Aller au contenu
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 31 août 2026 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesRetraitesAgriculture & alimentationImmigration & asile

Valérie Pécresse dans le 8h30 franceinfo

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 30 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous Valérie Pécresse, vous appelez la droite à être constructive et à trouver un accord avec le gouvernement pour adopter un budget ?

  • 2:25OuverteRéponse partielle

    Vous êtes d'accord avec le Premier ministre quand il dit que ce sera une situation gravissime en l'absence de budget ?

  • 2:46RelanceRéponse directe

    Et le communisme promet un plan de soutien aux agriculteurs.

  • 4:10OuverteRéponse directe

    Quel choix, par exemple, sur les retraites ?

  • 4:40FerméeRéponse directe

    Pour être claire, vous dites non, on ne désindexe pas.

  • 5:15OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on décide de désindexer les retraites, par exemple, supérieures à 2 000 ou 3 000 euros par mois ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49Invité politiqueFait
    « Croissance en berne, chômage en hausse, taux d'intérêt très élevé, une dette qui ne cesse de s'accroître par le simple jeu des taux d'intérêt. »
  • 1:02Invité politiqueFait
    « Il faut rassurer les investisseurs, les marchés financiers, le monde économique. »
  • 1:48Invité politiqueFait
    « L'annulation de la dette, c'est un miroir aux alouettes, parce que dès que la France va commencer à dire aux institutions internationales que nous voulons la restructure, sur notre dette, le message qu'on envoie, c'est que la France ne peut pas rembourser. »
  • 3:06Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, la situation de toutes les filières agricoles est dramatique. »
  • 3:13Invité politiqueFait
    « On est dans une situation où, vous l'avez bien compris, les coûts augmentent, les prix sont très bas. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Et on a des rendements avec la sécheresse qui sont divisés par deux, peut-être même par plus de deux. »
  • 4:50Invité politiqueFait
    « Si on n'équilibre pas les retraites en travaillant plus longtemps, eh bien, on ne pourra plus les payer. »
  • 5:24Invité politiqueFait
    « Mais moi, je ne suis pas favorable à ce que l'effort porte uniquement sur les retraités. »
  • 6:31Invité politiqueFait
    « Dans ce débat sur la présidentielle, on ne parle que d'impôts supplémentaires. Que d'impôts supplémentaires. »
  • 6:50Invité politiqueFait
    « La vérité, c'est que ce travail, alors vous allez me dire, c'est un petit budget par rapport au budget de l'État, bien sûr, mais on l'a fait à la région. »
  • 7:14Invité politiqueFait
    « Donc moi, je crois, malheureusement, et c'est vraiment pour moi un pis aller, mais je pense qu'en année présidentielle, étant donné qu'on sera incapable de faire des vraies réformes structurelles, de dire « je ferme telle agence » ou « j'arrête telle compétence », ou « je décentralise », on sera incapable de dire ça parce qu'il n'y aura pas de majorité. »
  • 9:43Invité politiqueFait
    « Vous parlez à quelqu'un qui a douloureusement vécu une défaite majeure en 2022. »
  • 16:00Invité politiqueFait
    « Moi, j'ai eu le courage de dire la vérité aux Français. »
  • 16:50Invité politiquePromesse
    « On ira progressivement jusqu'à 65 ans. »

Temps de parole

  • Valérie Pécresse67 %
  • Présentateur15 %
  • Locuteur 512 %
  • Locuteur 44 %

≈ 4,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Agathe. Bonjour Simon. Je suis très heureux de faire équipe avec vous pour cette saison de 8.30. Et moi donc. Et bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous pour ce tout premier 8.30 de la saison. La campagne présidentielle, on l'a vu, ces derniers jours, a bel et bien commencé. Même si on va en parler, on a un peu de mal à s'y retrouver dans cette foule de candidats. Les candidats qui commencent malgré tout à dévoiler leurs propositions concrètes, Sébastien Lecornu, lui, les avertit. Il leur dit en substance et à toute la classe politique, l'urgence c'est le budget. Votons un budget, ne perturbez pas le travail du gouvernement.

Est-ce que vous Valérie Pécresse, vous appelez la droite à être constructive et à trouver un accord avec le gouvernement pour adopter un budget ?

0:42
Valérie Pécresse

Alors bien sûr, pas n'importe quel accord, mais oui, il faut un budget à la France. Il faut un budget à la France parce que vous avez bien vu la situation. Croissance en berne, chômage en hausse, taux d'intérêt très élevé, une dette qui ne cesse de s'accroître par le simple jeu des taux d'intérêt. Donc oui, il faut un budget à la France pour deux raisons. D'abord, la première, c'est qu'il faut rassurer les investisseurs, les marchés financiers, le monde économique.

1:09
Présentateur

On voit que la note de la France reste stable pour l'instant.

1:11
Valérie Pécresse

Oui, mais avoir un budget, c'est avoir une stabilité, c'est avoir une prévisibilité fiscale, financière, donc c'est important pour rassurer. Et puis la deuxième raison, c'est parce qu'il va y avoir des urgences à financer et que si on n'a pas de budget, on sera obligé de faire les mêmes dépenses que l'année dernière. Or, aujourd'hui, la situation est radicalement différente.

1:30
Locuteur 5

Il y a quand même deux visions qui s'opposent, Valérie Pérez, parce que d'un côté, il y a ceux comme vous qui disent qu'il y a des urgences à financer, il y a la situation catastrophique des comptes publics. De l'autre, on a aussi Jean-Luc Mélenchon, LFI, le banquier d'affaires Mathieu Pigasse, qui disent qu'il suffit d'annuler une partie de la dette. Alors, l'annulation...

1:47
Valérie Pécresse

Qui ment aux Français ? L'annulation de la dette, c'est un miroir aux alouettes, parce que dès que la France va commencer à dire aux institutions internationales que nous voulons la restructure, sur notre dette, le message qu'on envoie, c'est que la France ne peut pas rembourser. Et donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la France est un mauvais payeur. Ça veut dire que la France est en crise majeure. Et rien que ce message-là, si on l'envoie au marché financier, on va avoir une hausse des taux d'intérêt. On va avoir les investisseurs qui ne vont plus vouloir prêter. Et qu'est-ce qui va se passer ? Eh bien, les Français ne pourront plus emprunter.

Les entreprises ne pourront plus investir. Est-ce que c'est un tableau apocalyptique ?

2:25
Présentateur

Vous êtes d'accord avec le Premier ministre quand il dit que ce sera une situation gravissime en l'absence de budget ? Pourtant, vous l'avez dit, il y aura une loi d'urgence. Les dépenses de l'année dernière seront reconduites.

2:35
Valérie Pécresse

Je voulais vous parler des urgences à financer en 2027. Des mesures qu'on va devoir prendre, qui nécessitent qu'on fasse des économies ailleurs. Et donc, on ait un budget. Je pense notamment à les agriculteurs. Ça, c'est l'urgence pour vous, la situation des agriculteurs aujourd'hui ? C'est une situation d'extrême urgence. Et je le dis avec énormément de gravité parce que j'ai passé mon été en Corrèze, donc dans le limousin. Mais j'ai aussi passé mon week-end à dialoguer avec les agriculteurs d'Île-de-France. Aujourd'hui, la situation de toutes les filières agricoles est dramatique. On est dans une situation où, vous l'avez bien compris, les coûts augmentent, les prix sont très bas.

Et on a des rendements avec la sécheresse qui sont divisés par deux, peut-être même par plus de deux. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nous risquons d'avoir, dans l'agriculture française, des milliers d'exploitations en cessation de paiements cette année.

3:25
Locuteur 5

Et le communisme promet un plan de soutien aux agriculteurs.

3:29
Valérie Pécresse

Oui, mais ça veut dire qu'il va falloir dégager des moyens très conséquents pour ça. Ça veut dire qu'il va falloir se mobiliser pour que le budget agricole européen, la PAC, soit un combat mené par toute la France en 2027. Ça veut dire qu'il va falloir aussi qu'on se pose sans tabou la question des retenues d'eau. Donc, tout ça, c'est beaucoup d'argent. Donc, oui, il faudra de l'argent parce qu'on a laissé se désindustrialiser la France. On ne peut pas laisser aujourd'hui la Ferme France en faillite. Et je pense surtout aux jeunes agriculteurs. Vous savez, ça fait deux, trois ans que les années sont mauvaises. Donc, on peut avoir des vrais drames humains dans notre agriculture.

Et c'est pour ça qu'il faut un budget. Parce qu'un budget, c'est des choix financiers.

4:10
Présentateur

Alors, quel choix, par exemple, sur les retraites ? Les pensions de retraite, ce sera sans aucun doute l'un des sujets les plus âprements débattus. Est-ce qu'il faut désindexer les retraites les plus élevées de l'inflation ?

4:22
Valérie Pécresse

Là aussi, c'est intéressant. La désindexation des retraites, c'est la conséquence scandaleuse, scandaleuse, du chantage qu'ont mené l'année dernière l'ERN et la gauche, toute la gauche, du PS jusqu'à la LFI, pour suspendre la réforme des retraites.

4:40
Présentateur

Pour être claire, vous dites non, on ne désindexe pas.

4:43
Valérie Pécresse

Ce que je dis, c'est que c'était totalement prévisible. Si on n'équilibre pas les retraites en travaillant plus longtemps, eh bien, on ne pourra plus les payer. Et on est en train de rompre un pacte, et c'est scandaleux, on est en train de rompre un pacte avec les retraités qui ont travaillé toute leur vie, qui ont cotisé toute leur vie, et on va leur désindexer les retraites.

5:06
Locuteur 5

On est dans cette situation, Valérie Pécresse, aujourd'hui. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on décide de désindexer les retraites, par exemple, supérieures à 2 000 ou 3 000 euros par mois ? Pour quelqu'un qui a une retraite de 3 000 euros, ça représente une baisse de 60 euros. Ça vous choque ? Ou vous dites que c'est une question de solidarité entre les générations aussi ?

5:24
Valérie Pécresse

Mais moi, je ne suis pas favorable à ce que l'effort porte uniquement sur les retraités. En matière de retraite, on est, vous l'avez dit, dans un régime de solidarité. Si on est dans un régime de solidarité, ça veut dire que s'il faut, parce que financièrement, c'est obligatoire, demander un effort à certains retraités plus aisés, il faut aussi que les actifs prennent leur part de l'effort. Aujourd'hui, on est en train de trahir un pacte qui a été passé avec les retraités. Pas toujours retraités. Ce n'est pas pour ça, c'est parce qu'ils ont travaillé toute leur vie, ils ont cotisé toute leur vie, ils ont payé toute leur vie. Et eux, ils n'étaient pas aux 35 heures, je le rappelle.

Et donc, on a aujourd'hui besoin que les actifs aussi prennent leur part de l'effort. Et ça ne peut pas être des cotisations sociales supplémentaires, puisque là, pour le coup, moi, je suis pour qu'on baisse les impôts sur le travail. C'est ça qui doit être notre priorité et la priorité de la présidentielle.

6:17
Présentateur

Est-ce que les grandes entreprises doivent continuer à contribuer davantage ? Est-ce qu'il faut reconduire la surtaxe sur leurs bénéfices ?

6:25
Valérie Pécresse

Mais vous voyez bien, alors là, c'est extraordinaire. Dans ce débat sur la présidentielle, on ne parle que d'impôts supplémentaires. Que d'impôts supplémentaires. Mais il y a quelqu'un qui a compris qu'on était trop taxés en France aujourd'hui et qu'on payait trop d'impôts.

6:37
Présentateur

Il faut bien des recettes.

6:39
Valérie Pécresse

Mais non, il faut baisser les dépenses. C'est un tabou total pour vous, à France Info, d'entendre le mot « baisse des dépenses ».

6:45
Locuteur 5

Mais qu'est-ce que vous proposez concrètement, Valérie Pécresse ? Si vous étiez au pouvoir, quelles dépenses vous baisseriez en premier ?

6:50
Valérie Pécresse

La vérité, c'est que ce travail, alors vous allez me dire, c'est un petit budget par rapport au budget de l'État, bien sûr, mais on l'a fait à la région. Ce qu'il faut, c'est prendre les dépenses les plus efficaces et les garder, et prendre les dépenses moins efficaces et les arrêter. Ce travail-là, il est très difficile à faire en année présidentielle. Très difficile, parce que chaque dépense aura un défenseur. Donc ça va être très difficile.

Donc moi, je crois, malheureusement, et c'est vraiment pour moi un pis aller, mais je pense qu'en année présidentielle, étant donné qu'on sera incapable de faire des vraies réformes structurelles, de dire « je ferme telle agence » ou « j'arrête telle compétence », ou « je décentralise », on sera incapable de dire ça parce qu'il n'y aura pas de majorité. Donc comme on va être incapable, moi je crois que malheureusement, le pis aller, c'est l'année blanche. Et je pense que l'année blanche, ça doit être une situation qui doit être envisagée, une piste qui doit être explorée.

L'année blanche, c'est qu'on garde les dépenses au niveau de l'année dernière, ce qui permet de dégager une marge de manœuvre, puisqu'on a une croissance des recettes, qui est mécanique chaque année. On prend la marge de manœuvre de 2027, et cette marge de manœuvre, on la met sur les sujets prioritaires. J'ai parlé de l'agriculture, sans doute aussi la défense, puisqu'il y a des investissements à financer en matière de défense. Il y a des budgets qui seront prioritaires cette année.

8:08
Locuteur 5

Valérie Pécresse, il y a les sujets de court terme, on en parle. On va parler tout à l'heure des questions plus structurelles, qui s'invitent dans le débat à l'approche de l'élection. Mais d'abord, question simple, Valérie Pécresse, qui soutenez-vous dans cette campagne ?

8:22
Valérie Pécresse

Moi, je veux que la droite arrive au pouvoir, je veux que les solutions de la droite soient mises en œuvre pour le pays, parce qu'il faut redresser la France, et parce que je suis persuadée que nous avons les bonnes solutions. Alors, je vais vous expliquer pourquoi...

8:35
Locuteur 5

Vous demandez qui vous souteniez ? Vous ne me répondez pas Bruno Retailleau, qui est le candidat investi par Allaire, qui est le vote particulier.

8:42
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, ma famille politique, Les Républicains, a un candidat légitimement désigné. C'est Bruno Retailleau. Il représente des idées qui sont en grande partie les miennes, que ce soit sur l'immigration, que ce soit sur l'économie.

8:57
Présentateur

On a vu soutien plus enthousiaste.

8:59
Valérie Pécresse

Non, non, pas du tout. Ce que je veux dire, et je l'ai toujours dit, c'est que je lis un candidat de ma famille politique, mais il y a plusieurs candidats de la droite et du centre. Et à la fin de la fin, et je l'ai toujours dit, je le répète, il n'en faudra qu'un seul. Vous savez, vous êtes en train de parler... Vous distribuez des bons points à Edouard Philippe, mais vous ne le soutenez pas.

9:17
Locuteur 5

Vous ne voulez pas insulter l'avenir, Valérie Pécresse ? Agathe Lombret, pas du tout, pas du tout, pas du tout. On voit que vous ne vous positionnez pas très franchement. Je vais vous expliquer. Vous ne dites pas franchement que vous soutenez Bruno Retailleau, mais vous ne dites pas non plus que je ne soutiens pas à Edouard Philippe.

9:28
Valérie Pécresse

La droite est devant une responsabilité historique. Historique. Parce que la fragmentation, c'est l'élimination. La fragmentation, c'est l'élimination.

9:40
Locuteur 5

Et vous connaissez ça, vous avez été candidate.

9:42
Valérie Pécresse

Exactement. Vous parlez à quelqu'un qui a douloureusement vécu une défaite majeure en 2022. Mais moi, j'ai appris de cette défaite. Et je veux que les enseignements de cette défaite, ils soient connus et ils soient utilisés par la droite. Parce que ce qui risque de nous arriver... Souvenez-vous, Lionel Jospin, 11 avril 2002, élimination du deuxième tour. Donc le sujet aujourd'hui, c'est que oui, on est dans l'heure des projets. On a des candidats qui légitimement représentent des sensibilités de la droite. Ils sont légitimes à proposer leurs projets. Il y a une logique aussi d'incarnation. Mais à un moment, il faudra qu'on se rassemble. Et moi, j'ai deux obsessions...

10:22
Présentateur

Comment la droite peut se rassembler ? Simplement, Valérie Précresse, je voulais vous faire écouter ce que dit Édouard Philippe. Vous répondrez aussi à ce que dit l'autre candidat. On a parlé de Bruno Retailleau. Il y a Édouard Philippe, vous ne vous positionnez pas entre les deux. Lui dit, pour faire le rassemblement, il faut un grand parti en vue des législatives. Vous déformez ce que je dis.

10:38
Valérie Pécresse

Je viens de dire que ma famille politique avait un candidat qui était Bruno Retailleau et que je me retrouvais dans ses propositions. Je dis simplement qu'à la fin des fins, quand les candidats auront présenté leur projet, et quand ils auront fait leur chemin, à la fin de la fin, il faudra qu'on se rassemble. Et je le redis, je le redis. Éparpillement égal élimination. Et ce qui m'inquiète, et c'est pour ça que j'essaye de trouver ce qui nous rassemble et de mettre l'accent sur ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise, je ne veux pas que se creuse dans cette pré-campagne un fossé complètement irréconciliable entre plusieurs sensibilités de la droite.

11:14
Présentateur

On l'a compris, et justement, écoutez, Édouard Philippe parlait rassemblement. Il était hier à Tourcoing, dans le fief de Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, qui lui apporte son soutien.

11:22
Locuteur 1

Jamais, jamais, quand ils sont divisés, la droite et le centre ne l'emportent. Il s'agit de construire le contrat de gouvernement, ou le nouveau parti, ou la nouvelle confédération de partis, qui permettra à tous ceux qui veulent unir leurs forces au service du pays de gouverner ensemble. Nouvelle majorité à construire, cela impliquera de désigner des candidats uniques dans chaque circonscription.

11:45
Présentateur

Vous dites Banco, un grand parti, on refait l'UMP ?

11:49
Valérie Pécresse

Ce ne sera pas l'UMP, parce qu'on n'est plus du tout au temps de l'UMP, et ce n'est plus du tout la même situation politique. Mais en revanche, là où Édouard Philippe a raison, c'est qu'il ne faut pas se projeter uniquement dans la présidentielle. Il faut une majorité. Confère Macron 2022. Il ne suffit pas de gagner la présidentielle, encore faut-il avoir une majorité solide et loyale pour gouverner derrière. Et donc c'est logique que les candidats à la présidentielle s'en préoccupent. Et effectivement, c'est logique le jour venu, le jour où la droite et le centre auront un candidat désigné, qu'ensemble, ils désignent les candidats.

12:26
Locuteur 5

Et créer un nouveau parti, comme le suggère Édouard Philippe, comme le propose Édouard Philippe aujourd'hui.

12:30
Valérie Pécresse

En tout cas, donner une investiture unique, ça c'est certain.

12:33
Présentateur

On va parler des grands sujets qui font la campagne présidentielle qui débute, Valérie Técresse, dans un instant. Juste après l'info, en une minute, je regarde l'heure, 8h47. Et c'est avec Maureen Suignard.

12:46
Locuteur 4

Ils ont un jour d'avance sur les élèves. Les enseignants font leur pré-rentrée aujourd'hui. Ils sont un peu plus de 850 000. Dans certaines académies, cela se fait en mode dégradé, sans certains outils numériques. Mesure de précaution après une vaste cyberattaque, des milliers de données d'élèves et d'enseignants ont été dérobés. Ces derniers jours, l'administration Trump semblait privilégier la pression économique sur l'Iran. Mais l'armée américaine a de nouveau frappé le pays ces dernières heures. Les Etats-Unis affirment que l'Iran se préparait à projeter des mines marines dans le détroit d'Hormuz. Téhéran a ensuite répliqué en visant des cibles américaines en Jordanie et aux Émirats.

Ils sont en garde à vue un capitaine de navire et l'ensemble de l'équipage d'un ferry qui a fait naufrage au large des côtes de Chypre hier. Au moins 8 personnes sont mortes et 17 sont portées disparues. Les causes du naufrage sont incertaines. Des passagers disent avoir entendu une explosion et affirment qu'il manquait aussi des gilets de sauvetage. Et puis une soirée difficile pour l'OM. Les Marseillais se sont inclinés 2 buts à 0 hier en clôture de la deuxième journée de Ligue 1. C'est Monaco qui s'est imposé et qui devient leader du championnat.

13:51
Locuteur 5

France Info Avec Valérie Pécresse, présidente libre et LR de la région Île-de-France. Vous appelez au rassemblement de la droite et du centre. Vous plaidiez pour une primaire il y a quelques mois pour départager tous les candidats. D'autres voix à droite plaident toujours en ce sens. Aujourd'hui, quelle est votre position ? Est-ce que vous y avez renoncé ou pas du tout ?

14:18
Valérie Pécresse

Moi, j'étais favorable à la primaire parce que ça me permettait que chacun exprime ses points de vue. Mais une primaire, pour être réussie, il faut deux conditions. Il faut d'abord que tout le monde accepte d'y participer. Et il faut qu'elle ait lieu suffisamment tôt pour permettre de recoller les morceaux. Et croyez-moi, j'ai énormément souffert en 2022 du fait que la primaire se soit tenue en décembre et qu'on ait eu finalement que trois mois de campagne avec tout le monde qui n'arrivait pas à... qui tirait à eu et à dire. Donc le sujet, c'est qu'à mon avis, aucune de ces deux conditions aujourd'hui n'est réunie. Donc c'est la primaire sauvage, Valérie Pécresse ?

On attend de voir qui s'impose dans les sondages ? Oui, mais la primaire, en fait, c'est une chimère parce que les candidats n'en veulent pas, une bonne partie. Et puis parce qu'il est trop tard aujourd'hui pour l'organiser de manière sereine.

15:01
Locuteur 5

Mais est-ce que vous dites à Bruno Retailleau « Allez, on arrête les frais. Il est autour de 6 à 9 % dans les sondages. Édouard Philippe est quand même nettement devant. Vous lui dites « Il est temps de se retirer. »

15:12
Valérie Pécresse

Ce n'est pas du tout ce que je dis. Ce n'est pas du tout ce que je dis. Ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, il a un message à porter. Celui d'une droite républicaine, il a un message à porter qui est fort. On le voit sur des sujets comme celui, notamment de l'immigration, mais aussi celui de la sécurité. On le voit sur un certain nombre de sujets comme l'école. Donc oui, il a des propositions à porter. Il a une incarnation. Et puis, il a sa chance à tenter. Voilà.

15:35
Présentateur

Il y a la façon de déterminer le candidat de la droite et du centre. Et puis, il y a les grands sujets qui intéressent les Français dans leur vie quotidienne. Par exemple, au premier chef, encore une fois, les retraites. Qu'est-ce que vous dites ? Est-ce que vous dites « On voit que les candidats commencent à se positionner. » Bruno Retailleau ne lui n'a pas dit encore jusqu'à quel âge il faudrait travailler. Édouard Philippe non plus. Il dit juste qu'il faudrait travailler plus. Est-ce que vous, vous dites 65 ans comme vous le disiez en 2022 ?

16:00
Valérie Pécresse

Écoutez, moi, j'ai eu le courage de dire la vérité aux Français. C'était votre slogan ? Bah oui.

16:05
Locuteur 5

Courage de dire.

16:06
Valérie Pécresse

Non, non, mais à un moment donné, j'entends quand même tellement de démagogie aujourd'hui. Je dis aux Français, regardez ce qui s'est passé en Angleterre au moment du Brexit. Regardez comment les populistes ont trompé les Anglais. Et regardez la situation de l'Angleterre aujourd'hui. Il ne faut pas écouter les démagogues. Aujourd'hui, c'est simple. On va vivre plus longtemps en bonne santé. Il faut travailler plus longtemps si on veut avoir une retraite garantie. C'est mathématique.

16:34
Présentateur

Est-ce que l'âge est la question centrale ?

16:36
Valérie Pécresse

La France ne peut pas avoir raison contre le reste du monde. Le reste de l'Europe est à 65 ans aujourd'hui. En France, on a une espérance de vie en bonne santé qui est aussi, voire meilleure que les pays qui nous entourent. On a un équilibre démographique à trouver. Donc, on ira progressivement jusqu'à 65 ans. Il faut le dire. Il faut surtout le faire.

16:55
Locuteur 5

Donc, il manque de courage, Édouard Philippe et Bruno Rotaillon ?

16:57
Valérie Pécresse

Il manque de courage, Valérie Pécresse ? Non, non, mais je propose même autre chose. Mais vous ne répondez pas. Attendez, je n'ai pas fini. Je ne suis pas là pour donner des bons points et des mauvais points à tout le monde. Je suis là pour vous dire ce que je pense. Vous avez fait des compliments à Édouard Philippe sur l'immigration. Vous pouvez dire que sur les retraites, il doit faire un effort. Je suis là pour dire ce que je pense. Sur les retraites, la bonne solution, vous allez être contente, c'est celle qui est prenait par Bruno Rotaillon, qui est de dire arrêtons de nous mettre la rate au courbouillon tous les 3, 4, 5 ans.

Il faut juste faire ce qu'une bonne partie des pays de l'OCDE font, indexer l'âge de départ automatiquement sur l'espérance de vie en bonne santé. C'est-à-dire que si cette espérance augmente, on augmente en proportion l'âge de départ. Et l'intérêt de faire ça...

17:40
Présentateur

Tout le monde, parce qu'il y a, encore une fois, des métiers pénibles dans lesquels l'espérance de vie n'augmente pas, ou pas aussi vite que pour le reste de la population.

17:48
Valérie Pécresse

Mais vous avez raison, sinon le baron, vous avez raison, mais pour pouvoir tenir compte de la pénibilité, pour pouvoir avoir une politique sociale, encore faut-il équilibrer les comptes. Si les comptes sont équilibrés, alors on peut faire des mesures sociales, alors on peut tenir compte des plus fragiles. On ne peut pas tenir compte des plus fragiles quand les comptes ne sont pas globalement équilibrés. Et indexer l'âge de départ sur l'espérance de vie, c'est ce que propose Bruno Rotaillon. Il faut l'indexer chaque fois.

Et arrêter de faire des grands messes, des grandes manifestations, tous les trois ans, parce qu'il faut prendre des décisions difficiles que les gouvernements n'assument pas de prendre.

18:19
Locuteur 5

Valérie Pécresse, un autre sujet qui fait débat, le port du voile, c'est le Rassemblement National qui remet ce sujet sur la table. Alors ça fait depuis des années que c'est au programme du RN, mais le RN confirme que ce sera bien, dans son programme, l'interdiction du port du voile dans l'espace public. C'est-à-dire qu'une femme qui portera le voile dans l'espace public pourra écoper d'une amende. Est-ce que vous êtes favorable à cette mesure ?

18:43
Valérie Pécresse

Non, je n'y suis pas favorable. Je n'y suis pas favorable, ça ne correspond pas à ma conception des choses. Pour moi, le voile n'est pas un vêtement comme les autres, c'est un signe religieux, c'est un signe de soumission de la femme. Donc il faut protéger les fillettes, à l'école, dans le sport, leur donner les moyens de s'émanciper, de faire leur libre choix. Et par ailleurs, il faut une neutralité absolue des services publics, parce que c'est le visage de la République. J'ai été une militante de l'interdiction de la burqa. Je rappelle qu'à l'époque, d'ailleurs, Jean-Marie Le Pen n'était pas favorable à l'interdiction de la burqa. Voilà, donc ça permet de montrer que le RN...

L'évolution du parti. Voilà, le RN change souvent d'avis. Mais en tout cas, pour moi, une femme adulte est libre de croire ou de ne pas croire à la religion de son choix. Et d'ailleurs, j'ajoute que cette proposition, elle est démagogique et impraticale. Ils le savent très bien.

19:35
Présentateur

Est-ce que vous appelez vos collègues de droite, justement, puisque vous dites que ce débat est nul et non avenu, à faire attention à ne pas entrer dans ce type de débat et de polémique ?

19:44
Valérie Pécresse

Non, mais attendez. L'émancipation des filles et le libre choix des femmes est très important pour moi.

19:50
Présentateur

Vous voyez bien ce que cherche à faire le RN, c'est-à-dire à faire réagir sur des propositions chocs, alors que vous le dites.

19:55
Valérie Pécresse

Je me souviens surtout du malaise croissant de Marine Le Pen lors du débat du deuxième tour contre Emmanuel Macron, où, acculée, elle a dit « On ne pourrait pas parler d'un autre sujet, s'il vous plaît ». Alors, excusez-moi, ça montrait qu'elle voyait bien que cette proposition était à la fois démagogique et impraticale.

20:12
Locuteur 5

Valérie Pécresse, il y a un scénario catastrophe pour les macronistes et pour la droite. Certains sondages donnent Jean-Luc Mélenchon aux portes d'un duel avec Marine Le Pen. Si ce duel avait lieu, Marine Le Pen face à Jean-Luc Mélenchon, pour qui voteriez-vous ?

20:26
Valérie Pécresse

« Mais moi, je ne veux pas de ce duel, je vais tout faire pour qu'il n'ait pas lieu et il n'aura pas lieu, Mme Lambret. »

20:32
Locuteur 5

Est-ce que vous placez LFI sur le même plan que le RN ? Parce que certains peuvent dire philosophiquement, historiquement, politiquement, « Je ne les place pas sur le même plan, je ne les envoie pas de l'année. »

20:41
Valérie Pécresse

Moi, je suis dans la lutte totale et résolue contre tous les extrêmes et le RN est à l'extrême droite, qu'il le veuille ou qu'il ne le veuille pas. C'est le cas. Et voilà. Et pour moi, ce sera toujours le cas. Donc, il n'y a pas de signes égales ? J'ai commencé la politique avec Jacques Chirac et ce ne sera certainement pas pour donner un blanc-seing à Mme Le Pen.

20:59
Locuteur 5

Ce n'est pas un parti de collabos avec les ennemis de la France, avec l'islamisme LFI ? C'est ce que dit Bruno Rotaillot, qui est le candidat de votre famille politique ?

21:07
Valérie Pécresse

Ce qui est certain, c'est que Jean-Luc Mélenchon, et on le voit, on le voit notamment, moi, je le vois dans ma région, l'Île-de-France, est un parti qui cultive le communautarisme et qui, en faisant cela, peut détruire la cohésion nationale.

21:24
Présentateur

Mais vous ne reprenez pas les mots de Bruno Rotaillot, le candidat officiel de votre parti, on l'entend bien. Question Valérie Pécresse sur un parc d'attraction.

21:32
Valérie Pécresse

Je le dis avec mes mots, mais je ne dis pas grand-chose de différent.

21:34
Présentateur

Oui. Sur le fond, mais les mots ont une importance. Il parle de collabos, ce qui renvoie à une histoire aussi. Valérie Pécresse, un mot sur un parc d'attraction, Dragon Ball, qui doit se créer. En tout cas, vous en êtes réjouis récemment, près de Paris, du côté de Sergi Pontoise, je crois. C'est un projet d'investissement saoudien. Vous l'avez annoncé, vous avez dit que c'était acté. Sauf que d'après le journal Le Monde, c'est plus compliqué que ça, puisque les ayants droit du célèbre manga japonais, donc Dragon Ball, n'auraient pas encore donné leur accord et ce serait loin d'être gagné. Alors, qu'en est-il ?

22:09
Valérie Pécresse

Alors, le projet, en fait, dans sa phase opérationnelle, il commence maintenant. Il fallait déjà qu'on ait un, j'allais dire, un accord des investisseurs pour commencer à construire le projet. Donc, ce projet, on va commencer à le construire, y compris en concertation avec les élus locaux du territoire, parce que c'est un projet, d'abord sur plusieurs années, et c'est un projet sur lequel il faut être très vigilant. Vous savez que la région Île-de-France est en zéro artificialisation nette. Ça veut dire que, si jamais on construit sur un terrain agricole, il faut qu'on fasse de la compensation écologique qu'on replante ailleurs. Donc, nous, on sera très vigilants sur ce projet.

22:42
Présentateur

Mais il va se faire ou pas ?

22:43
Valérie Pécresse

Mais c'est un formidable espoir.

22:44
Présentateur

Vous avez dit, c'est fait.

22:45
Valérie Pécresse

Vous n'avez pas parlé trop vite, Valérie Pécresse ? Ah non, non, c'est fait. Enfin, c'est fait. Les investisseurs saoudiens, donc qu'il y a l'entreprise qui, en ce moment, est en train de construire un immense parc d'attractions en Arabie Saoudite, a signé pour investir sur trois parcs d'attractions sur le site de Mirapolis. Je rappelle à tous ceux qui m'expliquent que c'est terrible parce qu'on va devenir un parc d'attractions géant, que ce parc Mirapolis, il a été créé en 1985, qu'il a fait faillite en 1990, et que ça fait 35 ans qu'on cherche désespérément à attirer un investisseur pour sauver cette friche de centaines d'écarts dans lesquels il n'y a plus rien.

23:25
Présentateur

Il y a des emplois qui sont à la clé, il y a des investissements, des milliards d'euros. Est-ce que vous avez l'accord des ayants droit japonais ?

23:33
Valérie Pécresse

Alors, ça, c'est des licences qui sont négociées par les investisseurs. Aujourd'hui, ils ont l'accord pour faire le premier parc qui est en Arabie Saoudite, et ils souhaitent en faire un en Europe et peut-être aussi un au Japon. Voilà. Mais ce sont des négociations qui sont avec les ayants droit. Je ne peux pas les révéler aujourd'hui. Mais ce qui est important, c'est que tous ceux qui opposent tourisme, industrie et innovation font complètement fausse route. Aujourd'hui, aller en Floride, aller en Californie, on peut être une très grande terre d'industrie, une très grande terre de technologie, une très grande terre d'innovation et aussi une très grande terre de tourisme.

Et j'en profite pour vous dire que nous avons eu cette année en Ile-de-France des résultats exceptionnels en matière touristique. C'est la responsabilité de la région. Et en plus, notre stratégie de monter en gamme du tourisme a porté ses fruits puisque nos touristes ont dépensé plus que l'année dernière et ils ont dépensé dans toute l'Ile-de-France et pas qu'à Paris. Donc, c'est un superbe succès.

24:32
Présentateur

400 000 emplois dans le tourisme. De cette région Ile-de-France, merci beaucoup. Merci Valérie Pécresse. Je vous dis à demain.

24:37
Locuteur 5

À demain, Simon. Moi, je vous retrouve dans les informer tout de suite.