Pascal Canfin : "Nous sommes entrés dans une nouvelle ère, celle de la souffrance climatique"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:06OuverteRéponse directe
Le retard accumulé n'est-il pas colossal et surtout, est-il rattrapable ?
- 2:54ComplaisanteRéponse directe
Essayez de nous parler franchement. Je ne veux pas que vous soyez à tout prix apporteur de mauvaises nouvelles.
- 3:59RelanceRéponse partielle
Sur les passoires thermiques, il y a un compromis avec un horizon 2028. Est-ce la bonne méthode ?
- 6:22OuverteRéponse directe
Deux questions supplémentaires sur la voiture.
- 6:35OuverteRéponse directe
Le durcissement du contrôle technique pour les véhicules diesel va entrer en vigueur le 1er juillet. Est-ce que ça, c'est une bonne chose ?
- 7:37RelanceRéponse directe
Critère 5, est-ce suffisant ? Est-ce qu'il n'aurait pas fallu dire critère 4 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:14Invité politiqueFait
« On paye 30 ans d'inaction. »
- 1:52Invité politiqueFait
« Le climat s'est déréglé de 1 degré. »
- 2:09Invité politiqueFait
« La perspective, si on ne change pas profondément de modèle, c'est à la fin du siècle, voire même largement avant, 2050, 2060, 2070, 3, 4, peut-être 5 degrés de réchauffement climatique. »
- 3:22Invité politiqueFait
« On sait faire des énergies renouvelables pas chères. »
- 3:25Invité politiqueFait
« On sait faire du bio à grande échelle. »
- 3:27Invité politiqueFait
« On sait faire des maisons à énergie positive. »
- 4:58Invité politiqueFait
« Un logement indécent, vous ne pouvez pas le mettre sur le marché. »
- 5:32Invité politiqueFait
« Si votre logement est une passoire thermique, vous ne pouvez plus légalement, là cette fois-ci c'est d'ores et déjà, augmenter le loyer. »
- 7:13Invité politiqueChiffre
« Sur le quinquennat, 4 cinquièmes des investissements dans les transports seront dans les transports verts. »
- 9:27Invité politiquePromesse
« En 2040, en France, on ne pourra plus vendre de véhicules diesel essence. »
- 11:16Invité politiqueFait
« L'engagement du gouvernement, c'est qu'on ne recule pas, mais on n'avance plus. »
- 11:54Invité politiqueFait
« Il faudra peut-être revalider par le vote. »
- 18:09Invité politiquePromesse
« Nous ne signerons pas, la France ne donnera pas son accord à un accord commercial avec le Mercosur, donc avec le Brésil, si le Brésil maintient sa volonté de sortir de l'accord de Paris. »
Temps de parole
- Pascal Canfin73 %
- Présentateur21 %
- Auditeur4 %
- Locuteur non identifié2 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L'invité du grand entretien du 7-9 ce matin est eurodéputé La République En Marche, il renew, on dit au Parlement européen, il occupait la deuxième place de la liste lors des élections européennes. Vos questions, réactions, 01-45-24-7000, réseaux sociaux, applications mobiles de France Inter pour pouvoir dialoguer. Bonjour Pascal Canfin, avec vous, la France a battu hier un record de chaleur pour un mois de juin, Pascal Canfin, 41,9 degrés dans le Gard. Quatre départements du Midi sont placés en alerte rouge aujourd'hui, 43 à 45 degrés attendus, là aussi c'est une première.
Cette canicule qui dure encore, qui intervient très tôt dans l'année, semble révélatrice du climat qui pourrait à l'avenir être le nôtre et de l'immensité de ce qu'il reste à faire pour l'affronter. Revoir l'utilisation de la voiture, l'organisation du travail, des écoles, des hôpitaux, des manières de construire de nouveaux bâtiments, de faire de l'urbanisme, j'arrête la liste. Le retard accumulé, Pascal Canfin, n'est-il pas colossal et surtout, est-il rattrapable ?
On paye 30 ans d'inaction. Et donc, ce qui est important aujourd'hui, c'est de comprendre qu'on est entré dans une nouvelle ère qui est celle de la souffrance climatique. Au printemps, moi je suis de la région des Hauts-de-France, comme on dit maintenant. Au printemps, il y avait un état d'urgence sur l'eau, le manque d'eau, dans le nord de la France. Au printemps, c'était inimaginable, quand je suis né, que ça puisse arriver. Et c'était des mesures de restriction sur l'eau qu'on trouvait il y a quelques années dans le sud à la fin de l'été. Donc, on est rentré dans une ère de souffrance climatique.
Et je pense que tous ceux qui vont vivre les températures caniculaires aujourd'hui, voient parfaitement ce que ça veut dire. Or, ce que disent les scientifiques, c'est que le climat s'est déréglé de 1 degré. La situation dans laquelle on est aujourd'hui. La perspective, si on ne change pas profondément de modèle, c'est à la fin du siècle, voire même largement avant, 2050, 2060, 2070, 3, 4, peut-être 5 degrés de réchauffement climatique. C'est-à-dire au minimum x 5 par rapport à ce qu'on connaît comme désagrément majeur aujourd'hui. Donc, il faut tout repenser.
C'est pour ça que quand l'Assemblée nationale adopte, hier ou avant-hier, l'état d'urgence climatique en France, comme d'autres pays, il faut en tirer les conclusions. Ce n'est pas des paroles verbales. C'est ce que je vous dis, il faut en tirer des conclusions. L'état d'urgence, ça veut dire état d'urgence.
Alors là, c'est la mobilisation générale.
Exactement, c'est la mobilisation générale. D'où aussi le parallèle avec le Conseil de défense et le Conseil de défense écologique. Ça veut dire qu'on rentre dans une nouvelle ère où il faut profondément changer nos habitudes, y compris bien évidemment les habitudes politiques. Est-ce trop tard ?
Essayez de nous parler franchement. Je ne veux pas que vous soyez à tout prix apporteur de mauvaises nouvelles, mais c'est juste qu'on sache.
J'aimerais vous dire que j'ai la certitude que ça n'est pas trop tard. Ce n'est pas vrai. Ce que je peux vous dire, c'est exactement ce que disait Barack Obama avant de partir, malheureusement, quitter la Maison Blanche. C'est quoi ? On est la première génération à connaître la souffrance climatique et on est à la fois la première génération à avoir toutes les solutions entre les mains. Et c'est vrai, on sait faire des énergies renouvelables pas chères. On sait faire du bio à grande échelle. On sait faire des maisons à énergie positive. On sait tout faire. Donc maintenant, il faut arrêter de se dire que c'est pour les générations futures et que la technologie nous sauvera dans 30 ou 40 ans.
On sait tout faire aujourd'hui. Il faut le déployer. Et pour le déployer, il faut changer les règles du jeu. Par exemple, sur les logements. C'est pour ça que le débat qui est en cours en ce moment même à l'Assemblée nationale pour changer les règles du jeu, enfin, sur la question de la rénovation des bâtiments, est fondamentale. Puisque le Conseil climat montrait que c'était le sujet sur lequel on était le plus en retard.
Et la taxe carbone sur laquelle on va revenir. Mais alors, précisément, sur les passoires thermiques, il y a un compromis qui a été trouvé avec un horizon 2028. De 2023 d'abord et ensuite 2028. Est-ce la bonne méthode ? On peut comprendre intellectuellement ce qu'est un compromis. Mais considérant l'urgence, ces horizons qui sans cesse reculent. Ce n'est pas exactement ça. Pour la première fois... C'est un compromis qui vous va, 2028. 23 puis 2028.
Si ça n'était que 2028, ça fait un peu tard, je suis d'accord avec vous. C'est quoi l'objet du compromis, pour que les auditeurs nous comprennent ? C'est de dire, à partir de certaines dates, 2023, grosso modo, vous aurez de plus en plus de difficultés à pouvoir, quand vous êtes propriétaire, louer un logement qui sera considéré, parce qu'il n'est pas aux normes de consommation d'énergie ou d'efficacité énergétique, qui sera considéré comme indécent. Et un logement indécent, vous ne pouvez pas le mettre sur le marché. Et si on veut que les propriétaires fassent les travaux, ce n'est pas simplement de la stigmatisation.
Si on veut que pour de vrai, ils fassent les travaux, on ne va pas leur dire que l'interdiction, c'est demain matin. Parce qu'évidemment, ne faites pas des travaux de rénovation énergétique de plusieurs centaines de milliers de logements en quelques jours. Donc, il faut laisser le temps pour que les travaux se fassent. Par contre, il faut que le signal, et c'est ce qui a été donné, soit extrêmement clair. À partir d'une certaine date, 2023, vous commencerez à ne plus pouvoir louer, à ne plus pouvoir mettre sur le marché.
Deuxième élément qui a été voté aussi, c'est que si votre logement est une passoire thermique, vous ne pouvez plus légalement, là cette fois-ci c'est d'ores et déjà, augmenter le loyer. Donc, on commence à rentrer dans le dur et à prendre au portefeuille. Et moi, il y avait d'autres mesures possibles.
J'ai été très frappé, ça ne s'est pas beaucoup vu, mais je vais vous le dire ce matin, j'ai été très frappé des différents lobbys, l'AFNAIM et d'autres associations qui représentent soit les promoteurs, soit les propriétaires, qui ont fait un lobby en coulisses majeur pour tuer, pour détricoter, toutes les mesures qui étaient progressivement proposées par les députés ou le gouvernement pour durcir les règles du jeu. Et sincèrement, je pense que si on est dans un état d'urgence écologique, donc il faut une mobilisation générale de tout le monde, y compris de ceux dont ce n'est pas la position historique comme les promoteurs immobiliers.
Et qu'ils arrêtent en coulisses, sous les radars, d'essayer de décricoter. Moi, ça m'insupporte et je voulais le dire ce matin.
Deux questions supplémentaires sur la voiture. Le durcissement du contrôle technique pour les véhicules diesel va entrer en vigueur le 1er juillet. Il aurait dû entrer en vigueur plus tôt, mais il y a eu la crise des gilets jaunes. Est-ce que ça, c'est une bonne chose ?
C'est toujours pareil. Oui, il faut envoyer un cap très clair. Il faut durcir les règles du jeu. Parce que si, on le disait au début de l'émission, si on ne change pas les règles du jeu, bien évidemment, rien ne changera. Et on aura un monde à 5 degrés de réchauffement climatique. Mais pour changer les règles du jeu, un, que ce soit acceptable socialement, et deux, que ce soit efficace sur le plan écologique, il faut l'accompagnement. Et l'accompagnement, c'est tout le fait que les Français aient la possibilité de se passer de leur voiture. Ça, c'est l'investissement dans les transports en commun, dans les trains, dans les vélos, les covoiturages. Et je note une chose qui est importante.
Sur le quinquennat, 4 cinquièmes des investissements dans les transports seront dans les transports verts. Le train, le covoiturage, le vélo, le vélo électrique, etc. Donc, c'est un changement de modèle qui est à l'œuvre.
Il y a aussi l'interdiction des véhicules critères 5 dans la majeure partie des communes autour de Paris, à l'intérieur de la boucle que forme l'A86. Critère 5, est-ce suffisant ? Est-ce qu'il n'aurait pas fallu dire critère 4 ? Et question subsidiaire, mais cruciale, n'est-ce pas ? Enfin, est-ce que ça ne tombe pas systématiquement sur les mêmes ?
Voilà. Donc, si on allait encore plus vite, encore plus loin, votre question serait de dire, mais est-ce que ce n'est pas aller trop vite ? Donc, je pense qu'il faut d'abord réussir la sortie du marché, donc du marché de nos routes, donc de l'air que l'on respire, des voitures qui sont les plus polluantes. C'est ça le défi. Parce qu'effectivement, et ça, ça passe par l'accompagnement. Donc, c'est toute la batterie de mesures, de primes à la conversion, de bonus écologique, que ce soit l'État, que ce soit les régions. Et ce sont les deux jambes. La jambe de l'accompagnement, y compris financier, que ce soit les propriétaires, que ce soit les propriétaires de véhicules, etc.
et le durcissement des normes. Et c'est comme ça qu'on réussira. S'il n'y a que les grandes ambitions à 2030 ou 2040, sans le durcissement des normes, chacun comprendra que ça ne marchera pas. Mais s'il n'y a pas l'accompagnement social, on ira aussi dans le mur. Je pense que c'est la grande leçon, à la fois de la crise des îles jaunes, et de la crise climatique, de la souffrance climatique dans laquelle on est.
Je vais vous demander de la franchise, Pascal Canfin. Je le suis depuis le début. Parce que les citoyens sont adultes. Peut-on relever le défi écologique et climatique sans revenir à une forme d'écologie punitive, ou en tout cas très fortement, très fortement dirigée ? Parlez sans langue de bois.
Ça dépend de ce que vous appelez le punitif. Si vous dites sortir des voitures fossiles, que ce soit diesel ou essence, qui utilisent du pétrole pour passer à des modes de mobilité qui soient soit électriques, soit neutres, soit hydrogènes, donc zéro carbone, il faut à la fois la technologie, ça ce n'est pas du punitif, mais il faut la règle. Et la règle, elle a été votée dans la loi récente sur les transports en disant en 2040, en France, on ne pourra plus vendre de véhicules diesel essence. Ça veut dire que si vous remontez le temps, quand vous êtes en 2030-35, que vous achetez un véhicule diesel essence, vous savez que vous aurez beaucoup de difficultés à le revendre derrière.
Du coup, ça va accélérer la transformation du secteur de l'industrie. Est-ce que c'est punitif ? Non, puisqu'on laisse le temps aux acteurs de s'organiser. Est-ce que le cap est extrêmement clair et la règle du jeu va changer ? Oui. Et je pense que c'est ça le bon équilibre.
Mais quand j'emploie ce terme, c'est pour dire sortir de la bonne volonté des citoyens, au fond. Et de la responsabilisation comme... Je n'ai pas dit Alpha ou Omega, mais en tout cas, c'est l'essentiel du chemin.
Un exemple, c'est les logements. On vient d'en parler. Jusqu'à présent, et ça fait 10 ans qu'on échoue. C'était vrai sous Sarkozy, c'est vrai sous Hollande. C'était vrai sous Hollande aussi, et c'est vrai des deux premières années du quinquennat Macron. Nous n'arrivons pas collectivement à atteindre nos objectifs. Donc, ce n'est pas une question de couleur politique. C'est une question systémique. Pourquoi ? Et je rejoins votre point. On s'est entièrement reposé sur l'incitation individuelle. Ce serait bien que les propriétaires fassent les travaux de rénovation énergétique pour eux-mêmes ou pour leurs locataires, et on va leur filer un petit peu d'argent via un crédit d'impôt.
Ça ne marche pas. Et donc, il faut tirer les leçons et passer à des règles plus contraignantes. C'est exactement ce qui est en train d'être fait. C'est pour ça que je pense qu'on verra demain, puisqu'il y a encore des votes cette nuit et aujourd'hui. Donc, on verra demain. Je pense qu'on va rentrer dans une nouvelle situation où les propriétaires, que beaucoup de Français sont, ou de locataires, vont comprendre qu'on n'est plus dans l'incitation individuelle sympathique, mais inefficace. On a durci les règles du jeu. Reverra-t-elle le jour d'ici la fin du quinquennat, la taxe carbone, et sous quelle forme ? Elle n'a pas disparu, la taxe carbone.
Et c'est une grande différence, d'ailleurs, avec ce qui avait été fait auparavant. C'est-à-dire que quand il y a eu le débat sur l'éco-taxe, vous vous souvenez, les bonnets rouges, le gouvernement de l'époque avait tout simplement supprimé la taxe carbone.
Et entre parenthèses, solide.
Non, ce qui est entre parenthèses, c'est l'augmentation. C'est-à-dire que, pour l'instant, l'engagement du gouvernement, c'est qu'on ne recule pas, mais on n'avance plus. Pourquoi ? Parce que ça n'a pas été compris. On ne va pas revenir sur les séquences. Moi, je pense qu'on ne pourra repartir de l'avant qu'à deux conditions. Un, que le Conseil de participation citoyenne, donc les citoyens qui vont être tirés au sort et qui vont se saisir de cette question, refassent des propositions, avec le politique, bien évidemment, et éventuellement que ça puisse même aller à un référendum, parce qu'on a bien vu que ça a crispé l'intégralité de la société. Il faudra peut-être revalider par le vote.
Exactement. Et peut-être que c'est ça la bonne solution, parce que les Français se diront qu'on est face à nos responsabilités. Premier élément. Deuxième élément, l'accompagnement social. C'est ce que je disais tout à l'heure. Si la transition écologique est injuste ou perçue comme injuste, alors elle ne se fera pas.
Alors, arrivons au Parlement européen avant de donner la parole aux auditeurs de France Inter. Monsieur l'eurodéputé Pascal Canfin, faut-il vous appeler Monsieur le Président de la Commission Environnement du Parlement européen ?
Probablement. Le vote sera dans quelques jours, début juillet, mais il y a un accord des groupes politiques majoritaires au Parlement européen pour qu'effectivement, je prenne la présidence de cette commission qui sera assez centrale dans les cinq ans qui viennent puisque toutes les lois européennes sur le climat, sur la biodiversité, sur la pollution de l'air, sur les voitures, etc. sont co-décidées par cette commission. D'accord, donc c'est quasiment fait. C'est quasiment fait, mais je respecte évidemment le fait qu'il faut qu'il y ait une élection début juillet.
Que cette commission échappe au vert, est-ce un signe politique ? Je n'essaie pas de faire de la politique politicienne. Vous avez bien parti pourtant. Non, mais est-ce que c'est un signe politique du fait qu'ils ne sont plus propriétaires de ces questions ? Et si on va plus loin, qu'ils ne sont plus les seuls légitimes à les porter ?
C'est ma profonde conviction parce que c'est la condition du succès. On ne peut pas dire qu'il y a état d'urgence écologique, qu'on doit tous se réunir. Vous avez employé vous-même le terme de mobilisation générale et considérez qu'il n'y a qu'un seul parti qui pourrait contribuer, voire réussir un jour, cette mobilisation générale. La bataille du climat, elle implique qu'on s'y mette tous. Les verts, bien évidemment. Bien évidemment, c'est pour ça que depuis le début, nous avons dit nous voulons un contrat de coalition à quatre parties au Parlement européen que je suis en train de négocier en ce moment même. On est, on dirait, au 4-5ème des discussions.
On peut conclure peut-être la semaine prochaine, sinon la semaine suivante. Pour la première fois, il y aura un accord de coalition et j'espère, je vous le dis très sincèrement, j'espère que les verts seront à bord. En tout cas, je suis dans la même salle de négociation que Yannick Jadot et je m'en félicite. Et ça se passe bien entre vous ? Et ça se passe très bien. Ça coince sur quoi ? Ça se passe très bien. Pourquoi ? Parce que moi, j'agrège les énergies. Je pense que la pire façon de faire par rapport au climat, ce serait de prétendre qu'une seule voix est audible ou crédible. Non, il faut agréger.
Agréger les entreprises, agréger les locaux, agréger les propriétaires parce que sinon, ils font du lobby contre, etc. Il faut agréger, il faut entraîner la société. C'est ça ma philosophie depuis le début. Et donc, c'est ce que nous sommes en train de faire. Je ne vous dis pas encore en train de réussir puisque il y a encore du chemin à parcourir, mais je pourrais vous le dire, soit la semaine prochaine, soit la semaine suivante.
Monsieur le futur président, ça peut coincer sur quoi ?
Ça peut coincer sur l'ambition de la profondeur du changement à opérer. Et aujourd'hui, dans les discussions que nous avons et que nous sommes engagés à ne pas dévoiler, sinon ça part dans tous les sens et donc je ne vais pas le faire moi-même, mais on a aujourd'hui une droite européenne, le PPE, qui bouge beaucoup plus qu'avant, notamment sous l'effet du résultat en Allemagne politique et de l'affaiblissement de la CDU, qui a bien compris que la prochaine coalition majoritaire en Allemagne, il y a 9 chances sur 10 que ce soit CDU, donc la droite allemande et les Verts. La question est dans quel ordre ?
Et donc du coup, la CDU, donc la droite européenne, bouge, donc je pense qu'on peut avoir un contrat de coalition pour la première fois en Europe puisque, c'est ce qui l'a rappelé par avant, c'était toujours un accord de poste entre la droite et la gauche. Là, on peut avoir pour la première fois une feuille de route cohérente, majoritaire, pendant 5 ans. Ce serait un très grand progrès écologique, évidemment, et démocratique.
Bon, j'ai encore beaucoup de questions à vous poser mais je vais donner la parole aux auditeurs de France Inter parce qu'ils sont très nombreux aussi ce matin. Bonjour Stéphane. Bonjour. Bienvenue, on vous écoute.
Bonjour. Un petit problème. En même temps, on dit qu'il y a une urgence écologique et en même temps, on signe des accords avec le Canada pour des échanges internationaux, commerciaux. Donc, il n'y a aucune remise en cause de toute cette problématique des super conteneurs. En France, on a construit le plus gros, je crois, porte-conteneurs du monde et ainsi de suite. Et donc, il n'y a pas de remise en cause du tout. Et à la marge, on fait semblant et on culpabilise les gens en disant que vous avez une voiture qui n'est pas propre. Mais en même temps, on ne remet rien en cause sur le fond. Et c'est là où est tout le problème, c'est le en même temps, une fois de plus.
Actuellement, nous, on est dans les Alpes, comme partout, c'est la catastrophe. Tous les glaciers fondent, nos stations de ski vont toutes s'arrêter parce qu'il y a une marche sans marche rapide. Il y a tout un problème économique derrière. Il n'y a aucune remise en cause sur le fond. À chaque fois, on fait ça. Il y a 30 ans, des gens ont déjà dénoncé ces phénomènes. On les a pris pour des rigolos. Maintenant, on continue à aller, il faut aller bien plus vite, bien plus loin, mais on fait le en même temps. Voilà, c'est un peu ma question.
Et à propos de en même temps, je voulais féliciter France Inter pour qu'il fait de la publicité pour Air France et en même temps, on parle des problèmes climatiques. Vous voyez, il y a un problème global de la société.
Je ne vous cache pas, Stéphane, que ça me traverse l'esprit à chaque fois que j'entends cette publicité. Fin de la parenthèse, Pascal Canfin,
vous me permettrez 30 secondes sur le en même temps de France Inter, M. Demorand. La dernière fois que je suis venu, c'était la journée sans plastique. Vous avez dit, on arrête les bouteilles en plastique. Là, j'ai un gobelet en carton. D'où vient l'eau de la bouteille en plastique qui est derrière la caméra ? Je suis d'accord aussi. S'il vous plaît, mettez en oeuvre aussi à France Inter vos valeurs. Je le dis à la direction. Ce n'est pas à vous que je m'adresse, mais c'est à la direction de France Inter. Ce n'est pas compliqué d'avoir une gourde ou de l'eau de Paris à la place de la bouteille en plastique.
Donc maintenant, on en vient à une chose beaucoup plus compliquée qui est le commerce international. Vous le savez, j'ai oublié le prénom de l'auditeur, je m'en excuse. Stéphane. Vous savez que la France, Emmanuel Macron, est le seul président, chef d'État, pardon, à avoir dit non à l'ouverture de négociations avec les États-Unis de Donald Trump parce que les États-Unis de Donald Trump veulent sortir de l'accord de Paris. Il a donc dit non à l'ouverture de nouvelles négociations commerciales.
Par ailleurs, ce qu'il a dit hier à Osaka en ouverture du G20, nous ne signerons pas, la France ne donnera pas son accord à un accord commercial avec le Mercosur, donc avec le Brésil, si le Brésil maintient sa volonté de sortir de l'accord de Paris. Troisième élément sur le CETA, sur le CETA, il arrive en ratification en France comme dans tous les autres pays européens. Je pense que le bon équilibre c'est d'exiger que ce qu'avait gagné Nicolas Hulot lorsqu'il était là, à savoir ce qu'on appelle le veto climatique.
Le veto climatique c'est de dire aucun investisseur canadien ne pourra se prévaloir d'une des dispositions du CETA, ce qu'on appelle les tribunaux d'arbitrage et je ne veux pas rentrer trop dans le détail, pour attaquer un État européen en justice parce qu'on mettrait une contrainte au nom du climat. Une contrainte sur l'importation de sable hubite mineux, une contrainte sur d'autres secteurs sur lesquels il y a des entreprises canadiennes qui sont positionnées et qui exporteraient vers l'Europe.
On dirait que c'est impossible de contraindre les Européens à ne pas agir parce qu'il y a un veto climatique et ce veto climatique qui a été gagné par la France, il faut qu'il soit agréé, ratifié par le Canada. Pour moi, c'est une condition pour qu'on puisse sereinement ratifier cet accord commercial qui, je le répète, a été négocié avant l'arrivée d'Emmanuel Macron à la présidence de la République.
Une question rapide, réponse rapide de Magali sur l'application d'Inter pour les logements passoires déjà loués et donc déjà sur le marché. Comment obliger les propriétaires à rénover, Pascal?
Donc, un, vous ne pourrez pas augmenter le loyer plus que l'inflation si vous êtes déjà dans cette situation. Donc, ça veut dire que c'est une première contrainte pour le propriétaire. Et la deuxième contrainte, c'est qu'à un moment donné, votre locataire, il va partir. Si vous voulez le remettre sur le marché dans les horizons temporels que j'évoquais tout à l'heure, que vous évoquiez aussi, c'est-à-dire 2023-2028, et que vous n'avez pas fait les travaux avant, eh bien alors, là, vous commencerez sérieusement à être pénalisé.
Daniel est en ligne.
Bonjour, bienvenue. Bonjour, messieurs. On vous écoute. Monsieur Canfin, j'imagine que les actions de L214 ou de Greenpeace vous tiennent à cœur. Je me demande comment vous pouvez être sur une liste européenne avec monsieur De Serle, qui est quatrième sur votre liste, et qui a dit qu'il fallait taper sur L214 et sur Greenpeace, et qui est pour le glyphosate. Donc, je vous pose cette question. Donc, j'imagine que si vous y êtes, c'est que la soupe est bonne.
Ben, écoutez, je vous laisse le commentaire, Daniel, et surtout la réponse
à Pascal Canfin. Ou alors, vous pouvez justement imaginer le contraire. à savoir que si on veut sortir de cet affrontement culturel entre les agriculteurs d'un côté et les écologistes de l'autre, et se renvoyer soit à coup de procès, soit à coup d'invective, etc., un système qui, évidemment, fait du mal-être animal, puisque vous évoquiez ce sujet, eh bien, il faut trouver une nouvelle règle du jeu. Et la nouvelle règle du jeu, que ce soit sur les abattoirs, que ce soit sur le bœuf, que ce soit sur l'ensemble de la production agricole, je suis désolé de le dire, monsieur, mais on ne la trouvera pas contre les agriculteurs.
De la même manière qu'on ne fait pas bouger la société contre les Français. Ça n'existe pas. Ça peut être dans des rapports, ça peut être dans les rêves de certains, mais ça n'existe pas dans la vraie vie. Et donc, c'est pour ça que moi, je me bats. Avec le monde agricole qui bouge, certaines parties du monde agricole ne bougeront pas. C'est vrai, mais quand ils seront minoritaires et que la majorité du monde agricole sera prête à bouger et c'est en train de bouger sur les territoires, il n'y a jamais eu autant de conversion bio, par exemple, eh bien, cette marche en avant en quelque sorte dans la bonne direction, ça sera le meilleur gage de notre efficace. Question rapide,
Pascal Confin, toujours sur l'agriculture, le groupe nationaliste, appelons-le comme ça au Parlement européen, a hérité précisément de la commission agriculture. Vous êtes d'accord avec ça, à l'aise
ou vous le contestez ? Il y a deux étapes. Il y a une première étape où on ne peut pas empêcher, c'est une répartition en quelque sorte automatique, que l'extrême droite ait des responsabilités dans certaines commissions, notamment où c'est tombé sur la présidence de la commission agriculture. En revanche, ce qu'on va faire, c'est ce que nous souhaitons, nous, délégation française au Parlement européen, c'est de mettre en place ce qu'on appelle le cordon sanitaire, à savoir empêcher la semaine prochaine à Strasbourg que de l'extrême droite ait la présidence effective de commission.
Donc, il faut présenter des candidats contre eux, unis, on choisit, dans les groupes majoritaires, et on présente un candidat contre eux, c'est ce qu'on appelle le cordon sanitaire. Il faut le faire pourquoi ? D'abord pour une question de valeur, et d'autre part pour une question d'efficacité. L'Europe, c'est déjà tellement compliqué, si en plus, elle est pilotée par des gens qui veulent l'emmener dans le mur, vous imaginez bien qu'on n'a absolument aucune chance de réussir. Et mais avoir comme présidence de la commission agriculture quelqu'un qui dit la PAC c'est nul, vous voyez bien que ça ne fait pas avancer les choses.
Donc évidemment, il ne sera pas possible de laisser à la présidence de la commission agriculture quelqu'un d'extrême droite.
Pascal Canfin, merci, heureux députés et futurs, donc on attend le vote, président de la commission environnement du Parlement européen. Merci d'être passé par le studio d'Inter. Bientôt, il n'y aura plus de bouteilles en plastique. Merci à vous.
Pascal Canfin