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interviewBFM TV (sur YouTube)· 9 juin 2026 24 min

L'avocat de la maman de Rosa annonce déposer plainte contre l'État

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

La conférence de presse de Pierre Dubuisson, c'est un grand avocat toulousain qui défend Audrey. Audrey et sa fille que vous avez appris à connaître sur BFM, elle a témoigné il y a une dizaine de jours. Sa fille s'appelle Rosa.

0:12
Invité

Oui, et elle a été elle aussi victime de Jérôme Barrella un an avant Liana. Elle a porté plainte, il y avait des preuves, mais rien n'a été fait. C'est pour ça que l'avocat de sa maman va porter plainte contre l'État pour faute lourde Adélaïde Malaveau. C'est ce qu'il va annoncer, faute lourde et mise en danger également.

0:31
Présentateur

Oui, une conférence de presse très attendue ce matin. La mère de Rosa a annoncé portée plainte contre l'État et Gérald D'Armanin. Pour rappeler, cette mère de famille avait signalé dès août 2021 des faits supposés de viol, lisant Jérôme Barrella, principal suspect dans la mort de Liana. Pourtant, l'intéressé n'a jamais été inquiété ou interrogé dans cette affaire. Deux procédures judiciaires pour dénoncer des dysfonctionnements dans le traitement du dossier. Et cette affaire, elle est essentielle car elle fait partie de nombreuses plaintes à l'encontre de Barrella. Elle prouve qu'il était bien inscrit au TAJ, au traitement de ses enjeux judiciaires. Et c'est cela qui interroge aujourd'hui.

Comment la plainte de la mère de Rosa en août 2025 n'a-t-elle pas fait bouger la justice ? Ce matin, la mère de famille a évoqué sa colère face à l'échec de cette justice. On pouvait éviter la mort d'Eliana et l'explicer ce matin. Alors justement, Mélanie Bertrand, peut-être qu'il faut rappeler aux téléspectateurs ce qu'ont dit à la fois Audrey et la petite Rosa à notre micro sur les faits infligés à l'enfant.

1:28
Invité

En fait, elle raconte cette petite fille qu'elle a été victime de viol pendant plusieurs mois sur l'année 2024-2025. Sa mère porte plainte en août 2025. Cinq jours plus tard, elle est examinée par des... Et la voilà justement, Audrey, avec son avocat. Ils vont raconter toute cette histoire, expliquer aussi pourquoi ils ont décidé de porter plainte. Ce qu'ils en attendent aussi, ce qu'ils attendent de l'État. Ce que l'État peut, doit faire aujourd'hui. Bonjour, bonjour à tous. Merci, merci d'être venus dans le cadre de ce drame qui bouleverse toute la France. Nous n'aurons pas de parole assez forte pour tenter de ressentir ce qui peut affecter les parents de la pauvre Liana.

Nous pensons énormément à eux et à toute sa famille. Il serait inutile d'essayer de trouver des mots pour traduire cette souffrance, donc nous n'en parlerons pas. L'objectif de cette conférence de presse, c'est de saisir l'occasion peut-être unique de pouvoir, comme certains amis journalistes ont pu le dire, renverser la table. Faire en sorte que l'institution judiciaire, et il n'y a pas d'exagération dans ses propos, qui est en train de sombrer. On parle de véritable naufrage. Une institution judiciaire qui s'effrite depuis des mois, depuis des années, puisse se ressaisir. Essayer de voir comment on peut susciter un électrochoc au niveau national, au niveau politique.

Parce qu'en tant qu'avocat, en tant que citoyen, en tant que victime, et je laisserai la parole dans quelques instants à la maman de cette pauvre petite fille qui avait déposé plainte presque un an avant que ce criminel commette cet acte odieux, eh bien tous ces hommes politiques semblent se réveiller aujourd'hui comme s'il n'y avait jamais eu d'alerte. Et cette hypocrisie, qui vient d'ailleurs de tous bords politiques, est assez insupportable. Des alertes ont été données par des magistrats, par des avocats, par des auxiliaires de justice depuis des années. Et ce naufrage, nous l'avons prédit. Et nous sommes des milliers à l'avoir prédit depuis longtemps.

Et donc l'occasion que nous devons saisir aujourd'hui, c'est d'éviter qu'il y ait d'autres lianas dans les prochains mois et dans les prochaines années. D'éviter que les discours que nous entendons soient des discours de façade, d'hommes politiques qui tentent de sauver leur peau au mépris de l'intérêt des Français, pour qu'enfin l'institution judiciaire retrouve son éclat et que toutes les victimes puissent être protégées. Voilà, je laisse la parole à la maman de celle qui a donc déposé plainte en 2025 pour viol, avec un certain nombre d'éléments qui étaient convergents vers la culpabilité et qui auraient dû conduire immédiatement à l'interpellation de M. Barrella.

Bonjour et bonjour à tous. Aujourd'hui, je suis là pour essayer de changer les choses et qu'il n'y a pas d'autres enfants qui souffrent. Comme moi, je souffre à côté de ma fille, comme je pleurais tous les soirs, que je couchais avec la culpabilité, que je ne pouvais pas protéger ma fille, que je ne pouvais pas être là et qu'elle ne souffre aucun enfant. Moi, je posais 2025, le août 2025, je posais une plainte pour viol contre Jérôme Barrella avec les médecins qui ont fait des tests, des épreuves pour ma fille, qu'elle était entendue pendant des heures et des heures pour montrer qu'elle ne ment pas. Un médecin gynécologique qui a vu qu'il y avait une délésion ? Oui, psychologique, deux fois.

Et en attendant, il n'y avait rien à été fait. La justice, elle n'a pas fait son travail. Et je ne comprends pas comment on peut attendre un an pour quelqu'un qui est mort. Je ne comprends pas. Pourquoi il faut attendre autant longtemps ? Avoir des réponses. J'ai appelé tous les lundis matin. Tous les lundis matin, le temps que ma fille était chez le psychologue. Moi, j'ai appelé le gendarmerie. Le gendarmerie d'Oche ? Le gendarmerie de Florence, le gendarmerie de Lectour, le gendarmerie d'Oche. Et chaque fois, j'ai eu des réponses. L'affaire, il est en cours. Mais je suis la maman de victime. Je ne peux pas entendre ça, qu'il est en cours. Il n'était pas entendu, il n'était pas convoqué.

Moi, j'ai été entendue deux fois. Et la dernière fois que j'ai appelé, ils m'ont dit que si je continue à harceler, ils m'ont fait porte-pleinte. C'est une réponse. Non. Pour moi, ce n'est pas une réponse. Et aujourd'hui, il y en a, il est mort. Mais je peux le dire qu'aujourd'hui, je me couche avec le fait, si je n'ai pas déménagé, peut-être que ça a été ma fille. Qu'est-ce qui s'est passé si je ne veux pas partir d'où ? Ça peut être ma fille morte. Je ne peux pas, je n'ai pas de monde. Aujourd'hui, je n'ai pas de monde. Vous aviez un sentiment de culpabilité. Oui. J'ai la culpabilité que je n'ai pas assez faite. Que je n'étais pas à la hauteur en tant que maman.

J'ai essayé de faire tout mon possible. Mais aujourd'hui, je vois que la justice, il ne m'a pas suivi. En tant que maman, en tant que victime, en tant que ma fille, elle est une victime. Elle souffre tous les jours. Elle souffre parce qu'elle a vu Diana mourir. Elle a entendu dans le journal. Et c'est la même personne. Pourquoi elle n'était pas arrêtée ? Pourquoi ? C'est mon question. Pourquoi il faut attendre un an pour arriver là ? Je vous remercie. Concernant les procédures judiciaires, vous venez de l'entendre. Une première plainte avait été déposée au mois d'août 2025. La fille de la femme qui se retrouve à côté de moi a donc été violée à une dizaine de reprises par M. Barrella.

Elle a été entendue dans le cadre d'une procédure amélie longuement par des enquêteurs. Elle a été réentendue. La maman a été réentendue. La petite a été examinée par plusieurs médecins, des médecins légistes, des psychologues. Il y a eu plusieurs expertises psychologiques. Surtout un examen gynécologique qui a révélé une lésion de l'hymen et donc une pénétration alors qu'elle n'avait jamais eu de relation sexuelle, bien évidemment. Donc cela caractérisait nécessairement le viol, la pénétration et le viol. Et malgré tous ces éléments-là, aucun enquêteur n'a trouvé utile d'interpeller l'intéressé.

Aucun procureur, que ce soit à Toulouse ou à Hoche, n'a trouvé pertinent de donner les instructions pour que l'intéressé soit interpellé. Et donc aujourd'hui, encore une fois, je le dis, il faut saisir cette occasion unique de pouvoir taper un grand coup dans la fourmilière et faire en sorte que la justice retrouve son éclat et qu'on arrête de la reléguer au dernier rang, comme c'est le cas depuis trop longtemps. On évoque un problème de moyens financiers. C'est une réalité. Moi, je tiens rapidement à rendre hommage à tous ces magistrats qui sont amoureux de leur métier, qui sont passionnés, qui travaillent d'arrache-pied le soir, le week-end et qui font beaucoup pour la justice.

Des enquêteurs aussi formidables qu'on retrouve sur le terrain. Je pense aux enquêteurs qui ont aidé à retrouver le corps des lianas, qui font un travail remarquable. Mais j'aimerais aussi dénoncer une autre réalité que je vois au quotidien, celle de magistrats qui travaillent quatre fois moins que leurs collègues, celles d'enquêteurs paresseux, des vrais fainéants, qui sont aussi à l'origine de ce drame humain et qui ont évidemment, quand je vous entends ce qui a été dit, notamment le fait que, alors qu'elle appelait chaque semaine les enquêteurs pour savoir quand M.

Barrella allait être interpellé, qu'on lui dit « Arrêtez, vous noircelez, on va déposer plainte contre vous », eh bien il y a des fautes humaines derrière ce drame. Il y a des gens qui sont des fonctionnaires, des enquêteurs et des magistrats qui sont totalement désinvestis, partisans du moindre effort. Et ça aussi, ça doit être dénoncé parce que sinon on change de métier. Ce drame, c'est un drame collectif. Le garde des Sceaux l'a dit. Mais ce qui est assez dérangeant dans le cadre du discours qui a été fait, c'est cette hypocrisie qui consisterait à prétendre qu'il découvrait aujourd'hui tous ces dysfonctionnements.

Il est capitaine d'un navire qui prend l'eau depuis des années, qui est en train de couler et brutalement, il découvre toutes ces anomalies, ces dysfonctionnements qui sont extrêmement nombreux. Moi, dans mon cabinet, à ma petite échelle, j'ai une douzaine de dossiers de plaintes pour viol contre des mineurs qui ne sont pas traitées d'effet ou pire. Récemment, il y a quelques semaines, un homme qui a violé et qui a reconnu avoir violé une gamine qui a été remis en liberté sans passer un jour en prison. Des jeunes femmes handicapées qui ont été violées par un homme qui a été remis en liberté.

D'autres mères de famille qui sont désespérées parce qu'elles dénoncent des incestes, elles dénoncent des viols et que pendant 6 mois, 9 mois, 1 an, aucun enquêteur n'est voignable, aucun procureur n'est voignable malgré les appels, les écrits. Et tout ça, c'est mon travail aussi de le dénoncer parce que nous devons rénover la justice pour faire en sorte que ça change. Et cette hypocrisie qui consisterait à dire que c'est un échec de l'État, c'est-à-dire que c'est un échec de tous, c'est la responsabilité de tous et de tout le monde, c'est quelque chose d'inacceptable. Parce qu'encore une fois, derrière l'État, il y a des hommes et des femmes.

Et quand on est garde des Sceaux, et c'est l'objectif aussi de cette conférence de presse, la première chose à faire, c'est de faire un audit du nombre de plaintes qui sont déposées, de leur durée, de leur efficacité, de leur aboutissement. Et aujourd'hui, tout le monde semble découvrir l'ampleur des dégâts. Donc c'est inacceptable, c'est inadmissible. Et c'est la raison pour laquelle nous déposons plainte. D'abord, une plainte pour faute lourde contre l'État, par rapport à ce dysfonctionnement majeur des services publics. Et je le répète, c'est malheureusement pas un cas isolé.

Petite parenthèse, je pense à la mère de l'INSEE, la plus grosse affaire de harcèlement scolaire, cette jeune qui s'est suicidée à l'âge de 13 ans, je défends les intérêts de la maman. Eh bien la petite avait déposé plainte pendant des mois avant de se suicider. Rien n'a été fait par les enquêteurs, rien n'a été fait par les procureurs. Elle s'est suicidée. Et deux mois, et ça c'est important que tout le monde l'entende, deux mois après le décès de la petite l'INSEE, j'ai accompagné sa maman dans un bureau devant deux juges d'instruction qui l'ont traité avec la plus cruelle inhumanité. Asseyez-vous, madame. Nom, prénom, profession. Voilà comment elle a été traitée.

Elle venait de perdre sa fille depuis deux mois. Alors je le répète, il y a des magistrats fabuleux et c'est l'immense majorité des magistrats, mais il y en a aussi qui sont catastrophiques et ça doit s'arrêter. On doit revenir à une justice humaine, une justice simple. On a affaire à un mastodonte administratif. Et cette hypocrisie qui consiste à se dédouaner parce que tout le monde se dédouane. Le garde au décès se dédouane contre l'État. Le président dit que ce n'est pas un problème de moyens alors qu'il y a aussi un problème de moyens. Les magistrats disent que ce n'est pas de leur faute, que c'est le problème des politiques. Non, c'est un problème collectif.

Et il est grand temps qu'il y a un sursaut. C'est la raison pour laquelle donc, en plus de la plainte pour les dysfonctionnements du service public contre l'État pour faute lourde, nous déposons plainte contre les enquêteurs, au pénal, pour mise en danger de la vie d'autrui, non assistance en personne en danger. Tous les enquêteurs qui étaient sur cette affaire, qui n'ont rien fait, qui n'ont pas interpellé ce criminel. Nous déposons plainte contre le procureur de Toulouse et le procureur d'Oche qui n'ont pas cru bon de voir donner l'instruction d'interpeller ce criminel.

Et enfin, nous déposons plainte contre la Cour de justice de la République, devant la Cour de justice de la République, contre M. Darmanin, le garde des Sceaux, pour les mêmes infractions de mise en danger de la vie d'autrui et non assistance à personne en danger.

Je terminerai sur une lettre que je lui ai adressée il y a quelques mois dans le cadre d'une affaire qui concerne le décès de deux autres enfants, Clément Poedras, et évidemment à l'INSEE, il s'agit d'une affaire de suicide, mais il n'y a pas que cela, dans lequel je lui disais « Je vous alerte sur le dysfonctionnement continu et non résolu de l'institution judiciaire dans le traitement des affaires qui concernent notamment les mineurs. En outre, à titre professionnel, je constate jour après jour un décalage entre l'institution judiciaire et la réalité vécue par les familles endeuillées.

À la lumière de l'enjeu sociétal qui entoure la protection des mineurs, je vous invite à recevoir les familles, etc. » Aucune réponse de la part du garde des Sceaux. Il a préféré laisser répondre un membre de son équipe. Et à côté de cela, aujourd'hui, on entend des excuses sur les médias, sur les plateaux, etc. Mais je vous pose la question, Madame, est-ce que le garde des Sceaux est venu vous voir ou est-ce qu'il vous a appelé ? Non. D'accord. Pas d'appel, donc encore une fois, un discours de façade qui devient insupportable. Il est temps que les hommes politiques puissent enfin s'occuper de l'intérêt des Français.

13:33
Locuteur

Merci.

13:34
Invité

Madame la Présidente, qu'est-ce que vous attendez de ces deux témoins aujourd'hui ? Je attends qu'elle va être donnée de justice pour ma fille. Que les autres, les enfants, ne subissent pas la même chose que ma fille. Qu'est-ce qu'elle a subi ? Que moi, je subis derrière. Parce que les enfants, ils ne vont pas y aller aux gendarmeries toutes seules. C'est la maman, c'est le papa qui l'accompagne. Aujourd'hui, je veux qu'il y ait de justice pour les enfants. Je veux que les enfants soient protégés, autant que je ne suis pas nationalité française. Je suis étrangère ici en France, mais je suis chez moi. Je travaille en France. Je habite ici.

Alors, je veux que mes enfants et tous les enfants de France soient protégés. Vous dites qu'on vous a menacé de porter plainte contre vous pour avoir appelé plusieurs fois. Est-ce que vous vous souvenez quand ? Non, je ne peux pas vous dire la date. C'est trop compliqué de souvenir la date de tout ça. C'est très dur d'être là pour moi. C'était plusieurs fois ou ça a été une seule fois ? Plusieurs fois. Est-ce qu'on a pu identifier ces enquêteurs ? Est-ce qu'on sait leur langue ? Je ne sais pas du tout. Je n'étais déjà pas au courant de l'affaire, le cours de dossier de ma fille. Ils ne vont pas me le dire. C'est qui ? Il m'a dit que...

Nous espérons accès à ces informations dans les prochains jours. Si j'étais cynique, je dirais que je ne sais même plus vers qui me tourner pour que les plaintes que nous allons déposer puissent aboutir. Je dois espérer que, et je le crois, que des magistrats feront vraiment leur travail et nous aideront à rénover la justice. Merci.

15:06
Présentateur

Est-ce que... Est-ce que... Est-ce que... Est-ce que... Est-ce que... Est-ce que... Est-ce que Mélanie Bertrand pour cette conférence de presse de la maman de Rosa et de son avocat Pierre Debuisson ? Je voudrais qu'on revienne aux faits avant, évidemment, de... Alors, ça répond. Il y a d'autres questions. On y va.

15:27
Invité

Donc, il ne voulait pas qu'on me partie. Non. Non. Il y a eu des manipulations très fortes de M. Barrella qui a dit à la petite, si tu parles, j'irai en prison et je me suiciderai. Et c'est une des raisons pour lesquelles elle a tardé avant de parler. Maître, est-ce que vous avez eu un contact avec Marc Aydosh puisqu'il a annoncé qu'il pouvait joindre du côté de la jeune... Non, mais c'est toujours la même chose. Quand on a un problème, nombre de familles ou des enfants sont décédés et aucun parent ne reçoit un coup de fil d'un magistrat.

15:51
Présentateur

Alors, avant de voir ce qui va ou ce qui doit changer, on est d'abord soufflé par la force, évidemment, du témoignage à la fois de l'avocat et de la maman de la petite Rosa. Et on s'est tous interrogés. On pensait avoir mal compris. La petite, elle a été violée des dizaines de fois, Mélanie ?

16:08
Invité

C'est ce que précise l'avocat, effectivement, maître Dubuisson, de cette maman. Il explique que cette petite fille, Rosa, si la mère dépose plainte, c'est parce que sa fille a tardé à lui parler. Pourquoi ? Parce que, dit l'avocat, Jérôme Barrella a fait preuve d'une grande manipulation après avoir violé des dizaines de fois cette petite fille, selon cet avocat. Il a dit à la petite Rosa, si tu parles, je vais aller en prison et je vais me suicider. Donc, évidemment, il y a un jeu psychologique terrible et une culpabilité énorme. Elle essaie même de parler une première fois et en fait, on ne la croit pas.

Et elle revient courageusement six mois après, l'été dernier, pour là, vraiment aller porter plainte avec sa mère qui la soutient. Exactement. Sa mère dit, je dépose plainte en août dernier. Elle dit, moi, j'ai été entendue plusieurs fois, ma fille a été auditionnée des heures et des heures et des heures. Et lui, rien. Et c'est vrai que ce qui nous frappe, c'est à la fois cette émotion et cette colère face à un dysfonctionnement qui semble évident.

16:58
Présentateur

Cette pauvre maman, balottée de gendarmerie en gendarmerie, Auch, Florence, Lectour. Et à chaque fois, j'allais dire le mépris en fait, le désintérêt de ces gendarmes.

17:09
Invité

Elle dit, j'appelais tous les lundis matin. Quand ma fille était chez le psychologue, j'appelais pour savoir où en était ma procédure, ma plainte. Et on lui disait, l'affaire est en cours. Et c'est effectivement, au bout d'un certain nombre de fois, on lui a dit, arrêtez de nous appeler, sinon c'est nous qui allons porter plainte pour harcèlement. Parce que vous nous appelez trop souvent. Et cette mère, elle porte en elle, malgré tout cela, elle porte elle-même cette culpabilité de dire, je n'ai peut-être pas fait assez. Si j'avais crié plus fort, si j'avais davantage remué les institutions, peut-être que Liana ne serait pas morte.

En fait, elle dit qu'elle rend public aujourd'hui son affaire, à la fois pour sa propre fille, qui, on le rappelle, est quand même victime présumée, parce qu'il reste présumé innocent, mais en tout cas, qui dénonce des faits extrêmement graves, des dizaines de viols qu'elle a subis, alors que c'est une toute jeune fille. Elle le fait évidemment pour sa fille. Elle le fait aussi pour Liana et pour d'autres enfants, pour que cela ne se reproduise plus. Parce qu'elle dit, la justice n'a pas fait son travail.

18:05
Présentateur

Vous voulez bien rappeler l'âge qu'avait la petite lorsqu'elle a subi ce viol ?

18:10
Invité

Elle avait une dizaine d'années. Les faits remontent à 2024-2025. Elle a 11 ans aujourd'hui.

18:16
Présentateur

On va retrouver Adélaïde Malavaux, l'envoyée spéciale de BFM TV, sur place. Comme nous, j'imagine, Adélaïde, vous avez été saisie par la puissance du témoignage, la colère froide également de l'avocat.

18:30
Invité

Oui, évidemment. Et puis, je vais vous citer les mots de la mère de famille, qui a commencé par dire « la justice n'a pas fait son travail ». Voilà les mots de la mère de Rosa, qui évidemment a paru très émue par cette prise de parole. De son côté, son avocat, qui a parlé d'une occasion de renverser la table. Les deux ont tenu à souligner des alertes qui ont été données depuis des années. Je vous cite une nouvelle fois la mère de famille. Je suis là pour essayer de changer les choses, pour qu'il n'y ait pas d'autres enfants qui souffrent comme ma fille. Elle a évidemment aussi parlé de sa culpabilité en tant que mère de famille, ne pas su avoir protégé les autres enfants.

Elle a dit ensuite « rien n'a été fait, la justice n'a pas fait son travail. Je ne comprends pas comment on peut attendre un an. Pourquoi attendre ? » J'ai appelé tous les lundis matins pour avoir des réponses. La gendarmerie de Florence, de Lectour, d'Auches, on a finalement menacé cette mère de famille de porter plainte contre elle. Elle n'a toujours pas compris. Évidemment, elle parle de culpabilité. Elle était très émue de cette prise de parole. Elle ne comprend pas pourquoi elle n'a pas eu les réponses qu'elle demandait depuis plusieurs mois.

Mais personne ne comprend d'ailleurs, et on en aura le garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur, qui font leur mea culpa, parce que ce n'est pas normal, Laurent Neumann. Oui, et cette colère, elle se matérialise par trois plaintes. Une plainte pour faute lourde contre l'État, une plainte au pénal contre les enquêteurs, dont cette maman dit qu'ils n'ont pas fait leur travail correctement, en ne convoquant pas, en ne mettant pas en garde à vue Jérôme Bardella. Plainte au pénal également contre le procureur de Toulouse, et la procureure d'Auches, si j'ai bien compris.

Et une troisième plainte, devant la Cour de justice de la République, contre l'actuel garde des Sceaux, ministre de la Justice, Gérald Darmanin, pour mise en danger de la vie d'autrui et non-insistance à personne en danger. Bah tiens, écoutez-le, le garde des Sceaux, il était ce matin auditionné par les sénateurs, avec Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, et tous les deux, oui, ils ne savent pas quoi répondre.

Il y a eu une défaillance des services déparqués, nous avions tous les éléments, un rapport médical qui était extrêmement clair, un auteur identifié déjà connu dans les services du Tâge et de Cassiopée, et un expert qui avait pu rendre très rapidement son rapport pour dire que cette petite fille, il fallait la croire. Du temps d'enquêteurs, il y en avait, parce qu'on a entendu à peu près tout le monde sauf le mis en cause. Des OPJ, un gendarmerie, il y en avait. Des parquetiers au tribunal d'Auches, il y en avait. Des mails qui fonctionnaient, une procédure pénale numérique, il y en avait. On a eu pris du temps, on a fait d'innombrables d'actes d'enquête dans l'affaire Rosa ou Tabara.

Simplement, on n'a jamais mis en garde à vue l'auteur. On n'a jamais fait des perquisitions sur ce téléphone. Donc, ce n'est pas qu'on n'a pas traité l'affaire. Ce n'est pas qu'on a décidé de la casser par manque d'éléments. C'est qu'on a fait des actes d'enquête qui ne correspondent pas à un viol sur un enfant. C'est tout ce que je dis. L'enquête dira si les choses ont été menées convenablement ou pas. J'ai, pour ce qui me concerne, et je vous l'ai déjà dit, quelques doutes sur des orientations qui ont pu être données et qui, si elles avaient été correctement données, auraient sans doute permis d'entendre plus vite l'auteur.

21:21
Présentateur

Et l'avocat de Buisson ajoute, avec des mots extrêmement forts, sans faire d'amalgame avec l'ensemble, évidemment, des magistrats, il parle de la réalité de magistrats et d'enquêteurs paresseux et fainéants, partisans du moindre effort. C'est terrible, Laurent Neumann.

21:35
Invité

Oui, et qui ne font pas preuve d'humanité. Alors, il dit ça, et en même temps, il rend hommage à des dizaines d'enquêteurs. Oui, il dit que ce n'est pas tous. Mais là, en l'état, est-ce qu'il y a eu fainéantise ? Il y a eu fainéantise dans les actes d'enquête. Il parle des partisans du moindre effort. Et puis surtout, cette façon d'accueillir cette maman au téléphone en allonge qu'elle a menacé de porter plainte pour harcèlement. Cette maman qui ne fait juste qu'appeler chaque semaine, chaque lundi, juste pour savoir où en est l'enquête, où en sont les actes de procédure.

Le problème, c'est que cette procédure, elle s'est baladée, entre guillemets, entre Toulouse et Hoche, et finalement, c'est la gendarmerie de Lectour. Lectour, c'est 3 000 habitants, 8 gendarmes ? 8 gendarmes, effectivement. Alors, on nous avait dit qu'il n'y avait pas... Priorité au direct, on va réentendre la maman de Rosa. Tout mon être, et je regrette que je n'ai pas fait plus ça. Je suis tellement regrettée. Je suis désolée. Comme elle a dit, je souris devant, mais derrière, je vais essayer de survivre. Malheureusement qu'elle a la culpabilité par rapport à Liana, comme moi, je ne dors pas, je ne mange pas, je ne suis pas capable de travailler. C'est compliqué. Très, très compliqué.

Vous parlez beaucoup de la culpabilité de votre famille, mais qui sont pour vous les coupables aujourd'hui ? Qui est-ce que vous avez... Déjà, Jérôme Barrella et la justice. Pourquoi ils n'ont pas fait leur travail ? Moi, j'ai essayé de faire mon travail. En tant que maman, j'étais allée voir le gendarmerie. Je posais plainte. On a fait tous les examens. Pourquoi ils n'étaient pas arrêtés ? Pourquoi ils n'ont pas fait leur boulot ? Pourquoi ils étaient libertés, en mode juin, quand moi, je posais plainte, en mode de août 2025 ? On est à 2026. Je vous remercie. Merci, merci. Merci.

23:41
Locuteur

Merci. Merci. Merci.

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