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interviewBLAST (sur YouTube)· 22 mai 2023 48 min

DÉSOBÉIR ET SE SOULEVER POUR EN FINIR AVEC NOTRE IMPUISSANCE POLITIQUE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

en puissance ce mot résonne dès lors que l'on pense à la catastrophe écologique en cours face à la destruction de la planète à l'ordre établi à la puissance de ceux qui veulent que rien de change on est souvent tenté par l'impuissance le déni ou encore l'indifférence tant il semble impossible de changer le cours des choses mais pourquoi sommes-nous vaincus avant même d'avoir mené la bataille c'est la question que pose la célèbre activiste Camille Étienne dans son essai pour un soulèvement écologique à l'idée montre que notre impuissance politique est une illusion qui ne profite qu'aux personnes qui sont au pouvoir elle appelle à désobéir ralentir et cesser de coopérer pour créer les conditions un soulèvement qui pourrait faire basculer la société alors comment dépasser notre impuissance collective un soulèvement écologique est-il possible ou est-il déjà en cours réponse tout de suite dans ce nouvel entretien blast avec Camille Étienne bonjour bonjour merci d'être venu sur le plateau de Blast merci à vous alors vous avez grandi à pessen-nancroix dans les Alpes françaises et vous l'écrivez dans votre livre à 10 ans j'ai compris que le réchauffement climatique menaçait notre monde donc ça c'était en 2008 et ce sont les glaciers et la disparition des neiges éternelles qui ont construit votre engagement vous êtes fait connaître du grand public avec une vidéo réveillons-nous qui a été tourné dans vos montagnes en 2020 et qui a fait plus de 10 millions de vues sur les réseaux sociaux depuis vous multipliez les vidéos engagées les plateaux télé les combats vous êtes un peu partout il faut le dire et vous êtes devenus en quelques années un des visages de l'écologie en France vous venez d'ailleurs de réaliser une série documentaire qui s'appelle pourquoi on se bat avec Solal Moisan et aujourd'hui vous publiez au seuil votre premier essai pour un soulèvement écologique dépassé notre impuissance collective alors première question pourquoi est-ce que vous avez voulu écrire un livre pour questionner notre impuissance collective pourquoi ce fil rouge de l'impuissance tout au long du livre pour qu'on livre déjà parce que c'est un des seul endroit on ne coupe pas la parole en tant que sur place en réalité on peut on peut développer une parole être maître de ses mots dans jusque dans la précision de ce qu'ils vont dire avoir ce temps long la réflexion donc c'était fondamental pour moi de le faire au bon moment je crois que c'était le bon moment c'était et en effet c'était pour répondre à cette question que je reçois partout autour de moi c'est ce c'est trop grand ce combat est vertigineux et ce sentiment lancinant d'une direction du monde qui nous échappe et ça je le vois partout autour de nous on a l'impression que finalement qui a envoyé qui alimentait par un mépris et la violence du silence du gouvernement notamment en ce moment face au mouvement sociaux on a ce sentiment que de ce ne sera jamais assez et que donc finalement on a une apathie qui est là et qui est lancinante et qui me semble être une route très dangereuse parce que alors si on ne se soulève pas et qu'on ne s'organise pas collectivement on laisse la place aux puissants qui eux ont déjà une ligne directrice assez claire qui nous mène aujourd'hui d'une action délibérée vers un écosside vers un délitement du monde et vers précisément des conditions de vie sur Terre qui sont menacées donc la sensation d'impuissance j'ai voulu vraiment l'adresser pour montrer que ce n'était pas un état de fait et précisément elle était orchestrée elle était organisée et qu'elle l'a rangé un ordre établi parce qu'alors c'est la phrase de la Boétie c'est pour ça que je parle de soulèvement c'est ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux alors on se lève alors vous l'écrivez en introduction du livre je n'attends pas de ce livre qu'il provoque un déclic n'est rien d'autre d'ailleurs est-ce qu'on peut vraiment dire que vous n'attendez rien de ce livre donc du mal à croire quand même je voulais vraiment commencer par le déclic parce que à mon sens quand on pose la question parce que tous les tout en interview tout le temps ou même quand dans la rue ou dans les interventions que j'ai il y a cette question de de l'attente et encore une fois on pose ma question du déclic et je sens dans le regard l'idée de dire quand est-ce qu'il viendra le mien comme si on reste grand soir ou ce grand matin il y a toujours cette question dans les univers de bien votre déclic à quel moment vous êtes dit je vais m'engager qu'est-ce qui s'est passé comme si c'était un hobby du dimanche ou comme si c'était une chose qui nous arrivait du ciel et qu'on allait toucher par la grâce de l'engagement précisément l'indignation est partout là où on ose poser le regard avec la lucidité et donc je crois que c'est important de dire dans l'idée de déconstruire celui du déclic c'est celui aussi de se dire il s'agit de provoquer et de cesser de l'attendre et de ne pas ériger comme ça des modèles qui s'occuperont de nous des gens très intelligents ou très engagés qui s'occuperont de faire ce qui nous semble être désagréable mais précisément de se dire il est temps peut-être pour moi d'oser le voir parce qu'il est déjà en moi parce que ce sentiment lancinant de honte de culpabilité de de sentiments qui nous échappent de tristesse profonde de colère immense ce que je veux c'est être capable de les faire sortir de la sphère de l'intime et de les adresser collectivement dans l'espace public pour que notre capacité émotionnelle soit à la hauteur des objets techniques concrets et donc précisément du danger aussi qu'ils peuvent engendrer donc avec cet effondrement j'espère qu'il me met du déclic c'est aussi de dire nous nous regardez pas rejoignez-nous vous racontez dans votre livre que sur les plateaux télé souvent avant l'antenne les journalistes viennent vous voir en disant de ne pas trop faire peur aux gens de rester de rester positif et vous le dites je ne cherche pas à faire peur j'ai peur pourquoi est-ce que il y a cette obsession avec la peur en permanence quand on parle d'écologie et en quoi il faudrait comme vous le dites dans votre livre repenser la peur justement aujourd'hui c'est une réflexion que je dois à Pablo servigne on a parlé tous les deux quand on s'est rencontré dans nos rencontres philosophiques et en fait un théorisé l'effondrement en France et qui surtout elle a énormément vulgarisé à travers son premier livre il a écrit un livre que je trouve assez génial que l'effondrement expliqué aux enfants et il a ce moment où il dit vous voyez si on a un fasse un incendie et que précisément on ne s'y prépare pas parce qu'on dit jamais ma maison à moi ne va brûler donc ce qui va se passer quand on va arriver parce que c'est probable enfin actuellement on doit y avoir j'ai pas les chiffres de des pompiers mais ça doit être je sais pas admettons 1 des maisons qui brûlent en France c'est pas du tout les vrais films imaginé et bien on a 1% de chance peut-être d'avoir notre maison qui se retrouve sous les flammes si on n'est pas capable de s'y préparer et de savoir précisément comment réagir la panique va nous faire gêner les pompiers va nous faire prendre les mauvaises décisions et donc on ne sera pas prêt donc en fait la peur c'est finalement quelque chose qui nous prépare c'est l'inverse même de la panique et quand je parle de peur il faut se rappeler aujourd'hui quand même qu'on est gouverné par des petites fausses peurs morales qui sont agitées partout autour de nous la xénophobie on est une c'est à dire que on nous on nous vend une perte de l'autre et on joue notamment ce gouvernement aussi beaucoup sur la question de la peur il nous tiennent par la peur et notamment en criminalisant le mouvement écologique en parlant de terrorisme intellectuel vous voyez quand même la force des mots on parle de terrorisme on compenser pour caractériser des idées progressistes donc la peur est partout déjà dans la sphère politique simplement ce n'est pas à mon sens la bonne peur et gunto renders qui est un auteur qui a travaillé notamment sur les catastrophes qui a travaillé sur Hiroshima qui a travaillé sur la seconde guerre mondiale sur les menaces existentielles qui passent sur l'humanité sur les menaces existentielles il se dit notre problème c'est précisément qu'on n'a pas une capacité émotionnelle assez grande face à l'outil concret qu'on donne des bases Lucas à des bébés dites-vous quand même qu'on a donné l'arme atomique à Trump et Poutine donc en réalité on a des capacités d'autodestruction de par la puissance technique que l'homme est capable de créer et précisément on est on est tout petit émotionnellement face à ça donc c'est très politique quand je parle du fait qu'il faut réhabiliter la peur parce que ce qui se passe là actuellement c'est que on relève la peur dans l'intime qu'est-ce que ça crée c'est une génération de gens qui ne veulent plus avoir d'enfant c'est une génération de personnes est con anxieux et je crois que c'est pas de la fiction que de dire que bientôt peut-être des multinationales fossiles financeront des groupes de paroles des comptes sociétés pourquoi parce que pathologies en fait les cours anxiété alors que l'anxiété c'est plutôt une anxiété face à l'inaction climatique mais qui est fou est-ce nous qui avons peur du fait que nous sommes dans des sables mouvants et dans un monde qui se délit de sous nos pieds en 2050 on a 50% de la population qui en stress hydrique ou est-ce que c'est ce en train de décision sans aucune once d'émotion alors qu'ils sont en train de condamner des conditions de vie sur Terre qui aujourd'hui est fou je pense que précisément ceux qui n'ont pas peur dont on ne saurait vraiment s'inquiéter et donc en étant capable de dire on met la vulnérabilité sur le devant de la table on parle de nos peurs on parle de nos incertitudes déjà on reprend un pouvoir qui est dans un système patriarcal détenu par des hommes qui se targuent d'une grande rationalité et en faisant cela alors on met les émotions et la vulnérabilité de côté parce qu'elles ont été historiquement associées aux femmes donc c'est déjà aussi un une marche politique de dire non on est capable de dire on a peur et cette peur-là est légitime de la même manière que notre colère est légitime et on la faisant sortir du cercle de l'intime alors c'est intéressant parce qu'on dit aux autres vous avez peur moi aussi mais alors on va s'organiser et alors on peut avoir une peur qui nous sauve si une voiture fond sur moi et que je n'ai pas peur elle m'écrase si j'ai une peur à la hauteur du danger alors je suis capable de fuir il faut que cette fuite soit collective et donc il faut qu'on soit capable de sortir de cette de cette relégation de la peur à la sphère privée oui au fait de mettre aussi complètement les émotions de côté de ne pas avoir le droit d'être en colère sur un plateau télé ou d'avoir peur ou autre vous parler aussi du modèle d'une psychiatre qui s'appelle isabeth Kobler Ross qui a identifié les cinq phases du deuil face à une perte donc le déni la colère le marchandage la dépression l'acceptation et vous dites que ça peut s'appliquer justement à ce que l'on vit face à l'urgence écologique aujourd'hui je trouve que c'est un modèle intéressant parce que il s'agit de faire le deuil aussi d'un d'un imaginaire de mythe de fiction collectif qu'on nous a vendu comme étant immuable et en étant la réalité je crois que le combat écologique c'est aussi un combat de fiction et donc précisément par exemple pour étudier l'économie c'est parce que je consens à dire que ce biais à 10 euros vaut 10 euros vous et moi que précisément ils vaut 10 euros si je décide de rompre ce lien de confiance alors tout s'effondre et c'est encore une fois ce que dit la Boétie très clairement donc ce que je trouve intéressant là-dedans c'est de se dire à partir du moment où on doit faire le deuil de fiction que dans avec lesquels on s'est organisé on organise le monde avec des choses des seules réalités avec lesquels on doit faire face qui sont les limites planétaires qui sont des ressources limitées on a organisé ces ressources là dans la société avec un certain nombre de fictions auxquels on a décidé de consentir si c'est fictions là c'est fondre si on décide de dire il y a d'autres récits ailleurs déjà sur le territoire dans l'histoire partout à travers le monde de gens qui font société autrement et bien ça peut devenir très intéressant parce que très puissant et en faisant ce deuil de ces fiction là ça veut dire passer par des étapes et les reconnaître c'est montrer que c'est normal d'être en colère c'est une colère qui est légitime la peur aussi est un sentiment légitime maintenant c'est c'est des choses qui vont nous traverser intimement et collectivement et politiquement et on va faire des allers-retours là-dedans quand on fait un deuil on a des moments où on revient des émotions qui nous traversent c'est être capable de les nommer c'est à mon sens cette capable de les adresser avec de grandes technicité alors justement vous mettez en perspective aussi le débat sur le fait de ne pas avoir d'enfant pour des questions écologiques pour des raisons écologiques en expliquant que vous avez longtemps culpabilisé de vouloir vous-même des enfants pourquoi est-ce que pour vous cette approche de ce débat qu'on voit naître à la fois en France aux États-Unis de plein de jeunes qui disent qu'ils ne veulent pas avoir d'enfants pour des questions écologiques et bien elle peut être dangereuse et finalement elle oublie un peu le caractère complexe de l'urgence écologique je dirais j'étais dans une dans un inconfort intellectuel en me disant j'avais lu l'intuition que cette route comprenait n'était était pas tout à fait saine et encore une fois on pose de débat dans l'idée que le corps des femmes leur appartient à elle et à personne d'autre et que on parle de là de personnes qui ont un désir d'avoir des enfants et qui sont empêcheraient par conscience écologique c'est bien ça ce dont je parlais je suis pas en croisade pour que tout le monde tes enfants en revanche on s'est laissé enfermer dans une logique de décarbonisation de nos vies donc c'est à dire que on a vu l'urgence écologique encore une fois avec des œillères normes ce qui se passe pour les mathématiques un problème mathématique qu'on va résoudre par des équations et des tableaux Excel avec des gens très intéressants et très intelligents dans des labos peut-être avec de la technologie qui pourrait réussir à capturer du carbone dans le sol artificiellement etc etc si on est dans cette logique là alors là on vous parlant je suis en train de mettre du CO2 donc finalement puisque si on a envie en question le fait que les gens arrêtent de parler si on voit l'urgence écologique comme le but d'avoir le moins d'empreinte carbone possible si tout est une obsession de la neutralité carbone et bien en allant vous la logique en effet mouron finalement parce que on est au monde à partir du moment où on est au monde on a un impact sur celui-ci il peut être multiple il peut être il peut être un impact régénérateur il peut être un impact destructeur peut-être parfois entre les deux mais précisément puisqu'on est au monde on fait partie de cet écosystème donc il ne s'agit pas juste de s'en extraire et si on voit le genre écologique comme ça ce qui s'inscrit à mon sens l'idée de ne plus avoir d'enfant il faut pas oublier aussi que c'est un discours qui est beaucoup utilisé pour qui est beaucoup utilisé dans un aspect de colonial et someboy qui est un historien décidé qui a beaucoup travaillé dessus montre que on dit ça aussi d'abord aux femmes qui font plus d'enfants aujourd'hui d'abord en Chine en Inde et bientôt aussi en Afrique on dit mais en fait c'est vous c'est parce que vous faites trop d'enfants soit bien sûr c'est parce que nous sommes trop nombreux mais qui c'est à dire que dans ce cas on devrait demander d'abord aux Français aux Françaises d'arrêter de faire des enfants si on veut remettre à l'empreinte carbone comptabiliser notre petit pré carré comme ça de carbone mais je pense que c'est une roue de faute aussi pour une dernière idée c'est que quelle triste vision l'existence quelle triste vision de l'existence et je pense qu'on a besoin de se battre non pas en condamnant notre espèce mais précisément pour lui faire honneur et pour retrouver un petit peu de dignité oui et surtout qu'en plus il y a une étude qui était sortie justement qui montrait que avoir un enfant c'était l'équivalent de 60 tonnes de CO2 mais c'est des calculs qui sont aussi quand même un peu particulier parce que c'est difficile de dire enfin voilà un enfant qui nait en France et un enfant qui nait dans un autre pays ne veut pas du tout émettre la même chose et puis quel enfant c'est aussi une question d'organisation des ressources en quelque sorte de la production alimentaire mondiale qui est gâché donc absolument en fait on a les moyens de nourrir l'humanité on a les moyens de d'être plus égaux et c'est une question de volonté politique et un choix fort faut aussi se poser la question pas seulement de quel monde on laisse à nos enfants mais de quel enfant va laisser à notre monde si on fait une armée de Greta c'est une mauvaise idée de continuer à faire des enfants certaines personnes qui seraient pas d'accord avec vous alors on en vient à la question des corps justement vous le soulignez dans votre livre l'appareil d'État ne traite pas nos corps de la même manière alors que l'urgence écologique menace tous les corps et les plus précaires les personnes discriminées sont en première ligne en quoi est-ce que c'est important de parler de la corporalité de l'urgence écologique aujourd'hui parce que je vois très pragmatiquement la rapidité avec laquelle l'État a retrouvé l'incarnation d'un État fort quand il y a une urgence sanitaire c'est dire que il y a une urgence sanitaire d'un coup d'un seul on a pu mettre alors vraiment même les libertés de bataille on a pu avoir des multinationales qui étaient cloués au sol en quelques heures on a eu les supermarchés qui n'étaient approvisionnés qu'en fruits et légumes françaises on est comme un peu oublié on a eu des gens qui travaillaient dans l'aviation qui sont retrouvés réemployés dans les trains on a eu on a eu des milliards d'euros qui sont tombés du ciel pour soutenir la France je veux dire je dis pas mon propos c'est pas dire c'était bien ou pas comment il fallait le faire mais simplement bizarrement d'un coup il a été possible pour cet état qui se cachait toujours derrière son impuissance pour ses puissances de reprendre une puissance au nom d'une urgence sanitaire donc d'abord je me suis dit comment est-ce que ça se fait que cette urgence qui est encore plus grande parce qu'elle menace l'intégralité des corps et de ceux qui ne sont même pas encore au monde précisément pourquoi est-ce que ça nous échappe complètement et en fait ramener dans les Corses aussi ramener dans l'intime c'est dire que c'est un combat qui nous ronge de l'intérieur et que l'inaction plutôt l'action délibérée des gouvernements aujourd'hui nous condamne alors que c'est peut-être là leur seul obligation ce qui les oblige c'est le fait qu'ils tiennent toutes leurs légitimité de nous de nulle part ailleurs ils ne sont là uniquement par nous parce qu'on a consenti alors remettre une petite partie de liberté entre les mains pour dire organiser la société c'est Léviathan c'est la base de la politique on a un petit peu oublié ce qui sont en train de faire là c'est à dire qu'il ils sont en train de faillir à peut-être la plus importante de leur mission qui est de protéger nos corps d'abord et on retrouve des microplastiques dans le lait des femmes dans leur placenta on est à la température de chaleur humide au delà de 31,5 degrés au-delà d'une certaine taux d'humidité on ne peut plus vivre c'est à dire que quand il fait notamment au Pakistan ce moment Vietnam mais en fait on est on est des protéines on crame à un moment donné on est comme un steak qui brûle enfin je veux dire nos corps sont littéralement menacés on ne on va plus pouvoir respirer d'air bientôt et c'est important de ré-ancrer dans les corps d'autant plus qu'il y a cette question de dire c'est aussi par nos corps que l'on se barre et on le voit quand on est dans la lutte j'étais à luzerat en Allemagne par exemple c'est nos corps qui sont avec parfois réprimés avec une immense violence il nous reste plus que nos corps face à leur machine face à leur loi face à leur appareil organisé de répression il nous reste nos corps et nos dignités c'est de tenir debout et de ne plus de ne plus laisser grand parce que nous sommes à genoux et donc nos corps sont en danger sont doublement en danger aussi parce qu'ils sont notre somme arme pour nous battre ben vous raconter justement cet épisode de loots at donc c'était en Allemagne en janvier 2023 ou l'énergéticien rWE a demandé la destruction de ce village sous lequel il y a 280 millions de tonnes de donc c'est un charbon un type de charbon et c'était pour agrandir l'une des plus grandes mines à ciel ouvert en Europe qui s'appelle girlsweiler et donc pour continuer bon bah exploiter du charbon et et alimenter cette bombe climatique et vous parlez justement des deux activistes qui creusent un tunnel sous le village de Lucérat et c'est juste deux corps et qui empêchent en fait finalement une machine mais qui empêche une machine industrielle et ce sont simplement deux corps attachés l'un à l'autre qui ont creusé un tunnel et vous dites que vous vous avez à ce moment là vous avez lutté avec d'autres activistes européennes comme nous annabor ou Greta steenberg ou Adélaïde Charlier et vous dites qu'à ce moment-là vous avez senti comme un tournant alors même que vous vous sentir ridicule face à la puissance policière qui était déployée face à vous comment ça se fait c'est c'est la force du nombre et de ce sentiment de paix au milieu du chaos du monde ce qui est assez étonnant parce que tout nous rappelle notre petit test tout nous rappelle on arrive dans ce paysage qui est apocalyptique en fait c'est vraiment l'idée de dire qu'est-ce que nous sommes en train de nous faire c'est un sentiment très vertigineux que j'ai jamais ressenti nulle part ailleurs avec cette violence là ce qui était fascinant c'était de voir comment le monopole de la violence légitime détenu par l'État précisément légitime qui qui tient parce que un appareil d'État la police et là est organisée et armée pour le faire respecter était en train de glisser vers la protection d'intérêt privé qui n'avait aucune sort de légitimité parce que son seul but n'était absolument pas le bien commun ni un maintien de l'ordre ni une sécurité ni une protection de la population mais simplement du profit et on voyait ces camions qui étaient les camions de la police qui étaient en réalité les camions de RW donc on avait des policiers qui représentaient la force de l'État qui descendait de camions de l'entreprise qui était en train de compromettre la capacité de vie sur Terre en faisant une des plus grandes mine de charbon à ciel ouvert en 2023 alors même que les scientifiques ont écrit une lettre ouverte en expliquant que il n'y avait pas besoin de ce charbon pour la sécurité énergétique de l'Allemagne absolument c'est un choix politique c'est un choix de enfin de économique c'est un choix de profit parce qu'il y a des millions d'euros à se faire et donc on le fait et de voir que l'État n'était pas cette arbitre neutre entre qui qui avait pour vocation d'éviter potentiellement des violences qui des périodes de côté pas du tout il sait de s'organiser entre pour empêcher une population qui n'avait rien d'autre que ses corps justement pour se défendre de la destruction de ces mêmes corps et là j'ai trouvé qu'il y avait un glissement terrifiant qui qui n'est pas absolument pas nouveau mais qui était qui en tout cas mais apparu avec une violence encore plus grande qu'habituellement et paradoxalement ce que vous racontez c'est que vous êtes senti puissante dans cette action par la force de d'être dans ce qui est juste je crois qu'on a relégué la morale et le bon sens un petit peu comme étant quelque chose de bien pensant alors que précisément je crois que il y a des valeurs sur lesquelles on est capable de tout se mettre d'accord le fait de continuer la vie de se battre pour elle et une valeur qui me semble difficilement être possible de remettre en question et d'être du côté de ce qui était juste tout en sachant pertinemment que que bien évidemment qu'on allait juste retardé on savait on allait pas précisément peut-être jamais réussi à faire en sorte que ce projet soit abandonné mais de voir ces milliers de personnes venir de partout d'Allemagne de plein de mieux sociaux différents de plein d'âge différents même de partout d'Europe se dire on va être là ensemble dans la personne 35000 personnes dans la boue dans le fera à 5h du matin avec une violence totale et d'être là juste parce que c'est juste de le faire pas simplement parce qu'on peut gagner mais parce que c'est juste parce qu'on doit le faire au nom vraiment d'une dignité j'ai trouvé que c'était quelque part beau de dire il reste encore quelques quelques espérances qui s'incarnent dans des corps mais c'est un peu la dignité du présent que vous citez d'ailleurs dans le livre avec Corinne Morel darleu alors dans le livre vous l'affirmez aussi vous dites il n'y a pas de génération climat qu'on entend pourtant à tout bout de champ depuis des années et vous ajoutez si c'est moi contre mon grand-père à Noël sur la question du foie gras ce n'est plus moi contre Patrick pouyanet le patron au total pourquoi est-ce qu'il faut combattre aujourd'hui ce fantasme de la génération climat merci pour cette question parce que malheureusement la manière dont s'organise au débat médiatique par dans quelques exceptions et assez binaire la tension on est dans une guerre de l'attention où chaque minute compte ou l'algorithme vend notre temps à des multinationales ou tout est fait pour capter notre attention donc on va dans une société du clash on polarise au maximum le débat qu'est-ce qui se passe dans le plateau télé ou dans dans d'autres endroits où cette ou la pensée je dirais collective se construit majoritairement et bien on va opposer deux camps donc si on a cette vision générationnelle ce qui va se passer et ce qui m'est arrivé maintes fois c'est à dire qu'on va voir une jeune contrée en vieux et alors ce sera le boomer qui veut garder ses privilèges avec des petits jeunes cons qui font la révolution rock'n roll parce qu'ils sont en manque de frissons d'existence et des jeunes inconscients qui n'ont à peu près aucune sorte de de respect face à des personnes âgées qui en même temps leur laissent un monde un peu dé et qui ont quelquefois de bonnes raisons d'être en colère voilà à peu près l'état du monde d'aujourd'hui fin l'état de la manière dont on dont on montre la fracture aujourd'hui donc puisque je crois qu'il ne peut pas avoir beaucoup de fracture qui existe en réalité qui existe politiquement alors il faut pas se tromper dans les factures qu'on met en avant et les fractures qu'on choisit factuellement des enquêtes sociologiques ont montré notamment aux salutpab des Sciences Po ont montré que ce n'était pas vrai dire qu'il y avait une génération climat si on sort des marches parisiennes et même là c'est pas réellement le cas partout sur le territoire les personnes qui font les réunions publiques qui vont lutter avec leur corps sur les territoires pour éviter que des entreprises je sais pas des friches des endroits naturels ne sont pas que des jeunes on a dans les associations un tiers des bénévoles des associations sont des retraités d'où l'importance de la retraite et puis en fait aussi c'est donc déjà c'était pour rendre justice à une réalité très concrète pour ne pas se tromper de fracture qui à mon sens c'est une fracture sociale et enfin aussi pour s'inscrire dans un temps et dans une justice et une justesse par rapport au combat d'avant c'est à dire que tous les outils qui sont aujourd'hui des outils légaux tous les droits que qu'on n'imaginerait pas remettre en cause droit à l'avortement le droit de voter quand on est une femme sont le droit d'association la liberté d'associations est né quand même de lutte en fait et quand j'ai payé en 38 136 il y a en fait tout ça et le fruit de désobéissance et le fruit d'organisation de la société et le fruit de rapport de force de lutte que nos aînés ont mené avant nous qui nous semblent maintenant à qui qui sont interros solides sur lesquels on doit on doit et on peut on peut se battre qui nous permettent d'avancer plus loin de semer de nouvelles de nouvelles espérances et les faire advenir et bien c'est aussi dire que on ne réinvente pas l'eau chaude on fait juste peut-être un petit peu attention à ce que le monde ne devienne pas tiède et alors en quoi justement cette cette idée d'une génération climat cache une fracture sociale aussi parce qu'aujourd'hui on a aussi des retraités qui sont dans une immense précarité des personnes âgées qui vivent dans l'isolement qui font la queue pour aller à l'aide alimentaire c'est le cas aussi de plein de jeunes mais je à mon sens c'est très simple ce que je veux dire mais c'est l'étude d'oxam donc vous avez sûrement de fois parler sur les plateaux de Blast 63 milliards français de par leur patrimoine et mettent la moitié des émissions de gaz à effet de ce pays imaginez s'ils étaient responsables d'une pandémie on les aurait confinés en deux jours enfin évidemment qu'on peut mettre ça sur même plan mais voyez juste en ordre de grandeur comment c'est possible qu'on s'attaque si peu à l'ultra richesse et à l'acaparement aujourd'hui mettre un litre d'essence dans notre voiture quand on travaille en banlieue pour venir travailler à Paris admettons nous coûte plus cher que de mettre un litre d'essence dans un jet privé qui doit à peu près concerner je sais pas son personnel en France pourquoi parce que c'est le seul carburant qui détient une niche fiscale c'est à dire que l'État consciemment décide de faire 3,5 milliards de cadeaux d'euros d'argent public par an à 100 personnes qui sont des ultra privilégiés déjà et qui sont en plus c'est là où le gobelet c'est à dire que ils sont les premiers responsables du dérèglement climatique et les plus protégés donc ceux qui sont le moins responsables sont aussi en Premier League des conséquences d'une guerre qui n'ont même pas eux-mêmes déclaré donc on ne fait pas cela une double injustice et je pense qu'il est temps de reprendre notre puissance et c'est pour ça que je parle de puissance parce qu'on ne peut pas laisser ce mot on peut pas s'excuser en fait de prendre de la place à un moment donné on a assez demandé poliment la parole on a assez joué en leur en leur règle à un jeu qui dont on savait d'avance qu'il était les seuls à pouvoir précisément gagner donc là il s'agirait à un moment donné de dépasser notre impuissance et de dire on à l'inverse de leur impuissance à eux qui est une impuissance qui écrase une impuissance qui étouffe une impuissance qui empêche on reprend une puissance une puissance qui permet et qui est pas essence collective alors vous évoquez un monde dans votre livre votre altercation avec la députée Renaissance Maud brégion sur le plateau de c'est ce soir et qui entre autres parce qu'il y en a une qui est sorti en particulier sur la question de l'égalité de la légitimité et entre autres vous reproches de défendre une écologie des beaux quartiers et qui selon vous versent dans un discours qui oppose l'écologie au peuple et vous admettez à ce moment-là que il y a quelques années vous croyez encore au gestes individuel et au fait que on pouvait tenir chacun coupable de la situation qu'est-ce qui a changé parce qu'il me semble urgent de demander plus à ceux qui peuvent le plus et dans demander moins ceux qui peuvent le moins et c'est aussi simple que ça et en fait je crois qu'on a dans une société d'individualisation où on nous rappelle toujours qu'on est seul je me rends compte que c'est une stratégie de la même manière que les anxiété de la même manière que le techno solutionnisme de la même manière que le climatocepticisme qu'il y a derrière encore une fois ce qui profite d'une société dépendante du pétrole c'est-à-dire des multinationales fossiles qui a majoritairement financer la démocratisation de l'empreinte carbone c'est une multinationale américaine du pétrole et ça en l'apprenant je me suis dit mais pourquoi donc ont-ils fait ça cette très étrange parce qu'ils vont participer à une sorte de prise de conscience pas du tout parce que ce qui se passe c'est qu'on crée de la patie en faisant ça je dis pas que il s'agit de ne rien faire au contraire puisqu'on est au monde chaque action compte et chaque action cache en elle potentiellement une vie derrière qui va être menacée par une tonne de CO2 en plus ou moins bien sûr et maintenant qu'on a dit ça ce qui se avec la démocratisation de l'empreinte carbone c'est que on relègue encore une fois dans l'intime le combat et donc il s'agit de tresser déchets d'être vegan de pas vraiment prendre la voiture et puis en même temps de penser à manger à manger bien et puis en fait de d'être en seconde main et tout ça et donc en fait c'était épuisant parce qu'on ne vit pas dans une société ou qui est organisée pour que ça ce soit accessible en tant et en argent aussi donc quand on est quand on habite en banlieue allez avoir un petit producteur en circuit court bah c'est pas facile quand on est zéro déchet sur qui va peser la charge mentale majoritairement dans les foyers toutes les sociologiques le montrent c'est sur les femmes donc encore une fois on fait peser plus sur les personnes les plus précaires pour qui c'est le plus difficile d'avoir cette cette pureté d'être au monde de manière écologique et donc on empêche un soulèvement parce que c'est épuisant et parce que qu'est-ce qu'on tient un peuple un peuple par la fatigue la fatigue est un instrument de coercition extrêmement puissant et quand on nous quand on nous érante à ce individuelle qui paraissant ne peuvent jamais être au bout de leur démarche alors on empêche on soulèvement écologique on empêche une organisation collective qui est de dire avant de juste passer des heures à savoir comment est-ce que nous on va trouver potentiellement un truc et ben on va aller emmerder la cour industrie on va aller s'attaquer à Monsanto Bayer on va aller s'attaquer à la politique récolte commune au Parlement européen qui majoritairement qui finance une agriculture qui aujourd'hui détruit nos sols le vivant et les rivières voilà à mon avis l'urgence elle est là elle est d'abord là et et uniquement dans nos petites existences rapetissées surtout c'est une approche qui met de côté le fait que ce c'est à travers des politiques publiques transversales que la réduction de la demande peut se faire et donc une réorganisation de la société et non pas de ramener ça des gestes individuels alors justement pour avancer dans notre réflexion vous consacrer un chapitre à la désobéissance civile en appelant à désobéir dès qu'on le peut et vous ajoutez le pouvoir des plus puissants de ce monde et celui que nous leur donnons qu'est-ce que vous entendez aujourd'hui par désobéir et est-ce que c'est vraiment accessible à tout le monde parce que vous le dites le soulèvement un coup en fait la désobéissance c'est pas qu'une rébellion d'un âge ado de la société c'est pas que parce qu'on sentirait fort et puissant de se réapproprier un moment comme ça d'une grande liberté on sent extrêmement libre dans les moments désobéissance civile parce qu'à leur toutes les normes puisqu'on commence à à autre passer celle qui nous semble injuste on se rend compte que c'est là une fiction et c'est extrêmement puissant un sentiment très libérateur que je vous invite à un jour à expérimenter c'est de se dire non on ne peut pas tout accepter sous couvert que c'est ce qui est on ne peut pas le faire parce que si des générations on sera encore très très très loin d'avoir les droits et les libertés qui sont les nôtres aujourd'hui donc c'est fondamental de se battre pour continuer à ce qu'elle continue d'exister maintenant que j'ai dit ça la désobéissance peut aussi être simplement un refus de coopérer et c'est gorille Morel qui dit mille fois mieux que moi je la cite beaucoup parce qu'elle m'a bouleversé notamment d'entretien que vous avez fait aussi en place elle dit parfois c'est l'idée de dire on ne fait plus qu'est-ce qui se passe quand on arrête de jouer à votre jeu qu'est-ce qui se passe quand on arrête de ramasse de ramasser vos poubelles quand on ne joue plus selon vos termes qu'est-ce qui se passe qu'est-ce que ça crée ça peut devenir fascinant intéressant et ça peut éviter beaucoup plus vite leur établi d'un coup tremble parce que ces bases solides qu'il a toujours considérées comme comme jamais étant la capacité de se révolter d'un coup sans vous juste se retire c'est la mère qui se retire qu'est-ce qui reste quand il y a plus d'eau je trouve que c'est assez fascinant et dans la désobéissance civile c'est vraiment le besoin aussi de dire que je reviens dessus mais aujourd'hui c'est légal pour une fille nationale de détruire les capacité de vie sur terre c'est légal de quand on manque d'eau dans ce qui se passe là en ce moment on a quatre villages quand même dans les Pyrénées qui sont en stress hydrique on est en mai on a des mers en 2023 en France qui ont du commander des bouteilles d'eau des packs de bouteilles d'eau pour donner à boire à la population il se passe ça en France et en attendant on a des golfs qui continuent à être arrosées à quelques kilomètres pour 10 personnes et ça va être bien personnalité et ça c'est légal donc ça c'est à dire que ça c'est quelque chose qu'on devrait accepter à quel moment quelqu'un est capable de me dire en regardant les yeux ça c'est normal c'est quelque chose qu'on accepte non donc on est bien d'accord qu'il y a de l'inacceptable partout où on peut poser le regard et à mon sens il est notre devoir d'être capable aussi de cesser d'obéir parce que notre impuissance c'est d'abord une obéissance et quand on décide de se lever et de rompre ses liens qui nous coupent à une qui nous tiennent à une apathie si on découpe si on les ronds alors ça peut aller beaucoup plus vite le soulèvement que ce qu'on peut imaginer et on peut obtenir de grandes victoires je crois que c'est notre beaucoup de bien d'arriver assez vite dans ce moment alors justement dans votre livre vous reprenez la conclusion du livre de mariahi Stéphane et Erika chez noette sur le pouvoir de la non-violence qui dit donc ça a été beaucoup entendu qu'il suffit que 3,5 % de la population se soulève pour renverser un ordre établi donc c'est une théorie du changement qui a été beaucoup débattue et critiqué aussi est-ce que c'est pas un bon naïf est-ce que vous y croyez vraiment que si 3,5% de la population française par exemple se soulève sa renversera l'ordre établi parce que d'une certaine manière avec la réforme des retraites on a vu bien sûr même plus même sur mon que 80 % une majorité tout dépend de ce qu'on appelle par se soulever et je pense que avec ce que je voulais montrer en reprenant ce chiffre là sinon pas de dire à ton don et une fois que c'est que d'autres qu'on sera à 3,5 ça va devenir comme ça comme tel comme s'il y aura un grand soir un grand moment une grande ce que je veux dire par là c'est qu'en fait 3,5 finalement c'est peu mon point là c'était de dire ce sont l'illusion du consensus comme le dit Chantal move c'est vraiment dire on n'est pas la queue pour convaincre et parfois des actions ne vont pas créer l'adhésion est-ce qu'on va chercher n'est pas à créer l'adhésion just top oil avec les tableaux mais de créer un moment donné bien sûr à un moment donné où en fait ça va nous déranger ou ça va nous bousculer on va chercher à mettre un ordre établi ne sera plus établi à partir du moment où on bouscule donc elles ont travaillé sur plein de mouvements sociaux plein de droits qui ont été acquis en montrant le moment où il y a eu un peu de bascule et des victoires c'était un peu près à partir de de ce moment-là c'est dire qu'en fait avec le 5% ça peut nous paraître immense mais en même temps c'est pas tant que ça donc ça veut dire que c'est un autre portée et quand on regarde dans l'histoire l'histoire des congés payés tout l'histoire syndicale histoire des droits sociaux en réalité c'est une minorité active organisée et radicale la théorie du flanc radical Andréas qui ont permis d'être assez menaçante pour leur établi si bien qu'il n'avait pas d'autre choix que de plier devant une masse qui elle serait peut-être plutôt juste plus ou moins d'accord ce qu'on a pu avoir aussi avec la question des retraites maintenant évidemment que quand on voit le le la violence et le mépris du silence qui a été celui de nos gouvernements ça rend le soulèvement encore plus immédiat plus important et plus nécessaire je crois qu'ils ont créé un monstre je sais pas si ils sont au courant du monstre qu'ils ont créé là de la colère qui gronde partout et du fait que que on est en fatigable et en même temps et en même temps épuisé et que ce mélange me semble être un cocktail assez assez dangereux et à la fois qui peut être très beau parce qu'ils ont essayé d'enfermer des mouvements sociaux dans de la violence parce qu'on a vu la traitement médiatique des centres solides la répression la crimination du mouvement écolo avec on pourrait en parler très longtemps vous traitez souvent sur place donc je vais pas revenir dessus mais vraiment c'est assez inquiétant c'est vrai qu'on fait face c'est un glissement voilà très bien donc vous verrez plus tard mais c'est pour dire là ce qui est en train de se passer là ce que je trouve fascinant c'est la capacité du moment social à y répondre avec de l'humour et avec de la créativité c'est à dire qu'on a réussi à être là où il nous attendait jamais on a répondu à un monde triste qui sont en train d'organiser froid hiérarchique technocratique bureaucratique on a répondu à cette ligne là en étant cette fourmilière qui grouillait partout avec des casseroles et je trouve ça fascinant de se dire qu'il y a des gens qui étaient en réunion de crise minuit en train de se dire imaginez l'image qu'on a l'international quand on interdit des casseroles c'est impossible trouvons quelque chose ah tiens dispositif sonore portatif et ça me fascine la capacité qu'on a à les retrancher dans une forme de ridicule et je crois que c'est bien plus puissant que ce qu'on peut imaginer de se battre par le l'humour par la joie et par la créativité et les mouvements sociaux ne se laissent pas enfermer dans les dans la manière à chaque fois dans les vases dans lesquelles ils essaient de nous contenir et c'est ça à mon avis le soulèvement c'est aussi un débordement alors vous parlez justement du fait que il y a une sorte d'injonction en permanence quand on parle des questions écologiques à rendre désirable le combat écologique et vous trouvez ça absurde de dire on va pas rendre désirable le fait de vivre vous ajoutez que il va falloir aussi essayer de définir des modalités parce que il ne s'agit pas de se battre pour qu'elle vienne un monde où les armes à feu sont recyclables j'ai noté cette phrase quand même et en réalité bon on voit qu'il y a un peu des petits soulèvement voilà il y a quelque chose il y a des signaux faibles de plus en plus qu'on peut voir dans la société que ce soit en France ou ailleurs mais il y a pas vraiment de soulèvement il y a pas de grand soir et on ne sait pas s'il aura lieu un jour mais du coup à quoi ressemblerait justement un soulèvement écologique selon vos termes comme comment est-ce que vous l'imaginez ce que vous risquez pas à le faire dans les donc euh est-ce que j'ai une neuf non justement je le fais pas mais c'est c'est volontaire c'est à dire que pour moi ça se décide pas dans les livres on peut pas prévoir ce qui va se passer parce que ça dépend d'une seule chose c'est de qui se soulève et ce que je veux créer modestement c'est participer à nourrir un élan qui en nous et j'ai beaucoup j'avais 10 ans que j'étais engagé à l'échelle de ma vie ça fait longtemps mais je répondais d'abord quand on aime voir en me disant comment est-ce que je peux m'engager qu'est-ce que je peux faire en disant ok donc là viens à telle action si telle pétition on a tel blocage on a et ça faisait des plus un à chaque fois utile bien fatigant et pas non plus révolutionnaire maintenant notamment avec la Papeline en Ouganda hip-hop sur lesquels je me suis beaucoup battue j'ai plutôt été dans une autre posture qui est celle de l'écoute c'est de dire qui es-tu comment est-ce que tu habites le monde en fait quels sont tes talents tes connaissances très concrètement ton job tu es privilèges et c'est fascinant à quel point ça ouvre des mais mais multiplicités de de possibles d'action et d'activisme en fait on a une société entière qui résiste et se soulève et ça c'est bien plus flippant pour eux parce qu'on ne peut pas contenir un mouvement organisé hiérarchique c'est très facile de le contenir quand ça vient un peu de partout comme ça et qu'on est absolument partout c'est comme le moustique qui donne notre chambre est certes petit et qu'on pourra l’écraser d'un revers de main mais qui on ne le voit pas il est partout il nous pique en fait il nous rend fou et c'est c'est à l'usure finalement que moi aussi peut-être les avoir donc je veux pas répondre à cette question avec les soulèvements de la terre où justement il y a une il y a des dizaines de milliers de personnes qui ont rejoint le mouvement et la dissolution devient de plus en plus compliquée pour le gouverne c'est exactement ça on peut pas on peut pas dissoudre un mouvement précisément parce qu'il est en mouvement et c'est totalement c'est pour ça que je veux pas répondre la question de comment est-ce qu'on se soulève parce que je veux simplement nourrir l'élan c'est ça qui m'intéresse et après ça à quoi ressemblerait le soulèvement écologique il y a quoi ressemblerait le soulèvement écologique je pense qu'on est en train d'y assister en réalité qu'il a commencé il y a longtemps qu'il s'agit qu'on renforce ses rangs assez rapidement qui s'inscrira comme c'est déjà le cas sur les territoires aussi qui sera cette longue qu'on entend beaucoup sur les ânes la nature qui se défend qui sera aussi une sortie de l'impuissance collective c'est aussi un clin d'oeil quand même à l'ouvrage de Geoffroy de la galerie qui dit aussi c'est important de c'est pour ça que je parle de cesser de coopérer si on voit un bateau qui est en train d'aller vers son naufrage c'est merveilleux et fondamental que certains et certaines prennent une barque de secours et soit en train d'organiser de bifurquer ou tous les élèves d'AgroParisTech tous ceux qui cessent de coopérer avec une direction du monde que l'on juge honteuse qui disent on s'enlève du monde c'est Adèle qui dit je vous annule de mon monde ça c'est extrêmement puissant parce que ça nous permet de dire il existe d'autres récits d'autres fictions collectives d'habiter le monde qui sont en train de construire partout on osera peut-être enfin regarder mais on a aussi besoin de gens qui vont péter la porte du de la cabine et d'aller attraper le capitaine par le corps en disant pourquoi n'écoute du tu donc pas les alertes partout sur le tableau de bord et les signaux rouges qui t'arrivent et reprend nous le gouvernail le gouverneur lequel on gouverne c'est bien le mot gouverner je pense qu'on a aussi besoin et le fera gagner rappelle quand même que dans un appareil d'État qui est celui qui l'est aujourd'hui si on a par exemple une mairie de gauche ou une mairie de droite bah ça peut changer littéralement la vie de plein de gens parce que ça ça peut se jouer même à juste une subvention une petite association locale à des plages dans des crèches à des donc c'est aussi important le soulèvement il peut aussi se passer non pas en infiltrant en étant juste mollement de l'intérieur mais en haquant directement le système qui est aussi en place donc par la désobéissance par le fait d'occuper ces instances-là par le fait de ne pas avoir peur d'être puissant c'est pour ça que je choisisse mot puissant volontairement un peu provocateur aussi pour dire il faut à la fois qu'on occupe le terrain et à la fois qu'on aille défricher d'autres terrains ah oui en même temps quand il s'agit de bouleverser l'ordre établi on voit que aujourd'hui ça paraît quand même assez vertigineux de s'opposer à ça vous décrivez dans votre livre sur à la fois le pouvoir des multinationales la toile totale qui finance aussi bien des lieux d'art que des grandes universités un peu partout dans le monde des recherches et tout ce qui est de l'ordre des portes tournantes donc des personnes qui ont été dans des multinationales fossiles qui vont dans les gouvernements et inversement etc il y a quand même quelque chose d'assez paralysant en fait quand on voit aussi cette puissance des lobbies économiques et cette puissance du politique qui est complètement verrouillée dans une trajectoire une certaine manière mais notre paralysie les arrange donc à partir du moment où c'est quelque chose qui les arrange je refuse d'y CD alors justement pour terminer moi j'aimerais simplement parler des victoires qui ont pu vous marquer vous avez vous avez été sur plusieurs combats ces dernières années là en ce moment vous êtes principalement sur donc le méga pas plein de Total en Ouganda et en Tanzanie et l'exploitation des fonds marins être elle n'est pas à l'adoption hâtive d'un code comme la rappeler le délégué de la Micronésie un moratoire une pause et la seule option sérieuse c'est cela que nous devrions discuter nous voulons pas cette boîte de Pandore de l'exploitation minière des fonds marins nous sommes attendus et le monde nous regarde quels sont les moments de victoire qui vous ont marqué qui vous ont peut-être montré qu'il était possible parfois on établissant des rapports de force d'ouvrir des brèches et potentiellement de faire aussi un peu bouger les choses je crois que l'activisme marche et je l'ai vraiment appris et il marche s'il est stratégique si il est s'il est le fruit d'une abnégation s'il est collectif et donc ça veut dire que notamment c'est attaquer une Papeline donc s'attaque à Total énergie qui est Poutine disait quand même qu'en 2004 quand il avait rencontré puyanais que finalement il représente peut-être l'état mieux que le président oui donc on a ce niveau là de de force politique et économique contient le monde une grande partie du monde il s'assure précisément qu'on ne qu'on ne se défasse pas des liens qui nous lis au pétrole et donc à ses multinationales et pour autant en fait ce que je trouvais assez puissant c'est de être capable de défaire la pelote de laine c'est d'ailleurs l'intelligence cire l'intelligence est défaire cette pelote là qui est entremêlée et donc on a c'est d'abord attaqué aux banques aux banques qui finançaient le peupleine puis à son dernier électrique qui qui était responsable du métal qui entourait sa place puis ensuite au soutien diplomatique on peut avoir dans des trucs aux assurances et en fait c'est ça qui est assez fascinant c'est de voir que ça a marché quand on a été cette fourmilière quand on a recréé finalement cet écosystème par l'action on a créé une écosystème d'action qui est une réponse à l'écosystème que eux sont en train de détruire par une simplification du monde vers le profit et la croissance infinie et donc je trouve que c'est une réponse finalement assez intelligente et c'est les fois où ça a marché c'est où ça s'est passé comme ça alors ça prend du temps ça prend du temps je crois qu'il faut qu'on ait l'humilité de se dire qu'on essaye et aussi une dimension de la connexion avec des activistes partout dans le monde parce que vous étiez avec Vanessa nakaté qui ougandaise Flavia Hilda nakamuyer et à chaque fois il y avait quand même cette dimension très internationale en fait de ces actions et puis c'est le temps long en fait c'est vraiment aussi le temps long en fait c'est très puissant parce qu'on fait face à des urgences partout autour de nous il est toujours urgent et en même temps je pense que c'était aussi de notre responsabilité que d'aller sur des combats qui aujourd'hui ne faisaient absolument pas la une des médias n'était dont on parlait pas parce que ça allait pas comment c'est demain donc le nombre d'interviews qu'on m'a refusé au début parce qu'on disait je sais quoi c'est en 2023 dans le truc du bien de temps 2020 écoute bah super on en parlera pas maintenant sauf que si on s'organise pas on devient juste éditorialiste du monde et on râle sur des lois qui sont déjà votées on essaie de défaire des projets qui sont déjà construits donc je pense qu'on a aussi une responsabilité que de se dire il faut qu'on aille avant que la catastrophe soit là et que on ne se bat plus contre seulement une fois que c'est déjà en train d'être mis en place il faudra le faire aussi jusqu'au bout toujours peut-être toute notre vie on va être condamné à éteindre des avec nos mains nus certes mais les fois où on voit que les braises commencent doucement à émerger il faut qu'on saute dessus et qu'on ait vraiment étouffé les les départs de fumée et c'est ce qu'on a fait avec l'exploitation de l'air des fonds marins et c'est une victoire qui est éminemment collective en fait on a eu un rapport de force on a obtenu une position historique de la part de la France mais pas parce que d'un coup ils ont réalisé en fait finalement il faut marin c'est un peu étanche non on a gagné contre des multinationales du minerai au Canada qui sont en train de s'effondrer là de perdre tout leur plus gros investisseurs alors que les bateaux devaient partir en juillet on a gagné parce que il y a eu des gens parce qu'on était nombreux parce que des gens ont pris deux secondes pour envoyer un mail pour taguer un ministre pour ce qui nous a permis d'avoir le lendemain le cabinet qui bizarrement alors qu'il ne répondait pas à nos appels c'est dit ah très bien on va vous recevoir parce que quand tu as des milliers de personnes qui disent bonjour on est là en fait on vous laissera pas et tout votre mandat sera sur ce sujet du poker mais tout votre mandat sur ce sujet si vous ne cédez pas et que vous acceptez pas de nous recevoir et ben d'un coup forcément un instant en forme un port de force et donc la force du nombre en fait elle est assez simple mais elle peut fonctionner aussi parfois oui Emmanuel Macron a d'ailleurs annoncé un moratoire sur l'exploitation des fonds marins exactement on a réussi à la voir et là on a depuis 13 pays sur les 24 alors que c'était la position complètement inverse il y a un an mais c'est parce que on a travaillé avec des personnes extrêmement précises sur le sujet les meilleurs biologistes marins des avocats très spécialisés en même temps des gens partout qui ont tout utilisé la désobéissance civile des pétitions des actions directes je fais beaucoup de lobbying aussi auprès des Pouvoirs nationaux dans les instances de négociation etc il y a pas une recette magique en fait on va pas tout sauver par le négociant international tout sauvé par la grève tout sauvé par des obéissances civile tout sauvé par faire des études de biologie non c'est précisément parce qu'on s'est organisé conjointement en étant très concentré sur une action d'aller au bout un peu obsessionnel avec un sujet qu'on a pu être assez puissant pour renverser cette balance et ça peut marcher et là je dis parce que parce que je veux vraiment que ça te donne de l'espoir de se dire on a réussi à empêcher quelque chose qui nous semblait inéluctable on a on a été plus fort que des multinationales qui va être plusieurs milliards d'euros et on a empêché une industrie de démarrer alors c'est pas encore totalement fini et on s'assure d'être jusqu'au bout pour vraiment être certain qu'on contient tout ça et on ira jusqu'à ce qu'on a la certitude et qui noir sur blanc sur un papier ou qu'il y a aucun bateau qui partent mais ça peut fonctionner l'activisme marche donc vraiment ne doutez jamais mais même si c'est quelques minutes dans vos vies parfois t'es jamais de la force que vous nous donnez et du pouvoir qu'on peut avoir pour faire trembler Goliath finalement merci Camille Étienne d'être venu sur place c'est la fin de cet entretien j'espère qu'il vous a intéressé comme d'habitude je vous mets plusieurs liens pour creuser tous les sujets évoqués et voir les vidéos blast mentionnées en description de la vidéo n'oubliez pas de la partager au maximum de la commenter de la liker pour qu'elle soit vue le plus possible je le rappelle blast est un média indépendant qui ne dépend que de 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DÉSOBÉIR ET SE SOULEVER POUR EN FINIR AVEC NOTRE IMPUISSANCE POLITIQUE — Jean-Pierre Bataille · Pourquijevote