"Les gens deviennent de plus en plus pauvres..." Thomas Porcher inquiet pour 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:05OuverteRéponse directe
Quelle est la priorité pour les Français ? Les politiques sont-ils à côté de la plaque ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a eu une grosse évolution par rapport au pouvoir d'achat sur ces 15 ans ?
- 4:09OuverteRéponse directe
Et les promesses autour de l'inflation qui seraient moins fortes pour 2024, qu'est-ce que tu en penses ?
- 6:23OuverteRéponse directe
Toujours dans les promesses pour 2024, le gouvernement vante des changements pour cette année comme la revalorisation du SMIC, 1,13%, donc 15 euros par mois. Est-ce que tu partages ce constat ?
- 8:56OuverteRéponse directe
Est-ce que l'arrêt des boucliers tarifaires pour l'énergie, ça va avoir un impact sur les factures des Français ?
- 10:15OuverteRéponse directe
C'est quoi les solutions pour toi pour augmenter le pouvoir d'achat, là ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00InvitéFait
« Qu'est-ce qui s'est passé aujourd'hui ? C'est qu'on a eu une perte de pouvoir d'achat comme on n'a jamais eu depuis 1970. »
- 0:12InvitéFait
« « il y a une boucle salaire-pris et donc on ne peut pas toucher, ça va nous amener à l'héperinflation, c'est surtout pas ce qu'il faut faire ». »
- 3:31InvitéChiffre
« En fait, le pouvoir d'achat a stagné pendant 10 ans. »
- 3:58InvitéFait
« Les Français ont un vrai problème de fonds structurels de pouvoir d'achat auquel s'est ajoutée l'inflation, »
- 4:03InvitéChiffre
« qui a été vraiment la baisse de salaire réelle la plus forte que nous avions vue depuis 1970. »
- 4:57InvitéFait
« Ils ont décidé d'augmenter les taux et de freiner l'activité pour faire redescendre l'inflation. »
- 5:04InvitéChiffre
« On a 0,8% de croissance. »
- 5:06InvitéChiffre
« En zone euro, on est à 0%. »
- 5:07InvitéFait
« En Allemagne, on est en récession. »
- 7:05InvitéFait
« Le SMIC est indexé sur l'inflation. »
- 7:22InvitéFait
« Il les a augmentées les années précédentes, mais pas au niveau de l'inflation. »
- 8:14InvitéFait
« Il n'y a que le SMIC qui a été protégé de la hausse des prix. »
- 9:01InvitéFait
« Oui, c'est ça qui va être difficile. »
- 10:27InvitéFait
« de bloquer tous les prix, d'établir... Parce qu'on a beaucoup de hauts fonctionnaires, on a beaucoup de gens dans les cabinets. »
Temps de parole
- Invité73 %
- Présentateur26 %
≈ 2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Qu'est-ce qui s'est passé aujourd'hui ? C'est qu'on a eu une perte de pouvoir d'achat comme on n'a jamais eu depuis 1970. L'ensemble de la société française s'est appauvré. Et c'était le point de départ. On en avait parlé ici. Pour écarter la question des salaires et de l'augmentation des salaires, c'était de dire « il y a une boucle salaire-pris et donc on ne peut pas toucher, ça va nous amener à l'héperinflation, c'est surtout pas ce qu'il faut faire ». Et ce point de départ, aujourd'hui, il a été contredit par les faits.
Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porcher. L'Instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas, pour analyser, décrypter et avoir les clés pour comprendre ce qu'il se passe autour de nous. Cela fait déjà plus de trois mois qu'on tient le pari qui a pu sembler fou faire tourner une télé d'info indépendante et engager des luttes. Merci pour votre force, le média ne tient que par vous. N'hésitez pas à rejoindre l'aventure de manière pérenne en vous abonnant à partir de 5 euros par mois pour soutenir la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Bonjour Thomas.
Salut Lisa.
Et nouveauté pour 2024, j'ai intégré souvent vos commentaires et questions dans la préparation de l'Instant Porcher. Sachez désormais que nous répondrons à une de vos questions économiques toutes les semaines, alors n'hésitez pas en commentaire. Avec toi aujourd'hui Thomas au programme, quelle est la priorité pour les Français ? Les politiques sont-ils à côté de la plaque ? Un peu, c'est parti. Quelles sont les priorités que doit mener le gouvernement selon les Français ? À entendre presque toute la classe politique, qui savent toujours très bien ce que les Français veulent.
Et au vu des débats politiques, cela pourrait être l'immigration, cette fameuse fracture identitaire en France, la sécurité. Eh bien non, c'est le pouvoir d'achat pour 52% d'entre eux. Le dernier sondage Elab pour BFM du 3 janvier révèle ces chiffres. Vient ensuite la santé pour 35% d'entre eux. Puis la sécurité, 28%. L'immigration, 26% et l'éducation, 21%. Seuls 20% des sondés estiment que l'année qui vient sera meilleure que 2023. On dirait que les Français partagent ton constat de la semaine dernière Thomas. Toi, comment tu interprètes ces résultats ? Est-ce que tu es surpris ?
Absolument pas. En fait, la priorité des Français, c'est le pouvoir d'achat. C'est-à-dire comment ils vont tenir avec un salaire plutôt faible la fin du mois. C'est-à-dire pouvoir nourrir leur famille, pouvoir se déplacer, éventuellement pouvoir dégager en faisant des arbitrages majeurs sur la consommation, un petit peu d'argent pour faire des loisirs. Et puis comment ils vont pouvoir peut-être se payer des vacances. Il y a toujours un tiers des Français qui ne partent pas en vacances. Donc, quand on regarde la distribution des revenus, on se rend bien compte que pour une grosse partie des Français, la priorité, c'est le pouvoir d'achat.
Et ce qui est assez étonnant, c'est que finalement, dans les médias traditionnels ou ailleurs, on ne parle que très peu du pouvoir d'achat. On parle de tous les problèmes annexes, l'immigration, par exemple, qui fait beaucoup débat ou des agressions qu'on verrait à l'extérieur qui font aussi beaucoup débat. Mais la question du pouvoir d'achat, on en parle très peu. Et je dirais même qu'aujourd'hui, beaucoup de politiques ne parlent que très peu du pouvoir d'achat et sont plutôt dans l'instant, l'actualité du moment, pour avoir une réaction, pour pouvoir faire des médias.
Mais la question de comment on reprend en main l'appareil économique pour pouvoir dégager du pouvoir d'achat, ces questions, on en parle de moins en moins. Et à la dernière présidentielle, elles ont été pas mal écartées.
Est-ce qu'il y a eu une grosse évolution par rapport au pouvoir d'achat sur ces 15 ans ?
C'est ça, en fait. C'est-à-dire, qu'est-ce qui s'est passé aujourd'hui ? C'est qu'on a eu une perte de pouvoir d'achat comme on n'a jamais eu depuis 1970. Mais vraiment, l'ensemble de la société française s'est appauvré. Mais on ne part pas d'une situation qui était bonne. On part d'une situation qui était très dégradée. En fait, le pouvoir d'achat a stagné pendant 10 ans. Entre 2007, avant la crise, et 2017, le pouvoir d'achat a stagné pendant 10 ans. Ça ne s'était jamais vu. La dernière fois, il y avait une stagnation après les chocs pétroliers de 6 ans. Après les chocs en 1970, de 6 ans. Et puis, c'était reparti. Là, on a eu 10 ans.
Donc, la perte de pouvoir d'achat que nous avons connue après le Covid s'est faite sur une dégradation très, très forte du pouvoir d'achat la décennie précédente. Les Français ont un vrai problème de fonds structurels de pouvoir d'achat auquel s'est ajoutée l'inflation, qui a été vraiment la baisse de salaire réelle la plus forte que nous avions vue depuis 1970.
Et les promesses autour de l'inflation qui seraient moins fortes pour 2024, qu'est-ce que tu en penses, toi ?
On ne sait pas. Qu'est-ce qui s'est passé ? Vraiment, il faut le rappeler, même si c'est un peu technique et même si on l'a déjà dit. Il y a eu cette inflation qui est due à des désordres du commerce international au début et à la guerre entre la Russie et l'Ukraine, qui impliquait un des plus gros producteurs de pétrole et de gaz qui a fait flamber les prix. On a voulu se passer via des sanctions de cette énergie-là, mais quoi qu'il en soit, les prix auraient flambé parce qu'il y avait un gros producteur et que sur le gaz, sur le pétrole, on est sur des marchés où il y a très peu de marge de manœuvre. Donc, les prix ont augmenté.
Et là, le gouvernement, plutôt que de se dire les prix augmentent, pas de manière complètement démesurée. Ça, il faut le dire, pas de manière complètement démesurée. Plutôt que de se dire on va faire en sorte que la partie la plus faible des salaires, c'est-à-dire ceux qui sont en dessous du salaire médian, et on pouvait un peu monter même au-dessus, soient protégés via des indexations, comme c'est le cas du SMIC qui a été protégé. Ils ont décidé d'augmenter les taux et de freiner l'activité pour faire redescendre l'inflation. Donc, il y a eu une dizaine d'augmentation des taux, ce qui a freiné l'activité. On a 0,8% de croissance. En zone euro, on est à 0%. En Allemagne, on est en récession.
Donc, on a freiné et on a peu de création d'emplois. Donc, on a freiné l'inflation par la baisse de l'activité. Et là, le gouvernement dit que c'est une victoire parce que l'inflation a diminué. Ce qui est vrai, les prix ont augmenté moins vite que les années précédentes, sachant que les années précédentes, ils avaient augmenté très fortement, plus de 20% sur l'alimentaire et 13% de manière générale. Sauf que là, qu'est-ce qui se passe ? Nous avons un autre conflit d'une brutalité intense entre Israël et Gaza.
Si Israël continue à ne pas écouter les appels de la communauté internationale qui disent que maintenant, il faut cesser le feu, qu'il y a un moment, la rue des pays arabes, notamment des pays producteurs de pétrole, va se rebeller. Et les producteurs de pétrole vont faire comme en 70. Ils vont baisser leur offre pour punir les pays consommateurs qui sont les pays européens, mais également Israël. Ils vont baisser leur offre. Les prix du pétrole vont augmenter. Et là, l'inflation est repartie puisque notre inflation dépend à 60% des prix de l'énergie. Et l'électricité va augmenter l'année prochaine si les prix du pétrole augmentent.
Donc, aujourd'hui, le maître du temps et le maître de l'inflation, c'est la géopolitique. Le gouvernement, il va répondre comment ? En réaugmentant les taux et en réimpactant l'activité. Donc, ça risque d'être compliqué. Donc, espérons que ça se passe bien, mais rien n'est sûr.
Toujours dans les promesses pour 2024, le gouvernement vente des changements pour cette année comme la revalorisation du SMIC, 1,13%, donc 15 euros par mois. L'augmentation de la gratification de stage, 4,35 euros par heure contre 4,05 avant. On va regarder un petit mané.
Puis au 1er janvier, il y a plein de trucs qui augmentent. Le SMIC, 15 euros de plus par mois net. Les minima sociaux, le RSA. Les pensions de retraite, près de 5%. Les gratifications de stage, elles augmentent de 7%.
Je cite Elisabeth Borne. « Tout au long de l'année 2023, avec mon gouvernement, nous avons œuvré pour répondre à vos préoccupations et vous protéger. En 2024, nous allons continuer. » Est-ce que tu partages ce constat ?
Non, mais il y a des règles. Le SMIC est indexé sur l'inflation. Donc, il augmente normalement selon la règle. Et effectivement, il a augmenté. Donc, dire, attribuer ça au gouvernement, cette augmentation, c'est faux. C'est dans la loi. Et le gouvernement, même sur un certain nombre de points, il n'a pas augmenté, par exemple, les retraites au niveau de l'inflation. Il les a augmentées les années précédentes, mais pas au niveau de l'inflation. Donc, les retraités ont perdu en pouvoir d'achat. Alors là, il va y avoir un effet de rattrapage sur les années précédentes, mais ils ont perdu pendant un certain temps du pouvoir d'achat. Et vous savez, il y a des chocs de décalage.
C'est-à-dire que si pendant deux ans, vous n'avez pas votre revenu et qu'après, on vous le rattrape à la énième année, ou en partie, ça n'enlève pas la peine que vous avez eu pendant ces deux ans. Vous avez dû faire des arbitrages douloureux. Et donc, c'est ça. Même si aujourd'hui, sur les retraites, il y a un effet de rattrapage, et encore que, je pense que même avec cet effet de rattrapage, avec l'inflation qu'on aura, il y aura une petite perte de pouvoir d'achat. Mais bon, même s'il y a un effet de rattrapage, pendant deux ans, ça n'a pas augmenté au même niveau que les prix. Donc, en réalité, les retraités, quand on regarde 2020-2023, ils ont été plus pauvres.
Les bénéficiaires de prestations sociales, notamment du RSA, ont été plus pauvres. Ceux qui sont au revenu moyen ont été plus pauvres. Alors, il y a eu des négociations et des augmentations à la fin du trimestre 2023, mais ils ont été plus pauvres sur cette période-là. Il n'y a que le SMIC qui a été protégé de la hausse des prix. Donc, en fait, le gouvernement, il s'octroie des choses qu'il n'a pas fait, qui étaient normalement automatiques et dans la loi.
Et tu disais, les gens deviennent de plus en plus pauvres, sauf cet infime plus riche et les grandes entreprises qui, elles, au contraire, s'enrichissent.
Mais oui, là, je rajoute. Ceux qui ont pris l'ajustement, c'est en fait les salariés. C'est eux, parce que les marges ont été préservées. Donc, l'ajustement a été pris totalement par les salariés. Et ça, c'est assez impressionnant. Ça a été quelque chose de fort sur une situation dégradée. Et les gens ont fait avec. Et les entreprises ont préservé leurs marges.
On dit oui, les investisseurs, ils gagnent beaucoup parce que c'est eux qui prennent tous les risques. Et en fait, on voit que quand il y a quelque chose qui arrive, finalement, ce n'est pas eux qui ont pris les choses.
Exactement, tout à fait.
Est-ce que l'arrêt des boucliers tarifaires pour l'énergie, ça va avoir un impact sur les factures des Français ?
Oui, c'est ça qui va être difficile. Imaginons qu'il n'y ait pas la dérive économique engendrée par le conflit. Ce qui est largement possible parce que, visiblement, le conflit Israël ne veut pas arrêter. Donc, cette dérive peut arriver. Mais s'il n'y a pas cette dérive et qu'on a une inflation qui commence, qui diminue, alors là, elle a légèrement augmenté, mais qui reste à un niveau, on va dire, en dessous à un peu plus de 3%, 3-4%, les Français ne vont pas s'en apercevoir parce qu'en même temps, les boucliers tarifaires vont s'arrêter. Les boucliers tarifaires qui ont été pratiqués dans beaucoup de pays, pas que la France, on aime bien dire qu'il n'y a que chez nous.
Oui, le gouvernement vante énormément les boucliers tarifaires.
Oui, mais dans beaucoup de pays, ils ont fait plus ou moins des mesures de la sorte. Là, les prix de l'électricité vont augmenter, normalement de 10%, normalement, d'ici février. Et donc, les gens ne vont pas avoir leur facture diminuer. Et en même temps, les prix ne baissent pas. Ils augmentent juste moins vite. Donc, dans l'alimentaire, là, vous avez plus de 22%. Parce que l'alimentaire, c'est ce que vous faites tous les jours. Je veux dire, l'inflation globale, en réalité, vous ne changez pas d'iPhone tous les jours, vous ne changez pas de bureau tous les jours. L'alimentaire, c'est tous les jours.
Et donc, quand vous faites de l'alimentaire tous les jours, là, vous vous rendez compte qu'il y a un problème. Et donc, l'alimentaire est à plus de 22%. Et ça ne va pas diminuer. Donc, on ne va pas revenir au prix d'avant. Les salaires vont peut-être rattraper, mais ça va dépendre du rapport de force et des secteurs qui peuvent le faire pour que les augmentations aient lieu.
C'est quoi les solutions pour toi pour augmenter le pouvoir d'achat, là ?
Mais en fait, la solution, c'est ce qu'on avait dit au début ici. Et c'est là-dessus que les gens auraient dû se battre, vraiment le plus possible. C'était, dans un premier temps, de bloquer tous les prix, d'établir... Parce qu'on a beaucoup de hauts fonctionnaires, on a beaucoup de gens dans les cabinets. Ils auraient mieux fait de se dire quelle est la liste de ce qu'on pourrait appeler les biens essentiels. Un certain nombre de biens essentiels dans des légumes, dans des produits d'hygiène, etc. On bloque les prix là-dessus. On fixe le décret qui est prévu par la loi, par l'article. On bloque les prix pendant 3 à 6 mois.
Comme ça, on établit un rapport de force avec les distributeurs, qui sont très peu nombreux et qui ont eu des bénéfices records cette année. On établit un rapport de force, on bloque les prix. On discute avec eux de la marge. Parce que si on bloque les prix, que ça marche bien, tant mieux. S'ils arrivent encore à avoir un bon bénéfice, ça veut dire qu'on a préservé le pouvoir d'achat. Eux, ils ont dit, bon, on ne fera pas autant de bénéfices, mais ça va quand même. Tout va bien. Donc, il fallait tester ça. Et puis, c'était un bon rapport de force et une bonne base pour pouvoir négocier. Et puis ensuite, moi, j'aurais pris le salaire moyen ou le salaire médian.
On peut commencer par le salaire médian, 1700 euros. Tous ceux qui sont en dessous, j'indexe sur les prix, comme le SMIC. Et je vois quel est l'impact sur l'inflation. Si l'inflation, elle prend 0,5, si elle ne prend rien, ça veut dire qu'on peut indexer un peu plus, on remonte. Si elle prend un peu, ça veut dire que ce n'est pas grave. Et voilà. Et on continue, on tâtonne. Mais on pose au moins les questions. Parce qu'en réalité, les cadres, même dernièrement, leurs revenus ont moins augmenté, leurs salaires ont moins augmenté que les employés et les ouvriers. Alors, ils se sont appauvris, clairement, mais ils ont plus de marge de manœuvre.
Voilà, dans leurs arbitrages, ils ont plus de marge de manœuvre. C'est vraiment les salaires qui sont les plus faibles qui ont pris de plein fouet. Et ceux qui sont légèrement au-dessus du SMIC, eux, ils ont pris tout de plein fouet. Donc, on aurait pu faire ça, les indexer, et puis on regardait. Et puis, je rappelle qu'aujourd'hui, l'inflation est négative en Belgique, un pays qui a indexé ses salaires sur les prix et qui, à elle, a augmenté ses salaires de plus de 10 %. Vous voyez, donc, ça a fonctionné. Le pouvoir d'achat a été préservé. Et ils ont une inflation négative.
Donc, cette espèce de boule, de boucle, pardon, prix-salaire qu'on a agité pour dire qu'on ne peut rien faire sur les salaires, on ne peut surtout pas les augmenter. Et donc, c'est eux qui vont prendre l'ajustement pendant que les autres se font des marges de dingue. Ça n'a pas fonctionné. Les gens se sont trompés. Et c'était le point de départ. On en avait parlé ici. Le point de départ pour écarter la question des salaires et de l'augmentation des salaires, c'était de dire qu'il y a une boucle salaire-prix et donc, on ne peut pas toucher. Ça va nous amener à l'héperinflation. Ce n'est surtout pas ce qu'il faut faire. C'était le point de départ.
Et ce point de départ, aujourd'hui, il a été contredit par les faits et jamais il n'a été remis en cause.
C'est vrai qu'avec tout ce qu'on vient de dire, on voit qu'il y a un décalage complet avec les priorités affichées par le gouvernement et celles dont on ressentent les Français. Et ce sondage, dont on parlait au début, on constate qu'aucune personnalité politique ne recueille plus de 40% d'avis favorables sur la question de se préoccuper de la vie des gens comme vous. Mais c'est Marine Le Pen qui se détache du lot avec 8 points d'avance sur Fabien Roussel et 11 points devant les cadres d'Europe Écologie-Les Verts.
Et donc BFM raconte que 24% des sondés estiment qu'Emmanuel Macron se préoccupe de la vie des Français à égalité avec les dirigeants du Parti Socialiste et 2 points devant ceux des Républicains. Pour la chef du parti d'extrême droite, c'est 5 points de plus que l'année dernière. Et BFM précise qu'elle réussit d'ailleurs à obtenir un regard positif, y compris hors de ses électeurs. Elle convainc par exemple 27% des électeurs d'Emmanuel Macron. Donc c'est plus 9 points. Et 18% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon plus 6 points au premier tour. La présidentielle de 2022. On distingue deux choses dans ces résultats. 18% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon. 27% des électeurs d'Emmanuel Macron.
Et on distingue deux choses là-dedans. C'est la déconnexion avec la politique d'une part et la montée de l'extrême droite devenu un pan entier du nouveau champ républicain.
Oui. Alors bon, l'extrême droite, il faut toujours avoir ça en tête que l'extrême droite se fait toujours élire grâce à la droite.
Partout.
Partout. Partout. Partout. En Argentine, d'ailleurs, à un moment, il y a toujours la droite qui se rallie à l'extrême droite et ce qui l'a fait gagner. Et qui lui donne justement même une forme de crédibilité en s'associant à elle parce que ce sont des partis traditionnels. Et on dit, bon, si finalement la droite s'associe à Marine Le Pen, c'est que Marine Le Pen. Donc ça, c'est partout. Donc ça ne m'étonne pas. Quand je mets la droite, je parle d'Emmanuel Macron. Ça ne m'étonne pas. De tout ce qui va d'Emmanuel Macron jusqu'à Wauquiez, etc. Donc les chiffres ne m'étonnent pas. Maintenant, sur la question du pouvoir d'achat, c'est qu'est-ce qui se passe en fait dans les partis politiques ?
Je pense qu'il y a une information majeure qui tombe, comme on en a, des conflits, des prises de position des uns et des autres. Chacun doit se positionner en fonction de cette prise de position. Sur les réseaux sociaux, ça commence. Ça amène à des débats sur les plateaux télé et ça amène à la création de l'actu. Et parfois, cette actu, même si c'est agréable à regarder comme on regarderait une pièce de théâtre, elle ne répond en rien à ce que veulent les Français.
Et comme la politique, aujourd'hui, c'est une politique spectacle, c'est une forme de concours de beauté et le but, c'est d'amasser des voix pour prendre le pouvoir et donc de flairer les sujets qui vont faire parler, on en oublie les sujets principaux. Et les sujets principaux, c'est vraiment la question du pouvoir d'achat, du partage de la valeur dans l'entreprise, l'évasion fiscale, l'état stratège, c'est-à-dire quelle transition avec quels moyens, les services publics. C'est des choses qui sont dans la vie de tous les jours. Quelqu'un qui prend un train, il y a 10 minutes, 15 minutes de retard, une demi-heure de retard tous les matins, là, il y a une vraie question.
Mais vous voyez un débat demain sur le fret entre, je ne sais pas moi, Beaune et Jean-Luc Mélenchon. Ça n'arrivera jamais. Les services publics, c'est pareil. Vous allez dans les hôpitaux, là, les urgences sont encore saturées. Donc, pareil, c'est un débat qui intéresse les gens, mais c'est des débats qui occupent très peu l'espace médiatique. Et je pense que c'est ça, en fait, qu'il y a de plus en plus. Et c'est pour ça que les gens votent de moins en moins. C'est qu'il y a une vraie déconnexion entre ce qu'eux veulent et ce que la politique leur présente. Et à la fin, ils pensent que la politique ne pourra rien faire pour eux. Elle ne pourra pas changer leur vie.
Et donc, c'est un spectacle qu'on regarde. On va dire, lui, je l'aime bien parce qu'il a mes proches de ma position. Mais en réalité, ça fait longtemps qu'on n'a pas eu des vrais débats sur ce qui pourrait changer la vie des Français.
Et la priorité des Français sur le pouvoir d'achat, on l'a vu, et Marine Le Pen en haut des avis favorables, est-ce que ça va ensemble ? Est-ce que Marine Le Pen répond vraiment à la question du pouvoir d'achat, même si dans le discours, elle le dit ?
Non, Marine Le Pen, non. Elle le dit dans le discours. C'est là où elle a été... En fait, comme à la base, elle est tellement identifiée sur les points traditionnels, immigration de l'extrême droite, l'immigration, le fait que... Sécurité. Sécurité, etc. Elle a eu un tournant malin en s'attaquant au pouvoir d'achat. Mais là où elle bénéficie, en fait, d'un regain d'intérêt d'une partie de la population, c'est que, en fait, chaque fois qu'il y a un problème sur le pouvoir d'achat, sur le service public, on trouve toujours comme coupable l'étranger.
Et c'est très simple de se dire, écoutez, moi, je n'ai pas une place en crèche, je n'ai pas un appartement dans un HLM, je dois attendre longtemps d'urgence parce qu'il y a trop d'étrangers et que notre modèle social ne peut pas tout. En fait, il ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Voilà. Et donc, c'est sur l'appauvrissement des populations, les politiques libérales mises en place que l'extrême droite trouve sa force. C'est là-dessus. Et donc, elle, elle arrive bien à allier les deux. Mais c'est dans son programme, il n'y a rien, aux manifestations des retraites, elle n'était pas là.
Sur le pouvoir d'achat, à part des baisses de taxes qui concerneraient des jeunes entrepreneurs, il n'y a rien. Il n'y a rien du tout. Sur le SMIC non plus. Sur le SMIC non plus. Elle était contre la hausse du SMIC. Donc, en réalité, il n'y a rien de concret. Il n'y a rien de concret. Mais elle bénéficie d'un regain d'intérêt parce que quand il y a un appauvrissement, c'est toujours plus simple de trouver un coupable que de parler encore une fois pendant, je ne sais pas moi, une heure de ce qu'on pourrait faire, de quels moyens on pourrait prendre pour changer la vie des gens ou comment on pourrait faire passer l'augmentation des salaires ou même l'indexation des salaires sur les prix.
C'est quelque chose de technique, c'est quelque chose de fatigant. C'est plus simple de dire on n'augmente pas ton salaire parce qu'il y a un étranger qui accepte le même boulot que toi trois fois moins cher. Ce qui est parfaitement faux parce que ça ne se passe pas comme ça. C'est beaucoup plus simple de trouver un coupable idéal que de s'interroger, de faire réfléchir les gens.
Ne pas se faire avoir par les discours, c'est ce qu'on essaye ici.
Tout à fait, merci.
Merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. Quel plaisir de commencer 2024 avec vous. Ça fait déjà plus de trois mois qu'on tient le pari qui a pu sembler fou faire tourner une télé d'info indépendante et engagée des luttes. Merci pour votre force. Le média ne tient que par vous. N'hésitez pas à rejoindre l'aventure de manière pérenne en vous abonnant à partir de 5 euros par mois pour soutenir la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas. Chaque semaine, merci pour tous vos pouces en l'air et commentaires qu'on lit sous la vidéo.
Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine.