Meeting de Marine Le Pen à Lille (30 novembre)
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- 4:14Invité politiqueFait
« sa famille politique co-gère le pays depuis 40 ans et que lui-même, comme ministre de l'Intérieur ou comme président de la République, avait exercé le pouvoir pendant une décennie, une décennie effectivement perdue. »
- 5:51Invité politiqueFait
« La plupart des terroristes, c'est un fait, sont les enfants d'un code de la nationalité absurde qui relègue notre nationalité au rang de simples situations administratives »
- 6:37Invité politiqueFait
« L'aveuglement idéologique, ou peut-être tout simplement la nullité politique de la caste, a conduit au désarmement moral de la nation, à la déliquescence de nos systèmes de défense, police, armée, justice, au sabordage organisé de l'autorité de l'État. »
- 8:35Invité politiqueFait
« Cette absence de vision haute en matière géopolitique aboutit au chaos irakien, libyen, syrien, avec les conséquences humanitaires, politiques, militaires et migratoires que le monde et l'Europe subissent aujourd'hui. »
- 10:32Invité politiqueFait
« Mensonge sur la théorie des loups solitaires. »
- 10:35Invité politiqueFait
« Mensonge sur le contrôle des fichiers S et leur nombre. »
- 10:40Invité politiqueFait
« Mensonge sur la réalité de la coopération antiterroriste en Europe. »
- 10:44Invité politiqueFait
« Mensonge sur le suivi des terroristes potentiels. »
- 10:46Invité politiqueFait
« Mensonge sur le contrôle des trafics d'armes. »
- 10:46Invité politiqueFait
« Mensonge sur le soi-disant engagement français anti-Daesh en Syrie. »
- 14:53Invité politiqueChiffre
« M. Cazeneuve nous dit avoir fermé deux lieux de culte. Il en reste 98 répertoriés comme foyer de haine religieuse. »
- 15:15Invité politiqueChiffre
« M. Cazeneuve s'est glorifié, car il n'est pas très modeste, de 2 000 perquisitions, lorsqu'il y a entre 11 000 et 20 000 fichiers S. »
- 16:10Invité politiqueFait
« Ce chiffre ne fait que mettre en lumière, s'il en était encore besoin, sa triste incompétence, lui qui déclarait sur RTL le 14 septembre 2015 que le rétablissement aux frontières du pays était, je cite, « stupide ». »
- 22:44Invité politiquePromesse
« L'immigration et les naturalisations doivent faire l'objet d'un moratoire immédiat en attendant une réforme du Code de la nationalité, l'abrogation de l'aide médicale d'État, une restriction du droit d'accès et d'asile sur notre territoire. »
Temps de parole
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plus grand nombre, de manière non convenue, mes chers, mes très chers compatriotes. Permettez-moi de vous confier combien je suis heureuse d'être parmi vous ce soir, dans cette ambiance chaleureuse qui est la marque, le charme, nous, nous le savons bien, de notre grande et belle région qui est aussi le propre des gens du Nord. Je voulais vous dire, en cette période où une tristesse infinie continue de nous étreindre, il nous a semblé important et même plus que jamais nécessaire de nous retrouver, de communier ensemble et d'échanger afin de poursuivre debout et sans faillir la route que nous indique la mémoire de nos morts, l'impératif du combat et le devoir envers la République et la patrie.
Comme chacun d'entre nous, comme chaque Français, nous sommes en ces instants partagés entre le chagrin et la colère. Le chagrin pour toutes ces vies brisées, pour toutes ces souffrances innocentes et inutiles, pour ces sourires figés qui n'éclaireront plus la vie de leurs proches, pour ces familles détruites à jamais qui ont porté en terre un ou plusieurs enfants, pour tous ceux qui porteront à jamais dans leur chair ou leur âme, la marque de cette effroyable soirée.
C'est le chagrin de voir dans les yeux de nos enfants la terreur qui inspire légitimement le spectre de la guerre, d'une guerre d'une bestialité sans nom, d'une guerre longue et douloureuse, qui nous est imposée par une barbarie qui a pu prendre pied jusque dans nos murs. Qui pouvait croire que les paroles de notre hymne national, ils viennent jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes, trouveraient au XXIe siècle une nouvelle et épouvantable résonance ? C'est le chagrin de savoir que pour la France et son peuple, le temps de l'insouciance heureuse est bel et bien révolue. Rien ne sera plus comme avant. Rien ne doit plus être comme avant.
Comment ne pas constater que la liberté et le droit à l'existence des peuples ne vont jamais de soi ? Et que comme nous le redoutions depuis longtemps, notre beau pays est pour une part à reconquérir. Le soir des événements, j'ai fait part de ce que j'ai appelé ma colère froide, qui était le sentiment que m'inspirait instinctivement la situation à laquelle nous assistions dix mois après le massacre de Charlie Hebdo. Le respect des victimes, comme le sens des responsabilités, appelait une certaine réserve. Le souvenir de nos morts, comme notre irrépressible chagrin, exige aujourd'hui lucidité dans l'analyse et clairvoyance dans l'action.
Un chef de parti, ancien chef de l'Etat, a osé regretter plusieurs décennies perdues. A-t-il oublié que sa famille politique co-gère le pays depuis 40 ans et que lui-même, comme ministre de l'Intérieur ou comme président de la République, avait exercé le pouvoir pendant une décennie, une décennie effectivement perdue. Coulibaly, Kouachi, Mera, comme les autres assassins psychopathes du Bataclan sont les enfants que leurs errements fait naître. Nous allons dire des choses ce soir désagréables aux oreilles du pouvoir et pourtant c'est notre devoir de le dire.
Ces événements sont le résultat de leur folle politique d'immigration menée sans discernement et qu'ils ont aggravé par l'abandon du principe d'assimilation. L'abandon du principe d'assimilation, ce principe républicain qui faisait des nouveaux entrants des Français de cœur et d'âme. Ces événements posent la question du regroupement familial qui ne permet pas d'individualiser le droit à l'immigration qui est devenu un droit collectif et donc par nature incontrôlable. Ce droit au regroupement familial donne le sentiment qu'il suffit pour s'installer chez nous de pousser la porte avec armes et bagages et parfois avec un peu de bagages et de vraies armes.
Ces événements mettent en cause le droit d'asile actuel dont les migrants terroristes du Stade de France et les jungles bouillonnantes de Calais et d'ailleurs témoignent des funestes conséquences. La plupart des terroristes, c'est un fait, sont les enfants d'un code de la nationalité absurde qui relègue notre nationalité au rang de simples situations administratives et qui expliquent que des Français, malgré eux, tirent au pistolet mitrailleur sur d'autres Français dans les rues de Paris.
Mais ces monstres qui ont agi à Toulouse ou au Bataclan sont aussi les enfants du droit à la différence, de la culture de l'excuse, du laxisme judiciaire, de la faillite carcérale, de la dérive de notre éducation qui n'a plus de national que le nom. Derrière ces politiques dont on mesure aujourd'hui la profonde venimogité, il y a l'idéologie 68 Ard qui interdisait d'interdire, il y a le sans-frontiérisme qui exigeait d'abaisser les protections naturelles de nos États, il y a l'esprit de repentance qui commandait d'empoisonner sciemment, partout, tout le temps, à tout propos, l'image de la France, son histoire et la qualité de Français.
L'aveuglement idéologique, ou peut-être tout simplement la nullité politique de la caste, a conduit au désarmement moral de la nation, à la déliquescence de nos systèmes de défense, police, armée, justice, au sabordage organisé de l'autorité de l'État. Lorsque j'étais étudiante en droit, je m'étonnais de l'insistance de nos textes fondateurs, comme la Constitution, à exiger du chef de l'État le maintien de l'intégrité territoriale, ou à réaffirmer, par exemple, le caractère laïque de la République. Les constituants connaissaient bien le marais politique. Par lâcheté, nos gouvernants de l'UMPS hier, de l'herpès aujourd'hui, ont livré notre République à de nouvelles féodalités.
Abandonnant des parts de territoire entier à des voyous, et nos valeurs de laïcité à des revendications religieuses toujours plus provocantes. Véritable roi fainéant, nos dirigeants ont délégué, ou plutôt abandonné, la défense du territoire à l'Europe, et à l'intérieur, ils ont maintenu, plutôt mal que bien, la paix civile, non par la loi de la République, mais en la monnayant à des mafias, à des groupes religieux, à des autorités téléguidées de l'étranger.
A l'échelon diplomatique, leur manque de jugement ou leur suivisme les a poussés à fermer les yeux sur les agissements de pays islamistes prosélites, comme le Qatar, l'Arabie saoudite, où, cela ne fait plus de doute pour personne, sur l'attitude hypocrite de la Turquie d'Erdogan. Cette absence de vision haute en matière géopolitique aboutit au chaos irakien, libyen, syrien, avec les conséquences humanitaires, politiques, militaires et migratoires que le monde et l'Europe subissent aujourd'hui.
Depuis 40 ans, nos dirigeants, droite et gauche confondus, n'ont exercé le pouvoir que pour en jouir et pour couvrir de belles paroles et de mensonges enrubanés des actes dont nous ne pouvons que constater aujourd'hui les terribles conséquences. Le 13 novembre est le révélateur de toutes ces erreurs accumulées, de toutes ces fautes morales et politiques, de ces errements et de ces reniements. Mais l'enquête sur les attentats fait surgir dans tout le pays d'autres questions. Pourquoi ce temps perdu ? Qu'a-t-on fait depuis les attentats de Mérat, le massacre de Charlie Hebdo de l'Hypercacher, la décapitation de Saint-Quentin Falavier ou la tentative de tuerie dans le Thalys ?
Inutile de revenir sur les dysfonctionnements continus et les omissions inexpliquées que livre chaque jour le déroulé de l'enquête. Les négligences ont été manifestes et répétées, pour ne pas dire permanentes. L'accumulation de ces failles et de ces fautes fait de ce naufrage sécuritaire un cas d'école plus grave. Les Français s'aperçoivent que non seulement le gouvernement n'a rien fait, mais de surcroît, il a menti pour cacher la réalité. C'est souvent quand même la marque des médiocres. Mensonge sur la théorie des loups solitaires. Mensonge sur le contrôle des fichiers S et leur nombre. Mensonge sur la réalité de la coopération antiterroriste en Europe.
Mensonge sur le suivi des terroristes potentiels. Mensonge sur le contrôle des trafics d'armes. Mensonge sur le soi-disant engagement français anti-Daesh en Syrie. On nous a menti sur toute la ligne. Bien sûr, aujourd'hui, nous voyons un président l'ère martial, droit comme un parapluie, multiplier les propos vengeurs contre Daesh. Nous voyons le Premier ministre, VRP de l'indignation permanente dans son exercice favori de coups de menton médiatique et des emportements d'Assemblée. Nous voyons un ministre de l'Intérieur annoncer une avalanche de réunions. La raideur de l'allure ne fait pas la fermeté de l'action. La véhémence du ton ne fait pas la détermination.
Pas plus que l'air pénétré d'un ministre ou d'un président désolé ne fait l'intelligence de l'analyse ni la justesse de l'action. Certes, l'enquête sur les attentats progresse de manière très professionnelle. Elle est le fait de nos services de police, dont on mesure la compétence depuis les premiers instants du drame. Le reste, c'est-à-dire ce qui relève du politique, continue de ressembler à du rafistolage, à de la communication, à de la posture, à de l'imposture. François Hollande a qualifié la situation de « guerre ». Il s'est présenté comme un chef de guerre, d'une guerre au terrorisme. Faut-il lui rappeler que le terrorisme n'est pas une cause, mais un moyen.
Peut-être conscient de l'absurdité du propos, il se reprend et prétend maintenant mener la guerre à Daesh. Il oublie que Daesh n'est qu'une organisation parmi tant d'autres, dans une guerre mondiale idéologique qui nous oppose au fondamentalisme islamiste, c'est-à-dire concrètement des idéologies politico-religieuses sectaires comme le wahhabisme, le salafisme et les frères musulmans. Bref, François Hollande apparaît d'entrer comme un chef de guerre qui n'a toujours pas pris la mesure de l'adversaire, qui se tient à une vision réductrice de l'ennemi et dont la stratégie n'englobe aucunement l'intégralité du champ de bataille.
En clair, il n'a toujours pas intégré l'idée qu'il ne suffit pas de détruire l'État islamique pour vaincre et que cette victoire ne peut être simplement militaire. Il n'a pas compris qu'il ne peut continuer, obéissant ainsi aux ordres de Barack Obama à poser des conditions préalables en Syrie pour une coalition internationale anti-Daesh, pas d'avantage qu'il ne peut espérer pour allier militaire la Russie et en même temps lui infliger un embargo économique.
Si on aurait le principe de réalité qui est la règle en matière de politique étrangère et de stratégie militaire, sa tournée diplomatique n'a eu pour résultat qu'une coalition de compassion qui a seulement contribué à meubler les heures d'antenne des télés d'info continue. Quant à l'échelon européen, il ne s'est rien passé, que des réunions sans effet. Aucun de nos dirigeants n'a seulement osé remettre en question, même oralement, les dogmes sur lesquels Bruxelles organise le démantèlement de nos nations. Au niveau gouvernemental, le bilan en termes de résultats concrets n'est guère plus brillant. M. Cazeneuve prétend avoir donné de la voix devant ses homologues européens, la belle affaire.
Pour l'instant, nous restons prisonniers du mythe des frontières extérieures. M. Cazeneuve nous dit avoir fermé deux lieux de culte. Il en reste 98 répertoriés comme foyer de haine religieuse. M. Cazeneuve s'est glorifié, car il n'est pas très modeste. de 2 000 perquisitions, lorsqu'il y a entre 11 000 et 20 000 fichiers S. On n'arrive pas à savoir ce que les uns disent 11 000, les autres 20 000. Et que l'État, les collectivités locales, les sociétés de transport public, les sociétés de sécurité privée sont infiltrées de djihadistes potentiels dont rien ne dit qu'ils ne passeront pas à l'acte avec les moyens mis à leur disposition par la puissance publique.
L'information comme quoi sur des avions avait été retrouvée au niveau des clapets d'essence des inscriptions dont un certain nombre, Allah Akbar, n'a semble-t-il inquiété personne, ou pas assez. Mais surtout, M. Cazeneuve croit apparaître comme un homme sérieux et efficace lorsqu'il annonce fièrement que les contrôles aux frontières auraient permis en 15 jours de refouler 1 000 personnes présentant un danger pour la sécurité. Ce chiffre ne fait que mettre en lumière, s'il en était encore besoin, sa triste incompétence, lui qui déclarait sur RTL le 14 septembre 2015 que le rétablissement aux frontières du pays était, je cite, « stupide ».
Puisque le ministre de l'Intérieur est dans les qualificatifs, comment nommer ce qui a permis aux terroristes migrants, aux fichiers S, et même à des personnes sous contrôle judiciaire de circuler librement dans toute l'Europe, d'aller et venir, acheter sans contrôle des détonateurs sur le marché français pour pénétrer, perpétrer leur tuerie en plein Paris.
Si l'on reprend la statistique dont se vante Bernard Cazeneuve, selon laquelle 1 000 personnes présentant un danger auraient été refoulées en 15 jours, on peut penser que depuis les attentats de Charlie, il y a 10 mois, le 7 janvier 2015, ce sont donc 20 000 de ces personnes présentant un danger qui sont entrées, se sont installées ou ont transité en France. Je vais vous dire, cette lecture appropriée de sa statistique devrait le conduire quand même à moins d'arrogance. À ce stade de négligence, à ce stade d'incompétence, il est au moins possible de parler de responsabilité de nos gouvernants et peut-être même compte tenu de l'ampleur des manquements d'une forme, oui, de culpabilité.
Lorsqu'un gouvernement savait et n'a rien fait, lorsqu'un gouvernement savait et a dissimulé son abstention coupable en faisant croire qu'il faisait, lorsqu'un gouvernement savait et a aggravé la menace avec des décisions irresponsables dictées par son aveuglement idéologique, alors c'est vrai, ce gouvernement est peut-être un peu plus que seulement responsable. En toute logique, je vous ai entendu tout à l'heure, si nos dirigeants avaient, mais en sont-ils capables, une attitude juste, ils tireraient d'eux-mêmes les conséquences de leurs échecs. Or, pour donner le change, à défaut d'être dans l'action et dans le résultat, ce gouvernement et ce président se confinent dans le symbole.
C'est sans crainte du paradoxe qu'ils exhortent les Français à brandir le drapeau national, à invoquer la nation, eux, qui appellent toujours à la logique post-nationale, comprenez, anti-national de Bruxelles. Nous, nous ne faisons partie, nous ne faisons pas partie de ceux, nous faisons, pardon, partie de ceux qui ne se sont jamais résignés. Eh oui, nous croyons à la nation. La nation, nous l'avons toujours clamée, est le seul échelon d'appartenance qui garantisse la sécurité d'un peuple, son épanouissement culturel ou même simplement son indépendance.
Nous, qui sommes viscéralement attachés à l'identité, nous savons que le sentiment d'appartenance est le plus fort, qu'il transcende toutes les constructions intellectuelles, artificielles et bannit les vérités désincarnées. Attaqués parce que français, nos compatriotes ont le réflexe de trouver refuge dans les plis du drapeau. Ce drapeau qui symbolise notre nation, notre unité, notre liberté. C'est ce même drapeau bleu, blanc, rouge que nos dirigeants méprisaient, dont ils avaient honte. Nous, nous l'avons ramassé dans le ruisseau et n'avons jamais cessé de le porter haut et fier comme nous le portons dans notre cœur.
Moi, je n'oublie pas, mes chers amis, ni vous d'ailleurs, ces mille et une fois où la classe politique détournait les yeux et accordait une impunité totale à ceux qui souillaient notre drapeau par des images, par des paroles ou par des chansons. Aujourd'hui, nous nous réjouissons sincèrement que les Français se le réapproprient collectivement et individuellement pour ce qu'il a toujours symbolisé à nos yeux, le symbole du pays, de la nation qui a fait de nous ce que nous sommes, mais aussi aujourd'hui le symbole d'une France rassemblée, réaffirmée dans ses valeurs, d'une France debout face à l'ennemi.
Notons aussi que, par un juste mais tragique retour de l'histoire, notre hymne national redevient dans le monde un champ de guerre contre l'oppression et l'obscurantisme. Ce rassemblement spontané de tous les Français, de toutes origines et de toutes sensibilités autour de nos couleurs nationales, sans haine, mais avec une grande détermination collective, est une formidable réaction de notre peuple qui, dans l'épreuve, doit faire notre fierté. Richelieu, le grand homme d'État, disait « Une politique, ça ne s'improvise pas, ça se médite. » C'est toute la logique d'État qu'il nous faut réorienter.
Le réarmement moral de la nation doit être entrepris de même que la restauration de l'autorité de l'État, de ses moyens d'action, le soutien sans faille à ses agents. Le cadre européen doit être renégocié, à commencer par le traité de Schengen pour un retour de nos frontières nationales. et des peines en matière pénale doivent retrouver une valeur et donc une application effective, tout particulièrement pour faits de terrorisme. Notre système carcéral doit être repensé.
L'immigration et les naturalisations doivent faire l'objet d'un moratoire immédiat en attendant une réforme du Code de la nationalité, l'abrogation de l'aide médicale d'État, une restriction du droit d'accès et d'asile sur notre territoire. J'attends toujours l'annonce par Manuel Valls de l'arrêt de l'accueil du nouveau migrant. Les territoires perdus de la République, les zones de non-droit, les jungles, les cités prises en otage par les mafias doivent être reconquises sans aucune exception par l'autorité républicaine. Les règles de la laïcité doivent être réaffirmées concrètement et doivent s'imposer à tous.
Un contrôle de l'égalité stricte doit porter sur les décisions des communes au regard de la loi de 1905 et sur les subventions culturelles ou communautaristes. Il convient à ce propos de destituer sans attendre tous les dirigeants actuels de la RATP qui ont pu croire facultatifs d'interdire les comportements discriminatoires envers les femmes au sein d'une entreprise publique. Les incriminations de guerre puisque nous sommes en guerre comme la trahison, l'intelligence avec l'ennemi et les sanctions qui vont avec notamment l'indignité nationale, la privation des droits y compris parentaux doivent être activées.
Les délinquants étrangers, les clandestins et les prêcheurs de haine doivent systématiquement être expulsés dans leur pays d'origine. L'éducation nationale ne doit pas être exclue de cet aggiornamento. Les événements, on le voit, appellent en réalité une grande réforme de l'État, de nos politiques, de nos institutions européennes, de notre diplomatie et même d'une façon de gouverner qui a vécu, qui n'est plus vraiment adaptée au nouveau monde dans lequel l'histoire nous a projetés. Parce que le temps de la gestion molle est révolu. La situation exige de nos dirigeants une vision, des décisions et des actions. Tout cela passe par une réhabilitation du politique.
Il n'y aura pas de changement sans changement des hommes. La réhabilitation du politique viendra avec des équipes nouvelles, des idées nouvelles, des pratiques nouvelles. Ce chemin, il revient en démocratie au peuple de l'indiquer, par son choix, par son vote. Les 6 et 13 décembre, les élections régionales, nous le sentons tous, peuvent être une pierre au socle de l'édifice qu'il nous faut construire. Dans notre grande région, c'est une équipe nouvelle qui m'accompagnera. Cette équipe est diverse, représentative et porteuse de compétences et d'enthousiasme. Je sais combien elle a hâte, de montrer ce qu'elle peut faire. Cette équipe présente aussi l'immense avantage d'être libre.
Elle ne dépend d'aucun groupe de pression, d'aucune féodalité politique, territoriale ou économique. Elle ne devra son élection qu'au peuple et ne sera donc comptable de ses actions que devant lui, c'est-à-dire devant chacun des citoyens de la région. La liberté d'action, mes amis, que nous donnent les citoyens est la garantie pour eux d'une gestion équitable, d'un traitement égal, de décision respectueuse des intérêts collectifs et individuels de tous. Nous n'arrivons pas avec l'idée ou plus exactement l'immaturité que nous prêtent parfois nos détracteurs d'une sorte de grand soir, brouillon, illusoire et irresponsable. Chacun dans notre équipe mesure pleinement la charge qui lui incombe.
Contrairement aux autres qui vivent les mandats en petits marquis poudrés, nous professons qu'un élu n'est pas élu pour lui-même mais pour les autres. Qu'un mandat donne plus de devoir que de droit, qu'une écharpe n'a pas pour objet de flatter les égaux mais de rappeler à celui qui la porte la charge que représente la confiance des électeurs. Nous sommes des nationaux et tout naturellement nous pensons que tous les Français d'où qu'ils viennent ont vocation à être associés à notre démarche, à nous rejoindre dans la réflexion et dans l'action. C'est le sens que nous avons donné à nos listes, que nous avons largement ouvert à tous les citoyens de tous horizons.
C'est le sens que nous donnerons à notre action à la tête de la région. Disons-le haut et fort. Nous allons rompre avec les anciennes pratiques de clientélisme et de clanisme dont nous avons eu un bel exemple ce matin. L'action publique n'est pas, ou plutôt, ne doit plus être l'action d'un clan mais celui de tous les hommes et femmes de bonne volonté qui souhaitent s'y associer. L'action publique doit intégrer en amont les vertus de l'intelligence collective, le devoir de l'écoute, la capacité de remise en cause sans lesquelles il ne peut y avoir de culture du respect et de l'efficacité. La gestion publique est d'abord une gestion éthique.
Nous entendons, mes amis, gérer la région avec sérénité, avec responsabilité, avec humilité. Il n'y aura pas de chasse aux sorcières, mais l'association des compétences, des idées et des énergies. Il y aura un examen attentif de toutes les politiques car les électeurs attendent de nous des réformes en profondeur. Celles qui le doivent seront revues ou abandonnées. Les autres seront améliorées, renforcées. D'autres actions nouvelles correspondant à des priorités régionales que nous sommes fixées seront instituées. Assez naturellement, la fusion des régions Picardier et Nord-Pas-de-Calais ouvre la voie à cette révision générale des politiques publiques. C'est un grand défi.
Mais c'est aussi un immense atout. Face à chaque situation, l'exécutif aura le choix entre plusieurs solutions. La solution adoptée par la région Nord-Pas-de-Calais, la solution adoptée par la région Picardie, la synthèse des deux, et bien j'en rajouterai une autre. La mise en place d'une solution nouvelle. Nous ne nous interdisons rien que l'inefficacité. Le seul objectif chiffré que nous nous soyons donnés est l'engagement de faire de la région à l'issue du mandat l'une des moins imposées de France. Alors, c'est vrai ? Aucune décision ne sera prise au hasard. Aucune action ne se mettra en place en vertu du laisser-faire ou du laisser-aller.
Aucun choix ne sera arbitraire ni laissé à l'humeur, comme c'est trop souvent le cas de certaines logiques administratives. l'improvisation. L'improvisation n'a pas sa place dans la gestion publique. Je souhaite que chaque action puisse être pensée, chaque décision puisse être expliquée. Nous voulons intégrer dans l'action publique la culture du résultat et le faire concrètement. Et c'est pourquoi je nommerai un vice-président chargé de l'évaluation des politiques publiques. Sortes de cours des comptes internes.
il aura pour mission par des audits, des études ou des auditions d'examiner le bilan-coût avantage de toute action menée, de toutes les subventions délivrées, de toutes les politiques décidées. La pertinence de gestion, c'est aussi faire en sorte que les centaines de millions de l'action régionale servent en premier lieu de levier économique pour la région. Nous favoriserons le patriotisme économique dans les marchés publics et développerons les filières favorisant les circuits courts au profit des producteurs et des entrepreneurs locaux. Ça, c'est véritablement le seul choix écologique.
Tous ceux qui imposent depuis des années leur vision du libre-échange total sont réunis à la COP21 pour déplorer les conséquences des causes qu'ils adorent. Parce qu'il n'y a pas d'action économique viable, de qualité de vie et même de vie tout court sans sécurité. Nous mettrons l'accent sur la sécurisation du territoire régional. Le retour à l'ordre public à Calais en exigeant de l'État l'application des lois républicaines. La sécurisation des transports avec la création d'une police régionale composée de fonctionnaires d'État que nous négocierons comme cela s'est fait en Ile-de-France à l'initiative du Front National. Je le rappelle.
La sécurisation des lycées en concertation avec les parents d'élèves et les proviseurs. Concertation, ouverture, rigueur de gestion, nous voulons aussi gérer avec imagination en favorisant la création. Le futur se construit aujourd'hui. Nous voulons inventer la région de demain, celle qui anticipera les grands champs de développement et de rayonnement de notre région. Nous nous appuierons sur nos atouts, à commencer par notre position centrale sur un marché de dizaines de millions d'habitants dans un rayon de 300 kilomètres.
Nous voulons valoriser notre façade maritime pour que cette ouverture sur le monde profite à l'activité de l'arrière-pays et de la région tout entière, alors que pour l'instant, tout ceci est tout de même en jachère. A cette fin, nous créerons une université des métiers de la mer et accompagnerons les solutions d'intermodalité autour des transports fluviaux. Dans le même esprit, pour faire de l'excellence française un axe de rayonnement national et international, nous ferons de la région la région phare des métiers d'art.
Le soutien à l'activité, à la recherche industrielle, hydrogène, plasturgie, à l'innovation agronomique, à la chimie du végétal sera complété par un appui des entreprises à l'export. En matière de création artistique, nous implanterons en concertation avec les communes des pépinières d'artistes qui seront des lieux de vie et de rayonnement culturel pour les créateurs de la région. Nous les affranchirons du diktat des circuits marchands. Nous serons pour eux les relations de ceux qui n'en ont pas. Vous le voyez, vous l'avez compris. Loin des caricatures, notre projet est solide, très solide.
Il est, comme disait le général de Gaulle, pour caractériser une bonne politique réaliste et réalisable. Notre projet n'a d'ailleurs pas suscité de critiques majeures de la part d'adversaires qui ne manquent pourtant pas d'imagination et parfois même de mauvaise foi pour instruire des procès contre nous. Nous la piquerons comme nos amis Brioua et Brifo mettent en œuvre le leur dans leur commune avec un assentiment populaire dont les dernières élections ont largement témoigné. Oui, vous pouvez les féliciter, je crois.
Cette élection régionale, mesdames et messieurs, peut être un tournant pour la région, bien sûr, qui doit connaître une alternance tant espérée, mais surtout une alternance si nécessaire. Je vous invite à battre le rappel. Dans les cinq ultimes jours qui nous séparent du premier tour, c'est le 6 décembre, c'est au soir du premier tour que se créera la dynamique de la victoire. Aucune élection n'est gagnée d'avance. Aucune voix ne doit manquer. Nous vivons, mes amis, des moments particuliers pour notre pays où nous sentons bien que rien n'est plus comme avant.
Où nous sentons bien que la gravité doit définitivement l'emporter sur la frivolité politique et le sens du devoir sur les basses combinaisons. Ces basses combinaisons de fusion entre l'IS, UMP et PS qui transpirent de partout et visent à trahir les électeurs avant même qu'ils aient voté. Je les plains de ces électeurs de droite et de gauche qui seront les dindons de la farce entre les deux tours. Vous qui êtes présents ce soir et qui avez donc choisi d'être à l'avant-garde de ce combat, je vous invite à diffuser autour de vous et partout ce message de mobilisation mais aussi de transparence et de droiture. Il y a peu de régions plus françaises dans son âme, dans son histoire que la nôtre.
Cette terre qui a vu tant de sang français couler, qui a tant donné pour le pays, pour sa puissance, pour son rayonnement, cette terre qui recèle des trésors inouïs, de courage, de dévouement et de force est appelée une nouvelle fois à être en première ligne dans le combat pour la nation. Comment ne pas se souvenir que lorsqu'en 2007 le Front National a failli disparaître, ce sont déjà les gens du Nord à Hénabomont qui seuls contre tous ont gardé intacte entre leurs mains la petite flamme qui vacillait. Ils ont ainsi tenu intacte l'espoir de tout un peuple, cet espoir qui nous guide aujourd'hui.
Je crois que de cette terre féconde et noble qui est la vôtre, qui est la nôtre, peut naître le sursaut national, celui qui rendra à notre cher pays ses libertés, sa fierté et finalement sa grandeur. La reconquête commence ici. Les 6 et 13 décembre, je vous invite à porter haut nos couleurs, nos couleurs nationales, le bleu, le blanc et le rouge comme les couleurs de notre belle et grande région
en avant pour la victoire.
Marine Le Pen