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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 5 décembre 2024 25 min

Censure du gouvernement Barnier, crise politique... le "8h30 franceinfo" de Jean-François Copé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-François Coupé. Bonjour. Michel Barnier ne sera plus dans quelques heures le Premier ministre de la France. Il a été renversé avec son gouvernement hier par les députés. Un fait inédit depuis 1962.

0:15
Invité

Majorité requise pour l'adoption de la motion de censure 288. Pour l'adoption 331. Le Premier ministre doit remettre au Président de la République la démission du gouvernement.

0:28
Présentateur

Neuf semaines et puis s'en va. Michel Barnier va quitter le pouvoir. Les députés se sont prononcés hier soir. C'est le jeu de la démocratie ?

0:35
Jean-françois Cope

C'est la partie la plus sombre de la démocratie en fait. Il ne faut pas qu'on se mente. Il n'a jamais été écrit nulle part que la démocratie c'était le désordre. Et en réalité pour que ça ne soit pas le désordre il faut un chef. Et malheureusement aujourd'hui la France elle n'est commandée par personne. Et quand j'entends certains députés LFI voire même PS ou RN dire mais la force maintenant c'est le pouvoir du Parlement. La vérité c'est que quand on dit que le pouvoir est au Parlement en fait ça veut dire que le pouvoir il est nulle part. Et vous l'avez vu et vous l'avez vu tout au long de ces semaines lamentables. En réalité c'est une véritable anarchie.

C'est incroyable parce que les français ils ont voté pour qu'on rétablisse l'ordre. Et au lieu de voir de l'ordre ils voient du désordre absolument partout. Il y a bien un chef de l'état. Oui il y a un chef de l'état mais c'est pas pour ça qu'on est commandé vous le voyez bien. Puisqu'il n'y a pas de majorité absolue puisqu'il n'y a pas d'organisation et que la 5ème république elle ne fonctionne absolument pas dans des conditions pareilles. Donc on a une crise politique. D'ailleurs ce n'est pas une crise institutionnelle c'est une crise politique. Une crise de régime. Moi je ne sais pas ce que c'est crise de régime je ne sais pas.

C'est une crise politique ce n'est pas une crise institutionnelle. Politique. Parce qu'en réalité les institutions en réalité quand elles sont appliquées dans de bonnes conditions elles fonctionnent. Mais regardez le résultat de tout ça. Parce que vous savez il y a un côté vous allez voir ce que vous allez voir. Vous savez il y a la réplique célèbre dans l'Union Sacrée quand Patrick Bruel dit à Richard Berry t'as voulu voir t'as vu. Ben voilà. On se retrouve ce matin avec plus de gouvernement, plus de budget, plus de budget. Parce que tout le monde dit c'est pas grave elle a dit Le Pen. Mais non mais ça va s'arranger on fait une loi spéciale.

Les interlocuteurs ce matin, LFI et Réunion Nationale. Oui oui mais c'est devenu des spécialistes du droit constitutionnel. Ils vont voter en tout cas cette loi spéciale. Moi je vais vous dire une chose, les lois spéciales on ne peut pas les amender. Donc je serais très intéressé de savoir comment on va régler le problème de l'impôt sur le revenu.

2:20
Présentateur

On va revenir dans le détail justement sur les conséquences du budget.

2:22
Jean-françois Cope

C'est juste. Donc on n'a plus de budget. On a aujourd'hui des attentes colossales en matière de sécurité. Des décisions absolument majeures à prendre dans le domaine de l'école, dans le domaine du rétablissement, dans la rue, les comptes dont on vient de parler tout à l'heure. Et nous n'avons plus de gouvernement qui soit en situation de faire. C'est-à-dire que tous ceux qui avaient commencé à travailler, je pense en particulier au ministre de l'Intérieur, qui objectivement gênait Madame Le Pen parce qu'elle n'a pas envie qu'on réussisse. Et bien tout ça, elle a bien montré qu'en le cassant, elle n'avait aucun esprit de responsabilité.

2:53
Présentateur

Mais si on en est arrivé là, Jean-François Copé, la faute à qui ? Hier, le patron des députés socialistes, Boris Vallaud, regrettait qu'il soit, je cite, devenu plus convenable de discuter avec Marine Le Pen que la gauche. Il a raison dans les faits ? Michel Barnier s'est trop concentré à vouloir contenter Marine Le Pen ?

3:09
Jean-françois Cope

Moi je vais vous dire une chose, je ne suis plus parlementaire, je vois ça de mon regard de maire de mots. Je ne vous raconte même pas ce que mes administrés me disent de la situation. Tout le monde est effaré et paniqué, et paniqué en se disant mais attendez, mais qu'est-ce qu'on va devenir ? La décision prise par Le Pen de mettre ce gouvernement par terre avec des arguments qui en réalité, quand on se pose deux secondes, sont tous plus grotesques les uns que les autres. Alors on ne l'a pas assez écouté, on ne lui a pas assez dit merci beaucoup, c'est quoi la suite de l'histoire, il faut qu'on lui colle ses affiches aussi ?

Il y a un moment où tout ça est grotesque, d'autant plus grotesque quand j'entends monsieur Vallaud, excusez-moi, qui est incapable de dire si en fait quand il nous dit qu'il voudrait éventuellement donner un coup de main pour gouverner, il rajoute l'extrême gauche ou pas ? Parce qu'il n'est pas clair non plus, parce que les socialistes se sont complètement disqualifiés avec cette alliance, avec Mélenchon. C'est la faute de toutes celles et ceux qui depuis le début jouent avec la démocratie, utilisent leur petit pouvoir de déstabilisation d'une assemblée, à un moment où les crises sont multiples et où la France a besoin d'être forte.

Le regard que nous offrons, le paysage que nous offrons au reste du monde alors que nous sommes considérés comme un pays solide, c'est une honte.

4:21
Présentateur

On laissait de comprendre ce qui s'est passé quand même, parce que c'est historique, je le rappelle de ce qui se passe aujourd'hui. Michel Barnier, qu'on présentait pourtant comme un excellent négociateur, on l'avait vu avec le Brexit, il a échoué. La vérité c'est que face à une assemblée aussi éclatée, avec trois gros groupes, c'est impossible de trouver des compromis. Le compromis devient un gros mot ?

4:41
Jean-françois Cope

La vérité c'est que sous la Ve République, il y a un système qui a été imaginé par le général de Gaulle, avec l'idée qu'un président de la République doit être fort, avec une majorité absolue. Et que ce jeu est perverti par le fait que depuis 2022, il n'y a pas de majorité absolue. Et c'est le choix des Français ? Et que Macron a aggravé la situation en faisant cette dissolution, qui a complètement perturbé le jeu. Et en réalité, vous dites que c'est le vote des Français, j'ai envie de vous dire oui et non, parce que les Français n'ont pas voté dans des conditions de pleine information, de sérénité.

Cette campagne du mois de juin a duré trois semaines, dans des conditions de désordre total, personne n'a été prévenu. On n'a pas eu le temps d'investir les candidats, ni de les préparer dans des bonnes conditions. Et donc, les candidats du bloc de la droite de gouvernement, des macronistes de droite, ils se sont trouvés sans armes au milieu d'un canyon, canardés par les troupes de Le Pen et de Mélenchon, qui étaient parfaitement organisées. Et donc, c'est une faute historique qui a été commise, et que nous payons très cher, et qui fait qu'en réalité, on ne pourra pas tenir comme ça jusqu'en 2027. C'est impossible.

5:42
Locuteur non identifié

Alors, on ne pourra pas poser comme ça jusqu'en 2027, mais c'est le passé sur l'avenir proche d'abord, ce qui doit se passer dans les prochaines heures. Dans un scénario idéal, il se passe quoi ce soir à 20h pour vous ?

5:57
Présentateur

Emmanuel Macron parle.

5:59
Jean-françois Cope

Écoutez, je vais vous dire, je n'ai pas de boule de cristal, mais en fait, ce qu'il va dire, c'est-à-dire qu'il nomme tout de suite un Premier ministre, c'est-à-dire qu'il a mis trois mois la dernière fois, mais là, comme il doit se retrouver pour faire une fête à Notre-Dame, où il a invité tous les chefs d'État qui ont réussi, puisque Donald Trump, tout le monde sera là, donc lui sera tout seul, sans gouvernement, donc il faut qu'il sauve un peu la face, donc il va nous nommer un Premier ministre. Mais le véritable sujet, je pose la question très simplement, puisque Mme Le Pen a expliqué qu'elle pourrait éventuellement accepter tel ou tel, j'ai entendu M. Lecornu ou M.

Bayrou, parce qu'il est d'accord sur la proportionnelle. On est en plein délire, les mêmes causes vont produire les mêmes effets.

6:37
Présentateur

Il faut trouver le bon profil pour pouvoir...

6:39
Jean-françois Cope

Mais oui, mais vous voyez bien que les mêmes causes vont produire les mêmes effets, de deux choses l'une, ou bien le prochain Premier ministre est complètement en train d'attendre les instructions de Mme Le Pen, et alors dans ce cas, la gauche va dire, le scandale absolu, il est derrière Mme Le Pen, ou bien ce sera l'inverse, et on aura le même sujet, il rebelote sur l'ascension.

6:56
Présentateur

Mais vous entendez ce qui s'est passé hier, Gabriel Attal, il a tendu la main aux socialistes, écoutez, c'était pendant son discours.

7:01
Locuteur non identifié

Je pense à ceux qui, il y a sept ans, à peine, gouvernaient encore la France. Ceux qui, je le crois sincèrement, comptent dans leur rang des élus sincères, convaincus que la laïcité n'est pas un gros mot, que la compétitivité est nécessaire et que la stabilité est indispensable. Ceux qui, depuis le congrès d'Épinay, unissaient la gauche autour de leur valeur et ne se soumettaient pas, au contraire, comme aujourd'hui à celle de l'extrême gauche. À ceux-là, à ceux-là, nous le disons, on peut s'opposer sans tout gâcher, on peut s'opposer sans censurer. C'est à ceux-là que nous disons, affranchissez-vous, affranchissez-vous.

7:46
Présentateur

Socialistes, comme Macron, ils se disent, prêts à discuter, pour réfléchir, pour travailler ensemble.

7:51
Jean-françois Cope

Moi, je vais vous dire une chose, je vais vous dire une chose.

7:53
Présentateur

Les LR, ils n'applaudissent pas à ce moment-là.

7:54
Jean-françois Cope

Non, mais je vais vous dire une chose. Ça ne marchera pas non plus. Pour une raison simple. Les socialistes, ils se sont disqualifiés en s'alliant avec l'extrême gauche. Imaginez que nous, on ait fait pareil avec le Rassemblement National. Ils ont renoncé totalement à la laïcité. Ce n'est pas vrai ce que dit Gabriel Attal. Ils ont accepté le communautarisme. Ils ont reculé sur tous les sujets. Ils se sont alliés, ils ont fait campagne ensemble. Et en réalité, ils auraient dû rompre tout lien avec tout ce qu'on entend depuis des semaines et des mois. Regardez la dernière en date sur ce député LFI qui demande qu'on abroge la loi sur l'apologie du terrorisme.

En réalité, les socialistes se sont totalement fourvoyés et compromis. Et j'ajoute, pour être tout à fait complet, ils ne veulent pas entendre parler ni d'une loi sur l'immigration, ni d'une loi sur les questions de sécurité, ni d'une loi sur les polices municipales armées, alors que les Français demandent de l'ordre. Donc on ne va pas, nous, de la droite de gouvernement, qui avons refusé, et c'est notre honneur, une alliance avec le Rassemblement National, se fourvoyer pour refaire dû en même temps, alors que c'est exactement ce que les Français ne veulent plus. Donc il ne faut pas tomber dans ce piège.

8:56
Présentateur

Et Laurent Wauquiez, ce matin, il ne dit pas de blocage, pas de censure a priori.

8:59
Jean-françois Cope

Oui, heureusement, on est un parti responsable. Oui, on ne fait pas n'importe quoi, on ne s'appelle pas Le Pen. On a justement toujours refusé ça. Et c'est en cela que nous sommes, les uns et les autres, indignés de voir le double langage du Rassemblement National. Quand Mme Le Pen nous fait le numéro de la respectabilité, vous voyez, regardez comme on est bien élevés, les députés mettent des cravates, et puis nous on aime les enfants, puis on est pour les animaux, puis on est gentils, etc.

Et qui, en réalité, à la moindre difficulté, le naturel revient au galop et elle met le pays par terre, juste avant les fêtes de Noël, ce qui est un des moments les plus actifs et les plus importants pour la vie des Français. Et après, il y a des Français qui disent, oui, mais elle est formidable, Mme Le Pen. Il faudra qu'on m'explique en quoi elle est formidable, indépendamment de tout le reste.

9:41
Locuteur non identifié

Vous dites pas de censure, vous dites l'importance de la stabilité, et vous êtes de ceux qui les premiers à en suggérer une démission d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, vous la demandez ?

9:54
Jean-françois Cope

Mais, si on se pose deux secondes, quand même, on va pas pouvoir tenir comme ça jusqu'en 2027. Quel est le fondement de la Ve République ? C'est qu'il y a un chef. D'ailleurs, dans une démocratie, il doit y avoir un chef. Or, pour qu'il y ait un chef sous la Ve République, ça fonctionne avec un président d'une République élu au suffrage universel, et dans la foulée, une Assemblée nationale qui lui donne la majorité absolue. Et qui permet, pendant cinq ans, de manière stable, de mener une politique. On peut aimer cette politique ou ne pas l'aimer. Et ensuite, au bout de cinq ans, stop ou encore. Bon, et ça a toujours fonctionné comme ça.

10:26
Locuteur non identifié

Pas toujours, parce qu'il y a eu un moment où il y avait le septennat, et où il pouvait y avoir une alternance en cours.

10:30
Jean-françois Cope

Alors, attendez, on s'arrête là-dessus deux secondes. L'alternance en cours, ce qu'on appelait à l'époque une cohabitation, c'était aussi, il y avait une cohérence. Parce qu'il y avait une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Elle n'était pas du même bord que le président, donc il fallait composer. Mais il y avait une stabilité. Là, il n'y a pas de stabilité. Et pour éviter cette cohabitation, parce qu'elle n'était quand même pas géniale, on a donc préféré faire un quinquennat. Alors, il y en a qui le regrettent, mais je trouve que l'avantage, c'est que vous avez une adéquation parfaite entre mandat du président et mandat des députés.

10:58
Locuteur non identifié

On l'a vu sous Chirac, on l'a vu sous Sarkozy, on l'a vu sous Hollande. En 2022, les législatives se sont déroulées quelques semaines après, comme d'habitude, deux semaines près.

11:07
Jean-françois Cope

C'est la raison pour laquelle, péché d'orgueil, premier du genre d'Emmanuel Macron, il a dit, mais moi j'en ai rien à faire, ce qui compte c'est moi. Moyennant quoi ? Alors que j'ai fait partie de ceux qui disaient, faites une coalition avec les républicains, repensez votre pacte de gouvernement, proposez aux républicains, pas des débauchages individuels, un nouveau pacte de gouvernement qui renforce ce que les Français demandent, c'est-à-dire plus de sécurité, une loi efficace sur l'immigration. Il n'a rien voulu entendre. Pire que ça, il perd un peu les Européennes. Et là, alors là c'est le péché d'orgueil absolu. Monsieur veut nous donner une leçon. Et quelle leçon ?

On se retrouve avec une assemblée élue en 15 jours dans des conditions absolument effroyables et qui nous donne le désordre le plus absolu. Donc, si on veut se sortir de ça, malheureusement, et croyez-moi, je ne suis pas considéré comme un excité, je fais partie des gens qui essaient de proposer des choses raisonnables, il faut remettre les institutions dans le bon ordre. Donc, ça veut dire quoi ? On ne peut pas dissoudre, vous savez, pendant un an. Bien. Donc, il n'est pas question que le président de la République parte maintenant, ça ne sert à rien.

En revanche, ce que j'ai dit, c'est que lorsqu'il y a une présidentielle anticipée, à ce moment-là, c'est arrivé lors du décès de Georges Pompidou ou de la démission du général de Gaulle en 69, il y a, grosso modo, une quarantaine de jours de campagne présidentielle. Si le président de la République accepte de comprendre que tout est bloqué et que le but dans la vie, ce n'est pas de se maintenir au pouvoir, au détriment de l'intérêt du pays, il démissionne aux alentours du 15 mars. À ce moment-là, il y a 40 jours de campagne. On arrive, peu ou prou, au 9 juin. Tout le monde a été préparé. Les Français sont en situation de choisir des candidats.

Il appartient alors, d'ailleurs, à la droite de gouvernement, de s'organiser pour éviter qu'il y ait 36 candidats. Sinon, on n'a aucune chance. Et au moins, en connaissance de cause, on a une présidentielle. Là, il y a le droit de dissolution et le président peut dissoudre derrière.

12:52
Présentateur

Vous l'avez dit, Jean-François Copé, il a été élu pour 5 ans, Emmanuel Macron, au suffrage universel. Rien ne peut le pousser à démissionner.

13:01
Jean-françois Cope

Rien. Mais je vais vous dire une chose. Il y a une autre option. Et cette option-là, alors là, on peut fermer la France. Elle consisterait à ce que lui ne veuille toujours rien entendre et attendre le 9 juin pour redissoudre. Alors là, à ce moment-là, là, c'est la catastrophe. Parce que si la nouvelle dissolution conduit à la même chambre, ça veut dire que lui est désavoué vraiment. Donc, il est obligé de partir. Parce que ça veut dire qu'il n'y a plus de majorité, que c'est une deuxième fois. Et là, alors là, le pays est terminé. Parce qu'en réalité, il y a une élection présidentielle, mais on ne peut pas dissoudre derrière.

Donc, le désordre continue à l'Assemblée avec un nouveau président pendant encore un an. Écoutez, je pense qu'il faut que chacun retrouve la raison et comprenne que malheureusement, comment voulez-vous que je me réjouisse de vous dire une chose pareille ? Je suis gaulliste et attaché aux institutions. Mais le général de Gaulle, il a rappelé qu'effectivement, il y avait des moments de responsabilité dans un mandat présidentiel. Il est d'ailleurs parti lui-même quand il a été désavoué. Donc, il se trouve que pour toute une série de raisons, il n'est pas parti. Et c'était normal au lendemain de l'échec de la dissolution parce que pendant un an, on ne peut pas dissoudre.

Mais maintenant que cette année est en train de se terminer, il doit absolument en responsabilité se poser cette question en arrêtant de dire je m'en fiche de tout le monde, je suis élu, je reste. Ce n'est pas un problème d'égo, c'est un problème d'intérêt supérieur du pays. Parce que si nous n'avons pas un exécutif fort avec des institutions remises dans le bon ordre, président et assemblée, alors je peux vous garantir, on va au chaos. Là aujourd'hui, on n'a pas de budget à cause de toutes ces folies. Les hommes peuvent devenir fous avec la politique. Et c'est ce à quoi nous assistons aujourd'hui.

Et c'est pour ça que je pense que des gens qui ont un peu d'expérience, qui ont un peu de maturité, ce qui est mon cas, et qui en plus, je ne suis pas directement concerné, je ne suis pas ministre, je ne suis pas député, mais j'ai cette expérience, c'est de dire mais attention, on est en train de devenir fou, on va couler notre pays. Voilà, je vous le dis, avec beaucoup de gravité, on est en train d'avoir un pays en risque à cause de la classe politique, pas du tout à cause du pays lui-même.

15:00
Présentateur

Toujours avec Jean-François Copé, le maire Les Républicains, de mots juste avant le fil info, vous insistiez sur l'importance d'une présidentielle anticipée et donc d'une démission d'Emmanuel Macron dans quelques mois. C'est le calendrier que vous avez envisagé plutôt vers le mois de mai, le mois de juin ?

15:23
Jean-françois Cope

L'idée, encore une fois, je répète, c'est qu'à partir du mois de mars, en réalité, comme il y a pour une élection présidentielle une quarantaine de jours, ça permet de prévenir les uns et les autres et surtout de prévenir les Français parce qu'il faut que chacun comprenne la gravité de la situation. On ne peut pas dire et les Français ne pourront pas dire qu'on n'était pas prévenus parce qu'ils voient bien le désordre que génère aujourd'hui l'omniprésence de LFI d'un côté et du RN de l'autre. Mais précisément,

15:47
Locuteur non identifié

c'est leur objectif aujourd'hui quand on écoute la France insoumise et quand on décode un peu les objectifs de Marine Le Pen, l'un et l'autre auraient intérêt à cette présidentielle. Bien sûr,

15:58
Présentateur

parce qu'ils sont prêts eux.

15:59
Locuteur non identifié

Mais bien sûr,

15:59
Jean-françois Cope

bien sûr qu'ils sont prêts. Mais il ne faut pas se mentir, ils seront encore plus prêts en 2027. Il ne faut pas qu'on pense le contraire. Ils vont continuer de provoquer le désordre, chacun dans leur genre, pour monter les tensions, monter les esprits. Et ce que je vous dis, c'est qu'on ne peut pas tenir comme ça jusqu'en 2027 vu le niveau de gravité. La France, elle a besoin que des décisions soient prises. Or aujourd'hui, vous le voyez bien, on ne peut pas passer une réforme. On ne peut pas en passer une seule. Sauf à prendre les voies du Rassemblement National et à ce moment-là, on se fait accuser de faire leur programme ou l'inverse.

Donc, je pense, pareil avec LFI, il faut cette clarification. Vous savez, vous me parliez de la démocratie tout à l'heure. Tout à fait. Moi, je suis assez d'accord avec cette idée. Les Français, en connaissance de cause, il faut qu'ils nous disent qu'est-ce qu'ils veulent. Parce que, vous avez d'un côté des Français qui veulent de l'ordre, de l'autre, je vois les manifs des fonctionnaires parce qu'on propose trois jours de carence comme on le fait pour le secteur privé. Et même ça, ça génère des grèves. Donc, moi, je pense qu'il faut que les Français, on leur dise aussi, c'est vous qui voyez. Mais il n'y a pas de raison que ça change. Vous savez dire l'opinion aujourd'hui.

Mais ne dites pas, ils l'ont dit en juillet. Mais ne dites pas, ils l'ont dit en juillet. En juillet, ils ont été mis devant le fait accompli. En 15 jours, tout d'un coup, ils ont voté. Au premier tour, ils n'étaient pas prévenus. Donc, il y a eu un certain nombre de députés RN qui étaient en situation de pouvoir être élus. À ce moment-là, tout le monde a dit non, on ne veut pas du RN. Votez même pour l'extrême-gauche. Et donc, du coup, ça a donné une assemblée mais complètement désorganisée. Mais les spécialistes

17:24
Locuteur non identifié

de l'opinion vous diront que cette assemblée nationale, sous la Ve République, il y en a rarement eu une qui représentait à ce point aussi finement l'état de l'opinion aujourd'hui. Trois tiers. Oui, d'accord.

17:35
Jean-françois Cope

Mais le débat, il est majeur. Qu'est-ce qu'on veut pour une démocratie ? Est-ce qu'on veut que tout le monde soit représenté ? Ou est-ce qu'on veut clairement une majorité et une opposition qui se regroupent de telle manière qu'on puisse gouverner ? Parce que représenter tout le monde, ça veut dire en gros représenter personne. Parce que finalement, ceux qui veulent plus d'ordre, ils ne peuvent pas parce qu'on ne peut pas passer des lois qui prévoient l'ordre. Ceux qui en veulent moins, ils ne sont pas plus avancés. Ceux qui veulent qu'on fasse des économies budgétaires, on ne peut pas les faire puisque les autres ne le veulent pas. Donc c'est le désordre.

Donc il faut bien qu'on accepte cette idée que la démocratie, ce n'est pas tout le monde qui parle en même temps. c'est comment est-ce qu'on peut dans un temps donné montrer une majorité qui gouverne pendant un temps donné, 5 ans. C'est la différence avec une dictature. Une dictature, c'est 100% des voix. Oui, il n'y a pas de vote. Une démocratie, c'est 51, 52, 53% des voix. Et donc, c'est cette majorité absolue qu'il faut dégager pendant 5 ans pour permettre une politique. Parce que là, il n'y a pas de politique.

18:32
Présentateur

Mais demander la démission du président de la République qui est déjà en place, c'est d'une extrême gravité. Vous prenez en compte la gravité des propos que vous tenez ce matin. Vous êtes le seul dans votre camp à y penser, à la réclamer cette démission ou alors vous en avez discuté avec vos collègues LR

18:52
Jean-françois Cope

et ça va monter dans le débat public ? Mais pas que LR. Toutes celles et ceux qui sont des gens qui ont l'esprit de responsabilité, qui savent comment fonctionne une démocratie à bas bruit parce que beaucoup d'entre eux ne veulent pas vexer, ils ont leurs engagements. Moi, je n'ai aucun lien particulier avec tel ou tel. Donc moi, j'ai cette objectivité que je veux partager avec les Français. Enfin, quelle est l'organisation qui peut fonctionner s'il n'y a pas un chef qui a sa légitimité sur une majorité ?

19:22
Présentateur

Ce que vous nous dites, c'est qu'en off, entre politiques, quand vous voyez peu importe le parti, vous vous dites il est temps qu'ils partent ?

19:28
Jean-françois Cope

Mais tout le monde voit bien le problème. Bien sûr. Il y a un certain nombre de gens qui sont arrivés à cette conclusion.

19:34
Présentateur

Et même des macronistes ?

19:35
Jean-françois Cope

Mais bien sûr ! Vous savez, les macronistes, il va falloir bientôt arrêter de leur donner ce nom-là parce que si vous saviez comme le lien s'est distendu entre eux et Emmanuel Macron, vous n'en reviendriez pas. Bon, pourquoi ? Parce qu'il les a envoyés à l'abattoir, ces troupes. Parce que c'est ça qui s'est passé. Et en même temps, en les envoyant à l'abattoir, il nous a envoyés nous aussi à l'abattoir. Et il a mis la France dans une impasse.

Et encore une fois, croyez-moi, ça ne me fait vraiment pas plaisir de le dire, j'étais même plutôt parmi ceux qui pendant un certain nombre d'années dans le premier mandat ont dit c'est intéressant, il modernise la France, il a renforcé l'attractivité de ce pays et il a tout cassé en une soirée par un coup de tête tout seul. Et donc quelque part, nous devons en tirer les conséquences parce que ce n'est pas une petite faute tactique qu'il a commise. Il a mis le pays par terre et c'est ça qu'il faut qu'on entende. Et donc la seule manière de s'en sortir, je le répète, c'est de remettre de l'ordre avec un président et une majorité absolue.

20:28
Locuteur non identifié

Il y a un os quand même, Jean-François Copé, c'est qu'il est le seul, le seul, à pouvoir décider. Ben oui,

20:34
Jean-françois Cope

il est le seul à pouvoir le décider et c'est d'ailleurs triste parce que je vois bien maintenant que beaucoup de Français qui considéraient que l'institution présidentielle était quelque chose de sacré et de rassurant, beaucoup disent finalement, si on élit à la tête du pays quelqu'un qui est capable de commettre des fautes irréparables et de ne pas vouloir l'entendre et de continuer de bloquer les choses, est-ce qu'il faut qu'on continue avec un président de la République ? Et donc moi, je pense que la garantie d'une démocratie efficace c'est d'avoir un chef de l'État avec une majorité absolue qui met en œuvre une politique cohérente. Ce n'est pas qu'il le décide tout seul.

Le problème, c'est qu'aujourd'hui, M. Macron, il est tout seul dans un système normal. Moi, je l'ai vécu avec Jacques Chirac. Vous avez des gouvernements, vous avez des députés maires à l'époque qui connaissent le terrain, qui servent de cordes de rappel. Vous avez des gens qui partagent, qui disent oui, qui disent non dans un débat organisé. Là, on a un président tout seul. Vous n'y croyez pas vous-même. Il est totalement isolé. Et malheureusement, c'est le drame. Il ne parle plus avec personne. On est dans une situation qui, du point de vue politique, est extrêmement grave. Il y a des doutes, maintenant, majeurs sur notre capacité à tenir comme ça.

Et moi, je vais vous dire, l'image de Notre-Dame, samedi, où on va voir cette magnifique cathédrale refaite à neuf par le génie des Français et un président de la République qui va accueillir d'autres présidents qui, pour beaucoup d'entre eux, ont réussi triomphalement. On va avoir M. Trump, quand même, alors que lui, dans l'impasse la plus totale qui n'a plus de gouvernement, moi, je vais me sentir gêné. Je pense que je ne serai pas le seul.

22:04
Présentateur

Organiser une présidentielle anticipée l'année prochaine, en fait, c'est demain. On l'a dit, Jean-Luc Mélenchon est prêt, Marine Le Pen est prête, elle aussi. Qu'est-ce qui va se passer de votre côté ?

22:14
Jean-françois Cope

Vous avez tout à fait raison.

22:15
Présentateur

Les Républicains, les Macronistes...

22:17
Jean-françois Cope

Ce point est absolument essentiel et c'est le deuxième élément de ma démonstration, c'est qu'il faut maintenant qu'on s'organise sérieusement. C'est-à-dire ? Ça veut dire qu'il faut que tous les hommes politiques et femmes politiques de droite et du centre droit qui considèrent que la priorité absolue, si on veut éviter la prise du pouvoir par l'extrême droite ou l'extrême gauche, c'est d'assumer une politique de rétablissement de l'ordre à l'école, dans les rues, dans les frontières et dans les comptes publics. Mais c'est quoi ?

22:43
Présentateur

C'est un candidat unique ?

22:44
Jean-françois Cope

Et donc, il faut évidemment qu'il y ait un candidat unique parce que si on a plus d'un candidat ennemi, je ne vous dis même pas deux ou trois parce que là, on en a huit. plus d'un candidat ennemi, on n'est pas au deuxième tour. La finale, c'est Mélenchon-Le Pen. Donc, il faut que chacun l'entende. C'est un risque majeur.

23:01
Locuteur non identifié

Il y a un candidat naturel aujourd'hui.

23:02
Jean-françois Cope

Écoutez, ne me demandez pas ça aujourd'hui, on ne va pas commencer le name dropping. Non, mais parce qu'il y en a qui sont dans les stations-blog,

23:08
Présentateur

vous le savez, Edouard Philippe,

23:09
Jean-françois Cope

il y en a huit ou neuf. Laurent Wauquiez, tout ça. Écoutez, je pense qu'il faudra que chacun prenne ses responsabilités, que les uns et les autres se remettent à se parler, je dis bien à se parler, parce que personne ne se parle en plus, et que ces discussions, elles se traduisent par un objectif et un seul, c'est l'intérêt supérieur de la nation. Parce qu'en vérité, le pire de tout ça, c'est que dans cette affaire-là, s'il y avait des gens qui voulaient juste y aller pour voir, sur le thème, vous comprenez, j'ai l'âge, à mon tour, etc. Alors qu'ils ne sont pas en situation de gagner, ils peuvent faire perdre la France. Donc en réalité, là, on ne peut plus rigoler. Il y a des fois,

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Locuteur non identifié

on peut se permettre, là, on ne peut plus. Il y a des gens qui doivent vous écouter depuis tout à l'heure, qui se disent, Jean-François Copé, intéressant, mais est-ce qu'il rêve, est-ce qu'il cauchemarde ? C'est de la politique fiction,

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Présentateur

ce que l'a dit hier Emmanuel Macron sur sa démission.

23:54
Jean-françois Cope

Écoutez, d'abord, je vous ai fait la démonstration, je crois, dans ce que je vous raconte, il n'y a pas de fioriture, moi, je vous dis les choses de manière extrêmement froide. Vous savez que je suis extrêmement ouvert, que j'essaie d'écouter les uns et les autres, je suis nourri par mon expérience de mère de mots. Sur nom. Et j'essaye simplement, par la position qui est la mienne, avec d'autres, de tirer la sonnette d'alarme. Je dis avec d'autres, moi, je vois mon ami Hervé Morin, on ne s'est pas concerté, il a dit la même chose.

Bon, donc, moi, j'invite quand même chacun à comprendre que l'histoire de France n'est pas une page blanche, que ce qui s'est passé durant des siècles et des siècles commande que nous ayons l'esprit de responsabilité avant qu'il soit trop tard.

24:36
Locuteur non identifié

On vous a entendu ce matin, Jean-François Copé, le maire des Républicains de mots, qui était l'invité du 8.30 France Info. Je vous laisse en compagnie de Salia, Braclia, Renaud Deli, les informer dans quelques minutes. Sous-titrage Société Radio-Canada