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Podcast / conversationFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 21 août 2026 40 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

Succès des films d’horreur : pourquoi aimons-nous avoir peur ?

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:41OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'est vrai que le héros gagne toujours dans les films d'horreur ?

  • 3:25OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce succès est attendu ou nouveau pour les films d'horreur en été ?

  • 4:49OuverteRéponse directe

    Obsession est un succès inattendu, pourquoi ?

  • 6:59OuverteRéponse directe

    Pourquoi le cinéma d'horreur a-t-il une mauvaise réputation ?

  • 8:34OuverteRéponse directe

    Est-ce que le cinéma d'horreur sort de sa niche ?

  • 12:51OuverteRéponse directe

    Comment expliquer le succès des films d'horreur malgré leur niche ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:53InvitéChiffre
    « des recettes qui se comptent en centaines de millions, le box-office a tremblé encore cet été. »
  • 4:18InvitéChiffre
    « Obsession, par exemple, qui est un film qui coûte 600 000 dollars. »
  • 4:28InvitéChiffre
    « Et voilà, c'est un film qui bat absolument tous les records, qui en France fait 1,7 million d'entrées et qui, au niveau mondial, est un carton absolu. »
  • 6:13InvitéChiffre
    « 500 millions d'entrées, enfin dans 500 millions de dollars dans le monde entier, 1,7 million en France. »
  • 19:21InvitéChiffre
    « C'est un film qui a été voué à faire quelques dizaines de milliers d'entrées. L'interdiction tombe. Et là, finalement, le film fait 500 000 entrées. »
  • 32:30InvitéFait
    « le cinéma d'horreur en fait est juste un miroir de cette chose-là »
  • 33:24InvitéFait
    « il y ait une corrélation entre ce que vivent les gens au quotidien notamment les jeunes et puis ce qu'ils vont voir au cinéma pour essayer d'exorciser leur peur »
  • 34:18AuditeurFait
    « c'est cyclique c'est à dire qu'en fait dans les années 70 on a eu des crises d'où aussi le gros boom du cinéma d'horreur dans les années 80 »
  • 34:30AuditeurFait
    « le sida résultat on a eu les prédateurs on a eu des tas de films de vampires etc »
  • 34:40AuditeurFait
    « un des rares chefs-d'oeuvre des années 90 c'est Cimetière d'après Stephen King »
  • 35:00AuditeurFait
    « c'est la catharsie c'est vraiment c'est un cinéma qui fait vraiment la catharsie »
  • 36:23InvitéFait
    « le plus compliqué c'est de trouver des budgets »
  • 36:57InvitéFait
    « porte fermée immédiatement en disant nous on ne produira jamais ça »
  • 37:36InvitéChiffre
    « les films d'Alexandre Aja les films de Julien Mori Alexandre Bustillo c'est des films qui ont cartonné non en fait c'est des films qui dépassaient très rarement les 100 000 entrées »
  • 38:02InvitéFait
    « il était obligé de le faire aux Etats-Unis c'est Evold Edburn »
  • 39:25InvitéChiffre
    « Vermine a fait à peu près 200 000 entrées »

Temps de parole

  • Invité30 %
  • Invité 225 %
  • Invité 318 %
  • Invité 414 %
  • Auditeur3 %
  • Auditeur 23 %
  • Auditeur 32 %

≈ 3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, France Inter, le téléphone sonne, Flore Catala.

0:11
Invité

Pour certains, c'est un film qui faisait peur, visionné entre copains ou copines en soirée pyjama. Un défi de celui qui arriverait à regarder jusqu'au bout sans se dégonfler de trouilles. Pour d'autres, c'est une séance de cinéma si terrifiante qu'elle a fait naître une passion ou au contraire une aversion. Beaucoup se rappellent un grand froid dans le dos, des sursauts, des rires nerveux aussi parfois, des mains devant les yeux mais toujours avec assez d'espace entre les doigts pour pouvoir voir l'écran. On se souvient tous, ou presque, de notre premier film d'horreur.

Genre adoré, genre détesté, genre longtemps méprisé, mais qui dans l'industrie du cinéma prend peut-être de plus en plus de place. En témoignent encore ces derniers mois des films au succès aussi fulgurant qu'inattendu, des recettes qui se comptent en centaines de millions, le box-office a tremblé encore cet été. Et ce n'est pas que le frisson de la clim pour échapper à la canicule que les spectateurs sont allés chercher en salle. Alors au Téléphone Sun, ce soir, on se penche sur un genre qui semble être en train de gagner du terrain, qui fait émerger de jeunes réalisateurs et réalisatrices, des idées novatrices, et qui au-delà de séduire le public l'emporte aussi auprès de la critique.

On va décortiquer le phénomène ensemble et pour comprendre, on a besoin de vous entendre. Vous aimez depuis toujours vous faire peur au cinéma ou au contraire vous détestez ça. Peut-être aussi que ça n'a jamais été trop votre truc et pourtant vous vous y mettez peu à peu. On attend vos appels. Racontez-nous 0145 24 7000 par téléphone WhatsApp ou sur l'appli Radio France. On est ensemble jusqu'à 20h. Et pour démarrer cette réflexion sur le genre, nous sommes en ligne avec Jean-Louis. Bonsoir.

1:49
Auditeur

Bonsoir Flore, bonsoir à vos invités. Écoutez, le thème me plaisait bien et je me suis posé la question. Est-ce que ce n'est pas notre instinct grégaire par hasard qui inconsciemment nous demande d'avoir peur et toujours inconsciemment nous choisissons le cinéma parce qu'au final nous nous identifions au héros et le héros gagne toujours. Donc on remplit notre besoin de peur tout en étant gagnant.

2:15
Invité

Merci Jean-Louis pour votre témoignage que je vais soumettre à nos invités avec nous autour de la table. Victor Lamoussière, pardon, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes le directeur général du distributeur ESC Film spécialisé dans l'horreur. Avec nous également Margot Dain, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes critique cinéma pour le magazine spécialisé Technicart. Et puis bonsoir Corinne Pellissier. Bonsoir. Spécialiste cinéma au service culture de France Inter. C'est intéressant ce que nous disait Jean-Louis. Alors est-ce que c'est vrai que le héros gagne toujours dans les films d'horreur ? Pas forcément tout le temps. Non, pas forcément tout le temps.

Par contre je le rejoins sur ce sentiment peut-être collectif que propose la salle de cinéma. C'est-à-dire se confronter à l'horreur, à la violence, à la mort parfois, mais dans un environnement finalement parfaitement sain, en toute sécurité. Et voilà, je pense que si on aime aller voir des films d'horreur au cinéma, c'est en partie parce qu'on peut se confronter à des choses dans un environnement finalement, comme on dit, parfaitement safe. Est-ce qu'il pourrait expliquer une partie du succès des films d'horreur ? Il faut rappeler le contexte, cet été on a eu un été particulièrement favorable pour le cinéma avec une fréquentation très belle.

Et dans ce cadre, il y a des films d'horreur qui ont fait un vrai carton, il y en a plusieurs, Obsession, Backroom, Evil Dead Burn. Est-ce que c'est un succès auquel vous vous attendiez, qui est peut-être un peu nouveau par rapport à d'autres étés, ou c'est classique qu'on ait des films d'horreur qui marchent très bien l'été au cinéma ? Alors disons qu'effectivement l'été est une période propice aux sorties de films d'horreur. Ça c'est historique, on le constate effectivement chaque année. Pour autant, effectivement, c'est vrai que là, ces dernières semaines, on a eu des succès absolument démentiels.

Moi j'ai envie de dire tant mieux, tant mieux pour le marché, tant mieux pour les spectateurs. Et ce qui est d'autant plus intéressant, c'est que c'est pas uniquement des succès, on va dire, de films d'horreur purement mainstream, c'est-à-dire de grosses productions américaines. Là, on constate une émergence de jeunes cinéastes avec des productions indépendantes. On peut prendre le cas de Obsession, par exemple, qui est un film qui coûte 600 000 dollars. Donc pour se rendre compte, 600 000 dollars, c'est absolument dérisoire par rapport à une production classique hollywoodienne.

Et voilà, c'est un film qui bat absolument tous les records, qui en France fait 1,7 million d'entrées et qui, au niveau mondial, est un carton absolu. Voilà, donc c'est aussi ça qui est très intéressant et peut-être, alors pas nouveau, mais en tout cas qui est à relever. C'est ça, c'est des succès vraiment de cinéastes émergents. Corine Pellissier. Obsession, c'est un succès, surtout un film qu'on n'avait pas vu arriver. C'est-à-dire qu'il sort au mois de mai, pendant le Festival de Cannes, où toute la profession a les yeux braqués sur la croisette et s'intéresse peu, finalement, aux sorties en salle.

Et ce film-là débarque comme ça, sans que personne ne l'attende, arrive en très peu de temps à vraiment mobiliser tous les spectateurs. 1,7 million aujourd'hui, il est toujours à l'affiche, c'est quand même assez épatant. On va rappeler rapidement l'histoire, sans spoiler évidemment pour les gens qui ne l'ont pas vu. C'est l'histoire d'un garçon, en gros, qui ensorcelle une fille pour qu'elle tombe amoureuse de lui. Et ça va tourner très très mal. C'est un film, Marc Godin, je me tourne vers vous, qui a l'air sans prétention. On a du mal à comprendre comment ça avait pu si bien marcher. L'histoire du vœu magique, on l'a déjà vu.

Il y a eu des choses comme Wishmaster, des films dans l'histoire du cinéma, on parlait de vœux. Parce que celui-ci, ce qui fait que ça a marché, c'est que dans cette histoire de vœux très classique, dans cette économie de moyens, il y a quand même du sous-texte, de la métaphore. Le cinéma qui fait peur, le film d'horreur, vous avez des serial killers, vous avez des monstres, des mutants. Mais tout ça, ce sont des métaphores avec des dents. Ici, la métaphore, c'est le patriarcat, c'est un film sur le consentement. Et moi, quand je l'ai vu, je l'avais naturellement raté en projection de presse. Je l'ai vu en salle, dans la salle, il n'y avait que des mômes.

Et je pense que ce qui leur a plu, c'est le sous-texte, encore une fois. Et c'est ça qui a fait le carton du film, 500 millions d'entrées, enfin dans 500 millions de dollars dans le monde entier, 1,7 million en France. C'est ça la métaphore, le sous-texte. Pareil, vous parliez tout à l'heure de Evil Dead Burn. Evil Dead, c'est des histoires de tronçonneux, de zombies, etc. Et dans celui-ci, on parle de violences sexistes et sexuelles. Et je pense que c'est ça, en ce moment, le cinéma d'horreur, c'est le cinéma de contrebandier. Il y a toujours des métaphores sur le corps, le vieillissement, sur la société, la politique. C'est ça qui fait le succès de ce film.

Ça va plus loin que des monstres, du sang, des fantômes. Ça parle de nos sociétés, évidemment, à chaque fois. Alors pourquoi, très souvent, c'est un genre avec quand même cette espèce de connotation qui n'est pas tout le temps très positive. Il y a comme un genre de mauvaise réputation qui lui colle à la peau. Comme un sous-genre, on a pu entendre ça. Absolument, mais c'est un mauvais genre. Et c'est ça qui est réjouissant. D'abord, je pense que c'est un genre qui plaise surtout aux adolescents ou aux jeunes. Parce que c'est quelque chose qui fonctionne comme les contes de notre enfance. Moi, je m'en rappelle, on m'avait lu quand j'étais tout petit, Barbe Bleu. Barbe Bleu, le petit poussé.

Il y a des femmes égorgées, il y en a des addictions. Tu ne peux pas rentrer dans la pièce. Naturellement, la femme de Barbe Bleu rentre. Il y a des anciennes épouses de Barbe Bleu qui ont été égorgées du sang partout. Enfin, ce shoot d'hémoglobine, ce shoot d'émotion, on en a besoin tout petit. Parce qu'on expérimente, c'est ce que tu disais tout à l'heure, une peur primaire, viscérale, tout en sachant qu'on ne risque rien. Donc, dans les salles, notre corps fait qu'on frissonne, on a la chair de poule, on peut se masquer les yeux. Moi, je me rappelle d'avoir vu des films tellement extrêmes que je regardais par terre, je regardais mes pieux.

Mais en fait, votre cerveau, c'est absolument qu'il ne se passe rien. C'est une espèce de séance de psychanalyse avec du popcorn à la fin. Il n'y a aucun problème. Vous expérimentez tout ce qui vous fait peur dans la vie. Vous le voyez sur devant l'écran avec des tonnes d'hémoglobine et puis du rire. Et surtout, vous le voyez avec d'autres personnes. Le cinéma d'horreur chez soi, en streaming, en regardant son téléphone, ça ne marche pas aussi bien. C'est une expérience qui est collective. On va souvent au cinéma entre amis, entre copains, parfois en famille. Je le disais, c'est quand même un genre qui a pu souffrir peut-être de cette réputation de bas de gamme.

En tout cas, peut-être il y a encore quelques années. Est-ce que c'est encore le cas, Victor Lamoussière ? Est-ce qu'on a toujours cette connotation-là ? Ou est-ce qu'on en sort quand même peu à peu, de plus en plus, ces dernières années ? Je pense qu'on en sort, heureusement, de plus en plus. C'est vrai que pendant très longtemps, comme vous le disiez, on a pu considérer le cinéma d'horreur comme un sous-genre. Je pense que c'est très réducteur, évidemment, pour le cinéma-là. En fait, historiquement, il y a toujours eu un propos politique, social, à travers le cinéma d'horreur. Parfois, le cinéma d'horreur peut aussi être de très premier degré.

On va aller voir un film violent pour aller voir un film violent. Pour autant, pour autant, très souvent, il y a toujours eu quand même un sous-texte. Quelque chose à aller regarder, quelque chose à aller trouver dans ces films-là. Ça dit toujours quelque chose de nous. Et même si ce n'est pas dans le film, pourquoi on regarde ces films-là ? Il y a toujours eu quelque chose autour du cinéma d'horreur. Et là, c'est vrai que depuis quelques années, je pense qu'il y a un retour en grâce. On le voit effectivement à travers les succès en salles. Il y a aussi une reconsidération du cinéma d'horreur. Peut-être parce qu'on aborde là vraiment aujourd'hui des sujets qui sont dans l'air du temps.

On est porté par des cinéastes très talentueux. Et je pense que ce succès-là s'explique à nouveau aussi par le fait qu'on est à l'air de la démultiplication des canaux d'accès au film. Et donc c'est vrai que maintenant, on peut voir un film même sur son smartphone, dans le métro ou dans le bus. Alors que la salle de cinéma, à ce signe vraiment, elle apporte une expérience unique auquel le cinéma d'horreur se prête. Et puis comme vous le disiez, c'est une expérience qu'on va aller vivre collectivement. Avec le copain qui a très peur d'avoir peur, la copine qui adore ça. Voilà, on va aller voir ça entre potes, vivre quelque chose collectif. Et je pense que c'est ça qui fait du bien.

C'est la promesse d'une sensation et pour ça, il faut se mettre dans les bonnes conditions. Donc une salle de cinéma, par exemple, on va aller au Standard où Sylvie nous attend. Bonsoir. Bonsoir. On vous écoute.

10:20
Auditeur

Eh bien moi, c'est à l'opposé. Je ne supporte pas les films d'horreur. Je déteste ça. Ça me fait très peur. Donc c'est probablement le but recherché. Mais moi, je fais des cauchemars pendant des semaines, des jours. Je me souviens du premier film que j'ai vu, L'Exorciste, où j'ai essayé de me changer d'idée. J'ai attrapé ma table à repasser. Enfin, je m'en souviens encore il y a à peu près 40 ans. Donc c'est vraiment quelque chose d'impossible pour moi. Et je ne comprends pas. Je ne comprends pas qu'on fasse autant de films d'horreur, qu'on ait besoin d'avoir peur. Je ne comprends pas.

10:53
Invité

Autour de vous, vos proches en regardent ?

10:56
Auditeur

Ah oui, absolument. Tout le monde, à peu près. Surtout mon conjoint. Il adore ça.

11:00
Invité

Et vous, vous restez dans l'incompréhension, justement, de ce qu'on aime dans le film d'horreur. Merci Sylvie pour votre témoignage. Corinne Pellissier, vous voulez y réagir ? Oui, c'est amusant parce que moi, il y a quelques années, j'étais exactement comme Sylvie. Je détestais les films d'horreur. Je n'allais jamais en voir. Et puis, il y a eu le Covid. Nous avons tous été consignés à la maison. Souvent avec des plateformes et des films qu'on regardait pour se faire plaisir ou pour se changer les idées. Et j'ai découvert comme ça les films d'horreur. Et j'ai pris goût progressivement. Naturellement, ce n'est pas arrivé d'un seul coup.

Mais comme le disait Victor, j'ai trouvé tout de suite une dimension très cathartique, une façon de dépasser ses peurs, ses angoisses. Moi, par exemple, maintenant, je suis très contente. Je sais comment on tue un zombie. Je n'ai plus peur. Je n'ai pas peur de me promener dans la rue. Si jamais, ça vous arrive. Si je croise un zombie, je vise la tête. Je sais comment l'anéantir. Il y a ce côté presque grand guignol aussi, parce qu'on sait que c'est pour de faux. Effectivement, il y a la salle, mais depuis son living room, il y a aussi ce côté... C'est de l'aventure facile. On a peur. On vit des trucs complètement étonnants. Mais on est bien à l'abri dans son canapé.

Il ne peut pas nous arriver grand-chose. Mais il faut savoir sauter le pas, quand même, et y aller, Marc Godin. Le problème de l'auditrice, c'est qu'elle a débuté avec l'exorciste. Ce n'est pas le meilleur pour commencer ? Je pense que c'est le pire. Moi, j'ai vu l'exorciste en salle. Tu ne peux pas t'en sortir. Pendant deux heures, tu frissonnes. Et je sais que pendant des mois, j'avais du mal à m'endormir. J'avais des visions de ce que j'avais vu. C'est donc le pire, le film le plus effrayant, peut-être, de l'histoire du cinéma. Donc, elle devrait se donner une deuxième chance et voir des choses plus accessibles.

Comment on explique que c'est un genre qui, tout de même, est autant de succès, alors qu'on pourrait dire qu'il est presque niche ? Ça vise un public qui aime avoir peur. Et ce n'est pas le cas de tout le monde. Ce n'est pas le cas de Sylvie, par exemple. Et ça vise, on le disait beaucoup autour de cette table depuis le début de l'émission, un public jeune. Est-ce que c'est encore le cas aujourd'hui ? Est-ce qu'on peut encore dire que c'est un genre qui est niche ? Ou ça en sort un petit peu de plus en plus ? On a moins de jeunes peut-être en salle, Corinne Pellissier. Alors, moi, je trouve que c'est un genre qui sort de sa niche depuis quelques années pour plein de raisons différentes.

Enfin, je trouve qu'il y a des signes d'ouverture. Déjà, on parlait du Covid en sortie de Covid. Quand les cinémas rouvrent leurs portes et que les films arrivent en salle et qu'on voit à quel point il est difficile de faire revenir le public, il y a un film en 2022 qui n'est pas tout le monde. C'est le film Smile, c'est un jeune réalisateur. Il s'appelle Parker Finn. C'est son tout premier film. En un mois, il fait un million d'entrées. Alors qu'à ce moment-là, quand on arrive à attirer 300 000 personnes en salle, on est content. On se dit, tiens, finalement, on n'a pas si mal réussi.

Et ce qui est rigolo, c'est de constater que la semaine où sort ce film, c'est la semaine où sort aussi le film sans filtre de Rubén Asloun, La Palme d'Or. Eh bien, lui, il va mettre quatre mois pour faire la moitié. C'est assez étonnant. Donc, on se dit, tiens, finalement, le cinéma d'horreur, c'est peut-être pas qu'une niche. Et puis, on voit de plus en plus les grands festivals qui s'en saisissent aussi. Une Palme d'Or à Cannes, quand même, Julia Ducourneau pour Titane. The Substance aussi, qui a eu des prix, qui s'est retrouvé aux Oscars, qui a eu un Oscar du maquillage, qui a eu aussi un Golden Globe pour Demi Moore.

Autre indice, des comédiens qu'on pourrait trouver plus grand public qui arrivent vraiment au cinéma d'horreur, donc Demi Moore. Vincent Lindon chez Julia Ducourneau dans Titane. On peut citer Renate Rensveux dans Backroom. Même Kate Blanchett dans ce film Rumors qu'on avait vu au festival de Gérard May il y a un an ou deux, je ne me souviens plus. Donc, tout ça, ça crée de l'appétit. Et du coup, ça fait un peu bol de neige. Ça devient presque un phénomène de pop culture. C'est-à-dire, si on prend le film Évanoui qui est sorti l'année dernière, c'est tellement culte que même ceux qui ne l'ont pas vu ont le goût de ce film-là parce qu'aux Oscars, ils en ont fait même une parodie en ouverture.

Comment il s'appelle ? Conan O'Brien, qui a fait un petit sketch en parodiant ce film-là. Et tout le monde a marché, même ceux qui ne l'ont pas vu, ont compris que c'était hyper sympa et il se passe quelque chose. Et il a fait énormément d'entrées en France. Je n'ai pas le box-office en fait. Un million en France. Plus d'un million. Je voudrais revenir à ce que vous disiez sur ces films qui arrivent dans des festivals dont ils étaient peut-être plus souvent absents avant. Est-ce que c'est une tendance qui est nouvelle, un tournant ? Vous en avez cité tout un tas. On peut citer Cannes, on peut citer les Césars aussi, les Oscars aux Etats-Unis.

Est-ce qu'on a de plus en plus ces dernières années de films d'horreur qui se frayent une place sur la scène du cinéma primé ? À Cannes, en tout cas, il y a les séances de minuit où il y a des films d'horreur. Il y en avait un cette année qui n'était pas très très bon. Mais les festivals accueillent de plus en plus du cinéma d'horreur. Cannes aurait dû ou aurait pu passer, je pense, Obsession. Il avait absolument sa place. Ou Backrooms, ça semble absolument évident. Je pense que oui, pour moi, c'est un cinéma pour les jeunes. Mais quand vous avez un film comme Obsession qui fait 500 millions de dollars, c'est vrai que tout le monde se précipite. Voilà, ça touche tout le monde maintenant.

Emmett nous attend au Standard. Bonsoir Emmett. Bonsoir. Vous nous appelez de Bagneux. On vous écoute.

16:26
Présentateur

Oui, totalement. Personnellement, je trouve que les films d'horreur, c'est un genre du cinéma qui a la particularité de nous transmettre énormément d'émotions. Par exemple, nos bâtons de cœur sont plus élevés quand on regarde un film d'horreur. Car notre attention est beaucoup plus privée que d'autres films. Aussi, cela permet une immersion totale. et ça nous permet du coup de vraiment se mettre à la peau d'un personnage qui expérience quelque chose d'horreifique.

17:03
Invité

On revient dans ce qu'on disait tout à l'heure sur cette expérience totale. Quel cinéma d'horreur qui nous procure des émotions, des sensations. Merci Emmett pour votre témoignage. Il y a Lucie également qui nous a appelé. Bonsoir.

17:16
Auditeur

Oui, bonsoir. Je voulais dire que je viens d'une famille où on considérait que faire voir des films d'horreur à nous, puisqu'on est quatre filles, c'était synonyme de courage si on les regardait. Donc, j'ai entendu votre intervenant dire que l'exorciste était le pire. Je l'ai vu à 11 ans. J'ai commencé par ça de Stephen King. J'avais 9 ans. Après, pendant des années, je regardais l'armoire dans ma chambre et je pensais à l'exorciste. Voilà, c'était la folie. Mais bon, aujourd'hui, avec le temps, je regarde de temps en temps des films d'horreur. Mais si je les regarde, c'est parce qu'en fait, ce sont les seuls qui font que je ne fais que ça.

Je ne suis pas sur mon téléphone en train de scroller. Après, vous avez parlé d'Evanouie. Je n'en ai pas entendu parler. Titane, pour moi, ce n'est pas un film d'horreur. On est dans les choses un peu comme Le Dain ou je ne sais pas quoi. Mais voilà, si je regarde des films d'horreur, c'est parce que ça me permet de rester hyper concentrée et que c'est les seuls qu'avec ce que je ressens, je déconnecte totalement de mon quotidien.

18:13
Invité

Des films captivants pour Lucie qui a démarré quand même très tôt un certain film d'horreur. On peut quand même se poser la question. On sait que c'est souvent des adolescents qui aiment braver peut-être parfois cet interdit. Des interdits au moins de 10, moins de 12, moins de 16 ou parfois un peu plus. Victor Lamoussière, est-ce qu'il y a aussi une dimension d'émancipation avec le visionnage de films d'horreur ? C'est souvent ceci à l'âge adolescent quand même. Tout à fait, tout à fait. À titre d'exemple, nous, il y a bientôt maintenant deux ans, on a sorti un film qui s'appelle Terrifier 3, un film avec un clown tueur. Et c'est un film qui a reçu une interdiction.

C'est vrai que nous, ESC, on est connus, enfin connus, entre guillemets, humblement, pour sortir des films d'horreur un petit peu radicaux, on va dire. Et on a donc sorti il y a deux ans ce film, Terrifier 3, qui a reçu une interdiction au moins de 18 ans de la part du CNC. Ce qui est assez rare en France. Ce qui est extrêmement rare. ça faisait quasiment 20 ans que ce n'était pas arrivé. La dernière fois que c'était arrivé, c'était Saut 3 en 2006. Donc ça faisait quasiment 20 ans. Alors les gens ont cru que nous, c'était un coup marketing. Pas du tout. C'est vraiment le CNC, une commission indépendante, qui s'est réuni, qui a interdit le film au moins de 18 ans.

Et il s'avérait que pour plein de raisons, cette interdiction est tombée à 5 jours de la sortie du film. Ce qui est absolument fascinant, c'est qu'à ce moment-là, c'est un film qui a été voué à faire quelques dizaines de milliers d'entrées. L'interdiction tombe. Et là, finalement, le film fait 500 000 entrées. Le film fait 500 000 entrées, c'est-à-dire que c'est un phénomène qui explose en 3 jours. Et phénomène très intéressant, c'est que nous, quelques temps après, on était sur un festival, un festival Lumière à Lyon. On rencontre un petit peu le public. On rencontre notamment plein de jeunes.

des gamins de 16-17 ans qui nous expliquent qu'ils ont réussi à tromper la sécurité des cinémas, qu'ils ont réussi, comme vous disiez, à aller un petit peu braver l'interdit, à aller se confronter à quelque chose qui, normalement, n'est pas regardable. Et voilà, il y a ce phénomène-là intéressant, effectivement, de braver l'interdit, comme vous disiez.

Et puis, il y a quand même un phénomène encore peut-être plus intéressant, plus passionnant, et qui renvoie même à pourquoi on regarde le cinéma d'horreur, c'est qu'on annonce un film interdit au moins de 18 ans, c'est-à-dire sur le papier, un film qui, a priori, même moralement, n'est pas bien, quelque chose qu'il ne faudrait pas voir, et c'est un film qui fait un demi-million d'entrées. Voilà, je crois qu'il y a quand même vraiment quelque chose à... Alors, malheureusement, il n'y a pas de psychologue autour de cette table, mais ça dit quand même vraiment quelque chose du genre humain. Mais parce que c'est transgressif. Exactement. On aime bien ne pas respecter les règles, forcément.

Bien sûr, bien sûr. Et moi, je crois que c'est aussi nous ce qu'on essaie de défendre chez ESC. C'est exactement ça. C'est que je pense que l'art se doit d'être transgressif et on essaie de s'inscrire en humble défenseur de cet art-là. Alors, c'est intéressant ce que vous disiez sur Terry Fire, qui va quand même assez loin, je crois, dans l'horreur, dans ce qui fait peur. Est-ce qu'un film d'horreur qui ne ferait pas assez peur, au contraire, serait l'équivalent d'un film raté ? Ou est-ce que ce n'est pas comme ça qu'on mesure justement la qualité ? Parce que parfois, on va plus vers ce qui est de plus en plus gore, de plus en plus horrible.

Mais on n'a pas forcément besoin d'aller jusque-là pour que ça marche, Marc Godin. Shining, par exemple, de Stanley Kubrick, ce n'est pas un film qui fait terriblement peur. Néanmoins, moi, c'est un film que j'ai vu, je ne sais pas, une cinquantaine de fois. Et il y a un mystère, il y a quelque chose qui fait que j'y reviens tout le temps. Et c'est la figure dans le tapis, c'est les pièces qui ne sont pas toutes les mêmes, c'est ce labyrinthe, c'est l'ogre qui est au fond tapis qui attend son fils. Il y a quelque chose qui me fascine dans le film. Ce n'est pas Terry Fire, il n'y a pas des scènes monstrueuses. Même la scène où le cuisinier est tué à coups de hache, c'est filmé d'assez loin.

Ce n'est pas le but du truc. Néanmoins, ça fait un effet qui fait que, je ne sais pas, 40 ans plus tard, ce film me hante toujours. Il n'y a pas toujours besoin d'avoir des sauts d'hémoglobine, en fait, dans le film d'horreur, de sortir des grosses consonneuses. C'est joué sur les nerfs, c'est joué sur la peur du noir, le hors-champ, énormément. Parfois, ce qui fait encore plus peur, c'est ce qu'on ne voit pas, on peut s'imaginer des trucs encore plus terribles. Il y a un film qui est sorti la semaine dernière, je pense, qui s'appelle L'Undertone, qu'on avait vu à Gérard May. Tout est fait avec le son et le hors-champ.

Le film n'est pas complètement réussi, mais il y a quelque chose, un défi qui est relevé de la pure mise en scène. Allez-y, Victor. J'allais simplement intervenir pour revenir là-dessus. On a pu distribuer des films très violents, mais je vous rejoins complètement. Ce n'est absolument pas ce qui définit un bon film. Un bon film, c'est de la créativité. Et je crois que le cinéma d'horreur, qu'il soit violent, pas violent, terrifiant ou pas terrifiant, là où il est passionnant, c'est qu'il est extrêmement créatif. Il y a beaucoup de films d'horreur qui sont en fait tout simplement de très bons films. De très bons films.

Et il n'y a pas du tout besoin de montrer nécessairement des hectoïdes de sang. À ce titre-là, il y a un film aussi qui est passionnant, c'est le premier Massacre à la tronçonneuse, qui a traumatisé toute une génération, qui me semble, a même été interdit en France quelques années. Quand vous regardez aujourd'hui Massacre à la tronçonneuse, ce dont vous vous rendez compte, et c'est là tout le génie vous avez vu un film extrêmement violent. Quand vous regardez, je veux dire, le film plan par plan pour ce qu'il est, dans Massacre à la tronçonneuse, il y a trois gouttes de sang à tout casser. Il n'y a aucun effet gore, il n'y a rien. Il n'y a pas de gros plans, oui. Non, non, non.

Toute la magie, c'est ce qu'on montre, c'est de l'atmosphère qu'on crée, c'est toute la magie du cinéma, du montage. Et c'est là où le cinéma d'horreur est vraiment passionnant. Je ne sais plus si je l'ai dit, mais moi, en tout cas, à mon sens, c'est un des cinémas les plus créatifs qui existent. Et on va continuer à parler de cette créativité dans le cinéma d'horreur dans un instant.

23:24
Présentateur

France Inter, le téléphone seul.

23:30
Invité

Il est 19h42 sur Inter, on parle du succès des films d'horreur ce soir sortis gagnantes en salle cet été. Pourquoi vous aimez ça ? Frissonner ? Ou au contraire, pourquoi vous n'aimez pas ? 01, 45, 24, 7000. On est toujours avec Victor Lamoussière du distributeur ESC Films avec le critique cinéma Marc Godin et notre spécialiste ciné et amatrice du genre à Inter, Corinne Félicier. J'aimerais revenir sur ce qu'on disait concernant la créativité et parler plus spécifiquement peut-être de deux films de cet été. On l'a dit, Obsession, il y a aussi Backroom. Ils ont la particularité d'avoir été réalisés par des très jeunes réalisateurs qui viennent d'Internet et en particulier des réseaux sociaux.

Est-ce que ça aussi, c'est quelque chose qui est nouveau dans le genre, Marc Godin ? J'ai l'impression que c'est une tendance et on va le voir de plus en plus si le metteur en scène d'Obsession et celui de Backroom ont eu ce succès. Je pense que tous les studios maintenant vont chercher des jeunes metteurs en scène entre 20 et 25 ans qui ont déjà eu des triomphes sur le net et puis surtout qui vont avoir des followers. Ça, c'est très important. Les deux metteurs en scène se sont signés pour faire des grosses productions qui vont arriver.

Je pense que ça va être la grosse tendance à aller chercher des gens sur le net qui ont déjà fait des films et qui ont des fans déjà qui sont prêts à aller voir leurs films alors qu'il n'y a aucune promotion et tous les jeunes qui les suivaient sur les réseaux sociaux veulent voir les films. Et donc, c'est la promesse d'avoir du monde dans ça. Pas que pour les films d'horreur d'ailleurs. On l'a vu avec le succès d'Inoxtag et de son film sur l'Everest. On voit bien qu'il y a une tendance qui est en train de se dessiner, une nouvelle génération qui arrive avec des codes modernes, les codes du web.

Une nouvelle mythologie, là en l'occurrence sur Backrooms, c'est ce qu'on appelle les creepypastas. C'est des histoires à faire trembler. C'est plus barbe bleue. Désolé Marc, on est dans le 23ème siècle. On va rappeler rapidement ce dont parle Backrooms. C'est un commerçant qui trouve dans le sous-sol de son magasin des dalles de salles et de couloirs qui ne se terminent jamais et qui sont terrifiants. Je résume dans les grandes largeurs. Ça fait appel à des codes qui existaient sur les réseaux sociaux. Et des images. Et c'était un hashtag, un mot-clé des réseaux sociaux Backrooms.

Est-ce qu'il n'y a pas à l'inverse le risque de s'enfermer finalement dans tout un tas de références que seuls justement les jeunes qui vont sur les réseaux sociaux peuvent comprendre et du coup on perd peut-être une partie du public, Victor Lamoussière ? Alors je veux dire, là je peux parler en tant que distributeur. On risque de se fermer à une partie du public. Pour autant, je vais vous dire, aujourd'hui, là on est en 2026, on est à l'ère des réseaux sociaux. Et pour des distributeurs que nous sommes ou même pour des plus gros encore distributeurs, c'est-à-dire pour des studios, je vais vous dire finalement si on va vers cette tendance et j'y crois, c'est du pain béni.

Un distributeur, le métier du distributeur c'est de faire la promotion d'un film. C'est faire le pont entre un réalisateur, une réalisatrice, une équipe de production et les spectateurs. Donc si vous entendez parler d'un film, théoriquement c'est qu'il y a un distributeur derrière. Qu'est-ce qui se passe avec ce phénomène des réseaux sociaux ? En tant que distributeur c'est le Graal, vous n'avez même plus besoin de faire la promotion puisqu'en fait finalement ces films s'auto-alimentent ce sont des cinéastes qui sont nés sur les réseaux sociaux qui ont déjà une communauté et ces films s'auto-alimentent dans leur promotion à travers les réseaux sociaux.

Vous en tant que distributeur vous n'avez plus qu'à regarder le phénomène. À la limite votre métier ça va être j'exagère évidemment le trait mais votre métier va être de faire le pari sur le bon cinéaste, la bonne cinéaste, la personne qui a vraiment du talent et voilà donc est-ce qu'on se ferme à une partie publique ? Je ne sais même pas puisque finalement on regarde ce qui s'est passé sur Backroom.

Moi pour vous dire par exemple à titre personnel je ne connaissais pas forcément enfin j'en avais entendu parler de façon très lointaine mais justement ça devient des phénomènes si importants qu'à la fin j'ai envie de dire presque le tout non on entend parler c'est-à-dire qu'on sort du cadre jeunesse réseaux sociaux et on devient un petit phénomène de pop culture.

Et ça ouvre peut-être des portes pour ceux qui n'en ont jamais entendu parler peut-être des concepts qu'on n'avait pas vu encore avant au cinéma et ça nous permet peut-être de sortir aussi de cet effet saga qu'on a aussi beaucoup dans le film d'horreur un succès qui a marché une fois et on en fait 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 je pense à Sceau je pense à Scream par exemple Moi j'ai l'impression que ça contribue aussi à faire sortir le cinéma d'horreur de la niche parce qu'on a dit ça plaît au public mais ça plaît aussi aux distributeurs parce que souvent ça ne coûte pas cher on parlait de Terry Fire le premier il a été fait avec 35 000 dollars il en rapporte 400 000 au box-office et puis ça peut rapporter gros effectivement et il y a de la créativité une audace qu'on ne trouve plus forcément à Hollywood aujourd'hui c'est un genre qui ne connaît pas la crise avec un public fidèle donc c'est tout bénef je pense que de plus en plus de distributeurs vont avoir envie d'aller vers ce genre vous ne serez plus tout seul non non nous on n'a pas inventé la poudre bien avant nous plein de distributes le cinéma d'horreur a toujours été là sur le marché français nous ce qu'on a essayé d'amener c'était déjà d'être un distributeur totalement spécialisé dans le cinéma de genre et puis essayer de faire revenir en salle des films qui marchaient en festival mais que plus personne n'osait vraiment amener en salle et puis c'est des films vachement bien mais qui terminaient tout de suite sur des plateformes donc nous notre ambition c'était ça mais de manière plus générale je pense que évidemment les studios vont s'en emparer c'est sûr et certain alors on ne va pas être les amis et pas que les studios là on le voit effectivement il y a un retour en grâce un petit peu du cinéma d'horreur c'est clair et 24 est sur le coup et 24 qui produit backroom c'est un des plus gros succès le réalisateur qui est de personnes il a 20 ans c'est leur plus jeune réalisateur signé dans ce studio et on lui propose déjà la version longue donc ça donne quand même une idée je suis complètement d'accord avec Victor signe que le genre va quand même vraiment très bien évidemment encore cette année encore en ce moment on va rejoindre Théo qui nous attend au standard bonsoir Théo

29:17
Auditeur

oui bonsoir en fait c'est super intéressant justement tout ce qui se dit et notamment par rapport à la consommation qu'on a aujourd'hui je trouve particulièrement de la violence en fait qu'il y a et qui est très bien montré en fait dans un film d'époque en fait qui date des années 70 et qui montre l'attrait qu'on a en fait pour cette consommation pour cette envie de montrer de la violence et qui s'appelle Cannibal Holocaust qui est personnellement qui est un de mes films préférés sur lesquels j'ai eu la chance d'écrire en fait aujourd'hui et moi je trouve ça particulièrement intéressant parce que ça montre cette envie de consommer de la violence ça montre cette obsession aussi quelque part dans le fait d'aller chercher toujours plus violent toujours plus racoleur aussi et dans le côté où certains studios comme vous le citiez vont aussi s'en emparer ensuite et vont voir vont capturer tout ce qui est possible tout ce qui est le plus violent tout ce qui est le plus inimaginable pour attirer de plus en plus de public et attirer de plus en plus de réactions donc je trouvais ça particulièrement intéressant surtout dans une époque où les signes d'horreur se généralisent de plus en plus on va chercher ce qui fait le plus peur et jusqu'où on doit aller en fait aujourd'hui pour faire peur qui t'a choqué de plus en plus en fait aujourd'hui

30:17
Invité

Merci Théo pour votre témoignage ça rejoint celui de Simon qui nous a écrit qui nous dit je trouve que les films d'horreur sont de pire en pire entre guillemets et qu'on y montre bien plus d'horreur qu'il y a 10, 20, 50 ans est-ce que vous êtes d'accord Marc Godin ? Non parce que l'auditeur l'a parlé d'un film qui c'est Cannibal Holocaust enfin si je ne vous le conseille pas obligatoirement On peut rappeler l'année ? C'est pas trop récent 76 ? 79 ? 79 ?

C'est une succession de tortures je pense dans celui-ci il y avait des animaux qui étaient éventrés enfin quelque chose de très dur on est très dur c'est du sadisme à l'état pur donc dire que maintenant ça serait beaucoup plus violent qu'avant je ne pense pas les effets sont peut-être beaucoup plus primitifs moins bien fait mais ce film-là et puis il y a toute une série de nanars italiens des années 70 avec des cannibales qui sont des films vraiment extrêmes que je ne conseille pas tout le monde Non non ça resterait particulier alors moi à titre personnel pour plein de raisons et je serais incapable de tuer une araignée dans la vraie vie donc je ne cautionne absolument pas le massacre d'animaux pour autant je pense alors dans le cas très précis de Cannibal Holocaust je ne vais pas me lancer dans une dissertation sur le film là maintenant parce que c'est ni l'endroit ni le moment je pense que c'est un chef-d'oeuvre qui clairement n'est pas à mettre en toutes les mains pour autant c'est un chef-d'oeuvre parce que ses conditions de production la façon dont il s'écrit il s'inscrit dans l'histoire du cinéma dans cette période du cinéma-là ce qu'il a créé ce qu'il a entraîné derrière est absolument fascinant et on pourrait en écrire des bouquins pour autant ça reste un film très particulier voilà alors effectivement je suis d'accord sur le fait que je pense que non non non il y a déjà effectivement quasiment 50 ans on montrait à l'écran des choses absolument abominables pour autant ce rapport à la violence dont parlait l'auditeur je le trouve très intéressant et alors ça c'est quelque chose que je dis souvent mais moi je compare souvent le cinéma d'horreur à quelque chose que je pense tout le monde a vécu en étant enfant quand vous êtes enfant souvent vous êtes à l'arrière de votre voiture avec votre parent et puis c'est-à-dire qu'il y a eu un accident de la route sur la nationale et là vos parents très justement et très normalement vont vous dire ne regarde pas ne regarde pas et en fait qu'est-ce qui se passe dans la réalité ?

Dans la réalité en fait il y a un bouchon en général il y a un bouchon parce que tout le monde ralentit et tout le monde regarde et en fait c'est ça la vérité c'est que tout le monde regarde et je pense que le cinéma d'horreur en fait est juste un miroir de cette chose-là et moi je crois que c'est un miroir très très sain c'est-à-dire qu'on a tout ça en nous et moi j'ai envie de dire évidemment en tant que passionné de ce cinéma-là j'ai envie de dire c'est pas si grave d'avoir ça en nous parce que je crois qu'on l'a tous et je crois qu'il y a quelque chose de très sain plutôt qu'effectivement aller regarder des contenus très violents sur internet je crois que le cinéma d'horreur offre cet espace ce qu'on disait au début de l'émission un espace sain où tout est faux où on peut se confronter à cette chose-là qu'on a en nous et Cannibal Holocaust a été un reflet de ça dans son temps Marc Godin Oui alors le cinéma est le reflet de son époque dans les années 70 c'est la naissance du gore avec des films de plus en plus extrêmes et on a une espèce de retour comme ça on vit une période je pense qui est très troublée très anxiogène et je ne suis pas étonné qu'un film comme Terrifier qui est vraiment très extrême des films d'horreur très visuels très sanglants fonctionnent ça me semble qu'il y ait une corrélation entre ce que vivent les gens au quotidien notamment les jeunes et puis ce qu'ils vont voir au cinéma pour essayer d'exorciser leur peur Cyril nous attend au standard avec peut-être un témoignage aussi qui va dans ce sens-là bonsoir Cyril

33:35
Auditeur

Allô bonsoir

33:36
Invité

On vous écoute

33:37
Auditeur

Alors pour Cannibal Holocaust c'est 1980 Merci Cyril Merci de la précision

33:43
Invité

Il a dû être produit en 79 et après sorti dans différentes dates dans différents pays

33:46
Auditeur

Ouais et donc alors juste pour à propos de Cannes pour moi Cannes est passé à côté pour moi The Substance et le film est titane pour moi c'est le pire de ce qu'il y a à faire dans l'horreur Honnêtement ils sont vraiment passés à côté du règne animal qui méritait vraiment d'être mis en avant

34:09
Invité

C'est intéressant mais on va pas se lancer dans un débat critique parce qu'on en aurait pour des heures Cyril vous aviez quelque chose à dire sur le lien entre le cinéma d'horreur et l'époque

34:16
Auditeur

Oui en fait pour moi c'est cyclique c'est à dire qu'en fait dans les années 70 on a eu des crises d'où aussi le gros boom du cinéma d'horreur dans les années 80 ça allait pas fort point de vue économique et il y avait le sida résultat on a eu les prédateurs on a eu des tas de films de vampires etc on a eu une grosse baisse dans les années 90 je crois que un des rares chefs-d'oeuvre des années 90 c'est Cimetière d'après Stephen King dont on a fait un remake qui est d'ailleurs une horreur et en fait on vit de nouveau une période qui est franchement pas évidente et je pense que les gens ont besoin de ce cinéma-là pour fixer leurs angoisses et je pense que c'est un besoin aussi c'est la catharsie c'est vraiment c'est un cinéma qui fait vraiment la catharsie

35:04
Invité

un besoin dans des périodes qui sont un petit peu compliquées de crise d'angoisse qu'on vit aussi en ce moment qu'on a vécu pendant la pandémie et qu'on peut vivre encore aujourd'hui j'aimerais qu'on parle rapidement aussi peut-être parce qu'on a beaucoup cité de films américains quelques-uns français autour de cette table est-ce qu'il y a une particularité du marché français avec le film d'horreur est-ce que c'est très accueillant ou au contraire il peut y avoir des réticences avec ce genre en particulier en France Victor Lamoussière vous parlez des productions françaises ou de la production horrifique en général de la production horrifique en France si j'ai envie de faire un film d'horreur est-ce que ça va être facile de le faire en France ou est-ce qu'il va falloir peut-être aller ailleurs aux Etats-Unis je le dis aussi parce que ça a pu arriver à certains réalisateurs bien sûr la production française je pense qu'on a énormément de gens talentueux et on le voit c'est vrai que dans les années 2000 on a eu ce qu'on appelait les French Frayers avec l'émergence de beaucoup de talent alors porté par Alexandra Jat Pascal Logier et d'autres il y a eu une petite baisse on va dire de régime et là on a un retour un petit peu en grâce qu'on évoque souvent avec de nouveaux cinéastes et émergents avec des femmes notamment alors chacun aura son avis sur les films mais on a quand même la chance d'avoir Julia Ducourneau et Coralie Farja qui en tout cas font des propositions de cinéma qu'on appréciera ou qu'on n'appréciera pas mais voilà donc on a quand même un retour de production française de qualité ou en tout cas des propositions françaises voilà pour autant la production de cinéma horrifique reste compliquée en France le plus compliqué c'est de trouver des budgets nous là on est en contact avec des équipes de production française et d'ailleurs c'est paradoxal puisqu'effectivement on voit un retour en grâce de cinéma là Cannes c'est un cinéma on va dire qui retrouve ses lettres de noblesse pour autant c'est vrai que dans le concret ça reste de toute façon de produire un film de manière générale est un parcours du combattant c'est vrai que le cinéma d'horreur les équipes de production se heurtent encore peut-être à certains a priori à titre d'exemple nous on est en contact avec une équipe de production dont on distribuera le film on en est très content bon ben ils nous ont raconté qu'ils sont allés voir les régions à un moment donné qu'ils ont pitché porte fermée immédiatement en disant nous on ne produira jamais ça vous voyez bon voilà ça reste compliqué ce qu'on constate aussi il y a des exceptions il y a une frilosité avec le genre horreur il y a une frilosité encore un petit peu en France il y a des a priori et même en termes d'entrée heureusement il y a des choses qui viennent me contredire avec oui le règne animal the substance il y a des vermines ou vermines complètement vermines aussi on a des succès pour autant c'est vrai que voilà on le voit et d'ailleurs c'était déjà à l'époque des french fryers en termes d'entrée parfois sur les productions horrifiques françaises et bien ça reste pas évident je vois les french fryers et c'est même étonnant parce que je regardais pour préparer l'émission on pourrait se dire que voilà les films d'Alexandre Aja les films de Julien Mori Alexandre Bustillo c'est des films qui ont cartonné non en fait c'est des films qui dépassaient très rarement les 100 000 entrées voilà donc il y a quand même cette frilosité encore un petit peu peut-être du public français pour aller voir des productions rifiques françaises on a clairement un problème on a les spectateurs on a les talents enfin si tu donnes un scénario à Gaspard Noé Marina Devant Xavier Jeans Aja ils vont vous faire un film d'horreur pas possible le metteur en scène de Vermine Vanisek son deuxième film il était obligé de le faire aux Etats-Unis c'est Evold Edburn c'est quand même très dommage je pense que c'est quoi c'est une fuite des cerveaux français on pourrait presque l'apparenter à ça non mais je pense que il y a une espèce de frilosité de la part des financeurs des télés qui ont un petit peu peur les comités de lecture qui doivent dire la scène avec la tronçonneuse là on va peut-être ils préfèrent je pense les films de François Ouzon ou les choses qui se passent dans des appartements dans le 18ème que des histoires de zombies et de mutants méchants mais c'est dommage parce qu'il y a un public donc comment expliquer ce paradoxe quand même parce que je pense que c'est un genre qui a mauvaise réputation il y a plein de gens encore en France oui oui je pense de la part des décideurs c'est pas encore acté c'est pas encore fait mais avec les triomphes qu'il y a je pense que ça va donner des idées à plein de gens on va voir c'est évident qu'il y a des talents en France c'est évident que les films vont sortir on a des talents en France on a un festival aussi on l'a cité Gérard Armé voilà mais peut-être que c'est pas suffisant pour rassurer il y a un film français qui sort qui s'appelle Flush l'histoire d'un homme qui se retrouve pendant une heure et quart avec la tête coincée dans les trous des WC j'ai vu en festival les gens hurlent pendant une heure et quart c'est extraordinaire Corinne Pellissier oui moi je voulais revenir sur Sébastien Vanitschek qui effectivement part faire un film aux Etats-Unis pas tellement parce qu'il peut pas le faire en France c'est parce qu'il est sollicité Sam Rémy l'a repéré voulait absolument le signer pour la suite de sa saga Evil Dead donc moi j'y vois quelque chose de plutôt positif effectivement en France Vermine a fait à peu près 200 000 entrées ce qui n'est pas beaucoup Evil Dead Bird n'a pas fait beaucoup plus non plus mais on sent qu'il y a un succès d'estime on sent que dès qu'il y a un talent qui est en train d'émerger on a envie de venir nous le piquer les américains ont toujours fait ça oui c'est pas du tout propre aux films d'horreur donc on peut en étire aujourd'hui mais il faudrait peut-être que les financeurs en France se disent qu'il y a un public quand même il n'est même pas allé chercher il est là absolument ils sont là merci beaucoup pour cette discussion passionnante qu'on doit devoir se terminer là merci d'avoir été autour de la table pour discuter de ça avec nous Victor Lamoussière directeur général du distributeur ESC Film spécialisé dans l'horreur le dernier long métrage à votre tableau de chasse sort le 11 novembre au cinéma en France il s'appelle Unfermerie si je ne me trompe pas Marc Godin critique cinéma du magazine Technicart et Corinne Pellissier spécialiste cinéma au service culture de France Inter merci à nos auditeurs merci également à toute l'équipe du Téléphone Sun Benjamin Dussi Mathias Dubois Baptiste Piqué à la technique ce soir Loïc Frapsos et Achille Ackmin et merci à Oscar et Théophile au standard Sous-titrage ST' 501