pas faute d'essayer de les retenir, s'écrier ses larmes qui les faisaient tant. Il fait toujours beau au-dessus des nuages, mais moi si j'étais un oiseau, j'irais danser sous l'orage, traverserais les nuages comme le fait la lumière. J'écouterais sous la pluie la symphonie des éclairs. En grandissant, rien ne s'est calmé, petite tempête s'est trouvée.

Des raisons de pleuvoir autant qu'ils pourraient l'aimer. Franchement, personne n'aimerait se retrouver au cœur d'une tempête avouée. Il y a des raisons de pleurer, elle a ses raisons, mais il fait toujours beau au-dessus des nuages. Mais moi si j'étais un oiseau, j'irais danser sous l'orage, traverserais les nuages comme le fait la lumière. J'écouterais sous la pluie la symphonie des éclairs. Quand la tempête a su que s'échapper l'orbeau au-dessus des nuages, mais moi je suis de ces oiseaux qui nous font danser sous l'orage, je traverserais tous les nuages pour trouver la lumière. En chantant sous la pluie la symphonie des éclairs. France Inter Jean-Mathieu Pernin Le débat de midi

22:24
Présentateur

Bienvenue, si vous nous rejoignez dans le débat de midi, on parle de la tendance nostalgique. La nostalgie qui est partout, notamment dans le divertissement, qui est aussi dans la mode, dans la cuisine, et même dans les émissions de télé, on va voir ça dans un instant. Alors est-ce que c'est une tendance qu'il faut apprécier ou au contraire la critiquer ? N'hésitez pas à réagir sur l'appli France Inter en nous laissant des notes vocales ou des messages. Pour en parler autour de la table, nous trouvons Julien Baldacchino, qui est journaliste spécialiste culture web chez France Inter. Nora Boisigny, journaliste indépendante et autrice.

Cilly Boyblou, chanteuse, également nommée aux Victoires 2023 et fan des années 2000, dans sa musique on va dire ça comme ça. Et Séverine Bard, maître de conférence à Paris 3, sociologue spécialiste des séries. Et je parlais à l'instant aussi, on a évoqué le cinéma, les séries, et je parlais également de la télévision. Parce qu'il est vrai que cette année, il y a eu un phénomène assez étonnant sur TF1 qui a relancé une émission qu'on pensait depuis longtemps, mise aux oubliettes, qui était la Star Academy depuis 10 ans. Et ça a fait un carton, ça a été un succès d'audience. 4,5 millions pour ce qu'on appelle des Prime, c'est-à-dire tous les vendredis soirs, l'émission spéciale.

Alors peut-être qu'on ne s'y attendait pas, mais là justement, ça a réuni deux générations aussi, les parents et les enfants. Cilly Boyblou, tout à l'heure vous parliez justement de ces groupes des années 2000. Alors là, avec Star Academy, on est à fond dedans.

23:48
Invité

Oui, et puis ça a tellement été une surprise pour TF1 qu'eux, ils avaient prévu une saison courte où ils éliminaient beaucoup de candidats par Prime. Et en fait, il y a eu tellement de succès qu'ils ont un peu essayé de rallonger. Et là, la saison prochaine serait une saison normale, c'est-à-dire comme les saisons d'avant où il y aura, il me semble, une quinzaine de Prime. Ils ont pris le risque, ils ont vu que ça marchait très bien. Et puis, ils ont été, je pense, autant surpris du succès que les gens qui regardaient les audiences, comme par exemple moi-même, et de me dire, yes, ça continue la semaine prochaine.

Mais oui, c'est vrai qu'il y a eu ce retour de la Star Academy qui a fait du bien. Moi, j'ai grandi avec la Star Academy, donc j'ai 27 ans, j'ai grandi avec la Star Academy, avec le rendez-vous du vendredi soir. C'était la seule émission de télé-réalité que j'avais le droit de regarder et de voir que ça revient, même en ayant 10 ans de plus, même 15 ans de plus, que le moment où ça s'est arrêté. J'étais évidemment au rendez-vous devant les Prime avec potentiellement des amis qui ont grandi à cette époque-là aussi.

24:47
Présentateur

Et pour vous, c'était l'idée de quoi ? De retrouver ce que vous aviez aimé quand vous étiez plus jeune ou de se dire, c'est super, on va avoir des nouveaux candidats ? Ou alors, c'était de revivre la même émotion ? Vous pensiez revivre ça ?

24:58
Invité

Là, pour le coup, c'est vraiment dirigé vers la nostalgie. Ils ont repris le même château dans lequel les élèves sont, le même concept, les mêmes Prime, Nico sans présentateur. Donc, il y a tout un truc très Madeleine de Proust qui, moi, je ne connaissais pas les candidats comme tout le monde qui a commencé à regarder. Et j'avais quand même envie de regarder. Après, il se trouve qu'ils ont fait un très bon casting, je trouve, qui a permis de s'attacher aux candidats de la même manière qu'avant. Donc, c'est ça qui a fait aussi que les gens ont suivi l'émission. Mais c'est le premier, enfin, le point d'entrée, c'est quand même tous les totems récupérés dans l'émission d'avant.

25:30
Présentateur

Oui, c'est ça, Julien Badaquino, on l'a vu ça sur Internet, sur les réseaux sociaux. C'est une émission qui a très bien marché sur les réseaux sociaux. On en a beaucoup parlé et on jouait sur la nostalgie.

25:39
Invité

Et c'est la société de production qui a commencé à jouer là-dessus bien en amont en mettant sur Internet toutes les émissions de toutes les saisons précédentes. Ah oui, d'accord. Sur un an, deux ans, ça a commencé au moment notamment des confinements. On pouvait revoir toutes les émissions de la Starac. Et d'ailleurs, c'est là qu'on voit aussi qu'ils ont fait un sacré boulot de modernisation sur la nouvelle version. C'est-à-dire qu'ils ont gardé les fondamentaux et ils ont fait évoluer pour que ce soit de la télévision de 2022. Quand on regarde la première émission de la première saison de la Starac, on voit qu'il y a les fils qui pendent dans le château.

On voit que sur la forme, ce n'est pas complètement prêt. Là, ils ont gardé la recette et puis ils l'ont mise à la sauce de 2023 pour que ça ne fasse pas tâche et pour que les gens qui n'ont pas connu ça et qui ont connu l'héritage de la Starac qui au fond est The Voice et toutes les émissions de Télécrochet qu'on a connues depuis, qu'on ait un petit peu ce retour à zéro avec quand même une inscription dans une forme d'évolution.

26:38
Présentateur

Séverine Pert, on l'a entendu ce que disait Julien Baldacchino, la société de production de Staracademy qui met sur les réseaux sociaux et sur son site à disposition les anciens pour jouer à fond sur la nostalgie. Ce qui est assez étonnant avec Internet, c'est que c'est un moyen de communication ultra moderne qui rend nostalgique.

26:54
Invité

Oui, et puis vous voyez des choses qui fonctionnent bien alors que ce n'était pas forcément quelque chose de très attendu par des observateurs extérieurs ou autres mais par exemple la plateforme de l'INA

27:04
Présentateur

Madeleine qui s'appelle Madeleine comme Madeleine de Proust. Exactement,

27:09
Invité

qui avant s'appelait INA.fr très bêtement et donc qui dans ce rebranding ou cette modernisation marketing des choses joue sur Proust et la Madeleine mais avec une orthographe modernisée, ce n'est pas l'orthographe de Madeleine etc. et qui avait fait sa promotion avec des chansons qui reprenaient le prénom Madeleine des vieilles chansons etc. Donc on avait vraiment cette question de la nostalgie et où on voit que ce qui fonctionne bien c'est non seulement ce qu'on appelle les programmes de stock c'est-à-dire les fictions les choses qu'on peut rediffuser facilement etc.

mais ils ont aussi beaucoup d'émissions de flux et qui fonctionnent très très bien en revisionnage chez eux des vieux magazines des choses des bon zut enfin d'imdam d'hommes vous voyez des vieilles émissions et même des vieux feuilletons

27:57
Présentateur

par exemple on peut voir Arsène Lupin diffuser dans les 70 60 des choses comme ça la caméra explore le temps on se retrouve sur des émissions où on voit une télé très créative d'ailleurs à l'époque

28:07
Invité

c'était très créatif moi je fais parfois travailler mes étudiants sur les fictions des années 60 et ils sont étonnés de voir ça on avait déjà vu ça quand la 5 pardon je vais parler pour les vieux mais quand la 5 pour remplir ses quotas et ses grilles etc. rediffusait des vieilles productions de l'ORTF et ça marchait plutôt pas mal à l'époque et ça joue sur ce même type de choses et c'est pas du tout étonnant que les vieux feuilletons marchent

28:32
Présentateur

alors ce qui est étonnant c'est je vais faire un petit anglicisme voilà désolé pour nos auditeurs mais il est vrai Nora Boisani il y a un universitaire argentin qui a qualifié ce phénomène dont on parle depuis tout à l'heure de naostalgia c'est-à-dire la nostalgie d'aujourd'hui en fait est-ce que pour vous c'est finalement à bon terme nostalgie d'aujourd'hui c'est-à-dire avec internet c'est vrai que si on aime un groupe de musique par exemple on peut tout savoir d'un coup et on peut même regarder ses vieux concerts on peut avoir même des concerts qui sont sur Youtube alors qu'avant on mettait un temps fou pour les trouver est-ce que c'est un appareil à nostalgie finalement je dirais que c'est même

29:06
Invité

encore plus fort que ça parce que moi il me semble que dans ce concept j'y vois une sorte de nostalgie à très court terme en termes de passé c'est-à-dire que avec internet et avec l'avalanche de contenus d'oeuvres de chansons d'émissions de musiques de séries qu'on a on a l'impression parfois que quelque chose qu'on a regardé il y a un an est sorti il y a cinq ans et donc il y a une espèce de déformation j'ai l'impression temporelle d'une chronologie qui en fait va à toute vitesse parce qu'on parlait du Pic TV donc cette démultiplication des contenus sériels avec l'avènement des plateformes comme Netflix qui a été le premier à le faire on a vraiment le sens qu'il y a tellement de choses qui sortent qu'on souffre aussi et je vais faire en anglais parce que je vais expliquer du faux mot donc c'est la peur de manquer et la peur de rater quelque chose et donc en fait on regarde des choses on a l'impression qu'on en rate beaucoup et qu'on n'est pas tout à fait un peu à la page qu'on a raté quelque chose que ça c'est déjà has been parce qu'il y a un nouveau truc qui vient le supplanter le remplacer des nouveaux concepts et justement en termes de nostalgie il me semble qu'aujourd'hui Marvel par exemple ou Indiana Jones on en parlait ou les Star Wars le nouveau Terminator bon bref on joue sur une nostalgie qui est moderne c'est à dire que je ne sais pas comment l'expliquer mais on est on est aujourd'hui dans un truc qu'on regarde qu'il y ait une nouvelle création on n'est pas en train de regarder le premier Terminator à la télé mais donc il y a une nostalgie qui est dans une modernité où ce n'est pas forcément que c'était mieux avant c'est une espèce de mélange un peu bizarre un peu hybride

30:34
Présentateur

c'est ça oui c'est Bride Bar pardon

30:37
Invité

oui ici on peut nourrir la réflexion avec les théories d'Armut Rosak un sociologue qui parle de l'accélération technologique qui en fait est l'accélération du temps et en fait cette accélération technologique elle est censée nous faire gagner du temps le mail c'est plus rapide que le courrier postal et donc c'est censé nous faire gagner du temps mais nous faisant gagner du temps on veut faire plus de choses et donc au final on a de moins en moins de temps je résume à très gros traits c'est plus subtil que ça mais donc c'est ce type de processus qui aujourd'hui avec les plateformes par exemple cette facilité d'accès cette rapidité à l'accès elle nous pousse aussi à voir de plus en plus quand vous deviez avant attendre d'une semaine sur l'autre la diffusion de votre épisode de série télévisée et bien vous attendiez là vous pouvez en voir 10 à la suite d'un coup et en faisant cela vous voulez en voir toujours plus

31:24
Présentateur

est-ce que c'est ce phénomène qui nous rend aussi peut-être nostalgique parce qu'on en parle comme une valeur refuge comme on dit est-ce que c'est ça finalement c'est plus rassurant parce qu'on n'a pas à être en effet sur la nouvelle tendance sur la nouvelle série sur le nouveau titre de musique parce que c'est pareil la musique ça a explosé au niveau des nombres de titres qu'on peut avoir chaque jour c'est ça en fait

31:43
Invité

oui et je pense que la nostalgie en fait elle revient elle s'associe de fait après avec tous ces mouvements de décélération je vais faire de l'anglicisme désolé mais genre slow food vous voyez slow travel etc donc l'idée de retourner de prendre son temps et que c'était le mode de vie d'avant et que ça aussi en fait c'est une forme de nostalgie

32:02
Présentateur

c'est ça aussi si bug blue est-ce que vous le remarquez je vois votre t-shirt qui est le Rocky Horror Picture Show c'est donc qui est un film qui date de la fin des années 70 pour vous-même aujourd'hui internet est un accélérateur de nostalgie

32:16
Invité

en fait ça rejoint ce qu'on dit c'est un mélange des deux ça donne accès à des données absolument incroyables moi je suis très contente d'avoir pu m'en servir pour voir des concerts de David Bowie que je n'ai jamais vu en concert et qui est un artiste que j'adore donc c'est génial pour plein de points puisqu'on peut accentuer ses connaissances et vraiment aller chercher des choses qu'on n'aurait jamais pu voir à cette époque là mais ça fait un peu ce phénomène de on peut tout voir donc est-ce qu'on va tout voir bah non puisqu'en fait on peut tout voir donc c'est très frustrant il y a une grosse frustration de se dire on a accès à tout par où commencer comment le faire et puis où s'arrêter aussi ça peut un peu faire des frénésies qui sont assez embêtantes aussi à des moments

32:59
Présentateur

alors Gilles Balakino est-ce qu'on peut dire finalement aujourd'hui quand on voit cette nostalgie rassurante est-ce qu'on est dans l'apogée finalement d'une société marketing qui a trouvé ça y est et bien cette martinguelle qui dit bah tout le monde va y aller puisque tout le monde

33:12
Invité

devient nostalgique jusqu'au moment où ça ne marchera plus c'est-à-dire que pour l'instant on est dans cette dans cette petite débauche de toujours revenir et ça vaut dans tout en musique par exemple il y a 10 ans on avait les tournées Achetendre et Tête de Bois qui célébraient les années 60 puis il y a eu Star 80 qui célébraient les années 80 et là on se retrouve effectivement avec des tournées qui célèbrent les artistes des années 2000 donc on se rapproche la question c'est bah à quel moment on va se rendre compte qu'on a envie aussi d'écouter de nouvelles choses et je pense que l'exemple de Disney qui tire vraiment toutes les ficelles de Marvel jusqu'au bout et en fait les films Marvel commencent à fonctionner moins bien au cinéma et on voit que en revanche des tentatives un petit peu plus osées en termes d'animation en termes de cinéma comme le dernier alors Spider-Man c'est Marvel aussi mais le tout dernier qui est sorti qui est un film d'animation qui va chercher dans quelque chose de nouveau qui ne fait pas appel à des anciens acteurs à des anciennes références qui va plus tenter de nouvelles choses là on voit que ça marche donc peut-être qu'on n'est pas si loin que ça d'un moment pivot où on va se dire que ça peut être pas mal aussi de laisser un peu cette nostalgie ou en tout cas ce 100% nostalgie de côté et d'aller aussi chercher du nouveau

34:28
Présentateur

on est aussi voilà ce que je disais sur le côté marketing cette société marketing avec la nostalgie qui semble en effet avoir trouvé le bon bouton pour nous amener dans les salles devant la télé ou pour nous faire écouter des choses ça semble en effet s'appuyer jusqu'au moment où on trouvera un autre concept

34:44
Invité

oui les médias fonctionnent enfin les médias la culture d'ailleurs fonctionne toujours comme cela par cycle c'est à dire que vous avez une forme de vous avez des précurseurs peut-être que sur cette question de la nostalgie et des séries télé le précurseur a peut-être été Mad Men on a des précurseurs comme ça qui lancent un effet de mode enfin qui fonctionnent bien et donc il va y avoir des imitateurs ça s'emballe ça s'emballe ça s'emballe jusqu'à l'overdose et où en fait on s'est rendu compte que dans cette période d'overdose il y avait quelqu'un qui était précurseur qui proposait quelque chose de nouveau et c'est là-dessus qu'on va s'appuyer pour créer le nouveau phénomène la nouvelle embellie

35:20
Présentateur

alors sur la pluie France Inter vous réagissez justement avec vos messages et Nora Boisini et bien il y a Brigitte qui va un peu dans votre sens parce qu'elle nous dit moi je suis nostalgique de cette période où on avait à peu près les mêmes repères culturels dans une même classe d'âge actuellement tout est trop segmenté il n'y a plus tellement de partage et de brassage social ça c'est souvent aussi le reproche qu'on fait à internet c'est vrai d'isoler par communauté est-ce que c'est un peu ça aussi ce qu'on recherche par nostalgie ou quand on va voir un groupe comme les Rolling Stones il est sûr que ça va réunir énormément de gens

35:53
Invité

bonjour Brigitte c'est vrai que oui quand on va comme on parlait tout à l'heure quand on va voir un film avec son fils ou sa fille c'est un film qui était important pour nous quand on était enfant ou ado et cette volonté de réunir plein de générations d'avoir quelque chose dont on peut parler pendant deux heures après d'avoir des références communes parce que oui on peut se sentir un peu exclu de certaines choses qu'on trouve trop modernes qu'on ne comprend pas on parle de technologie typiquement la technologie après sur ce type de nostalgie là encore une fois il y a vraiment un côté qui peut être toxique de se dire moi je vais arrêter de regarder les trucs nouveaux parce que je ne comprends rien je suis perdue mais il y a aussi cette volonté de surdoser au-delà de la nostalgie de surdoser des enjeux très modernes et donc d'avoir l'espèce de case qu'on coche donc on va refaire Indiana Jones mais on va mettre tel personnage pour faire plaisir à telle catégorie après l'idée de cloisonner et d'avoir des séries qui parlent à un certain public très précis c'est vraiment une stratégie de plateforme Netflix a commencé avec ça en dépensant un pognon monstrueux dès le début et a été suivi par toutes les plateformes qui aujourd'hui sont plutôt des plateformes de technologie Apple, Amazon dont le coeur de métier n'est pas la série on n'est pas sur du HBO etc et donc ça a été aussi un moyen de cloisonner et d'avoir des séries pour des gens très très très très précis des groupes des communautés très précises et aujourd'hui on parlait de est-ce que ça marche la nostalgie est-ce que ça marchera et on parlait aussi du côté risque financier aujourd'hui on sait que les plateformes ne rapportent pas d'argent elles perdent des abonnés il y a une hémorragie les actionnaires ne sont pas contents donc là il y a un truc qui est en train de changer c'est que je pense qu'on va avoir droit malheureusement à de plus en plus de vieilles séries de reboots donc des redémarrages de franchises anciennes parce que vu qu'ils ne gagnent pas d'argent et qu'ils en perdent et bien ils vont prendre moins en moins des séries qui sont modernes et originales

37:48
Présentateur

Alors Julien Valdequino ça va dans le sens aussi parce que j'ai vu par exemple ce qu'on appelle les gros films américains qui vont sortir en 2024 j'ai été très surpris de voir qu'il y allait avoir un retour on a refait donc La couleur pourpre de Steven Spielberg ça va être diffusé en effet sur les écrans ce n'est pas vieux La couleur pourpre on va faire aussi un film sur le roi lion donc ce qui s'est passé avant le roi lion pour nous expliquer encore avant et là j'ai appris qu'il va y avoir un nouveau Ocean Eleven donc ce film de Cass mais qui va se dérouler dans les années 60 donc alors là c'est-à-dire qu'on double l'effet nostalgique et ça va donc sur la question de Gilles qui nous dit est-ce que la nostalgie ne serait tout simplement pas due à une baisse de créativité artistique actuelle face au formatage imposé par le public des réseaux sociaux voilà ce que nous dit Gilles

38:32
Invité

Non parce que la créativité elle existe il y a des tas de créateurs et de créatrices dans tous les domaines artistiques le problème c'est que effectivement par manque de prise de risque on va aller chercher des choses dont on sait ou dont on pense que ça va marcher et après il y a des astuces alors il y a beaucoup de films qui ont fait ça qui ont fait ce qu'on appelle des films méta c'est-à-dire que on va donner l'impression que le film se moque un peu de cette nostalgie ou qu'il est conscient de sa propre nostalgie et de sa propre de son propre cynisme commercial et en fait c'est encore plus cynique de se dire que voilà on va voir un film qui parle du fait que c'est un film avec des personnages qui sont conscients de ça alors que le film en fait il est produit par la boîte qui s'autocritique mais très doucement et très gentiment

39:21
Présentateur

on voit que c'est un peu une tendance en effet actuellement Silly Boy Blue il y a aussi une question alors là c'est vous qui pouvez répondre véritablement en tant que musicienne Marie-Pierre qui dit je suis née en 1960 j'en ai plus qu'assez depuis des années déjà d'entendre la musique des années 80 elle n'en peut plus tempérament Marie-Pierre année de ma jeunesse pourquoi est-elle si cotée cette musique pourquoi rester dans cette nostalgie la musique actuelle est très variée et l'offre est très intéressante dit-elle pourquoi ? on focalise à votre avis sur cette période là en effet où il n'y a pas que du bon

39:47
Invité

je pense que c'est une idéalisation de ce qui s'est passé à ce moment là c'est à dire que dans les années 80 le disque marchait très très bien il n'y avait ni des problèmes avant ni après on avait une espèce de boulevard de liberté totale et on pouvait sortir à peu près n'importe quoi dans le domaine de l'écoutable et c'était très très bien vendu et ça faisait des scores pas possibles donc je pense que il y a le manque de prise de risque aujourd'hui aussi dans la musique et le désir de revenir à ce qu'on connait je sais dans les comparaisons sans cesse de dire ça pourrait ressembler à ça et tout ça c'est déjà parce que les gens adorent mettre les autres gens dans des cases c'est très très rassurant de mettre des gens dans des cases et de ne pas foncer vers l'inconnu et aussi c'est parce que c'est des époques où ça vendait du disque où ça vendait des concerts où c'était une espèce de fidélité pas possible des fans qui n'avaient pas accès à d'autres choses que les concerts les interviews dans les magazines et les disques pour se nourrir d'un artiste donc il y avait ce truc très rassurant d'une industrie musicale qui se portait absolument à merveille et où on tend à revenir puisqu'on ne sait pas ce que va être demain donc en fait on se dit qu'est-ce qui marchait qu'est-ce qui va me faire en sorte que ça marche et bien on se tourne vers le passé notamment vers les années 80 Si vous prenez ce qui est assez particulier aussi c'est que finalement cette idée qu'on se fait des années 80 en musique elle est hyper resserrée sur un petit nombre de chansons si vous prenez la liste des titres qui ont été numéro 1 du top 50 dans les années 80 il y en a énormément qui sont restés longtemps en tête du top 50 qu'on a complètement oublié aujourd'hui parce qu'ils n'ont pas été rediffusés par les radios parce qu'ils n'ont pas été mis en avant sur des clips en ligne et qui pourtant ont existé et ceux-là ont été un petit peu gommés de cette nostalgie-là Il y a aussi la modernité de cette musique enfin c'est quand même les années 80 le moment où on a la technologie l'électronique qui rentre au service de la musique quelque chose qu'on n'avait pas avant donc il y a une modernité dans les années 80 qui nous rappelle celle d'aujourd'hui et qu'on peut remixer plus facilement il me semble je ne sais pas si vous êtes musicienne ou vous savez mieux que moi mais qu'on peut remixer plus facilement aujourd'hui qui va être plus moderne qu'un truc des années 70

41:49
Présentateur

mais je pense que Marie-Pierre évoquait en effet ce que disait aussi Julien à propos stars des années 80 comme on nous l'a vraiment vraiment énormément la variété française qui a été assez comment dire omniprésente on va dire ces derniers temps allez on continue à parler de cette nostalgie dans le débat de midi vous pouvez réagir sur l'appli France Inter mais tout de suite on va écouter une femme d'aujourd'hui c'est Georgia Smith avec Little Sing Ho

42:10
Invité

dans la culture

45:45
Présentateur

dans les médias elle est partout cette nostalgie valeur refuge valeur même doudou certains disent on en discute avec Julien Baldacchino journaliste spécialisé culture web chez France Inter Nora voisini journaliste indépendante Ciboy Blue vous êtes chanteuse inspirée par les années 2000 et Séverine Barth maître de conférence à Paris 3 sociologue spécialiste des séries d'ailleurs Séverine Barth une question on a eu sur l'appli France Inter de Clémence alors elle nous dit cette nostalgie n'est-elle pas aussi un choix médiatique n'a-t-il pas finalement un intérêt à entretenir je dis exprès un c'était mieux avant et conforter les gens dans le passé face à un monde à inventer demain qui serait compliqué à inventer

46:25
Invité

alors ça répond à des besoins des gens c'est-à-dire que c'est pas un complot ou que sais-je je suis pas sûre que ça a une volonté idéologique forte de dire il faut coincer les gens dans le passé pour qu'ils ne voient pas l'avenir etc. en revanche je pense que ça répond à des besoins émotionnels affectifs des gens qui la société moderne est compliquée les relations sociales sont de plus en plus dures etc. et donc se retrouver dans ce passé un peu fantasmé mythifié idéalisé etc. ça permet ça permet effectivement de retrouver une situation plus simple quelque chose de plus apaisé c'est ce côté doudou

47:11
Présentateur

c'est exactement le rôle du doudou

47:12
Invité

pour un enfant

47:13
Présentateur

alors on a commencé cette émission en évoquant le titre d'une série qui est Stranger Things qui joue vraiment véritablement à fond là-dessus ça se passe dans les années 80 aux Etats-Unis la référence envers les films de Steven Spielberg Joe Dante on la voit tout de suite même E.T ce sont des enfants en vélo et il y a un concept à propos de ça qui s'appelle le faux stalgia le faux stalgia ça désigne le sentiment de regretter une période du passé qu'on n'a jamais expérimenté qu'on n'a jamais connue est-ce qu'à votre avis en fait vous-même est-ce que vous seriez un peu là-dedans est-ce que vous seriez faux stalgique

47:47
Invité

ah bah oui moi je pense que la nostalgie s'arrête pas heureusement au moment où on était on était déjà sur cette planète parce que sinon ce serait très réduit en tout cas pour les plus jeunes générations mais c'est ouais bien sûr c'est encore cette idée de un peu fantasmer une époque et c'est ce que disait Julien tout à l'heure c'est qu'en fait on fantasme pas toute une époque on fantasme des bouts de cette époque évidemment parce qu'il y avait évidemment les problématiques des époques précédentes mais on fantasme des choses qui sont remises au goût du jour et où on se dit waouh ça avait l'air très très beau en plus ils portaient des habits comme ça et ils mangeaient ça alors que j'imagine que c'était pas la vie de tous les enfants américains de cette époque

48:28
Présentateur

c'est ça Nora Boisini vous se constate de faux stagy on le voit un peu plus on le voit vraiment partout et c'est vrai cette série la Stranger Things joue complètement dessus

48:38
Invité

elle joue dessus mais on le voit aussi moi ce qui m'intéresserait parce que là on a parlé de plein de choses mais il est midi on a faim et on a envie de parler aussi de restauration d'alimentation et on voit cette fausse nostalgie on le voit avec le retour en grâce des bistrots très franchouillards avec les nappes à carreaux et les petits rideaux dentelles avec les oeufs maillots avec le pâté en croûte avec notamment les championnats de France du pâté en croûte etc

49:08
Présentateur

et c'est ça ce qui est fou pardon je vous interromps excusez-moi mais c'est vrai que le championnats de pâté en croûte je suis tombé dessus sur Instagram ça fait un nombre de vues déjà la France adore

49:16
Invité

les concours culinaires c'est une particularité très française on adore comparer les gens et hiérarchiser les choses mais il y a aussi ce qu'on appelle les néo-PMU les nouveaux PMU donc on garde du formica le carrelage le zinc etc sauf qu'on enlève tous les gens qui sont en PMU d'habitude les classes ouvrières les prolétaires etc et on met que des bobos ou des bourgeois dedans ou des gens branchés puis on dit c'est un PMU sauf qu'on a vidé le PMU de toute son âme et son authenticité et Jean-Laurent Casselli a écrit un essai très intéressant là-dessus sur cette recherche cette quête d'authenticité dans des choses qu'on va moderniser quelque chose d'ancien en l'idéalisant en prenant des éléments comme on disait on choisit ce qu'on prend et ce qu'on jette parce que c'est une forme de bah oui de retour à des valeurs soit disant sûres à une époque fantasmée qui était meilleure c'était mieux avant quand je comprenais la carte de tous les bistrots c'était mieux avant qu'on me mette des trucs des épices que je comprends pas ce que c'est c'était mieux avant qu'on mette des trucs fermentés partout c'était mieux avant qu'il y ait trop de plats végétariens dans les restaurants en France ça n'existe pas donc vraiment c'est ce truc de voilà cette authenticité donc ça peut passer aussi par des concepts très modernes des coffee shops des cafés très modernes mais avec de la brique rouge avec des espèces de fausses affiches anciennes très parisiennes le chat noir le moulin ça le chat noir

50:34
Présentateur

oui il y en a beaucoup emploi émaillé etc mais pourquoi d'après vous on est arrivé à ça parce que pourquoi à un moment il y a eu cette recherche cette volonté d'authenticité est-ce que ça a été quand même aussi peut-être un refus voilà d'une époque en effet qui pouvait proposer quelque chose de très aseptisé

50:49
Invité

mais c'est une fausse authenticité en fait c'est à dire que c'est du marketing c'est vraiment un concept en fait un PMU où il n'y a pas quelqu'un qui boit un petit verre à 11h30 en faisant sa grille de l'auto c'est pas un PMU un PMU qui n'ouvre qu'à 19h jusqu'à 2h du matin c'est pas un PMU en fait s'il n'y a pas des jeux à gratter et du piquant c'est pas un PMU et s'il n'y a que des gens qui posent dans la pub dedans ça n'est pas un PMU merci d'avoir précisé ça Jean Valhine il y a quelque chose parfois dans cette nostalgie de très hypocrite c'est à dire que une partie des gens qui se disent ah ça c'était bien à l'époque c'était sont les mêmes personnes que celles qui à l'époque quand ces choses là sont sorties en musique en ciné ils disaient jamais j'irai voir ça c'est nul c'est de la sous-culture et ça se voit dans plein de choses dans les comédies musicales par exemple où il y a plein de retours qui sont en train de se faire le public qui est allé voir le retour de Starmania qui va peut-être aller voir celui des 10 commandements qui a été annoncé n'aurait probablement jamais mis les pieds dans la salle de spectacle dans les années 90 et 2000 parce qu'ils trouvaient ça ringard parce qu'ils trouvaient ça ringard et ce qui était ringard est devenu hype donc il y a une forme d'hypocrisie comme ça de je trouve bien ce qu'avant je dédaignais un peu Séverine Barthes

52:08
Présentateur

est-ce que finalement de proposer aussi presque que des concepts de nostalgie dans le divertissement on va dire même à des adolescents ou à des plus jeunes est-ce que finalement c'est pas embêtant par rapport à eux à la manière dont ils vont se construire si on se construit avec les mêmes références que ses parents

52:23
Invité

alors ils ne se construisent pas avec que avec les mêmes références que leurs parents pardon beaucoup de que dans cette phrase mais évidemment il y a des choses qui sont de la nostalgie donc ils voient des reboots ou des remakes etc ils vont eux-mêmes voir on s'est rendu compte par exemple que sur les plateformes Friends est beaucoup regardée par des jeunes gens donc c'est pas c'est une forme de nostalgie pas tout à fait celle dont on a parlé mais qui est d'aller voir d'anciens contenus d'une époque qu'on n'a pas connue pour se nourrir soi-même mais il y a toujours ils ont toujours une part de culture juvénile pour le dire très vite ils continuent à aller voir d'autres choses etc et d'autre part je pense qu'ici c'est des questions qu'on se pose avec peut-être cet air un peu condescendant ou ce n'est pincé parce que c'est de la pop culture ou de la culture mainstream ou médiatique mais qu'en revanche il y a 40 ans on voyait c'était très bien que les enfants lisent Victor Hugo c'est-à-dire qu'à l'époque où c'était la culture plus livresse qu'ils disaient aussi bien Victor Hugo que des romans plus contemporains pour la jeunesse des romans populaires etc et donc toute la jeunesse a toujours navigué dans cette espèce enfin chaque jeunesse à chaque époque a toujours navigué entre une espèce de fusion entre une culture préexistante des parents des grands-parents qu'il faut connaître et une culture juvénile qui est en cours de création et donc aujourd'hui ils le font aussi et toujours ils le font différemment qu'avant

53:50
Présentateur

Juste une dernière chose Syllible View tout à l'heure un auditeur nous disait ça empêche la créativité pour vous le fait de cette référence permanence au passé ça ne nous empêche pas de créer ?

54:00
Invité

Alors je pense que c'est c'est comme dans à peu près tout si la nostalgie et en effet on en a parlé tout à l'heure une béquille une inspiration et si on a de la créativité ça va donner des très belles choses par contre en effet si c'est du plagiat et juste une espèce de copie avec les instruments d'aujourd'hui ça n'a aucun intérêt et généralement ça se voit quand c'est quelque chose de très peu inspiré et de très on disait on reste enfermé dans une case et on dit c'est la nouvelle c'est le nouveau et ça ne dépasse pas les époques puisque évidemment si on commence à faire des années 90 quelque chose de très très marqué années 90 aujourd'hui est-ce que dans 5 ans ça plaira encore ?

C'est une question qu'on peut se poser

54:39
Présentateur

et puis quand on dit c'est le nouveau à chaque fois ça met quand même une pression aussi sur la personne

54:43
Invité

et puis c'est très limitant finalement d'être le nouveau quelque chose puisque c'est plutôt mieux de commencer à être soi d'une certaine manière

54:49
Présentateur

exactement merci beaucoup en tout cas à vous cas d'être venu débattre de la nostalgie alors est-ce que la nostalgie c'était mieux avant ?

en tout cas on a vu qu'elle avait de l'avenir voilà c'est un peu particulier comme concept merci à Julien Baldacchino merci également à Nora Boisini Silly Boy Blue et Séverine Barth d'être venu discuter de la nostalgie au débat de midi merci beaucoup à Étienne Bertin pour la réalisation à la technique c'était Mathias Alléon une émission préparée pour la grandiose équipe bien sûr du débat de midi Constance Villanova Aloïs Nolet Mathilde Texier Savana Ruelan alors nous ne sommes que mercredi et bien figurez-vous que le débat de midi continue bien sûr jusqu'à vendredi demain on parlera alors d'un tout autre sujet puisqu'on évoquera le thème de l'ISF climatique faut-il en effet que les français les plus riches payent pour la transition climatique on attend vos réactions sur l'appli France Inter en attendant sur Inter il est 13h il est 13h

55:46
Locuteur

il est 13h il est 13h