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ChroniqueBLAST (sur YouTube)· 22 avril 2021 13 minActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

MESURES SÉCURITAIRES : MACRON COURT APRÈS LE PEN

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Fait
    « Le pays est passé de l’insécurité à l'ensauvagement. »
  • 0:30Fait
    « On veut faire en sorte que le policier puisse travailler de manière sereine. »
  • 0:45Promesse
    « Objectif : 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires à la fin du quinquennat. »
  • 1:00Chiffre
    « Selon un sondage IFOP, réalisé à la mi-avril, 69% des Français considèrent que la lutte contre la délinquance est “tout à fait prioritaire”. »
  • 3:00Fait
    « Il y a le Beauvau de la sécurité, cette série de tables rondes internes au ministère, initiée en février dernier. »
  • 3:30Fait
    « Un document prospectif qui doit déboucher sur une loi de programmation. »
  • 4:30Chiffre
    « 160 000 balles ordinaires, comme celles qui ont crevé les yeux d’une dizaine de gilets jaunes, et 10 000 dites “marquantes”. »
  • 7:00Fait
    « Aux yeux de l’opinion, le Front national et son successeur, le Rassemblement national, incarnent l’ordre et l’autorité. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Comme si les paroles faisaient reculer l’insécurité. Le pays est passé de l’insécurité à l'ensauvagement. On veut faire en sorte que le policier puisse travailler de manière sereine.

On ne disqualifie pas d’autres formations politiques, écologistes ou de gauche. On peut se mettre d’accord, c’est un long chemin qui s’ouvre. Nous, on ne joindra pas des forces sur un programme tiède, filet tiède, qui serait le retour à Hollande.

On veut l’union en 2022, on veut le grand rassemblement. Bienvenue dans le numéro deux d’un Bourbon Sinon Rien. Merci pour vos très nombreux messages de sympathie.

Je n’ai pu répondre à chacun. Mais j’ai tout lu. Au sommaire de ce magazine : la surenchère sécuritaire d’Emmanuel Macron et les suites de la rencontre unitaire de la gauche.

C’est parti. Vous aimez le bleu ? Tant mieux.

Ce sera la couleur tendance de l’année qui vient. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le président de la République dans une interview accordée au Figaro, lundi. Le bleu en question, vous l’avez compris, c’est celui des uniformes de la Police nationale et de la Gendarmerie.

Pour voir la vie en rose, Emmanuel Macron entend mettre les bouchées doubles sur la sécurité. Objectif : 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires à la fin du quinquennat. Le chef de l’État va jusqu’à promettre une “école de guerre”, sur le modèle de celle des armées.

S’agissant de policiers dont la mission essentielle, rappelons-le, est d’être les gardiens de la paix, l’affirmation résonne bizarrement. S’agirait-il maintenant de lutter contre un hypothétique ennemi intérieur ? Cette école de guerre devrait s’installer à Montpellier où, justement, le président s’est déplacé lundi.

Derrière cette gesticulation médiatique, il y a les sondages. Tous convergent pour dire que la sécurité revient dans le peloton de tête des préoccupations des Français. Selon un sondage IFOP, réalisé à la mi-avril, 69% des Français considèrent que la lutte contre la délinquance est “tout à fait prioritaire”.

Emmanuel Macron a compris qu’une part de l’élection présidentielle se jouerait sur ces questions régaliennes. Et même s’il souhaitait les esquiver, il ne le pourrait pas. Marine Le Pen et Xavier Bertrand, ses principaux rivaux, selon les enquêtes d’opinion, comptent bien l’entraîner sur ce terrain glissant.

Écoutez leurs réactions à l’interview du Figaro et au déplacement de Montpellier. Cette interview, ce déplacement, comme si les paroles faisaient reculer l’insécurité, faisaient reculer les violences. Ce ne sont pas de paroles dont on a besoin.

On a besoin d’actes. D’actes concrets pour protéger les français. Le pays est passé de l’insécurité à l’ensauvagement, et souvent de nombreux faits divers en témoignent, de l'ensauvagement aux marques terrifiantes d’une barbarie qui s’installe tranquillement autour d’eux et qui n’épargne personne.

Du côté du principal syndicat de police, Alliance, on est loin d’applaudir. Écoutez son secrétaire général : Dans le Figaro, le président de la République, pour moi, a fait un plaidoyer en sa faveur et un autosatisfecit. Il s’est déplacé à Montpellier.

En effet, il a annoncé certaines mesures. Nous, on veut, c’est la réalité du quotidien, la réalité du terrain, et on veut que ces mesures soient concrètes. On ne veut pas que ce soit à échéance électorale.

On veut faire en sorte que le policier puisse travailler de manière sereine et que la justice, enfin, et ce n’est pas pour faire son procès, fasse son travail. Quand vous avez des individus qui agressent des policiers, ils doivent être sévèrement sanctionnés. Pourtant Emmanuel Macron a déjà largement donné en matière de sécurité.

D’abord, à la faveur du récent plan de relance, le ministère de l’Intérieur a reçu une rallonge d’un milliard d’euros. Excusez du peu. Gérald Darmanin s’est empressé d’en faire l’article au congrès du syndicat Alliance, le 17 avril.

Qu’il y ait des équipements qui soient individualisés, qu’il y ait des moyens d’intervention, qu’il y ait des protections. C’est, sans doute, ce qui a le plus manqué, malgré des investissements récents. Mais le plan de relance nous a beaucoup aidé.

On a réussi, je remercie le président de la République et le Premier ministre, à être éligible dans un certain nombre d’éléments qui permettent de changer un quart des véhicules de la Police nationale d’ici la fin de l’année. Il y a ensuite la loi sur la sécurité globale, adoptée le 29 mars. Elle institue, dans son article 24, un délit de “provocation à l’identification” d’un policier, d’un gendarme ou d’un agent des douanes “dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique”.

Article qui permettra de coller en garde à vue et de poursuivre tous ceux qui prennent des photos et des vidéos des forces de l’ordre, y compris et surtout les journalistes. À ces restrictions, il faut ajouter l’extension de la vidéosurveillance et la légalisation du recours aux drones sans véritables garanties. Au point que, mardi, 87 députés des groupes Gauche démocratique et républicaine, France insoumise, socialiste, Libertés et territoires ainsi que le collectif Écologie, démocratie solidarité, ont saisi le Conseil constitutionnel.

Mais la loi de sécurité globale n’est pas le seul gage donné par l’exécutif aux forces de l’ordre et à l’opinion inquiète. Il y a le Beauvau de la sécurité, cette série de tables rondes internes au ministère, initiée en février dernier. Une consultation elle-même précédée par la réalisation, en 2020, du Livre blanc de la sécurité intérieure.

Un document prospectif qui doit déboucher sur une loi de programmation. Sans oublier le nouveau schéma national du maintien de l’ordre qui permet, entre autres, aux journalistes de porter des équipements de protection, mais qui autorise les forces de l’ordre à les dérouiller comme le premier Black Bloc venu. Il y a aussi d’autres mesures, plus discrètes, sur lesquelles le gouvernement et le ministère de l’Intérieur ne s’attardent pas.

Ainsi, l’appel d’offres passé en mars pour l’achat de munitions pour les lanceurs de balles de défense. 160 000 balles ordinaires, comme celles qui ont crevé les yeux d’une dizaine de gilets jaunes, et 10 000 dites “marquantes”, c’est-à-dire qui laissent à l’impact, une trace de peinture indélébile sur la personne prise pour cible. Enfin, il faut signaler la création, en janvier, d’une “force d’appui rapide” chez les CRS.

Décidément, le modèle militaire fait fureur au sommet de l’État. Ces super CRS seront projetables 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 avec un départ dans les 15 minutes après l’alerte. Dotés de véhicules 4X4 à 6 places, ils bénéficieront des premières tenues antifeu, équipement destiné à être généralisé au sein de la police et de la gendarmerie.

Pour l’heure, cette force compte 200 hommes issus de la CRS 8, cantonnée à Bièvres. Cependant, le projet n’emballe pas les fonctionnaires de police concernés. Sur sa page Facebook, le syndicat SGP police CRS observe que 50 % des effectifs souhaitent quitter la compagnie de Bièvres, depuis cette réforme.

Après avoir fait main basse sur une partie de l’électorat de gauche en 2017, Emmanuel Macron tente maintenant de plumer celui de la droite. Mais dans cette course au tout sécuritaire, le chef de l'État aura toujours une longueur de retard sur Marine Le Pen. Aux yeux de l’opinion, le Front national et son successeur, le Rassemblement national, incarnent l’ordre et l’autorité.

Et en politique, les électeurs préfèrent toujours l’original à la copie. Samedi dernier, la gauche, dans toutes ses nuances, s’est donc retrouvée à Paris. Je vous en avais longuement parlé dans le précédent numéro d’un Bourbon Sinon Rien.

Écoutez le compte rendu de ce sommet par Yannick Jadot. Il y a trois points sur lesquels on s’est mis d’accord. Un, le respect mutuel.

On ne disqualifie pas d’autres formations politiques, écologistes ou de gauche. Il y a un deuxième point sur lequel nous sommes d’accord. Nous allons débattre des solutions pour les Françaises et les Français, avec la société civile, avec les syndicats, avec les entreprises.

Il y a un point qui ne nous réunit pas tous, et ce n’est pas grave, c’est la perspective de construire une candidature de rassemblement. Une candidature commune autour d’un projet de gouvernement. Autour d’un contrat de gouvernement.

Un projet et un accord de législatives. Le scénario est donc le suivant : l’élaboration d’un programme puis la désignation d’un candidat commun. Comment ?

Mystère et boule de gomme ! Nous n’avons pas, à ce stade, défini quel était le moyen d’y parvenir, mais nous avons manifesté une volonté commune, à de très nombreuses organisations, qui regroupent l’ensemble du pôle écologiste et puis le Parti radical, Place publique, Nouvelle donne, le Parti socialiste, qui ont cette volonté. Olivier Faure va un peu vite en besogne.

Les écologistes doivent désigner leur candidat en septembre. Ils ne sont donc pas favorables, pour l’instant, à une candidature commune. Par contre, se mettre d’accord sur 10, 15, 25 mesures que Edgard Morin qualifie de “basculantes”, c'est-à-dire que ça dessine un projet pour le pays, un projet bien sûr d’écologie, de justice sociale, de renforcement de notre démocratie, on peut se mettre d’accord.

C’est un long chemin qui s’ouvre, en fait assez excitant et porteur d’espoir. Des mesures “‘basculantes”. Voilà qui intéresse au plus haut point la France Insoumise.

On voit bien que à Europe écologie, il y a des gens qui ne sont pas tout à fait d’accord sur le programme. Plus on se rapproche d’un programme de rupture avec le libéralisme, le productivisme, les traités européens, la 6e République, plus ça peut les rapprocher de nous. Et puis après, on verra dans ces cas-là ce qu’on est capables de faire ensemble.

Moi, je suis assez confiant sur le fait qu’on est capables de rassembler encore bien plus largement que nous le sommes aujourd’hui. Pour comprendre la stratégie de la FI, il faut se rapporter à ce qu’écrivait le 15 avril, Jean-Luc Mélenchon dans une note de son blog. Voici ce qu’il dit de Yannick Jadot : Le propos a le mérite d’être clair.

Il s’agit de se servir de Jadot pour faire exploser la galaxie écologiste et rallier à la candidature Mélenchon tous ceux qui ne veulent pas être les marionnettes du Parti socialiste. Pour le reste, pas question d’une candidature commune de la gauche. Nous, on ne rejoindra pas des forces sur un programme tiède, filet tiède, qui serait le retour à Hollande.

Ça, on ne le fera pas, on le sait. Vous nous permettrez de penser que quels que soient les résultats de 2017 ou ce que disent les enquêtes d’opinions, on n’est pas les plus mal placés, et Jean-Luc Mélenchon n’est pas le plus mal placé pour faire gagner ces idées. Cependant, la France insoumise sait parfois se montrer accommodante avec les tièdes.

En Pays de Loire, pour les élections régionales, elle s’est ralliée à la candidature de Matthieu Orphelin, ancien porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot. Il assistait d’ailleurs à la réunion de samedi. En 2017, Matthieu Orphelin s’est fait élire député sous l’étiquette de la République en marche avant de claquer la porte, deux ans plus tard.

Si la FI peut trouver un terrain d’entente avec un macroniste repenti, comment les électeurs pourraient-ils comprendre que cela soit impossible avec les socialistes ? Car Matthieu Orphelin plaide, comme le PS, pour une candidature commune de la gauche à la présidentielle. Le peuple de gauche et le peuple écologiste, sur le terrain, tous les jours me disent, en Pays de la Loire : “On veut l’union en 2022.

On veut le grand rassemblement. On veut cette équipe”. Donc, on doit le faire, on ne fait pas de la politique pour nous.

Et Anne Hidalgo dans cette affaire ? Pour l’instant, Yannick Jadot semble avoir l’avantage dans la course à l’investiture du PS pour la présidentielle. Mais la maire de Paris donne rendez-vous à l’automne.

Certains ont déjà leur candidat et ils ne sont pas sortis de cette réunion en disant qu’il n’y aura pas de candidat. D’ailleurs, ce n’est pas le but de cette réunion, c’était vraiment d’engager un travail commun. Mais le rendez-vous, sur cette offre et cette coalition d’ailleurs.

On a plutôt parlé de coalition ensemble, et de candidature commune. Elle doit arriver évidemment à l’automne. Moi, je prends ma part, je suis maire de Paris, réélue à un moment où c’est vrai que la gauche ne se porte pas bien.

On a besoin de paroles à la fois et d’un travail qui peut être un travail fédérateur. “Réélue à un moment où la gauche ne se porte pas bien”. Le message ne vous aura pas échappé.

En substance, la maire de Paris dit à ses petits camarades : “S’il y en a une qui dans le désordre ambiant peut l’emporter, c’est bien moi !” L’ensemble des participants a prévu de se retrouver dans un mois. Auront-ils quelque chose de nouveau à se dire ?

Tant que les urnes n’auront pas rebattu les cartes à la faveur des élections régionales et départementales, c’est peu vraisemblable. L’union est un marathon...

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À la semaine prochaine pour un Bourbon Sinon Rien !