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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 1 août 2025 18 min

La situation à Gaza, l'étudiante gazaouie accusée d'apologie du terrorisme, le retour de Boualem Bensaïd en Algérie et les droits de douane... Le 8h30 de Jean-Noël Barrot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-Noël Barreau. Bonjour Aléa Baman. La France va commencer à larguer aujourd'hui 40 tonnes d'aides humanitaires sur la bande de Gaza. Concrètement, comment ça va se passer ?

0:13
Jean-noël Barrot

D'abord, la situation est absolument intolérable. L'Organisation Mondiale de la Santé a publié hier les chiffres qui démontrent l'étendue du désastre. Dans la première quinzaine de juillet, ce ne sont pas moins de 5000 enfants de moins de 5 ans qui ont été admis pour soins en raison de malnutrition aiguë. C'est 63 enfants qui ont perdu la vie du fait de la malnutrition et de la famine à Gaza au mois de juillet. Il faut donc inonder la bande de Gaza d'eau, de nourriture, de médicaments. Il n'y a plus une minute à perdre.

0:46
Présentateur

Ça va se faire en une seule fois ou il y aura plusieurs vols ?

0:49
Jean-noël Barrot

Il y aura plusieurs vols, 4 vols emportant chacun 10 tonnes de frais humanitaires au départ de la Jordanie.

0:55
Présentateur

Et 40 tonnes d'aides humanitaires, est-ce qu'on a une idée de ce que ça représente pour nourrir, alimenter des gens de la bande de Gaza pendant combien de temps et combien de personnes ?

1:05
Jean-noël Barrot

C'est une aide d'urgence mais elle est évidemment insuffisante. Et je rappelle d'ailleurs qu'il y a 52 tonnes de frais humanitaires qui attend depuis des mois à quelques kilomètres de la bande de Gaza, à El Arish, où nous nous sommes rendus avec le président de la République en Égypte. Il faut maintenant que le gouvernement israélien réouvre les voies d'accès, toutes les voies d'accès aériennes, terrestres, maritimes, pour permettre l'accès sans entrave et massif de l'aide humanitaire vers les populations civiles qui en ont tant besoin.

1:33
Présentateur

Mais vous le dites, ça fait des mois que cette aide est bloquée. Qu'est-ce qui vous fait penser qu'Israël pourrait relâcher la pression sur ces voies d'accès routiers ?

1:44
Jean-noël Barrot

Tout simplement parce qu'il y a quelques jours déjà, le gouvernement israélien a consenti à réouvrir partiellement l'accès de l'aide humanitaire et que la pression s'accroît et que la situation est tout simplement révoltante et qu'elle appelle de sa part une réaction vigoureuse.

2:00
Présentateur

La France va donc larguer 40 tonnes d'aide humanitaire. Comment est-ce que vous assurez la sécurité ? On imagine que c'est un peu risqué comme procédure de larguer 10 tonnes de matériel en une fois sur un territoire habité.

2:13
Jean-noël Barrot

Absolument et la France a procédé à des largages aériens par le passé. Nous le faisons en coopération étroite avec les autorités jordaniennes, avec les agences des Nations Unies pour que ces largages puissent se faire en toute sécurité.

2:26
Présentateur

Et comment est-ce que ça s'organise une fois que l'aide arrive au sol ? On imagine que les besoins sont tellement énormes que ça peut provoquer des mouvements de foule ?

2:33
Jean-noël Barrot

C'est pourquoi il est indispensable que tous les accès puissent s'ouvrir. Tant que l'aide humanitaire sera aussi rare qu'elle l'est aujourd'hui, sa distribution soulèvera des difficultés très importantes, comme on l'a vu ces dernières semaines, où le système militarisé de distribution de l'aide humanitaire mis en place par le gouvernement israélien a provoqué des bains de sang dans des files d'attente dans les distributions alimentaires, où les gens se pressaient pour récupérer un sac de farine, quelques médicaments. Tout cela ne cessera que lorsque l'aide humanitaire entra massivement dans l'enclave.

3:12
Présentateur

Mais est-ce qu'en annonçant la reconnaissance d'un État palestinien, c'est ce qu'a fait Emmanuel Macron la semaine dernière, qu'il reconnaîtra formellement en septembre à l'Assemblée Générale des Nations Unies, est-ce que vous n'avez pas, avec cette initiative, risqué de braquer davantage Benyamin Netanyahou, qui considère que la France donne une victoire aux terroristes du Hamas ?

3:31
Jean-noël Barrot

Au contraire, comme nous le disons depuis longtemps maintenant, notre priorité absolue, c'est le cessez-le-feu immédiat, la libération de tous les otages du Hamas, qui doit être désarmé, et l'accès sans entrave de l'aide humanitaire. Mais il est illusoire d'envisager, d'imaginer même un cessez-le-feu pérenne, sans que ne soit dessiné une vision commune pour l'après-guerre et pour l'horizon politique. C'est ce que nous avons fait à New York en début de semaine, et ça va sans doute faciliter la conclusion d'un accord de cessez-le-feu.

4:05
Présentateur

Vous dites une vision commune de l'après-guerre, sauf qu'Israël ne veut pas du tout entendre parler de cette reconnaissance d'un État palestinien. Les États-Unis aussi y sont hostiles. Comment vous voyez la voie de passage ?

4:16
Jean-noël Barrot

D'abord, je constate que l'ambassadeur des États-Unis en Israël a salué les résultats que nous avons obtenus à New York lundi et mardi dernier. Et ça ne m'étonne pas, parce que ce que nous avons obtenu est historique. Nous avons atteint et dépassé tous nos objectifs. D'abord parce que nous avons isolé définitivement le Hamas sur la scène internationale. C'est la première fois depuis le 7 octobre et le massacre antisémite qui s'est déroulé en Israël, qu'à l'ONU, un texte est adopté qui condamne le Hamas, s'appelle à son désarmement et à son exclusion de l'avenir. Avec le soutien de pays arabes. Avec le soutien de pays arabes, bien évidemment.

Y compris de pays arabes qui, aujourd'hui, organisent la médiation entre le Hamas d'un côté et le gouvernement israélien de l'autre. Et puis par ailleurs...

5:08
Présentateur

En effet, Jean-Noël Barraud, le Hamas est toujours armé et contrôle toujours la bande de Gaza.

5:12
Jean-noël Barrot

Mais pardonnez-moi, était-il aussi évident que cela d'obtenir de la part de la communauté internationale, toute entière, y compris les pays arabes, la condamnation la plus ferme du Hamas ? Personne ne l'avait obtenue, c'est la France qui l'a obtenue, qui a obtenu des pays arabes, y compris le Qatar. Et la Turquie appelle à la libération de tous les otages, à l'exclusion du Hamas de toute forme de gouvernance de Gaza et de la Palestine à l'avenir, et exprime leur volonté de normaliser, c'est-à-dire d'établir des relations normales avec Israël, et de s'insérer aux côtés d'Israël et du futur État de Palestine dans une organisation régionale commune. C'est absolument majeur. C'était inespéré.

Parce qu'après le massacre antisémite du 7 octobre, c'est le camp de la guerre qui était en train de l'emporter.

6:03
Présentateur

C'est une victoire de la France que vous revendiquez aujourd'hui, c'est sur ce point ?

6:07
Jean-noël Barrot

C'est une victoire historique de la France, puisque ce processus de paix conduisant vers la solution à deux États était en danger de mort. D'un côté, en Palestine, le Hamas dominant...

6:19
Présentateur

La paix semble toujours très lointaine et très illusoire quand on voit la situation sur place à Gaza, et le fait qu'Israël reste sur ses positions.

6:28
Jean-noël Barrot

Ce qui était en train de se passer, c'est la marche irréversible vers l'affrontement perpétuel, vers l'état de guerre permanent. Avec d'un côté le Hamas, qui nie depuis toujours le droit d'Israël à exister, qui considère que la Palestine doit aller du Jourdain vers la mer. Et de l'autre, les partisans en Israël de l'expansion d'Israël, du grand Israël, qui nie aux Palestiniens le droit qui est légitime de disposer de leur propre État. Ce sont ces camps-là qui étaient en train de l'emporter.

À New York cette semaine, grâce à l'initiative prise il y a neuf mois par la France et par le Président de la République, nous avons enrayé ce cycle infini de la violence qui nous conduisait tout droit à une guerre sans fin.

7:13
Présentateur

Jean-Noël Barraud, c'est aujourd'hui que l'émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, est à Gaza. Est-ce que c'est un hasard du calendrier ou vous y voyez une volonté américaine de contrarier les plans de la France ?

7:25
Jean-noël Barrot

J'ai entendu les mots du Président Trump qui s'est ému de la situation à Gaza, de la famine qu'il a considérée comme inacceptable. Et s'il envoie l'un de ses plus proches conseillers à Gaza aujourd'hui, c'est sans doute parce qu'il souhaite que la situation change. Et c'est une bonne chose. Et je souhaite qu'effectivement, les États-Unis puissent se joindre à l'élan international qui s'est formé depuis quelques jours et quelques semaines.

7:54
Présentateur

Il y a le Canada, le Portugal, d'autres pays aussi, mais les États-Unis sont toujours arc-boutés sur leur position.

8:00
Jean-noël Barrot

S'agissant en tout cas du cesser le feu, de la libération des otages du Hamas et de l'accès de l'aide humanitaire, les États-Unis qui mènent en ce moment même et depuis des semaines des efforts pour parvenir à ces résultats, vont sans doute les amplifier. Ça explique la présence du conseiller Donald Trump sur place et nous soutenons ces efforts. Nous espérons qu'ils seront couronnés de succès.

8:25
Présentateur

Jean-Noël Barraud, une étudiante Gazaoui évacuée en France, suscite la polémique. Noura Tala est arrivée à Lille au début du mois de juillet. On découvre qu'elle a relayé sur ses réseaux sociaux des propos d'Adolf Hitler appelant, je cite, « à tuer les Juifs partout » et des messages incitant à tuer les otages israéliens. Le Parquet de Lille a ouvert une enquête pour apologie du terrorisme. Comment elle a pu se retrouver en France ?

8:47
Jean-noël Barrot

Cette jeune femme n'a pas sa place à Sciences Po. Elle a d'ailleurs été désinscrite. Elle n'a pas sa place en France. Elle doit quitter le territoire national.

8:54
Présentateur

Quitter le territoire national ? Mais pour aller où, vous n'allez pas l'expulser à Gaza ?

8:58
Jean-noël Barrot

Elle doit quitter le territoire national. Elle n'a pas sa place en France.

9:01
Présentateur

Mais très concrètement, Jean-Noël Barraud, on ne peut pas expulser quelqu'un dans une zone de guerre.

9:07
Jean-noël Barrot

Elle doit quitter la France et ça fait partie des discussions qui sont en cours. De toute évidence, les contrôles sécuritaires qui ont été menés par les services de l'État compétents ainsi que par les autorités israéliennes n'ont pas permis de détecter ces propos antisémites et inacceptables.

9:25
Présentateur

Attendez, Jean-Noël Barraud, ça veut dire que des internautes sont plus efficaces que des services de l'État ?

9:29
Jean-noël Barrot

Et les autorités israéliennes, vous m'avez bien entendu.

9:32
Présentateur

Les autorités israéliennes, mais les autorités françaises aussi, ont accepté qu'elles puissent venir en France. Ça n'est pas acceptable en tout cas.

9:40
Jean-noël Barrot

Et avec le ministère de l'Intérieur, nous avons diligenté une enquête interne pour faire toute la lumière sur cette affaire.

9:45
Présentateur

Vous pensez que vous aurez des résultats quand ? Pour savoir qu'est-ce qui a pêché ? Ou qui, peut-être ?

9:50
Jean-noël Barrot

Au plus vite. Et en attendant, aucune opération de ce type, aucune évacuation d'aucune sorte ne se tiendra tant que nous n'aurons pas tiré les conséquences de cette enquête.

10:00
Présentateur

Ça veut dire qu'aujourd'hui, vous nous dites qu'on ne fera venir en France personne de Gaza tant qu'on ne saura pas ce qui s'est passé, ce qui a pêché dans le criblage du profil de cette jeune étudiante ?

10:10
Jean-noël Barrot

Je vous l'ai dit clairement, aucune opération de ce type, d'aucune sorte, ne se tiendra tant que nous n'aurons pas tiré les conséquences de cette affaire.

10:18
Présentateur

Il y a d'autres personnes qui sont arrivées en France selon la même procédure qu'elle ? Est-ce que vous allez aussi regarder le profil des gens qui sont déjà arrivés en France de Gaza ?

10:26
Jean-noël Barrot

Évidemment. Tous les profils qui sont entrés en France vont faire l'objet d'une nouvelle vérification après les failles dans le criblage sécuritaire, le service de l'État, l'autorité israélienne, qu'ont conduit cette jeune femme qui n'a pas sa place en France à se trouver sur le territoire national.

10:45
Présentateur

Est-ce qu'il y aurait éventuellement des sanctions contre les personnes qui auraient failli à leur mission ? François Bayrou dit hier qu'il doit y avoir sanctions quand il y a des manquements.

10:52
Jean-noël Barrot

On va aller au terme de cette enquête pour en tirer toutes les leçons et toutes les conséquences.

10:59
Présentateur

Jean-Noël Barraud, Boilem Ben Saïd, un des auteurs des attentats de 95 en France, est libérable aujourd'hui à condition d'être expulsé vers l'Algérie. Mais est-ce qu'Algérie va l'accepter ?

11:08
Jean-noël Barrot

Je le souhaite vivement. C'est une obligation qui incombe aux autorités algériennes au terme des règles qui régissent notre relation.

11:17
Présentateur

Sauf que ça fait des mois qu'Algérie n'accepte plus personne de la liste des personnes que la France veut expulser vers l'Algérie.

11:24
Jean-noël Barrot

Dans ce cas particulier, je crois que l'Algérie montrerait son sens des responsabilités en reprenant son ressortissant.

11:32
Présentateur

Est-ce que vous pensez qu'il y a une amélioration dans la relation entre l'Algérie et la France ces dernières semaines qui pourrait aboutir à la reprise de Boilem Ben Saïd ?

11:42
Jean-noël Barrot

Ce n'est pas ce que je constate. Depuis qu'il y a quelques mois, les autorités algériennes ont pris la décision très brutale d'expulser 12 agents français en poste en Algérie. Nos relations sont en point mort.

11:54
Présentateur

Est-ce que c'est à cause du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, qui ne cesse de vouloir faire de la surenchère avec Alger ?

12:00
Jean-noël Barrot

Je vous l'ai dit, ce sont les autorités algériennes qui, en prenant ces décisions brutales, ont gelé l'état de nos relations, ce qui n'est ni dans l'intérêt du peuple algérien ni dans l'intérêt de la France.

12:11
Présentateur

Mais ils répondent au fait que Bruno Retailleau veut aussi augmenter les sanctions. Il y a quelques jours, il a décidé de restreindre les conditions de circulation pour des diplomates algériens.

12:20
Jean-noël Barrot

Nous n'avons pas de tabou s'agissant des mesures restrictives prises à l'encontre des autorités algériennes lorsque les intérêts français sont en jeu. La seule chose, c'est qu'il convient de s'assurer que nous sommes en capacité de maîtriser les conséquences pour la sécurité des Français d'une escalade avec l'agent. Le 830 France Info, Aurélie Herbemont.

12:44
Présentateur

Nous sommes toujours avec Jean-Noël Barraud, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Jean-Noël Barraud, depuis dimanche, l'accord commercial entre les Etats-Unis et l'Union Européenne ne cesse de critiquer, de subsiter des critiques en France car trop déséquilibré avec la taxe de 15% sur les produits européens qui arriveront aux Etats-Unis. Nous n'en resterons pas là, dit Emmanuel Macron. Mais concrètement, qu'est-ce qui peut avancer ?

13:06
Jean-noël Barrot

En effet, c'est une étape et il faut regarder ce qui s'est passé. C'était une discussion très difficile conduite par la Commission Européenne et vis-à-vis de la Commission Européenne nous avons été très fermes. Nous avons sans doute été les plus fermes mais nous avons exprimé très clairement nos lignes rouges qui ont été respectées. Préservation de certains de nos intérêts économiques et commerciaux essentiels et en particulier l'aéronautique qui est à zéro. Zéro concession. Zéro concession sur les filières agricoles sensibles. Zéro concession sur nos normes, sur nos règles sanitaires et numériques.

13:40
Présentateur

Les vins et spiritueux, Jean-Noël Barraud, seront soumis à cette taxe de 15%.

13:43
Jean-noël Barrot

C'est une étape et nous n'allons pas nous arrêter là. Le président de la République l'a dit. Nous voulons obtenir des concessions nouvelles, des garanties sur les vins et les spiritueux. Vous pensez que Donald Trump est prêt ? Un rééquilibrage sur le volet des services et en particulier des services numériques parce que certes l'Union européenne a un excédent dans le commerce des biens mais elle a un déficit dans le domaine des services. Si on rééquilibre du côté des biens alors il faut aussi rééquilibrer dans le domaine des services.

14:16
Présentateur

Mais vous pensez que c'est possible une fois que Donald Trump a conclu son deal, qu'il a serré la main à Ursula von der Leyen on peut dire attendez finalement on va changer ça ? Il peut accepter ça le président américain ? Je crois surtout

14:25
Jean-noël Barrot

que l'Europe doit muscler son jeu et que si l'Europe avait été plus forte si elle avait été crainte par Donald Trump et les négociateurs américains alors nous aurions sans doute pu obtenir des résultats meilleurs et c'est pourquoi il nous faut nous renforcer dans tous les domaines on a commencé à le faire sur le plan militaire il faut le faire sur le plan économique avec de l'investissement avec de la simplification avec une politique commerciale je dirais plus réaliste plus pragmatique tout cela nous permettra dans les temps qui viennent d'éviter que de mauvais accords puissent nous être imposés

14:57
Présentateur

à partir de quand d'ailleurs précisément cette taxe de 15% va s'appliquer sur les produits européens Donald Trump pour le mois d'août c'est a priori pour ceux qui n'ont pas conclu d'accord est-ce que vous savez précisément quand est-ce que nos produits vont être surtaxés ? Je comprends

15:11
Jean-noël Barrot

de déclarations il y a quelques zones d'ombre qu'il convient encore d'éclaircir je comprends des déclarations de représentants de l'administration américaine la nuit dernière que les droits de douane ne s'appliqueraient qu'à partir du 7 août s'agissant de notre part si je puis dire de l'accord qui a été trouvé avec Donald Trump ça n'est aussi qu'une étape parce que certes un accord a été trouvé encore faut-il qu'il soit adopté par les européens

15:38
Présentateur

La France pourrait le bloquer ?

15:41
Jean-noël Barrot

C'est une étape et donc comme je l'ai dit nous allons continuer à nous mobiliser pour obtenir des exemptions supplémentaires pour obtenir un rééquilibre sur les services et en particulier les services numériques Et sinon on peut le bloquer ? Il ne s'agit pas de bloquer il s'agit d'améliorer de rééquilibrer

15:57
Présentateur

Jean-Noël Barraud Donald Trump a donné mardi 10 jours à la Russie pour que la guerre en Ukraine s'arrête avant d'infliger à la Russie des droits de douane et autres sanctions est-ce que ce nouvel ultimatum du président américain a la moindre chance de faire céder Vladimir Poutine ?

16:10
Jean-noël Barrot

C'est une excellente nouvelle et cela vient s'ajouter à ce que les Européens l'Europe qui cette fois-ci s'est comportée comme une véritable puissance ont décidé il n'y a qu'un jour il n'y a qu'un jour à l'initiative de la France nous avons adopté un paquet de sanctions très lourd le plus lourd que nous ayons adopté depuis 2022

16:30
Présentateur

La Russie dit être immunisée contre les sanctions

16:32
Jean-noël Barrot

Dans ce paquet de sanctions il y avait une décision nouvelle et majeure celle qui consiste à imposer un embargo sur les produits pétroliers raffinés qui viennent non pas de la Russie puisqu'on n'importe plus de pétrole de la Russie mais de pays tiers Qui eux importent de la Russie Exactement par lesquels la Russie passe pour contourner les sanctions que nous avons prises Et bien cet embargo vient de démontrer ses pleins effets puisque les quatre principales raffineries de pétrole indien indienne qui importent du pétrole de la Russie ont dit qu'elles allaient se tourner vers de nouveaux producteurs C'est donc à mon avis un tournant puisqu'on est en train de s'apercevoir qu'avec les décisions prises par les Européens avec les décisions que le président Trump pourrait prendre nous sommes en train d'asphyxier le budget militaire de Vladimir Poutine et de le priver des recettes et des ressources qu'il engouffre aujourd'hui dans sa guerre coloniale et meurtrière

17:31
Présentateur

Mais Jean-Noël Barraud encore hier la Russie a envoyé plus de 300 drones et 8 missiles de croisière sur l'Ukraine la tendance n'est pas du tout à la désescalade

17:38
Jean-noël Barrot

Si nous voulons que Vladimir Poutine cesse le feu il faut l'amener à faire évoluer son calcul à changer sa perspective de l'intérêt pour lui et de son pays de cette guerre coloniale C'est tout l'objet de ces sanctions massives conjuguées coordonnées entre les Etats-Unis et l'Europe dont je suis certain qu'elles finiront par produire un effet si nous sommes suffisamment ambitieux

18:01
Présentateur

Merci beaucoup Jean-Noël Barraud d'avoir été l'invité de France Info ce matin Merci à tous