Mort d'un soldat français au Mali, élection présidentielle 2022 en France... Le "8h30 franceinfo" de Manon Aubry
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Bonjour à tous, bienvenue dans le 8.30 politique sur France Info Radio et sur le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.
Bonjour Ercine, bonjour à tous.
Notre invitée ce matin est députée européenne, la France Insoumise, Manon Aubry. Bonjour. Bonjour. Je voudrais qu'on commence par l'information qu'on vient d'entendre dans le journal. Le caporal-chef Maxime Blasco qui a été tué dans une opération au Mali hier. C'est le 52ème soldat français qui meurt au combat dans les opérations anti-djihadistes. Pensez-vous qu'il est urgent dans ce contexte d'accélérer le retrait des forces françaises au Sahel ou au contraire de rester parce que si on s'en va ce sera pire et il y a ensuite un risque d'attentat en Europe et peut-être en France ?
Bon tout d'abord permettez-moi d'avoir une pensée pour ses proches, sa famille. Vous l'avez dit, c'est la 52ème victime. Évidemment, avoir un débat sur les raisons de cette mission au Mali ne ramènera pas les morts à la vie. En revanche, je pense qu'on doit avoir un débat démocratique sur une opération militaire qui est devenue maintenant un bourbier au Mali et que la moindre des choses est qu'on puisse, avec les représentants au Parlement, avoir un débat sur les raisons de cette mission et le calendrier de désengagement.
Il y a déjà eu des débats au Parlement sur la question de l'engagement ou du désengagement au Sahel. Est-ce qu'il faut accélérer le calendrier prévu par le chef de l'État ? Puisqu'aujourd'hui, on n'est pas directement, et on le voit bien, dans un retrait effectif.
Débat ne veut pas dire vote, vous l'avez bien vu. Et donc la question, c'est comment on implique les parlementaires et à la fin, dans la décision finale, qui reste pour le moment concentrée dans les mains d'Emmanuel Macron, qui a fait le choix d'un désengagement très progressif et très long. Trop progressif ? Peut-être. En tout cas, je pense que le débat se pose au vu de la situation sur le terrain et du nombre beaucoup trop important de victimes dans cette opération militaire.
Mais votre point de vue, Manon Aubry, c'est qu'il faut... Vous parlez d'un bourbier, donc c'est qu'il faut en sortir, c'est ce que vous dites. Et donc laisser les armées locales face à la menace djihadiste dans la région du Sahel ?
Je pense qu'on a fait un travail de formation des armées locales, d'une part.
Satisfaisant, d'après vous ?
Je pense qu'en tout cas, ça forme les bases qui évitent aujourd'hui de rester coincés, bloqués, dans une mission militaire dont on a du mal à percevoir les objectifs et dont on paye un prix extrêmement lourd, un prix humain. Et donc oui, je pense qu'il faut tenir ce débat. Et oui, il faut accélérer le calendrier de retrait. Ça ne veut pas dire partir du jour au lendemain, mais accélérer le calendrier de retrait. Et sortir de l'OTAN ?
On a entendu jeudi Jean-Luc Mélenchon, il y est favorable. La France est déjà très seule sur le plan militaire dans certaines régions. Vous voulez l'isoler davantage ?
Le principe de l'OTAN, pour se refaire un peu d'histoire, c'est une alliance militaire au niveau international qui est arrimée aux États-Unis, qui défend les objectifs militaires des États-Unis. L'OTAN, c'est l'organisation qui a intervenu pendant 20 ans en Afghanistan, avec le succès que l'on connaît, ou plutôt l'échec que l'on connaît, dans l'intervention militaire en Afghanistan. Donc oui, je pense qu'il faut sortir de l'OTAN avec ce principe complètement archaïque qui date de la guerre froide en réalité. Nous ne sommes plus en temps de guerre froide, et ça ne veut pas dire s'isoler, ça veut juste dire défendre d'autres intérêts que ceux... Mais on en a les moyens ?
Que ceux des États-Unis, évidemment qu'on en a les moyens. Il ne s'agit pas ici de partir dans un 20 ans guerre avec l'ensemble des États dans le monde, mais plutôt de sortir de cette logique guerrière qui est complètement archaïque. Sortir de l'OTAN, ça voudrait dire au fond arrêter toute forme d'intervention militaire sur des terrains extérieurs ? Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas collaborer avec d'autres États, notamment dans le cadre de forces des Nations Unies, qui me paraît beaucoup plus légitime.
Est-ce que vous feriez une comparaison entre la situation de la France au Sahel et celle des États-Unis en Afghanistan ? Dans le sens où, après un certain nombre d'années sur place, on a le sentiment que la situation n'évolue pas du tout, et que si on s'en va du jour au lendemain, ce sera comme avant, peut-être pire.
Alors la longueur de l'intervention n'est pas la même, bien entendu. Le coût à la fois humain et financier n'est évidemment pas comparable. De mémoire, pour l'Afghanistan, on en est à 2000 milliards de dollars, donc c'est énorme. Mais le risque potentiel, oui, existe de celui-là. Si jamais on continue avec des objectifs qui ne sont pas extrêmement bien définis, pas précis, et qu'on continue à payer un coût humain et un coût financier, on risque de se trouver avec une opération militaire similaire à celle de l'Afghanistan. Et donc l'objectif est bien de l'éviter en ayant ce débat bien dans l'annonce.
Manon Aubry, je vous ramène en France. J'ai vu que vous avez beaucoup tweeté pendant le match Zemmour-Mélenchon. À quoi a-t-il servi, selon vous, ce débat, à part franchement mettre sur orbite le polémiste de CNews ?
Je crois que pour la première fois, on a eu un contradicteur face à Éric Zemmour. Depuis des mois, on déroule, certains médias déroulent le tapis rouge à quelqu'un qui est considéré comme un polémiste, mais en réalité dont la candidature à la présidentielle ne fait de secret pour plus personne. Et moi, je suis soulagée que face au discours de haine, de racisme, de xénophobie, de misogynie, on a pu opposer un autre projet politique. Et on a pu aussi voir de quoi était le nom Éric Zemmour. Je vais vous le dire, Éric Zemmour, c'est le pire de Marine Le Pen d'un côté et d'Emmanuel Macron de l'autre.
Quand on lui pose la question, quand on lui demande comment il va régler la pauvreté, comment il va régler le chômage, comment il va régler le péril climatique, il n'a qu'une réponse à la bouche qui est celle des musulmans. Donc on a vu qu'il n'a aucune réponse sur les questions sociales et puis on a pu mettre au jour aussi, percer, à quel point il est raciste et xénophobe.
C'était un boulevard en quelque sorte pour Jean-Luc Mélenchon ?
Il ne faut pas le penser en termes de boulevard, mais on a pu voir à quel point on a deux projets de société qui s'opposent complètement, qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Et on a pu voir aussi de quoi Éric Zemmour est le danger. Il a fait du déni climatique à la Trump, il a parlé sur les questions sociales. À part la réponse des musulmans, sa seule réponse était quand même de parler d'État social obèse.
Et pour ce qui est de Jean-Luc Mélenchon, on a vu un programme ?
Et à l'inverse. On a d'un côté le néant, Éric Zemmour, et de l'autre un programme politique solide, pour le coup, c'était aussi ce que les commentateurs s'accordent à dire. On avait un vrai programme politique d'à part. C'était le but de l'exposer ce programme ? Oui, c'était le but de parler de partage des richesses, de parler d'augmentation des salaires, de parler de planification écologique, de parler de réforme démocratique, de poser toutes ces propositions sur la table.
C'était peut-être le but aussi de relancer la campagne de Jean-Luc Mélenchon qui plafonne dans les intentions de vote, alors que celle d'Éric Zemmour, qui n'est pas candidat, il n'a même jamais recueilli une seule voix dans sa vie, jamais été élu, et déjà crédité de 10% des intentions de vote. Ça ne vous a pas gêné tout de même que ces thèmes, les thèmes d'Éric Zemmour, immigration, identité, islam, aient été quasiment au cœur pendant les deux heures de débat ?
Franchement, ces cris d'orfraie qui consistent à dire « vous avez déroulé un tapis rouge à Éric Zemmour et à ces thèmes », non, franchement, ça fait des mois. Et ceux qui ont la responsabilité sont d'une part les médias, et d'autre part le gouvernement. Donc il a bien fait Jean-Luc Mélenchon de réclamer ce débat, parce que c'était à son initiative. Il l'a bien fait, parce que c'est le gouvernement qui met ces thèmes à l'agenda du matin au soir, à la fois quand on a même une ministre qui dit qu'entre d'un côté Éric Zemmour et de l'autre, en gros, les woke, il ne sait pas qui il choisirait. Franchement, c'est aussi le résultat du débat politique actuel.
Est-ce que vous pensez que la France peut être gouvernée par un populiste ? On voit qu'Éric Zemmour est à Budapest, il va rencontrer Victor Orban avec Mike Pence, l'ancien vice-président de Donald Trump.
Il a un potentiel électoral pour être au deuxième tour, à votre avis ? En tout cas, on sait qui est son modèle à Éric Zemmour. Victor Orban, pour être député européen, je suis assez bien au fait de ce qui se passe en Hongrie. En Hongrie, c'est la remise en cause de l'indépendance de la justice, de l'indépendance des médias. Il s'attaque systématiquement aux minorités, aux migrants, aux communautés LGBT. Voilà pour ceux qui auraient des doutes à quoi ressemblerait une présidence d'extrême droite en France. Et je crois que nous, nous sommes le seul rempart. Il peut gagner, ça, l'avenir nous le dira.
Mais nous, en tout cas, on va se battre parce qu'aujourd'hui, je pense en effet que la candidature de Jean-Luc Mélenchon est le seul rempart face à ce racisme d'État.
Manon Aubry, invitée du 830 France Info. On fait une pause pour le Chilinfo. Il est déjà 8h41. Voici Diane Ferschit.
Le caporal-chef Maxime Blasco appartenait au 7e bataillon de chasseurs alpins de Vars en Isère. Il a été tué hier au Mali. C'est le 52e soldat français tombé au Sahel. Depuis 2013, sur France Info, le porte-parole du ministère des Armées, Hervé Grandjean, souligne que sur place, l'action française contribue à désorganiser le terrorisme. Une stratégie qui porte ses fruits, selon lui.
Les 5 hommes suspectés d'être proches du groupuscule néo-nazi, honneur et nation, sont en détention provisoire, mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes criminels soupçonnés d'avoir voulu commettre des attentats dans leur viseur des loges maçonniques, mais aussi le ministère de la Santé, des centres de vaccination, ainsi que des antennes 5G. Chez les écologistes, les plus de 122 600 inscrits à la primaire ont 4 jours pour désigner celui ou celle qui sera le candidat des Verts à la présidentielle en lycée Yannick Jadot et Sandrine Rousseau, avec une inconnue vers qui vont se reporter les électeurs de Delphine Bateau et d'Éric Piolle.
Le résultat sera connu mardi en fin de journée. Pour le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, le marché unique européen de l'électricité doit être revu de fond en comble. Il est aberrant, obsolète, selon lui, alors que les prix de l'électricité sont en train de flamber, étirés par ceux du gaz. Bruno Le Maire souhaite en débattre lundi avec ses homologues européens. La huitième journée de Ligue 1 de football, quatre matchs au programme de ce samedi, notamment le Paris Saint-Germain face à Montpellier. C'est à 21h, un PSG à nouveau privé de Lionel Messi. Paris qui vise la huitième victoire en huit matchs depuis le début de saison. France Info.
C'est Manon Aubry, députée européenne de la France Insoumise, qui est l'invité du 8.30 France Info ce matin. Myriam Ancaouar.
Oui, on est à sept mois de la présidentielle et on voit bien que tout est ouvert. Même l'idée que Marine Le Pen ne puisse pas être qualifiée au second tour commence à infuser dans ce débat. On s'use très vite en politique, Manon Aubry. Jean-Luc Mélenchon n'a pas commis une erreur en se présentant une troisième fois ?
Au contraire, je pense qu'il est aujourd'hui un pôle de stabilité à gauche et c'est peut-être une partie de la conclusion qu'on peut tirer du débat face à Zemmour. C'est que quand on perd ses repères politiques, aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon est une boussole. Il est une boussole sur le partage des richesses. Il est une boussole sur la réforme démocratique et la 6ème République.
Il y a eu un débat sur le choix du candidat ? Vous n'étiez pas favorable au renouvellement des générations ?
On en a discuté. On en a discuté notamment entre les députés français et les députés européens, notre intergroupe parlementaire. Et évidemment que c'est peut-être aussi la différence de la candidature de Jean-Luc Mélenchon en 2022 par rapport à 2017, c'est qu'il a une équipe autour de lui. Nous toutes qui entourons Jean-Luc Mélenchon, demain vous avez l'équipe qui pourrait être amenée à prendre le pouvoir et qui a acquis une expérience aussi à l'Assemblée nationale, au Parlement européen. Je me souviens en 2017, on faisait le reproche à Jean-Luc Mélenchon d'être isolé.
Là au contraire, c'est un collectif qui se présente devant vous avec un projet qui je crois est clair et l'expérience de Jean-Luc Mélenchon.
Est-ce qu'il s'est assagi par ailleurs, je parle de son image pendant ce débat, on l'a vu à plusieurs reprises, dire aux autres de ne pas s'énerver, c'est le monde à l'envers ?
Non, je pense que vous connaissez mal Jean-Luc Mélenchon. Il peut être très drôle aussi par moment. Sans doute, ça n'empêche pas. Et qui est une façon aussi de montrer que quand vous savez, quand on fait de la politique, on a avant tout des hommes et des femmes comme n'importe qui. Et Jean-Luc Mélenchon ne fait pas exception. Donc, je ne sais pas si on peut dire qu'il s'est assagi. Peut-être qu'il, juste, vous le voyez sous son vrai jour.
On va parler de la primaire des Verts. Un tout petit mot. Si cette candidature ne décollait pas, c'est pas ce que vous souhaitez, bien évidemment. Est-ce que l'union de la gauche serait encore possible avec lui ? Ou vous pouvez nous dire aujourd'hui, il ira jusqu'au bout, c'est plié ?
Mais ça dépend avec qui. Aujourd'hui, je me réjouis de voir qu'un certain nombre d'acteurs politiques à gauche nous rejoignent sur des positions qui ont été défendues par Jean-Luc Mélenchon. Donc, c'est l'union d'arrière lui ou rien ? Non, non, je ne dis pas ça. Mais prenons les choses de manière concrète. Oui, la VIe République, Arnaud Montebourg la défend. La hausse des salaires, les communistes les défendent. La planification écologique, les Verts les défendent. Et l'union de la gauche, vous, pour gagner en 2022, vous la défendez, Manon Aubry, à titre personnel ? Moi, je défends une union derrière un programme et qui soit le plus large possible.
Donc, si certains se retrouvent derrière ce programme, discutons-en. Allons jusqu'au bout. Mais je vais vous dire, l'enjeu concret pour cette présidentielle, au-delà de la question d'alliances politiques, c'est surtout d'avoir une alliance des gens du peuple et comment on les ramène aux urnes dans un contexte où on risque d'avoir un taux de participation parmi le plus faible dans l'histoire de la Ve République aux présidentielles. Et c'est ça, véritablement, l'enjeu. Parce que sans les classes populaires et sans leur mobilisation, en réalité, notre camp politique au sens large n'arrivera pas à gagner. Vous êtes plutôt Jadot ou So ? Moi, je ne vote pas à ces primaires.
Mais de qui vous sentez-vous le plus proche ? Ce n'est pas vraiment notre rôle de choisir et je fais gaffe à ne pas m'immiscer dans leur primaire. Non, mais ils ne l'apprécieraient pas trop.
Vous êtes très, très sensible à la question écologique. C'est vrai. Il y a quand même deux personnalités très différentes. Il y a forcément des affinités.
On a des convergences avec les deux sur certaines questions écologiques. Quand il s'agit des questions sociales, oui, c'est vrai qu'on peut se retrouver davantage avec ce que raconte, ou sur les questions démocratiques, Sandrine Rousseau qui parle de 6e République un peu plus que Yannick Jadot. À l'inverse, j'ai aussi entendu qu'elle parlait du marché carbone et de l'augmentation du prix de l'essence. Donc, on est évidemment un peu plus sceptique sur cette approche-là. Donc, vous voyez, on a des points d'accord et de désaccord.
Donc, entre radicalité et écologie dites de gouvernement, vous ne choisissez pas ?
Ça fait de secret pour personne qu'on est plutôt du côté de la radicalité et qu'on pense qu'ils font un changement systémique et systématique de notre système économique si on veut prendre à bras le corps la question écologique. Et ça fait partie des désaccords qu'on a avec Yannick Jadot. Donc, de ce point de vue-là, oui, plutôt Rousseau que Jadot, mais de nouveau, ce n'est pas forcément à nous de choisir.
Alors, on va parler du prix de l'énergie qui flambe. Dans un instant, des questions de pouvoir d'achat. Un tout petit mot sur Emmanuel Macron. Vous avez vu le dernier sondage BVA, plus 6 points en code de popularité. C'est un vrai bon.
À quoi vous l'attribuez ? La nature a horreur du vide, non ? Et aujourd'hui, il représente des idées politiques. Il y a 48%. Il représente des idées politiques qui sont incarnées par personne d'autre que lui. Et pour tous ceux qui veulent un maintien du statu quo et qui ont un intérêt peut-être personnel dans le maintien d'un système inégalitaire, notamment, parce que pour moi, on va sans doute en parler après, Emmanuel Macron s'arrête, le président des riches. Il est clivant de ce point de vue-là. Et donc, forcément, il a des soutiens. Mais il fait aussi partie des présidents. Il n'est pas indifférents, qui est aussi très détesté.
Mais peut-être qu'aujourd'hui, vu qu'il a braconné sur les terrains de la droite, il a aussi occupé cet espace laissé libre à droite.
Est-ce que la gestion de la crise sanitaire, il y a pour quelque chose, selon vous, le fait que la France, aujourd'hui, soit en bonne voie, voire en très bonne voie, voire quasiment sortie d'affaires, disent certains ?
On a tous envie d'être sortis d'affaires, c'est clair. Et on est tous contents, potentiellement, à l'idée de retrouver une vie normale. Après, il ne faut pas être dupe. On se souvient quand même de la gestion de cette crise sanitaire. Le scandale des masques, puis le scandale des tests.
Oui, mais là, maintenant, cette étude, ce sondage, c'est maintenant que ça se passe.
J'ai du mal à croire qu'on soit complètement amnésiques et que les Français soient complètement amnésiques. Donc, je pense que ce n'est pas forcément dû à un satisfaits sur l'ensemble de la gestion de la crise. Et d'ailleurs, si on veut finir d'un mot sur la question sanitaire, j'attends encore qu'Emmanuel Macron prenne véritablement position pour la levée des brevets sur les vaccins, parce qu'en l'espèce, il continue à défendre les intérêts des grands laboratoires pharmaceutiques.
Vous pensez que derrière cette popularité ascendante se cachent un certain nombre d'annonces récentes ? Je pense aux plus modestes, on va parler d'énergie, mais aussi toute une série d'annonces pour Marseille,
pour les enseignants, pour les policiers. Il faut demander aux gens directement. Je ne me permettrai pas de parler à leur place, mais je pense que quand même, on a plutôt tendance à attendre la couleur réelle des choses. Et qu'en année électorale, on est habitué à des promesses électoralistes qui ne se matérialisent pas forcément ou qui restent largement insuffisantes. Et ça vaut pour Marseille, vu l'état d'élabrement, par exemple, des écoles qui ont été abandonnées, un tiers des écoles à Marseille, qui sont insalubres. Donc non, j'ai du mal à imaginer qu'Emmanuel Macron puisse réussir à capitaliser sur ces quelques annonces électoralistes qui restent insuffisantes.
C'est une campagne de carnet de chèques, pour vous ?
Oui, il y a toujours ce petit jeu en pré-campagne électorale. Après, on le jugera aussi sur ces 5 ans qui viennent de s'écouler.
Manon Aubry, invité du 8.30 France Info, on reprend cette discussion. Après le fil info, voici Diane Ferschit, 9h10.
C'est le troisième décès cette année d'un soldat français au Mali. Le caporal-chef Maxime Blasco, tué par un tireur embusqué alors qu'il effectuait une opération de reconnaissance près de la frontière avec le Burkina Faso. Le ministère des Armées évoque un soldat d'élite au parcours admirable. L'Élysée de son côté salue le courage des militaires français engagés au Sahel. Inacceptable et indigne la réaction sur France Info du président du département de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, après l'opération d'évacuation des toxicomanes du 19e arrondissement de Paris.
Déplacé porte de la Villette à la lisière de Seine-Saint-Denis, à la demande de la préfecture de la capitale, un mur temporaire a été construit pour fermer le tunnel sous le périphérique. Une plainte contre X pour atteinte a eu une espèce protégée déposée par l'association de défense des animaux One Voice après la découverte du corps d'une louve tuée par balle dans le village de Saint-Bonnet-en-Champsor dans les Hautes-Alpes. Retrouvée pendue devant la mairie, une atteinte inadmissible a réagi la ministre de l'Environnement Barbara Pompili. Le second tour de la primaire écologiste pour désigner un candidat à la présidentielle, l'eurodéputé Yannick Jadot face à l'économiste Sandrine Rousseau.
A l'issue du premier tour, il y avait peu d'écarts entre les législatives en Allemagne J-1 et l'enjeu est de taille. Le scrutin qui s'annonce très serré désignera le successeur d'Angela Merkel à la tête du pays. La chancelière qui participe aujourd'hui à un dernier meeting de campagne en faveur du candidat de la CDU, Armin Lachette. France Info.
Manon Aubry est l'invité du 8.30 France Info ce matin. Députée européenne, la France insoumise. Myriam Ancaoua, on va parler des prix de l'énergie.
Oui, qui flambe partout en France et en Europe. Gaz, électricité, essence. D'un mot d'abord, comment vous regardez cette situation ? Est-ce qu'elle est très grave et potentiellement explosive sur le plan politique ou forcément temporaire ?
Elle est explosive parce que c'est une forme de préfiguration du futur qui nous attend si on n'est pas capable de renouveler, de changer notre mix énergétique d'une part et de sortir de la logique du marché d'autre part. Donc oui, elle est explosive à plein d'égards. On se souvient que le mouvement des Gilets jaunes était né de la flambée du prix de l'essence et là on a la flambée des prix de l'énergie tout en entier qui pèsent sur le pouvoir d'achat des gens et qui, je pense, doit devenir une priorité politique d'y répondre.
Alors, quelle solution ? Au-delà de l'augmentation du chèque énergie déjà annoncé, le ministre de l'économie va faire cette proposition à Bruxelles. Écoutez Bruno Le Maire. Nous, en France, on s'approvisionne en électricité à partir des centrales nucléaires et de l'énergie hydraulique. Mais le marché unique de l'électricité européen fait qu'il y a un alignement des prix de l'électricité en France sur les prix du gaz. Donc on prend de plein fouet cette augmentation des prix du gaz alors même qu'on a notre indépendance en matière de production électrique. Dès lundi, à la réunion des ministres des Finances, je vais poser la question sur la table.
Et je vais dire que le marché unique de l'électricité fonctionne suivant des règles qui sont obsolètes. Il faut revoir de fond en comble le fonctionnement de ce marché unique de l'électricité.
Vous soutenez la position française ? C'est bien que le gouvernement s'aperçoive au moment où les prix flambent que la logique du marché n'est pas bonne en matière énergétique. Je vois quand même une petite forme d'hypocrisie quand on voit depuis des années qu'à Bruxelles, ils défendent précisément ce marché et que nous sommes les seuls à défendre au niveau européen une sortie de cette logique-là.
Alors c'est la logique européenne qu'ils critiquent, pas le marché en soi, le fait de s'aligner sur les prix du gaz alors qu'on pourrait être autonome en la matière.
Qui est donc fixé au niveau européen, laquelle logique qu'ils ont défendu depuis des années à Bruxelles. Donc c'est pour ça que je vous dis qu'il y a une forme d'hypocrisie. Il y a une forme d'hypocrisie par ailleurs face aux propositions que nous avons portées depuis des années sur ces questions, à savoir par exemple la baisse de la TVA sur les prix sur l'énergie pour diminuer la facture. Mais ça c'est des mesures d'urgence. Non, je pense que de manière pérenne, il faut que pour des produits de première nécessité, le taux de TVA soit beaucoup plus faible. Et je vais vous le dire, ça c'est interdit dans le droit européen d'avoir par exemple un taux zéro.
La commission est en train de regarder justement ce que les états vont faire. Je pense qu'il faut aller bloquer les prix. Vous voulez bloquer les prix des produits de première nécessité. Mais comment on fait ? Combien de temps ça va durer ? Ça marche comment un blocage de prix ?
Ça marche et c'est assez simple. Ça marche avec une décision qui est prise de la part du gouvernement avec le Parlement pour bloquer les prix d'une part et d'autre part de manière pérenne, je pense que ça, ça peut être temporaire, de manière pérenne, abaisser le taux de TVA, voire même avoir un taux de TVA à zéro pour cent. Ça veut dire renégocier les traités européens par réellement. Ça veut dire être en contradiction avec le droit européen. Et c'est un exemple sur lequel le droit européen aujourd'hui est complètement contraire à nos intérêts à l'urgence sociale et à l'urgence écologique.
Et moi, je vous le dis, si on était au pouvoir en 2022, oui, on assumerait de ne pas respecter ces règles qui n'ont aucun sens écologique et social. Et on assumerait aussi de mener le rapport de force au niveau européen, ce que la France s'est toujours refusée à faire.
En 2022, Manon Brie, vous continueriez à fermer des centrales nucléaires alors qu'on le voit, on a une dépendance énergétique du gaz russe notamment. Et que voilà, le nucléaire n'émet pas de CO2 et ça permet de s'approvisionner en électricité.
Est-ce que c'est vraiment le bon moment quand on voit que le prix de l'énergie ne vous a pas échappé qu'on ne parle pas de sortie du jour au lendemain ? Et que cette sortie doit être planifiée, programmée, organisée. C'est pour ça qu'on parle de planification écologique. Et que oui, nous assumons qu'il faut à terme sortir du nucléaire parce que c'est dangereux, parce qu'on ne sait pas quoi faire des déchets. Il ne faut pas mentir aux gens les déchets nucléaires et qu'on va les mettre peut-être sous votre maison. Et donc oui, en la matière, il faut sortir. Par contre, il faut organiser avec des alternatives et non pas dépendre du gaz russe.
Sur le pouvoir d'achat, Manon Aubry, on parle beaucoup en ce moment d'augmentation de salaire ou pas. Certains y sont opposés. Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il faudrait une augmentation forte générale des salaires en France ?
Nous défendons d'abord la hausse des plus bas salaires, à commencer par la hausse du SMIC à 1 400 euros net. Et je vois tout de suite la question qui est posée en général, mais on n'en a pas les moyens, mais on ne peut pas faire. Notre pays n'est pas assez riche. Bon, on est la sixième puissance mondiale. Et puis surtout, quand je vois que les milliardaires ont augmenté leur fortune de 30 % en un an, si le SMIC avait augmenté à la même vitesse, ça aurait été 370 euros de plus par mois. Mais ça freine l'emploi d'augmenter le SMIC. Vous ne croyez pas ? C'est le sujet.
Si le SMIC augmente rapidement, c'est ce que les entreprises disent toutes, on ne pourra pas embaucher. Ça va freiner l'emploi. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
C'est faux parce que les grandes entreprises en ont les moyens. Quand elles distribuent 51 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires, quand la rémunération moyenne des PDG du CAC 40 augmente, elle a augmenté cette année encore en temps de crise et qu'elle est en moyenne de 5 millions d'euros par an. Oui, ces grandes entreprises en ont les moyens. S'agissant des petites entreprises, oui, c'est plus difficile pour elles. Et c'est là où l'État doit intervenir et venir en aide à ces entreprises. Et c'est une question de priorité politique.
Aujourd'hui, le gouvernement préfère faire des cadeaux aux plus riches avec la suppression de l'ISF qui est maintenue plutôt que venir en aide aux petits salaires. Et il nous reste. C'est une question de priorité.
Une poignée de secondes, une page de l'histoire politique européenne va se tourner avec les élections allemandes. Même si, évidemment, vous n'êtes pas du même bord politique, est-ce qu'Angela Merkel est un modèle pour vous ?
Non, ce n'est pas un modèle parce qu'aujourd'hui, elle incarne l'austérité au niveau européen, ce qu'on appelle l'ordolibéralisme, celle qui a défendu à tout prix la logique de marché, la logique de concurrence et la logique, par exemple, des 3% de déficit. Donc, j'espère qu'ils pourront tourner la page, eux, en Allemagne et nous, en 2022, en France.
Merci beaucoup, Manon Aubry, députée européenne de la France Insoumise. Invité du 830 France Info ce matin.
Manon Aubry