Alain Milon : « En Suisse, l’aide au suicide est légale mais l’euthanasie est un délit et un crime »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Alain Milon, merci d'être avec nous sénateur à l'air de VCluses. Vous êtes le rapporteur du texte relatif au droit, à l'aide à mourir. On va évidemment revenir très longuement sur le début hier au Sénat de l'examen de ces textes sur la fin de vie.
Mais d'abord, on regarde ensemble les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. La une de Var Matin 200 % de taxes.
Vraiment, c'est ce que demande le journal. Entre inquiétude et lassitude. Face à des menaces récurrentes, les professionnels des 20 Provences redoutent des droits de douane brandis par Donald Trump.
La une des dernières nouvelles d'Alsace, Strasbourg, capitale de la colère agricole, venue d'Alsace de toute la France et même de plusieurs pays. 5000 agriculteurs mobilisés hier contre l'accord Union européenne Mercoso, ils se sont retrouvés avec 700 tracteurs devant le Parlement européen. Les eurodéputés qui doivent voter aujourd'hui pour décider s'ils saisissent la Cour de justice de l'Union sur ce sujet.
La dernière rune, celle de Wouest-France. Quelle piste pour palier le manque de dermatologue ? Décrocher un rendez-vous chez un dermato est une galère.
Les professionnels s'en expliquent et donnent des solutions. De quelle avez-vous envie de nous parler ? De toutes. [rires] Allez-y.
Non, non, non. Juste les 200 % de taxes. Vraiment euh je crois qu'on a actuellement au niveau mondial des dirigeants qui sont des des des gens un peu excités pour pas dire autre chose.
Et la seule façon Trump par exemple, la seule façon de contrecarrer ce genre d'individu, ces gens-là ne craignent que la force. Donc c'est de montrer qu'on est fort. Après obligatoirement, psychologiquement, je pense qu'il baissera un peu d'un ton.
Ça c'est le premier point. Les agriculteurs, ils ont raison de manifester pas tant pour défendre le système que que de dire que le système français est probablement l'un des meilleurs possible, mais qu'il faut que ce système là soit appliqué dans tous les autres pays qui importent leurs produits chez nous. Vote de quoi ?
Évidemment, ils sont en déséquilibre financier, en déséquilibre à tous les niveaux. Donc, il est plutôt nécessaire que lorsqu'on fait une importation de produits, ces produits soient vérifiés comme n'utilisant pas les produits interdits en France, les produits en particulier néonicotinïde ou autres. Et donc moi, je leur donne raison de manifester dans la mesure où il demande à ce que ce qui est importé soit fait de la même façon qu'en France.
Ça c'est ils ont ils ont raison de ce côté-là. Ça veut dire donc en fait euh faire en sorte qu'on harmonise dans tous les pays d'Europe déjà, ce qui serait pas mal, euh le le système français qui est un système extrêmement dur pour les agriculteurs mais nécessaire pour la santé de nos concitoyens. Et puis le dernier c'était euh c'est les le manque de médecin et notamment de dermatolog dermatologue en particulier.
Ben c'est c'est un vrai sujet. C'est un vrai sujet. Et et un exemple simple, je j'organisais la semaine dernière les journées régionales de la FHF puisque je préside la FHF PACA et j'avais une Fédération hospitalière de de PA la Fédération hospitalière de France pour la Provence Côte d'Azure.
J'ai j'avais en face de moi le le doyen de la faculté de médecine de Nice. Euh on dit toujours la côte d'Azure et cetera. Il y a beaucoup de médecins, c'est pas vrai.
Il y en a en dermato, c'est pareil que sur le reste du territoire national, il y a beaucoup de dermatologues à la retraite qui n'exercent plus. Mais vous savez qu'un médecin à la retraite est toujours inscrit à l'ordre. Donc évidemment le le ministère de la santé et le ministère des études supérieures n'accorde pas suffisamment de formation de dermatologue au niveau des facultés et en particulier au niveau de la faculté de 10.
Et donc il faut ouvrir les portes, faciliter la formation des spécialistes et puis qui n'est toujours pas suffisamment fait parce qu'il y a eu des mesures qui ont été prises pas suffisantes pour vous. C'est pas c'est pas suffisant. C'est largement insuffisant mais les applications de la loi Busin sur le numérus Clausius commencent à à se faire ressentir maintenant.
Il faut 10 ans pour former un médecin généraliste, 11 12 ans pour faire des médecins pour former des médecins spécialistes. L'ouverture de du numéruscosus date de 1922, donc ça va sortir en 32. En attendant, donc il y a on a vraiment des problèmes majeurs dû au numérooscosus en particulier et pas assez d'ouverture de poste de de médecins spécialistes sur les facultés.
Avant de passer à à la fin de vie, un mot sur l'autre actualité d'hier. C'est Sébastien Lecnu qui a donc activé le 493 sur le budget. Est-ce que ce matin vous dites tout ça pour ça ?
Oui, je si j'étais pas à la télé, je dirais pire d'ailleurs. Enfin, disons tout ça pour Non, non, non, non. Tout ça pour ça.
Oui. Euh moi je suis extrêmement inquiet sur la façon dont actuellement l'Assemblée nationale gère son temps de de de travail pour pour mettre en place des lois. Il y a le budget donc qui est passé par le 493 alors que le premier ministre avait dit qu'il l'utiliserait pas.
Finalement, il est obligé de faire parce que l'Assemblée nationale est qu'elle est. Euh, il y a le PLFS, on en parle plus de du projet de loi de financement à la sécurité sociale. Il est passé à l'Assemblée nationale, mais il est passé à l'Assemblée nationale avec un déficit de 20 milliards accordé.
Euh 20 milliards parce que l'État dans son budget principal met 4 milliards dans le budget de la sécurité sociale, sinon ce serait 24 milliards. Or, on est donc à 24 milliards de déficit prévisible. Je rappelle simplement qu'en 2025, le déficit prévisible était de 17, on est arrivé à 22 ou 21 ou 22.
Donc le le prévisible, c'est pas ce qui vient arriver au bout du compte. Euh euh il faut je crois une fois pour toute revoir tous les systèmes de financement de ce pays, le système des impôts. Euh beaucoup demandent des impôts supplémentaires, c'est ce qu'on c'est ce qu'ils appellent les ultrariches euh ou ou l'entreprise.
Je rappelle quand même que c'est pour la sécurité sociale, ce sont les cotisations des employés et des employeurs qui font marcher le budget de la CQ. Et qu'est-ce qu'il faut revoir par exemple sur la sécurité sociale ? le système de financement avant avant le sy avant de de regarder toujours les dépenses, il faut regarder les recettes.
Et là, je suis d'accord avec certains qui disent qu'il y a trop d'exonération de cotisation sociale. C'est vrai que l'État lorsqu'il veut aider une entreprise, au lieu de faire des exonérations de de fiscalité, il fait des des exonérations de cotisation sociale et donc c'est la SQ qui se trouve en difficulté. Mais la CQ, c'est la santé de nos concitoyens, c'est la famille, c'est les retraites.
Donc il y a un moment ou un autre, faut faire attention à ça. Mais est-ce que du coup sur euh le budget euh le Sénat est-ce qu'il va s'en emparer de nouveau, rediscuter, quitte à ralentir le processus ou est-ce que vous allez poser la question est-ce que vous dites allez on renvoie tout ça à l'assemblée. Moi moi à titre personnel, à partir du moment où il y a eu un 493, je serai assez d'accord pour qu'on le rediscute, mais ça va encore retarder d'autant le budget.
On est quand même déjà en février presque hein, enfin pas loin et donc il faut faire attention que des budgets soient mis en place pour que la France puisse fonctionner. Mais c'est pas tranché. C'est ce que vous nous dites au sein de la majorité sénateur tranché à ma connaissance.
On passe à ce qui se passe en séance au Sénat et le Sénat qui s'est donc attaqué hier au projet de loi sur la fin de vie. les sénateurs qui ont lancé les débats dans l'hémicycle Steve sur cette réforme au cœur des discussions de textes dont l'un sur l'aide à mourir. Oui, c'est celui qui fait le le plus débat.
Orien, faut-il légaliser l'euthanasie et le suicide assisté ? Voilà l'immense enjeu de cette réforme poussée par Emmanuel Macron et qu'il souhaite promulguer avant son départ de l'Élysée. Le texte adopté l'année dernière à l'Assemblée nationale prévoit une aide à mourir pour des malades condamnés par la maladie mais qu'ils ne veulent pas être condamnés à l'agonie.
Le patient devra s'administrer lui-même le produit létal, sauf s'il n'est pas physiquement en mesure de le faire. Et la droite majoritaire au Sénat s'oppose à la version des députés. Certains refusent même le principe du droit à l'aide à mourir.
Oui, Bruno Rotaillot, par exemple, le chef du parti LR, a exprimé son rejet du suicide assisté et de l'Éthanie. Écoutez-le. Je ne peux pas souscrire, quelle que soit d'ailleurs l'écriture à une fin qui serait provoquée et qui est vraiment une rupture anthropologique dans notre civilisation.
Mais Bruno Retaillot ne représente ni toute la droite ni tout le Sénat. On touche là un sujet très sensible Oriane, liberté de vote dans chaque groupe. Pas de consignes politique.
En commission, les sénateurs ne se sont pas opposés au principe de l'aide à mourir, mais ils ont fixé des gardes fous. Le principe d'une assistance médicale à mourir a ainsi adopté. C'est une formulation qui est plus contraignante que le droit à l'aide à mourir.
Voter à l'Assemblée nationale. Le dispositif sera par ailleurs réservé à certains patients seulement. Écoutez, notre commission s'est prononcé en faveur d'une assistance médicale à mourir pour les seules personnes dont le décès est proche qui devrait demeurer exceptionnel. dans un objectif de soulagement des dernières souffrances et de sécurisation de la pratique des professionnels de santé.
Cette version du texte est perçue par les sénateurs de la majorité de la majorité comme plus équilibrée par rapport à la version adoptée à l'Assemblée nationale et le clivage sur l'aide à mourir dépasse le clivage droite gauche. Oui. À gauche par exemple certains sont pour certains sont contre.
Écoutez, notre groupe donc souhaite dans sa grande majorité défendre l'équilibre issu de l'Assemblée nationale sans faiblesse, sans exaltation mais avec gravité, humilité et surtout humanité. Je forme le vœu que cette semaine, après l'Assemblée nationale, le Sénat vote ces deux propositions de lois, des lois de dignité, de fraternité, de liberté. Je ne voterai pas cette proposition de loi et je crois que cet article 1er marque un basculement fondamental, celui qui vise finalement à demander à la puissance publique par la loi d'organiser et de construire une réponse à la mort.
Alors que avant tout et surtout une société progressiste doit d'abord organiser le soin, la vie, la capacité à vivre ensemble plutôt qu'à mourir seul. Hier, les sénateurs ne sont pas allés au bout de cet article 4 qui fixe ce principe de l'aide à mourir, mais les débats reprendront cet après-midi dans l'hémicycle. Orien, on va venir, monsieur le sénateur, sur le fond, mais déjà peut-être un mot de politique.
Quand vous entendez Bruno Rotaillot qui refuse le principe même de l'aide à mourir, vous dites quoi ? C'est un homme aujourd'hui isolé dans votre parti ou voilà c'est c'est une tendance quand même encore assez forte à droite ? Bah euh je ne pense pas qu'il soit plus isolé dans son parti que madame Cerman dans le sien.
Euh ça c'est c'est une évidence. Non non, moi je crois que c'est c'est un problème personnel avant tout. Euh et et ça n'est pas un problème, comme certains veulent le dire euh d'influence judéo-chrétienne.
Euh on a un de nos collègues hier qui a parlé euh et c'est extrêmement intéressant puisque j'avais fait l'observation il y a quelques mois en arrière que déjà du temps du néandertal les humains enfin ce qu'on appelle les humains protéger protéger leurs blessés. C'est-à-dire qu'elle est on a vu dans certaines fouilles qu'il y avait des des fémurs en particulier ou des tibias cassés qui étaient qui qui avait mis en place des calosseux. C'està-dire donc ces gens-là qui avaient une fracture d'un membre inférieur étaient pris en charge par la collectivité soigné comme ils peuvent soigner à l'époque et nourri.
Un animal qui se casse une patte les autres animaux vont pas autour pour essayer de le nourrir et de le sauver. les les humains ou ceux qui ont précidé les humains l' Siis ce que vous dites, c'est là c'est un un c'est un argument contre le principe de l'aide à mourir. C'est ce que vous dire non non, je vous me laissez pas terminer. [rires] Non, je veux dire simplement que les le la notion d'humain, c'est la notion de solidarité et de service à l'autre qui n'existe pas dans les autres races sur sur le territoire.
Juste quand quand hier vous entendez Bruno Rotaillot parler de texte d'abandon, le risque c'est qu'il devienne demain plus facile de demander la mort que d'obtenir un soin. Est-ce que vous dites il va trop loin ou est-ce que vous dites il arrive ? Non, mais notre travail en tant que rapporteur c'était justement d'essayer d'éviter que quelqu'un vous dise comme ça, bah écoutez moi, j'en ai marre, je veux plus vivre.
Allons-y gément et puis faites-moi le nécessaire. D'abord euh l'aide l'aide au suicide, les pays qui ont mis en place l'aide au suicide et l'euthanasie. La plupart des gens renoncent à l'aide au suicide et demandent à ce que ce soit un professionnel de santé qu'il fasse le nécessaire pour les faire mourir.
Déjà, c'est c'est un sujet important. L'aide au suicide, c'est la personne elle-même qui s'administre le le produit létal. Et quand on fait des comparaisons entre les pays, d'abord il y a pas beaucoup de pays qui ont mis en place ce genre de loi, mais quand on fait les comparaisons entre les pays, la Suisse dont on parle beaucoup, la Suisse, l'euthanasie est un délit et c'est un crime.
En Belgique, non. Mais en Suisse, il n'y a que l'euthanasie. Et si le patient qui arrive refuse de prendre de produits en disant "Docteur, faites-le à ma place, le médecin n'a pas le droit de le faire et on arrête tout." Je veux dire donc il y a ce sujet de l'euthanasie, participation d'un professionnel de santé à la mise à mort et puis le sujet de l'aide au suicide qui est c'est le patient lui-même qui prend le produit l'état.
Ça c'est ce sont deux sujets différents qui méritent évidemment une réflexion. Ensuite un patient, un malade qui arrive comme ça avec une maladie dont on dit qu'elle est incurable. Vous n'avez pas mis en place ce que j'ai dit moi en en en discussion générale, mais la tuberculose dans les années 50, c'était une maladie incurable.
La polyomiélite, c'était une maladie incurable. Le cancer du sein, il y a quelques années en arrière, c'était une maladie incurable. On peut en citer d'autres comme ça.
Donc pour moi, ancien médecin, je ne pense pas qu'il y ait des maladies incurables dans le temps. Il y a des maladies incurables dans le présent mais pas des maladies incurables dans le temps. Et si on dit ben vous êtes porteur d'une maladie incurable, vous avez le droit de mourir parce que vous allez et cetera et cetera et cetera, je ne suis pas sûr que on va pas profiter de cela pour pousser les gens vers l'euthanasie ou l'aide au suicide plutôt que de faire de la recherche qui coûte une véritable fortune des médicaments nouveaux.
C'est bien puisque quand on parle chaque année dans dans le projet de loi de financement des sciale des médicaments innovants, on n'est pas on est dans une addition de mécom raisons budgétaires à ce voilà ceux qui défendent cette aide à mourir. Il y a aussi des des arguments budgétaires qu'il pourrait y avoir un jour peut-être des raisons budgétaires. Mais en fait vous craignez plus les dérives qui pourraient naître de ce texte que ce texte en lui-même finalement.
Bien sûr, mais euh je j'ai posé la question à l'auteur du texte, monsieur Falourni, euh puisque le ce qu' ce qu'il avait dit sur le Sénat était pas très agréable. Donc je je lui ai posé la question "En audition, est-ce que vous ne craignez pas qu'il puisse y avoir un jour des dérives ?" parce que le le vrai danger, c'est le dérive.
Euh et il me dit "Ben de toute façon, les lois sont appelées évoluer." Donc je vous rappelle quand même que l'IVG euh qui n'était pas une loi faite pour mourir, mais une loi faite pour protéger les femmes, c'est une loi de protection de la santé des femmes. Pas la même chose qu'une loi d'aide à mourir, hein.
Enfin, j'ai entendu des choses hier aussi sur l'IVG qui n'étaient pas tout à fait celle de de la conception même de madame Simone Veille. Ben l'IVG c'était 12 semaines. Actuellement on a des pays où ils sont à 22 semaines.
Donc les lois sont selon monsieur Falorni euh à faite pour être amélioré et pour être pour pour avancer. Je veux dire quand on met un pied dans la porte, la porte on l'ouvre un jour ou est-ce que pour vous il faut toucher quand même à la loi Claiss Léonetti qui est la dernière grande loi sur ce sujet où est-ce qu'il faut rien toucher et déjà appliquer la loi clonétique ? Déjà à mon avis, la loi la plus importante là-dedans, c'est celle dont je ne suis pas le rapporteur.
C'està-dire la loi sur la loi sur les soins palliatifs qui fait qui fait consensus, relativement consensus. Euh oui, sauf que oui, oui, bien sûr. Bah, il en faut partout.
Il en faut dans tous les départements, il en faut dans tous les hôpitaux. Il faudrait même aller au-delà et faire des soins palliatifs à domicile. Donc on en est très très loin.
Et vous avez vu d'ailleurs que la ministre a dit qu'il y avait plusieurs centaines de millions qui était mis euh sur la table pour essayer d'améliorer les choses. Euh tous les professionnels de soins palliatifs vous disent la même chose. Quand un malade qui qui souffre arrive en soin palliatif, il demande, il dit toujours docteur honnêtement si ça va pas faire le nécessaire.
Et puis quand au bout de deux ou tr jours, il sent que ça va mieux, bah il le demande plus. Et on attend beaucoup, moi-même, je l'ai dit d'ailleurs, c'est une erreur, dire que 90 % des gens qui rentrent en soit palliatif ne demandent pas à mourir, l'aide à mourir. Ce n'est pas vrai.
C'est plus que ça en fait. Euh c'est 90 % des gens qui en arrivant en soins palliatifs demandent à mourir qui ne demandent plus à mourir au bout de quelques jours. Mais mais encore faut-il avoir accès à ces soins palliatifs à l'inritoire n'ont pas accès bien sûr soins palliatifs.
C'est justement l'intérêt de cette loi sur les soins palliatifs qui à mon à mes yeux est beaucoup plus importante dont on parle moins parce que ça intéresse moins journaliste. Mais [rires] pardon tout intéresse. Tout intéresse.
On n'est pas comme ça. Oui, mais bon les soins palliatifs en tout cas ça fait moins d'audience. Juste est-ce que vous avez une idée de du nombre de personnes qui seraient concerné par l'aide à mourir chaque année ?
Parce qu'il y a des chiffres qui ont été donnés dans l'hémicycle hier. Il y a des débats entre le gouvernement, les associations ? Est-ce que vous vous avez des chiffres à nous donner ?
Non, directement non. Parce que d'abord c'est pas mis en place donc on sait pas. Mais moi ce que je vois c'est les débordements qu'il y a dans les autres pays où ils l'ont mis en place.
Alors, on cite toujours la Belgique, mais euh 9000 personnes par an quand même. Petit pays, enfin petit pays, petit pays par le nombre d'habitants, 9000 personnes par an. Mais moi, je serais je voudrais citer le Canada parce que le Canada euh quand ils l'ont mis en place, ils étaient à 2000 à peu près par an, ils sont à plus de 20000 maintenant.
Et sur les 20000, la plupart maintenant et même les Canadiens disent eux-mêmes, il faut qu'on arrête tout ça, sur les 20000, la plupart c'est pour des raisons sociales, des raisons financières. H et et en Hollande actuellement enfin au Pays-Bas, on a un projet qui est en train de se mettre en place, je sais pas s'il arrivera au bout où on dit carrément si vous avez plus de 75 ans et que vous considérez que vous servez plus à rien, ben on peut vous aider à partir. Donc il y a quand même des dangers et des débordements et des dérives qui sont qu'il faut éviter.
D'où notre façon de penser à nous rapporteurs, je dis nous parce que j'étais pas seul, c'est un la protection du patient hein. Donc on a mis en place pas mal de choses. Deux, la protection du professionnel de santé, la clause de conscience n'était que pour les médecins.
Et 3, la protection du Sénat. Parce que si le Sénat dit "Ben écoutez, on y va les les députés ont raison, à quoi il sert à rien." Si le Sénat dit "Bah non, finalement c'est une mauvaise et on est contre et on vote contre, à quoi il sert ?
Il sert à rien parce que c'est l'Assemblée nationale qui va prendre le dessus." Et en ce moment, l'Assemblée nationale, il vaut pas trop faut pas trop lui faire confiance. Non mais là vous entendez j'imagine Alain Milon, vous n'êtes pas sour à l'opinion publique qui est favorable à une évolution des lois, un droit plus élargi sur l'aide à mourir au fait de choisir sa mort.
Est-ce que vous n'avez pas la crainte du coup d'apparaître comme un peu conservateur un voir un peu rétrograde ? Non non d'abord je suis pas d'accord avec vous quand vous dites que l'opinion publique est favorable. Elle est aussi favorable d'ailleurs à la remise en place d'apendement et pourtant on le fait pas.
Donc non, l'opinion publique est favorable quand on lui dit euh vous êtes jeune, euh vous allez avoir peut-être une maladie de charco un jour, vous allez souffrir, vous allez donc est-ce que vous vous acceptez de souffrir pendant des années ou est-ce que un moment un autre si on vous propose de mourir, on vous allez faire quoi ? Ben vous allez dire oui mais si on vous dit vous êtes jeune, si un jour vous avez une maline charco grâce à la recherche vous allez pouvoir faire comme Stephen Hopkin, c'està-dire donc continuer de vivre et puis faire des choses extraordinaires. Bah est-ce que vous allez accepter de mourir ?
Autant si on vous dit vous ne souffrirez plus, vous aurez des contacts familiaux, des contacts sociaux, quelle sera la réponse ? Ah bah non, tu es moi quand même. Ça m'étonnerait.
On va voir comment les maires s'impliquent dans ce débat sur la fin de vie. On va en Côte d'Or. Bonjour Jean-François Dodé, merci beaucoup d'être avec nous.
Vous êtes maire sans étiquette de Saintapolinaire. Vous avez organisé lundi une table ronde dans votre commune sur ce projet de loi. Fin de vie, il y avait un échange notamment avec les professionnels de la santé.
Pourquoi cette initiative et qu'est-ce qu'il est ressorti de ces échanges ? B écoutez pour l'initiative d'ailleurs. Bonjour.
Euh d'abord je suis médecin donc c'est bien une c'est une loi qui m'a qui m'intéresse fortement parce qu'on voit bien comme ça a été dit qu'il y a une modification anthropologique importante et que la relation à la mort et à la fin de vie entre le soignant et le soigné est totalement impacté. Deuxièmement, je suis un élu de proximité et je trouve excessivement dommage que ce débat arrive à ce moment avec une crise institutionnelle majeure où on n pas de budget et on se demande même s'il y aura pas de solution de l'Assemblée nationale. Euh on est en plein campagne municipale et je trouve que c'est un débat qui aurait eu le mérite et bien d'être beaucoup plus éclairant pour bah pour nous la population.
Vous vous disiez à l'instant, la majorité des Français sont d'accord. Je suis pas complètement d'accord avec vous. C'estàd que et je reprends ce que dit monsieur Ho, si on vous dit quand vous serez en fin de vie, vous allez mourir seul dans des douleurs atroces et complètement oublié dans un coin, euh bah personne va dire oui.
Par contre, si on vous dit lorsque vous arrivez en fin de vie, vous allez avoir besoin d'un accompagnement à la fois psychologique et cetera parce qu'une fin de vie, c'est jamais très drôle, hein, au final. Donc il faut l'accompagner et bien euh vous avez les soins palliatifs qui sont là. et dans la table ronde, tu peux organiser à la faculté de médecine.
On a fait volontairement la faculté de médecine avec l'accord du doyen euh parce que pour montrer que on est vraiment sur quelque chose qui est fondamental par rapport à à à la santé, par rapport à la médecine. Et donc un certain nombre de soignants ont effectivement apporté des témoignages de fin de vie notamment on a une très bonne unité soin palliatif sur Dijon qui ont effectivement perturbé un petit peu ceux qui arrivaient en disant il faut absolument ce texte. Un mot Alain Milon en réaction à ce que dit monsieur le maire sur le calendrier.
Il arrive pas au bon moment ce débat ? [rires] Je suis complètement d'accord avec lui. Il arrive au plus mauvais moment.
Ce n'est peut-être pas obligatoirement de la faute que du gouvernement dans cette affaire. Ça fait 2 ans à peu près que qu'on parle de ça un peu partout. Je voudrais dire aussi, vous avez dit quelque chose tout à l'heure, c'était dans le programme de monsieur Macron.
Non, pas au premier tour. C'était au programme de monsieur Macron dans le cas du 2e tour. J'ai pas dit que c'était dans le programme de de monsieur Macron.
Ben, je sais plus quelqu'un l'a dit. qui a fait bref non c'était une réforme qui souhaite adopter avant la fin de de son départ de l'Élysée et monsieur Macron l'avait pas mis dans son programme au premier tour, il a mis pour le deuxème tour des si présidentiell. Juste pardon parce qu'Emmanuel Macron, il évoque des référendums sur certains sujets.
Est-ce que vous souhaitez vous que ce texte que la fin de vie ce soit un sujet de référendum ? Mais le le maire a raison. On vit on vit actuellement une crise institutionnelle considérable.
On vit une crise politique énorme. On vit une crise mondiale considérable. Je pense que euh si si jamais on devait faire un référendum sur le sujet, ça dépend du président de la République, ça dépend pas de nous, euh pour moi, ce serait amusé la galerie.
Il y a beaucoup de sujets beaucoup plus importants que celui-là actuellement euh et ce serait amusé la galerie. Mais je suis d'accord avec lui. C'est un médecin.
Certains de de de nos collègues hier ont dit "Les médecins sont pour et cetera, c'est faux." Euh moi j'ai j'ai rencontré en particulier les spécialistes des soins palliatifs dans leur grande globalité. Ils sont pour qu'on améliore les soins palliatifs sur l'ensemble du territoire national, qu'on leur donne plus de moyens et ça devrait aller mieux de suite.
Moi, je suis assez même favorable à ce que les équipes de soins palliatif aillent à domicile, ce que je dis tout à l'heure, mais qu'elles puissent prendre en charge les patients dès le début, dès le diagnostic de certains types de maladies. Parce que bon euh si vous arrivez, vous avez des des prises de sang qui vous alertent, vous allez voir votre médecin, votre médecin vous dit "Ben, je suis désolé, vous avez un cancer du pancréas. Oh, c'est un coup de massu sur la tête." Et c'est évident qu'à ce moment-là, on a une une trouille énorme.
Si on était pris en charge par une équipe de soins palliatifs immédiatement avec les curatifs à côté, je pense que la situation s'améliorerait à tous les niveaux. Alors, pour répondre à votre question sur le référendum, c'est amusé la galerie. Pour l'instant, il y a d'autres choses plus importantes.
Un dernier mot, Lain Milon, est-ce que vous pensez que le texte dans la version que vous souhaitez sera adopté au Sénat ? J'en sais rien. Il y a encore un doute.
Je Ben évidemment parce qu'il y a des divisions au sein de la majorité. Je pense que l'ensemble des amendements, l'ensemble de du texte sera article par article voté par le Sénat. Je vous rappelle que c'est simplement une adaptation de la loi cléonetti pour permettre quand un malade est en fin de vie avec des soins qui vont pas bien de permettre au médecin de de d'utiliser le produit létal.
Donc ça c'est clair. Euh on ira jusqu'au bout du texte. On aura la possibilité de discuter de tous les articles un par un, ce qui est déjà énorme chez chez nous, c'est l'habitude.
Enfin ce qui est déjà énorme dans dans le monde politique actuel. Après, au moment du vote final, on verra bien. Mais l'essentiel pour nous, c'est d'avoir permis la discussion, d'avoir permis l'information et d'avoir permis en sorte que l'ensemble de nos collègues puisse s'exprimer.
Merci beaucoup. On remercie monsieur le maire. Merci Jean-François Dodé d'avoir été avec nous, maire de Saint-Apoliner, c'est en Côte d'Or.
Merci beaucoup et merci Alain Milon d'avoir été notre invité. On suivra bien sûr la suite des débats et puis on va en reparler dans moins d'une demi-heure débat sur ce plateau avec notamment Alain Clè et puis votre collègue sénatrice Laurence Garnier.
Alain Milon